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Iguazú / Iguaçu , cathédrale liquide entre ciel et jungle Argentine / Brésil

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Nous quittons Rio de Janeiro en milieu de matinée, laissant derrière nous l’Atlantique et les reliefs granitiques de la Serra do Mar. À mesure que l’avion s’enfonce vers l’intérieur du continent, le paysage change subtilement sous nos yeux : les montagnes s’adoucissent, les villes s’espacent, et une mer végétale finit par recouvrir l’horizon. En à peine deux heures de vol, nous basculons dans un autre Brésil, plus secret, plus humide, plus vert. Lorsque l’appareil amorce sa descente vers Foz do Iguaçu, la forêt atlantique apparaît comme un tapis continu, ponctué de larges cours d’eau couleur terre.

Il est presque midi lorsque nous posons le pied sur le tarmac. L’air est plus frais qu’à Rio — c’est l’hiver austral — mais chargé d’humidité. Dès la sortie de l’aéroport, une sensation particulière s’installe : ici, quelque chose gronde en permanence, même si nous ne l’entendons pas encore. Les chutes sont invisibles, mais déjà présentes, comme une respiration lointaine.

Quelques minutes de route suffisent pour atteindre notre refuge : le Belmond Hotel das Cataratas, seul établissement installé à l’intérieur même du parc national d’Iguaçu, côté brésilien. Passé le portail du parc, la route serpente sous une canopée dense. Soudain, entre deux masses de feuillages, apparaît une silhouette rose pâle, presque irréelle : le Belmond se dresse comme un vestige colonial au cœur de la jungle.

Immersion aux chutes d’ Iguazú / Iguaçu (Argentine / Brésil)

Le spectacle qui s’offre à nous est à la hauteur de sa réputation : plusieurs centaines de cascades jaillissent sur un front quasi-fer à cheval de 2,7 à 3 kilomètres de largeur. L’eau se jette ici depuis environ 60 à 82 m de hauteur, culminant à 82 m à la Gorge du Diable (Garganta del Diablo). Sous nos yeux se déploie un océan de brume blanche, un véritable « nuage permanent » qui s’élève de l’ouragan d’eau tourbillonnante et nourrit une forêt tropicale luxuriante. La rivière Iguazú, dont le nom guarani signifie littéralement « grande eau », délimite ici la frontière Argentine–Brésil. C’est pour cette ampleur exceptionnelle que l’UNESCO a reconnu ces chutes comme un des joyaux naturels du patrimoine mondial (dès 1984 pour l’Argentine et 1986 pour le Brésil.

Le site possède un climat subtropical humide, avec des pluies abondantes tout au long de l’année Notre visite en août – en plein hiver austral – coïncide avec une période relativement sèche, où le débit du fleuve est modéré. Par contraste, la saison des pluies (décembre à février) gonfle puissamment les chutes, atteignant parfois des débits record (le plus haut jamais enregistré a été 45 700 m³/s en juin 2014). Même un été exceptionnellement sec, comme celui de 2006, n’a fait tomber le débit qu’à 300 m³/s sur plusieurs semaines. En visitant en août, nous profitons de larges vues dégagées sur l’ensemble des chutes, en évitant les pluies torrentielles de l’été. Cette alternance saisonnière est un élément clé : chaque période offre une expérience différente de la « Grande Eau » – vertigineuse en été, plus contemplative en hiver.

El Camino de las Cataratas L’approche lente de la « Grande Eau »

Après notre installation au Belmond Hotel das Cataratas, nous ne nous précipitons pas immédiatement vers les belvédères les plus célèbres. Le site impose un autre tempo. Avant la démesure, il faut l’approche ; avant le fracas, l’écoute. C’est ainsi que commence notre immersion, par El Camino de las Cataratas, ce chemin discret qui nous conduit progressivement vers la révélation.

Nous quittons les jardins de l’hôtel à pied. Très vite, l’architecture disparaît derrière nous et la forêt atlantique referme son manteau végétal. L’air est dense, chargé d’humidité, imprégné d’odeurs de terre chaude et de feuillage. Le sentier serpente doucement, presque sans dénivelé, et suit le cours supérieur du fleuve Iguazú. À ce stade, rien ne laisse encore deviner l’ampleur de ce qui nous attend. Le fleuve est large, paisible, presque trompeur.

Le chemin est bordé d’une végétation exubérante. Des arbres aux troncs lisses et massifs élèvent leur canopée à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de nous. Des lianes pendent comme des cordages, des fougères arborescentes déploient leurs frondes d’un vert profond. La forêt n’est jamais silencieuse : cris d’oiseaux, froissements d’ailes, bruissement des feuilles. Pourtant, un autre son commence peu à peu à se distinguer, grave, continu, presque imperceptible au début.

C’est le fleuve qui parle.

À mesure que nous avançons, El Camino de las Cataratas devient un véritable chemin d’écoute. Le grondement lointain s’intensifie, sans jamais être brutal. Il s’insinue dans l’atmosphère, comme une vibration sourde. Nous comprenons alors que ce sentier n’est pas conçu pour montrer, mais pour préparer. Il installe une attente, une montée progressive vers l’inévitable.

À certains endroits, le couvert forestier s’ouvre légèrement. Des points de vue apparaissent sur le fleuve, dont la surface se fait plus agitée. Les eaux brun-vert accélèrent, se fragmentent autour d’îlots rocheux. C’est ici que la géographie commence à se lire. Le plateau basaltique, presque invisible sous la végétation, impose déjà sa loi : le fleuve se divise, s’élargit, hésite avant la chute. Nous marchons littéralement sur une frontière géologique, là où la roche va bientôt céder.

Le sentier longe le bord du canyon. Les premiers embruns se font sentir. Une fraîcheur inattendue caresse le visage, contrastant avec la chaleur humide de la forêt. L’air devient plus lourd, saturé de fines gouttelettes. La lumière elle-même change : elle se diffuse, se trouble légèrement, comme filtrée par une brume naissante.

Nous ralentissons instinctivement.

