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Wat Mahathat – Le cœur spirituel d’ Ayutthaya Thaïlande

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Dès que nous franchissons l’entrée du Wat Mahathat à Ayutthaya, nous avons l’impression de pénétrer dans un lieu où le temps s’est arrêté. Le silence n’est jamais total, mais il a cette qualité particulière des endroits qui ont tout vu, tout traversé, et qui continuent malgré tout de tenir debout. Fondé vers 1374 sous le règne du roi Borommaracha I, le temple fut longtemps l’un des centres religieux les plus importants du royaume, siège du patriarcat suprême et symbole du lien intime entre la royauté et la foi. Ici, chaque brique, chaque fragment de stuc, chaque statue brisée semble porter la mémoire d’une cité qui fut l’une des plus puissantes du Siam.

Le prang central, aujourd’hui en ruines, devait autrefois s’élever à plus de quarante mètres. On imagine sans peine sa silhouette dominant la ville, comme un repère vertical reliant la terre au ciel. Sa forme, ses étages successifs, ses niches autrefois ornées de sculptures racontent une époque où l’on construisait pour durer, pour impressionner, pour toucher quelque chose d’invisible. Autour de lui, les chedis secondaires et les galeries effondrées dessinent encore les contours d’un vaste ensemble sacré. Les statues de Bouddha, décapitées par les guerres et les pillages, conservent malgré tout une douceur étrange : même sans visage, elles semblent encore méditer.

Et puis il y a cette image que tout le monde vient chercher, mais que rien ne prépare vraiment : une tête de Bouddha doucement enlacée par les racines d’un figuier. Le visage, paisible, semble émerger d’un entrelacs de bois vivant. La légende raconte que lors du sac d’Ayutthaya en 1767, la nature aurait protégé ce qu’elle pouvait, recouvrant lentement la tête tombée au sol. Au fil des décennies, les racines ont grandi, se sont refermées autour du visage, comme une étreinte silencieuse. Qu’on y voie un hasard, un miracle ou un geste de la nature, la scène a quelque chose de profondément émouvant. On reste là, immobile, à regarder ce dialogue entre pierre et arbre, entre passé et présent.

En avançant parmi les ruines, on découvre d’autres scènes tout aussi saisissantes : des rangées de Bouddhas assis, alignés contre un mur de briques, leurs corps intacts mais leurs têtes disparues ; un grand Bouddha de pierre, les mains posées sur les genoux, portant encore des offrandes de fleurs déposées par les visiteurs ; des stupas penchés, fissurés, mais toujours debout ; des arbres immenses dont les branches semblent veiller sur les vestiges. Tout ici raconte la fragilité et la force, la destruction et la persistance.

Les chroniques royales rapportent que la construction du prang principal fut commencée par Borommaracha I et achevée sous le règne du roi Ramesuan. Plus tard, sous le roi Songtham, la structure s’effondra avant d’être reconstruite en 1633 par le roi Prasat Thong. Puis vint 1767, l’année où Ayutthaya fut mise à feu et à sang. Le monastère brûla, les statues furent brisées, les galeries s’effondrèrent. Abandonné, le prang finit par tomber en ruine sous le règne de Rama VI, ne laissant que sa base symétrique et ses escaliers.

La fameuse tête de Bouddha, elle, appartenait autrefois à une statue en grès. Détachée de son corps, elle tomba au sol et resta là, jusqu’à ce que les racines d’un figuier la soulèvent lentement, la portent, l’enserrent. Son visage large, ses paupières lourdes, ses lèvres droites témoignent du style artistique de la période moyenne d’Ayutthaya, probablement du milieu du XVIIᵉ siècle.

Aujourd’hui, Wat Mahathat n’est pas seulement un site archéologique : c’est un lieu où l’on ressent encore la présence de ceux qui ont prié ici, travaillé ici, vécu ici. Le vent qui passe entre les briques, les feuilles qui frémissent, les pas des visiteurs qui se font plus légers… tout contribue à cette impression d’être dans un espace suspendu, où l’histoire continue de respirer.

Nous quittons le site avec un sentiment de mystère et de gratitude. Wat Mahathat n’est pas seulement une ruine : c’est un témoin vivant, un lieu où la nature et la pierre se répondent, où chaque détail invite à la contemplation.

Entrée : 80 THB Pass temples : 300 THB

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