Pyrgos et le monastère de Profitis Ilias —Santorin Grece
Pyrgos et le monastère de Profitis Ilias — pierre, hauteur et mémoire médiévale
Nous grimpons vers Pyrgos, le village perché au centre de l’île, comme un gardien de pierre veillant sur les terres égéennes. Dès les premières ruelles, l’ambiance change : ici, pas de vitrines éclatantes ni de foule pressée. Les murs sont épais, les passages étroits, les escaliers sinueux. Le tracé médiéval se lit dans chaque détour : tours défensives, placettes ombragées, maisons accolées comme pour se protéger. Ce village fut jadis une forteresse vivante, organisée pour résister aux incursions pirates et aux vents de l’histoire.
Les églises aux clochers élancés ponctuent le parcours. Leurs façades blanches, leurs dômes bleus et leurs cloches de bronze résonnent dans le silence. Certaines sont modestes, d’autres plus imposantes, mais toutes témoignent d’une foi enracinée dans la pierre. L’architecture cycladique ici se fait austère, presque monastique, avec des arcs, des niches, des cours intérieures où le temps semble suspendu.
Plus haut encore, nous atteignons le monastère de Profitis Ilias, fondé au début du XVIIIᵉ siècle. Construit comme une forteresse spirituelle, il servit de centre éducatif, religieux et stratégique. Ses murs épais, ses cellules austères et sa cour centrale évoquent les temps où la foi et la défense se mêlaient. Le monastère abrita des manuscrits, forma des moines lettrés, et servit de refuge pendant les troubles. Aujourd’hui, il offre une vue panoramique sur la caldeira, les plages et les villages intérieurs — une lecture à ciel ouvert de la géographie sacrée de Santorin.
Selon la légende locale, le Prophète Élie aurait choisi ce sommet pour méditer, car c’est le point le plus haut de l’île — à 565 mètres. On dit que ses prières ont protégé Santorin des tremblements de terre, et que les vents qui soufflent ici sont ses murmures. Les moines racontent que les nuages qui s’accrochent au clocher sont les voiles de ses visions.
“Quand Élie pria sur le mont, la mer se calma et les roches cessèrent de fumer.”
Depuis la terrasse, la vue embrasse la caldeira, les plages, les villages intérieurs. C’est une lecture géographique et spirituelle de l’île, où chaque relief semble chargé de mémoire.
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🫒 Assiette grecque — une entrée qui fait le plat Dégustation à Fira, entre mer et mezzés

À Fira, en fin de journée, les terrasses se remplissent doucement, les conversations s’élèvent, et les assiettes grecques arrivent comme une promesse de partage. Ce n’est pas un plat principal, pas tout à fait une entrée non plus — c’est une manière de manger qui raconte la Grèce dans sa forme la plus généreuse. Sur la table, les couleurs se répondent : le blanc du yaourt, le vert de l’huile d’olive, le rouge des tomates, le doré du pain grillé. On y retrouve les saveurs franches de la Méditerranée, les textures contrastées, les parfums d’herbes fraîches.
À Santorin, cette assiette devient un rituel. Elle se déguste lentement, à plusieurs, en trempant le pain dans les sauces, en croquant les légumes, en découvrant les petits secrets de chaque bouchée. Elle peut suffire à elle seule, surtout lorsqu’elle est servie avec un verre de vin local, frais et minéral, qui prolonge la douceur du moment.
Dans les ruelles de Fira, les restaurants rivalisent d’inventivité pour présenter cette assiette comme une œuvre d’art. Certains y ajoutent des câpres de l’île, des olives charnues, des touches de citron confit ou de menthe. D’autres restent fidèles à la tradition, avec des recettes transmises de génération en génération.
Ce soir-là, le soleil décline sur la caldeira, les clochers se découpent dans la lumière dorée, et nous savourons cette assiette comme on savoure un paysage : avec lenteur, avec gratitude, avec tous les sens en éveil. C’est une entrée, oui, mais elle contient tout ce qu’il faut pour se sentir rassasié — de goût, de beauté, et d’instant présent.