El Camino de las Cataratas n’est pas spectaculaire, et c’est précisément ce qui en fait la force. Il nous apprend à observer, à sentir, à comprendre la dynamique du lieu. Chaque pas nous rapproche du point de rupture, de ce moment où le fleuve cessera d’être un fleuve pour devenir chute. La tension monte sans artifice, uniquement par la progression naturelle du paysage.

Puis, sans avertissement, la forêt s’ouvre.

Devant nous, le panorama se déploie soudainement. Les premières cascades apparaissent, éclatantes, puissantes, projetant leurs panaches de brume dans l’air. Le grondement devient assourdissant. Ce que nous percevions comme un murmure lointain se transforme en un rugissement continu, presque physique. El Camino nous a conduits exactement là où il le fallait : au seuil.

À cet instant, nous comprenons le rôle fondamental de ce chemin. Il n’est pas une simple liaison, mais une initiation. Il relie le monde humain — l’hôtel, le confort, la route — au monde minéral et aquatique des chutes. Il nous a permis de passer progressivement de l’échelle du paysage à celle du vertige.

C’est depuis ce point que commence véritablement la découverte des chutes d’Iguaçu côté brésilien. Les passerelles, les belvédères et les panoramas spectaculaires prennent alors tout leur sens. Nous sommes prêts.

Le fleuve a parlé. À présent, il va tomber.

À partir de ce premier contact, le regard change. Nous ne sommes plus de simples visiteurs face à un spectacle naturel, mais des observateurs engagés dans un système vivant, façonné par la géologie, l’eau et le temps. En poursuivant notre avancée sur les passerelles brésiliennes, c’est l’ensemble du front des chutes qui s’offre désormais à nous, dans toute sa largeur et sa puissance.

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The Path of the Falls Trail Quand le paysage se déploie

Puis nous poursuivons notre chemin. Après l’approche silencieuse d’El Camino de las Cataratas, le paysage change de registre. Le sentier s’élargit, s’ouvre, et le Path of the Falls Trail nous entraîne dans une lecture panoramique du site. Ici, la forêt se fait moins compacte, les lignes de vue se dégagent, et les chutes cessent d’être pressenties pour devenir visibles, multiples, presque infinies.

Dès les premiers mètres, le fleuve Iguazú révèle sa véritable nature. Il n’est plus ce cours d’eau paisible aperçu en amont, mais un système fragmenté, éclaté, divisé en bras successifs qui se précipitent les uns après les autres dans le vide. Le sentier longe la bordure du canyon, offrant une succession de points de vue généreux, toujours légèrement différents, comme si le paysage refusait toute lecture unique.

À chaque avancée, la perception se renouvelle. Tantôt nous dominons un ensemble de cascades secondaires, étagées sur les gradins basaltiques ; tantôt nous faisons face à un rideau d’eau presque continu, dont la blancheur tranche violemment avec le vert sombre de la forêt. La géologie devient lisible à l’œil nu : les couches de basalte apparaissent clairement, sculptées par l’érosion, formant ces marches naturelles qui donnent aux chutes leur structure si particulière.

Le Path of the Falls Trail n’impose pas de rythme. Il invite à l’arrêt. Les belvédères se succèdent, larges, bien positionnés, toujours ouverts sur le vide. Nous nous y attardons longuement, happés par le mouvement incessant de l’eau. Aucun instant ne ressemble au précédent. La lumière change, les embruns dérivent, les arcs-en-ciel apparaissent puis disparaissent en quelques secondes, suspendus dans la brume.

Le grondement est désormais constant, puissant, presque enveloppant. Il n’écrase pas, il porte. Nous sentons les vibrations sous nos pieds, transmises par la roche. À certains endroits, le vent pousse la bruine jusqu’au sentier. Les gouttelettes se déposent sur la peau, sur les vêtements, sur l’objectif de l’appareil photo. Impossible de rester totalement sec : ici, l’eau fait partie de l’expérience.

Ce sentier offre une lecture frontale des chutes, mais aussi une compréhension d’ensemble. Nous saisissons la largeur du front de cascades, son étendue presque irréelle. Les chutes ne sont pas un point précis, mais un paysage entier en mouvement, une frontière liquide qui s’étire sur plusieurs kilomètres. Le regard se perd d’un bout à l’autre, incapable d’embrasser la totalité du spectacle en une seule fois.

La végétation, malgré la violence apparente de l’eau, prospère à quelques mètres à peine des précipices. Les arbres semblent s’accrocher à la roche, nourris par l’humidité permanente. Des oiseaux traversent les nuages de brume sans hésiter, parfaitement adaptés à cet environnement extrême. Tout ici témoigne d’un équilibre ancien, forgé par des millénaires d’interaction entre la roche, l’eau et le vivant.

En avançant sur le Path of the Falls Trail, nous comprenons que ce sentier n’est pas seulement un itinéraire d’observation. Il est une progression intellectuelle et sensorielle. Il nous permet de mesurer, peu à peu, l’échelle réelle du site, d’en appréhender la complexité, la répétition, la puissance cumulée. Chaque point de vue ajoute une couche de compréhension, sans jamais épuiser le sujet.

Plus nous avançons, plus le paysage semble se refermer vers un point central. Le fleuve se resserre. Le bruit change de texture, devenant plus grave, plus profond. Nous savons, sans encore la voir pleinement, que la Garganta del Diablo se rapproche. Le Path of the Falls Trail agit alors comme une longue ligne de tension, une marche vers l’inévitable.

Lorsque nous quittons enfin ce sentier panoramique, nous ne regardons plus les chutes comme au début. Le regard s’est affûté. Nous avons appris à lire l’eau, la roche, les distances. La découverte n’est plus seulement émotionnelle : elle est devenue consciente, presque intime.

La suite du parcours ne sera plus une simple contemplation. Elle sera une confrontation.

À ce stade, le paysage a livré sa structure, mais pas encore son cœur. Il nous reste à nous en approcher au plus près, à quitter les vues d’ensemble pour entrer dans le fracas. Devant nous, le fleuve se resserre brutalement. La Garganta del Diablo n’est plus très loin.

