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Khwe : la mémoire vivante du Caprivi Namibie

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🌿 Khwe : mémoire vivante du Caprivi, au cœur du village‑musée de Divundu

Le lendemain de notre arrivée au Kuvira River Camp, nous suivons les conseils avisés de Barbara et remontons la route vers Divundu. Là, au bord de la piste, se trouve le village‑musée Khwe, un lieu pensé non pas comme un décor figé, mais comme un espace de transmission. On ne vient pas ici pour “voir un spectacle”, on vient pour écouter une histoire, celle d’un peuple qui refuse de disparaître.

Le guide nous accueille avec une calme assurance. Il n’est pas seulement médiateur, il est passeur. Il commence par nous parler des Khwe, peuple San installé depuis des millénaires dans cette région de rivières, de forêts claires et de savanes inondables. Leur vie traditionnelle reposait sur la chasse, la cueillette, la connaissance fine des saisons et des déplacements de la faune. Puis il nous entraîne dans le village reconstitué, où chaque espace raconte un aspect de cette vie.

Sous un abri de branchages, il nous montre les rites qui rythmaient l’existence : les cérémonies de guérison, les danses de transe, les moments où la communauté se rassemblait pour soigner, célébrer, accompagner les passages de la vie. Il explique comment le chant, le rythme des pas, le souffle collectif créaient un lien entre les vivants, les ancêtres et le monde invisible. Rien de spectaculaire ici, mais une profondeur qui se sent dans la manière dont il pose les mots.

Plus loin, près d’un foyer, il nous parle de la cuisine. Il sort des tubercules, des graines, des fruits sauvages, et montre comment on les préparait, comment on les faisait cuire lentement dans la cendre, comment chaque plante avait sa saison, son usage, sa place dans l’alimentation. La nourriture n’était pas seulement une question de survie, mais un savoir accumulé, une science empirique transmise de génération en génération.

Vient ensuite la chasse. Il nous montre les arcs, les flèches, les carquois, les pièges. Il explique comment on lisait les traces dans le sable, comment on interprétait un brin d’herbe couché, une empreinte à peine visible, un crottin sec. La chasse, chez les Khwe, n’était pas une poursuite brutale, mais un dialogue silencieux avec l’animal, une connaissance intime de ses habitudes, de ses peurs, de ses chemins. Les flèches empoisonnées, les approches patientes, les longues marches : tout cela demandait une attention au monde que notre vie moderne a presque fait disparaître.

Au centre du village, des enfants rient en rejouant les jeux traditionnels que le guide nous décrit. Des jeux d’adresse, de stratégie, de rapidité, qui préparaient les plus jeunes à la chasse, à la coopération, à la patience. Rien n’était gratuit : le jeu était une école, un entraînement, une manière d’apprendre sans en avoir l’air.

Dans le village Khwe, il suffit parfois d’un simple arrêt sous un buisson pour que la magie opère. Deux jeunes filles s’installent dans le sable chaud, les jambes croisées, les mains prêtes, les yeux brillants. Devant elles, un petit tas de graines dures, lisses, polies par l’usage. Elles jouent à !Goro, un jeu ancestral qui rappelle nos osselets, mais avec cette élégance propre aux peuples San. Le principe est simple en apparence : une graine est lancée en l’air, et pendant qu’elle redescend, il faut en saisir une du tas — une seule — avant de rattraper celle qui tombe. Mais ce qui semble facile devient un ballet de précision. Les gestes sont rapides, sûrs, presque chorégraphiés. Elles rient, se défient, se taquinent. Le jeu devient un langage, un lien, une manière de dire : regarde ce que je sais faire. La scène est d’une beauté désarmante. Pas de jouets modernes. Pas d’écran. Juste des graines, deux mains agiles, et une tradition qui traverse les générations. Le jeu !Goro n’est pas seulement un divertissement : il développe l’adresse, la coordination, la vitesse, mais surtout la complicité. En les observant, on comprend que les Khwe n’ont jamais eu besoin de plus pour créer du bonheur : la nature leur offre tout, et elles savent en faire un monde.

Dans un autre espace, il nous montre la ferronnerie telle qu’elle s’est développée plus tard, lorsque le métal a fait son entrée dans la région. De simples foyers, des outils rudimentaires, mais une ingéniosité remarquable pour transformer des morceaux de métal récupérés en pointes de flèches, en couteaux, en lames utiles au quotidien. Là encore, on sent la capacité d’adaptation d’un peuple qui intègre le nouveau sans renier l’ancien.

