Les géants de sable — rencontre avec les Elephants du désert dans le lit de la Hoanib Namibie
PHILIPPE V 15 novembre 2025 10
À la découverte des éléphants du désert dans la vallée de l’Hoanib (Kaokoland, Namibie)
La vallée de la Hoanib, au nord-ouest de la Namibie, s’inscrit dans le cœur aride du Kaokoland, région de montagnes, d’oueds et de savanes sèches bordant le désert du Namib. Depuis la localité de Sesfontein, véritable porte d’entrée vers cette nature intacte, le visiteur s’engage dans un paysage modelé par le vent et l’eau rare. Le climat y est extrêmement sec, avec une pluviométrie annuelle souvent inférieure à 100 mm. Les précipitations, concentrées sur les mois d’été austral, provoquent parfois de brèves crues dans les lits asséchés des rivières temporaires.
Le sol est composé de gravier, de sable et de galets, entrecoupé de massifs rocheux isolés. La végétation, typiquement xérophile, est dominée par les acacias, les mopanes, les tamaris et quelques euphorbes. En fond de vallée, là où subsistent quelques eaux souterraines, une galerie végétale étroite forme un corridor biologique essentiel.
L’excursion vers la vallée de l’Hoanib débute depuis la Sesfontein Guesthouse, hébergement local qui propose des safaris guidés en 4×4 à la journée. L’expédition remonte le lit asséché de la rivière Hoanib, en direction de l’ouest. L’objectif est l’observation des célèbres éléphants du désert, mais la richesse de cette zone dépasse largement ce seul emblème. En chemin, noous croisons des girafes d’Angola, des gemsboks, des springboks, des steenboks, des autruches ou encore des babouins chacmas. Le paysage alterne entre dunes fossiles, berges argileuses, collines et plaines couvertes d’herbes clairsemées.
Parfois, les excursions peuvent inclure une nuit à la belle étoile, en bivouac discret aménagé dans une clairière sablonneuse. Le silence du désert, ponctué par les bruits de la faune nocturne, transforme alors l’expérience en immersion sensorielle.
Les éléphants du désertt du nord-ouest de la Namibie sont des représentants de l’espèce africaine de savane, mais leur mode de vie en milieu aride leur a conféré des adaptations remarquables :
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Leur morphologie est plus élancée, avec des pattes plus longues, facilitant les déplacements dans le sable profond.
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Leurs pieds sont plus larges et plats, ce qui permet de mieux répartir leur poids sur les sols meubles.
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Ces éléphants parcourent parfois plus de 60 kilomètres par jour pour trouver de l’eau ou des ressources alimentaires.
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Ils peuvent rester jusqu’à quatre jours sans boire, grâce à une adaptation physiologique poussée.
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Ils savent creuser dans le lit de l’Hoanib pour atteindre des nappes phréatiques superficielles, formant des trous d’eau profitables à de nombreuses autres espèces.
Leur comportement alimentaire est modéré : ils consomment de petites portions de végétation pour éviter d’endommager leur habitat, grignotant des branches ou des feuillages hauts sans déraciner les arbres.
Leur présence modèle l’écosystème : en creusant, ils permettent l’accès à l’eau pour d’autres espèces. En se déplaçant, ils disséminent les graines. Leur comportement, économe et réfléchi, témoigne d’une adaptation fine à un territoire hostile.
Au-delà des éléphants du désert, la vallée de l’Hoanib abrite une faune désertique variée :
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Les girafes d’Angola aux teintes sableuses, se nourrissent des feuillages d’acacias.
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Les gemsboks (oryx) et springboks, parfaitement adaptés à l’aridité, sont régulièrement visibles dans les zones dégagées.
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Les steenboks, plus discrets, se déplacent seuls ou par deux dans les secteurs rocailleux.
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Les babouins chacmas forment des troupes bruyantes près des points d’eau et des escarpements.
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Les lions du désert, bien que rarement observés, laissent des indices de leur passage : empreintes fraîches, restes de proies.