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La Garganta do Diabo – Face à l’abîme de la Grande Eau

Nous poursuivons notre progression, portés par un grondement de plus en plus dense, presque continu, comme une respiration profonde qui enfle à chaque pas. Le sentier se resserre, l’air devient plus humide, chargé de fines gouttelettes en suspension. Puis, soudain, la végétation s’ouvre : devant nous surgit la passerelle métallique menant à la plateforme de la Garganta do Diabo. Nous avançons lentement, happés par cette ligne tendue au-dessus du fleuve Iguazú, dont la surface semble déjà vibrer sous la puissance invisible qui l’aspire vers le vide.

À mesure que nous progressons, le paysage se transforme en un théâtre de forces brutes. Le bruit n’est plus un simple fracas : c’est un rugissement continu, presque physique, qui résonne dans la poitrine. La brume nous enveloppe entièrement, effaçant l’horizon, brouillant les repères. Nous ne voyons pas encore la chute, mais nous la sentons : le sol tremble légèrement sous nos pas, l’air est saturé d’eau, et chaque respiration semble chargée de la violence du courant.

Lorsque nous atteignons enfin la plateforme, le spectacle se révèle d’un seul coup, sans transition possible. Devant nous s’ouvre la gorge, immense entaille sombre dans le plateau basaltique, où l’eau se précipite avec une fureur absolue. La Garganta do Diabo n’est pas une cascade parmi d’autres : c’est un abîme vivant, un mur d’eau vertical qui disparaît dans un chaos de mousse blanche et de vapeur. Nous sommes au bord du gouffre, à quelques mètres seulement de cette chute de plus de quatre-vingts mètres, et pourtant il est impossible d’en saisir entièrement les contours tant la puissance déborde le regard.

Ici, toute tentative de maîtrise intellectuelle cède. Les chiffres, les cartes, les explications géologiques s’effacent un instant devant l’expérience brute. Nous restons immobiles, trempés, presque étourdis, conscients d’assister à l’expression la plus radicale de la « Grande Eau ». La frontière entre le Brésil et l’Argentine devient abstraite : il n’y a plus que le fleuve, la roche et ce vacarme ininterrompu qui semble raconter, à sa manière, l’histoire profonde de la Terre.

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Garganta do Diabo — frissons aquatiques et rencontre sauvage

Nous arrivons enfin aux Elevadores da Garganta do Diabo, l’un des points de vue les plus spectaculaires du parc d’Iguaçu. Le grondement de l’eau devient assourdissant, la brume s’élève comme une offrande céleste, et le soleil joue avec les gouttelettes pour dessiner des arcs-en-ciel éphémères. La plateforme nous rapproche au plus près de la Gorge du Diable, cette cataracte monumentale où des millions de litres d’eau s’effondrent chaque seconde dans un vacarme sacré. Le sol vibre, l’air est saturé d’humidité, et chaque regard vers le gouffre nous rappelle la puissance brute de la nature.

Alors que nous contemplons ce spectacle grandiose, un petit visiteur attire notre attention : un coatimundi, ou coati (Nasua nasua), membre de la famille des Procyonidés, proche du raton laveur. Il se faufile sur les passerelles, le museau en alerte, la queue annelée dressée comme un étendard. Son pelage brun foncé et ses yeux vifs trahissent sa curiosité et son intelligence, et son comportement fouineur en fait un habitué des lieux. Les coatis (Nasua nasua)que nous croisons sont souvent diurnes et sociables, évoluant parfois en groupes, omnivores se nourrissant de fruits, d’insectes, d’œufs et de petits vertébrés. Leur habitat naturel se trouve dans les forêts tropicales et les zones humides, mais il n’est pas rare de les voir s’aventurer dans des milieux semi-urbains. D’excellents grimpeurs dotés d’un odorat très développé, ils explorent chaque recoin avec une agilité impressionnante. Malgré leur apparence attachante, il ne faut ni les nourrir ni les toucher, car ils restent des animaux sauvages capables de mordre ou de transmettre des maladies. Le parc rappelle constamment aux visiteurs de garder leurs sacs fermés et de respecter la faune locale.

Entre la fureur des eaux et la curiosité du coati (Nasua nasua), notre passage à la Garganta do Diabo devient un instant suspendu. La majesté verticale de la chute contraste avec la vie discrète qui l’entoure, et c’est dans cette tension entre grandeur et proximité que se révèle toute la magie d’Iguaçu.

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Histoire et légendes du site

Les chutes d’Iguazú ont d’abord été un lieu sacré pour les peuples indigènes guaranis, qui les considéraient comme habitées par des esprits puissants. La légende la plus célèbre fait intervenir M’Boi, un dieu-serpent jaloux qui rêvait d’épouser une belle jeune femme nommée Naipí. Celle-ci fuyait à bord d’un canoë avec son amour humain Tarobá. Pour les séparer, M’Boi fendit le fleuve d’un coup de queue monstrueux, jetant Naipí dans le précipice et précipitant Tarobá au Brésil. Dans ce dernier geste, le serpent divin trancha la terre en deux et pétrifia Naipí en un rocher au centre des chutes (aujourd’hui côte argentine), tandis qu’il transforma Tarobá en un palmier géant du côté brésilien. Pour l’éternité, les amants demeurent ainsi séparés, engendrant ce mythe de la création des chutes. Cette légende, symbolisant l’union manquée et l’irrésistible puissance de la nature, a même inspiré un film d’animation brésilien intitulé A Lenda das Cataratas.

Le premier Européen à relater l’existence des chutes fut le conquistador espagnol Álvar Núñez Cabeza de Vaca en 1541. Par la suite, le site resta relativement isolé jusqu’au XIXe siècle. Un tournant survint en 1876, lorsqu’un ingénieur brésilien, André Rebouças, lança une campagne pour préserver ces chutes « créées par Dieu » dans leur état sauvage. De fait, le Brésil créa un parc national (Iguaçu) à la fin du XIXe siècle, suivi par l’Argentine en 1934 (Iguazú). Le nom « Iguazú » (ou « Iguaçu » en portugais) lui-même vient du guarani y guasu, c’est-à-dire « grande eau » Ainsi, notre présence aujourd’hui dans ces parcs nationaux s’inscrit dans plus d’un siècle d’efforts de conservation. Nous tenons à savourer le résultat de ces protections : un paysage naturel préservé, où seuls des pontons en acier et des passerelles en bois ont été ajoutés pour faciliter l’accès du public sans dénaturer les lieux.

