Sous la poussière rouge des Himbas : immersion au cœur du Kaokoland Namibie
🪶 Dans le village Himba : poussière rouge, regards ocre et gestes ancestraux
Nous partons après le petit-déjeuner avec l’organisation d’Okapika Tented Camp, impatients et curieux. Aujourd’hui, la visite d’un village himba nous attend — une immersion conçue pour favoriser les échanges authentiques et préserver la dignité des habitants.
Après une courte route sur piste, la savane arbustive s’ouvre, et un petit cercle de huttes rondes apparaît. Le soleil est déjà haut, et la lumière crue découpe des ombres nettes sur la terre rouge. Le village semble surgir du silence : des toits de chaume, des enclos de bois tressé, des enfants courant pieds nus, et partout cette poussière ocre qui colore les gestes et le temps.
Le premier contact est cérémoniel. Notre guide local — un Herero du village voisin — annonce notre arrivée au chef ou à l’une des aînées. Avant d’entrer, nous saluons et demandons la permission, un geste simple mais essentiel, ancré dans la coutume de l’hospitalité. Les visites encadrées par des lodges comme Okapika respectent cette éthique : une part des revenus est reversée à la communauté, et un panier de vivres est remis symboliquement à la chefferie.
Le village s’organise en cercle autour de l’enclos à bétail, véritable cœur spirituel et économique du lieu. C’est là que brûle souvent le feu sacré (okuruwo), lien entre les vivants et les ancêtres, qui ne doit jamais s’éteindre. Ce feu incarne la continuité du clan et la mémoire des générations. Autour, les huttes en bois et en terre séchée abritent une vie rythmée par les saisons et le bétail.
Les femmes, le corps enduit d’otjize — un mélange d’ocre rouge, de graisse animale et parfois de cendre — s’affairent à tresser les cheveux, pétrir le pain ou fabriquer des bijoux. Cette pâte rouge, signature visuelle des Himbas, protège du soleil et des insectes, mais incarne aussi la beauté et la vitalité féminine.
Commiphora wildii est la « myrrhe de Namibie » — une résine aromatique récoltée principalement par les femmes himba, utilisée quotidiennement comme parfum et pâte d’ocre, et devenue une ressource commerciale aux retombées sociales et écologiques importantes. C’est un arbuste résineux qui, sous la chaleur, exsude une gomme odorante que les femmes himba récoltent et transforment. La résine n’est pas systématiquement obtenue par incision agressive ; elle est souvent ramassée telle quelle lors des périodes d’exsudation naturelle, ce qui, dans les pratiques traditionnelles, limite les dommages à la plante et respecte un cycle de prélèvement ancestral. Les Himbas incorporent cette résine à leur pâte d’ocre et l’utilisent comme parfum quotidien, un geste identitaire qui relie esthétique, rituel et appartenance culturelle.
Une jeune mère applique l’otjize sur les bras de son enfant, dans un geste à la fois tendre et rituel. Les coiffures et parures révèlent tout : l’âge, le statut marital, la maternité, le rôle social. Les jeunes filles portent deux tresses vers l’avant, les femmes mariées un turban de cuir recouvert d’ocre, les mères des ornements de fertilité.
À l’intérieur des huttes, l’air est dense, mêlant odeurs de bois, de cuir et de cendres. Nous observons des calebasses servant à séparer le lait, des tissus pliés avec soin, des objets rituels — ceintures, colliers, chapeaux coniques. Le guide nous explique que les femmes ne se lavent jamais à l’eau, ressource rare et sacrée. À la place, elles pratiquent le bain de fumée : elles brûlent des résines, herbes et fleurs séchées sous un cône de tissu pour se purifier et se parfumer, un rituel à la fois hygiénique et spirituel.
Dehors, les enfants rient et jouent dans la poussière, tenant des poupées en terre cuite ou des peluches offertes par des voyageurs. L’un d’eux pleure, serrant son jouet contre lui — un geste universel, émouvant, qui nous rappelle la même tendresse, ici ou ailleurs.
Les hommes, souvent absents dans la journée, mènent les troupeaux de bovins et de chèvres dans les pâturages. Le bétail est le pivot de la société himba : il symbolise la richesse, la dot matrimoniale et parfois la monnaie d’échange. La viande n’est consommée que lors des grandes cérémonies : mariages, funérailles, rites d’initiation.
