Les Akhas : un peuple des crêtes, des esprits et des chemins suspendus Thaïlande
Il existe, dans les montagnes du Nord de la Thaïlande, un peuple dont l’histoire semble tissée avec les brumes, les forêts et les frontières mouvantes. Les Akhas — parfois appelés Acha, Dhu, ou Lega selon les régions — sont l’un des groupes montagnards les plus emblématiques du Triangle d’Or. Leur présence, aujourd’hui bien ancrée dans les provinces de Chiang Rai, Chiang Mai, Phayao et Lampang, est le résultat d’un long voyage migratoire depuis les hautes terres du Yunnan, du Laos et du Myanmar. Un peuple de marcheurs, de cultivateurs, de bâtisseurs de villages perchés, qui a su préserver une identité d’une richesse exceptionnelle malgré les bouleversements du siècle.
Les Akhas ont toujours choisi les hauteurs. Leurs villages, souvent installés sur des crêtes ou des pentes abruptes, semblent suspendus entre ciel et terre. L’architecture traditionnelle, faite de bambou, de bois et de toits de chaume, épouse la topographie sans jamais la contrarier. Les maisons sont surélevées, portées par des pilotis qui protègent de l’humidité, des serpents et des esprits errants. Sous les planchers, on entrepose le bois, les paniers, les outils, parfois même les jarres d’eau ou les réserves de riz.
Dans ces espaces ouverts, la vie circule librement. On y voit des paniers tressés, des nattes déroulées pour la sieste, des foyers où mijotent des soupes de légumes sauvages, des enfants courant pieds nus dans la poussière rouge. Les Akhas ont un rapport intime à la terre : ils la cultivent, la respectent, la lisent comme un livre ancien. Leurs champs de maïs, de riz sec, de légumes de montagne sont souvent situés à plusieurs kilomètres du village, obligeant à de longues marches quotidiennes.
La culture akha repose sur un système de croyances complexe, où les ancêtres jouent un rôle central. Chaque maison possède un autel discret, souvent placé près de l’entrée, où l’on honore les esprits familiaux. Le village lui-même est protégé par une porte sacrée, ornée de symboles de fertilité et de figures animales. Cette porte marque la frontière entre le monde des humains et celui des esprits de la forêt. On ne la traverse jamais sans respect.
Les rituels rythment l’année : fêtes agricoles, cérémonies de guérison, célébrations du Nouvel An où les jeunes filles portent leurs plus belles parures. Les Akhas ont longtemps été animistes, mais aujourd’hui, bouddhisme et christianisme cohabitent avec les traditions ancestrales, sans les effacer.
Impossible d’évoquer les Akhas sans parler de leurs femmes, véritables gardiennes de la culture. Leur tenue traditionnelle est un chef‑d’œuvre textile : veste noire brodée de fils colorés, jambières ornées de motifs géométriques, ceintures perlées, et surtout, la coiffe. Cette coiffe, véritable architecture miniature, est composée de pièces d’argent, de perles, de pompons rouges, de plaques métalliques et parfois de pièces anciennes. Elle raconte l’histoire de la femme qui la porte : son clan, son statut, son âge, ses alliances
Dans les marchés de montagne, les femmes akhas tiennent souvent des étals débordant de tissus, de bijoux, de sacs brodés, de petites sculptures en bois. Elles travaillent en silence, concentrées, mais toujours prêtes à sourire ou à échanger quelques mots avec les visiteurs. Leur artisanat n’est pas seulement un moyen de subsistance : c’est une transmission, un acte de mémoire, une manière de maintenir vivante une esthétique millénaire.

Le quotidien akha est fait de gestes précis, répétés depuis des générations. Les hommes construisent, chassent, entretiennent les cultures. Les femmes tissent, cuisinent, élèvent les enfants, fabriquent les vêtements et les bijoux. Les anciens observent, conseillent, racontent les histoires du clan. Les jeunes, eux, naviguent entre tradition et modernité : certains restent au village, d’autres partent travailler en ville, mais tous reviennent pour les grandes fêtes.
Dans les villages, on croise des structures ingénieuses faites de bois et de cordes, utilisées pour sécher les récoltes, suspendre les paniers, ou même pour jouer. Les enfants s’y balancent, les adultes y accrochent leurs outils. Tout est fonctionnel, mais tout est aussi empreint d’une esthétique simple et harmonieuse.