Au village Khwe, ce sont cette fois de jeunes hommes qui nous accueillent pour nous montrer un savoir ancestral que leur peuple porte depuis des millénaires : allumer le feu . Ils rient, se taquinent, mais dès qu’ils s’installent au sol, tout change : leurs gestes deviennent précis, concentrés, presque solennels. Pas de briquet. Pas d’allumettes. Rien de moderne. Juste la nature, et un savoir transmis de père en fils, de frère en frère. Ils choisissent deux morceaux de bois, s’installent en cercle, et soudain le silence s’installe autour d’eux. Le mouvement commence, régulier, rapide, presque musical. Le bois frotte, la poussière s’accumule, la chaleur monte. On sent la maîtrise, la confiance, la fierté. Autour d’eux, les enfants observent, fascinés. Pour eux, ces jeunes ne jouent pas aux héros : ils perpétuent un geste qui fait partie de leur identité. Quand la première fumée apparaît, légère comme un souffle, leurs visages s’illuminent. Une étincelle fragile naît, minuscule mais bien vivante. Ils la recueillent avec une délicatesse inattendue, ajoutent quelques herbes sèches, soufflent doucement… et la flamme s’élève enfin, chaude, vibrante, presque émouvante. Dans ce moment suspendu, on comprend que les Khwe ne “font” pas du feu. Ils réveillent le feu. Ils l’appellent, ils le guident, ils le respectent. Et nous, simples voyageurs, nous avons la chance d’être témoins de ce lien profond entre une jeunesse fière et un héritage qui refuse de disparaître.

La visite se termine par la danse. Le guide et quelques membres du village frappent le sol, chantent, font résonner leurs pas dans la poussière. Ce n’est pas une chorégraphie figée, mais un mouvement vivant, un rythme qui relie les corps, la terre et le temps. On comprend alors que la culture Khwe n’est pas un vestige : c’est un souffle.

Au cœur de tout cela, il y a la langue. La langue Khwe, avec ses clics, ses consonnes éclatées, ses modulations, est omniprésente. Le guide nous en donne des exemples, nous fait répéter quelques mots, et l’on mesure à quel point chaque son porte une nuance. Cette langue décrit les plantes avec une précision que l’anglais ou l’afrikaans ne peuvent pas rendre. Elle distingue les types de sable, les formes de vent, les comportements des animaux. C’est une langue écologique au sens le plus profond : elle est née de l’observation du milieu et en garde la trace. La voir reculer face aux langues dominantes, c’est assister à l’effacement progressif d’une manière de comprendre le monde.

En quittant le village‑musée Khwe de Divundu, nous avons le sentiment d’avoir traversé un livre vivant. Dans un monde qui se dit civilisé, préserver cette mémoire n’est pas un geste folklorique, c’est un devoir. Car chaque peuple, chaque langue, chaque rite qui disparaît emporte avec lui une façon unique d’habiter la Terre.

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AUNE ET FLORE

Touraco à huppe grise

hippopotames d’Afrique australe

pintades de Numidie dans leur forme nominale australe

Cratéropes flèchés

choucadors de Meves

roussette épaulettée

Bulbul tricolore

Gobemouche‑pie

Loutre à joues blanches

Vanneau du Sénégal

Drongo brillant

martins-pêcheurs pie

ibis hagedash

Œdicnème vermiculé

hippopotames d’Afrique Australe

impalas

zèbres de Burchell

Vanneau armé

Cobe de lechwe (Kobus leche)

Dendrocygne veuf

Héron cendré (Ardea cinerea)

Grandes Aigrettes (Ardea alba)

Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)

Rollier à longs brins

Choucador de Burchell,

calao à bec jaune du Sud

choucador de Meves

Vanneau à tête blanche

Phacochère de Sundevall

Grand koudou

Varan du Nil

Aigle pêcheur d’Afrique

Ombrette africaine

Grues caronculées

Jacana à poitrine dorée

autruche d’Afrique australe

Vervet bleu

Crabier chevelu

Calao de Bradfield

Girafes d’Angola

éléphants d’Afrique d’Australe

Calaos à bec rouge du Sud

Jabiru d’Afrique

Circaète brun

Bateleur des savanes

Anhinga d’Afrique

héron strié

Chevalier sylvain

RUSHS SHORTS REELS & PODCASTS

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AUTRES ARTICLES SUR la Namibie à DISPOSITION :

