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Whale Watchers Walker Bay : Notre Odyssée à la Découverte des Baleines d’Hermanus

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De New Harbour au cœur de l’océan Austral, sur la piste des géants et des oiseaux du grand large

Après une nuit bercée par le ressac de l’océan, l’excitation est à son comble ce matin. Nous mettons le cap sur New Harbour, le port historique d’Hermanus, pour l’un des rendez-vous les plus attendus de notre voyage en Afrique du Sud : une expédition en mer à la découverte des baleines franches australes (Eubalaena australis). La province du Western Cape est mondialement réputée pour être le théâtre de ce grand spectacle naturel, où des colosses marins de près de cinquante tonnes viennent chercher refuge à seulement quelques dizaines de mètres du littoral.

Whale Watchers Hermanus : Une passerelle éco-responsable vers le grand bleu

Notre aventure commence dans les bureaux de la compagnie Whale Watchers Hermanus. Dès l’accueil, le ton est donné : le professionnalisme s’allie à une profonde passion pour la vie marine. Avant de monter à bord, nous suivons un briefing complet axé sur les mesures de sécurité et les règles d’approche éco-responsables à respecter scrupuleusement (maintien d’une distance de sécurité, vitesse réduite). Un café de bienvenue nous est offert, l’occasion idéale de faire monter la température avant de braver l’air vif du large. Côté budget, la prestation s’élève à 5 700 ZAR pour notre groupe de quatre adultes, un tarif amplement justifié par la qualité de l’encadrement, la stabilité du grand catamaran et l’engagement de l’équipe dans le suivi scientifique des cétacés.

Nous embarquons sous un ciel chargé. En quittant le quai, le navire glisse devant les bâtiments de la station de secours en mer (NSRI) et longe les spectaculaires falaises côtières. Tapissés de lichens orange vif, les rochers abritent quelques cormorans qui observent notre départ d’un œil distrait. Très vite, les moteurs se font plus discrets. Le capitaine réduit la vitesse et fait évoluer le catamaran au pas. L’observation commence.

Si Hermanus est considérée comme la capitale mondiale de l’observation terrestre et maritime des cétacés, c’est en raison d’une convergence de facteurs géographiques et écologiques uniques. La période d’observation idéale s’étend de juin à décembre, avec un pic d’activité généralement enregistré entre septembre et novembre.

Le voyage de ces mastodontes suit un itinéraire migratoire immuable. Les Eubalaena australis – Southern Right Whale baleines franches australes passent l’été polaire dans les eaux glacées de l’Antarctique, où elles se nourrissent intensément de krill et de petits copépodes pour reconstituer une épaisse couche de graisse. À l’approche de l’hiver, les conditions polaires devenant extrêmes, elles entament une immense migration vers le nord. Leurs déplacements sont motivés par deux causes biologiques majeures : la reproduction et la mise bas.

En rejoignant les eaux abritées, tempérées et peu profondes de Walker Bay, les baleines trouvent un sanctuaire idéal. Les femelles peuvent y donner naissance à leur unique baleineau et l’allaiter en toute sécurité, à l’abri des prédateurs hauturiers comme les grands requins blancs ou les orques, et loin des courants violents du large. Durant toute cette saison, les mères vivent exclusivement sur leurs réserves, s’adonnant à un jeûne prolongé entièrement dédié à la protection de leur progénitureÀ fleur d’eau avec les seigneurs de l’océan Austral

La patience en haute mer est toujours récompensée. Soudain, l’immobilité de l’eau est rompue et une silhouette monumentale se dessine à seulement quelques mètres de notre coque. Au loin, nous avions repéré des masses sombres, mais la proximité actuelle dépasse toutes nos espérances.

Au ras de l’eau, on observe d’abord son dos noir, immense, luisant et parfaitement lisse, qui présente la caractéristique anatomique majeure d’être totalement dépourvu d’aileron dorsal. Puis, le sommet de son rostre perce doucement l’écume, révélant ses célèbres callosités blanches. Ces excroissances de peau rugueuse, colonisées par de petits crustacés parasites (les cyamidés), dessinent sur la tête de chaque cétacé une signature unique qui permet leur photo-identification. Le souffle puissant s’élève en un « V » caractéristique, avant que l’animal ne décide de sonder : son pédoncule se cambre, sa magnifique nageoire caudale noire et symétrique s’élève élégamment au-dessus des vagues, puis glisse silencieusement dans le bleu de la baie.

Alors que nos yeux restent rivés sur la surface, le spectacle se déplace soudain au-dessus de nos têtes. Attiré par le sillage du catamaran, un oiseau pélagique imposant et intrépide vient patrouiller autour de nous, volant parfois à ras de l’eau ou venant inspecter les superstructures du bateau. C’est le redoutable Labbe de Lönnberg (Stercorarius antarcticus lonnbergi), le pirate des mers australes.

Entièrement paré d’un plumage brun terreux, cet oiseau robuste déploie de larges ailes pointues et révèle en plein vol un critère d’identification infaillible pour tout naturaliste : de grands flashes blancs (ou fenêtres alaires) à la base de ses rémiges primaires. D’un naturel hardi et curieux, il plane avec une aisance remarquable face au vent, laissant parfois pendre ses pattes palmées noires près du navire, avant d’aller se poser sereinement sur l’eau. Non loin de lui, une otarie à fourrure du Cap (Arctocephalus pusillus) pointe son museau brillant et ses moustaches hors des flots, complétant ce tableau vivant de Walker Bay.

Cette matinée en mer s’achève sur le chemin du retour vers New Harbour, les cartes mémoires pleines de clichés mémorables et l’esprit encore marqué par la grandeur tranquille de ces seigneurs des océans.

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