Les Akhas ont traversé les siècles en s’adaptant aux conflits, aux frontières, aux pressions politiques. Leur arrivée en Thaïlande, pour beaucoup, est liée aux guerres civiles du Myanmar et du Laos. Ils ont trouvé refuge dans les montagnes thaïlandaises, où ils ont pu reconstruire leurs villages et préserver leurs traditions.
Aujourd’hui, environ 65 000 Akhas vivent en Thaïlande. Leur culture est étudiée, photographiée, parfois idéalisée, parfois mal comprise. Mais elle demeure l’une des plus riches et des plus structurées d’Asie du Sud‑Est.
Comme beaucoup de peuples montagnards, les Akhas vivent désormais au contact du tourisme. Certains villages accueillent des visiteurs, vendent de l’artisanat, montrent leurs traditions. Cela suscite parfois des débats, mais pour beaucoup de familles, c’est une manière de rester sur leurs terres, de financer l’éducation des enfants, de maintenir vivante une culture qui aurait pu disparaître.
Et lorsque l’on s’assoit un moment, à l’ombre d’une maison en bambou, près d’une femme qui brode ou d’un ancien qui observe la vallée, on comprend que la culture akha n’est pas figée. Elle respire, elle évolue, elle s’adapte. Elle continue de raconter l’histoire d’un peuple qui a choisi la montagne comme refuge, comme maison, comme horizon.
un village Akha dans les collines de Chiang Dao
Les Akha, venus eux aussi du Yunnan et du nord du Laos, comptent parmi les groupes montagnards les plus reconnaissables du nord de la Thaïlande. Leur identité visuelle est si forte que leurs parures sont devenues, malgré eux, l’un des symboles des “hill tribes”.

Dès l’entrée du village, nous croisons plusieurs femmes âgées coiffées de leur imposant couvre‑chef traditionnel : une coiffe conique ornée de perles blanches, de pièces d’argent martelées, de grelots, de pompons colorés et parfois de dents d’animaux. Ce n’est pas un simple ornement : c’est une véritable carte d’identité sociale. Chaque élément raconte quelque chose — le statut marital, l’âge, les enfants, les rites accomplis, les alliances familiales. Les femmes Akha disent souvent que leur coiffe “porte leur histoire”.
Le village s’organise autour d’une grande maison communautaire, lieu de réunion, de décisions et de rituels. À l’entrée du hameau, on nous montre fièrement le portail des esprits (spirit gate), une structure en bois sculpté qui marque la frontière entre le monde des humains et celui des forces invisibles. Il est censé protéger le village des mauvais génies, mais aussi rappeler aux habitants leurs obligations envers les ancêtres. On ne franchit pas ce portail n’importe comment : il est chargé de symboles, et son entretien fait partie des responsabilités collectives.
Les Akha pratiquent une agriculture de subsistance — riz pluvial, maïs, haricots, légumes de montagne — complétée par l’élevage de poulets et de porcs. Le calendrier agricole rythme toute la vie sociale : semis, récoltes, fêtes de la nouvelle année, rituels pour appeler la pluie ou remercier les esprits de la terre. Les mariages sont encore souvent arrangés, et les alliances entre familles jouent un rôle essentiel dans la cohésion du village.
La transmission orale occupe une place centrale. Les chants, les contes et les récits mythologiques racontent l’histoire de la migration depuis les montagnes du Yunnan, les liens avec la terre, les règles de conduite, les lignées familiales. Les anciens sont les gardiens de cette mémoire : ils connaissent par cœur des généalogies qui remontent parfois sur plus de cinquante générations. Chez les Akha, on dit que “si la parole disparaît, le peuple disparaît avec elle”.
Dans les collines de Chiang Dao, ces traditions cohabitent aujourd’hui avec des influences plus récentes : l’école, les cultures de substitution, le tourisme, les téléphones portables. Mais malgré ces changements, le village conserve une forte cohérence culturelle. Les rituels, les coiffes, les portails des esprits et les récits chantés continuent de structurer la vie quotidienne — comme un fil invisible qui relie les générations.
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Déjeuner au Chivit Thamma Da — Une parenthèse coloniale au bord de la rivière Kok

À notre arrivée à Chiang Rai, nous prenons la direction du Chivit Thamma Da, une superbe demeure coloniale blanche posée au bord de la rivière Kok. L’endroit ressemble à une carte postale : jardin luxuriant, fontaine moussue, terrasses ombragées, mobilier en fer forgé, et cette atmosphère douce, presque suspendue, qui donne l’impression d’être accueilli dans une maison de famille plutôt que dans un restaurant. Le service est impeccable, attentionné sans être envahissant, et la carte, légèrement plus élevée qu’ailleurs, annonce d’emblée une cuisine soignée.
