Serowe, cœur historique du Botswana – Sur les traces de Khama III
Nous partons ce matin à la découverte de Serowe, l’une des villes les plus anciennes et les plus symboliques du Botswana. Au pied de la Serowe Hill, la Red House abrite aujourd’hui le Khama III Memorial Museum, un lieu discret mais essentiel pour comprendre l’histoire du pays. À l’intérieur, les salles rassemblent des photographies de la famille Khama, des objets d’art, des instruments traditionnels, des sculptures et des scènes de vie quotidienne. Chaque pièce raconte une part de l’identité botswanaise, entre héritage tswana, luttes politiques et construction d’un État moderne.
On pénètre dans la Red House comme on entre dans une mémoire vivante : murs profonds, éclairage ciblé, vitrines basses qui invitent à s’approcher. L’espace est organisé en scènes successives où se répondent objets du quotidien, portraits en noir et blanc et panneaux chronologiques. Le contraste des textures — bois poli, corne, perles, tissus tissés, métal patiné — compose une palette matérielle qui raconte autant que les textes. L’ensemble dégage une atmosphère intime et solennelle : ici se mêlent mémoire familiale, vie communautaire et enjeux politiques.
Les vitrines présentent des ustensiles simples et raffinés : cuillères en bois finement travaillées, gobelets taillés dans la corne, petits contenants pour le tabac et leurs cuillères, outils domestiques et objets de parure. Chaque pièce, étiquetée en deux langues, témoigne d’un savoir‑faire utilitaire et esthétique — sculpture du bois, travail de la corne, perlage et tissage. À côté des objets utilitaires, des bijoux et coiffes restituent la manière dont l’apparat signale statut, âge ou rôle social. Un grand panneau tissé illustre des scènes villageoises — huttes, marchés, figures en mouvement — qui complètent les photographies et restituent la vie quotidienne, les cérémonies et les paysages.
Des reconstitutions d’espaces de travail (machine à écrire sous vitrine, lampe à huile, étagères de livres) et des façades d’institutions religieuses rappellent le rôle des missions et des administrations dans l’éducation et la santé. Les portraits encadrés et les panneaux chronologiques donnent chair aux trajectoires individuelles : études à l’étranger, mariages controversés, exil, retour et engagement politique. Ces documents montrent comment la sphère privée et la sphère publique se sont imbriquées dans la construction nationale.
Fondée en 1902, Serowe est la capitale historique du peuple Bamangwato, l’un des plus puissants groupes tswana. La ville fut choisie pour remplacer l’ancien village de Shoshong, trop exposé aux conflits et aux pénuries d’eau. Serowe devint rapidement un centre politique majeur, un lieu d’autorité traditionnelle où se tenaient les kgotla, ces assemblées publiques qui restent aujourd’hui encore un pilier de la démocratie botswanaise.
Serowe est aussi la ville natale de plusieurs figures majeures du pays : – Khama III, le roi visionnaire ; – Seretse Khama, premier président du Botswana indépendant ; – Ian Khama, quatrième président du pays.
Peu de villes africaines concentrent à ce point l’histoire politique d’une nation.
Le musée rend hommage à Khama III (1837‑1923), l’un des dirigeants africains les plus influents de la fin du XIXᵉ siècle. Chef des Bamangwato, il entreprit de moderniser son royaume tout en préservant son autonomie face aux puissances coloniales. Chrétien convaincu, il interdit l’alcool, encouragea l’éducation, réforma la justice et tenta d’unifier les clans sous une autorité stable.
Mais son rôle dépasse largement les frontières de Serowe. À une époque où l’Afrique australe était convoitée par les Boers, les colons britanniques et la British South Africa Company de Cecil Rhodes, Khama III comprit que la survie de son peuple dépendait d’une stratégie diplomatique audacieuse. En 1895, il entreprit un voyage historique à Londres, accompagné de deux autres chefs tswana, pour demander directement à la reine Victoria la protection de leurs terres. Ce geste exceptionnel permit la création du Bechuanaland Protectorate, futur Botswana, échappant ainsi à l’annexion par la Rhodésie.
Sans Khama III, le Botswana n’aurait probablement jamais existé sous sa forme actuelle.
Le musée évoque aussi la trajectoire de Seretse Khama, petit‑fils de Khama III, dont l’histoire personnelle bouleversa le pays. Marié à Ruth Williams, une femme britannique blanche, il fut d’abord exilé sous la pression de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais son retour triomphal en 1956 marqua le début d’une nouvelle ère.
