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Saragosse L’éclat des quatre cultures au fil de l’Èbre – ESPAGNE

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Des vestiges de Caesaraugusta aux volutes mudéjares et à la majesté du Pilar

En franchissant les rives de l’Èbre pour pénétrer dans Saragosse, métropole dynamique de plus de 661 000 habitants, nous nous immergeons dans une cité fascinante au carrefour des géographies et des civilisations de la péninsule Ibérique. L’Èbre, véritable artère hydrologique de l’Aragon, sépare la région en deux univers contrastés, entre la haute chaîne plissée des Pyrénées au nord et les vastes sierras semi-arides au sud.

En parcourant à vélo les berges aménagées depuis le cœur historique jusqu’au Parc métropolitain de l’eau Luis Buñuel, nous mesurons l’évolution architecturale de la ville à travers ses ponts, glissant du séculaire Puente de Piedra jusqu’au futuriste Pabellón Puente érigé pour l’Exposition internationale de 2008, tout près de l’un des plus grands aquariums d’eau douce d’Europe. Façonnée successivement par les Ibères, les Romains, les musulmans et les chrétiens, la cité mérite pleinement son titre de « ville des quatre cultures ». De l’ancienne Caesaraugusta romaine, nous suivons un itinéraire archéologique captivant qui nous mène des vestiges du forum au théâtre antique. La mémoire spirituelle de la ville prend racine selon la tradition dans l’apparition mariale à saint Jacques sur un pilier de jaspe, autour duquel s’élève aujourd’hui l’imposante basilique Nuestra Señora del Pilar, joyau baroque aux dômes étincelants dont les dômes et chapelles abritent des fresques signées Francisco de Goya.

En contemplant ce sanctuaire emblématique aux côtés de la cathédrale de La Seo et de l’église San Pablo, nous admirons les dentelles de briques et de céramiques de l’art mudéjar aragonais, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plus à l’ouest, nous poussons les portes du palais de l’Aljafería, édifié au XIe siècle sous le règne de l’émir Al-Muqtadir à l’époque où la ville s’appelait Sarakusta. Surnommé « le palais du bonheur », ce chef-d’œuvre de l’architecture islamique médiévale combine l’austérité de ses remparts extérieurs à la délicatesse de son patio orné d’orangers, de sa mosquée privée et de ses stucs ciselés.

Ébranlée par les tragiques sièges des guerres napoléoniennes en 1808, Saragosse a su préserver une âme chaleureuse et commerçante. Nous arpentons les artères piétonnes Alfonso I et Don Jaime avant de nous perdre dans le Barrio del Tubo pour savourer la tradition vivante des tapas. Pour retrouver l’intégralité de nos clichés de cette étape aragonaise, nous vous invitons à consulter l’album J134 VISITE DE SARAGOSSE. L’accès à la basilique du Pilar est libre et gratuit (l’ascension de la tour panoramique s’élève à 5 €), tandis que l’entrée au palais de l’Aljafería est fixée à 5 € par adulte. Toutes les informations pratiques et les réservations sont centralisées sur le portail officiel www.zaragozaturismo.es, la Plaza del Pilar se situant aux coordonnées GPS 41.6561° N, 0.8773° W.

Les trésors mudéjares et baroques du cœur historique de Saragosse

Un itinéraire d’art, de foi et de traditions à travers la cité des quatre cultures

Pour cette toute première journée de découverte au cœur de Saragosse, nous nous lançons dans une exploration urbaine passionnante à travers les époques, guidés par le tracé préservé de l’ancienne Caesaraugusta romaine et de la Sarakusta médiévale. Notre parcours nous invite à franchir les portes d’édifices majeurs où se croisent le savoir-faire des bâtisseurs musulmans, la dévotion chrétienne et la virtuosité des grands maîtres de la Renaissance et du Baroque. Du secret des ruelles pavées aux vastes perspectives des places monumentales, nous découvrons pas à pas une cité vivante et chaleureuse qui révèle son identité à travers douze étapes remarquables.

L’éclat mudéjar et la virtuosité de Damián Forment à l’église San Miguel de los Navarros

Une immersion entre volutes baroques, dentelles de brique et chefs-d’œuvre de la Renaissance à Saragosse

Pour débuter notre première journée d’exploration au cœur de Saragosse, nous faisons halte devant l’église San Miguel de los Navarros, un édifice profondément ancré dans l’histoire et la culture de la région.

En arpentant la rue sous l’ombrage des platanes, notre regard est immédiatement capté par sa façade spectaculaire : au-dessus du portail d’entrée aux portes de bois clouté, s’élève une monumentale conque en forme de coquille Saint-Jacques qui abrite une niche sculptée représentant l’archange Saint Michel terrassant le démon sous un toit sculpté. L’édifice se distingue par la richesse saisissante de son style mudéjar qui marie avec harmonie les influences islamiques et chrétiennes, où le travail minutieux de la brique constitue l’élément central du décor. À l’extérieur, l’abside polygonale à cinq côtés s’impose comme un véritable chef-d’œuvre : de grandes croix carrées en forme de fleurs y sont agencées de façon rythmée, complétées par une frise de croix en losanges qui offre un effet géométrique vibrant.

Le clocher du XIVe siècle à plan carré retient toute notre attention avec ses trois sections distinctes : une base sobre et solide sans ornement, un corps central paré de motifs d’arcs entrecroisés et de losanges en brique, et un corps de cloche supérieur à deux niveaux mêlant ouvertures annulaires et frises d’arcs lobés, le tout couronné au XIXe siècle par une élancée et élégante flèche en fer forgé travaillée avec une finesse remarquable.

Dès que nous franchissons le seuil, nous sommes enveloppés par une atmosphère paisible et mystique où de doux rayons de lumière filtrent à travers les vitraux pour éclairer l’espace d’une lueur chaleureuse. Au milieu des murmures de prières des fidèles qui témoignent du profond attachement de la communauté locale à ce lieu de culte, nous levons les yeux vers la voûte nervurée peinte en ogive.

Les nervures rehaussées de frises géométriques dorées et blanches mènent à une clé de voûte ornée d’un médaillon triangulaire représentant l’Œil de la Providence et l’inscription « QUIS SICUT DEUS », entouré de médaillons muraux à la croix de couleur pourpre. Au fond de la nef centrale, nos yeux se posent sur le maître-autel et son retable exceptionnel sculpté entre 1519 et 1525 en bois de pin doré et polychrome par Damián Forment, célèbre maître de la Renaissance ayant également œuvré à la basilique du Pilar et à l’église San Pablo. Mariant les réminiscences du gothique flamboyant et la virtuosité de la Renaissance, ce retable déploie une profusion de panneaux sculptés en relief représentant des scènes bibliques sous un dais ciselé et une scène de la Crucifixion au sommet. En son centre trône la statue imposante de l’archange Saint Michel en armure, prêt à frapper le diable à ses pieds avec une puissance émotionnelle et un équilibre esthétique captivants.

En flânant dans les chapelles latérales, nous découvrons un patrimoine mobilier d’une profusion étourdissante. Dans une niche feutrée, une imposante cuve baptismale baroque en marbre sombre veiné est surmontée d’un dôme en marqueterie de jaspe ocre et d’une délicate statue en albâtre figurant la Foi aux yeux bandés. Plus loin, une tribune d’orgue aux tuyaux argentés repose sur un balcon en bois rouge soutenu par d’impressionnantes colonnes torsadées salomoniques sombres, encadrant un cartouche rococo doré découpé au nom de l’archange. D’autres retables retiennent notre attention : l’un présente des colonnes torsadées dorées entourant une peinture à l’huile de saint en adoration devant la Vierge à l’Enfant, un autre arbore une Vierge de tendresse entourée de chérubins et bordée de grands anges polychromes aux ailes déployées, tandis qu’un retable peint d’influence gothique rassemble des panneaux illustrés autour de la statue d’une sainte flanquée d’un chien et d’un serviteur à ses pieds. L’accès à l’église San Miguel de los Navarros est libre et gratuit en dehors des offices religieux. Les renseignements pratiques sur le patrimoine de la ville sont centralisés sur le portail officiel www.zaragozaturismo.es, l’édifice se situant aux coordonnées GPS 41.6496° N, 0.8789° W.

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L’envol mudéjar de Santa María Magdalena au cœur du quartier historique

Une renaissance architecturale entre minaret aragonais, fresques baroques et trésors de la Renaissance à Saragosse

En quittant l’église San Miguel de los Navarros et son retable d’exception, notre déambulation nous mène quelques ruelles plus à l’est au cœur du quartier éponyme de La Magdalena, un secteur populaire et animé où l’histoire s’affiche jusque sur les façades des édifices.

Au détour d’une ruelle, notre regard est attiré par une grande fresque en trompe-l’œil peinte sur le pignon d’une maison, représentant une ancienne porte fortifiée de la cité traversée par des figures en costumes traditionnels d’époque. C’est dans cette atmosphère pittoresque que se dresse l’église Santa María Magdalena, l’un des sanctuaires les plus anciens de Saragosse, déjà mentionné dans les documents d’archives en 1126, peu de temps après la reconquête chrétienne de la ville par Alphonse Ier d’Aragon en 1118. L’édifice actuel, dont la construction remonte à la première moitié du XIVe siècle, a traversé une profonde réforme baroque au XVIIe siècle qui a su préserver avec une fidélité remarquable la structure mudéjare d’origine.

 

L’architecture intérieure suit parfaitement les préceptes du modèle aragonais à nef unique couverte d’une voûte nervurée peinte en ogive, bordée de chapelles latérales encastrées entre les contreforts et terminée par un chevet polygonal.

Depuis la ruelle étroite, nous levons les yeux vers sa majestueuse tour mudéjare, véritable joyau de la cité édifié au milieu du XIVe siècle sur les vestiges d’un temple roman préexistant. Directement inspirée des minarets de la période almohade — présentant une parenté frappante avec la tour de l’église San Pablo —, sa structure carrée s’élance vers le ciel dans un jeu de briques d’une délicatesse inouïe. En observant les étages supérieurs à travers les branches dénudées des arbres environnants, nous détaillons un décor géométrique foisonnant où les arcs multilobés et les fenêtres évasées à double et triple ouverture s’entrelacent avec des motifs de croix formant des losanges.

L’ensemble est somptueusement rehaussé d’incrustations de céramique émaillée verte et blanche sous une corniche à modillons de briques sculptées, le sommet couronné de créneaux étant surmonté d’une girouette en fer forgé figurant un coq. Rouverte au public en 2019 après dix-sept longues années de fermeture pour de minutieux travaux de restauration, l’église révèle de nouveau toute la splendeur de son patrimoine intérieur et extérieur.

En franchissant le portail, la clarté de la nef nous saisit. Au fond du chevet, le maître-autel accueille un spectaculaire retable baroque conçu par le sculpteur José Ramírez de Arellano, dont les colonnes aux tons marbrés encadrent un grand relief central représentant l’extase de sainte Marie-Madeleine sous la figure tutélaire de Dieu le Père et des anges. Au-dessus de cette composition théâtrale, les voûtes blanchies portent des peintures de draperies célestes et d’anges entourant un blason frappé de l’inscription « QSD » (Quis Sicut Deus). Dans la nef et les chapelles, nous découvrons également un ensemble statuaire remarquable réalisé par le même maître baroque, notamment une saisissante sculpture polychrome représentant un moine vêtu d’une grande cape noire, tenant une haute croix en bois d’un bras étendu tandis qu’un crâne humain repose à ses pieds sur un livre ouvert. La visite nous permet aussi de contempler l’ancien retable de la Renaissance sculpté par Damián Forment, autrefois installé au maître-autel et aujourd’hui précieusement conservé, divisé entre deux chapelles du temple. L’un de ces éléments en bois sculpté et doré déploie une scène magistrale de la Crucifixion au centre — entourée du Christ en croix, de la Vierge, de Marie-Madeleine et de saint Jean — encadrée de panneaux en relief retraçant les épisodes de la Passion sous une voûte sculptée d’une finesse absolue. L’accès à l’église Santa María Magdalena est libre en dehors des offices religieux (des visites guidées de la tour sont proposées à des tarifs modérés). Toutes les informations pratiques et horaires de visite sont disponibles sur le site officiel www.zaragozaturismo.es, le sanctuaire étant localisé aux coordonnées GPS 41.6525° N, 0.8732° W.

L’Arco del Dean et les figures populaires de Saragosse

Un passage suspendu entre mémoire médiévale, folklore des Cabezudos et dentelles plateresques-mudéjares

En quittant l’église Santa María Magdalena pour nous enfoncer dans les ruelles médiévales nichées au chevet de la cathédrale La Seo, notre déambulation prend une tournure résolument pittoresque. Le long de notre itinéraire, nous faisons d’abord une halte amusée devant la devanture de Los Cabezudos, où un mur entier expose les visages sculptés et colorés de ces fameuses « grosses têtes » du folklore aragonais. De la figure d’El Morico à celle de La Forana, leurs bouches grandes ouvertes semblent encore faire résonner les rires des fêtes populaires sous leur bandeau vert. Poursuivant notre marche dans ce dédale pavé où le temps semble s’être arrêté, nous débouchons sur la calle del Deán pour découvir avec émotion l’Arco del Dean. Seule arche médiévale encore conservée dans tout Saragosse, ce monument intime et modeste dégage une aura de rareté et de mystère tout à fait fascinante.

Reliant la maison du doyen au corps de la cathédrale, cet ouvrage surélevé créait autrefois une passerelle fonctionnelle permettant au dignitaire religieux de passer d’un bâtiment à l’autre en restant à l’abri des intempéries et de l’agitation de la rue. En nous approchant, nous admirons l’arc ogival en maçonnerie de brique qui enjambe la ruelle sous une structure soutenue par de solides solives en bois sombre. Au-dessus de ce passage, la façade gothique austère est magnifiquement réhaussée par une galerie suspendue d’une grâce infinie : un belvédère de style plateresque-mudéjar où la pierre sculptée s’invite élégamment au milieu de la brique. Nous détaillons avec émerveillement la finesse des fenêtres ajourées aux meneaux délicatement entrelacés et aux arcs trilobés, évoquant la poésie des palais mauresques tout en s’intégrant dans la tradition gothique chrétienne. En observant les détails de la maçonnerie, nous remarquons également une ancienne lanterne en fer forgé accrochée au mur ainsi qu’un gouttière métallique sculptée en forme de tête de cheval prolongeant le toit. Depuis cette loggia ornée, le doyen pouvait autrefois contempler la vie urbaine presque en cachette, bien protégé derrière ses arcades. Témoin silencieux des siècles et de la symbiose entre artisans hispano-musulmans et bâtisseurs chrétiens, cet arc demeure l’un des plus précieux vestiges du Saragosse médiéval. L’observation de l’Arco del Dean depuis la rue est libre et gratuite vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les informations relatives au patrimoine historique du quartier sont centralisées sur le portail touristique officiel www.zaragozaturismo.es, l’arche étant géolocalisée aux coordonnées GPS 41.6548° N, 0.8753° W.