Géologie et géographie de la merveille

La configuration géologique d’Iguazú explique en grande partie sa magnificence. Nous marchons littéralement sur un plateau basaltiques très ancien. Ce relief spectaculaire est formé par plusieurs couches successives de basalte (des roches volcaniques) d’âges paléozoïque et mésozoïque. Aux points de chute se succèdent des « marches » d’environ 35 et 40 m de haut, correspondant à des couches plus ou moins résistantes. Le basalte supérieur, très dur (8–10 m d’épaisseur), crée ces à-pics impressionnants ; il est rejoint en bas par d’autres strates basaltiques plus poreuses. Sous nos pieds, l’érosion fait progressivement reculer la falaise de quelques centimètres par an. Cette géologie en gradins explique pourquoi, sur toute la largeur des chutes, l’eau ne se précipite pas d’un seul bloc : elle se répartit en dizaines de cataractes différentes. Selon le niveau du fleuve, on compte de l’ordre de 150 à 300 chutes distinctes, d’une hauteur variant de 60 à 82 m. Approfondissant la merveille, environ la moitié du débit total se jette dans la longue gorge étroite de la Garganta del Diablo. Cette gorge mesure à peu près 80–90 m de large et 70–80 m de profondeur, formant le secteur le plus impressionnant et le plus sonore du site.

La géographie régionale est tout aussi fascinante. Nous sommes dans le cœur humide de la forêt atlantique, au point triple entre le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Moins de 25 km en aval, l’Iguazú se jette dans le fleuve Paraná. La baie riveraine située aux abords des chutes héberge ainsi une faune abondante : le tapir, le fourmilier géant, le singe hurleur, l’ocelot, le jaguar ou le caïman y trouvent refuge. En montant sur une des îles du fleuve (hypercentre des parcs), le contraste est saisissant : de vastes nuages de brume grimpent en permanence des flots, maintenant les montagnes terrestres enchevêtrées d’arbres dans une humidité presque permanente. Nous sommes souvent à l’intérieur d’un nuage artificiel, tant l’embrasement d’eau retombe lourdement sur la végétation, qui en profite pour foisonner.

Côté brésilien : vues panoramiques et sensations fortes

Notre balade débute sur le versant brésilien, qui offre une vue d’ensemble du paysage. À l’entrée du parc d’Iguaçu (côté Brésil), un réseau de navettes nous emmène sur le sentier principal, la Trilha das Cataratas. Cette promenade balisée de 1,5 km longe le bord du canyon, présentant à chaque pas une perspective différente sur l’ensemble des cascades argentines. Nous profitons de points de vue larges sur le système de chutes : au loin, on aperçoit le grand Hôtel Sheraton, le Paraná en arrière-plan, et l’île San Martín sur le bras argentin. Le chemin pavé est simple d’accès et agrémenté de plateformes d’observation en bois. Plus nous progressons vers l’aval, plus le grondement se fait retentissant.

La dernière partie du sentier aboutit à un spectaculaire pont-métallique surplombant la rivière, juste en face de la Gorge du Diable. La vue à ce point est à couper le souffle : nous sommes littéralement au bord de l’abîme. D’ici, l’eau se jette verticalement dans la faille noire, projetant d’énormes nuages de spray qui nous mouillent le visage. La passerelle surélevée dans le lit du fleuve plonge au cœur de l’action. En un instant, la totalité de notre visage se retrouve aspergée par la bruine puissante, et les oiseaux comme les toucans volent au travers du rideau d’eau. C’est l’endroit où, dit-on, la puissance des chutes se « sent le plus » – en tout cas, c’est très humide ! Cette perspective panoramique extrême est ce qu’on donne le point de vue brésilien, surnommé « carte postale » des chutes : on embrasse la prouesse naturelle dans son ensemble.

Depuis cette passerelle finale, un ascenseur panoramique en verre permet de s’élever un peu plus haut pour admirer les chutes depuis un belvédère supérieur. En quittant ce secteur, nous apercevons enfin le bout du promontoire d’où le ciel se découpe sur les brumes : c’est la « Gorge du Diable » (Garganta del Diablo) perpendiculaire au parcours. Seuls les plus téméraires osent descendre en rappel depuis une plateforme aménagée sur la falaise (une installation réservée au Brésil), pour se retrouver face à face avec la rive argentin On nous avoue que ce surplomb est vertigineux – nous nous contentons de l’observer de loin !

Le versant brésilien offre également des activités annexes à sensations. De grandes navettes-stop nous mènent au départ du Macuco Safari. Sur cette excursion, nous avons « ressenti » la nature à fond : d’abord à bord d’un véhicule électrique qui nous promène 2 km dans la jungle (nous y avons guetté des singes et des papillons bleus), puis à pied sur un sentier ombragé de 600 m, qui traverse fougères et fouillis végétal. Au bout du chemin, le clou du spectacle : nous embarquons sur un puissant zodiac motorisé et voguons vers les chutes. Le bateau fonce dans le courant en vue des cataractes, puis remonte sous le voile d’eau. Les passagers hurlent de plaisir en se faisant littéralement asperger – le mot « plouf » revient souvent dans les commentaires ! Au Brésil, ce Macuco Safari rend l’aventure palpable, combinant jungle et folie douce sur l’eau. De même, pour ceux que l’adrénaline attire, les vols en hélicoptère (uniquement autorisés côté brésilien) offrent un point de vue grandiose depuis le ciel, un à-pic interdit du côté argentin pour protéger les animaux de la zoneg.