Dîner à Fira — lumières suspendues et saveurs en balcon au Restaurant Cafeteria Bar
Le soir tombe sur Fira, et la ville s’illumine doucement, comme si chaque maison blanche avait allumé sa propre étoile. Depuis la terrasse du Restaurant Cafeteria Bar, nichée sur les hauteurs, nous observons ce théâtre de lumière : les ruelles s’animent, les clochers se découpent dans le ciel, et les balcons s’embrasent d’une lueur dorée.
Autour de nous, les tables sont dressées simplement, avec des chaises en bois tressé, des bougies qui vacillent, et des conversations qui flottent dans l’air tiède. Le vin coule dans les verres, les assiettes arrivent fumantes : moules en sauce tomate, gyro croustillant, pain chaud à tremper dans le tzatziki. Chaque plat est une invitation à ralentir, à savourer, à partager.
La vue est spectaculaire. En contrebas, la caldeira s’étire dans l’obscurité bleutée, les bateaux scintillent comme des lucioles sur l’eau, et les falaises racontent leur histoire volcanique, striées de couches rouges et noires. On devine les sentiers qui serpentent jusqu’au vieux port, les ânes qui attendent leur tour, les escaliers qui plongent vers la mer.
Le restaurant lui-même semble suspendu entre ciel et terre. On y vient autant pour manger que pour contempler. Les serveurs circulent avec le sourire, les enfants rient, les couples s’attardent. C’est un moment suspendu, une parenthèse douce dans le tumulte de la journée.
Et quand le dessert arrive — peut-être une part de baklava ou un yaourt au miel — on regarde une dernière fois la mer, les lumières, les îles au loin. Fira, la nuit, est un poème en terrasses. Et ce dîner, une strophe à part entière.
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Déjeuner à Fira — entre lumière franche et assiette généreuse

À Fira, le déjeuner est un moment suspendu entre deux éclats de soleil. En fin de matinée, la ville s’éveille doucement après le tumulte du petit-déjeuner touristique. Les ruelles blanchies à la chaux se remplissent de parfums : pain chaud, huile d’olive, grillades qui crépitent. Les terrasses s’ouvrent, les parasols se déploient, et les tables se dressent face à la mer ou à l’ombre des bougainvilliers.
On s’installe dans un patio fleuri, ou sur un balcon qui surplombe la caldeira. Le regard se perd entre les voiliers en contrebas et les clochers pastel qui percent le ciel. Le menu est simple, mais savoureux : ce midi, c’est le poulpe grillé qui s’impose. La tentacule, caramélisée à la flamme, repose sur une purée rouge légèrement sucrée, tandis qu’à côté une salade de haricots aux herbes fraîches apporte croquant et fraîcheur. L’huile d’olive locale, fruitée et dorée, vient lier l’ensemble et rappeler que la cuisine grecque est avant tout une affaire de simplicité et de produits bruts.
Autour de nous, les conversations flottent, les verres tintent, les enfants croquent dans des sandwichs dorés, et les adultes trinquent à l’Assyrtiko bien frais. Le soleil joue sur les murs blanchis, les serveurs circulent avec le sourire, et le temps semble ralentir juste assez pour qu’on savoure chaque bouchée.
Fira à midi, c’est une parenthèse lumineuse. Et le poulpe grillé, dans sa tendresse fumée et son parfum iodé, devient le héros discret d’un déjeuner parfait.
Pause déjeuner à Finikia
Nous nous installons à la terrasse comme on retrouve un vieux complice : la table est ensoleillée, la mer déroule sa nappe bleue à perte de vue et l’air porte ce mélange de sel, d’herbes et d’huile d’olive qui annonce un repas simple et généreux. Autour de nous, les conversations se font en demi-teinte, ponctuées de rires d’enfants et du cliquetis des couverts ; le serveur apporte le pain encore chaud, craquant à l’extérieur et tendre à l’intérieur, et tout de suite l’appétit se fait plus vif.