🌍 Histoire et organisation sociale
Les OvaHimba sont apparentés aux Herero, dont ils partagent la langue (otjiherero) et les racines. Leur installation dans le Kaokoland, au nord-ouest de la Namibie, remonte à plusieurs siècles, après des migrations depuis le sud de l’Angola. Le mot Himba viendrait d’un terme signifiant « ceux qui ont demandé de l’aide », en référence à une période de sécheresse au XIXᵉ siècle.
Sous la colonisation allemande puis l’administration sud-africaine, les Himbas ont connu guerres, famines et déplacements. Malgré ces bouleversements, ils ont conservé leurs traditions grâce à une organisation communautaire solide et une autonomie pastorale farouche.
Chaque village est dirigé par un chef ou un conseil d’aînés. La filiation double, à la fois patrilinéaire et matrilinéaire, détermine l’héritage du bétail, les alliances et les devoirs rituels. Cette structure complexe permet un équilibre subtil entre pouvoir masculin et influence féminine.
🔥 Spiritualité et coutumes
La spiritualité himba repose sur la vénération des ancêtres et le culte du feu sacré, gardien du lien avec Mukuru, le dieu créateur. Chaque matin, une offrande est faite au feu pour demander protection et fertilité.
La mort n’est pas une fin, mais une continuité : les cérémonies funéraires guident l’esprit du défunt vers le monde des ancêtres et maintiennent l’équilibre entre les vivants et les morts.
Les femmes, gardiennes de la maison et du foyer, participent à la transmission des savoirs, des chants et des récits oraux. Nous écoutons certaines d’entre elles évoquer les esprits du fleuve Kunene, les sécheresses passées, et les légendes où collines et sources deviennent des personnages vivants.
🌿 Vie quotidienne et environnement
Le paysage environnant est une savane arbustive : mopanes, acacias et palmiers makalani résistent à la sécheresse. Autour du village, les troupeaux broutent les rares touffes d’herbe, et l’on distingue les traces d’oiseaux et de petits mammifères. Le fleuve Kunene, tout proche, est le fil de vie de la région : il structure la vie humaine, le bétail, la faune et les rituels.
Les femmes nous montrent leur artisanat : bracelets en cuivre, poupées de fertilité, figurines en terre cuite, colliers de perles et calebasses à lait. Nous achetons quelques souvenirs et offrons en retour de petites attentions : pommade, peluches, produits de soin. Ces échanges simples deviennent un vrai dialogue.
🌍 Enjeux contemporains
Le tourisme, s’il apporte des ressources, soulève aussi des questions : comment partager sans transformer ? Comment préserver l’authenticité sans figer la culture dans un rôle décoratif ? Les projets comme celui d’Okapika Tented Camp privilégient un tourisme communautaire responsable, où chaque visite soutient l’éducation, la santé et la conservation des ressources.
Mais les défis sont nombreux : sécheresses récurrentes, recul des pâturages, attrait des jeunes pour la ville, perte de transmission orale. Entre modernité et mémoire, les Himbas avancent, fiers et résilients, sur un fil d’équilibre.
Nous repartons silencieux, couverts de poussière rouge et d’émotion. Sur nos mains, l’ocre s’est déposée comme une empreinte. Dans nos esprits, demeurent les regards francs, les rires d’enfants et la dignité tranquille de ceux qui vivent au rythme du feu et du vent.
Une visite réussie, nous le comprenons, n’est pas celle où l’on voit un peuple, mais celle où l’on écoute et où l’on apprend.
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🛖 Sculptures, sourires et poussière rouge — les haltes Himba du Kunene
Sur la piste qui serpente entre Ruacana et Epupa, là où le fleuve Kunene joue à cache-cache avec les collines, chaque virage réserve une surprise. Ce n’est pas seulement une route — c’est un fil tendu entre villages, regards, et éclats de vie.
Parfois, au détour d’un bosquet d’acacias, deux silhouettes rouges vous accueillent sans dire un mot. Sculptées dans le bois, peintes avec soin, elles trônent à l’entrée d’un hameau Himba comme des gardiennes bienveillantes. L’une assise, l’autre debout, coiffées comme leurs modèles vivants, elles semblent vous dire : “Ici, on vit, on rit, et on vend un peu de bois aussi.”
Un peu plus loin, une table bancale attend le chaland. Des fagots de bois, des poupées tressées, des calebasses vernies — tout est posé là, dans une mise en scène rustique mais pleine de charme. Parfois, personne ne surveille. Parfois, un enfant surgit, pieds nus, sourire franc, et vous propose un bracelet en échange d’un bonjour.