Côté argentin : au cœur des cascades

Nous retraversons la frontière par Foz do Iguaçu pour rejoindre Puerto Iguazú, et dès l’entrée du parc argentin, l’impression est immédiate : ici, le visiteur ne contemple pas les chutes à distance, il s’y immerge. La forêt subtropicale enveloppe les infrastructures, et le Tren Ecológico de la Selva, petit train à ciel ouvert, s’enfonce doucement sous la canopée. Le trajet est déjà une transition sensorielle : la chaleur humide, les odeurs végétales et les cris d’oiseaux accompagnent notre progression jusqu’à la station Cataratas, point de départ des grands circuits.

Nous débutons par le Circuito Inferior, qui nous entraîne rapidement sous les chutes secondaires. Les passerelles de bois serpentent entre les rochers, parfois en lacets, parfois ponctuées d’escaliers, et très vite la brume nous enveloppe. À mesure que nous avançons, le fracas de l’eau devient omniprésent. Sous certaines cascades, la puissance est telle que le sol vibre légèrement sous nos pas. À la base de la chute Bossetti, une petite plateforme nous place presque sous le rideau d’eau : la cascade s’abat devant nous avec une force brute, projetant une pluie fine qui nous trempe en quelques secondes. Face à cette démesure, nous repensons à la phrase attribuée à Eleanor Roosevelt lors de sa visite dans les années 1940, lorsqu’elle aurait murmuré, saisie par la scène : « Pauvre Niagara ! »

🌈 Circuito Superior – au bord du basculement

Nous poursuivons ensuite par le Circuito Superior, plus aérien, qui longe la crête des chutes juste avant leur basculement dans le vide. Le fleuve Iguazú s’étale encore calmement à nos pieds, large et paisible, comme s’il hésitait à se jeter dans le chaos. Mais déjà, il se fragmente, se divise en une multitude de sauts, chacun prêt à bondir dans le vide avec panache. La lumière joue sur les remous, les reflets dansent sur les rochers, et la brume, toujours présente, s’élève en volutes plus douces, moins violentes qu’à la Garganta, laissant entrevoir la structure même du fleuve, ses nervures liquides et ses îlots rocheux comme San Martín, encerclée de tourbillons.

Depuis les belvédères, nous dominons successivement Dos Hermanas, Ramírez, Adán y Eva ou Bernabé Méndez, chacun surgissant dans le paysage comme une surprise bien orchestrée, un jaillissement inattendu au cœur de la végétation. À cette hauteur, entre soixante-dix et quatre-vingts mètres, le panorama s’ouvre largement, déployant ses rideaux d’eau et ses dentelles de brume jusqu’aux rives brésiliennes, visibles au loin comme une toile de fond tropicale, mouvante et lumineuse.

Le vent nous caresse, chargé d’humidité et de parfums végétaux, tandis que les cris des oiseaux résonnent dans la canopée comme une bande-son improvisée. Les passerelles suspendues, aériennes et discrètes, nous donnent l’impression de flotter au-dessus du monde, en équilibre entre ciel et jungle, entre le tumulte des chutes et la douceur du fleuve encore calme. Chaque pas devient contemplation, chaque halte un vertige maîtrisé.

Le sentier se referme finalement en boucle à la gare Cataratas, comme une parenthèse refermée sur un moment suspendu. On repart avec l’impression d’avoir marché sur le fil du vertige, entre ciel, eau et forêt.

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🌈 « Estación Garganta del Diablo – Là où le fleuve retient son souffle

Vient alors le moment tant attendu : le trajet en train jusqu’à la Estación Garganta del Diablo. À partir de là, une longue passerelle métallique s’avance au-dessus du fleuve sur plus de deux kilomètres. Sous le soleil, nous avançons lentement, portés par un grondement de plus en plus profond. Puis soudain, la plateforme finale apparaît. Devant nous s’ouvre la Garganta del Diablo, un gouffre monumental où l’eau s’effondre dans un vacarme assourdissant. Le mur liquide, haut d’environ quatre-vingts mètres, projette une brume dense qui nous enveloppe instantanément. Le souffle glacé de la chute nous traverse malgré la chaleur ambiante, et l’odeur de végétation humide se mêle au rugissement continu. Nous restons là, saisis, minuscules face à cette déferlante ininterrompue.

C’est au retour de la Garganta del Diablo, lorsque nous quittons peu à peu le fracas de la chute, que la jungle se manifeste autrement. Sur les passerelles bordant le fleuve, le bruit de l’eau s’atténue légèrement et laisse place aux sons de la forêt. Un mouvement attire alors notre regard : un coati (Nasua nasua) fouille la litière végétale au pied des structures métalliques. Sa silhouette allongée, son museau mobile et sa longue queue annelée dressée au-dessus de son dos trahissent son assurance. Parfaitement adapté à ces milieux fréquentés, il explore les abords du sentier à la recherche de fruits, d’insectes ou de restes oubliés, avant de disparaître avec agilité dans les fourrés.

Quelques mètres plus loin, perché sur une branche dominant la passerelle, un geai à huppe blanche (Cyanocorax chrysops) nous observe à son tour. Son plumage sombre aux reflets bleutés contraste avec sa poitrine claire, et son œil jaune vif semble scruter chacun de nos mouvements. Espèce emblématique de la forêt atlantique, intelligente et curieuse, il ponctue notre passage de cris rauques avant de s’envoler au-dessus du fleuve. Cette rencontre, discrète mais intense, nous rappelle que même au cœur de l’un des sites les plus fréquentés d’Amérique du Sud, la vie sauvage reste omniprésente.

La journée s’achève ainsi, entre eau, forêt et faune. En parcourant les passerelles secondaires, les abords du fleuve et les vestiges du Viejo Hotel, ancien établissement aujourd’hui abandonné au bord de l’eau, nous mesurons la richesse du versant argentin. Ici, tout est pensé pour une immersion prolongée : un billet unique donne accès à l’ensemble des circuits et au train écologique, tandis que des excursions fluviales ou le programme Gran Aventura, combinant piste en 4×4 et navigation sous les chutes, permettent d’explorer encore davantage la jungle environnante. Le côté argentin d’Iguazú ne se contente pas d’offrir des points de vue spectaculaires : il propose une véritable traversée du vivant.