En 1966, Seretse Khama devint le premier président du Botswana indépendant. Sous son impulsion, le pays adopta un modèle politique stable, fondé sur la démocratie parlementaire, la transparence et la gestion prudente des ressources minières. Le Botswana, alors l’un des pays les plus pauvres du monde, devint en quelques décennies l’un des plus stables et prospères d’Afrique.
L’histoire du Botswana est celle d’un territoire longtemps marginalisé par les puissances coloniales, mais qui sut préserver ses structures sociales traditionnelles. Les kgotla, les chefferies, les alliances entre clans et l’importance du consensus ont façonné une culture politique unique en Afrique australe.
Le pays a également été marqué par : – les migrations des peuples tswana depuis le XVIIIᵉ siècle ; – les conflits avec les Ndebele et les Boers ; – la pression expansionniste de la British South Africa Company ; – la découverte des diamants dans les années 1970, qui transforma l’économie nationale ; – la lutte contre le braconnage et la préservation des grands espaces sauvages.
Aujourd’hui encore, le Botswana est considéré comme un modèle de stabilité politique, de gestion durable et de respect des traditions.
Visiter le Khama III Memorial Museum, c’est entrer dans l’intimité d’un peuple qui a su traverser les bouleversements de l’histoire sans perdre son identité. Les photographies anciennes, les objets du quotidien, les instruments de musique et les œuvres d’art racontent une histoire faite de résilience, de diplomatie et de vision politique.
Serowe n’est pas seulement une ville : c’est un symbole. Le berceau d’une dynastie, le cœur d’un peuple, et l’un des piliers de la construction du Botswana moderne.
FAUNE ET FLORE
VIDEOS
AUTRES ARTICLES SUR le Botswana à DISPOSITION :
La Cuisine
Toutes les informations, par région sur la gastronomie au Botswana en suivant ce lien : La Cuisine au Botswana
Debonairs Pizza – Fast‑food à la sauce botswanaise
En arrivant à Serowe, on découvre une institution locale que tout le monde connaît ici : Debonairs Pizza. Une chaîne à l’américaine, façade noire et jaune, écrans lumineux, odeur de pâte chaude et de fromage fondu. On entre un peu par curiosité, un peu pour comprendre ce que les Botswaniens aiment vraiment quand ils veulent se faire plaisir rapidement.
Et là, les surprises commencent.
Nadège se laisse tenter par une Sweet Chili Chicken Triple‑Decker, une pizza montée sur trois étages, un mille‑feuille de pâte, de fromage et de sauce sucrée‑pimentée. Bastien, fidèle à lui‑même, part sur une Hawaïenne, généreuse en ananas et en morceaux de viande. Margot choisit une Sweet & Sour Chicken, un mélange étonnant mais parfaitement équilibré. Quant à moi, je reste fasciné par la Meaty Cram‑Decker, dont la croûte est littéralement fourrée… d’une saucisse. Le genre d’invention culinaire qu’on ne voit qu’en voyage, quand les codes changent et que les frontières du raisonnable deviennent floues.
L’ambiance est rapide, efficace, très fast‑food, mais les portions sont énormes, les saveurs franches, et l’expérience vaut le détour rien que pour comprendre une partie de la culture culinaire moderne du pays. On ressort avec la moitié des pizzas en boîte, de quoi assurer un repas supplémentaire sur la route. L’addition, boissons comprises, s’arrête à 700 BWP, ce qui, pour quatre personnes et autant de restes, relève presque de l’affaire.
#AutourDuMonde #VoyageEnFamille #VoyageAvecNous #Botswana #Serowe #DebonairsPizza #FastFood #FoodTrip #PizzaLovers #toutestpossible #allispossible
S’approvisionner à Serowe : courses, viande, légumes, carburant et banques
Serowe n’est pas une ville touristique, mais c’est une étape importante pour tous ceux qui traversent le centre du Botswana. On y trouve de quoi refaire le plein de nourriture, de viande, de légumes, de carburant et de cash avant de reprendre la route vers le nord. L’offre est variée, mais la qualité dépend fortement des arrivages, surtout pour la viande. Après plusieurs passages, nous avons constaté que le jeudi est souvent le meilleur jour : les étals sont plus fournis, les morceaux plus frais, et les choix plus larges
La ville dispose de plusieurs enseignes, chacune avec ses forces et ses limites. Elles permettent de s’approvisionner facilement pour préparer un repas maison ou refaire le stock de produits secs.