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Parmi les autres hôtes, on peut citer les hyènes brunes, les autruches, les vautours et les petits carnivores comme le chacal à dos noir.
Cette biodiversité est structurée autour des rares zones d’eau et des corridors végétalisés, conférant à l’Hoanib un statut d’écosystème de transition entre savane et désert.
La Namibie est un modèle en matière de conservation communautaire. La région de Sesfontein fait partie d’un réseau de « conservancies » gérés localement. Les populations, historiquement pastorales, participent activement à la protection de la faune. Grâce au tourisme, des revenus directs sont générés, finançant des projets de surveillance, d’éducation et d’équipement pour les rangers. Les activités braconnières ont significativement diminué, et les espèces emblématiques, telles que l’éléphant du désert et le rhinocéros noir, bénéficient de meilleures perspectives de survie.
La Sesfontein Guesthouse s’inscrit dans cette démarche. En participant à une excursion avec un guide local, le visiteur contribue à la pérennité de ces programmes. Les guides sont généralement issus des communautés voisines et ont une connaissance intime du territoire, de ses pistes et de ses équilibres fragiles.
Notre expérience
Départ matinal depuis le Sesfontein Guesthouse, 8h tapantes. Le soleil grimpe déjà, les pneus crissent sur la piste, et l’air vibre d’une promesse silencieuse : celle de rencontrer les éléphants du désert
Dans la vallée de l’Hoanib, pendant que les éléphants méditaient sous les acacias et que les babouins jouaient à Tarzan, un autre personnage veillait au grain — ou plutôt au gravier : le vanneau armé, alias Vanellus armatus, alias “le sergent du sable”.
Dressé comme un général en parade, œil rouge vif, plumage noir et blanc impeccable, ce petit volatile n’a rien d’un touriste. Il arpente son territoire avec la rigueur d’un agent de sécurité en fin de journée, prêt à déclencher l’alarme (son fameux cri métallique) au moindre mouvement suspect.
là où les babouins méditent sur des rochers et les éléphants jouent à cache-cache avec les acacias, un autre gang fait régner l’ordre — ou plutôt le désordre sonore : les pintades couronnées, alias Numida meleagris coronata, alias “les casques bleus du bush”.
Elles arrivent en groupe, comme une bande de touristes pressées, traversant le sable avec la grâce d’un ballon de rugby sur pattes. Leur plumage noir moucheté de blanc brille sous le soleil, leur tête bleue et rouge semble tout droit sortie d’un carnaval, et leur casque osseux leur donne un air de commandant en mission.

Soudain une silhouette gracile fend le paysage : le springbok angolais, alias Antidorcas marsupialis angolensis, alias “le danseur du désert”.

Conseils pratiques pour les visiteurs
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Période recommandée : de mai à octobre, quand la chaleur reste modérée et que la végétation clairsemée facilite l’observation.
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Transport : l’usage d’un 4×4 robuste est indispensable. Les pistes sablonneuses peuvent être impraticables en saison humide.
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Équipement conseillé : chapeau, lunettes de soleil, crème solaire, vêtements couvrants mais légers, réserve d’eau, jumelles, appareil photo sans flash, chaussures fermées.
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Comportement responsable : ne pas approcher les animaux, ne rien jeter dans la nature, limiter les bruits. Respecter les consignes du guide en toutes circonstances.
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Nuitées possibles : bivouacs aménagés avec repas simples, matelas au sol et observation des étoiles — un confort minimal mais une immersion totale.
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Sécurité et communication : peu de réseau mobile. Informer la Guesthouse de vos plans de trajet. Envisager une radio VHF ou un téléphone satellite pour les expéditions plus longues.
Ce type d’excursion dans l’Hoanib ne se résume pas à un simple safari : c’est une immersion complète dans un écosystème rare, où chaque rencontre est précieuse, chaque empreinte raconte une histoire, et chaque éléphant aperçu témoigne d’une adaptation extraordinaire à la dureté du désert. Au-delà de la contemplation, c’est une expérience de connaissance, de respect et de lien avec un monde où la vie s’invente à chaque instant.
