Kaymaklı & Derinkuyu, aux entrailles de la terre cappadocienne Turquie
Sous le décor fantastique des vallées d’ocre et des aiguilles de basalte se dissimule une Cappadoce insoupçonnée, muette et clandestine. Là où le plateau anatolien s’étend en vagues steppiques apparemment déserte, le sol en tuffeau volcanique abrite un réseau prodigieux de cités souterraines. Façonnées dès l’époque hittite puis considérablement agrandies aux périodes romaine et byzantine, ces ruches troglodytiques de Kaymaklı & Derinkuyu d’une complexité vertigineuse ont offert un refuge inviolable à des populations entières lors des invasions hostiles. Dans l’obscurité fraîche de ces mondes engloutis, où la température demeure constante à environ 13 °C toute l’année, des milliers d’hommes, de femmes et de cheptels ont appris à vivre, prier et survivre sous terre durant des mois.
Autour de la surface de ces puits de ventilation monumentaux où débouchent les secrets de l’ombre, la vie de la steppe continue de battre son plein. Dans les anfractuosités des sorties d’aération où s’accumule une légère humidité condensée, la Pipistrelle commune trouve un gîte diurne idéal avant de s’élancer à la tombée de la nuit, tandis que le Bouillon-blanc dresse ses cierges jaunes au-dessus des dalles de basalte qui scellent le souvenir des cités enfouies.
Kaymaklı : La ruche souterraine et le labyrinthe de la vie clandestine
Située à une vingtaine de kilomètres au sud de Nevşehir, la cité souterraine de Kaymaklı — l’ancienne Enegup — constitue l’un des exemples les plus impressionnants d’aménagement troglodytique horizontal et vertical. S’étendant sur huit niveaux creusés dans le tuf volcanique tendre, dont quatre sont aujourd’hui accessibles au public, cette véritable ville sous roche pouvait accueillir près de 3 000 personnes en autarcie complète.
Dès les premiers mètres de descente par d’étroits galeries inclinées, la sensation d’immersion est saisissante. La cité est organisée avec une rigueur d’ingénierie remarquable. Au premier niveau s’organisent les étables équipées de mangeoires et d’anneaux d’attache taillés dans la masse rocheuse, jouxtant des pièces de garde destinées à contenir le cheptel au plus près des accès. En s’enfonçant au deuxième niveau, l’espace s’ouvre sur une église à deux nefs et son autel sculpté, bordée de fonts baptismaux et de sépultures réservées aux dignitaires, témoignant d’une vie spirituelle clandestine intense. Plus bas encore, aux troisième et quatrième niveaux, le cœur de la cité abrite de vastes espaces de stockage, des presses à vin (şırahane), de grandes jarres d’huile, ainsi qu’un atelier de taille du cuivre doté de meules en granite.
L’élément de défense le plus saisissant réside dans les énormes meules de pierre monoblocs (tirhaz) disposées dans les couloirs. Ces dalles circulaires de plusieurs centaines de kilogrammes, manœuvrables uniquement depuis l’intérieur grâce à des leviers, permettaient de sceller hermétiquement les accès en cas d’intrusion ennemie, transformant chaque niveau en un bastion imprenable.
Aux abords de la gueule du site, sur les structures de pierre de taille qui marquent l’entrée de la cité, le Lézard des rochers d’Anatolie (Anatololacerta anatolica – Anatolian Rock Lizard – Lézard des rochers d’Anatolie) s’expose au soleil matinal avant de fuir au premier pas vers l’ombre des souterrains. Dans le réseau d’aération qui fait communiquer les profondeurs de Kaymaklı avec la surface, le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum – Greater Horseshoe Bat – Grand rhinolophe) se suspend aux parois dans l’obscurité des galeries non éclairées, symbole vivant de cette symbiose entre la roche et la nuit.