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LODGES & RESTAURATION

Toutes les informations, par région sur la gastronomie namibienne en suivant ce lien : La Cuisine namibienne

Kuvira River Camp – Là où le Caprivi ralentit le temps

Après cette journée interminable sur la B8, marquée par la chaleur, la poussière et les soucis mécaniques du Raptor qui a choisi le 1er mai pour faire sa grève, nous reprenons enfin la route. Le soleil descend lentement, la lumière devient dorée, et la fatigue accumulée se dissout peu à peu dans l’air tiède du Zambèze. C’est dans cet état d’esprit, entre lassitude et soulagement, que nous atteignons le Kuvira River Camp, un lieu qui semble avoir été imaginé pour accueillir les voyageurs épuisés.

Dès que nous descendons du véhicule, quelque chose change. Barbara et son équipe nous accueillent avec cette douceur typique du Zambèze : un sourire franc, une poignée de main chaleureuse, quelques questions sur la route, un intérêt sincère pour notre journée. Ici, on ne reçoit pas des clients, on accueille des familles, des histoires, des voyageurs qui ont traversé la poussière et les imprévus. Le camp respire la tranquillité. Le jardin est soigné, les arbres filtrent la lumière, la terrasse s’ouvre directement sur le fleuve, et le silence africain s’installe, fait de murmures d’eau et de bruissements de brousse.

Le Zambèze s’écoule juste devant nous, large, lent, presque hypnotique. Nous restons là, simplement assis, à regarder les mouvements de l’eau, les reflets changeants, les oiseaux qui traversent le ciel immense. Le fleuve n’est jamais vraiment immobile ; il respire, il raconte, il accompagne. Entre ce ciel infini et ce ruban liquide qui glisse doucement, on se sent minuscule mais parfaitement à notre place. La journée mécanique s’efface d’un coup, comme si le fleuve absorbait tout ce qui pesait encore.

Nos chambres prolongent cette sensation de douceur. Elles sont spacieuses, simples, propres, ouvertes sur la nature, avec une terrasse qui donne directement sur le fleuve. La salle de bain privée, avec sa douche chaude, devient un luxe absolu après la route. La nuit promet d’être paisible : juste le murmure du fleuve, quelques sons de brousse, et cette impression d’être loin de tout mais exactement là où l’on doit être.

Au Kuvira River Camp, la demi‑pension n’est pas un simple arrangement pratique : c’est une invitation à ralentir, à s’asseoir face au fleuve, à laisser la lumière du soir glisser sur l’eau pendant que la cuisine s’anime doucement derrière la terrasse en bois. Ici, les menus changent chaque jour, selon l’inspiration du chef, les produits disponibles et l’humeur du camp. Rien n’est figé, tout est vivant, comme le Kavango qui coule à quelques mètres.

butternut soup

Le restaurant du camp est une expérience à part entière. On y mange face à l’eau, dans une lumière qui change à chaque minute, passant du doré au rose, puis au bleu profond lorsque la nuit s’installe. La soupe de courge, servie certains soirs, est un velouté délicat, parfumé, réconfortant, qui ouvre le repas avec douceur. Les bruschettas grillées, les tomates au fromage, les pavés de kudu parfaitement cuits, le chicken schnitzel croustillant… tout est préparé avec soin, générosité et simplicité. kudu filletLe petit‑déjeuner n’est pas en reste : pain maison encore tiède, charcuterie, yaourts, fruits frais, œufs au plat ou omelette selon l’envie du moment. On mange en regardant l’eau glisser, en observant les reflets du soleil, en écoutant les histoires silencieuses du fleuve.

Lors de notre second dîner, la soirée commence par une entrée fraîche : une tomate tranchée accompagnée d’une frirlage légèrement relevée, mélange de légumes sautés et d’aromates qui apporte une touche de chaleur et de couleur. Une assiette simple, mais parfaitement équilibrée, qui ouvre l’appétit sans l’alourdir.