FAUNE ET FLORE
babouins chacma du Kaokoland, Papio ursinus ruacana,
Les choucadors à oreillons bleus
inséparable à face rose, Agapornis roseicollis,
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RUSHS & SHORTS
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Premier dîner à Epupa Falls Lodge : un festin face aux chutes, entre viande savoureuse et soupe locale inattendue.
Pour notre première soirée à Epupa Falls Lodge, on ne pouvait rêver mieux : des T-bones généreux, des rumsteaks tendres, le tout servi dans le cadre enchanteur du restaurant sur pilotis, avec vue directe sur les chutes rugissantes du Kunene. La formule DBB (dîner, bed & breakfast) inclut un menu simple mais efficace, où la qualité des produits et la cuisson maîtrisée font toute la différence.
Mais la vraie surprise est venue de l’entrée : une soupe de moringa, cette plante locale souvent surnommée “arbre miracle”. Le moringa (Moringa oleifera) est riche en vitamines, en fer et en antioxydants, et ses feuilles — une sorte de “super épinard” — sont utilisées dans de nombreuses recettes traditionnelles. Ici, elles sont finement mixées, relevées d’un soupçon d’ail et servies bien chaudes. Un velouté vert intense, à la fois nourrissant et délicat, parfait pour ouvrir l’appétit après une journée de piste.
Entre les éclats de rire, les verres de Fanta et de Windhoek Lager, et les bulbuls à oreillons rouge qui commentaient le repas depuis les palmiers, ce premier dîner à Epupa avait des airs de banquet tropical. Et quand la lumière a décliné sur les chutes, teignant les embruns d’or, on s’est dit qu’on était exactement là où il fallait être.
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🍽 Dernier festin à Epupa — entre Oryx fondant et cheesecake givré

Pour notre ultime soirée à Epupa Falls Lodge, on ne fait pas les choses à moitié. Je choisis la viande d’Oryx, ce grand antilope emblématique des déserts namibiens, au goût fin et légèrement sucré, entre le bœuf et le gibier. Sa cuisson est parfaite : saisie à feu vif, puis reposée longuement, elle fond en bouche avec une tendreté presque indécente. Un filet de sauce au poivre sauvage vient relever le tout, et l’accompagnement — légumes croquants et riz parfumé — joue les seconds rôles avec brio.
Nadège, plus prudente, opte pour un T-bone grillé, classique mais efficace, servi avec une salade grecque revisitée à la feta sud-africaine, généreuse et crémeuse. Margot choisit une côte de porc bien dorée, accompagnée de betteraves rôties, qui ajoutent une touche sucrée et terreuse à l’assiette. Bastien, fidèle à ses classiques, se régale d’un poulet grillé en sauce, nappé d’un jus corsé aux épices locales.
En entrée, un zaalouk à la marocaine, version namibienne : aubergines fumées, tomates confites, cumin et citron — le tout servi tiède, avec du pain maison croustillant. La salade grecque circule en accompagnement, fraîche et généreuse, comme une pause méditerranéenne au cœur du bush.
Et pour finir, un cheesecake glacé, onctueux et légèrement vanillé, posé sur un lit de biscuit sablé, avec un coulis de fruits rouges locaux. Le fleuve murmure, les étoiles s’allument, et nos assiettes racontent à leur façon la rencontre entre l’Afrique australe et les saveurs du monde.
Mais ce dîner ne serait pas complet sans les invités non invités : un lézard aux couleurs de piste, orange, gris et jaune, parfaitement camouflé sur la roche, nous observe depuis son promontoire minéral. Il semble hésiter entre curiosité et indifférence gastronomique.