Derinkuyu : Le vertige des huit étages et le génie de l’ombre
À une dizaine de kilomètres plus au sud, Derinkuyu — dont le nom signifie littéralement « le puits profond » — pousse la logique de refuge souterrain à son paroxysme. Atteignant une profondeur étourdissante de plus de 85 mètres sous le niveau du sol, il s’agit de la cité souterraine la plus profonde et la plus vaste jamais excavée en Cappadoce. Composée d’au moins 18 niveaux superposés, dont 8 se visitent, Derinkuyu pouvait abriter jusqu’à 20 000 habitants avec leurs provisions, leurs bêtes et leurs équipements.
Parcourir les boyaux voûtés de Derinkuyu offre une expérience palpitante où se révèle le génie technique des anciens bâtisseurs. La clé de voûte de cette architecture de l’extrême repose sur son système de ventilation hors du commun : un puits central de 55 mètres de profondeur traversait la cité de part en part, assurant une circulation d’air frais constante jusque dans les galeries les plus profondes, tout en servant de puits d’eau potable pour les résidents du fond sans qu’ils n’aient à remonter à la surface.
Outre les cuisines, les dortoirs et les remises à grain réparties sur les différents niveaux, Derinkuyu se distingue par des infrastructures d’une ampleur inédite. Au deuxième niveau, une école théologique à voûte en berceau flanquée de petites salles d’étude individuelles témoigne de l’organisation intellectuelle de la communauté. Plus bas, au cinquième niveau, se dresse une immense église cruciforme sculptée dans la roche, tandis qu’un vaste réseau de tunnels de liaison, dont une galerie traversante de près de dix kilomètres, permettait autrefois de rejoindre directement la cité de Kaymaklı.
Au niveau du sol, l’ouverture monumentale du puits principal de Derinkuyu crée un microclimat frais et humide recherché par l’avifaune locale. Le Choucas des tours (Corvus monedula – Eurasian Jackdaw – Choucas des tours) et le Pigeon biset (Columba livia – Rock Dove – Pigeon biset) ont élu domicile dans les corniches rocheuses de la marge supérieure du puits, faisant résonner leurs cris dans le gouffre vertical. Autour des rebords maçonnés, la Pariétaire de Judée (Parietaria judaica – Pellitory-of-the-wall – Pariétaire de Judée) s’accroche résolument aux joints du tuf, apportant une note de verdure discrète à l’entrée de cet abîme gravé par la main de l’homme.
FAUNE & FLORE
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Le Guide de la gastronomie et de la restauration en Cappadoce
Découvrir la gastronomie de Cappadoce, c’est s’offrir une immersion gourmande au cœur d’un terroir volcanique façonné par des traditions pastorales ancestrales et l’art séculaire de la cuisson lente en poterie d’argile. La star incontestable des tables locales demeure le célèbre Testi Kebap, un mijoté d’agneau ou de bœuf cuit patiemment au four scellé dans une cruche en terre cuite fabriquée à Avanos, que le serveur vient casser d’un coup de marteau sec directement devant les yeux des convives. À ses côtés, le réconfortant Nevşehir Tava déploie ses saveurs d’agneau cuit au four dans un plat en cuivre avec une généreuse dose d’ail, de poivrons et de tomates fraîches, tandis que les délicats Kayseri Mantısı, de minuscules ravioles farcies nées dans la province voisine, se savourent nappées d’une sauce au yaourt à l’ail et de beurre fondu au sumac ou à la menthe.
Pour compléter ce festin minéral, le Çömlek Fasulyesi offre un ragoût de haricots blancs mijoté sous la cendre dans sa marmite de terre, avant de conclure sur la douceur d’un Kabak Tatlısı, ce potiron confit au sirop surmonté d’un filet de tahini et de noix pilées. Le tout s’accompagne à merveille des vins volcaniques de la région, issus des sols de tuf minéral grâce aux cépages locaux comme le blanc frais Emir ou les rouges profonds Öküzgözü et Boğazkere.
