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Spheniscus demersus – African Penguin – Manchot du Cap

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Un survivant en habit au cœur des vagues de l’Overberg

L’observation de ce passager des mers sur le littoral sud-africain constitue l’un des sommets d’un voyage naturaliste. Si les esprits associent souvent la silhouette de cet oiseau aux glaces polaires, la seule espèce nichant sur le continent africain, le Manchot du Cap, s’est installée dans la chaleur des côtes rocheuses du Cap, notamment à Stony Point. L’étude de ces colonies met en lumière l’incroyable adaptation d’un oiseau marin inféodé aux courants froids du Benguela, mais confronté à l’omniprésence terrestre de l’homme et des prédateurs. L’histoire récente de son installation continentale raconte le combat acharné pour préserver un oiseau aujourd’hui menacé.

Morphologie : Une silhouette taillée pour l’océan

Sous ses airs de marcheur maladroit sur la terre ferme, cet oiseau révèle une perfection hydrodynamique dès qu’il glisse dans l’eau :

  • Le plumage : Le dos et la face supérieure des ailes sont d’un noir mat profond, tandis que le ventre affiche un blanc pur parsemé de petites taches noires uniques à chaque individu, une parure bicolore assurant un camouflage parfait contre les prédateurs marins.

  • La tête : Un bandeau blanc caractéristique part du bec, passe au-dessus des yeux pour rejoindre la gorge, encadrant des joues noires. Une zone de peau rose dénudée surmonte chaque œil, servant à réguler la température corporelle lors des fortes chaleurs.

  • Les membres : Les ailes se sont transformées au fil de l’évolution en de véritables nageoires rigides et puissantes, tandis que les pattes palmées, noires et positionnées très en arrière du corps, font office de gouvernail efficace.

  • Le bec : Fort, trapu, d’un noir de jais et marqué d’une ligne grise transversale, il est armé de petites structures pointues orientées vers l’intérieur pour retenir les proies glissantes.

Habitat et Écologie : Les côtes du courant de Benguela

Le domaine de cette espèce est intimement lié aux eaux poissonneuses de l’Afrique australe, s’étendant des côtes de la Namibie jusqu’à la province du Cap oriental.

  • Le milieu marin : Il passe la majeure partie de son temps en mer à la recherche de bancs de poissons, profitant de la fraîcheur des eaux océaniques.

  • Le milieu terrestre : Pour nicher, il recherche les plages de sable, les escarpements rocheux et les îles côtières disposant de végétation de type fynbos ou de cavités naturelles pour s’abriter des rayons du soleil.

Comportement de chasse : Le nageur de haute mer

Ce chasseur sous-marin hors pair déploie des techniques de pêche collectives très élaborées.

  • Techniques : Capable de plonger à plusieurs dizaines de mètres de profondeur et de tenir de longues apnées, il poursuit ses proies en nageant à grande vitesse, utilisant la propulsion exclusive de ses ailes-nageoires.

  • Régime alimentaire : Son alimentation se compose presque exclusivement de poissons pélagiques, ciblant principalement les sardines, les anchois et occasionnellement de petits calmars.

Reproduction : Le retour à la terre et les abris de Stony Point

Les manchots sont des oiseaux fidèles qui s’unissent généralement pour la vie. La saison de nidification bat son plein à des périodes variables sur le littoral, les couples revenant s’établir dans les terriers ou les structures rocheuses. La femelle pond généralement deux œufs que les parents couvent alternativement pendant une quarantaine de jours. À Stony Point, l’histoire a pris un tournant particulier puisque les oiseaux ont colonisé les anciennes ruines d’une station baleinière désaffectée en 1930, trouvant dans le ciment et les débris des cavités idéales pour abriter leurs poussins.

Note naturaliste

Sur le terrain, l’observation à Stony Point permet de mesurer la singularité de cette colonie continentale par rapport aux populations insulaires traditionnelles. Si le site offre un accès facilité pour les observer sans déranger leurs comportements, restez attentifs à leurs vocalisations : leurs cris puissants et rauques, semblables aux braiements d’un âne, leur ont valu le surnom historique de manchots jacassiers. Les sentiers permettent aussi de croiser le Daman de roche, qui partage le même espace rocheux au bord de l’eau.