Choppies Serowe est le supermarché le plus fréquenté. On y trouve des produits frais, des conserves, des produits secs, des boissons et un rayon viande correct. La qualité varie selon les jours, mais c’est une valeur sûre pour les courses de base.
SPAR Serowe, situé à l’entrée de la ville sur la gauche, offre une expérience plus agréable. Le magasin est propre, bien organisé, et propose des plats préparés, des surgelés, des salades fraîches, des légumes de bonne qualité et surtout une boucherie plus avenante, avec des morceaux souvent plus appétissants que chez ses concurrents. Juste à côté, Midas permet de s’approvisionner en produits automobiles, notamment en AdBlue, utile pour certains véhicules récents.
Shoprite est également présent, mais sans boucherie, ce qui limite son intérêt pour ceux qui cherchent de la viande fraîche.
Les chaînes locales comme Sefalana ou OK Foods complètent l’offre. Elles proposent fruits, légumes, pain, produits laitiers et produits secs. Elles sont pratiques, mais l’approvisionnement peut être irrégulier.
Les marchés en plein air sont une bonne alternative pour les fruits et légumes. On y trouve des tomates, oignons, carottes, choux, pommes de terre, parfois des œufs, et selon les arrivages, du poisson ou de la volaille. Les prix sont souvent plus bas que dans les supermarchés, et les produits plus frais.
Pour la viande, plusieurs boucheries indépendantes proposent du bœuf, du poulet et du mouton à des prix raisonnables. La qualité dépend du jour d’abattage et de l’arrivage. Il est important de vérifier les étiquettes, surtout pour les viandes sous vide : certaines peuvent avoir été stockées longtemps ou avoir subi plusieurs cycles de froid.
Le jeudi reste le meilleur jour pour trouver de beaux morceaux, notamment pour le braai.
Pour ceux qui restent plusieurs jours ou voyagent en famille, les grossistes locaux peuvent être intéressants. On y trouve riz, farine, pâtes, conserves et produits en grande quantité. C’est économique et pratique pour constituer un stock durable.
Un repas simple et complet reste très abordable au Botswana. Pour un barbecue ou un repas familial classique :
- Viande (bœuf ou poulet) : 1,2 à 1,5 kg → 120–160 BWP
- Riz ou frites : 500 g à 1 kg → 25–40 BWP
- Légumes frais : 1 à 1,5 kg → 50–70 BWP
- Salade ou accompagnement : 200–300 g → 20–30 BWP
Total : 215–300 BWP, soit 18 à 25 € pour quatre personnes. Un excellent rapport qualité‑prix pour un repas complet.
Serowe dispose de plusieurs stations‑service, généralement bien approvisionnées. On y trouve essence, diesel, et parfois du diesel 50 ppm. Les stations Shell, Puma et Engen sont les plus fiables. Les prix sont stables à l’échelle du pays, mais les files peuvent être longues en fin de journée.
Certaines stations proposent également des petites supérettes, pratiques pour acheter de l’eau, des snacks ou des produits de base.
Les banques sont nombreuses en ville, mais les distributeurs ont des plafonds de retrait variables. La plupart limitent les retraits à 1 000 BWP, ce qui peut être contraignant. Les distributeurs de FNB, notamment ceux situés près de Choppies ou de SPAR, permettent de retirer jusqu’à 2 500 BWP.
Les paiements par carte sont largement acceptés, mais les taux de change appliqués par les terminaux sont souvent très désavantageux, parfois avec un écart de 5 à 6 % par rapport au taux officiel. Il est donc préférable de retirer du cash plutôt que de payer directement en carte étrangère.
LES LOGEMENTS
LES LIENS VERS LES PHOTOS
J 1422
Khama Rhino Sanctuary – Une journée au cœur des géants du Botswana
J1423 Serowe, la mémoire vivante du Botswana — Serowe, the Living Memory of Botswana
LES LIENS
#tourdumonde #voyageenfamille #tourdumondeenfamille #raptor #Voyageavecnous #travelyourself #vivreautrement #backpacker #flashbackpacker
#traveladdict #voyagerautrement #slowtravel #slowtravelling #paysage #4×4 #4x4life #4x4adventure #travelphotography #roadtrip #ontheroad #overland #overlander #overlanding #traveladdict #toutestpossible #allispossible






Nous uqittons 