Sur le bois de la terrasse, les bulbuls à oreillons rouge s’invitent à notre festin. Son œil cerclé d’orange nous fixe avec intensité, comme s’il attendait qu’un morceau de cheesecake tombe par inadvertance. Il revient plusieurs fois, accompagné d’un congénère tout aussi expressif, et finit par picorer une miette oubliée.
Et dans les feuillages, un petit rongeur rayé, probablement un tamia africain, se faufile entre les troncs, discret mais bien présent. Il semble avoir compris que les humains sont parfois généreux en restes.
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🥩 Escale à Opuwo — entre plein de carburant et saucisse russe
Après les gués secs et les babouins philosophes de la piste Epupa–Opuwo, nous atteignons enfin la capitale du Kaokoland, poussiéreuse, animée, et étonnamment cosmopolite. Opuwo est un carrefour improbable où se croisent 4×4 surchargés, touristes en sandales, Himba en parure traditionnelle, et employés en uniforme — tous réunis dans les mêmes allées, les mêmes stations-service, les mêmes supermarchés.

Nous faisons le plein — carburant, eau, boissons fraîches, quelques biscuits pour la route. Mais ce qui nous frappe, c’est la scène urbaine : les femmes himbas (photos uniquement sur notre site ), poitrines nues, parées d’ocre et de bijoux, font leurs courses avec une aisance tranquille, entre les rayons de lessive et les étals de légumes. Pas de folklore ici — juste la vie quotidienne, dans toute sa diversité. Un choc visuel et culturel, mais sans tension : Opuwo est un lieu de coexistence, brut mais fluide.
Pour le déjeuner, nous choisissons le Kaokoland Restaurant, repéré par son menu généreux et son abri typique — toit de chaume, poteaux en bois, nappes jaunes et chaises bleues, ambiance mi-brousse mi-bistrot. Le service est impeccable, souriant, rapide. On commande :
- Un T-bone grillé, juteux, bien saisi, servi avec des frites dorées et une tranche de concombre pour la conscience verte.
- Une saucisse russe, décrite comme smoked sausage made of minced pork and beef flavoured with paprika — et elle tient ses promesses : fumée, relevée, fondante, parfaite avec un peu de moutarde locale.
- Des boissons fraîches, un café pour la route, et un regard complice vers les autres tables — où Himba et touristes déjeunent côte à côte, sans spectacle, sans gêne.
Opuwo n’est pas une ville-musée. C’est une ville carrefour. Et ce déjeuner, entre saucisse russe et T-bone bien grillé, est une pause savoureuse dans notre traversée du Kaokoland.
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Sesfontein Guesthouse — gastronomie en trois temps (et quelques surprises)
À notre arrivée, le soleil tape, les ventres gargouillent, et l’espoir d’un déjeuner simple mais roboratif nous pousse vers la table. Ce sera un club sandwich, tarifé à 150 NAD par personne. Deux triangles bien grillés, un peu de fromage, une tranche de jambon, et une addition qui fait réfléchir. Frugal, certes, mais servi avec le sourire — ce qui, dans le Kaokoland, vaut bien une sauce maison.
Le dîner, inclus dans la formule DBB (5000 NAD pour deux), relève le niveau avec élégance. En entrée, une salade fraîche accompagnée de camembert — oui, du camembert, fondant, presque nostalgique. Le plat principal arrive : porc pané, croustillant à souhait, accompagné de légumes bien cuits. Et pour finir, une mousse au chocolat rehaussée d’une confiture de fraise, douce et inattendue. Le tout escorté par un Syrah sud-africain de 2023, qui fait le tour du palais sans bousculer personne.
Le repas se termine sous les étoiles, autour d’un feu de camp. Pas de digestif, mais une ambiance qui vaut tous les menus dégustation. À Sesfontein Guesthouse, on mange bien, on paie un peu plus que prévu, mais on repart repu, souriant, et légèrement parfumé au bois brûlé.
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🍽️ Sesfontein Guesthouse : le menu du chef, version bush chic
Ce soir, pas de débat, pas de carte, pas de suspense : le menu est imposé, comme une déclaration d’intention gastronomique. Et quel menu !
