Scinque commun de Thaïlande / Many-lined Sun Skink / Eutropis multifasciata
Sous les feuilles sèches, entre les racines et les éclats de lumière, un corps luisant s’est figé. Pas un serpent, pas un insecte, mais un scinque — discret, élégant, parfaitement camouflé dans la litière forestière. Ce petit reptile, que l’on croise souvent sans le voir, est un scinque commun de Thaïlande, Eutropis multifasciata, aussi appelé Many-lined Sun Skink.
Son corps allongé, ses écailles brillantes aux reflets cuivrés et verts, et sa queue effilée en font un modèle d’adaptation. Il se faufile entre les feuilles mortes, se chauffe au soleil sur les rochers, puis disparaît dès qu’un pas trop lourd approche. Ce n’est pas un animal spectaculaire, mais il incarne la vie discrète et essentielle des sous-bois tropicaux.
Scientifiquement, Eutropis multifasciata appartient à la famille des Scincidae, qui regroupe des lézards à écailles lisses, souvent terrestres, et très bien adaptés à la chaleur. Ce scinque est diurne, insectivore, et joue un rôle important dans la régulation des populations de petits invertébrés. Il consomme fourmis, termites, coléoptères, et parfois même de jeunes araignées, contribuant à l’équilibre écologique du sol forestier.
Son comportement est typique des reptiles opportunistes : il alterne phases d’immobilité pour se réchauffer et déplacements rapides pour chasser ou fuir. Il est capable d’autotomie — c’est-à-dire de perdre sa queue en cas d’attaque, pour distraire le prédateur et survivre. Cette queue repousse ensuite, souvent plus courte et plus terne.
Aux chutes d’Erawan en Thaïlande, ce scinque est particulièrement actif en saison sèche, lorsque les sentiers sont chauds et les feuilles bien sèches. Il fréquente les zones de transition entre forêt dense et clairière, les rochers ensoleillés, et les bordures de sentiers peu fréquentés. Ton observation, entre deux vasques, dans une zone semi-ombragée, est typique de son comportement : il se chauffe, observe, puis se replie dès qu’il sent une présence.