Les plats arrivent sans prétention mais avec une élégance rustique : une salade croquante où tomates mûres, concombres et olives se disputent la fraîcheur, un plat de poulpe grillé posé sur un lit de riz parfumé qui exhale des notes d’herbes et de citron, des pâtes simples mais savoureuses nappées d’une sauce maison, et quelques mezzés à partager — tzatziki onctueux, aubergines fondantes, et une poignée d’herbes cueillies le matin même. Nous goûtons, échangeons les assiettes, commentons une cuisson parfaite, un filet d’huile d’olive qui change tout ; le repas devient une conversation à part entière, ponctuée de gorgées de vin local qui allègent les saveurs et prolongent la détente.
Autour de la table, le temps ralentit : certains ferment les yeux pour mieux savourer, d’autres prennent des photos discrètes, et les enfants jouent à inventer des histoires avec les ombres des parasols. De la terrasse, la vue embrasse la caldeira et les maisons blanches qui tombent en cascade vers la mer ; le paysage fait office de décor immuable, tandis que nos assiettes racontent la saison. À la fin, nous restons un peu, repus et paresseux, à regarder la lumière changer — c’est l’un de ces déjeuners qui n’a pas seulement nourri le corps, mais qui a aussi posé une petite parenthèse de bonheur dans la journée.
Déjeuner au Dolphins : un repas face à la mer qui raconte l’île
Nous poussons la porte du Dolphins comme on entre dans un salon ouvert sur la mer, et tout de suite la lumière nous enveloppe : la terrasse blanche, les tables en bois patiné, les nappes qui claquent doucement au vent et, au‑delà, la mer qui déroule ses bleus. Nous nous asseyons, le sel nous suit jusque dans l’assiette, et chaque plat semble porter la mémoire du lieu — la fraîcheur d’un poisson grillé, la douceur d’une purée de fèves, l’acidité nette d’une tomate cueillie sous le soleil. Autour de nous, les maisons blanches aux toits plats et aux volets bleus dessinent la silhouette familière de l’île, tandis que les murs épais gardent la fraîcheur et racontent, sans le dire, des siècles d’adaptations au climat et au vent.
En regardant la mer, nous percevons des signes discrets du milieu vivant : des herbiers sous‑marins qui filtrent l’eau, des bancs de petits poissons qui frôlent la surface, et sur les rochers proches, des crabes qui se faufilent entre les flaques. Ces présences expliquent la finesse des produits servis ici — la cuisine du Dolphins dialogue avec cet écosystème côtier, elle célèbre la saisonnalité et la simplicité transformée en précision. Le vin local que nous choisissons, vif et minéral, porte en bouche la trace d’un sol pauvre et ventilé, un sol qui force la vigne à concentrer ses arômes et qui, paradoxalement, donne aux vins une grande élégance.
La salle, ouverte sur la mer, laisse entrer les bruits du port : le clapotis des annexes, le cri lointain d’un goéland, le moteur d’un bateau qui s’éloigne. Nous parlons peu, nous goûtons, et la conversation devient une cartographie des saveurs et des paysages — comment la pierre sèche des terrasses retient la chaleur, comment les pigments des maisons ont été choisis pour réfléchir la lumière, comment les gestes des pêcheurs et des cuisiniers se répondent. Le service est attentif sans être pressé ; on nous apporte des assiettes généreuses, des portions à partager, et la sensation d’un déjeuner qui s’étire au rythme des vagues.
Pour préparer ce moment, il suffit de peu : arriver à l’heure du déjeuner pour profiter d’une table en terrasse, demander conseil au serveur sur les produits du jour et accepter la lenteur bienveillante du lieu. En partant, nous laissons derrière nous l’empreinte d’un repas qui a su conjuguer science du goût et connaissance du milieu, et nous reprenons la route vers les falaises, le cœur léger et la bouche pleine de sel.