Elle arrive en toute simplicité, posée sur l’assiette comme une promesse tiède. Les champignons, bien présents, jouent les vedettes dans une pâte dorée qui a vu des jours meilleurs mais tient bon. Un petit brin de persil tente une pirouette décorative. C’est rustique, c’est honnête, c’est la quiche du bush.
Le bœuf stroganoff, version Sesfontein, c’est un peu comme un vieux classique joué par une troupe locale : crémeux, généreux, légèrement désinvolte sur les épices. Le riz absorbe tout avec dévotion. Les morceaux de viande sont tendres, la sauce fait le job, et l’ensemble réconforte après une journée de poussière et de girafes élancées.
Et là, surprise. Une panna cotta qui tient debout, coiffée d’un quartier de citron et d’une feuille de menthe comme un chapeau de cérémonie. Fraîche, acidulée, presque élégante. On la déguste en silence, comme un petit luxe inattendu au cœur du Kaokoland.
- Ambiance conviviale, service discret mais efficace.
- Menu fixe, mais bien exécuté.
- Mention spéciale à la panna cotta, qui mérite son petit moment de gloire.
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Dernier soir à Sesfontein : braï, moringa et chantilly
Pour notre dernière soirée à Sesfontein, la guesthouse sort le grand jeu — version locale, fumée et généreuse. Le feu crépite, les braises dansent, et le braï s’installe comme une cérémonie de clôture. Ici, le barbecue n’est pas juste une cuisson, c’est une affaire de communauté, de patience, et de viande bien traitée. Les saucisses chantent sur la grille, les brochettes de bœuf prennent des couleurs, et les tranches d’agneau marinées font leur entrée comme des vedettes attendues.🍽️ Pause déjeuner à Opuwo : entre T-bone, croquettes et boerewors
Avant de plonger dans les pistes poussiéreuses d’Etosha, nous faisons escale à Opuwo — le carrefour improbable où l’on peut acheter du carburant, des poupées Herero, des chips au vinaigre, et même un chargeur de drone. Mais surtout, on y trouve le Kaokoland Restaurant, repaire des appétits affûtés et des carnivores assumés.
Nadège, fidèle à ses instincts, repart sur un T-bone — épais, grillé, et servi avec une frite qui ne plaisante pas. Margot, elle, choisit un cordon bleu revisité en croquettes, croustillantes à souhait, comme des petits lingots de fromage et de nostalgie. Bastien, en hommage à ses souvenirs angolais, commande un “Beef com todos” — viande en sauce, œuf, frites, salade, et tout ce qui peut tenir sur une assiette sans tomber.
Et moi, je choisis la voie locale : la boerewors, cette saucisse namibienne en spirale, bien épicée, bien grillée, qui vous parle en afrikaans dès la première bouchée. C’est rustique, c’est franc, c’est le goût du bush dans une enveloppe de boyau.
Le Coca est frais, la bière aussi. Le soleil tape, mais l’ombre du restaurant nous offre une pause bienvenue avant les zèbres, les gnous et les girafes d’Etosha.
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LES LOGEMENTS
Arrivée à Epupa Falls Lodge — immersion joyeuse au bord du Kunene
Ça y est, nous y sommes. Après les montagnes russes de la piste Ruacana–Epupa, le fleuve Kunene nous accueille avec ses premiers murmures. Avant même d’apercevoir les chutes, on sent que quelque chose change : l’air devient plus dense, plus vibrant, et la poussière rose retombe doucement sur les rochers comme pour nous souhaiter la bienvenue.
On gare le Raptor, on descend les sacs, et en quelques pas, nous franchissons la dernière palissade. Là, posé au bord du fleuve, l’Epupa Falls Lodge nous attend, comme une halte paisible au bout du monde. Le cadre est tout simplement magique : palmiers géants, rochers sculptés, rivière en contrebas, et ce chant sourd des chutes qui ne nous quittera plus.