Puis vient le plat principal, et avec lui l’un des grands classiques de l

a cuisine namibienne : le filet d’oryx. Saisi à feu vif, reposé juste ce qu’il faut, il arrive dans l’assiette avec une croûte fine et caramélisée, révélant un cœur tendre, juteux, d’un rouge sombre magnifique. La viande, douce et légèrement sucrée, raconte à chaque bouchée la noblesse de cet animal du désert, parfaitement adapté aux terres arides du pays.

oryx fillet

Le filet est accompagné de braatkartoffeln dorées, croustillantes à l’extérieur et fondantes à cœur, de haricots verts encore croquants, et d’un assortiment de légumes revenus doucement. Une assiette généreuse, sincère, qui ne cherche pas à impressionner mais à nourrir, à réconforter, à offrir un moment de calme et de plaisir simple.

Dans la lumière du soir, avec le fleuve qui glisse lentement derrière la terrasse, ce dîner prend une dimension particulière. On mange en écoutant les bruits de la brousse, en regardant les ombres s’allonger sur l’eau, en laissant la chaleur du jour s’éteindre doucement. Le Kuvira River Camp ne propose pas une cuisine sophistiquée : il propose une cuisine vraie, honnête, profondément ancrée dans son environnement.

Et c’est peut‑être cela, la plus belle réussite du lieu : offrir des repas qui ressemblent au camp lui‑même — simples, chaleureux, authentiques, et portés par la beauté tranquille du Kavango.

L’atmosphère du camp est particulière, presque intime. Barbara et son équipe incarnent l’esprit du lieu : bienveillance, écoute, conseils, petites attentions. Ils demandent ce que nous avons prévu, s’intéressent à nos activités, partagent des idées, racontent des anecdotes. On se sent loin de tout, mais jamais seuls. Le Kuvira River Camp devient rapidement plus qu’une simple étape : un refuge, un cocon, un petit morceau de Caprivi qui s’imprime dans la mémoire.

Les activités proposées prolongent cette immersion dans le fleuve. Le boat cruise au coucher du soleil, le fishing, le mokoro… autant d’expériences que nous avons testées et qui méritent chacune un récit à part entière. Nous y reviendrons dans de prochains articles, tant ces moments ont marqué notre séjour.

Au Kuvira River Camp, il y a le fleuve, la lumière du matin, les petits-déjeuners qui s’étirent… et puis il y a lui.
Chaque jour, juste à côté du restaurant, notre Touraco à huppe grise vient se percher comme s’il faisait partie de l’équipe. Il observe, il commente (à sa façon), il lance son célèbre “go‑away” qui résonne entre les arbres — un cri qui fait sourire autant qu’il surprend.
Ici, la nature ne se contente pas d’être autour de nous : elle s’invite à table, elle partage le moment, elle devient voisine.
Un petit morceau de Caprivi qui vit, respire, et nous rappelle pourquoi on aime tant ce camp posé au bord de l’eau.
Au Kuvira River Camp, le fleuve n’est jamais silencieux. Dès l’aube, les hippopotames d’Afrique australe  nous rappellent qu’ils sont chez eux : grognements sourds, souffles puissants, éclaboussures dans les roseaux… On les entend le matin, le soir, la nuit, comme une bande-son naturelle qui accompagne chaque moment passé ici.
Depuis la terrasse du lodge, il suffit de lever les yeux pour les voir sortir des herbes hautes, se hisser sur la berge ou glisser lentement dans l’eau. Et lors des boat cruises, ils apparaissent entre les papyrus, immobiles comme des rochers, puis disparaissent dans un remous discret.
C’est l’un des rares endroits où l’on peut les observer sans quitter le camp, simplement en profitant du paysage.

Au Kuvira River Camp, il y a les hippos qui soufflent dans le fleuve… et puis il y a nos pintades de Numidie dans leur forme nominale australe, celles qui arrivent chaque fin d’après‑midi comme une troupe organisée. Toujours en groupe, toujours en mouvement, toujours en train de commenter la vie du camp avec leurs cris reconnaissables entre mille. Elles tournent autour de notre terrasse, inspectent chaque recoin, traversent la pelouse en file indienne, et repartent aussi vite qu’elles sont venues.

Leur plumage noir constellé de points blancs, leur casque bleu et rouge, leur démarche nerveuse… tout confirme qu’il s’agit bien de la sous‑espèce locale Numida meleagris meleagris, la forme sauvage typique d’Afrique australe. Et quand on a la chance de voir passer les pintadeaux, minuscules, bruns, rapides comme des flèches, on comprend que ce groupe est chez lui ici, autant que nous.