Au fil des vallées, l’expérience culinaire s’adapte à chaque étape du voyage et à toutes les bourses. À Göreme, les terrasses suspendues (rooftops) animées offrent un panorama spectaculaire sur les cheminées de fées illuminées au coucher du soleil, idéales pour partager des mezzés et des grillades. Pour une étape d’exception, les hauteurs d’Uçhisar abritent des tables gastronomiques d’altitude sculptées dans la roche avec vue imprenable sur la Vallée des Pigeons. Les amateurs d’authenticité populaire préféreront les berges du fleuve Kızılırmak à Avanos pour déguster les spécialités en poterie dans des établissements familiaux, tandis qu’Ürgüp et Ortahisar séduisent par leurs anciennes demeures historiques en pierre et leurs caves d’œnotourisme.
Sur le plan monétaire, les petits lokantas de village et bouis-bouis traditionnels proposent des soupes (çorba) et des pide croustillants entre 150 et 350 TRY par personne (soit environ 4 € à 10 €). Pour un repas traditionnel complet avec Testi Kebap dans un restaurant régional, il convient de prévoir une fourchette moyenne allant de 400 à 900 TRY par convive (environ 11 € à 25 €). Enfin, l’expérience d’un dîner gastronomique en terrasse troglodyte avec menu dégustation et grands crus locaux s’échelonne de 1 000 à plus de 2 500 TRY par personne (soit environ 28 € à 70 € et plus).
Pour profiter pleinement de ces escales gourmandes, l’anticipation reste la clé : le véritable kebab en poterie exigeant deux à quatre heures de mijotage à l’étouffée, il est fortement recommandé de réserver sa table et de commander son plat dès l’après-midi pour le dîner. De plus, laisser un pourboire (bahşiş) représentant 5 % à 10 % du montant de l’addition constitue un usage très apprécié dans les restaurants traditionnels et gastronomiques de la région.
S’approvisionner en Cappadoce : marchés, épiceries et marchés locaux
Pour refaire les stocks et préparer les repas en bivouac au milieu des vallées, l’approvisionnement en Cappadoce se fait avec une grande facilité en combinant le charme des marchés traditionnels et l’efficacité des commerces modernes. Pour la nourriture de base, l’eau minérale, les pâtes, le riz, le beurre et le fromage blanc traditionnel (beyaz peynir), les enseignes de grande distribution comme BİM, A101 et ŞOK sont implantées dans quasiment tous les bourgs, de Göreme à Uçhisar en passant par Ürgüp et Avanos. Si l’on recherche un choix plus vaste comprenant des produits frais de marque, du pain de mie ou des boissons alcoolisées, les supermarchés Migros et CarrefourSA d’Avanos, d’Ürgüp ou de Nevşehir offrent des étals parfaitement achalandés.
Pour la fraîcheur des fruits et légumes gorgés de soleil, les herbes aromatiques comme le persil plat et la menthe, ainsi que les olives, le sumac, le piment ou les fruits secs locaux comme les abricots et les raisins, l’expérience idéale reste de faire ses courses sur les marchés hebdomadaires (pazar). Chaque ville a son jour dédié : les emplettes s’effectuent le vendredi à Avanos, le samedi lors du grand marché très vivant d’Ürgüp, ou le dimanche à Nevşehir, sans oublier les petits primeurs permanents (manav) qui jalonnent les rues de Göreme et d’Uçhisar.
Du côté de la viande, l’achat s’effectue de préférence dans les boucheries artisanales (kasap) de centre-ville à Avanos ou Ürgüp, où les artisans découpent sur mesure l’agneau (kuzu) et le bœuf (dana) sous forme de côtelettes, de morceaux à mariner ou de viande hachée (kıyma). C’est aussi l’occasion de faire le plein de sucuk, ce saucisson de bœuf épicé à l’ail, et de pastırma, de la viande séchée enrobée d’épices, des spécialités idéales pour la conservation en itinérance.
Enfin, la Cappadoce étant une région continentale, le poisson frais s’achète principalement lors des jours de grand marché ou dans les poissonneries spécialisées (balıkçı) de Nevşehir, ainsi qu’au rayon poisson des grands supermarchés. La véritable star locale reste la truite d’eau douce (alabalık), élevée dans les cours d’eau régionaux comme le fleuve Kızılırmak, qui offre une chair délicieuse, ultra-fraîche et très économique.