Margot ouvre le bal avec un Blue Mussels with white wine garlic sauce (1 kg). Une cocotte généreuse, débordante de moules charnues, nappées d’un bouillon au vin blanc et à l’ail qui embaume la table. Le parfum est irrésistible, la sauce brillante, et chaque coquille semble avoir capté un peu de la douceur du lieu. C’est un plat qui pourrait venir d’une brasserie européenne, mais qui trouve ici une élégance toute thaïlandaise dans la présentation et la fraîcheur des produits.
Nadège, Bastien et moi optons pour une spécialité du Nord : le Northern Thai style Khao Soi, servi avec un poulet frit pour eux, et un Angus Beef Shank pour moi. Le plat arrive dans un bol profond, où la couleur chaude du curry au lait de coco contraste avec les nouilles croustillantes posées en nid sur le dessus. Le parfum est puissant, mêlant curry, citronnelle, oignon frit et cette pointe de piment qui réchauffe sans jamais écraser.
Le Khao Soi au poulet est un classique du Nord, mais ici, il prend une dimension presque raffinée : le poulet est croustillant à l’extérieur, tendre à l’intérieur, et s’imprègne parfaitement du bouillon. Quant à mon Khao Soi à l’Angus Beef Shank, c’est une révélation. La viande, mijotée longuement, se détache en fibres fondantes, presque soyeuses, et apporte une profondeur inattendue au plat. Le curry enveloppe tout, riche mais équilibré, relevé mais jamais agressif. C’est un plat qui raconte la région, sa générosité, ses épices, et cette manière unique de mêler douceur et intensité.
Le repas se déroule dans une ambiance paisible, bercée par le bruit de la rivière et les conversations feutrées des autres tables. Rien ne presse, tout semble couler avec la même lenteur que l’eau qui passe.
L’addition, boissons comprises, s’élève à 1690 bahts, un prix étonnamment raisonnable pour un cadre aussi enchanteur et une cuisine d’une telle qualité.
Le Chivit Thamma Da n’est pas seulement un restaurant : c’est une halte, une respiration, un moment suspendu qui donne le ton de notre séjour à Chiang Rai.
Rimkhong Restaurant — Déjeuner au bord du Mékong
Après la visite du Triangle d’Or, on avait tous besoin de souffler un peu, et rien ne vaut une halte au bord du Mékong pour reprendre son souffle. Le Rimkhong Restaurant nous accueille avec son petit bassin où tournent des carpes colorées, ses plantes qui débordent de partout, et le fleuve juste derrière, large et calme, comme s’il veillait sur la frontière invisible entre Thaïlande, Laos et Myanmar.

J’opte pour la spécialité de la maison, le Tom Yam Mekong Fish. Ici, le poisson vient directement du fleuve : une chair tendre, légèrement douce, qui absorbe à merveille le bouillon citronné. Le Tom Yam, né dans les campagnes thaïlandaises, est un équilibre fascinant entre acidité, chaleur et fraîcheur. La citronnelle ouvre le nez, le galanga apporte cette note presque camphrée, les tomates adoucissent, et le piment réveille tout le monde. C’est un plat réputé pour « nettoyer » le corps : il dégage, réchauffe, stimule la digestion, et laisse une sensation de légèreté malgré son intensité.
Nadège choisit l’autre grande fierté du lieu, le Mekong Fish curry. Une sauce rouge, dense, parfumée aux feuilles de kaffir et au lait de coco, qui enveloppe le poisson sans l’écraser. Ce type de curry, inspiré des traditions du centre de la Thaïlande, est connu pour son côté réconfortant : riche en herbes, en antioxydants, en parfums qui apaisent autant qu’ils stimulent. On y retrouve cette chaleur douce qui reste longtemps en bouche, comme une conversation qui ne veut pas finir.

Margot, elle, se laisse tenter par le chicken fried with lemon salad, une sorte de cake de poulet croustillant posé sur un lit de légumes croquants. Le citron apporte une fraîcheur vive, presque pétillante, qui contraste avec le croustillant du poulet. C’est un plat typique des régions du nord, où l’on aime jouer sur les textures et les contrastes. Léger, acidulé, joyeux — un plat qui met de bonne humeur.