La majesté des siècles à la Cathédrale del Salvador : La Seo de Saragosse

Un chef-d’œuvre palimpseste du roman au baroque, de l’art mudéjar aux trésors flamands

En franchissant le discret passage suspendu de l’Arco del Dean, nous débouchons directement sur la Plaza de la Seo, où s’ouvre une perspective spectaculaire sur la Cathédrale del Salvador. Seconde cathédrale de Saragosse aux côtés de la Basilique du Pilar, La Seo résume plus de deux mille ans d’histoire urbaine : érigée sur le forum romain du Ier siècle av. J.-C., elle succéda à l’église wisigothique San Vicente puis à la Grande Mosquée musulmane — dont le minaret demeure encastré dans le clocher —, avant la décision des souverains chrétiens d’y bâtir ce sanctuaire au XIIe siècle. Depuis le vaste parvis où les jets d’eau d’une fontaine bordent la structure contemporaine en dalles de marbre du musée du forum romain, nous contemplons la façade néoclassique claire et la tour clocher baroque, haute et élancée, agrémentée de sa grande horloge aux allégories sculptées. Les absides romanes en pierre, le lanternon du cimborrio et le somptueux mur extérieur de la Parroquieta aux entrelacs de briques mudéjares et d’azulejos composent un ensemble architectural d’une diversité saisissante.

Hommage au génie aragonais : le monument à Francisco de Goya sur la Plaza del Pilar

Une halte bucolique et monumentale entre maîtres du bronze, majos romantiques et mémoire d’Aragon

En sortant de l’atmosphère feutrée du Musée des Tapisseries de La Seo, la lumière vive de l’extérieur nous accueille alors que nous débouchons sur la grandiose Plaza de Nuestra Señora del Pilar, véritable cœur battant et « salon de la cité » saragossane. En longeant les imposants murs de brique de La Lonja — magnifique palais de la Renaissance aragonaise dont la façade déploie une double rangée d’ouvertures en arcades sous une frise de médaillons sculptés —, notre regard est attiré par d’impressionnantes sculptures contemporaines en bronze dressées sur le parvis. Nous admirons d’abord la silhouette stylisée et élancée de saint Valère, patron de la ville, brandissant sa crosse épiscopale d’un bras levé vers le ciel, puis un peu plus loin une figure féminine allégorique portant à bout de bras un plateau sur lequel repose une maquette en relief des édifices de la cité. C’est au cœur de cette vaste esplanade piétonne que se dresse le groupe sculptural du Monument à Francisco de Goya y Lucientes, érigé pour célébrer le souvenir du plus illustre peintre d’Aragon.

Né à Fuendetodos en 1746 et mort en exil à Bordeaux en 1828, Goya a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de l’art mondial. Formé à Saragosse dans l’atelier de José Luzán avant de parcourir l’Italie, il s’installa à Madrid dès 1775 où il devint le peintre de la cour du roi Carlos IV, immortalisant la famille royale, dessinant de célèbres cartons de tapisserie, gravant des séries acides et peignant à la fin de sa vie les troublantes « peintures noires » dans sa demeure de la Quinta del Sordo.

Conçu par le sculpteur Victorio Macho en 1946 pour le bicentenaire de la naissance de l’artiste, ce monument rassemble toutes ses lignes de composition vers la statue en bronze de Goya. Représenté dans une pose romantique et détendue, les jambes croisées et légèrement appuyé contre le mur-piédestal en brique et pierre, le maître est vêtu d’une élégante redingote, d’un foulard noué et de hautes bottes à revers. Tenant son pinceau d’une main et son carnet de croquis de l’autre, il contemple d’un air rêveur les personnages qui s’animent à ses pieds. Sur cet espace qui évoquait à l’origine la prairie verdoyante de San Isidro à Madrid, aujourd’hui réaménagé avec des miroirs d’eau et des fontaines selon le projet de l’architecte Ricardo Usón en 1990, deux paires de majos et majas en bronze semblent poser pour lui, directement inspirées de ses scènes de pique-nique champêtres. Nous nous amusons à détailler leurs costumes d’époque : une fière jeune femme tenant son éventail sculpté se découpe sur le fond des clochers baroques de la place, tandis que Margot vient s’installer un instant sur le rebord en pierre aux côtés d’une maja assise drapée dans son grand châle en dentelle.

En contournant l’imposant piédestal, nous découvrons au dos un relief classique en pierre sculptée figurant une jeune fille assise enveloppée de larges voiles gracieux, disposé à côté de l’inscription dédicatoire de la ville. Pensé initialement comme un havre barrant la vue sur la rue Don Jaime grâce à des bosquets de la flore locale et des bancs de repos pour isoler les promeneurs dans l’univers du peintre, ce monument demeure un point de rencontre incontournable où l’art du XVIIIe siècle dialogue avec l’effervescence de la ville moderne. L’accès au Monument à Francisco de Goya sur la Plaza del Pilar est entièrement libre et gratuit vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Retrouvez l’ensemble des parcours culturels et des informations pratiques sur le site officiel www.zaragozaturismo.es, le monument étant localisé aux coordonnées GPS 41.6552° N, 0.8761° W.

L’élégance de la Renaissance aragonaise à La Lonja de Saragosse

Un palais du commerce entre voûtes étoilées, traditions mudéjares et le tendre souvenir du Caballito

Juste à côté du monument dédié à Goya, notre regard se pose sur la monumentale façade de La Lonja, dont la silhouette de brique s’étire élégamment le long de la Plaza del Pilar. Premier bâtiment entièrement conçu dans le style de la Renaissance à Saragosse, cet édifice civil majeur marque un tournant dans l’histoire architecturale de la cité et témoigne de l’apogée commercial de l’Aragon au XVIe siècle. C’est en 1541 que la municipalité, soutenue par l’archevêque Hernando de Aragón et pressée par les marchands de la ville, décide de sa construction. À l’époque, les transactions financières et la signature des contrats se déroulaient au cœur même des lieux de culte, notamment dans les nefs de la cathédrale La Seo toute proche — un mélange des genres profane et sacré qui provoquait désordres et sacrilèges. Dessinée par le maître d’œuvre Juan de Sariñena, la structure s’inspire de la majesté des palais florentins de la Renaissance italienne, mais réinterprétée à travers le savoir-faire local des bâtisseurs aragonais. Sa façade majestueuse en brique cuite arbore de lourdes portes voûtées cloutées, surmontées d’un niveau d’arcades aveugles et couronnées d’une double galerie supérieure à baies géminées, où s’insèrent de délicats médaillons en terre cuite représentant des bustes sculptés sous un imposant toit en surplomb à alfarje.

En franchissant l’une des grandes portes métalliques, nous pénétrons dans le Salón de las Columnas, où la magie de l’espace intérieur nous saisit instantanément. La salle unique déploie une hauteur impressionnante où vingt-quatre colonnes baguées en pierre d’un diamètre gracieux s’élèvent pour soutenir une voûte de crucería estrellada (voûte d’ogives en étoile) d’une complexité géométrique époustouflante. Les nervures sculptées se croisent en volutes légères, tandis qu’une frise gravée d’inscriptions morales en lettres humanistes court au sommet des murs, rappelant aux négociants de l’époque les vertus d’honnêteté et de bonne foi indispensables au négoce. Baignée par une lumière douce filtrant à travers de hautes ouvertures, cette nef civile semble suspendue hors du temps. Aujourd’hui libéré des étals des marchands de soie et de grains, ce lieu majestueux s’est réinventé en un espace culturel vibrant où la municipalité organise régulièrement de prestigieuses expositions temporaires de peinture, de sculpture et de photographie contemporaine.

En ressortant pour longer la façade nord qui fait face au fleuve Èbre, une charmante sculpture en bronze attire notre attention : le Caballito de la Lonja. Cette statue immortalise le petit cheval en carton d’Ángel Cordero Gracia, un célèbre photographe ambulant qui, pendant plus de cinquante ans (de 1925 à 1978), a immortalisé des générations d’enfants de Saragosse perchés sur sa monture. Ce clin d’œil nostalgique et populaire invite petits et grands à chevaucher à leur tour le bronze pour immortaliser leur passage. L’accès à l’intérieur de La Lonja et à ses expositions est entièrement libre et gratuit. L’ensemble desプログラムs culturels et renseignements touristiques est disponible sur le portail officiel www.zaragozaturismo.es, le palais étant géolocalisé sur la Plaza del Pilar aux coordonnées GPS 41.6553° N, 0.8763° W.

Panorama vertigineux depuis la Torre de San Francisco de Borja

Une immersion à 360° au-dessus des dômes multicolores du Pilar, du fleuve Èbre et des toits de Saragosse

En quittant les arcades de La Lonja et le parvis de la Plaza del Pilar, nous faisons seulement quelques pas vers la majestueuse façade de la Basilique de Nuestra Señora del Pilar pour vivre l’une des expériences les plus vertigineuses de la ville. C’est au pied du pilier nord-ouest que s’élève la Torre de San Francisco de Borja, l’une des quatre tours d’angle qui encadrent le sanctuaire. Bien que le projet global de la basilique baroque remonte aux plans de Francisco de Herrera le Jeune et de Ventura Rodríguez aux XVIIe et XVIIIe siècles, les quatre tours monumentales de quatre-vingt-dix mètres de haut ne furent achevées qu’au milieu du XXe siècle — la tour consacrée à saint François de Borgia ayant été terminée en 1937. Équipée d’un ascenseur panoramique moderne aux parois vitrées, cette tour permet aux visiteurs de s’élever en quelques secondes jusqu’à une passerelle d’observation située à soixante-deux mètres de hauteur, offrant un point de vue imprenable et totalement inédit sur l’architecture du sanctuaire et sur toute la capitale aragonaise.

En débouchant sur le belvédère sommital, le spectacle de la toiture du Pilar s’ouvre sous nos yeux avec une puissance visuelle saisissante. C’est d’ici que l’on saisit pleinement la complexité géométrique de l’édifice : nous surplombons la constellation des onze dômes et lanternons ornés de leurs célèbres tuiles de céramique émaillée (azulejos). Les dômes déploient sous nos pieds une marqueterie vibrante de losanges jaunes, bleus, verts et blancs qui scintillent sous la lumière. Notre regard frôle la gigantesque coupole centrale en plomb couronnée de sa flèche, bordée par les lanterneaux aux dorures et coupoles en cuivre vert de gris, tandis qu’à l’arrière-plan, la silhouette élancée du clocher baroque de La Seo émerge au-dessus du dédale des toits du quartier historique. Cette perspective plongeante sur la toiture en pente de tuiles blondes permet d’admirer la virtuosité des maçons et céramistes qui ont forgé la signature visuelle de Saragosse.

En effectuant le tour du belvédère à 360°, la ville se dévoile dans toute sa diversité géographique et historique. Vers l’est, les eaux vert émeraude du fleuve Èbre serpentent paisiblement sous les imposantes arches en pierre du Puente de Piedra datant du XVe siècle. En portant nos yeux vers l’ouest, la vue plonge directement sur la Plaza del Pilar où les promeneurs semblent minuscules, tout en révélant la longue muraille romaine de Caesaraugusta, la ronde brique de la tour du Mercado Central et le clocher penché de l’église San Juan de los Panetes. Plus loin, l’horizon s’étend jusqu’aux collines arides d’Aragon bordant la vallée. L’accès à l’ascenseur panoramique de la Torre de San Francisco de Borja s’effectue depuis l’intérieur de la basilique au tarif de 5,00 € par personne (accès gratuit pour les jeunes enfants). Toutes les informations pratiques et les conditions de visite sont à retrouver sur le portail officiel www.zaragozaturismo.es ainsi que sur www.basilicadelpilar.es, la tour se situant aux coordonnées GPS 41.6568° N, 0.8786° W.

Le triomphe du baroque à la Basilique de Nuestra Señora del Pilar

Une immersion sacrée entre le marbre de Ventura Rodríguez, la dévotion au Pilar et les fresques célestes de Goya

En descendant de la Torre de San Francisco de Borja, nous débouchons sur le parvis extérieur pour passer sous le porche monumental de la Basilique de Nuestra Señora del Pilar. Encadré de colonnes corinthiennes massives et surmonté d’arcs sculptés d’anges baroques où s’accrochent de grandes gouttières métalliques, cet accès majestueux nous introduit dans l’un des sanctuaires les plus sacrés d’Espagne, classé Monument National et partageant son rayonnement spirituel mondial avec Saint-Jacques-de-Compostelle. Érigé au-dessus des sanctuaires successifs qui commémorent l’apparition de la Vierge à l’apôtre saint Jacques le 2 janvier de l’an 40, l’édifice actuel a été reconstruit à partir de 1681 sur les plans de Francisco de Herrera le Jeune puis profondément remanié par Ventura Rodríguez au XVIIIe siècle. Dès que nous franchissons le seuil, la monumentalité de la nef nous saisit : d’immenses piliers fasciculés peints aux tons crème et pastel soutiennent des voûtes en berceau et des coupoles richement décorées. Le sol en marbre poli miroitant reflète les chandeliers en cristal suspendus et les drapeaux historiques des pays hispaniques accrochés aux piliers, créant une atmosphère de recueillement solennel où résonnent les pas des pèlerins.

Au cœur de la nef s’élève la spectaculaire Santa Capilla (Sainte Chapelle), conçue en 1750 par l’architecte rococo Ventura Rodríguez sous la forme d’un baldaquin elliptique indépendant. En observant cette structure de marbres sombres et de jaspe veiné aux colonnes corinthiennes couronnées de chapiteaux dorés, notre regard grimpe vers sa voûte ajourée en forme de dôme sculpté de statuaires et de chérubins. À l’intérieur du sanctuaire feutré, sous une coupole dorée illuminée par des reliefs sculptés, nous admirons la composition théâtrale du sculpteur Manuel Pereira et de Ramírez de Arellano : un groupe statuaire en marbre blanc figurant l’apparition mariale entoure la niche centrale où trône la petite statue vénérée de la Vierge du Pilar, posée sur sa colonne en jaspe (le « Pilar »).

Devant les balustrades d’argent et les bancs en bois où les fidèles s’ recueillent avec dévotion, les mères viennent traditionnellement présenter leurs jeunes enfants pour recevoir la bénédiction de la Vierge, un rite immuable qui perpétue une foi multicentenaire.