Téléphonie, carte SIM et connexion Data en Cappadoce
Couverture réseau, opérateurs locaux et options pour les voyageurs
Pour rester connecté durant un périple en Cappadoce et naviguer sereinement sur les pistes ou au cœur des vallées, s’approvisionner localement en carte SIM ou souscrire une eSIM s’avère d’une grande simplicité. La région bénéficie d’une excellente couverture 4G et 5G dans l’ensemble des villes et villages comme Göreme, Uçhisar, Ürgüp, Avanos et Nevşehir. Si l’itinéraire prévoit de fréquentes incursions au fond des canyons encaissés, comme la Vallée des Pigeons ou le cirque de Zelve, l’opérateur Turkcell s’impose comme la référence absolue grâce à sa couverture réseau supérieure en zone rurale et isolée. Ses deux concurrents, Vodafone Türkiye et Türk Telekom, proposent également des débits très performants dans les zones urbaines et sur les grands axes routiers, tout en étant parfois légèrement plus limités au creux des reliefs rocheux les plus profonds.
L’acquisition d’une carte SIM physique prépayée s’effectue dès l’atterrissage aux aéroports d’Istanbul, de Kayseri ou de Nevşehir, ainsi que dans les boutiques officielles d’opérateurs implantées au centre des villes régionales. Il est généralement recommandé d’acheter sa SIM dans les boutiques du centre-ville d’Ürgüp, d’Avanos ou de Nevşehir plutôt qu’aux comptoirs des aéroports, où les tarifs appliqués aux touristes sont nettement plus élevés. Les opérateurs commercialisent des forfaits d’accueil dédiés aux voyageurs (souvent appelés Tourist Welcome Pack), incluant de généreux volumes de données Data allant de 20 Go à 50 Go, assortis de minutes d’appels locaux. La présentation du passeport original est légalement obligatoire pour enregistrer et activer la ligne touristique.
Pour les voyageurs possédant un smartphone compatible et souhaitant disposer de la Data dès le franchissement de la frontière sans manipuler de puce physique, l’option de la eSIM (carte SIM virtuelle) représente une solution très pratique. Plusieurs fournisseurs internationaux de cartes virtuelles permettent d’acheter et d’installer un forfait de données turc en quelques clics avant le départ. Cette formule permet de conserver sa carte SIM habituelle active pour la réception de SMS importants (comme les validations bancaires), tout en basculant la connexion internet du téléphone sur le réseau partenaire turc pour le guidage GPS et les recherches d’itinéraires.
Enfin, il convient de noter la réglementation spécifique encadrant l’utilisation des smartphones étrangers en Turquie. Lorsqu’une carte SIM locale est insérée dans un téléphone acheté hors du pays, le système des télécommunications turc autorise une utilisation continue pendant une durée maximale de 120 jours par logement SIM (ou code IMEI). Pour un voyage touristique de quelques semaines ou un road-trip au long cours de moins de quatre mois, cette mesure n’a aucun impact et le service fonctionne instantanément dès l’insertion de la carte.
Changer ses devises en Cappadoce : monnaie, cartes et taux de change actuels
Guide pratique pour gérer son budget, éviter les frais bancaires et échanger son argent
Gérer son budget et effectuer ses changes de devises au cours d’un voyage en Cappadoce nécessite de bien comprendre le fonctionnement de la monnaie locale et les spécificités du marché bancaire turc. La monnaie officielle est la livre turque (Türk Lirası – TRY). En raison des évolutions économiques et monétaires récentes, la livre turque connaît une dépréciation régulière face aux monnaies fortes : à titre indicatif, le taux de change tourne actuellement autour de 1 EUR ≈ 42 à 45 TRY (et 1 USD ≈ 38 à 41 TRY). Bien que la majorité des hébergements de charme, des stations-services et des restaurants acceptent les cartes bancaires (Visa et Mastercard), disposer d’espèces en livres turques reste indispensable pour les petits achats du quotidien, les étals des marchés locaux (pazar), les pauses thé, les pourboires (bahşiş) et les boutiques d’artisans.
