Parc National de Sai Yok — La rivière Kwaï au cœur de la nature Thaïlande
Au petit matin, après un dernier regard sur la rivière Kwai encore enveloppée de brume, nous quittons Kanchanaburi pour prendre la route vers l’ouest. Environ 60 kilomètres de virages verdoyants nous séparent du Parc national de Sai Yok, vaste sanctuaire de nature niché dans les contreforts boisés de la chaîne Tenasserim, tout près de la frontière birmane.
L’accès principal se fait par la Route 323, une voie bien entretenue qui serpente entre forêts de tecks, plantations de bananiers et villages paisibles. Sur le chemin, des panneaux annoncent des lodges flottants et des embarcadères : ici, la rivière Kwai Noi est omniprésente, et de nombreux hébergements s’y installent directement, dans un cadre sauvage et isolé.
À l’entrée du parc (tarif pour les étrangers : 300 B par adulte, 150 B par enfant ; pour les Thaïlandais : 40 B par adulte, 20 B par enfant ; véhicule : 30 B), un petit poste de garde distribue plans et conseils. Le parc couvre plus de 500 km² de forêt tropicale luxuriante, abritant une flore impressionnante — bambous géants, figuiers étrangleurs, orchidées sauvages — et une faune discrète mais bien présente : macaques, gibbons, cerfs aboyeurs, et parfois même des éléphants sauvages.
Nous commençons par une balade en long-tail boat (400 B), glissant sur les eaux calmes de la rivière Kwai. Le paysage est somptueux : falaises calcaires creusées de cavités, végétation dense qui descend jusqu’à l’eau, maisons flottantes bordées de hamacs, radeaux de bambou amarrés à des pontons de bois. Certaines barges sont des restaurants, d’autres des hébergements, toutes semblent suspendues dans une tranquillité liquide. Les parois rocheuses, sculptées par l’érosion et les infiltrations d’eau, révèlent des strates de calcaire et de grès, parfois teintées de rouge ou de vert selon les dépôts minéraux. Ce relief karstique, typique de la région, abrite grottes, cavités et sources chaudes dissimulées en aval.
Après cette parenthèse fluviale, nous repartons à pied pour suivre le sentier qui mène aux chutes. Un pont suspendu nous permet de traverser la rivière, et juste après, un chemin part sur la gauche, serpentant à travers la végétation. C’est là que nous atteignons la cascade de Sai Yok Yai, qui jaillit en rideau depuis une falaise calcaire directement dans la rivière. Cette chute majestueuse, visitée par le roi Rama V au XIXᵉ siècle, est surnommée « la cascade royale ». Le sentier aménagé nous mène à un point d’observation sur l’autre rive, où l’eau semble danser dans la lumière.
En tournant à droite après le pont, à une cinquantaine de mètres, nous faisons halte à Sai Yok Noi, une autre cascade, plus discrète mais tout aussi charmante. Un petit pont de bois permet d’en approcher le cœur, et une plateforme offre une vue panoramique. Le murmure de l’eau, les cris des oiseaux et les ombres mouvantes des feuillages donnent au lieu une atmosphère hors du temps.
De retour sur la rive principale, nous suivons l’itinéraire qui mène à la grotte aux chauves-souris, à deux kilomètres. Le sentier traverse une forêt de bambous géants, dont les tiges élancées forment une voûte végétale presque irréelle.
Le sol est tapissé de feuilles sèches, et à chaque pas, le craquement discret accompagne les bruissements du vent. Des cris de singes résonnent au loin, parfois suivis de mouvements furtifs dans les feuillages. L’ambiance est à la fois paisible et vibrante, comme si la forêt elle-même respirait autour de nous. En chemin, nous croisons les vestiges de la ligne de chemin de fer et une source naturelle. L’entrée de la grotte, creusée dans la falaise, révèle des formations minérales spectaculaires : stalactites, colonnes, draperies de calcite sculptées par le temps et l’eau.
Pour les amateurs de randonnée, plusieurs petits treks balisés traversent la jungle, d’une durée de une à trois heures. Certains mènent à des belvédères sur la vallée, d’autres longent des ruisseaux et permettent d’observer la faune au lever du jour. Mais ici, pas de GPS fiable : mieux vaut partir tôt, bien chaussé, avec de l’eau et un bon répulsif à moustiques.
Sai Yok est un parc qui se vit lentement, au rythme de la rivière et des bruissements de la forêt. Un lieu où l’on se laisse envelopper par la nature, entre eau, roche et feuillage.
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