voyageavecnous.com

TRAVEL YOURSELF

Suivez-nous partout où nous allons !

autourdumonde2023@gmail.com

Wat Tha Sung – Le Temple de Cristal qui défie la lumière Thaïlande

0

Wat Tha Sung (Uthai Thani) – Le Temple de Cristal, entre lumière, foi et vision mystique

À l’écart des grands circuits touristiques, dans la province paisible d’Uthai Thani, le Wat Tha Sung surgit comme une apparition. Niché près de la rivière Sakae Krang, ce vaste complexe monastique ne ressemble à aucun autre temple de Thaïlande. On le connaît surtout pour son “Temple de Cristal”, officiellement nommé Prasat Phra Phutthachinarat, une salle d’ordination dont l’intérieur scintille comme si le ciel étoilé avait décidé de descendre sur terre.

Mais réduire Wat Tha Sung à son éclat visuel serait passer à côté de son importance spirituelle et historique.


Une fondation portée par un maître charismatique

Le développement spectaculaire du temple est indissociable d’une figure majeure du bouddhisme thaïlandais du XXᵉ siècle : Luang Phor Ruesi Lingdam (1916–1992), moine vénéré, méditant et enseignant réputé pour ses capacités spirituelles et ses visions mystiques.

Disciple de la tradition Theravada, il insistait sur la pratique rigoureuse de la méditation, la générosité (dāna), la moralité (sīla) et le développement mental (bhāvanā). Cependant, son enseignement s’accompagnait d’une dimension ésotérique marquée, intégrant des récits de visions célestes, de rencontres avec des plans spirituels supérieurs et de descriptions détaillées des royaumes bouddhiques.

Wat Tha Sung devint ainsi un centre spirituel majeur attirant des milliers de fidèles venus écouter ses sermons et participer aux retraites de méditation. Le temple actuel est en grande partie le fruit de son impulsion visionnaire.


Le Temple de Cristal : une cosmologie en miroir

En entrant dans le Temple de Cristal, l’expérience est presque sensorielle avant d’être intellectuelle. Les murs, les plafonds, les colonnes sont couverts de mosaïques de miroirs et de cristaux. Chaque surface capte la lumière et la multiplie à l’infini. L’effet est volontaire : il ne s’agit pas d’une simple recherche esthétique, mais d’une mise en scène cosmologique.

Dans la tradition bouddhique, la lumière symbolise la sagesse qui dissipe l’ignorance. Ici, l’omniprésence des reflets suggère l’infinité des mondes, la multiplicité des existences et la nature illusoire du moi. Les miroirs renvoient l’image du visiteur dans une démultiplication vertigineuse, rappelant subtilement l’enseignement sur l’anatta — l’absence d’ego permanent.

Au centre trône une reproduction du célèbre Phra Phutthachinarat, l’une des représentations les plus vénérées du Bouddha en Thaïlande. Cette statue, inspirée de l’original de Phitsanulok, adopte la posture de la victoire sur Mara (Mara Vijaya), moment clé où Siddhartha Gautama atteint l’Éveil en résistant aux tentations et aux attaques symboliques de l’illusion.

L’ensemble architectural évoque presque un palais céleste, une représentation terrestre du Tavatimsa, le paradis des Trente-Trois dieux dans la cosmologie bouddhique.


Architecture : entre tradition et démesure contemporaine

Wat Tha Sung mêle respect des formes classiques thaïlandaises et audace décorative contemporaine.

À l’extérieur, les lignes restent fidèles à l’architecture sacrée thaïe : toitures superposées, pignons richement décorés, chofas (ornements en forme d’oiseau mythique) pointant vers le ciel. Mais l’intérieur rompt avec la sobriété habituelle des temples anciens.

L’usage massif du miroir n’est pas inédit en Thaïlande — on en trouve dans certains temples royaux — mais rarement à cette échelle. Le Temple de Cristal donne l’impression d’une cathédrale bouddhique futuriste, où la symétrie, la répétition et la brillance créent une atmosphère presque surnaturelle.

Le complexe comprend également :

  • une gigantesque statue dorée de Bouddha,

  • plusieurs salles de méditation,

  • des bâtiments abritant des reliques,

  • et un vaste espace destiné aux cérémonies collectives.


Théologie et symbolisme : le mérite comme architecture

Le projet de Wat Tha Sung s’inscrit pleinement dans la tradition thaïlandaise du mérite (bun). La construction monumentale d’un temple est perçue comme un acte générateur de karma positif. Les dons des fidèles participent à l’édification non seulement d’un bâtiment, mais d’un futur spirituel favorable.

Luang Phor Ruesi Lingdam encourageait cette dynamique : contribuer à la beauté et à la grandeur du temple revenait à participer à la propagation du Dhamma.