En flânant dans les nefs collatérales, nous levons les yeux vers les voûtes pour contempler l’un des plus grands trésors artistiques de la basilique : le cycle des fresques peintes par Francisco de Goya. Le maître aragonais a marqué l’édifice de son génie en peignant notamment l’Adoration du Nom de Dieu sur la voûte du petit chœur en 1772, puis la monumentale coupole « Regina Martyrum » (Reine des Martyrs) entre 1780 et 1781. Sous la lumière tamisée filtrant des oculi hauts, les nuances vibrantes et les coups de pinceau énergiques du peintre donnent une vie saisissante à la procession des saints et martyrs aragonais drapés dans des nuées célestes. Au fond de la nef centrale, le maître-autel conserve également le retable gothique majeur en albâtre sculpté au XVIe siècle par Damián Forment, créant un dialogue artistique éblouissant entre la virtuosité de la Renaissance et la théâtralité baroque. L’accès à la Basilique du Pilar est entièrement libre et gratuit (les visites guidées et le musée de la Sainte Chapelle font l’objet d’une tarification modérée). L’ensemble des informations pratiques et des horaires de culte sont centralisés sur le site officiel www.basilicadelpilar.es ainsi que sur www.zaragozaturismo.es, le sanctuaire s’élevant aux coordonnées GPS 41.6568° N, 0.8786° W.

Le Mercado Central de Saragosse : chef-d’œuvre de fer, d’art nouveau et de gastronomie

Des frises symboliques d’Elías García Martínez à l’espace gourmand Rombo Zentral, au cœur des Halles de Lanuza

En nous promenant sur la Plaza de Lanuza au pied des anciens remparts romains, nous sommes immédiatement saisis par l’élégance monumentale du Mercado Central de Saragosse (également appelé Mercado Lanuza).

Érigé au début du XXe siècle par le visionnaire architecte Félix Navarro sur l’emplacement de l’ancien marché médiéval, ce joyau de l’architecture métalliste et Art nouveau a retrouvé toute sa splendeur grâce à une métamorphose spectaculaire achevée en 2020. En observant les façades, nous admirons les grandes baies vitrées bordées de ferronneries artistiques, les colonnes métalliques majestueuses et les motifs sculptés végétaux, animaliers et mythologiques évoquant l’agriculture, la chasse, la pêche et le verger aragonais. Ce véritable musée à ciel ouvert s’intègre harmonieusement dans la trame urbaine, invitant passants et écoliers à franchir les portes de ce sanctuaire vivant de la cité.

En pénétrant sous la grande nef baignée de lumière naturelle, nous sommes fascinés par le symbolisme ingénieux niché dans les détails ornementaux de l’édifice. Notre regard s’élève vers la frise supérieure où nous détaillons les cartes émaillées peintes figurant des motifs évocateurs — comme un dessin de fruit pour le secteur des maraîchers ou un lapin pour les boucheries et triperies. Conçues à l’origine comme un guide visuel ingénieux permettant aux clients de localiser facilement leurs étals préférés, ces figures peintes recèlent une valeur historique singulière : elles sont l’œuvre de l’artiste Elías García Martínez, célèbre pour avoir créé la peinture originale de l’Ecce Homo dans le sanctuaire de Borja. Ce lien inattendu entre artisanat populaire et histoire de l’art apporte une dimension poétique à notre déambulation parmi les étalages parfumés.

La rénovation de 2020 a magnifiquement sublimé ce lieu de tradition en créant une synergie entre marché de fraîcheur et espace de vie sociale. Grâce aux nouvelles baies vitrées, la ville entre littéralement dans le marché, offrant une vitrine chaleureuse sur l’effervescence intérieure. Au cœur des allées, nous découvrons l’espace festif et gourmand « Rombo Zentral », articulé autour de quatre comptoirs thématiques et d’une scène dédiée aux événements culturels et musicaux : Matiné pour savourer un petit-déjeuner équilibré avec des produits du marché, Mixtura célébrant les trésors de la mer avec ses tapas de poissons et coquillages ultra-frais, Mueso dédié aux grillades savoureuses de viandes régionales et légumes de saison, et enfin Mambo proposant des cocktails rafraîchissants élaborés à partir de fruits frais. Ce mariage réussi entre mémoire patrimoniale et convivialité gourmande fait du Mercado Central une halte incontournable lors de toute traversée de Saragosse.

Le Mercado Central de Saragosse est ouvert du lundi au samedi de 9 h à 14 h et de 17 h à 20 h (les comptoirs de restauration de Rombo Zentral restent ouverts en continu jusqu’en soirée). L’accès à l’édifice est libre et gratuit. Retrouvez le calendrier des animations et la présentation des producteurs sur le site officiel www.mercadocentralzaragoza.com et sur www.zaragozaturismo.es, le marché étant géolocalisé sur la Plaza de Lanuza aux coordonnées GPS 41.6567° N, 0.8821° W.

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Joyaux baroques et fantômes mudéjars : de Santa Isabel à la tour penchée de Saragosse

Une traversée de la Plaza del Justicia à San Juan de los Panetes, sur les traces des dômes pionniers et des chefs-d’œuvre disparus

En poursuivant notre promenade à travers le centre historique de Saragosse, nous débouchons sur la charmante Plaza del Justicia, où s’élève la majestueuse Église de Santa Isabel de Portugal, également connue sous le nom de San Cayetano. Érigée au XVIIe siècle à l’initiative des États d’Aragon, cette église baroque rend hommage à l’Infante d’Aragon née en 1271 et devenue reine du Portugal. En nous arrêtant sur le pavé de la place, nous contemplons la façade monumentale en albâtre sombre et pierre sculptée de l’Église de Santa Isabel, d’un baroque churrigueresque étincelant orné de rinceaux, des armes du Royaume d’Aragon, d’une niche supérieure abritant la statue de la sainte et encadrée par deux clochers octogonaux en brique cuite couronnés de lanternons. En franchissant le portail, la splendeur de l’intérieur nous frappe par la richesse de ses retables dorés — notamment le Retable Principal, le Retable de Notre-Dame de l’Agonie et le Retable du Bon Pasteur. L’élément le plus novateur du sanctuaire réside dans son système complexe de dômes sur pendentifs : ce modèle d’ingénierie religieuse, permettant de créer des volumes lumineux et ouverts, servit directement d’inspiration et de prototype aux architectes pour la conception des coupoles de la Basilique du Pilar.

En nous déplaçant de quelques ruelles vers la Plaza de San Felipe, nous partons en quête d’un fantôme architectural qui habite encore la mémoire de tous les Saragossans : la célèbre Torre Nueva. Édifiée entre 1504 et 1512, cette tour de l’horloge municipale constituait l’un des plus impressionnants chefs-d’œuvre de l’art mudéjar aragonais. Sa construction fut le fruit d’une collaboration exemplaire entre maîtres bâtisseurs chrétiens et musulmans — tels que Gabriel Gombao, Antón Sariñena, Ismael Allabar, Monferriz et Juce Galí. Haute de plus de quatre-vingts mètres, façonnée en brique cuite à motifs géométriques de sebka et incrustations de céramique émaillée, elle abritait le carillon qui rythmait la vie de la cité.

En raison d’un affaissement des fondations survenu dès son édification, la tour prit une inclinaison spectaculaire qui défia la gravité durant quatre siècles, rivalisant de notoriété avec la tour de Pise. Malgré les protestations des habitants et des intellectuels, la municipalité décida sa démolition en 1892 par crainte d’un effondrement. Aujourd’hui, nous admirons sur le pignon d’un immeuble la fresque murale monumentale peinte en trompe-l’œil ressuscitant la silhouette élancée et inclinée de la Torre Nueva au milieu des demeures de la place, perpétuant le souvenir de ce joyau perdu.

En nous promenant dans la vieille ville de Saragosse, nous avons découvert l’histoire fascinante de la Torre Nueva, ou tour penchée, autrefois l’un des monuments les plus emblématiques de la ville. Construite au XVIe siècle, cette tour de l’horloge mudéjare captait l’attention non seulement par sa hauteur, mais surtout par son inclinaison intrigante, qui ajoutait un caractère unique à la silhouette de Saragosse.

Quelques pas plus loin, au bord de la Plaza del Pilar et des anciens remparts romains, nous découvrons une autre structure qui perpétue cette tradition de clochers inclinés : l’Église de San Juan de los Panetes. Reconstruite en 1725 par l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (les Chevaliers Hospitaliers) sur les vestiges d’une ancienne église médiévale, elle présente une sobre architecture en brique. Notre regard est immédiatement capté par la tour clocher octogonale en brique de l’Église de San Juan de los Panetes, légèrement inclinée vers la rue et coiffée d’une flèche pyramidale en métal ouvragé. Cette inclinaison de quelques degrés, combinée à son décor d’inspiration mudéjare à baies cintrées et oculi, offre une résonance visuelle poignante à la disparue Torre Nueva. L’accès à l’Église de Santa Isabel de Portugal et à l’Église de San Juan de los Panetes est libre et gratuit en dehors des offices religieux. L’ensemble des parcours culturels et des renseignements touristiques sont disponibles sur le site officiel www.zaragozaturismo.es, la Plaza del Justicia étant géolocalisée aux coordonnées GPS 41.6558° N, 0.8805° W.

Baroque berninesque et trésors de cristal à la Plaza de San Felipe

Une déambulation intimiste entre les colonnes salomoniques de San Felipe, le musée Pablo Gargallo et les féeries lumineuses du Rosario de Cristal

En quittant le parvis monumental de la Basilique du Pilar, nous nous enfonçons dans le lacis des ruelles pittoresques du vieux Saragosse pour déboucher sur la charmante Plaza de San Felipe, un havre de quiétude bordé de terrasses. Notre regard est immédiatement capté par la façade imposante de l’église San Felipe y Santiago el Menor. Érigée en brique au XVIIe siècle grâce à la générosité du marquis de Villaverde — qui résidait dans le palais voisin et bénéficiait d’un accès privé direct au sanctuaire —, elle dresse son pignon triangulaire flanqué sur la droite d’un clocher baroque octogonal aux baies cintrées. Son portail en pierre sculptée attire toute notre attention : encadré par deux spectaculaires colonnes salomoniques torsadées en marbre noir de Calatorao, il est surmonté de niches abritant les statues de saint Philippe et saint Jacques le Mineur au-dessus de lourdes portes en bois clouté. Juste en face sur la place, nous admirons la superbe façade en brique du Palacio de los Condes de Argillo, aujourd’hui siège du musée Pablo Gargallo, avec sa galerie supérieure d’arcades, son avant-toit en bois sombre sculpté et sa porte voûtée devant laquelle trône la sculpture équestre en bronze « Urano » réalisée par Gargallo.

En franchissant les portes de San Felipe, nous découvrons une nef lumineuse couverte de voûtes en berceau peintes aux tons crème et pastel, où de grandes statues d’apôtres reposent sur des consoles le long des piliers. Au fond du chœur, nos yeux sont fascinés par le maître-autel rococo, directement inspiré du célèbre baldaquin créé par Le Bernin pour la basilique Saint-Pierre du Vatican. Quatre majestueuses colonnes salomoniques torsadées sombres soutiennent un dôme ajouré de lambrequins et d’anges sculptés en bois doré, sous lequel une gloire rayonnante entoure la colombe du Saint-Esprit au-dessus des statues de saint Philippe et saint Jacques le Mineur. La composition est complétée par les figures sculptées des cinq vertus — la Charité, l’Espoir, la Force, la Justice et la Foi. En flânant dans les chapelles latérales, nous nous arrêtons également devant un autel intimiste où un baldaquin à dôme en bois sombre encadre une statue poignante du Christ en Ecce Homo, assis et couronné d’épines au centre d’un halo de rayons dorés, gardé par deux anges en prière.

Sur la même place, nous poussons la porte de l’église du Sacré-Cœur (Iglesia del Sagrado Corazón de Jesús), qui abrite le fabuleux Musée du Rosario de Cristal. C’est d’ici que s’élance chaque 13 octobre, durant les Fiestas del Pilar, une procession spectaculaire rassemblant près d’un demi-million de fidèles et de curieux. Créée en 1889, cette tradition séculaire voit défiler à la nuit tombée près de trois cents pièces textiles et trente chars monumentaux en cristal illuminé représentant les mystères du Rosaire. Nous admirons les créations exposées : la Cruz Guía qui ouvre le cortège, les chars de plus de cinq mètres de haut dédiés aux mystères joyeux, douloureux et glorieux, ainsi qu’un char pentagonal au style cubiste plus moderne dédié aux mystères lumineux ajoutés par Jean-Paul II. Les pièces maîtresses suscitent une émotion vive : le char des Sanctuaires Mariaux abritant l’image de la Vierge du Pilar et surtout le char de la Reine de l’Hispanité, qui déploie une impressionnante caravelle en verre coloré figurant la découverte de l’Amérique, la Vierge posée à la proue et les drapeaux d’Amérique latine peints sur ses voiles. L’accès à l’église San Felipe est libre en dehors des offices, tandis que la visite du Museo del Rosario de Cristal s’élève à 2,00 € par personne. Retrouvez l’ensemble des renseignements pratiques sur le portail touristique www.zaragozaturismo.es, la Plaza de San Felipe étant localisée aux coordonnées GPS 41.6542° N, 0.8814° W.

La féerie de verre et de lumière à l’Église du Sacré-Cœur : le Musée du Rosario de Cristal de Saragosse

Une procession séculaire d’une beauté saisissante, entre chars en vitrail illuminé, caravelle de l’Hispanité et dévotion mariale

En débouchant dans la rue étroite menant à la Plaza de San Felipe, notre regard s’élève vers la silhouette à la fois austère et imposante de l’Église du Sacré-Cœur (Iglesia del Sagrado Corazón de Jesús). Sa haute tour carrée en brique cuite, percée de baies cintrées à son sommet dans la tradition architecturale aragonaise, s’étire au-dessus des façades colorées du quartier. Érigé à la fin du XIXe siècle, cet édifice religieux abrite l’un des trésors culturels et spirituels les plus singuliers de Saragosse : le Musée du Rosario de Cristal. C’est d’ici que s’élance chaque 13 octobre au soir, au cœur des Fiestas del Pilar, une procession féerique unique au monde créée en 1889. Réunissant près d’un demi-million de fidèles et de visiteurs le long des boulevards et des ruelles de la cité, ce cortège nocturne voit défiler près de trois cents lanternes (faroles) et chars monumentaux en verre illuminé, métamorphosant la ville en un théâtre de lumière et de dévotion.

En pénétrant dans l’église convertie en espace d’exposition, notre regard est d’abord attiré vers le haut par la voûte circulaire en bois peint de la coupole, ornée d’une fresque saisissante évoquant la bataille navale de Lépante avec un galion affrontant la tempête sous un rosaire céleste et la bénédiction de la Vierge.

