voyageavecnous.com

TRAVEL YOURSELF

Suivez-nous partout où nous allons !

autourdumonde2023@gmail.com

Martin triste / Common Myna / Acridotheres tristis

0
619229927_1427288895768765_8473571966499462033_n

Au cœur du vaste parc de Phutthamonthon, en Thaïlande alors que la lumière du matin glissait encore entre les frondaisons, un oiseau s’est avancé sur la pelouse avec l’assurance tranquille de ceux qui connaissent parfaitement leur territoire. Ce visiteur familier des jardins thaïlandais, que nous avons photographié lors de notre marche, n’est autre que le Martin triste (Acridotheres tristis), l’un des oiseaux les plus emblématiques du pays. Sa silhouette robuste, son allure vive et son regard cerclé d’or en font un compagnon constant des paysages urbains et semi-naturels de Bangkok.

L’observer de près révèle immédiatement ce qui le distingue : cette zone de peau nue jaune vif qui entoure l’œil, comme un masque solaire, attire le regard avant même que l’oiseau ne bouge. Le contraste est saisissant avec la tête noire, profonde et veloutée, qui se fond ensuite dans un plumage brun chocolat couvrant le reste du corps. Le bec et les pattes, d’un jaune éclatant, prolongent cette palette chaude et donnent à l’oiseau une allure presque graphique. Même immobile, il semble animé d’une énergie intérieure, prêt à bondir, à fouiller, à commenter le monde de ses cris variés. Sur la photo, on devine aussi les fines marques blanches de la queue et des ailes, discrètes au repos mais éclatantes en vol, comme des signaux lumineux.

Le Martin triste est un maître de l’adaptation, un exemple vivant de plasticité écologique. Originaire d’Asie du Sud, il a su coloniser les villes, les villages, les parcs et les zones agricoles avec une aisance remarquable. À Phutthamonthon, il évolue comme chez lui, alternant marches rapides et petits sauts nerveux pour inspecter le sol à la recherche d’insectes, de fruits tombés ou de miettes abandonnées par les visiteurs. Son comportement trahit une intelligence fine : membre de la famille des étourneaux, il possède une capacité d’apprentissage et d’imitation étonnante. Certains individus vivant près des habitations humaines reproduisent même des sons artificiels ou des fragments de voix, preuve d’une plasticité cognitive rare chez les oiseaux urbains.

Social et expressif, le Martin triste vit souvent en couples ou en petits groupes familiaux. Ses vocalisations forment un véritable répertoire : sifflements clairs, cliquetis métalliques, appels nasillards, notes roulées. Chaque son semble avoir une fonction, qu’il s’agisse de signaler une ressource, d’avertir d’un danger ou simplement de maintenir le contact avec son partenaire. Dans certaines cultures asiatiques, cette fidélité du couple est d’ailleurs devenue un symbole : on dit que les Martins tristes restent unis pour la vie, partageant territoire, nourriture et vigilance.

En Thaïlande, l’espèce est omniprésente et ne présente aucune menace de déclin. Sa réussite écologique est telle qu’elle est parfois considérée comme envahissante dans d’autres régions du monde, mais ici, elle fait partie intégrante du paysage sonore et visuel. La voir évoluer dans un parc comme Phutthamonthon, entre les grands arbres, les pelouses ouvertes et les zones humides, rappelle combien la nature urbaine peut être riche lorsque les espèces trouvent un espace pour s’exprimer.

Notre observation, simple en apparence, s’inscrit dans cette dynamique : un oiseau commun, mais jamais banal, dont la présence raconte une histoire d’adaptation, d’intelligence et de cohabitation avec l’humain. Le Martin triste n’est pas seulement un habitant de Bangkok ; il en est l’un des visages les plus familiers, un témoin quotidien de la vie qui circule entre les temples, les parcs et les rues animées.

Laisser un commentaire