Seul bémol : la qualité du Wi-Fi, très faible, et l’absence de réseau 4G. Pour les voyageurs nomades, cela complique un peu les choses. Pour les autres, c’est peut-être une chance de déconnexion forcée, un rappel que le Caprivi se vit davantage qu’il ne se partage en direct.

Le camp se situe le long de la B8, à Divundu, en Namibie. Nous y avons séjourné du 1er au 5 mai 2026, quatre nuits dans deux chambres pour nous quatre. Parking gratuit, bar accueillant, chambres familiales, petit-déjeuner fabuleux : tout est pensé pour que l’on se sente bien, vraiment bien.

Le Kuvira River Camp n’est pas seulement un hébergement. C’est un lieu qui apaise, qui ralentit, qui reconnecte. Un endroit où l’on se sent accueilli, respecté, attendu. Un camp où le fleuve devient un compagnon de voyage. Après une journée de galères mécaniques, c’était exactement ce dont nous avions besoin.

White Sand Lodge – Popa Falls, fenêtre paisible sur l’Okavango

L’accès aux Popa Falls par le White Sand Lodge offre l’un des plus beaux points de vue sur les rapides. Le lodge, impeccablement tenu, respire la tranquillité et la douceur de vivre, comme un havre posé au bord du fleuve. Depuis la terrasse du restaurant, la vue s’ouvre sur la végétation riveraine et sur les bras calmes de l’Okavango qui serpentent entre les îlots verdoyants. Après la route et la marche le long des rapides, cette pause tombe à point nommé, comme une respiration dans la chaleur du milieu de journée.

L’atmosphère est simple et chaleureuse, fidèle à ces lodges namibiens où voyageurs et guides se retrouvent autour d’une table ombragée. La brise venue du fleuve adoucit l’air, porte les parfums d’eau et de roseaux, et accompagne le murmure lointain des rapides. La carte propose des plats généreux, sans prétention, mais préparés avec soin. Les assiettes arrivent rapidement, encore fumantes, et racontent chacune une petite histoire de route et d’appétit retrouvé.

Les barbecue chicken wings sont dorées, légèrement caramélisées, avec cette pointe de paprika qui accroche la langue juste ce qu’il faut. Les frites, croustillantes et dorées, prolongent le plaisir avec une simplicité réconfortante. À côté, les saucisses blanches grillées s’accompagnent d’une choucroute douce et parfumée, un clin d’œil inattendu à l’Europe au cœur de la Namibie. La pizza, fine et généreuse, mêle fromage fondu, champignons et poivrons dans une odeur irrésistible qui flotte au-dessus de la table. La salade de thon, fraîche et colorée, apporte une touche plus légère : tomates juteuses, poivrons croquants, olives, feta, et une tartinade crémeuse servie avec du pain toasté. Pour quatre personnes, boissons comprises, l’addition reste très raisonnable : 1040 NAD, un prix presque surprenant dans un cadre aussi privilégié.

Installés face au paysage, nous prenons le temps de savourer l’instant. Le grondement discret des rapides revient par vagues, mêlé au chant des oiseaux et au bruissement des roseaux.

La terrasse devient presque une extension de la visite, un moment suspendu où l’on observe la vie du fleuve avant de reprendre la route. Dans les branches au-dessus de nous, une roussette épaulettée se repose, pelage roux vibrant dans la lumière, rappel discret que la ripisylve abrite une faune étonnamment riche. Plus loin, un choucador de Meves traverse le ciel en un éclair bleu‑violet, comme une signature du Kavango.

Pendant le repas une Loutre à joues blanches a émergé dans les eaux calmes juste au-dessus des rapides de Popa Falls, glissant entre les reflets avec une élégance tranquille. Sa tête ronde, son pelage sombre plaqué par l’eau et surtout sa longue queue musclée qui ondule derrière elle confirment l’espèce sans hésitation. Elle observe, disparaît, réapparaît plus loin, parfaitement à l’aise dans ces poches paisibles entre deux rapides. Une rencontre rare, qui rappelle combien le Kavango abrite une faune discrète et fascinante.