Pour retirer des espèces sur place, des distributeurs automatiques de billets (Bankamatik) sont disponibles dans l’ensemble des centres-villes de la région, notamment à Göreme, Uçhisar, Ürgüp, Avanos et Nevşehir. Les grands réseaux bancaires nationaux comme Ziraat Bankası, İş Bankası, Garanti BBVA ou Yapı Kredi offrent des guichets parfaitement sécurisés. Lors de chaque retrait ou paiement par carte, une précaution capitale s’impose : il faut impérativement choisir d’être facturé en monnaie locale (TRY) et refuser systématiquement la conversion dynamique de devise (Dynamic Currency Conversion ou DCC) proposée par l’écran de l’automate ou du terminal de paiement, sous peine d’essuyer des taux de change surmajorés et des frais cachés.
Si vous apportez des espèces en euros ou en dollars américains, l’échange s’effectue simplement auprès des bureaux de change officiels (Döviz Bürosu) ou dans les agences bancaires. Il est fortement recommandé d’effectuer ses transactions dans les centres-villes de Nevşehir, d’Ürgüp ou d’Avanos plutôt que dans les comptoirs très touristiques de Göreme ou les aéroports de Kayseri et Nevşehir, où les commissions prélevées sont nettement plus élevées. Prenez soin d’emporter des billets en euros neufs, propres et non déchirés, car les coupures abîmées sont fréquemment refusées.
Enfin, il convient de noter une spécificité propre au tourisme cappadocien : de nombreuses prestations majeures, au premier rang desquelles le fameux survol en montgolfière au-dessus des vallées ou la réservation de certains hôtels troglodytes haut de gamme, sont directement libellées et payables en euros ou en dollars. Conserver une réserve d’espèces en euros dans son véhicule tout-terrain ou son sac de voyage permet ainsi de régler ces activités phares sans subir de double conversion, tout en gardant un portefeuille garni de livres turques pour la vie quotidienne au fil des pistes et des villages.
Quand Partir ?
Les meilleures périodes pour visiter la Cappadoce sont le printemps, d’avril à juin, et l’automne, de septembre à novembre. Durant ces deux saisons intermédiaires, le climat d’Anatolie centrale se montre particulièrement cément, offrant des températures douces oscillant entre 15 °C et 25 °C, idéales pour parcourir les sentiers de randonnée au fond des canyons sans souffrir de la chaleur. C’est également à ces moments de l’année que les conditions météorologiques et aérologiques s’avèrent les plus stables pour le survol en montgolfière, au milieu des vallées verdoyantes au printemps ou parées de teintes dorées à l’automne lors des vendanges.
L’été, en juillet et août, est marqué par de fortes chaleurs pouvant dépasser 35 °C au milieu de la journée sur un relief rocheux peu ombragé. La fréquentation touristique y atteint son sommet, entraînant une hausse marquée des tarifs d’hébergement. Si la visite demeure tout à fait envisageable en adaptant son rythme — avec des explorations tôt le matin ou en fin d’après-midi —, les amplitudes thermiques restent fortes et le soleil d’Anatolie s’y montre très intense.
L’hiver, de décembre à mars, transforme la Cappadoce en un décor féerique sous un manteau de neige qui sublime la dentelle de tuf des cheminées de fées et le relief du château d’Uçhisar. Bien que les températures s’abaissent fréquemment sous 0 °C et que les vols en montgolfière soient plus souvent annulés en raison du vent, de la neige ou du brouillard, cette période offre un calme absolu, une atmosphère mystique et des tarifs d’hébergement particulièrement avantageux.
Quel Budget ?