Les femmes Himba, parées de colliers, de jupes de cuir et de coiffures sculpturales, marchent avec une grâce tranquille, entre les huttes de torchis et les enclos de branchages. Leurs gestes sont précis, leur regard direct, et leur présence transforme chaque halte en moment suspendu.
Ce n’est pas un marché. Ce n’est pas un musée. C’est la Namibie qui vous regarde passer, avec curiosité, dignité, et parfois un clin d’œil discret.
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À Opuwo, la présence des femmes himbas en tenue traditionnelle ne relève ni du folklore ni de la mise en scène — c’est simplement le quotidien. Elles circulent dans les rues, font leurs courses, discutent sur les trottoirs, poitrines nues, parées d’ocre et de bijoux, avec une élégance tranquille et une assurance désarmante. Le contraste avec les touristes en short ou les employés en uniforme est saisissant, mais jamais conflictuel. Opuwo est un carrefour culturel, où la tradition himba cohabite avec la modernité sans s’effacer ni s’exhiber. C’est une ville où l’ocre et le béton se regardent sans se juger.
FAUNE ET FLORE
babouins chacma du Kaokoland, Papio ursinus ruacana,
Les choucadors à oreillons bleus
inséparable à face rose, Agapornis roseicollis,
SHORTS & RUSHS
Une autruche sur les pistes du Kaokoland Namibie !
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Premier dîner à Epupa Falls Lodge : un festin face aux chutes, entre viande savoureuse et soupe locale inattendue.
Pour notre première soirée à Epupa Falls Lodge, on ne pouvait rêver mieux : des T-bones généreux, des rumsteaks tendres, le tout servi dans le cadre enchanteur du restaurant sur pilotis, avec vue directe sur les chutes rugissantes du Kunene. La formule DBB (dîner, bed & breakfast) inclut un menu simple mais efficace, où la qualité des produits et la cuisson maîtrisée font toute la différence.
Mais la vraie surprise est venue de l’entrée : une soupe de moringa, cette plante locale souvent surnommée “arbre miracle”. Le moringa (Moringa oleifera) est riche en vitamines, en fer et en antioxydants, et ses feuilles — une sorte de “super épinard” — sont utilisées dans de nombreuses recettes traditionnelles. Ici, elles sont finement mixées, relevées d’un soupçon d’ail et servies bien chaudes. Un velouté vert intense, à la fois nourrissant et délicat, parfait pour ouvrir l’appétit après une journée de piste.
Entre les éclats de rire, les verres de Fanta et de Windhoek Lager, et les bulbuls à oreillons rouge qui commentaient le repas depuis les palmiers, ce premier dîner à Epupa avait des airs de banquet tropical. Et quand la lumière a décliné sur les chutes, teignant les embruns d’or, on s’est dit qu’on était exactement là où il fallait être.
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🍽 Dernier festin à Epupa — entre Oryx fondant et cheesecake givré

Pour notre ultime soirée à Epupa Falls Lodge, on ne fait pas les choses à moitié. Je choisis la viande d’Oryx, ce grand antilope emblématique des déserts namibiens, au goût fin et légèrement sucré, entre le bœuf et le gibier. Sa cuisson est parfaite : saisie à feu vif, puis reposée longuement, elle fond en bouche avec une tendreté presque indécente. Un filet de sauce au poivre sauvage vient relever le tout, et l’accompagnement — légumes croquants et riz parfumé — joue les seconds rôles avec brio.
Nadège, plus prudente, opte pour un T-bone grillé, classique mais efficace, servi avec une salade grecque revisitée à la feta sud-africaine, généreuse et crémeuse. Margot choisit une côte de porc bien dorée, accompagnée de betteraves rôties, qui ajoutent une touche sucrée et terreuse à l’assiette. Bastien, fidèle à ses classiques, se régale d’un poulet grillé en sauce, nappé d’un jus corsé aux épices locales.
En entrée, un zaalouk à la marocaine, version namibienne : aubergines fumées, tomates confites, cumin et citron — le tout servi tiède, avec du pain maison croustillant. La salade grecque circule en accompagnement, fraîche et généreuse, comme une pause méditerranéenne au cœur du bush.