Plus loin nous observons un Bulbul tricolore dans la ripisylve des Popa Falls, au cœur de la bande de Caprivi. L’individu présente les critères diagnostiques de l’espèce : croupion jaune vif, capuchon brun sombre, ventre clair, queue sombre de longueur moyenne. Comportement typique : déplacements rapides entre les branches, posture dressée, émissions vocales répétitives constituées de notes simples et montantes. Espèce largement répandue dans les habitats boisés et semi‑ouverts d’Afrique australe

Dans la lumière tamisée des Popa Falls, là où les grands arbres riverains projettent des ombres verticales sur les troncs saturés d’humidité, un Gobemouche‑pie s’est laissé observer longuement. L’espèce appartient au complexe africain des gobemouches noir‑et‑blanc, un ensemble encore en révision taxonomique, dont les formes locales du Kavango présentent un patron de plumage particulièrement contrasté : tête, manteau et ailes noirs, large tache alaire blanche, poitrine et ventre d’un blanc pur, et un bec fin, droit, parfaitement adapté à la capture d’insectes dans les micro‑habitats du tronc.

Le White Sand Lodge n’est pas seulement un point de passage : c’est une parenthèse douce au cœur de la bande de Caprivi, un lieu où l’on ressent pleinement la rencontre entre le fleuve, la forêt et la lumière. Une halte qui prolonge naturellement la découverte des Popa Falls et qui donne envie de poursuivre l’exploration de ce corridor sauvage unique en Namibie.

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Road-Trip entre Rundu et Kasane dans la Bande de Caprivi : Le Guide Pratique (Alimentation, Carburant, Banques)

Traverser la bande de Caprivi, aujourd’hui appelée Zambezi Region, pour relier Rundu en Namibie à Kasane au Botswana constitue l’une des plus belles aventures d’Afrique australe. Sur cet itinéraire d’environ 600 kilomètres, les paysages sauvages défilent tandis que les infrastructures s’amenuisent. Pour rouler l’esprit tranquille, une seule règle d’or s’impose : l’anticipation. Voici le point complet et actualisé pour vous ravitailler efficacement en nourriture, en carburant et en espèces.


Magasins & Alimentation : Où faire ses courses ?

Les possibilités de ravitaillement deviennent progressivement plus limitées à mesure que l’on s’enfonce dans le Zambezi. Il est donc préférable de prévoir les gros caddies dans les hubs principaux de l’itinéraire.

À Rundu, vous trouverez les supermarchés les plus complets de tout le parcours. C’est l’endroit incontournable pour faire le plein initial de votre frigo ou de votre glacière. Des enseignes modernes comme Shoprite, Pick n Pay ou Spar Rundu proposent un choix comparable à celui d’une petite ville européenne. C’est ici qu’il faut acheter la viande de qualité, les légumes frais, le pain, les conserves, les produits laitiers et les boissons pour tenir plusieurs jours.

Environ 200 kilomètres plus loin, Divundu s’est considérablement modernisée et permet aujourd’hui un excellent réapprovisionnement intermédiaire. Le récent Karatja Mall abrite un grand supermarché Choppies, ouvert tous les jours de 08h00 à 20h00, très bien achalandé pour le frais. À l’intersection des routes B8 et C48, le Shoprite Mini Divundu offre une autre option moderne pour le pain, les fruits, les légumes et les indispensables du barbecue. Pour les voyageurs se déplaçant à plusieurs, le Metro Cash & Carry situé en ville s’avère parfait pour les achats en gros volumes, tandis que le Hombe Supermarket, une supérette locale ouverte 24h/24 sur la Main Road, reste idéale pour un dépannage tardif ou de la petite restauration à emporter.

En continuant vers Kongola, les commerces deviennent beaucoup plus modestes et il faut oublier les grands étals de produits frais. On y trouve principalement de petites épiceries locales vendant les produits de base comme des boissons, des conserves, des snacks et du pain. Le Metro de Kongola propose quant à lui des produits vendus en lots plus importants ainsi que quelques surgelés et un rayon alcools, mais son offre en produits frais y reste très restreinte.

À 110 kilomètres de là, Katima Mulilo constitue la dernière vraie ville namibienne avant le passage de la frontière avec le Botswana. Les grandes enseignes comme Shoprite et Pick n Pay Katima Mulilo y sont bien fournies. C’est le moment idéal pour cuisiner ou liquider vos derniers dollars namibiens dans du consommable non périssable.

Une fois la frontière franchie à Kazungula, Kasane accueille les voyageurs avec d’excellentes infrastructures tournées vers le tourisme et le Chobe National Park. Un grand Spar Kasane ainsi qu’un Choppies y sont disponibles, s’avérant parfaits pour se réapprovisionner avant de partir en safari.