Pour un séjour de 7 jours en Cappadoce pour 4 personnes, le budget global s’échelonne entre 1 800 € (formule économique sans survol) et 4 500 € (formule confort tout compris avec 4×4 et vol en montgolfière).
| Poste de dépense (7 jours / 6 nuits) | Formule Économique | Formule Confort / Moyen | Formule Premium / Prestige |
| Hébergement (Suite familiale ou 2 chambres) | 420 € – 700 € | 900 € – 1 800 € | 2 400 € – 4 500 € |
| Restauration (Repas et boissons pour 4) | 350 € – 500 € | 700 € – 1 100 € | 1 400 € – 2 200 € |
| Transports & Carburant (Location & pistes) | 300 € – 450 € | 450 € – 700 € | 700 € – 1 200 € |
| Visites & Musées (Göreme, Zelve, Uçhisar) | 160 € – 200 € | 200 € – 280 € | 300 € – 500 € |
| Survol en montgolfière (4 personnes) | 600 € – 800 € (Optionnel) | 600 € – 1 000 € | 1 200 € – 2 000 € |
| TOTAL ESTIMÉ (pour 4 personnes) | 1 830 € – 2 650 € | 2 850 € – 4 880 € | 6 000 € – 10 400 € |
L’hébergement constitue le principal levier d’ajustement budgétaire.
La réservation de deux chambres interconnectées ou d’une suite familiale dans un hôtel troglodyte doté d’une piscine extérieure demande une enveloppe de 150 € à 300 € par nuit pour le groupe. Pour la nourriture, alterner entre les petits lokantas traditionnels le midi et les restaurants régionaux le soir permet de maintenir les frais de bouche autour de 100 € à 150 € par jour pour quatre convives, Testi Kebap et boissons incluses. Les entrées sur les sites majeurs (musées de Göreme et Zelve, cités souterraines et châteaux) représentent un coût fixe d’environ 40 € à 60 € par personne pour la totalité des visites. Enfin, l’incontournable survol en montgolfière au lever du soleil s’élève généralement à 150 € – 250 € par passager en saison, nécessitant de prévoir entre 600 € et 1 000 € dédiés à cette seule activité pour la famille.
Où dormir en Cappadoce : des demeures troglodytes aux oasis avec piscine
Une immersion féerique entre relief volcanique, charme ancestral et douceur de vivre
S’installer en Cappadoce, c’est vivre l’expérience irréelle de dormir au cœur même de la roche ou au sein de jardins suspendus dominant les vallées sculptées.
Au fil de l’expédition, l’offre hôtelière dévoile un éventail extraordinaire d’hébergements adaptés à toutes les bourses, des pensions familiales chaleureuses aux somptueux complexes troglodytes taillés dans le tuf. Après une chaude journée passée à sillonner les sentiers poussiéreux et les canyons érodés, le bonheur ultime reste de retrouver la fraîcheur d’un bassin turquoise.

Se prélasser sur un transat à l’ombre des arbres fruitiers, observer les enfants piquer une tête dans la piscine sous le regard lointain des minarets et des vallées rocheuses, voilà le véritable luxe de l’escale anatolienne.
Pour organiser son séjour à Göreme, Uçhisar ou Ürgüp, la grille tarifaire s’adapte à chaque style de voyage. Les voyageurs en quête de simplicité et les petits budgets trouveront leur bonheur dans de charmantes pensions familiales et maisons d’hôtes en pierre, dont les tarifs oscillent généralement entre 35 € et 70 € la nuit, petit-déjeuner traditionnel compris. Pour accéder à des hôtels troglodytes de catégorie intermédiaire — offrant de superbes terrasses panoramiques pour contempler le ballet des montgolfières au lever du jour ainsi qu’une piscine rafraîchissante pour l’après-midi —, il convient de prévoir une fourchette moyenne allant de 80 € à 180 € la nuit. Enfin, pour une expérience luxueuse au sein de demeures historiques restaurées avec spa privé ou hammam traditionnel, les prix s’échelonnent de 200 € à plus de 500 € la nuitée.
Explorer les environs de la Cappadoce : vallées secrètes, cités souterraines et volcans d’Anatolie
Un périple fascinant entre canyons monumentaux, lacs cratères et citadelles d’altitude
Élargir son terrain d’exploration au-delà du triangle classique Göreme-Uçhisar-Ürgüp permet de découvrir une Anatolie centrale plus sauvage, préservée du tourisme de masse et façonnée par des paysages géologiques et historiques d’une puissance saisissante. Les environs de la Cappadoce regorgent de trésors naturels et archéologiques facilement accessibles en véhicule tout-terrain ou en voiture de location.