Dans la nef, nous sommes éblouis par le spectacle de ces chefs-d’œuvre de maîtres verriers qui étincellent sous les voûtes. Au fil de notre déambulation, nous admirons un monumental char-lanterne néo-gothique en bois doré et verre ciselé ambré, coiffé d’un dôme en bulbe et portant sur sa base en bronze la supplique latine « AUXILIUM CHRISTIANORUM ORA PRO NOBIS ». Notre parcours nous mène ensuite devant le grandiose char des Sanctuaires Mariaux (Carroza de los Santuarios Marianos), surmonté de la Vierge à l’Enfant en bronze doré nimbée d’une auréole rayonnante sur son pilier de jaspe. En nous approchant, nous détaillons le soubassement lumineux en vitrail de ce char, structuré par des colonnettes en bronze doré, des têtes d’anges ailées et des fenêtres peintes représentant les sanctuaires de Saragosse, Montserrat, Covadonga, Barcelone, Bilbao, Teruel, Begoña ou Guadalupe.

Deux pièces maîtresses retiennent particulièrement notre souffle par leur dimension théâtrale et leur prouesse technique. Nous contemplons la vue d’ensemble spectaculaire du char de la Basilique du Pilar (Carroza de la Basílica del Pilar), véritable cathédrale de verre ambré étincelant de mille feux, avec ses quatre tours monumentales de plus de deux mètres de haut et ses coupoles illuminées de l’intérieur.

Enfin, devant le retable gothique en bois doré sculpté qui décore le chœur de l’église, s’élève l’éblouissant char de la Reine de l’Hispanité (Carroza de la Hispanidad). Nous observons de près la proue effilée de cette caravelle en vitrail translucide ambré, avec ses ancres suspendues, sa Vierge du Pilar posée au niveau du beaupré, sa haute voile frappée de la croix de Santiago et sa bordure parée des blasons de toutes les nations d’Amérique latine, scellant le lien spirituel et historique entre les continents.

Cette immersion au cœur du Rosario de Cristal nous laisse un souvenir impérissable du savoir-faire des maître-verriers et des traditions populaires d’Aragon. La visite du Musée du Rosario de Cristal dans l’Église du Sacré-Cœur est accessible au tarif de 2,00 € par personne (entrée gratuite pour les jeunes enfants). L’ensemble des renseignements pratiques et des horaires de visite sont à retrouver sur le portail touristique officiel www.zaragozaturismo.es, l’église se situant sur la Plaza de San Felipe aux coordonnées GPS 41.6542° N, 0.8814° W.

L’âme festive d’El Tubo : le temple des tapas au cœur de Saragosse

Un parcours gourmand entre ruelles médiévales, tavernes centenaires et comptoirs de vermouth

Après avoir aiguisé notre appétit lors des premières découvertes de la journée, il est impossible de visiter Saragosse sans s’immerger dans l’atmosphère mythique d’El Tubo, le quartier des tapas par excellence. Formé par un lacis d’étroites ruelles médiévales coincées entre la Calle Estébanes, la Calle Cuatro de Agosto et la Calle de la Libertad, ce secteur vibrant est le théâtre séculaire de « la hora del vermú » et des tournées gourmandes de comptoir en comptoir. En nous aventurant au cœur du dédale, nous admirons l’intersection pittoresque de la Calle de la Libertad dans le quartier d’El Tubo, bordée par la Taberna Doña Casta aux murs peints et l’enseigne d’El Champi, où des tables de bois s’alignent le long de l’étroite ruelle. Chaque établissement possède ici sa propre spécialité : les croquettes gastronomiques garnies aux champignons sauvages ou au fromage de cabrales chez Doña Casta, ou encore les fameux chapeaux de champignons poêlés à l’ail servis sur leur tranche de pain chaud à l’enseigne voisine.

En poursuivant notre promenade gustative au fil des enseignes rétro et des façades colorées, nous croisons la devanture de La Ría Cervecería au numéro 35, accueillant les gourmands sous son store rouge avec une figurine originale de chef cuisinier brandissant sa pelle à pain. En poussant la porte d’une taverne historique fondée en 1950, nous plongeons dans une ambiance purement espagnole : nous observons l’intérieur chaleureux de la Taberna El Triana, dont le comptoir garni de pinchos et tapas colorés s’adosse à un mur entier d’étagères exposant une incroyable collection de mignonnettes d’alcool et des ardoises d’apéritif au vermouth.

Installés à notre table pour l’apéritif, nous profitons pleinement de cet instant convivial. Nous contemplons notre table à la Taberna El Triana garnie de verres de vermouth artisanal aux tranches d’orange et de citron, accompagnés d’une assiette de montaditos au boudin noir (morcilla) surmonté de poivron rouge, de fromage pané croustillant nappé de confiture et de gildas à l’anchois. Les arômes des épices du boudin et la fraîcheur acidulée du vermouth servi sur glace composent un accord parfait pour ouvrir l’appétit.

La culture culinaire d’El Tubo ne se limite pas aux comptoirs des tavernes ; elle célèbre également le savoir-faire des étals et boutiques de salaisons traditionnelles. Au détour d’une vitrine réfrigérée, nous nous arrêtons fascinés devant une exposition gourmande dédiée au bacalao séché sous toutes ses formes, alignant lomos altos, lomos medios, tajadas et préparations traditionnelles comme le bacalao al ajoarriero et les garbanzos con bacalao. Cette diversité d’ingrédients nobles du terroir aragonais et marin témoigne de la passion locale pour la bonne chère. Flâner dans El Tubo est une expérience gratuite et conviviale accessible à toute heure de la journée, les tavernes battant leur plein entre 13 h et 16 h puis de 20 h à minuit. Retrouvez l’ensemble des adresses recommandées et le plan du quartier sur le site officiel www.zaragozaturismo.es, El Tubo étant géolocalisé aux coordonnées GPS 41.6545° N, 0.8790° W.

Des trésors de la Aljafería aux joyaux cachés d’El Gancho : le second jour à Saragosse

Une traversée immersive entre architecture islamique, fresques urbaines, héroïnes baroques et trésors de la Renaissance

Impatients de découvrir la seconde partie de Saragosse, nous prenons la décision de commencer notre journée un peu plus tard que d’habitude. Nous avons remarqué avec étonnement que la plupart des monuments de la ville n’ouvraient leurs portes qu’à partir de 10 h du matin et que les restaurants ne lançaient leur service qu’à 13 h. C’était l’occasion idéale de prendre notre temps et de profiter pleinement du confort douillet de notre appartement. Tandis que l’odeur suave du café frais et des viennoiseries remplit l’espace d’une ambiance chaleureuse et accueillante, nous savourons notre petit-déjeuner en goûtant à quelques spécialités locales tout en planifiant minutieusement notre itinéraire. Nous discutons des lieux à visiter, des petites ruelles que nous espérons explorer et des délicieux plats régionaux que nous avons hâte de déguster au cours de la journée. Dehors, un grand soleil brille dans un ciel d’un bleu limpide, mais un vent glacial souffle dans les rues, nous rappelant les caprices de la météo et nous obligeant à nous emmitoufler soigneusement dans nos pulls, nos écharpes et nos blousons. Une fois prêts, nous quittons enfin notre havre de paix : cet air frais et vivifiant nous réconforte immédiatement et le vent ne parvient en rien à ternir notre enthousiasme. Le sourire aux lèvres et le cœur grand ouvert à l’exploration, nous nous élançons, prêts à plonger dans la richesse historique et culturelle de cette magnifique cité espagnole.

L’architecture du futur au CaixaForum Zaragoza : l’art contemporain au sommet de la cité

Une immersion entre structures métalliques suspendues, créations artistiques et panorama grandiose sur les coupoles de Saragosse

Notre première étape de la journée nous conduit devant l’impressionnante silhouette du CaixaForum Zaragoza, un chef-d’œuvre d’architecture contemporaine inauguré en 2014 et conçu par la célèbre architecte Carme Pinós. En nous approchant de cet édifice avant-gardiste, nous contemplons le volume géométrique futuriste du CaixaForum Zaragoza aux porte-à-faux audacieux, dont la résille d’aluminium perforé aux motifs végétaux biseautés s’élève majestueusement au-dessus des jardins et des structures industrielles anciennes exposées sur le gazon. La prouesse technique de ce bâtiment cubique repose sur deux grands volumes suspendus qui semblent flotter dans les airs, libérant un espace baigné de lumière au rez-de-chaussée. Sous un autre angle, nous admirons la vue en contre-plongée sur la structure en surplomb du CaixaForum se découpant sous un ciel d’un bleu limpide, dévoilant ses baies vitrées géométriques et son entrée lumineuse où s’empressent les visiteurs. Ce revêtement métallique perforé, qui imite la délicatesse des motifs foliacés, crée un jeu d’ombre et de lumière saisissant sous le soleil aragonais.

En franchissant les portes vitrées, nous pénétrons dans un centre culturel vibrant et dynamique de plus de 7 000 m² dédié à la diffusion de l’art sous toutes ses formes. Les galeries d’exposition, réparties dans les volumes suspendus, accueillent une programmation éclectique mêlant art ancien, moderne et contemporain. Au fil de notre déambulation, nous découvrons des œuvres fascinantes dialoguant avec des installations interactives qui captivent petits et grands. Le centre vibre d’une riche vie culturelle : conférences, débats sociaux, ateliers pédagogiques créatifs, proyections artistiques et festivals de poésie s’y succèdent tout au long de l’année. Après cette immersion artistique, nous empruntons l’ascenseur pour rejoindre le dernier étage de l’édifice, où s’étendent le restaurant du centre et une terrasse belvédère en accès totalement libre. De ce sommet urbain, le spectacle est grandiose : le panorama embrasse à 360° l’ensemble des toits colorés de Saragosse, les larges avenues animées du quartier et les coupoles élancées de la Basilique du Pilar se détachant fièrement à l’horizon.

En redescendant sur le parvis extérieur, l’air vif et vivifiant nous réjouit alors que nous poursuivons notre déambulation le long de l’artère principale. Nous longeons le rond-point animé pour admirer la sculpture monumentale « Guitarra 3 » créée par l’artiste José Antonio Barrios, une œuvre métallique imposante dont les lignes organiques apportent une touche poétique à l’espace urbain. En contournant l’aménagement paysager qui entoure la place, nous nous engageons sur l’allée en pente douce qui descend en direction du Palacio de la Aljafería, impatients d’enchaîner avec la découverte de ce joyau de l’art islamique. Le CaixaForum Zaragoza est ouvert au public tous les jours de 10 h à 20 h. L’accès au bâtiment, aux espaces communs et au rooftop panoramique est gratuit ; l’entrée aux expositions temporaires s’élève à 6,00 € par personne (gratuite pour les clients CaixaBank et les moins de 16 ans). Toutes les informations pratiques et la programmation des expositions sont à consulter sur www.caixaforum.org ainsi que sur le portail touristique www.zaragozaturismo.es, le centre étant situé Avenida de Anselmo Clavé aux coordonnées GPS 41.6575° N, 0.8936° W.

Le Palacio de la Aljafería : le joyau islamique et mudéjar des rois de Saragosse

Une traversée millénaire entre résidence Taïfa, faste des Rois Catholiques et souvenirs de l’Inquisition

Le **Palacio de Aljafería** nous a accueillis avec son impressionnante silhouette, nous plongeant immédiatement dans une autre époque. Ce palais musulman remarquable, datant du XIe siècle, se dresse comme une forteresse majestueuse, avec ses larges murs et ses tours solides qui témoignent de sa fonction défensive. Aujourd’hui, il abrite le Parlement d’Aragon, mais c’est derrière ces murs épais que se cache une histoire fascinante.

En nous approchant, nous avons pu admirer ses vestiges mudéjars, qui font partie de l’ensemble architectural mudéjar inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce palais est souvent considéré comme l’un des joyaux de l’art hispano-musulman, et nous ne pouvions nous empêcher de le comparer à l’Alhambra de Grenade ou à la mosquée de Cordoue. En fait, il est le palais islamique le plus septentrional d’Europe, le plus luxueux et le mieux préservé de la période Taifa. L’architecture du site, avec ses motifs délicats et ses détails soignés, nous a immédiatement captivés.

L’Antiguo Cuartel de Pontoneros : mémoire militaire et rigueur néoclassique à Saragosse

De la caserne Sangenis du XVIIIe siècle au havre architectural du quartier de San Pablo

En arpentant les ruelles calmes du quartier de San Pablo en contrebas d’El Gancho, nous tombons sous le charme de la majestieuse silhouette de l’Antiguo Cuartel de Pontoneros, également connue sous le nom de caserne Sangenis. Né en 1789 par le réaménagement de demeures situées face à l’ancien hôpital de convalescence, cet imposant complexe militaire fut acquis par le Conseil des contributions de Saragosse, qui confia en 1792 à l’architecte Agustín Sanz le soin d’en concevoir l’agrandissement pour y caserner un régiment de 1 403 hommes. Rejoint dans sa réalisation par les architectes Francisco Roche et Manuel Inchausti qui achevèrent le chantier en 1799, le bâtiment se dresse fièrement le long d’une ruelle paisible. Nous admirons la longue façade rationnelle en brique cuite établie sur son socle continu en pierre de taille, rythmée par un alignement strict d’ouvertures rectangulaires, des impostes en saillie et un candélabre en fer forgé sous l’ombrage des platanes communs (Platanus × hispanica / London plane / Platane à feuilles d’érable).

En nous rapprochant de l’édifice qui adopte une structure rationnelle et un traitement formel typique de l’éclectisme historiciste, nous détaillons sa composition articulée autour de quatre cours intérieures baignées de lumière. Le travail de la brique aragonaise et les corbeaux soutiennent des garde-corps ciselés aux étages supérieurs. En marquant une halte devant l’un des accès principaux, nous contemplons la lourde porte en bois massif enchâssée dans son encadrement en pierre de taille moulurée, surmontée d’un bas-relief en pierre sculpté par le tailleur Cristóbal de Insausti arborant l’inscription « CUARTEL SANGENIS – INGENIEROS – PONTONEROS » au-dessus d’ancres et d’attributs militaires du génie pontonnier. Ce détail ornemental puissant rappelle le rôle stratégique de cette unité d’ingénieurs militaires lors des affrontements tragiques des sièges de Saragosse.

Entièrement réhabilitée et reconvertie aujourd’hui en résidence universitaire moderne tout en préservant son enveloppe historique d’exception, l’ancienne caserne de Pontoneros constitue une halte architecturale captivante lors d’une traversée du quartier. L’observation des façades extérieures et des éléments sculptés est en accès libre tout au long de la journée. Les informations sur le patrimoine militaire et les circuits historiques de la ville sont à retrouver sur le site officiel de l’office du tourisme www.zaragozaturismo.es, le bâtiment étant situé Calle Madre Ràfols aux coordonnées GPS 41.6561° N, 0.8872° W.

