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Macaque à queue courte – Stump‑tailed Macaque – Macaca arctoides

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Le macaque à queue courte est l’un des primates les plus singuliers et les plus robustes des forêts d’Asie du Sud‑Est. Son apparence massive, son pelage sombre et surtout sa queue réduite à un moignon lui confèrent une silhouette immédiatement reconnaissable. Chez les adultes, la face prend une teinte rouge brique caractéristique, liée à une forte vascularisation et à des variations hormonales, notamment en période de reproduction. Cette coloration, souvent plus marquée chez les individus dominants, joue un rôle dans la communication visuelle au sein du groupe.

Avec des mâles pouvant dépasser 12 kg, Macaca arctoides est l’un des plus grands représentants du genre Macaca. Sa musculature puissante lui permet d’alterner aisément entre déplacements terrestres et arboricoles. La queue très courte, loin d’être un handicap, est une adaptation à la vie dans les sous‑bois denses : elle réduit les risques d’accrochage dans la végétation et favorise les déplacements rapides au sol. Le pelage brun foncé, parfois presque noir, offre un camouflage efficace dans les forêts sempervirentes où la lumière est souvent tamisée.

L’espèce vit en groupes structurés de 10 à 40 individus. La hiérarchie y est très marquée, avec des mâles dominants assurant la cohésion et la protection du groupe. Les femelles, philopatriques, restent dans leur groupe natal et forment des lignées matrilinéaires stables. Les interactions sociales — toilettage, jeux, vocalisations — sont essentielles pour maintenir l’équilibre interne et réduire les tensions. Comparé à d’autres macaques plus opportunistes, le macaque à queue courte se montre généralement plus calme, moins audacieux envers les humains, mais aussi plus méfiant.

Omnivore, il consomme fruits, graines, jeunes pousses, champignons, invertébrés et parfois petits vertébrés. En dispersant les graines sur de longues distances, il contribue activement au renouvellement de la forêt. Son comportement fouisseur, lorsqu’il recherche racines ou insectes, participe à l’aération des sols et à la dynamique des micro‑habitats. Il occupe une place importante dans la chaîne trophique, servant de proie potentielle aux léopards, dholes ou pythons réticulés.

L’espèce fréquente les forêts tropicales humides, souvent en altitude ou dans des zones où l’humidité reste élevée toute l’année. En Thaïlande, le parc national de Kaeng Krachan constitue l’un de ses bastions les plus importants, offrant un habitat continu et protégé. Les groupes y sont régulièrement observés le long des routes forestières, profitant de la chaleur de l’asphalte ou de la proximité des points d’eau.

Classé Vulnérable par l’UICN, le macaque à queue courte subit la pression de la déforestation, de la fragmentation des habitats et du braconnage. Les populations isolées sont particulièrement menacées. La protection des grands massifs forestiers, la limitation des perturbations humaines et la surveillance des corridors écologiques sont essentielles à sa survie à long terme.

Rencontrer un groupe de macaques à queue courte à Ban Krang en Thaïlande est une expérience marquante. Leur calme massif, leur organisation sociale et leur présence silencieuse rappellent que ces forêts abritent encore une faune puissante et discrète. Leur comportement, mêlant prudence et curiosité, témoigne d’un équilibre fragile entre adaptation et vulnérabilité.

 

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