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Dîner face à la baie d’Akrotiri, quand le soleil tire le rideau
Nous nous installons à la table comme on prend place dans un tableau vivant, la baie étalée devant nous et le ciel qui s’apprête à changer de costume. Les chaises en bois usé, les nappes blanches qui frémissent au souffle marin et les lanternes qui attendent la tombée de la nuit composent un décor où chaque détail dialogue avec la lumière. Le soleil descend lentement, étire une bande d’or sur l’eau et transforme les façades en plaques d’ivoire et d’ambre ; la chaleur emmagasinée par la pierre se diffuse encore, tandis que la brise du large apporte des notes salées et fraîches qui réveillent les arômes du plat. Nous goûtons des produits qui racontent le lieu — poissons pêchés le matin même, légumes mûris au soleil, huile dense et parfumée — et le vin local, vif et minéral, nous renvoie la mémoire du sol et du vent dans chaque gorgée.
Autour de nous, la baie vit selon ses propres rythmes : les bateaux glissent en silence, des oiseaux marins tracent des arcs au ras de l’eau, et les rochers proches servent d’îlots pour la vie littorale. La disposition du restaurant, souvent orientée plein ouest, capte la lumière oblique et protège du vent dominant grâce à des murs épais et des pergolas qui filtrent les derniers rayons ; ces choix architecturaux, hérités d’un climat exigeant, rendent la terrasse à la fois intime et ouverte sur l’horizon. Nous remarquons la manière dont les couleurs se recomposent à mesure que le soleil s’abaisse — les bleus se refroidissent, les ocres s’approfondissent, et les ombres s’allongent en bandes nettes — offrant un spectacle qui modifie la perception des volumes et des textures du paysage.
Nous laissons le temps ralentir : la conversation devient ponctuée de silences admiratifs, les plats arrivent en cadence mesurée, et la lumière finale, celle qui embrase la ligne d’horizon, nous invite à prolonger le repas. En partant, nous gardons la sensation d’avoir partagé quelque chose de simple et de profond, un moment où la science des saveurs et la géométrie du lieu se sont accordées pour composer une soirée mémorable.
Guide rapide
Nous arrivons une heure avant le coucher pour choisir une table côté baie, réservons à l’avance en haute saison, privilégions les plats de la mer et un vin local pour mieux sentir le terroir, et gardons une veste légère pour la fraîcheur qui descend avec la nuit.
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LES LOGEMENTS
Santorini Camping Rooms — notre pied-à-terre sincère, la piscine en promesse
Nous avons posé nos valises à Fira, loin des falaises spectaculaires mais tout près du cœur battant de Santorin. Ici, au Santorini Camping Rooms, pas de suite troglodytique ni de jacuzzi suspendu au-dessus de la caldeira — mais des bungalows blancs aux volets bleus, une piscine partagée où les rires flottent comme les bouées, et un snack-bar qui sent bon la simplicité.
Chaque matin, nous croisons les bougainvilliers en fleurs, les scooters rouges garés contre les murs blanchis à la chaux, et les tuyaux d’arrosage qui serpentent comme des promesses de fraîcheur. L’endroit a quelque chose de sincère, presque familial. On y vit pieds nus, entre deux plongeons, avec le sentiment d’être chez soi sans y être tout à fait.
Certes, les aménagements sont parfois surprenants — un studio sous une terrasse, une chambre qui donne directement sur le bassin — mais c’est aussi ce qui fait le charme du lieu. On apprend à ne pas chercher la perfection, mais l’authenticité.
Et puis, tout est simple ici : organiser une excursion, réserver un transfert, demander un renseignement. Le personnel est chaleureux, les voyageurs se saluent, et la ville est à deux pas.
Alors non, ce n’est pas le luxe suspendu des yposkafa, mais c’est notre pied-à-terre sincère. Et la piscine, elle, tient ses promesses.
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LES LIENS VERS LES PHOTOS
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Déjeuner au Dolphins : un repas face à la mer qui raconte l’île
LES LIENS
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