L’Église de San Pablo de Saragosse : la troisième cathédrale au cœur d’El Gancho

De la majesté de la tour clocher aux fonts baptismaux, faïences historiées et coupoles en yesería

Au cœur du quartier d’El Gancho — dont le nom fait référence à la faucille fixée au bout d’un mât qu’on utilisait jadis pour couper les ronces lors des processions vers l’ancien ermitage de San Blas —, la visite de l’Église de San Pablo s’impose comme une étape patrimoniale majeure. Érigée au XIVe siècle en remplacement du sanctuaire roman d’origine, cette « troisième cathédrale de Saragosse » n’est surpassée en prestige que par la Basilique du Pilar et la Cathédrale de La Seo. Seul ensemble architectural de la cité entièrement classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO au titre de l’art mudéjar aragonais, l’édifice impressionne par ses dimensions de 88 mètres de long sur 43 mètres de large, fruit d’agrandissements successifs du XVe au XVIIIe siècle. Sa nef unique d’une hauteur de 20 mètres sous voûtes en croisée d’ogives est bordée de chapelles s’insérant entre les contreforts.

Le chœur de l’église abrite l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la Renaissance espagnole : le retable majeur en bois sculpté, doré et polychrome réalisé à partir de 1515 par Damián Forment. Déployant sur 13 mètres de haut et 12 mètres de large les scènes ciselées de la Passion du Christ et de la vie de saint Paul, ce triptyque spectaculaire est encadré par de grands volets peints à l’huile par A. Galceran et J. de Mora. Face au chœur fermé par une monumentale grille en bronze doré réalisée par Maître Puche et surmontée de statues sculptées par Pedro Villanova avec des dorures de José de Goya (le père du célèbre peintre aragonais), nous restons admiratifs devant le grand orgue historique conçu par le facteur d’orgues Garcés.

En nous aventurant dans les chapelles latérales créées entre les XVIe et XVIIIe siècles, la profusion décorative des époques baroque et classique se révèle dans toute sa richesse. Dans la baptistère de l’église, nous admirons l’imposante cuve des fonts baptismaux taillée dans un massif bloc de brèche marbrée polychrome aux godrons sculptés, coiffée de son couvercle dôme en bronze massif. En levant les yeux vers le plafond d’une des chapelles royales, nous contemplons la coupole spectaculaire ornée de dentelles de stuc blanc en yesería, dont le lanternau lumineux est encerclé de médaillons ovales bleus sculptés de figures saintes en relief. L’atmosphère sacrée atteint son apogée devant le retable baroque doré d’une chapelle latérale abritant une icône mariale encadrée de colonnes torsadées, sous une voûte sculptée de rinceaux et de têtes d’anges.

Le parcours nous conduit ensuite vers le cloître en brique cuite, espace paisible offrant une vue saisissante sur les parties inférieures de la tour. C’est ici que s’expose la célèbre céramique de Muel qui tapisse les parois de l’édifice : nous détaillons les remarquables lambris de faïence de Muel aux motifs géométriques dorés et verts, couronnés par une frise d’azulejos figurant des oiseaux d’eau bleus posés entre des vases fleuris, ainsi que le panneau d’azulejos historiés peints en bleu et blanc représentant un hallebardier à la moustache tombante et au chapeau empenné, dressé près d’un arbre et d’une tour d’enceinte. Pour clore cette visite d’exception, nous empruntons l’escalier intérieur pour gravir les 157 marches de la tour gothique-mudéjare de 66 mètres de haut, profitant d’un panorama grandiose à 360° sur les toits d’El Gancho et la cité de Saragosse.

Informations pratiques pour préparer votre visite :

    • Horaires : Ouverture pour les visites touristiques du lundi au samedi de 10 h 30 à 13 h 30 et de 17 h à 19 h (accès suspendu pendant les offices religieux).

    • Tarifs : Entrée générale (accès au sanctuaire, au cloître, aux trésors de céramique et ascension de la tour clocher) : 5,00 € par personne (tarif réduit à 3,00 € pour les étudiants, seniors et enfants).

    • Informations et réservations : Retrouvez l’agenda des visites sur le site officiel www.sanpablozaragoza.org ainsi que sur le portail touristique www.zaragozaturismo.es. L’édifice est situé Calle San Pablo 42, aux coordonnées GPS 41.6558° N, 0.8853° W.

L’Église de Nuestra Señora del Portillo : sanctuaire marial et hommage aux héroïnes de Saragosse

Une immersion historique entre la reconquête de 1118, le baroque aragonais et le souvenir légendaire d’Agustina de Aragón

En nous dirigeant vers l’église de Nuestra Señora del Portillo, l’excitation nous gagne à l’idée de découvrir ce haut lieu de mémoire et de foi qui borde la Plaza del Portillo à la lisière d’El Gancho. En débouchant sur la place baignée par la clarté du matin, notre regard s’arrête d’abord sur la silhouette élégante d’un édifice néoclassique à dôme blanc se découpant à travers le feuillage des palmiers des Canaries et desTrachycarpus fortunei – Chinese windmill palm – Palmier de Chine. Au centre du square paysager se dresse le monument héroïque dédié à Agustina de Aragón et aux héroïnes des sièges de 1808 sur la Plaza del Portillo, surmonté de la statue en bronze de la vaillante combattante juchée sur son canon et paré de bas-reliefs à l’effigie de Manuela Sancho, Casta Álvarez et María Agustín. En tournant les yeux vers le quartier environnant, nous contemplons la perspective pittoresque de l’une des artères commerçantes d’El Gancho, bordée d’immeubles traditionnels aux balcons de fer forgé et stores de bois, qui témoigne de l’animation authentique de ce secteur historique.

Face à nous, l’édifice religieux impose sa présence sobre. Nous admirons la façade austère en brique cuite de l’Église de Nuestra Señora del Portillo encadrée par ses deux tours clochers symétriques et un rideau de palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei / Windmill palm), au pied de laquelle Nadège marche sur le parvis baigné de soleil. Ce monument emblématique du baroque aragonais cache sous ses structures de 1702 une origine fascinante : c’est en décembre 1118 que le roi Alphonse Ier le Batailleur reconquit Saragosse. Alors qu’il poursuivait ses campagnes le long de l’Èbre, les musulmans réussirent à ouvrir une brèche (portillo) dans les remparts, menaçant la cité. La tradition rapporte qu’à cet instant critique, la Vierge apparut guidant une armée céleste pour mettre les envahisseurs en fuite. En signe de gratitude, le roi ordonna l’érection d’une chapelle à l’emplacement précis de la brèche, y plaçant l’image vénérée de la Virgen del Portillo.

En franchissant le porche, la splendeur du décor en stuc et la chaleur du sanctuaire nous enveloppent. Dans le chœur, le maître-autel baroque magnifie la figure de la Virgen del Portillo, sculptée dans un albâtre polychrome d’une finesse remarquable. Notre déambulation nous mène ensuite vers la touchante Chapelle des Héroïnes, panthéon de marbre où reposent les dépouilles des combattantes des sièges napoléoniens de 1808 et 1809 — Agustina de Aragón, Casta Álvarez et Manuela Sancho —, incarnant pour l’éternité la bravoure des femmes de la cité. Dans l’allée collatérale, nous découvrons également le retable de Santa Águeda, sainte patronne des femmes et martyre dont les reliques font l’objet d’une fervente dévotion populaire chaque 5 février. Quitter ce sanctuaire empreint de ferveur et de légende nous laisse avec le sentiment d’avoir touché du doigt l’âme la plus profonde de Saragosse.

Informations pratiques pour préparer votre visite :

  • Horaires : Ouverture tous les jours pour les visites et le recueillement de 9 h à 12 h 30 et de 18 h à 20 h 30 (visites touristiques suspendues pendant les offices religieux).

  • Tarifs : Accès libre et gratuit au sanctuaire, à la chapelle des héroïnes et à la Plaza del Portillo.

  • Localisation et contacts : Retrouvez les détails patrimoniaux et le plan d’accès sur le portail officiel de la ville www.zaragozaturismo.es, l’église étant située Plaza del Portillo aux coordonnées GPS 41.6562° N, 0.8931° W.

El Gancho : l’âme créative, populaire et historique du quartier San Pablo à Saragosse

Une déambulation entre joyaux mudéjars, fresques du Festival Asalto, mémoire couventuelle et comptoirs gourmands

En nous aventurant au cœur d’El Gancho — surnom populaire signifiant « le crochet » en français, en référence à la faucille fixée au bout d’un mât qui servait jadis à couper les ronces pour frayer un chemin aux processions —, nous ressentons une effervescence vivante et authentique. Également connu sous le nom de quartier de San Pablo, ce secteur central de la vieille ville de Saragosse séduit par sa position charnière entre l’ancienne cité romaine et ses extensions médiévales post-reconquête. En flânant au hasard des rues, nous admirons la perspective pittoresque de l’une des artères de San Pablo au cœur d’El Gancho, bordée d’immeubles traditionnels aux façades ocre et crème, aux balcons ornés de fer forgé et aux persiennes de bois s’alignant au-dessus d’une ruelle pavée ponctuée de réverbères anciens et de bancs de pierre. Cette architecture intemporelle témoigne du riche passé urbain de la capitale aragonaise.

Au fil de notre déambulation, la majesté du patrimoine religieux et social s’impose à nous. L’un des trésors incontournables du quartier reste la magnifique Église de San Pablo, chef-d’œuvre de l’art mudéjar classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et souvent surnommé la « troisième cathédrale de Saragosse ». En franchissant son portail, l’intérieur nous enveloppe d’une atmosphère de sérénité et de spiritualité baignée par des voûtes harmonieuses et des peintures d’exception. À quelques pas de là se dresse la Casa de Amparo, une maison de retraite municipale installée au cœur d’un ancien couvent du XIVe siècle. Découvrir ce lieu chargé d’émotion, où la mémoire historique continue de battre au service de la communauté locale, suscite une profonde admiration pour la réhabilitation du patrimoine saragossan.

Mais El Gancho est aussi un formidable musée à ciel ouvert où l’histoire dialogue avec la création contemporaine. Les éditions successives du Festival Asalto ont transformé les façades et les murs aveugles du quartier en galeries d’art urbain, arborant des fresques murales monumentales et des graffitis poétiques qui racontent chacun une histoire. Cette énergie créative s’exprime également à travers une vie culturelle intense rythmée par des concerts, des expositions et la célèbre Carrera del Gancho, une course populaire qui rassemble habitants et visiteurs dans une ambiance festive. En poussant la porte des échoppes d’artisans, des marchés de quartier et des boutiques indépendantes, nous échangeons avec des créateurs passionnés proposant bijoux faits main, objets d’art uniques et vêtements originaux.

Notre exploration s’achève par une halte gourmande dans les tavernes du quartier. El Gancho offre un festival de saveurs mariant avec audace la cuisine internationale contemporaine et les recettes traditionnelles aragonaises. Entre assiettes de tapas savoureuses, spécialités locales revisitées et créations culinaires inventives, chaque bouchée est un enchantement pour les papilles. Ce voyage au cœur d’El Gancho nous laisse des souvenirs précieux et une admiration renouvelée pour la chaleur et l’esprit novateur de sa communauté. Flâner dans le quartier est en accès libre. Pour retrouver toutes les actualités culturelles et le calendrier des visites guidées, consultez le portail officiel www.zaragozaturismo.es, le quartier d’El Gancho étant géolocalisé autour de la Calle San Pablo aux coordonnées GPS 41.6558° N, 0.8853° W.

La Puerta del Carmen à Saragosse : le glorieux vestige néoclassique des sièges de 1808

Une traversée historique au cœur de l’avenue César Augusto, entre pierres d’enceinte martyrisées et souvenirs de la guerre d’Indépendance

Au croisement animé de l’Avenida César Augusto et du Paseo María Agustín, là où la cité moderne bat son plein, notre regard est immédiatement capté par la noble silhouette de la Puerta del Carmen. Dernier vestige subsistant des douze portes historiques qui percèrent l’enceinte fortifiée de Saragosse depuis l’époque romaine et médiévale, ce monument néoclassique fut conçu par le célèbre architecte Agustín Sanz. Érigée entre 1789 et 1792 pour remplacer une ancienne porte d’accès de la seconde muraille, sa structure en pierres de taille s’inspire directement des arcs de triomphe romains et des modèles royaux madrilènes. En observant ce chef-d’œuvre de sobriété couronné de sphères décoratives en pierre, nous admirons la structure imposante en pierre de taille de la Puerta del Carmen se dressant au centre d’un terre-plein paysager fleuri, dont les blocs de calcaire balfrés d’impacts de balles et couronnés de boules de pierre témoignent des sièges d’autrefois.

Bien plus qu’un simple témoignage d’architecture civile du XVIIIe siècle, la Puerta del Carmen incarna le bastion héroïque de la résistance aragonaise face aux assauts des troupes napoléoniennes lors de la guerre d’Indépendance en 1808 et 1809. En nous approchant du terre-plein, nous détaillons avec émotion les stygmates du passé inscrits dans la matière : les larges éclats d’obus, les crevasses et les piquetages de projectiles qui criblent la pierre de taille rappellent l’âpreté des combats pour la défense de la cité. Dégagée en 1927 de sa dernière maison adossée pour devenir un monument commémoratif autonome au milieu du carrefour, la porte dresse aujourd’hui son arche vénérable comme un pont immobile entre le passé glorieux et le rythme trépidant du Saragosse contemporain.

Informations pratiques pour votre visite :

  • Accès et visite : Emplacement libre d’accès situé sur un terre-plein au centre du carrefour routier, visible à toute heure de la journée.

  • Situation : À l’intersection de l’Avenida César Augusto et du Paseo María Agustín. Coordonnées GPS : 41.6525° N, 0.8872° W.

  • Renseignements touristiques : Retrouvez le circuit historique des fortifications et des lieux de mémoire des Sièges sur le portail officiel de la ville www.zaragozaturismo.es.

Le Monument au Justicia de Aragón : sentinelle des libertés aragonaises

En poursuivant notre traversée du centre de Saragosse le long des grands axes arborés, notre regard est captivé par la silhouette imposante du Monument au Justicia de Aragón.

Inauguré en 1904 sur la vibrante Plaza de Aragón, ce mémorial civique rend un hommage solennel à Don Juan V de Lanuza, le dernier des « Justicias » d’Aragon.

Figure de proue de la défense des libertés et des anciens privilèges foraux face à l’absolutisme royal, ce magistrat courageux fut exécuté en 1591 sur ordre du roi Philippe II.

En contemplant le monument de plus près, la symbolique sculptée par Francisco Vidal et conçue par l’architecte Félix Navarro prend tout son sens : la haute colonne de pierre s’élève vers le ciel pour soutenir une sphère armillaire constellée d’étoiles, ceinte de la couronne et portant ostensiblement gravé le mot « LEY » (la Loi), un rappel intemporel affirmant que, pour les anciens Aragonais, la loi souveraine primait même sur le pouvoir des monarques.e vibrant de l’histoire institutionnelle de la région, ce monument marque une étape historique poignante au cœur de la cité moderne.