Bastien, fidèle à son style, enchaîne une fried eggs noodle brillante et parfumée, suivie d’une omelette thaïe dorée sur les bords. Les nouilles sautées, nées des influences chinoises, sont un classique du nord : rapides, généreuses, nourrissantes, parfaites pour les voyageurs affamés. L’omelette, elle, est un petit bijou de simplicité : battue avec un peu de sauce de poisson, frite dans beaucoup d’huile pour obtenir ces bords croustillants que tout le monde adore. Un plat humble, mais qui raconte la cuisine du quotidien, celle qui réconforte sans faire de bruit.
Chacun son assiette, chacun son humeur, et le Mékong qui coule juste à côté, imperturbable, comme un vieux compagnon de route qui nous regarde déjeuner.
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Le Saturday Night Market de Chiang Rai — La rue qui devient un monde
Le samedi soir, Chiang Rai change de rythme. La ville, d’ordinaire tranquille, se transforme en une longue coulée lumineuse où se mêlent parfums, musiques, couleurs et conversations. Le Saturday Night Market, qui s’étire sur plus d’un kilomètre, n’est pas seulement un marché : c’est un rituel hebdomadaire, un moment où les familles, les voyageurs, les étudiants et les anciens se retrouvent dans une atmosphère qui oscille entre fête de village et scène urbaine.
Ce marché est relativement récent à l’échelle de la ville, mais il s’inscrit dans une tradition thaïlandaise bien plus ancienne : celle des walking streets, ces rues piétonnes temporaires où l’on vient autant pour manger que pour flâner, écouter, observer, se laisser porter. En Thaïlande, le marché n’est pas un lieu de consommation : c’est un espace social, un prolongement de la maison, un endroit où l’on prend le temps. On y vient pour discuter, pour goûter, pour regarder les artistes de rue, pour laisser les enfants courir entre les stands, pour sentir que la ville respire ensemble.
Dès l’entrée, l’ambiance est électrique. Les stands s’alignent comme une procession infinie : bijoux artisanaux, vêtements colorés, objets sculptés, jouets en bois, savons parfumés, peintures locales… et surtout, partout, la nourriture. La rue devient une cuisine à ciel ouvert. Les odeurs se superposent : grillades, curry, citronnelle, pâte de riz, sucre caramélisé, fruits tropicaux. On avance comme dans un nuage de parfums.
Ce soir-là, nous décidons de nous laisser porter par l’humeur du marché. On commence par des kimbap, ces rouleaux de riz coréens vendus à 39 bahts, préparés avec une précision presque chorégraphique. Puis viennent les steamed dumplings, fourrés au porc ou au haricot rouge, à 10 bahts l’unité. Leur pâte lisse et brillante, leurs couleurs douces, leur vapeur qui s’échappe à chaque ouverture du panier en bambou… tout donne envie de tendre la main.
Un peu plus loin, des sushis à 10 bahts s’alignent comme de petites œuvres d’art, soigneusement décorés. À côté, un stand prépare des crêpes pour enfants, décorées avec une minutie incroyable : couleurs vives, formes amusantes, presque trop jolies pour être mangées. Bastien, fidèle à son style, craque pour un nouveau pad thaï, sauté à la minute, fumant, brillant. Moi, je me laisse tenter par des brochettes de bœuf à 10 bahts pièce, grillées juste ce qu’il faut, avec cette pointe de marinade sucrée-salée typique du nord. Nadège, elle, picore des saucisses thaïes, légèrement fermentées, puis finit par s’offrir une part de pizza, preuve que le marché accueille toutes les envies, toutes les influences.
Mais ce qui rend le Saturday Night Market unique, ce n’est pas seulement ce que l’on mange. C’est ce que l’on entend, ce que l’on voit, ce que l’on ressent. Des musiciens jouent des airs traditionnels ou modernes, des chanteurs improvisent, des acrobates attirent les foules avec des numéros qui semblent surgir de nulle part. On avance au rythme des spectacles, des rires, des applaudissements. Le marché devient un théâtre vivant, un espace où chacun joue un rôle, même sans le savoir.
Ce soir-là, on ne se contente pas de dîner. On participe à un moment de vie thaïlandaise, à cette manière si particulière qu’ont les habitants de transformer une rue en fête, un repas en voyage, une promenade en souvenir. Le Saturday Night Market n’est pas seulement un marché : c’est une célébration, une respiration, un morceau de ville qui bat plus fort que le reste.