La Vallée d’Ihlara et le Monastère de Selime : le grand canyon anatolien
Situé à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Göreme, le canyon d’Ihlara (Ihlara Vadisi) est une entaille spectaculaire de 14 kilomètres de long creusée par la rivière Melendiz à travers le tuf volcanique. En descendant les marches qui s’enfoncent au fond de la gorge, on découvre un microclimat verdoyant abritant des peupliers, des saules et des vergers. Les falaises abruptes accueillent une centaine d’églises rupestres byzantines décorées de fresques narratives remarquablement conservées, comme l’Église à l’Arbre (Ağaçaltı Kilise) ou l’Église du Serpent (Yılanlı Kilise). Au fil du sentier de randonnée qui longe le cours d’eau jusqu’au village de Belisırma, le parcours s’achève en apothéose à Selime, où se dresse un complexe monastique troglodyte colossal taillé dans la montagne.
Les cités souterraines de Derinkuyu et Kaymaklı : l’ingénierie du refuge
Au sud de Nevşehir se déploie un réseau sous-terrain extraordinaire construit dès l’époque hittite puis agrandi par les chrétiens à l’époque byzantine pour se protéger des invasions arabo-byzantines.
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Derinkuyu : La plus profonde de la région, s’enfonçant à plus de 85 mètres sous terre sur huit niveaux ouverts à la visite. On y déambule entre étables, cuves à vin, chapelles, réfectoires et salles de classe, le tout desservi par un système de ventilation d’une précision remarquable et verrouillable par de lourdes meules de pierre coulissantes.
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Kaymaklı : Plus vaste et plus étalée en largeur que Derinkuyu, elle compte quatre niveaux visitables révélant l’organisation quotidienne d’une cité pouvant abriter plusieurs milliers d’habitants sous terre pendant plusieurs semaines.
La Vallée de Soganlı et la cité romaine de Sobesos
En s’orientant vers le sud-est en direction du district de Yeşilhisar, la Vallée de Soganlı offre une alternative paisible aux sites plus fréquentés. Ce vallon paisible abrite des églises rupestres uniques, réputées pour leurs dômes extérieurs sculptés à même le rocher et leurs fresques du XIe siècle, telles que l’Église au Chapeau (Kubbelli Kilise) et l’Église Sainte-Barbe (Tahtalı Kilise). À proximité immédiate, le site archéologique de Sobesos (près de Şahinefendi) dévoile les seuls vestiges d’une cité romaine tardive découverts en Cappadoce, avec ses superbes mosaïques de sol, ses thermes et sa basilique.
Le lac cratère de Narlıgöl et le volcan Hasan Dağı
Pour les amoureux de géologie et de grands espaces, le lac de Narlıgöl (Acıgöl) est un lac de cratère volcanique (maar) niché dans une caldeira aux eaux thermales changeant de couleur selon les saisons. Plus au sud-ouest, la silhouette imposante du volcan enneigé Hasan Dağı (3 268 mètres d’altitude) domine la steppe anatolienne. C’est l’un des deux volcans responsables des dépôts de cendres et de tufs qui ont donné naissance aux paysages de la Cappadoce. Les contreforts du volcan offrent de superbes itinéraires de randonnée et de pistes 4×4, notamment autour des ruines romaines et byzantines de Nora (Mokissos).
La vallée de Mazı et le caravansérail de Sultanhanı
Pour compléter ce grand tour d’Anatolie centrale :
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Mazı : Une cité souterraine moins connue mais d’une grande authenticité, percée dans une gorge sauvage où l’on accède par des passages taillés dans la roche et des façades taillées à même la falaise.
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Sultanhanı : En poussant sur la route de Konya, ce monument d’architecture seljoukide du XIIIe siècle constitue le plus grand caravansérail (han) de Turquie. Il rappelle la puissance commerciale de la Route de la Soie qui traversait la région.
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