Et pour finir, un cheesecake glacé, onctueux et légèrement vanillé, posé sur un lit de biscuit sablé, avec un coulis de fruits rouges locaux. Le fleuve murmure, les étoiles s’allument, et nos assiettes racontent à leur façon la rencontre entre l’Afrique australe et les saveurs du monde.
Mais ce dîner ne serait pas complet sans les invités non invités : un lézard aux couleurs de piste, orange, gris et jaune, parfaitement camouflé sur la roche, nous observe depuis son promontoire minéral. Il semble hésiter entre curiosité et indifférence gastronomique.
Sur le bois de la terrasse, les bulbuls à oreillons rouge s’invitent à notre festin. Son œil cerclé d’orange nous fixe avec intensité, comme s’il attendait qu’un morceau de cheesecake tombe par inadvertance. Il revient plusieurs fois, accompagné d’un congénère tout aussi expressif, et finit par picorer une miette oubliée.
Et dans les feuillages, un petit rongeur rayé, probablement un tamia africain, se faufile entre les troncs, discret mais bien présent. Il semble avoir compris que les humains sont parfois généreux en restes.
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🥩 Escale à Opuwo — entre plein de carburant et saucisse russe
Après les gués secs et les babouins philosophes de la piste Epupa–Opuwo, nous atteignons enfin la capitale du Kaokoland, poussiéreuse, animée, et étonnamment cosmopolite. Opuwo est un carrefour improbable où se croisent 4×4 surchargés, touristes en sandales, Himba en parure traditionnelle, et employés en uniforme — tous réunis dans les mêmes allées, les mêmes stations-service, les mêmes supermarchés.

Nous faisons le plein — carburant, eau, boissons fraîches, quelques biscuits pour la route. Mais ce qui nous frappe, c’est la scène urbaine : les femmes himbas (photos uniquement sur notre site ), poitrines nues, parées d’ocre et de bijoux, font leurs courses avec une aisance tranquille, entre les rayons de lessive et les étals de légumes. Pas de folklore ici — juste la vie quotidienne, dans toute sa diversité. Un choc visuel et culturel, mais sans tension : Opuwo est un lieu de coexistence, brut mais fluide.
Pour le déjeuner, nous choisissons le Kaokoland Restaurant, repéré par son menu généreux et son abri typique — toit de chaume, poteaux en bois, nappes jaunes et chaises bleues, ambiance mi-brousse mi-bistrot. Le service est impeccable, souriant, rapide. On commande :
- Un T-bone grillé, juteux, bien saisi, servi avec des frites dorées et une tranche de concombre pour la conscience verte.
- Une saucisse russe, décrite comme smoked sausage made of minced pork and beef flavoured with paprika — et elle tient ses promesses : fumée, relevée, fondante, parfaite avec un peu de moutarde locale.
- Des boissons fraîches, un café pour la route, et un regard complice vers les autres tables — où Himba et touristes déjeunent côte à côte, sans spectacle, sans gêne.
Opuwo n’est pas une ville-musée. C’est une ville carrefour. Et ce déjeuner, entre saucisse russe et T-bone bien grillé, est une pause savoureuse dans notre traversée du Kaokoland.
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Sesfontein Guesthouse — gastronomie en trois temps (et quelques surprises)
À notre arrivée, le soleil tape, les ventres gargouillent, et l’espoir d’un déjeuner simple mais roboratif nous pousse vers la table. Ce sera un club sandwich, tarifé à 150 NAD par personne. Deux triangles bien grillés, un peu de fromage, une tranche de jambon, et une addition qui fait réfléchir. Frugal, certes, mais servi avec le sourire — ce qui, dans le Kaokoland, vaut bien une sauce maison.
Le dîner, inclus dans la formule DBB (5000 NAD pour deux), relève le niveau avec élégance. En entrée, une salade fraîche accompagnée de camembert — oui, du camembert, fondant, presque nostalgique. Le plat principal arrive : porc pané, croustillant à souhait, accompagné de légumes bien cuits. Et pour finir, une mousse au chocolat rehaussée d’une confiture de fraise, douce et inattendue. Le tout escorté par un Syrah sud-africain de 2023, qui fait le tour du palais sans bousculer personne.
Le repas se termine sous les étoiles, autour d’un feu de camp. Pas de digestif, mais une ambiance qui vaut tous les menus dégustation. À Sesfontein Guesthouse, on mange bien, on paie un peu plus que prévu, mais on repart repu, souriant, et légèrement parfumé au bois brûlé.