 La Basilique de Santa Engracia à Saragosse : trésor plateresque et sanctuaire des premiers martyrs

Une plongée historique des origines paléochrétiennes du IVe siècle aux splendeurs de la Renaissance aragonaise et de la crypte sacrée

Notre déambulation dans le centre de Saragosse nous mène sur la Plaza de Santa Engracia, un espace empreint d’une solennité particulière. C’est ici que se dresse la Basilique de Santa Engracia, édifice reconstruit à la fin du XIXe siècle sur les ruines d’un prestigieux monastère hiéronymite détruit lors des tragiques sièges napoléoniens de 1808. En débouchant sur la place, nous admirons la vue d’ensemble sur la noble façade en brique de la Basilique de Santa Engracia encadrée de ses deux clochers symétriques, véritable sanctuaire érigé à l’emplacement d’une nécropole paléochrétienne des IIIe et IVe siècles où reposent sainte Engrâce et ses dix-huit compagnons martyrs. En observant le complexe architectural voisin, nous sommes frappés par la juxtaposition spectaculaire entre la façade basilicale et le bâtiment adjacent au style néo-mudéjar en brique ciselée, puis nous détaillons le détail architectural de la tour néo-mudéjare aux frises de briques en relief et incrustations d’azulejos turquoise et blancs qui prolonge l’héritage ornemental aragonais.

L’élément le plus insignant de l’édifice demeure son joyau d’origine épargné par les bombes de 1808 : le portail plateresque entrepris vers 1511 par le maître Gil Morlanes El Viejo. Conçue à la manière d’un retable monumental sculpté dans la pierre, cette façade exprime le triomphe de la foi et la dévotion de l’ordre des Hiéronymites. En levant les yeux vers les registres sculptés, nous contemplons le registre supérieur de la façade plateresque sculpté en 1511 par Gil Morlanes El Viejo, déployant la scène du Calvaire au-dessus de la Virgen de las Santas Masas entourée des Rois Catholiques en prière. En nous approchant du porche d’entrée, nous observons le grand portail d’entrée surmonté d’une triple voussure ornée de têtes de chérubins sculptées et de blasons royaux, ainsi que les statues sculptées des saints martyrs bordant le portail, dont Saint Lambert tenant sa propre tête coupée aux côtés d’un soldat romain armé d’une hallebarde et d’un bouclier.

En franchissant le seuil du temple, la majesté du chœur principal retient toute notre attention. Devant nous se dresse le maître-retable néoclassique monumental flanqué de grandes colonnes dorées et surmonté d’un dôme peint, devant lequel s’élève un imposant dais circulaire sculpté abritant le Christ en croix au-dessus de l’autel. Dans les chapelles latérales baignées d’une clarté dorée, nous admirons également le retable baroque sculpté en haut-relief dépeignant le Couronnement de la Vierge Marie baignée de rayons célestes, entourée de la Sainte Trinité et d’anges en prière.

Dans les collatéraux, nous découvrons les fonts baptismaux en marbre blanc surmontés d’un luminaire suspendu en bronze, dressés devant un mur tapissé d’azulejos armoriés et d’inscriptions sacrées, avant d’observer le haut-relief en bois sculpté dépeignant avec une force expressive saisissante le martyre par lapidation de Saint Étienne. Nous empruntons ensuite la rampe accessible aménagée en 1996, ornée d’un haut-relief en bronze d’Agustín Herrán rendant hommage à sainte Genoveva Torres Morales.

Le point d’orgue spirituel de la visite réside dans la descente vers la crypte souterraine. En nous engageant sous les arcades du sanctuaire souterrain, nous découvrons la nef voûtée de la crypte de Santa Engracia, dont les travées reposent sur de massifs piliers moulurés menant à l’autel des martyrs, puis nous contemplons la descente majestueuse vers la crypte aux murs de briques centenaires et à la rose vitraillée, s’ouvrant sur un sol en verre éclairé dévoilant les vestiges paléochrétiens.

Cet espace sacré abrite deux exceptionnels sarcophages paléochrétiens en marbre du IVe siècle. Derrière le maître-autel souterrain reposant sous une brique apparente restaurée, nous admirons l’autel de la crypte abritant la statue en albâtre du XVe siècle de Santa Engracia coiffée de sa couronne, encadrée par deux bas-reliefs du XVIe siècle représentant ses compagnons martyrs au-dessus d’une urne de reliques en argent. C’est ici, dans la paix de ce sanctuaire, que repose la mémoire de la sainte et de ses compagnons martyrs, scellant deux millénaires de ferveur à Saragosse.

 

Informations pratiques pour préparer votre visite :

  • Horaires d’ouverture : La basilique est ouverte du lundi au samedi de 9 h 00 à 13 h 00 et de 17 h 00 à 20 h 30 (le dimanche et jours fériés de 9 h 00 à 14 h 00 et de 17 h 00 à 20 h 30). L’accès à la crypte se fait en dehors des offices religieux.

  • Tarifs : Entrée libre et gratuite au sanctuaire et à la crypte paléochrétienne.

  • Renseignements et géolocalisation : Informations complémentaires à consulter sur le portail touristique officiel www.zaragozaturismo.es. La basilique est située Plaza de Santa Engracia, aux coordonnées GPS 41.6491° N, 0.8828° W.

Le Patio de l’Infanta à Saragosse : joyau de la Renaissance et odyssée architecturale

De la demeure de Gabriel Zaporta aux somptueuses galeries sculptées et tapisseries flamandes d’Ibercaja

En pénétrant au cœur du siège d’Ibercaja à Saragosse, près de l’ancien quartier juif dans l’actuelle rue San Jorge, nous découvrons avec éblouissement le Patio de la Infanta, véritable chef-d’œuvre de l’art de la Renaissance aragonaise. En franchissant ses portes, nous sommes immédiatement transportés dans un univers où l’amour, l’astrologie, l’art et l’histoire s’entrelacent. À l’origine, ce lieu prestigieux était la demeure de Gabriel Zaporta, un riche marchand juif et noble d’Aragon qui fut également le premier banquier de la couronne et joua un rôle clé dans les transactions commerciales de la ville à La Lonja et sur les rives de l’Èbre.

C’est en 1549, à l’occasion de son mariage, qu’il fit ériger ce patio somptueux pour honorer son épouse. En levant les yeux, nous admirons la splendeur architecturale du patio baigné par la lumière zénithale d’une grande verrière, révélant ses galeries à arcades portées par de sveltes colonnes, ses frises finement ciselées et les balustrades sculptées de médaillons en relief. En nous approchant des supports, nous détaillons les chapiteaux et fûts ornés de superbes figures anthropomorphes, de personnages mythologiques et de putti ailés au modelé expressif.

Au milieu de cet écrin patrimonial, notre regard est également captivé par un magnifique orgue en bois sculpté aux tuyaux métalliques étincelants, ainsi que par les somptueuses tapisseries flamandes qui habillent les murs de teintes chatoyantes, représentant des scènes épiques, des batailles historiques et des récits bibliques et mythologiques. L’histoire de ce palais s’est enrichie au fil des siècles, abritant des figures influentes telles que Ramón Pignatelli et l’Infante María Teresa de Vallabriga — veuve de l’infant Louis Antoine Jacques de Bourbon —, qui y résida en tant que locataire jusqu’en 1820. C’est précisément à partir du XIXe siècle que le site fut baptisé Patio de la Infanta en hommage à cette éminente occupante. Le lieu a par la suite accueilli des institutions culturelles majeures comme l’École des Beaux-Arts et l’École de musique.

Tragiquement ravagé par un incendie dévastateur à la fin du XIXe siècle, le palais fut réduit en ruines avant d’être démoli en 1903. Heureusement, en 1904, l’antiquaire français Ferdinand Schultz acheta et démonta les éléments sculptés pour les rapatrier dans son magasin parisien. Il fallut attendre 1958 pour qu’Ibercaja le rachète et le restitue à Saragosse, permettant son ouverture au public dès 1980. Une visite bouleversante qui témoigne de la résilience d’un patrimoine d’exception.

Pour organiser notre visite de ce site exceptionnel, nous consultons le site officiel de la fondation sur www.fundacionibercaja.es afin de réserver nos billets à l’avance, les tarifs d’entrée générale s’établissant aux alentours de 3 à 5 euros par personne avec des conditions réduites pour les publics spécifiques, offrant ainsi une immersion mémorable au cœur de l’âme de l’Aragon.

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Trachycarpus fortunei – Chinese windmill palm – Palmier de Chine

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Les Saveurs et Traditions Gourmandes de Saragosse

Une immersion savoureuse entre terroirs aragonais, tapas et spécialités ibériques au cœur de l’Espagne

Au fil de notre exploration urbaine à Saragosse, ancrée géographiquement au cœur de la vallée de l’Èbre et façonnée par des millénaires d’histoire entre héritage romain, empreinte mudéjare et traditions castillanes, nous découvrons que la gastronomie locale constitue le reflet vivant de l’âme aragonaise. Sur le plan sociologique et culturel, manger est ici un art du partage et de la convivialité, magnifié par la tradition populaire du tapeo qui insuffle une énergie communicative aux ruelles du centre historique et au quartier d’El Gancho.

En nous installant dans les comptoirs animés comme la brasserie La Bellota ou à la table du restaurant Carnivoro, nous éveillons nos sens aux saveurs du terroir, savourant des piques d’anchois et d’olives vertes, de généreuses croquettes croustillantes au jambon et au fromage, ainsi que des pièces de viande d’exception telles que le ternasco de Aragón — le fameux agneau local protégé par une indication géographique — et la délicicateur pluma ibérique.

Pour accompagner ces mets, rien ne vaut une fraîche bière Ambar brassée localement depuis 1900 ou un verre de vin de Rioja aux arômes complexes. Côté budget, les tapas de comptoir s’échelonnent généralement entre deux et cinq euros l’unité, tandis qu’un dîner complet de viandes grillées s’inscrit dans une fourchette de vingt-cinq à quarante euros par personne. Pour prolonger cette odyssée gustative et explorer toutes les subtilités de la gastronomie ibérique, nous vous invitons à parcourir notre article dédié sur la cuisine espagnole.

Située aux coordonnées GPS 41.6561° N, 0.8773° W autour du grand marché central, la capitale de l’Aragon s’impose comme une étape incontournable pour tous les voyageurs gourmands en quête d’authenticité.

Escale gourmande en Pré-Pyrénées catalanes à La Bicicleta

Une halte savoureuse à Artesa de Segre sur la route entre Andorre-la-Vieille et Saragosse 

En quittant Andorre-la-Vieille pour mettre le cap au sud-ouest vers Saragosse, notre itinéraire longe la vallée de la rivière Segre et traverse les paysages géologiques des Pré-Pyrénées catalanes, marquant la transition entre la haute chaîne pyrenéenne et les plaines de la dépression de l’Èbre.

Nous faisons une pause gastronomique à Artesa de Segre, au cœur de la comarque de la Noguera dans la province de Lleida, une région où les traditions rurales et la culture catalane s’expriment pleinement à travers la cuisine locale et la langue. En franchissant la porte du restaurant La Bicicleta, nous sommes accueillis par une atmosphère bistrot rétro et chaleureuse, où les éclairages tamisés mettent en valeur des volets en bois patiné, des radios anciennes fixées aux murs et un comptoir de bar convivial.

Sur un pilier, un cadre expose fièrement les certificats d’excellence ainsi qu’un article de presse classant l’établissement parmi les meilleures adresses pour déguster les traditionnelles patatas bravas. Installés confortablement aux côtés de Nadège et Margot, nous accompagnons nos retrouvailles d’une bouteille de vin local et de bières fraîches Estrella Damm.

Notre festin débute par l’arrivée d’une sélection d’entrées généreuses : un risotto aux champignons surmonté d’une tuile croustillante de fromage doré, un plat de macaronis à la bolognaise richement gratinés qui réjouit la table, et un mortier traditionnel en céramique jaune garni de patatas bravas croustillantes nappées d’aioli et de sauce piquante maison. Dans l’assiette creuse à liseré bleu et vert, les escargots des champs revenus « a la gormanta » se dévoilent en nombre, et nous les dégustons joyeusement à la pique en les trempant dans une pointe d’aioli.

Le repas se poursuit avec l’arrivée des plats principaux, où Bastien arbore un large sourire devant son assiette rectangulaire composée de beignets de bœuf fondants aux oignons caramélisés et éclats de noisettes, reposant sur de tendres rondelles de pommes de terre à la moutarde et à l’anis, tandis que nous partageons un riz crémeux aux champignons généreusement couronné de belles gambas poêlées. La touche finale s’achève dans la douceur des desserts faits maison : un coulant au chocolat noir au cœur fondant escorté d’un dôme généreux de crème chantilly zébrée de sauce chocolat, une part de cheesecake onctueux posée sur un biscuit croustillant et nappée de confiture de fruits rouges avec son sirop sur une assiette en verre gravé, ainsi qu’un sorbet au citron très rafraîchissant servi dans un verre à pied décoré d’une rondelle de citron frais. Cette formule complète incluant entrée, plat, dessert et boissons est proposée au tarif très accessible de 15 € par personne. Les informations touristiques sur la région sont disponibles sur le portail officiel www.turismenoguera.cat, l’établissement étant localisé aux coordonnées GPS 41.8953° N, 1.0458° E.

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Pause gourmande au restaurant Bermellon : les trésors de la table aragonaise à Saragosse

Des tapas d’El Tubo aux authentiques migas, parrilladas et délices du terroir en famille

Après cette déambulation olfactive au Mercado Central, la faim commence à se faire ressentir. En Espagne, les restaurants ouvrant traditionnellement leurs portes à partir de 13 h 30, nous faisons une halte stratégique dans le mythique quartier d’El Tubo. Au détour de ses ruelles médiévales étroites, nous dégustons pour moins de 10 € quelques tapas savoureuses pour ouvrir l’appétit, avant de rejoindre notre table réservée au restaurant Bermellon, situé à deux pas du centre historique.

Attablés dans une ambiance chaleureuse et conviviale, nous plongeons au cœur de la tradition culinaire locale.

Nous savourons d’abord une assiette généreuse de migas aragonesas émiettées et croustillantes, parsemées de dés de jambon de Teruel et de bacon, couronnées d’un superbe œuf au plat au jaune coulant prêt à napper le pain doré. La dégustation se poursuit dans la bonne humeur avec Bastien savourant avec délice une cuillerée de bouillon chaud fumant (caldo) servi dans un grand bol en céramique bleue, parfait pour se réconforter. Vient ensuite le plat principal avec une garnie parrillada de viandes régionales associant des frites maison bien dorées, une belle pièce de poitrine de porc grillée, du boudin noir (morcilla) poêlé, du chorizo pimenté et des poivrons piquillos rôtis.