Heaven Burger — Une parenthèse américaine au cœur de Chiang Rai
Après la visite des temples de Chiang Rai, avec leurs dorures éclatantes et leurs silhouettes élancées, nous ressentions ce besoin très humain de revenir à quelque chose de plus terrestre, de plus simple, presque régressif. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés près de la Tour de l’Horloge, attirés par un nom qui ne laisse aucune place au doute : Heaven Burger. Une promesse de réconfort, de générosité, et peut‑être même d’un peu d’excès.
Le lieu, moderne et chaleureux, affiche d’emblée son identité : ici, on célèbre le burger comme un art à part entière. Le principe est ludique, presque participatif. On commence par choisir son pain, comme on choisirait la base d’une architecture gourmande : brioche moelleuse, white sesame classique, onion cheese parfumé, wholewheat blue flower pour les curieux, ou encore charcoal bun pour ceux qui aiment les contrastes visuels. Vient ensuite l’accompagnement, qui n’est pas un simple détail mais une véritable extension du plat : frites taillées à la main, onion rings croustillants, salade mixte ou seasoned french fries légèrement épicées.
Puis on ouvre la carte. Et là, on comprend que Heaven Burger porte bien son nom. Plusieurs pages de créations, de variations, de combinaisons, comme un catalogue de tentations où chacun peut trouver son bonheur. Nadège se laisse séduire par un classic cheeseburger, un retour aux fondamentaux, parfaitement exécuté. Margot choisit le blue cheese burger, un burger au caractère affirmé, où le fromage apporte une profondeur aromatique qui se marie à merveille avec la viande. Pour ma part, je me tourne vers le grilled pork with BBQ sauce, un burger généreux, légèrement fumé, dont la viande grillée s’accorde avec une sauce sucrée-salée qui rappelle les barbecues d’été. Bastien, dans un élan de légèreté après les heures passées à arpenter les temples, opte pour une salade César, fraîche, croquante, parfaitement équilibrée.
Le repas est simple, franc, sans prétention, mais terriblement satisfaisant. Les burgers sont bien construits, les saveurs nettes, les textures maîtrisées. C’est une pause bienvenue, un moment où l’on se laisse porter par la gourmandise après la contemplation. L’addition, boissons comprises, s’élève à 1136 bahts, un prix raisonnable pour un déjeuner copieux et réconfortant.
Heaven Burger n’a rien d’un restaurant traditionnel thaïlandais, et c’est précisément ce qui en fait une halte intéressante. C’est un clin d’œil à l’ailleurs, une parenthèse américaine au cœur de Chiang Rai, un endroit où l’on se pose, où l’on respire, où l’on savoure. Une étape inattendue mais parfaitement à sa place dans le fil de notre voyage.
Bhu Bhirom – Un déjeuner suspendu au-dessus des collines du Singha Park

Au Singha Park, nous nous installons pour déjeuner au Bhu Bhirom, idéalement perché sur un petit sommet qui domine les collines parfaitement dessinées du domaine. Le lieu respire la tranquillité, avec ses jardins impeccables, ses allées fleuries et cette impression d’être suspendus entre campagne et élégance. C’est le genre d’endroit où l’on s’assoit sans se presser, simplement pour profiter du paysage avant même de penser au repas.
Bastien, fidèle à ses classiques, choisit un Pad Thaï — mais pas n’importe lequel : un Pad Thaï aux river prawns, ces grosses crevettes d’eau douce qui donnent au plat une ampleur nouvelle, presque festive. Le parfum sucré-salé des nouilles sautées se mêle à celui des crevettes grillées, et le tout semble parfaitement à sa place dans ce décor de carte postale.
De mon côté, je me laisse tenter par un Pork Hung Lay curry, ce plat du Nord aux accents birmans, riche, profond, légèrement sucré, où le porc mijote longuement jusqu’à devenir fondant. Le curry, sombre et parfumé, raconte à lui seul l’histoire des échanges culturels du Lanna. C’est un plat qui réchauffe, qui enveloppe, qui s’impose sans jamais écraser.

Nadège opte pour un rice noodle with minced beef sauce and onsen egg, un plat plus délicat, presque soyeux, où les nouilles se mêlent à une sauce de bœuf parfumée et où l’œuf onsen apporte cette texture crémeuse qui lie tout en douceur. C’est un plat simple en apparence, mais d’une précision remarquable.