Conservation

L’espèce subit un déclin dramatique à l’échelle mondiale en raison de la raréfaction de ses ressources alimentaires causée par la surpêche industrielle et les changements climatiques. Classée en danger critique d’extinction, elle fait l’objet d’efforts de conservation colossaux menés par CapeNature à Stony Point. La mise en place de clôtures de protection contre les prédateurs terrestres, l’installation de nichoirs artificiels en béton blanc pour suppléer le manque de terriers profonds et le contrôle des entrées payantes payent directement pour la recherche et la sauvegarde de ces précieux oiseaux.

Nom scientifique Nom GB Nom FR Répartition / Habitat Traits morphologiques détaillés Observation terrain
Spheniscus demersus African Penguin Manchot du Cap Eaux fraîches de l’Afrique australe, de la Namibie à la province du Cap oriental; plages de sable et côtes rocheuses [cite: Le domaine de cette espèce est intimement lié aux eaux poissonneuses de l’Afrique australe, s’étendant des côtes de la Namibie jusqu’à la province du Cap oriental., …les plages de sable, les escarpements rocheux et les îles côtières…]. Dos et dessus des ailes noirs, ventre blanc tacheté de noir; bandeau blanc sur la tête; zone de peau rose dénudée au-dessus de l’œil; bec fort marqué d’une ligne grise [cite: Le dos et la face supérieure des ailes sont d’un noir mat profond, tandis que le ventre affiche un blanc pur parsemé de petites taches noires uniques… Un bandeau blanc caractéristique part du bec, passe au-dessus des yeux pour rejoindre la gorge… Une zone de peau rose dénudée surmonte chaque œil… Le bec… tracé d’une ligne grise transversale…]. Stony Point (AFS), S’observe en colonies bruyantes sur le rivage, marchant maladroitement ou plongeant dans les vagues; émet des cris rauques semblables à des braiements  
Spheniscus humboldti Humboldt Penguin Manchot de Humboldt Côtes du Pérou et du Chili, influencées par le courant froid de Humboldt; îles rocheuses et falaises. Dos gris-noir foncé, ventre blanc avec une unique large bande noire pectorale en fer à cheval; large zone de peau rose dénudée à la base du bec entourant l’œil. Niche dans les cavités rocheuses ou le guano; s’observe souvent en groupes pêchant près de la côte.
Spheniscus magellanicus Magellanic Penguin Manchot de Magellan Côtes de la Patagonie (Argentine et Chili) et îles Malouines; migre vers le nord jusqu’au Brésil en hiver. Dos noir, ventre blanc marqué de deux bandes noires distinctes (une bande pectorale et une bande inférieure en fer à cheval); large sourcil blanc continu. Creuse des terriers profonds sous la végétation côtière ou le sol meuble; très vocal pendant la saison des amours.
Spheniscus mendiculus Galapagos Penguin Manchot des Galápagos Endémique des îles Galápagos (Équateur); seul manchot vivant au niveau de l’équateur, principalement sur Isabela et Fernandina. Le plus petit du genre; plumage gris-noir sur le dos, dessous blanc avec une fine bande noire pectorale unique; ligne blanche très fine et discrète sur la face. S’observe souvent à l’ombre des grottes de lave volcanique pour fuir le soleil équatorial ou nageant dans les eaux claires.

Note naturaliste

Le genre Spheniscus regroupe les quatre espèces de manchots dits « tempérés » ou « à bandes », caractérisés par leur plumage bicolore noir et blanc hautement contrasté et la présence de bandes pectorales sombres. Contrairement à leurs cousins de l’Antarctique, ils ont développé des zones de peau nue et rose sur la face pour dissiper la chaleur corporelle dans les climats plus chauds où ils résident. Aucun de ces manchots ne possède de sous-espèce officiellement reconnue à ce jour, les variations géographiques restant minimes au sein de leurs aires respectives. Toutes les espèces du genre partagent un ancêtre commun adapté aux courants marins froids et ascendants (comme les courants de Benguela et de Humboldt) qui subissent aujourd’hui de plein fouet les dérèglements climatiques et la surpêche, rendant les efforts de protection continentaux ou insulaires absolument vitaux pour leur survie globale [cite: Le domaine de cette espèce est intimement lié aux eaux poissonneuses de l’Afrique australe… L’espèce subit un déclin dramatique à l’échelle mondiale en raison de la raréfaction de ses ressources alimentaires causée par la surpêche industrielle et les changements climatiques.].

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