L’idéal sur ce trajet reste donc de faire un gros approvisionnement à Rundu, de compléter le frais à Divundu chez Choppies ou Shoprite, et d’ajuster vos stocks à Katima Mulilo avant de basculer au Botswana.


Carburant : Gérer ses pleins

Si les stations-services sont globalement fiables sur l’axe principal B8, elles restent espacées d’environ 200 kilomètres. Avec un véhicule chargé ou une tente de toit qui augmente la consommation, la règle appliquée par beaucoup de voyageurs est simple : ne descendez jamais sous la moitié du réservoir pour éviter tout stress lié à une fermeture ou une rupture temporaire.

Avant de quitter Rundu, il est fortement conseillé de faire un plein complet. La ville dispose de plusieurs stations importantes le long de la route B8, notamment sous les enseignes Shell, Engen ou Total. C’est aussi l’endroit idéal pour vérifier la pression des pneus et le niveau d’eau.

À Divundu, environ 200 kilomètres après Rundu, on trouve deux stations fiables, Total et Shell, idéalement placées juste avant l’arrivée au village et aux commerces. C’est un arrêt pratique et stratégique si vous visitez le Bwabwata National Park ou la zone de Mahango.

En continuant vers l’est, vous atteignez Kongola. Bien que la localité soit petite, elle constitue un point hautement stratégique dans la bande de Caprivi. Sa station-service s’avère essentielle pour les voyageurs qui se dirigent vers la Kwando River et les lodges environnants comme Camp Kwando.

À environ 110 kilomètres plus à l’est, la ville de Katima Mulilo constitue le dernier grand centre avant le Botswana. Plusieurs stations y sont ouvertes sous les bannières Total, Engen et Puma. C’est le meilleur endroit pour refaire le plein impérativement avant de franchir la frontière.

Après le passage de la frontière près de Kazungula, on trouve rapidement plusieurs stations modernes à Kasane pour ravitailler les 4×4 aux portes du Chobe National Park.


Banques & Retraits : Garder du Cash

Bien que les cartes bancaires soient de plus en plus acceptées dans les grands supermarchés et les stations-services, le réseau peut parfois sauter et l’argent liquide reste indispensable pour les pourboires, les entrées de parcs secondaires, l’artisanat ou les petits villages.

Avant de partir vers l’est, Rundu est clairement le point le plus sûr pour retirer une somme suffisante pour plusieurs jours. On y trouve plusieurs banques avec des agences complètes et des guichets automatiques sécurisés, notamment la First National Bank (FNB) et la Bank Windhoek.

À Divundu, plus besoin de stresser car les points de retrait se sont bien développés. Il existe désormais plusieurs opportunités bancaires pour compléter son cash, notamment au niveau de la station Shell mais aussi à l’intérieur du nouveau supermarché Choppies à l’entrée de la ville.

À Kongola, la situation est en revanche très limitée. Il n’y a pas de banque complète dans la localité. On peut parfois trouver un distributeur d’appoint dans la station-service, mais les pannes de réseau ou les machines vides y sont fréquentes. Mieux vaut donc ne pas compter sur cette étape pour votre argent.

La ville de Katima Mulilo dispose quant à elle de plusieurs établissements financiers majeurs comme Bank Windhoek, Standard Bank et des distributeurs FNB. Les agences sont principalement situées autour de Hage Geingob Street et proposent des automates accessibles en libre-service. C’est le dernier endroit facile pour retirer avant la frontière.

Une fois arrivé à Kasane, de nombreux distributeurs sont à nouveau disponibles dans cette ville touristique, notamment près des supermarchés et des stations-service. Attention toutefois, vous retirerez ici des Pulas du Botswana (BWP).

Le meilleur conseil pour un road-trip réussi dans cette région consiste à retirer une somme importante à Rundu, à compléter éventuellement à Divundu ou Katima Mulilo, et à toujours garder sur soi entre 1000 et 2000 NAD en petites coupures pour parer à toute éventualité.

LES LIENS VERS LES PHOTOS  

J 1390 🌍 Rencontre avec un village Himba près de Grootfontein – Transmission et nouveaux horizons

J 1393 🎨 Rundu Craft Market – Là où les objets ont une âme

J 1394 🚗🔥 1er mai sur la route : quand notre Raptor décide de fêter la journée du travail… en arrêtant de travailler

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