Le lodge ne cherche pas à impressionner par le luxe, mais par l’essentiel : cinq chalets avec vue sur le fleuve, des bungalows accessibles, un vaste espace de camping, et surtout une atmosphère qui respire la nature. Nous avons pris deux bungalows pour quatre personnes — même si, surprise à l’arrivée, un seul aurait suffi : chaque unité dispose de deux chambres séparées, un détail que Booking avait omis. Mais qu’importe, le lieu compense largement les petits ratés logistiques.
L’accueil est discret, presque timide. Il faut chercher un visage disponible, pas de jus de bienvenue ni de sourire appuyé. Mais une fois les clés en main, le charme opère. Les chambres sont simples mais soignées : literie correcte, moustiquaires bien nouées, douche fonctionnelle, et une déco boisée qui joue la carte du rustique chic. Le lodge fonctionne en autonomie : panneaux solaires, gestion raisonnée de l’eau, et une équipe locale impliquée dans chaque geste du quotidien.

Le matin, la lumière rase sur le fleuve révèle les raies blanches de la turbulence. Le soir, les rochers renvoient des reflets cuivrés, et le chant des chutes devient une berceuse. Depuis la terrasse, on lit, on rêve, on écoute. Autour, quelques baobabs dressent leurs silhouettes sculpturales, et des sentiers courts mènent à des belvédères où l’on embrasse toute la puissance du Kunene.
Et puis, il y a la piscine, bien entretenue, à la température parfaite pour se délasser après la piste. On peut même s’offrir un massage en plein air, à deux pas de l’eau, pour 350 NAD l’heure — un luxe simple, mais délicieux.
À Epupa Falls Lodge, on s’attend à croiser des varans furtifs, des agames cabotins, et des voyageurs en quête de Wi-Fi dosé. Mais ce matin-là, ce sont deux bulbuls à oreillons rouges qui ont volé la vedette — perchés à quelques mètres de la piscine, l’œil vif et le plumage impeccable.
le Wi-Fi fonctionne vraiment… mais attention, ce n’est pas du streaming illimité : comptez 40 NAD pour 250 Mo. De quoi envoyer vos plus belles photos sans faire exploser la bande passante du bush.
Le restaurant propose une cuisine locale généreuse, incluse dans notre formule (13 235 NAD pour deux nuits, dîner et petit-déjeuner compris). On mange bien, on mange frais, et on mange avec vue.
Au moment de partir, on emporte plus qu’un reçu ou des photos. On repart avec une sensation de calme retrouvé, une admiration pour ceux qui vivent au rythme du fleuve, et le sentiment d’avoir participé, à notre mesure, à un tourisme respectueux et conscient.
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🏕️Camp Aussicht : le mirage d’un 5 étoiles dans les cailloux
Après avoir quitté Opuwo, le plein fait et les saucisses digérées, nous reprenons la piste vers le Camp Aussicht, niché quelque part entre les cailloux, les acacias et les illusions d’un hébergement “5 étoiles”. En chemin, quelques autruches traversent la piste avec nonchalance, balançant leur cou comme des vigiles de savane. Le paysage devient plus rude, plus minéral. La piste se dégrade, étroite, caillouteuse, parfois creusée comme une rivière fossile. On slalome entre les branches, les nids de poule et les promesses de GPS.
Le camp se mérite. À l’entrée, une décharge — publique ou privée — nous accueille, comme un clin d’œil ironique à l’idée d’éco-tourisme. Le prix est élevé (environ 50 € par personne et par nuit), mais le confort est spartiate : un seau d’eau pour deux, sanitaires extérieurs, pas de prise électrique dans les chambres, et un Wi-Fi qui existe sans exister. Le propriétaire, lui, est convaincu d’offrir mieux qu’un palace, et toute tentative de négociation pour annuler la seconde nuit se heurte à une muraille d’obstination.