La dimension lumineuse du Temple de Cristal peut également être interprétée comme une matérialisation du concept de “citta éclairé” — l’esprit purifié par la pratique méditative. La multiplication des reflets rappelle que chaque action, chaque pensée, se répercute dans le tissu du monde.


Anecdotes et réalités contemporaines

Wat Tha Sung attire aujourd’hui autant les pèlerins que les visiteurs fascinés par son esthétique spectaculaire. Certains comparent l’intérieur à un décor de film fantastique, d’autres parlent d’une “boule à facettes spirituelle”. Pourtant, malgré son aspect presque irréel, le temple reste un lieu vivant.

Les grandes fêtes bouddhiques — comme Makha Bucha ou Visakha Bucha — y rassemblent des foules importantes. Les cérémonies aux chandelles, dans cet environnement déjà scintillant, créent une atmosphère difficile à décrire tant la lumière semble vibrer.

On raconte également que Luang Phor Ruesi Lingdam aurait décrit en détail certains royaumes célestes durant ses méditations profondes, inspirant indirectement la splendeur lumineuse du temple.


Entre contemplation et vertige

Wat Tha Sung n’est pas un temple ancien au sens historique classique. Il ne date pas du royaume d’Ayutthaya ni de l’époque Sukhothai. Il appartient à la Thaïlande moderne, à une spiritualité vivante qui assume la grandeur visuelle comme moyen de transmission.

Le Temple de Cristal peut dérouter, émerveiller, voire éblouir au sens propre. Mais au-delà de la brillance, il pose une question simple : comment rendre visible l’invisible ? Comment matérialiser la lumière intérieure ?

Dans le silence entre deux éclats de miroir, la réponse semble flotter : la foi, ici, n’est pas cachée. Elle scintille.

En quittant Sukhothaï par la route N°101 puis la N°11, nous traversons d’abord de vastes rizières dorées, des palmiers solitaires et des étangs où flottent les lotus. Les villages sur pilotis ponctuent le paysage, et il n’est pas rare de voir des enfants jouer au bord de la route ou des marchés improvisés où l’on vend des fruits frais, découpés et assaisonnés à la thaïlandaise pour quelques 20 THB. Plus nous descendons vers le sud, plus la circulation s’intensifie et l’air devient chaud et parfumé de marchés, d’épices et de cuisine de rue.

À Lopburi, notre halte gourmande nous conduit chez Khao Soi Prik Thai, un petit restaurant populaire à cinq minutes en voiture du centre historique. Ici, le khao soi se décline en version parfumée et crémeuse, accompagnée de nouilles croustillantes et de pickles de légumes. Nous goûtons également au pad krapao moo, un porc sauté au basilic puissant en goût, et aux curry panang richement épicés. Les prix sont doux : 50 à 90 THB le plat, jus frais à 30 THB, et desserts comme la mangue fraîche ou le roti banane pour 25 THB. Pendant le repas, les singes qui déambulent dans les ruines voisines apportent une touche d’imprévu et de légèreté, rappelant que Lopburi est autant un lieu vivant qu’un site historique.

Après cette pause culturelle et culinaire, nous reprenons la route pour la dernière portion, plus rapide, d’environ 1h30, jusqu’à Ayutthaya. L’entrée dans la ville se fait par de larges boulevards bordés de douves et de temples, annonçant immédiatement le caractère historique de la cité. Notre hôtel, le S3 Ayutthaya, est idéalement situé juste en face du parc historique. La villa, moderne et confortable, nous accueille après cette longue route, offrant un espace parfait pour nous installer et reposer nos jambes avant les explorations de demain.

Si l’envie nous prend de dîner sur place, plusieurs options se trouvent à proximité. Malakor Café, en face des ruines, propose une cuisine thaïe revisitée dans une ambiance chill, avec des plats à 100–180 THB et des curry massaman particulièrement savoureux. Pour un cadre plus apaisant, le Sai Thong River Restaurant, en bord de rivière, offre des spécialités de poissons et fruits de mer grillés, avec un pad thai aux crevettes géantes à 120 THB et une vue relaxante sur l’eau.

Ainsi s’achève cette journée riche en contrastes : le calme spirituel de Sukhothaï, les singes espiègles et les vestiges khmers de Lopburi, et enfin l’arrivée majestueuse à Ayutthaya, prête à nous plonger dans l’histoire royale et la grandeur de l’ancien Siam.

#Sukhothai #Ayutthaya #Lopburi #VoyageEnThaïlande #HistoireEtCulture #KhaoSoi #SlowTravel #TemplesThaïlandais #CuisineLocale #RoadTripThaïlande

Laisser un commentaire