Les gourmands ne sont pas en reste devant une monumentale escalope panée croustillante servie avec ses frites et ses poivrons rouges, qui fait le bonheur de Margot, la fourchette à la main, tandis que nous partageons un moment de pure complicité avec Nadège rayonnante à table, adossée au mur de briques apparentes de la salle paré de petites décorations festives.

Cette halte gastronomique au Bermellon incarne à merveille la générosité de la cuisine d’Aragon, où la simplicité des ingrédients du terroir s’allie à un accueil familial inoubliable. Le restaurant Bermellon est situé au cœur de la vieille ville (Calle de Don Jaime I). Comptez environ 15 € à 25 € par personne pour un repas complet typique. L’ensemble des adresses gourmandes et des conseils culinaires de la ville sont à retrouver sur le portail touristique www.zaragozaturismo.es, l’établissement se trouvant aux coordonnées GPS 41.6539° N, 0.8778° W.

La Brasserie La Bellota à Saragosse : halte gourmande, bière aragonaise et tapas traditionnelles

Une pause conviviale au cœur de la ville pour savourer gilda d’anchois, croquettes dorées et bière locale Ambar

Après avoir arpenté une dizaine de kilomètres à travers les ruelles historiques, les places baignées de lumière et les édifices majeurs de Saragosse, quoi de plus naturel que de s’accorder une vraie pause gourmande pour goûter à l’art de vivre espagnol ? Notre itinéraire nous mène tout naturellement à la Brasserie La Bellota, une adresse chaleureuse et réputée pour faire honneur aux spécialités ibériques. Dès que nous franchissons le seuil du comptoir, l’ambiance conviviale du lieu et l’arôme des bouchées fraîches réveillent immédiatement nos papilles.

Dans la salle moderne au design soigné, nous découvrons l’installation spectaculaire qui surplombe le bar. Nous photographions ma pose tout sourire au comptoir de la brasserie La Bellota, dominé par deux imposantes cuves en acier inoxydable suspendues gravées au nom de la brasserie locale Ambar Fab.. Brassée à Saragosse depuis 1900 par la La Zaragozana, cette bière d’Aragon tirée directement de ces cuves de garde offre une fraîcheur incomparable, parfaite pour se désaltérer après une longue marche urbaine.

Sur le comptoir, le défilé des tapas — incontournables vedettes de la gastronomie espagnole — nous invite à la dégustation. Nous succombons d’abord à la tradition du tapeo avec les célèbres piquillos et brochettes marines : nous admirons les piques d’anchois et d’olives vertes farcies (gildas), généreusement enroulées autour du poisson mariné et prêtes à être dégustées en une bouchée.

Pour accompagner ces saveurs iodées et acidulées, les bouchées chaudes s’imposent tout naturellement : nous détaillons la croquette dorée au cœur fondant de jambon et fromage, parfaitement croustillante et posée sur sa serviette. Ce savoureux mariage de croquettes gourmandes, d’olives charnues et d’anchois savoureux illustre à merveille la générosité des comptoirs de Saragosse.

Informations pratiques pour votre halte :

  • Établissement : Brasserie / Taberna La Bellota — Spécialités de jambons ibériques, croquettes maison et tapas du terroir aragonais.

  • Horaires d’ouverture : Ouvert tous les jours pour le service du midi et du soir (service continu tapas et bière en fin d’après-midi).

  • Localisation : En plein centre-ville de Saragosse (Aragon, Espagne).

Un festin carnivore au restaurant Carnivoro à Saragosse

Une halte gourmande entre pluma ibérique, entrecôtes grillées, camembert rôti et magret aux fruits rouges

Après cette riche journée de découvertes à travers les rues de Saragosse, nous poursuivons notre voyage culinaire en poussant la porte du restaurant Carnivoro, une table incontournable entièrement dédiée à l’amour de la belle viande. Dans une ambiance chaleureuse et feutrée, le décor nous plonge immédiatement dans l’univers des grands voyageurs, avec de superbes cuves métalliques de bière suspendues au-dessus du comptoir et des murs habillés d’immenses cartes géographiques anciennes aux tons parchemin. Attablés dans la convivialité, nous savourons le plaisir d’être ensemble, immortalisant les sourires complices de Bastien, de Margot et de notre équipe au cœur de cette adresse réputée.

Notre repas commence par des entrées spectaculaires servies sur de superbes planches en bois. Nous dégustons d’abord la délicieuse tosta de pollo de corral y queso de albahaca, associant un pain de campagne toasté, un confit savoureux, du poulet fermier tendre et un onctueux fromage fondu nappé d’une persillade de basilic au reflet vert, ainsi que la généreuse tosta de ternasco confitado con alioli, surmontée d’une effilochée de agneau confit, d’une sauce aïoli crémeuse et croulant sous une montagne de fines pommes de terre paille croustillantes. La table accueille également un camembert grillé à la surface striée, servi chaud avec ses toasts et ses coupelles de confit de figues.

Le festival se poursuit avec des plats de viandes d’une qualité remarquable, accompagnés de portions de frites dorées à souhait. Nous découvrons le fameux pluma ibérico — morceau d’exception issu du porc ibérique originaire d’Estrémadure —, grillé à la perfection avec des cristaux de gros sel, une superbe entrecôte tranchée en lamelles juteuses aux reflets rosés, et un exquis magret de canard nappé d’une rutilante sauce aux fruits rouges acidulée. Pour sublimer ces saveurs carnivores, nous débouchons une bouteille de Viña Real Crianza 2019, un grand vin de la Rioja aux arômes complexes et élégants. Le repas s’achève en beauté avec un gourmand coulant au chocolat chaud, servi avec sa boule de glace vanille, une généreuse volute de chantilly et un filet de caramel. Partagées dans la bonne humeur, ces spécialités marquent l’une des plus belles pauses de notre escapade aragonaise.

Se ravitailler à Saragosse : Carnet gourmand pour épicuriens en vadrouille

De l’effervescence des halles historiques aux étals modernes pour composer nos meilleurs festins

Au fil de notre escapade saragossane, nous découvrons que faire nos courses et dénicher les meilleurs produits locaux est un véritable voyage dans le voyage. Pour composer nos menus et cuisiner nos plats préférés, nous aimons flâner sous la majestueuse structure métallique de 1903 du Mercado Central, également connu sous le nom de Mercado de Lanuza, où nous nous approvisionnons en poissons fraîchement pêchés pour nos recettes marines, en viandes de premier choix et en fruits et légumes gorgés de soleil aragonais. Pour compléter notre panier de produits frais, le Mercado de San Vicente de Paúl nous accueille avec ses étals traditionnels de boucherie et de poissonnerie tenus par des artisans passionnés qui perpétuent les traditions culinaires de la région. Lorsque nous cherchons à faire le plein de produits du quotidien et d’épicerie générale, nous nous tournons vers les enseignes de proximité comme Mercadona et Carrefour, qui proposent un vaste choix de bases indispensables, de pâtes, d’huiles d’olive et de condiments.

Pour la viande et la charcuterie ibérique, les supermarchés BonÀrea s’avèrent particulièrement intéressants grâce à leur production directe et leurs tarifs avantageux, tandis que les grands hypermarchés Alcampo et Eroski nous permettent de découvrir un très large éventail de spécialités régionales et de produits secs pour remplir nos placards. Enfin, pour concilier praticité et gourmandise lors de nos soirées en appartement, nous avons adopté l’astuce incontournable des magasins Aldi, qui se distinguent par leur formidable rayon de fruits de mer et de coquillages surgelés vendus au poids. Cette solution astucieuse nous offre une liberté totale pour improviser nos recettes fétiches, comme notre savoureuse assiette de linguines aux vongoles mijotée avec une sauce tomate relevée, des câpres et des légumes de saison, transformant chaque repas en un moment de pur réconfort partagé.

Saveurs et traditions au Mercado Central : l’âme gourmande de Saragosse

Une traversée épicurienne de l’architecture Art Nouveau aux tapas d’El Tubo et aux spécialités de l’Aragon

Pour débuter notre exploration de la gastronomie aragonaise lors de notre première journée à Saragosse, nous faisons étape au Mercado Central (également appelé Mercado Lanuza), véritable sanctuaire gourmand dressé à deux pas de la Basilique du Pilar et des anciens remparts. Érigé en 1903 par l’architecte Félix Navarro sur l’emplacement de l’ancien marché médiéval, ce marché couvert est un joyau de l’architecture en fer cuit et verre inspiré des anciennes Halles de Paris.

Avant de franchir le seuil, nous admirons la façade monumentale en fer forgé, verre et brique du Mercado Central, devant laquelle trône la statue en bronze de l’empereur Auguste drapé dans sa toge et tendant le bras vers la cité. En nous contournant l’édifice, nous faisons une halte poétique devant la statue de bronze d’Auguste drapé dans son manteau impérial tenant son sceptre, se découpant sur le clocher penché de l’église San Juan de los Panetes. Ce carrefour vibrant, où le glorieux passé de Caesaraugusta rencontre le quotidien des habitants venus faire leurs emplettes, constitue la porte d’entrée idéale pour prendre le pouls de la cité.

Dès que nous pénétrons sous la grande nef baignée de lumière naturelle, l’effervescence des allées nous enveloppe d’arômes et de couleurs. Nous déambulons d’abord entre les étals modernes et épurés de conserves et d’olives artisanales du pavillon Alberto Gadea y Yolanda Cámara sous l’enseigne Mercado Central Lanuza, avant d’atteindre le pavillon des poissonniers. La fraîcheur des arrivages maritimes est impressionnante pour une ville située à l’intérieur des terres : nous y découvrons une variété incroyable de morue séchée ainsi que du thon frais de qualité supérieure — notamment la bonite au chair tendre et savoureuse — proposé à des tarifs très doux oscillant sous la barre des 15 € le kilo. Plus loin, sur les comptoirs garnis de glace concassée, nous remarquons un étal de poissonnerie présentant de rares pouce-pieds (percebes) frais de Galice sur lit de glace concassée affichés à 54,80 € le kilo. Quelques pas plus bas, les étalages des maraîchers célèbrent le verger de l’Èbre (La Huerta de Zaragoza) : nous admirons les bacs à légumes frais parés d’ardoises écrites à la craie proposant les artichauts locaux (alcachofica de Zaragoza à 2,99 €/kg), les fèves tendres (habas tiernicas) et les haricots marbrés (judías pinta), ainsi que les cagettes de champignons sauvages fraîchement cueillis alignant cèpes géants (boletus à 29,99 €/kg), trompettes de la mort et pleurotes du panicaut (setas de cardo).

Au secteur des boucheries et des triperies, la culture gastronomique locale révèle toute sa personnalité à travers une valorisation ancestrale des morceaux populaires. Notre regard s’arrête devant les présentoirs de triperie alignant des pieds de porc (manos de cerdo), des queues (rabos de cerdo à 3,99 €/kg) et des museaux cuisinés à la riojana (morros de cerdo). C’est ici que s’expose le grand incontournable du patrimoine culinaire aragonais : nous contemplons le délicat étalage de madejas d’Aragon, ces écheveaux de tripes d’agneau méticuleusement enroulées autour d’une tige d’ail vert. Ce mets exclusif préparé à partir du ternasco (agneau de lait local) est ensuite blanchi, frit dans l’huile d’olive avec du persil et de l’ail, puis servi croustillant à l’apéritif.

Le Mercado Central est ouvert du lundi au samedi de 9 h à 14 h (avec une réouverture de certains comptoirs l’après-midi). Toutes les informations pratiques et l’agenda des ateliers sont à retrouver sur le site officiel www.mercadocentralzaragoza.com ainsi que sur www.zaragozaturismo.es, le marché étant situé sur la Plaza de Lanuza aux coordonnées GPS 41.6567° N, 0.8821° W.

Se Loger à Saragosse : Panorama complet des hébergements, du camping urbain aux suites citadines

Une halte aragonaise sur mesure entre nature, grands hôtels historiques et appartements cosy

Lorsque nous préparons notre voyage pour explorer les richesses de Saragosse, la question de l’hébergement s’ouvre sur une palette d’options infiniment variée, capable de s’adapter à toutes les envies d’itinérance et à tous les budgets. Pour les adeptes de plein air et de voyage en mode overland, le Camping Ciudad de Zaragoza s’impose comme une solution idéale en périphérie de la ville, proposant des emplacements ombrgés pour tentes et camping-cars à partir de 22,25 euros la nuit, ainsi que des bungalows tout confort avoisinant les 109 euros, agrémentés d’une piscine extérieure et de structures sportives. En nous rapprochant du centre historique, l’offre hôtelière traditionnelle prend le relais avec des établissements prestigieux tels que l’Hôtel Alfonso ou le Silken Reino de Aragón, où les chambres s’échelonnent généralement entre 50 et 90 euros par nuit selon le standing, facilement réservables via des plateformes comme Booking.com. Pour notre part, nous privilégions l’indépendance et l’immersion citadine en optant pour la location d’un appartement via Airbnb, à l’image de notre séjour au septième étage d’un immeuble récent pourvu d’un ascenseur, disposant de deux chambres dont une suite familiale avec dressing et d’un salon d’angle lumineux. Cet hébergement, facturé 327,44 euros pour trois nuits avec un acompte de 65,49 euros, nous a offert un pied-à-terre parfait pour tout faire à pied, malgré la réalité sociologique et logistique du stationnement urbain où les places se font rares et s’avèrent payantes. Pour planifier votre séjour et comparer les offres, vous pouvez consulter les sites www.airbnb.fr et www.booking.com, l’ensemble étant géolocalisé autour des coordonnées GPS 41.6560° N, 0.8770° W.

Escale urbaine dans la capitale aragonaise chez Ana

Un havre moderne au septième ciel de Saragosse, entre les méandres de l’Èbre et l’héritage mudéjar

En franchissant le seuil de cet  appartement Airbnb niché au septième étage d’un immeuble contemporain avec ascenseur, nous prenons immédiatement de la hauteur sur Saragosse, capitale historique du royaume d’Aragon ancrée au cœur de la dépression géologique de l’Èbre. Dès notre arrivée, la luminosité exceptionnelle traverse les baies vitrées et baigne les espaces d’une atmosphère chaleureuse et apaisante, offrant un contraste saisissant avec l’effervescence de la cité. Notre installation débute toutefois par un petit défi logistique propre à l’urbanisme dense du centre aragonais : le stationnement automobile dans les alentours s’avère délicat, entre zones payantes réglementées et rares emplacements gratuits rapidement pris d’assaut aux dimensions plutôt réduites.