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🍽️ Sesfontein Guesthouse : le menu du chef, version bush chic
Ce soir, pas de débat, pas de carte, pas de suspense : le menu est imposé, comme une déclaration d’intention gastronomique. Et quel menu !
Elle arrive en toute simplicité, posée sur l’assiette comme une promesse tiède. Les champignons, bien présents, jouent les vedettes dans une pâte dorée qui a vu des jours meilleurs mais tient bon. Un petit brin de persil tente une pirouette décorative. C’est rustique, c’est honnête, c’est la quiche du bush.
Le bœuf stroganoff, version Sesfontein, c’est un peu comme un vieux classique joué par une troupe locale : crémeux, généreux, légèrement désinvolte sur les épices. Le riz absorbe tout avec dévotion. Les morceaux de viande sont tendres, la sauce fait le job, et l’ensemble réconforte après une journée de poussière et de girafes élancées.
Et là, surprise. Une panna cotta qui tient debout, coiffée d’un quartier de citron et d’une feuille de menthe comme un chapeau de cérémonie. Fraîche, acidulée, presque élégante. On la déguste en silence, comme un petit luxe inattendu au cœur du Kaokoland.
- Ambiance conviviale, service discret mais efficace.
- Menu fixe, mais bien exécuté.
- Mention spéciale à la panna cotta, qui mérite son petit moment de gloire.
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Dernier soir à Sesfontein : braï, moringa et chantilly
Pour notre dernière soirée à Sesfontein, la guesthouse sort le grand jeu — version locale, fumée et généreuse. Le feu crépite, les braises dansent, et le braï s’installe comme une cérémonie de clôture. Ici, le barbecue n’est pas juste une cuisson, c’est une affaire de communauté, de patience, et de viande bien traitée. Les saucisses chantent sur la grille, les brochettes de bœuf prennent des couleurs, et les tranches d’agneau marinées font leur entrée comme des vedettes attendues.🍽️ Pause déjeuner à Opuwo : entre T-bone, croquettes et boerewors
Avant de plonger dans les pistes poussiéreuses d’Etosha, nous faisons escale à Opuwo — le carrefour improbable où l’on peut acheter du carburant, des poupées Herero, des chips au vinaigre, et même un chargeur de drone. Mais surtout, on y trouve le Kaokoland Restaurant, repaire des appétits affûtés et des carnivores assumés.
Nadège, fidèle à ses instincts, repart sur un T-bone — épais, grillé, et servi avec une frite qui ne plaisante pas. Margot, elle, choisit un cordon bleu revisité en croquettes, croustillantes à souhait, comme des petits lingots de fromage et de nostalgie. Bastien, en hommage à ses souvenirs angolais, commande un “Beef com todos” — viande en sauce, œuf, frites, salade, et tout ce qui peut tenir sur une assiette sans tomber.
Et moi, je choisis la voie locale : la boerewors, cette saucisse namibienne en spirale, bien épicée, bien grillée, qui vous parle en afrikaans dès la première bouchée. C’est rustique, c’est franc, c’est le goût du bush dans une enveloppe de boyau.
Le Coca est frais, la bière aussi. Le soleil tape, mais l’ombre du restaurant nous offre une pause bienvenue avant les zèbres, les gnous et les girafes d’Etosha.
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LES LOGEMENTS
Arrivée à Epupa Falls Lodge — immersion joyeuse au bord du Kunene
Ça y est, nous y sommes. Après les montagnes russes de la piste Ruacana–Epupa, le fleuve Kunene nous accueille avec ses premiers murmures. Avant même d’apercevoir les chutes, on sent que quelque chose change : l’air devient plus dense, plus vibrant, et la poussière rose retombe doucement sur les rochers comme pour nous souhaiter la bienvenue.
On gare le Raptor, on descend les sacs, et en quelques pas, nous franchissons la dernière palissade. Là, posé au bord du fleuve, l’Epupa Falls Lodge nous attend, comme une halte paisible au bout du monde. Le cadre est tout simplement magique : palmiers géants, rochers sculptés, rivière en contrebas, et ce chant sourd des chutes qui ne nous quittera plus.