Heureusement, la magie du Kaokoland opère malgré tout. Le paysage est splendide, la nuit étoilée à couper le souffle, et le silence ponctué de cris d’oiseaux et de bruissements nocturnes. Parmi les visiteurs du soir :
- Les calaos à bec rouge du Sud (Tockus rufirostris rufirostris)**, en nombre impressionnant. Ils volent en escadrille, se posent sur les branches, et ponctuent l’air de leurs cris nasillards. Leur bec rouge vif et leur vol saccadé leur donnent une allure de petits avions de chasse trop curieux.

- Les choucadors à oreillons bleus (Lamprotornis spp.)**, probablement des étourneaux à longue queue ou à oreillons bleus. Leur plumage irisé, bleu pétrole ou vert émeraude, capte la lumière du soir comme des éclats de métal vivant.
- Il s’est posé là, comme une virgule colorée dans le silence minéral du Kaokoland. Vert éclatant jusqu’au sommet du crâne, face rose tendre, queue bleue bien ourlée : un inséparable à face rose, Agapornis roseicollis, dans toute sa splendeur. Pas d’agitation, pas de cri — juste une présence tranquille, perchée sur une branche fine, comme s’il avait réservé ce perchoir pour une séance photo.
- Il arrive sur la rambarde comme un contrôleur de qualité gastronomique : bec droit, regard orange‑rubis, allure stricte — et zéro sens du paiement. Sous ses airs sérieux, le bulbul à oreillons rouges est un voleur de miettes professionnel qui porte un monocle tropical et parle peu, mais observe tout.
- Les rats des rochers, qui sortent à la tombée de la nuit pour fouiller les restes de cuisine. Discrets, rapides, mais bien présents.
- Le scinque de Damara arrive au soleil comme un petit bijou vivant — pas de cape, juste des écailles luisantes. Sur les rochers du Kaokoland, il pratique l’art subtile du farniente thermorégulateur : poser une patte, mesurer la température d’un caillou, changer de position si le caillou devient trop chaud, recommencer. C’est le maître zen des affleurements.
- Et surtout, les porcs-épics du Cap (Hystrix africaeaustralis)**, qui viennent déguster les légumes oubliés ou les épluchures. Leur démarche est lente, leur dos hérissé, et leur appétit étonnamment sélectif — la laitue semble les séduire plus que le pain sec.
Le Camp Aussicht n’est pas un havre de confort, mais il offre une immersion brute dans la nature namibienne. Entre les autruches sur la piste, les calaos à bec rouge du Sud bavards, les oiseaux métalliques scintillants et les les porcs-épics du Cap gourmets, la faune compense largement les frustrations logistiques. Et sous les étoiles, même un seau d’eau peut devenir poétique.
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Sesfontein Guesthouse — chaleur, confort et quelques plumes
Après l’épisode du Fort Sesfontein, où l’accueil semblait avoir été confié à des fantômes bien occupés, nous trouvons enfin refuge au Sesfontein Guesthouse. Et là, changement d’ambiance immédiat : sourires, regards, mots simples mais sincères. On existe à nouveau.
Les chambres sont climatisées, propres, avec lits confortables et serviettes pliées en éléphants — petit clin d’œil hôtelier qui amuse autant qu’il rassure. La petite piscine, certes un peu fatiguée, reste agréable pour se délasser, surtout quand le soleil cogne. Autour, quelques poules, un chien tranquille, un chat qui fait sa vie : tout ce petit monde cohabite avec naturel, comme si le lodge était aussi leur maison.
Le personnel est chaleureux, présent sans être envahissant, et toujours prêt à aider. La formule DBB à 5000 NAD pour deux reste un peu salée, mais le confort a son prix, et ici, on le paie avec le sentiment d’être bienvenus. Seul bémol : les lunchs à 150 NAD par personne pour un club sandwich ou un wrap — un tarif qui semble avoir été fixé par un chef parisien en mission désertique. Mais bon, on ne vient pas ici pour faire des économies, on vient pour respirer, dormir, et se sentir un peu chez soi.
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LES LIENS
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