Partout dans le parc, la forêt atlantique montre sa richesse exceptionnelle. Nous sommes entourés de plus de 2000 espèces de plantes vasculaires, des fougères géantes aux orchidées rares. Les arbres centenaires créent d’épaisses ombres et hébergent de nombreux oiseaux exubérants : des centaines de toucans, colibris, aras et trogons colorent la canopée. Parmi la faune, le parc abrite des espèces emblématiques comme le jaguar, l’ocelot, le tapir ou le fourmilier géant, ainsi que d’innombrables petits mammifères (coati (Nasua nasua), singes hurleurs, tatous) et plus de 400 espèces d’oiseaux. De notre côté, nous observons surtout les coatis (Nasua nasua)familiers qui fouillent le chemin à la recherche de nourriture laissée par les visiteurs (une précaution pour la survie de ces animaux a été de ne pas les nourrir !). Nous apercevons aussi de grands papillons noirs et blancs volettant dans la poussière d’eau et un singe capucin perché au bord d’une passerelle. Les efforts de conservation sont visibles : on voit fleurir des patrouilles de gardes-partenaires patrouillant pour nettoyer les lieux et interdire la circulation en dehors des sentiers balisés. Chaque panneau d’interdiction ou passerelle en bois rappelle que le site doit être préservé – la riche biodiversité locale n’est pas à prendre pour acquise.

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Descendre dans la jungle et affronter les chutes — l’expérience au fil de l’eau

Au détour des passerelles humides de la Garganta do Diabo, entre la brume et le rugissement des chutes, un petit oiseau attire l’attention. Le téro-téro (Vanellus chilensis), pluvier du Chili, se promène fièrement sur le sol rocailleux, ses pattes rouges contrastant avec la végétation. Son cercle rouge autour de l’œil lui donne un air vigilant, presque sévère, comme s’il surveillait chaque visiteur.

Cet oiseau, pourtant commun en Amérique du Sud, sait se rendre remarquable. Son cri métallique, qui résonne comme une alarme, lui vaut sa réputation de sentinelle des plaines. Toujours alerte, il défend son territoire avec une énergie disproportionnée par rapport à sa taille.

Au-delà des passerelles et des belvédères, notre expérience d’Iguazú prend une toute autre dimension lorsque nous quittons les hauteurs pour descendre au cœur de la jungle, en direction du fleuve. Le sentier s’enfonce sous la canopée, l’air devient plus lourd, plus humide, chargé d’odeurs de terre chaude et de végétation écrasée. Peu à peu, le grondement des chutes se rapproche, plus sourd, plus profond, comme une vibration permanente.

Arrivés au bord de l’eau, nous embarquons à bord d’un speed boat, moteur rugissant, casques et gilets ajustés. Le bateau fend le fleuve Iguazú, d’abord calme, puis de plus en plus agité à mesure que nous approchons des chutes. Les parois rocheuses se resserrent, la brume envahit l’horizon, et soudain les cascades surgissent, immenses, écrasantes. Le pilote s’approche au plus près : l’eau martèle la coque, le vent est saturé de gouttelettes, et en quelques secondes nous sommes trempés de la tête aux pieds. Le fracas est total, presque assourdissant, et l’on ressent physiquement la puissance de la chute, comme une force qui repousse le bateau.

Au milieu de cette tempête aquatique, l’expérience est à la fois euphorisante et dérisoire. Nous ne sommes plus de simples observateurs, mais des acteurs minuscules pris dans la dynamique du fleuve et de la gravité. Lorsque le bateau s’éloigne enfin, laissant derrière lui le mur d’eau et la brume, nous avons la sensation d’avoir touché l’essence même d’Iguazú : une nature brute, indomptée, ressentie non seulement avec les yeux, mais avec tout le corps.

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Informations pratiques et accès

Nous avons planifié ce voyage en nous informant sur les conditions d’accès. Le parc argentin se visite avec un ticket payant valable pour la journée (les tarifs changent souvent, mais en 2025 l’entrée générale pour un visiteur étranger était d’environ 45 USD côté argentin et 39 USD côté brésilien). Les enfants en bas âge entrent gratuitement. Le prix du ticket argentin comprend tous les circuits mentionnés et le train écologique

 Côté brésilien, des navettes internes sont incluses dans le prix du billet pour conduire aux principaux belvédères. Les horaires sont assez larges le long de l’année (ouverture du matin au coucher du soleil), mais on prête attention à ne pas manquer le dernier train de 15h30 pour la Gorge du Diable côté argentin. En plein hiver comme notre cas, le soleil se couche vers 18h, nous prévoyons donc d’arriver dès l’ouverture pour profiter de toute la lumière.

Sur le terrain, nous avons constaté qu’il faut prévoir au moins une journée entière pour visiter un seul des côtés (deux jours si l’on veut enchaîner les deux parcs tranquillement) . L’Argentine offre de loin le plus grand nombre de sentiers et de points d’observation, alors que le Brésil se visite plus rapidement (en 3–4 heures on peut faire tout le tour des passerelles principales) . Il est conseillé d’apporter de l’argent liquide (surtout en Argentine, en raison de l’inflation locale) et de s’équiper d’un imperméable ou d’un poncho, car l’embrun mouille assurémenti .

Pour atteindre les chutes, nous avons voyagé depuis Rio de janeiro  (un vol direct ou via Sao Paulo mais possible de prendre le bus ou l’avion aussi depuis Buenos aires ) jusqu’à Puerto Iguazú, puis pris un bus local ou un transfert vers l’entrée des parcs brésilien ou  argentin. . Pour passer en Argentine, nous avons traversé la frontière sans formalité lourde (le bus prend en charge les tampons, puisqu’un accord frontalier spécial facilite les visites à la journée) .