Le lodge ne cherche pas à impressionner par le luxe, mais par l’essentiel : cinq chalets avec vue sur le fleuve, des bungalows accessibles, un vaste espace de camping, et surtout une atmosphère qui respire la nature. Nous avons pris deux bungalows pour quatre personnes — même si, surprise à l’arrivée, un seul aurait suffi : chaque unité dispose de deux chambres séparées, un détail que Booking avait omis. Mais qu’importe, le lieu compense largement les petits ratés logistiques.
L’accueil est discret, presque timide. Il faut chercher un visage disponible, pas de jus de bienvenue ni de sourire appuyé. Mais une fois les clés en main, le charme opère. Les chambres sont simples mais soignées : literie correcte, moustiquaires bien nouées, douche fonctionnelle, et une déco boisée qui joue la carte du rustique chic. Le lodge fonctionne en autonomie : panneaux solaires, gestion raisonnée de l’eau, et une équipe locale impliquée dans chaque geste du quotidien.

Le matin, la lumière rase sur le fleuve révèle les raies blanches de la turbulence. Le soir, les rochers renvoient des reflets cuivrés, et le chant des chutes devient une berceuse. Depuis la terrasse, on lit, on rêve, on écoute. Autour, quelques baobabs dressent leurs silhouettes sculpturales, et des sentiers courts mènent à des belvédères où l’on embrasse toute la puissance du Kunene.
Et puis, il y a la piscine, bien entretenue, à la température parfaite pour se délasser après la piste. On peut même s’offrir un massage en plein air, à deux pas de l’eau, pour 350 NAD l’heure — un luxe simple, mais délicieux.
À Epupa Falls Lodge, on s’attend à croiser des varans furtifs, des agames cabotins, et des voyageurs en quête de Wi-Fi dosé. Mais ce matin-là, ce sont deux bulbuls à oreillons rouges qui ont volé la vedette — perchés à quelques mètres de la piscine, l’œil vif et le plumage impeccable.
le Wi-Fi fonctionne vraiment… mais attention, ce n’est pas du streaming illimité : comptez 40 NAD pour 250 Mo. De quoi envoyer vos plus belles photos sans faire exploser la bande passante du bush.
Le restaurant propose une cuisine locale généreuse, incluse dans notre formule (13 235 NAD pour deux nuits, dîner et petit-déjeuner compris). On mange bien, on mange frais, et on mange avec vue.
Au moment de partir, on emporte plus qu’un reçu ou des photos. On repart avec une sensation de calme retrouvé, une admiration pour ceux qui vivent au rythme du fleuve, et le sentiment d’avoir participé, à notre mesure, à un tourisme respectueux et conscient.
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🏕️Camp Aussicht : le mirage d’un 5 étoiles dans les cailloux
Après avoir quitté Opuwo, le plein fait et les saucisses digérées, nous reprenons la piste vers le Camp Aussicht, niché quelque part entre les cailloux, les acacias et les illusions d’un hébergement “5 étoiles”. En chemin, quelques autruches traversent la piste avec nonchalance, balançant leur cou comme des vigiles de savane. Le paysage devient plus rude, plus minéral. La piste se dégrade, étroite, caillouteuse, parfois creusée comme une rivière fossile. On slalome entre les branches, les nids de poule et les promesses de GPS.
Le camp se mérite. À l’entrée, une décharge — publique ou privée — nous accueille, comme un clin d’œil ironique à l’idée d’éco-tourisme. Le prix est élevé (environ 50 € par personne et par nuit), mais le confort est spartiate : un seau d’eau pour deux, sanitaires extérieurs, pas de prise électrique dans les chambres, et un Wi-Fi qui existe sans exister. Le propriétaire, lui, est convaincu d’offrir mieux qu’un palace, et toute tentative de négociation pour annuler la seconde nuit se heurte à une muraille d’obstination.
Heureusement, la magie du Kaokoland opère malgré tout. Le paysage est splendide, la nuit étoilée à couper le souffle, et le silence ponctué de cris d’oiseaux et de bruissements nocturnes. Parmi les visiteurs du soir :
- Les calaos à bec rouge du Sud (Tockus rufirostris rufirostris)**, en nombre impressionnant. Ils volent en escadrille, se posent sur les branches, et ponctuent l’air de leurs cris nasillards. Leur bec rouge vif et leur vol saccadé leur donnent une allure de petits avions de chasse trop curieux.

- Les choucadors à oreillons bleus (Lamprotornis spp.)**, probablement des étourneaux à longue queue ou à oreillons bleus. Leur plumage irisé, bleu pétrole ou vert émeraude, capte la lumière du soir comme des éclats de métal vivant.