Après avoir déposé nos bagages au chaud, nous arpentons les rues environnantes jusqu’à dégoter une place à proximité, libérant ainsi notre esprit pour profiter pleinement du lieu. La découverte des pièces révèle un agencement intérieur d’un grand confort, où chaque recoin a été pensé avec soin. Le salon en angle s’impose comme le cœur de vie du logement, équipé de ses deux vastes canapés gris douillets gansés de coussins multicolores, de sa table basse en bois et verre et de son écran de télévision idéal pour nos soirées de repos. À quelques pas, le coin salle à manger réunit une élégante table en bois clair et ses quatre chaises sombres sous une galerie de cadres graphiques, tandis qu’un espace bureau dédié, agrémenté d’une chaise en rotin, d’une imprimante et d’un tableau équestre, nous permet de planifier nos itinéraires à l’aide des cartes déployées.

La nuit venue, nous regagnons deux magnifiques chambres indépendantes : la suite parentale avec son vaste dressing intégré et son lit paré de chevets rustiques estampillés d’inscriptions poétiques, ainsi que la seconde chambre au cadre reposant surmontée d’une toile représentant un cerf aux nuances pastel. Les deux salles de bains modernes complètent parfaitement cet aménagement, l’une dotée d’une baignoire avec un long plan de vasque bleu nuit et l’autre équipée d’une cabine de douche vitrée sur un carrelage terre de Sienne. Dans la cuisine rectiligne, le plan de travail en granit vert veiné, la colonne four et micro-ondes en inox ainsi que la machine à laver intégrée nous offrent toute l’autonomie nécessaire pour préparer nos repas du terroir aragonais. Pour ce séjour de trois nuits, le coût global s’est élevé à 327,44 € avec un acompte initial de 65,49 €, reflétant un rapport prestation-prix très satisfaisant malgré la contrainte du véhicule. En attribuant la note globale de 4,133/5 à cet hébergement, nous le recommandons sans hésiter aux voyageurs privilégiant la découverte pédestre ou les transports urbains, la situation géographique centrale permettant de rejoindre rapidement la Basilique du Pilier, le palais de l’Aljafería et les berges du fleuve. Pour préparer votre découverte de la ville, l’office du tourisme met à disposition de nombreuses ressources sur son portail www.zaragozaturismo.es, le logement se situant dans le périmètre des coordonnées GPS 41.6561° N, 0.8773° W.

Notre Carnet de Route et Budget à Saragosse en Famille

Itinéraire immersif de trois jours au cœur de l’Aragon, entre joyaux historiques, étapes gourmandes et maîtrise du budget pour quatre voyageurs

Lorsque nous concevons notre carnet de route pour une escapade à quatre personnes à Saragosse, l’objectif est d’harmoniser la découverte culturelle, l’autonomie et la maîtrise du budget de notre voyage en terre aragonaise. Pour notre hébergement, nous avons jeté notre dévolu sur un appartement Airbnb loué 327,44 euros pour trois nuits, avec un acompte initial de 65,49 euros, niché au septième étage d’un immeuble récent pourvu d’un ascenseur et idéalement situé aux coordonnées GPS 41.6560° N, 0.8770° W, offrant deux chambres dont une suite familiale avec dressing et un salon d’angle baigné de lumière, parfait pour rayonner à pied malgré la rareté et le coût du stationnement urbain. Notre premier jour s’articule autour de la découverte de la vieille ville, débutant par la place d’El Gancho et l’église mudéjar de San Pablo, avant d’admirer la majestueuse Puerta del Carmen aux coordonnées GPS 41.6525° N, 0.8872° W, et de nous recueillir devant le Monument au Justicia de Aragón et la basilique de Santa Engracia située aux coordonnées GPS 41.6491° N, 0.8828° W, dont l’accès au sanctuaire et à la crypte paléochrétienne est entièrement gratuit. Pour notre pause du midi, nous profitons de la brasserie La Bellota pour déguster des piques d’anchois et des croquettes pour un budget modique, avant de faire quelques courses d’appoint dans les supermarchés locaux et chez Aldi pour cuisiner de savoureuses linguines aux vongoles dans notre appartement. Le deuxième jour nous mène à travers l’histoire au Patio de la Infanta, situé Calle San Jorge aux coordonnées GPS 41.6508° N, 0.8785° W, dont les billets se réservent sur www.fundacionibercaja.es pour un tarif général très accessible oscillant entre 3 et 5 euros par personne. Pour clore cette journée en beauté, nous nous offrons un dîner mémorable au restaurant Carnivoro, où le partage d’une pluma ibérique, de ternasco et d’une bouteille de Rioja Crianza s’inscrit dans une fourchette de vingt-cinq à quarante euros par convive. Enfin, notre troisième journée est dédiée à la flânerie le long de l’Èbre et aux visites des derniers trésors baroques, bouclant ainsi un budget global de séjour extrêmement raisonnable pour quatre personnes, partagé entre des visites patrimoniales presque gratuites, des repas gourmands conviviaux et un hébergement citadin des plus confortables.

Formalités, Visas, Santé et Douane pour l’Espagne : S’évader en toute sérénité

De la simplicité des frontières européennes aux garanties sanitaires pour un voyage en terre aragonaise

Lorsque nous préparons nos bagages pour franchir la frontière et mettre le cap sur l’Espagne et la vibrante cité de Saragosse, l’absence de formalités administratives lourdes renforce immédiatement notre sentiment de liberté et d’aventure. En tant que ressortissants de l’Union européenne naviguant au sein de l’espace Schengen, aucun visa n’est requis pour un séjour touristique de courte durée, et il nous suffit de présenter une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité pour circuler librement. Sur le plan sanitaire, la plus grande simplicité prévaut également, puisque les contrôles liés à la pandémie ont disparu et que nos vaccinations universelles à jour suffisent amplement, tout en glissant systématiquement dans nos portefeuilles notre Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) pour parer à toute éventualité médicale imprévue lors de nos explorations. En matière douanière, l’appartenance au marché unique européen nous permet de profiter des achats locaux et de ramener nos souvenirs gourmands et nos bouteilles de vin sans tracasseries administratives excessives, dans le respect des seuils indicatifs pour la consommation personnelle. Pour consulter les dernières mises à jour institutionnelles et formaliser tous les détails administratifs de votre périple, vous pouvez visiter le portail officiel de la diplomatie espagnole sur www.exteriores.gob.es, l’ensemble de notre périple s’inscrivant dans la région de Saragosse autour des coordonnées GPS 41.6560° N, 0.8770° W, offrant ainsi une transition fluide et sécurisée vers l’exotisme chaleureux de l’Aragon.

Rejoindre Saragosse depuis Paris ou Bruxelles

Les chemins de traverse ferroviaires, routiers et aériens pour rallier la capitale aragonaise depuis les grandes métropoles européennes

Lorsque nous quittons les effervescences de Paris ou de Bruxelles pour mettre le cap sur la vibrante cité aragonaise, les options de transport s’offrent à nous comme une transition progressive vers l’humeur ibérique. Vu de nos yeux, le choix ferroviaire s’impose souvent comme une magnifique odyssée panoramique : au départ de Paris Gare de Lyon, les lignes à grande vitesse nous propulsent vers Barcelone ou via les correspondances pyrénéennes pour relier Saragosse en huit heures et demie à neuf heures de voyage, pour un budget oscillant généralement entre quatre-vingts et cent cinquante euros selon l’anticipation de réservation, tandis que depuis Bruxelles-Midi, l’Eurostar combiné aux liaisons espagnoles étire l’aventure sur onze à douze heures de rail à travers les paysages changeants de l’Hexagone. Pour les passionnés d’autonomie et de voyage itinérant, l’option routière au volant de notre véhicule, tel que notre fidèle 4×4, transforme le trajet en un véritable road-trip à travers mille kilomètres depuis Paris (soit dix à onze heures de route en empruntant les axes autoroutiers français et espagnols) ou treize cents kilomètres depuis la capitale belge (près de quatorze heures de conduite), impliquant des frais de péage et de carburant d’environ cent cinquante à deux cents euros l’aller. Enfin, les voyageurs pressés privilégieront les airs en s’envolant depuis les aéroports de Paris ou de Bruxelles vers les grands hubs de Madrid ou de Barcelone, ou directement vers la plateforme aéroportuaire de Saragosse, suivis d’une liaison express en train, pour un temps global de trajet de six à sept heures et des tarifs variables selon les compagnies aériennes. Pour planifier au mieux ces correspondances et réserver nos billets, nous consultons régulièrement les plateformes officielles telles que SNCF Connect ou Renfe, avant de converger vers notre point de chute géolocalisé au cœur de l’Aragon aux coordonnées GPS de 41.6561° N, 0.8773° W, prêts à savourer l’immensité de nos pistes et de nos découvertes.

L’Argent, les Banques et les Devises à Saragosse

Guide pratique des paiements, des distributeurs et de la monnaie unique au cœur de l’Aragon

En nous installant à Saragosse pour flâner le long de l’Èbre et explorer ses trésors architecturaux, la gestion de notre budget et l’aspect financier de notre voyage s’avèrent d’une simplicité déconcertante grâce à l’utilisation de la monnaie unique européenne, l’euro. Sur le plan pratique et sociologique, les paiements par carte bancaire, qu’il s’agisse de cartes internationales ou de solutions sans contact via nos smartphones, sont universellement acceptés dans la quasi-totalité des commerces, des brasseries et des tables de la cité, réduisant considérablement le besoin de transporter des espèces. Toutefois, pour nos petites dépenses sur les marchés traditionnels ou dans les échoppes de quartier, conserver un peu de monnaie physique reste un atout précieux. Les distributeurs automatiques de billets, localement appelés « cajeros automáticos », foisonnent à chaque coin de rue et aux abords des grandes institutions bancaires nationales telles que BBVA, Santander ou CaixaBank, garantissant un accès permanent à des liquidités, tout en veillant aux éventuels frais appliqués par notre établissement d’origine. Côté change, pour les voyageurs en provenance de pays extérieurs à la zone euro, les agences du centre-ville facilitent les transactions, tandis que la coutume des pourboires, bien que totalement facultative, s’exprime par de petites pièces laissées sur le comptoir pour saluer un service particulièrement chaleureux. Pour consulter les informations officielles relatives à la monnaie et au système financier national, vous pouvez visiter le site de la Banque d’Espagne sur www.bde.es, notre halte aragonaise s’inscrivant pleinement dans le paysage urbain autour des coordonnées GPS de 41.6561° N, 0.8773° W, nous garantissant ainsi une autonomie financière totale en toute sérénité.

Quand Visiter Saragosse : Climat et Festivités

Entre douceur printanière, soleil aragonais et la ferveur vibrante des spectaculaires Fêtes du Pilar

Lorsque nous planifions notre échappée en terre aragonaise, appréhender le rythme climatique et l’agenda culturel de Saragosse s’avère essentiel pour savourer pleinement notre voyage. Sur le plan géographique et géologique, la ville est blottie au creux de la vallée de l’Èbre, ce qui lui confère un climat continental semi-aridité marqué par des étés particulièrement chauds où les températures s’envolent au-delà de trente-cinq degrés, et des hivers frais, souvent rythmés par le cierzo, ce vent sec et glacial descendant des hauteurs nord-occidentales. C’est pourquoi, à nos yeux, le printemps — d’avril à juin — et l’automne — de septembre à octobre — s’imposent comme les périodes idéales pour arpenter la cité, nous offrant des températures clémentes et lumineuses, parfaites pour nos longues marches urbaines. Sur le plan sociologique et festif, l’apogée de l’année se vit au mois d’octobre à l’occasion des célèbres Fiestas del Pilar, classées fête d’intérêt touristique international, qui célèbrent la patronne de la ville autour du 12 octobre. Durant cette semaine de liesse populaire, que nous pouvons suivre sur le site officiel Tourisme de Saragosse, la cité se métamorphose en une immense scène vibrante où résonnent les traditionnelles jotas, où défilent les célèbres Gigantes y Cabezudos (géants et grosses têtes) pour le plus grand bonheur des petits et des grands, et où se déroule l’émouvante offrande florale (Ofrenda de Flores) transformant la place de la Basilique en un gigantesque manteau de pétales multicolores, complétée par le spectaculaire Rosario de Cristal illuminant les ruelles historiques. Au-delà de ces festivités automnales, le printemps abrite également la célébration de la Saint-Georges (San Jorge) le 23 avril, commémorant le saint patron de l’Aragon au milieu des étals de livres et de roses le long du Paseo de la Independencia. Géolocalisée aux coordonnées GPS de 41.6561° N, 0.8773° W, la capitale aragonaise nous invite ainsi à caler nos pas sur le battement de ses traditions vivaces, garantissant une immersion culturelle totale loin de la torpeur estivale.

Les Échappées aux Environs de Saragosse

Entre cascades féeriques du Monasterio de Piedra et empreinte artistique à Fuendetodos

Lorsque nous quittons l’effervescence urbaine de Saragosse pour explorer les environs de la province aragonaise, nos pas nous guident vers des paysages naturels spectaculaires et des sanctuaires historiques d’une profonde richesse culturelle. Vu de nos yeux, l’une des escapades les plus saisissantes nous mène à un peu plus d’une centaine de kilomètres au sud-ouest de la cité, au cœur du Monasterio de Piedra situé à Nuévalos aux coordonnées GPS 41.1933° N, 1.7825° W, dont le site web officiel se consulte sur Monasterio de Piedra.

Fondé au XIIe siècle par des moines cisterciens sur des terres baignées par la rivière Piedra, ce complexe monumental allie l’austérité architecturale gothique et baroque à un jardin historique extraordinaire façonné par l’érosion calcaire et les cours d’eau, créant un microclimat luxuriant où foisonnent cascades vertigineuses, grottes souterraines et bassins cristallins.

Sur le plan tarifaire, l’accès combiné au parc naturel et au monastère s’établit aux alentours de vingt euros pour un adulte (avec des réductions pour les enfants et seniors autour de quatorze euros), permettant de s’immerger librement dans ce chef-d’œuvre écologique et patrimonial.

Poursuivant notre périple à travers les décors semi-arides des plateaux aragonais, nous rejoignons le village natal de Francisco de Goya à Fuendetodos, situé aux coordonnées GPS 41.3417° N, 0.9575° W, dont la découverte se prolonge via la fondation sur Fundación Fuendetodos Goya. Dans ce bourg pittoresque, nous arpentons les ruelles historiques pour visiter la modeste maison natale du maître de la peinture espagnole ainsi que le musée de la gravure, découvrant l’évolution sociologique et artistique d’un génie universel dont l’œuvre a marqué à jamais l’histoire de l’art européen, pour un tarif d’entrée général particulièrement accessible fixé à environ trois euros.

Entre géologie luxuriante et mémoire artistique, ces échappées magnifient la diversité insoupçonnée des terres qui entourent la capitale aragonaise.

LIENS VERS LES PHOTOS

J134 VISITE DE SARAGOSSE

J135 – VISITE DE SARAGOSSE PARTIE II

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