Conclusion : une expérience inoubliable

Quand enfin nous nous éloignons en fin de journée, la gorge de la rivière se rétrécit derrière nous et les chutes disparaissent lentement derrière la forêt. Nous sommes encore étourdis par le spectacle – tantôt par le grondement de la Gorge du Diable, tantôt par la sérénité d’un sentier forestier envahi d’oiseaux. En nous remémorant notre immersion, nous ressentons combien Iguazú est un lieu hors du commun : on y est petit face à la force de l’eau, mais à la fois porté par la beauté brute du site. Notre visite a mêlé émerveillement et découverte culturelle : nous avons compris pourquoi ce « monstre d’eau » guarani défie l’imagination, comment la géologie millénaire l’a façonné, et comment des générations d’êtres humains ont essayé de raconter son histoire. En cet instant de doux crépuscule, le dernier arc-en-ciel se dessine sur les chutes, comme un pont entre nos deux pays. C’est en traversant cette frontière d’eau et de lumière que nous quittons Iguazú, encore étourdis d’émotion et convaincus d’avoir vécu un moment gravé à jamais dans notre mémoire.

Manaus, porte de l’Amazonie

Nous quittons Foz do Iguaçu pour rejoindre Manaus, véritable porte d’entrée de l’Amazonie. Après un peu plus d’une heure de vol, le changement d’atmosphère est immédiat. À la sortie de l’avion, la chaleur humide nous enveloppe, lourde et tropicale, comme une première étreinte de la forêt toute proche.

Nous nous installons à l’Intercity Manaus, dans le quartier d’Adrianópolis. L’hôtel, moderne et confortable, avec sa piscine et son petit-déjeuner copieux, devient rapidement notre point d’ancrage dans la ville. Depuis cette base, nous prenons le temps de nous acclimater, de ressentir le rythme particulier de Manaus, où se mêlent cultures amazoniennes, héritage colonial et énergie urbaine.

Construite sur les rives du Rio Negro, la ville frappe par ses contrastes. D’un côté, les bâtiments élégants hérités de l’âge d’or du caoutchouc racontent une époque de prospérité flamboyante ; de l’autre, la jungle n’est jamais loin, tapie aux portes de la ville, prête à reprendre ses droits. Ici, la forêt n’est pas un décor lointain : elle est présente, palpable, et rappelle à chaque instant que Manaus est une métropole née au cœur de l’Amazonie.

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La Faune et la Flore

coatimundi, ou coati (Nasua nasua)

geai à huppe blanche (Cyanocorax chrysops)

téro-téro (Vanellus chilensis), pluvier du Chili,

Tangara à sept couleurs

Vidéos  

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LA GASTRONOMIE  

Porto Canoas — déjeuner suspendu au-dessus du fracas

À proximité immédiate des chutes principales, côté brésilien, le restaurant Porto Canoas offre une pause bienvenue dans un décor absolument spectaculaire.

La cuisine y est simple, sans prétention, mais l’essentiel est ailleurs : depuis la terrasse, le regard plonge directement sur les chutes, comme si nous déjeunions au bord du vide.

En contrebas, l’eau se fracasse avec violence, la brume remonte par bouffées, et le grondement constant accompagne chaque bouchée. Même assis, nous restons immergés dans le paysage, saisis par cette sensation unique d’être à la fois spectateurs et acteurs du site.

Juste à côté du restaurant Porto Canoas où le fleuve semble encore hésiter avant de se jeter dans le vide, un éclat improbable a traversé notre champ de vision. Pas un reflet, pas un papillon, pas un mirage de brume… mais un oiseau qui semblait avoir été peint par un artiste un peu trop enthousiaste.

Le Tangara à sept couleurs s’est posé là, sur une branche nue, comme s’il avait décidé de faire une pause dans son défilé tropical. Tête vert d’eau, cou jaune, poitrine bleu pâle, ailes mêlant noir, vert et bleu… un véritable nuancier vivant. On aurait dit qu’il avait volé toutes les couleurs de la forêt pour les porter fièrement sur son plumage.

Une halte discrète mais mémorable, où le repas devient presque secondaire face à la puissance du spectacle.

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LES LOGEMENTS

Belmond Hotel das Cataratas – Vivre les chutes d’Iguaçu de l’intérieur

Dès que nous franchissons les grilles du parc national d’Iguaçu, une certitude s’impose : le Belmond Hotel das Cataratas n’est pas un simple hôtel de luxe posé près d’un site naturel. Il est une extension du paysage, un point d’ancrage humain au cœur d’un des ensembles géologiques et hydrologiques les plus spectaculaires de la planète. Ici, l’expérience commence avant même d’apercevoir les chutes.

Le Belmond Hotel das Cataratas est le seul établissement hôtelier situé à l’intérieur même du parc national d’Iguaçu, côté brésilien. Cette localisation exceptionnelle lui confère un privilège rarissime : un accès exclusif aux chutes en dehors des horaires d’ouverture au public. À l’aube et après le coucher du soleil, lorsque les passerelles se vident, le site redevient presque sauvage, habité seulement par le grondement de l’eau, les cris lointains de la forêt et quelques silhouettes d’oiseaux.

Depuis les jardins de l’hôtel, le rugissement sourd des cascades est permanent. Il ne s’agit pas d’un bruit, mais d’une respiration profonde, continue, qui accompagne chaque instant du séjour. À certains moments, lorsque le vent tourne, une fine bruine atteint même les terrasses, rappelant que la puissance des chutes n’est jamais loin.

Construit dans les années 1950, le Belmond Hotel das Cataratas adopte une architecture coloniale brésilienne élégante, reconnaissable à sa façade rose pâle, ses arcades et ses larges ouvertures sur l’extérieur. Le bâtiment principal se déploie sur plusieurs niveaux, mais jamais il ne domine la forêt : il semble au contraire s’y lover, respectueux de son environnement.

À l’intérieur, l’atmosphère est feutrée sans être ostentatoire. Les espaces communs jouent sur la lumière naturelle, les matériaux nobles et une décoration inspirée de l’histoire du Brésil : bois sombres, azulejos, fresques murales, mobilier classique. Tout ici évoque une élégance intemporelle, loin des codes standardisés de l’hôtellerie internationale.