- Il s’est posé là, comme une virgule colorée dans le silence minéral du Kaokoland. Vert éclatant jusqu’au sommet du crâne, face rose tendre, queue bleue bien ourlée : un inséparable à face rose, Agapornis roseicollis, dans toute sa splendeur. Pas d’agitation, pas de cri — juste une présence tranquille, perchée sur une branche fine, comme s’il avait réservé ce perchoir pour une séance photo.
- Il arrive sur la rambarde comme un contrôleur de qualité gastronomique : bec droit, regard orange‑rubis, allure stricte — et zéro sens du paiement. Sous ses airs sérieux, le bulbul à oreillons rouges est un voleur de miettes professionnel qui porte un monocle tropical et parle peu, mais observe tout.
- Les rats des rochers, qui sortent à la tombée de la nuit pour fouiller les restes de cuisine. Discrets, rapides, mais bien présents.
- Le scinque de Damara arrive au soleil comme un petit bijou vivant — pas de cape, juste des écailles luisantes. Sur les rochers du Kaokoland, il pratique l’art subtile du farniente thermorégulateur : poser une patte, mesurer la température d’un caillou, changer de position si le caillou devient trop chaud, recommencer. C’est le maître zen des affleurements.
- Et surtout, les porcs-épics du Cap (Hystrix africaeaustralis)**, qui viennent déguster les légumes oubliés ou les épluchures. Leur démarche est lente, leur dos hérissé, et leur appétit étonnamment sélectif — la laitue semble les séduire plus que le pain sec.
Le Camp Aussicht n’est pas un havre de confort, mais il offre une immersion brute dans la nature namibienne. Entre les autruches sur la piste, les calaos à bec rouge du Sud bavards, les oiseaux métalliques scintillants et les les porcs-épics du Cap gourmets, la faune compense largement les frustrations logistiques. Et sous les étoiles, même un seau d’eau peut devenir poétique.
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Sesfontein Guesthouse — chaleur, confort et quelques plumes
Après l’épisode du Fort Sesfontein, où l’accueil semblait avoir été confié à des fantômes bien occupés, nous trouvons enfin refuge au Sesfontein Guesthouse. Et là, changement d’ambiance immédiat : sourires, regards, mots simples mais sincères. On existe à nouveau.
Les chambres sont climatisées, propres, avec lits confortables et serviettes pliées en éléphants — petit clin d’œil hôtelier qui amuse autant qu’il rassure. La petite piscine, certes un peu fatiguée, reste agréable pour se délasser, surtout quand le soleil cogne. Autour, quelques poules, un chien tranquille, un chat qui fait sa vie : tout ce petit monde cohabite avec naturel, comme si le lodge était aussi leur maison.
Le personnel est chaleureux, présent sans être envahissant, et toujours prêt à aider. La formule DBB à 5000 NAD pour deux reste un peu salée, mais le confort a son prix, et ici, on le paie avec le sentiment d’être bienvenus. Seul bémol : les lunchs à 150 NAD par personne pour un club sandwich ou un wrap — un tarif qui semble avoir été fixé par un chef parisien en mission désertique. Mais bon, on ne vient pas ici pour faire des économies, on vient pour respirer, dormir, et se sentir un peu chez soi.
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FR Epupa Falls — écume, écailles et éclats de rire
J 1222 Premier dîner à Epupa Falls Lodge : un festin face aux chutes
J 1223 Arc-en-ciel matinal sur les chutes d’Epupa
J 1223
Rivière Kunene au petit matin — entre palmes, crocos et plumages
J 1224
De la terrasse d’Epupa à la poussière d’Opuwo — chronique d’une piste babouine
J 1224
Escale à Opuwo — entre plein de carburant et saucisse russe
J 1224 🏜️ Camp Aussicht : le mirage d’un 5 étoiles dans les cailloux
J 1224
Le porc-épic du Kaokoland — chronique d’un gourmet piquant
J 1224 Le choucador, l’oiseau métallique qui se prend pas au sérieux
J 1224 Observation : Calao à bec rouge (Tockus rufirostris) — Camp Aussicht
J 1224 Le bulbul à oreillons rouges — le petit officier du camp
J 1224 Le rat des rochers — concierge discret du Camp Aussicht
LES LIENS
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6 réflexions sur “Sous la poussière rouge des Himbas : immersion au cœur du Kaokoland Namibie”