Les chambres du Belmond ne cherchent pas à rivaliser avec la nature par le spectaculaire. Leur force réside dans le calme absolu et le confort enveloppant qu’elles offrent après une journée passée au milieu des chutes.

Nous découvrons des espaces généreux, aux tons clairs et apaisants, ouverts sur la forêt ou les jardins. Les grandes fenêtres laissent entrer la lumière filtrée par la canopée. Certaines chambres offrent, selon leur orientation, des vues partielles sur la brume des chutes, perceptible au loin.

La literie est irréprochable, pensée pour le repos profond. Les salles de bain, spacieuses, associent marbre clair, baignoire profonde et douches confortables. Les détails sont soignés : produits d’accueil haut de gamme, peignoirs épais, climatisation parfaitement réglée, silence quasi total une fois les portes refermées.

Les catégories supérieures et les suites ajoutent salons séparés, terrasses privées et parfois une vue directe sur la végétation la plus dense du parc. Dans toutes les chambres, le sentiment domine d’être hébergé dans un refuge, un cocon protégé au milieu d’un environnement démesuré.

Le service au Belmond se distingue par sa fluidité. Tout semble anticipé sans jamais être intrusif. Dès l’arrivée, le personnel accompagne les hôtes avec une attention constante, facilitant aussi bien l’organisation des visites que les transferts ou les activités.

L’hôtel dispose d’une grande piscine extérieure, installée face à la forêt. En fin d’après-midi, elle devient un lieu privilégié pour se détendre en écoutant, au loin, le grondement des chutes. Le spa propose soins et massages inspirés de traditions brésiliennes, utilisant des huiles végétales locales et des rituels relaxants parfaitement adaptés après des heures de marche sur les passerelles.

Une salle de sport permet de maintenir une activité physique, même si l’essentiel de l’effort se fait naturellement lors des explorations du parc. Des boutiques discrètes proposent artisanat local, livres et souvenirs de qualité, loin des objets touristiques standardisés.

Le Belmond Hotel das Cataratas propose plusieurs expériences de restauration, toutes marquées par un profond respect du produit et du cadre naturel.

Le restaurant principal, Itaipu, offre une cuisine raffinée inspirée du Brésil, mêlant influences indigènes, portugaises et contemporaines. Les produits locaux sont mis à l’honneur : poissons d’eau douce, viandes grillées, fruits tropicaux, légumes de saison. Les plats sont précis, élégants, jamais excessifs, et s’accordent avec une belle sélection de vins sud-américains.

Le petit-déjeuner est un moment à part. Servi dans une salle lumineuse ouverte sur les jardins, il mêle fruits frais, jus pressés, pâtisseries, pains artisanaux, spécialités brésiliennes et plats chauds à la demande. Le tout se savoure avec, en fond sonore, la rumeur lointaine des chutes.

En soirée, le bar devient un lieu de détente privilégié. Cocktails classiques ou créations locales à base de cachaça y sont servis dans une ambiance feutrée, parfois animée par une musique douce. À la nuit tombée, lorsque la forêt s’assombrit et que la brume se fait plus dense, l’atmosphère devient presque irréelle.

L’un des atouts majeurs du Belmond Hotel das Cataratas réside dans l’accès exclusif qu’il offre aux chutes en dehors des horaires d’ouverture du parc. Tôt le matin, avant l’arrivée des visiteurs, nous pouvons parcourir les passerelles dans une quasi-solitude. La lumière est douce, rasante, les arcs-en-ciel apparaissent dans la brume, et la faune se montre plus active.

En fin de journée, après la fermeture, le site retrouve un calme presque sacré. Marcher face à la Garganta del Diablo sans la foule est une expérience rare, presque intime, qui donne une tout autre dimension au lieu. Ce privilège à lui seul explique une grande partie du positionnement de l’hôtel.

Le Belmond Hotel das Cataratas se situe clairement dans le segment du luxe haut de gamme. Les tarifs varient selon la saison, la catégorie de chambre et la demande, mais il faut généralement compter entre 700 et 1 200 euros par nuit, parfois davantage pour les suites ou en haute saison.

Ce prix peut sembler élevé — et il l’est — mais il doit être compris comme un investissement dans une expérience unique. Il ne s’agit pas seulement d’un hébergement, mais d’un accès privilégié à l’un des plus grands sites naturels du monde, dans des conditions impossibles à reproduire ailleurs.

Séjourner au Belmond Hotel das Cataratas, c’est accepter une forme de luxe qui ne repose ni sur la démesure ni sur l’ostentation, mais sur l’emplacement, le temps et le silence. C’est choisir de vivre les chutes d’Iguaçu non pas comme un simple visiteur, mais comme un hôte temporaire de la forêt.

Oui, l’effort financier est réel. Mais face à la puissance des chutes à l’aube, au calme absolu du parc à la tombée du jour, à la sensation d’habiter un lieu classé parmi les plus beaux du monde, cet effort trouve pleinement sa justification. Certaines expériences ne se comparent pas : elles se vivent, tout simplement.

LES LIENS VERS LES PHOTOS  

Belmond Hotel das Cataratas – Vivre les chutes d’Iguaçu de l’intérieur

El Camino de las Cataratas L’approche lente de la « Grande Eau »

Iguazu The Path of the Falls Trail Quand le paysage se déploie

La Garganta do Diabo – Face à l’abîme de la Grande Eau

Garganta do Diabo — frissons aquatiques et rencontre sauvage…

Coati roux – Rencontre à la Garganta do Diabo

Côté argentin — au cœur des chutes et de la jungle vivante

🐦 Le Geai acahé : l’oiseau qui nous observe plus qu’on ne l’observe

🌈 Circuito Superior – au bord du basculement

Descendre dans la jungle et affronter les chutes — l’expérience au fil de l’eau

Le téro-téro, sentinelle d’Iguaçu

Porto Canoas — déjeuner suspendu au-dessus du fracas

🐦 Tangara à sept couleurs – Paradise Tanager – Tangara chilensis

LES LIENS

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