Margot, enfin, choisit un rice topped with grilled chicken and pumpkin sauce, une assiette lumineuse où la douceur de la courge rencontre le grillé du poulet. Le résultat est étonnant, équilibré, presque réconfortant, comme une parenthèse douce au milieu de la journée.
Dans ce cadre paisible, chaque plat semble trouver sa place naturellement, comme si la cuisine du Bhu Bhirom avait été pensée pour accompagner le paysage plutôt que pour le concurrencer. Le déjeuner devient alors un moment suspendu, une manière de goûter le Singha Park autant que de l’admirer.
Total 1288 Baths avec boissons pour 4
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Dernier jour à Chiang Rai — Retour au Chivit Thamma Da

Pour notre dernier jour à Chiang Rai, nous avons choisi de revenir au Chivit Thamma Da, ce petit havre au bord de la rivière Kok où nous avions déjeuné en arrivant, et qui nous avait immédiatement séduits. Il y a des adresses qui s’imposent d’elles‑mêmes, non pas par effet de mode, mais parce qu’elles dégagent une atmosphère rare : un mélange de douceur, de raffinement et de simplicité. Le Chivit Thamma Da fait partie de celles‑là.
C’était donc l’occasion parfaite de goûter une dernière fois aux spécialités du Nord, dans ce décor de maison blanche, de véranda fleurie et de lumière douce filtrant à travers les arbres.
Nadège, fidèle à son coup de cœur, a repris le Northern Thai style Khao Soi, servi ici avec un poulet frit croustillant. Le bouillon, riche et parfumé, enveloppait les nouilles avec cette onctuosité typique du Nord, tandis que le poulet apportait une texture plus franche, presque festive. Un plat qui résume à lui seul l’âme culinaire de Chiang Rai.
De mon côté, j’ai tenté le Northern Thai style pork curry with fried brown rice, un curry profond, sombre, légèrement sucré, où le porc mijote longuement jusqu’à devenir fondant. Le riz brun sauté, parfumé et légèrement croquant, apportait un contrepoint parfait. C’est un plat qui raconte la lenteur, la patience, la cuisine du Lanna dans ce qu’elle a de plus généreux.
Margot, elle, a joué la sécurité avec un plat européen : une pork chop with pan‑fried potatoes, parfaitement grillée, nappée d’un beurre aux herbes, accompagnée d’une salade fraîche. Une assiette simple, rassurante, qui rappelle que le Chivit Thamma Da maîtrise aussi bien les classiques occidentaux que les recettes locales.
Bastien, enfin, s’est laissé tenter par un pineapple fried rice with battered prawns, servi dans une coque d’ananas. Un plat lumineux, joyeux, où le sucré du fruit rencontre le salé du riz sauté et le croustillant des crevettes frites. Une assiette qui respire la Thaïlande du Nord, entre fantaisie et tradition.
Ce dernier repas à Chiang Rai avait un goût particulier : celui de la fin d’un chapitre, mais aussi celui d’une cuisine qui nous aura accompagnés tout au long du voyage, avec sa douceur, ses contrastes et son sens du détail. Quitter le Chivit Thamma Da, c’était un peu quitter Chiang Rai elle‑même.
Marchés et hypermarchés à Chiang Rai
En bref : Chiang Rai propose un mélange de marchés nocturnes animés pour la street‑food et les souvenirs, des supérettes pratiques en centre‑ville et quelques grandes enseignes (Tesco Lotus, etc.) pour les courses et les produits importés.
Avant de choisir où faire vos achats, pensez à trois critères : rapidité vs expérience (voulez‑vous flâner et goûter des spécialités ou faire des courses rapides ?), budget (petits achats en liquide au marché ou achats en plus grande quantité en hypermarché) et logistique (horaires d’ouverture, accessibilité en tuk‑tuk ou voiture). Le Night Bazaar et la Walking Street sont les lieux incontournables pour manger et acheter de l’artisanat en soirée ; ils ouvrent tôt le soir et offrent une grande variété de stands alimentaires et d’animations, ce qui en fait une sortie à part entière pour dîner et chiner. Pour un repas sur le pouce, comptez des portions de 20–150 THB selon le plat et le stand, et privilégiez les allées les plus fréquentées pour la fraîcheur.
Pour les courses quotidiennes et les produits importés, les grandes enseignes nationales sont présentes à Chiang Rai : Tesco Lotus (et ses formats Lotus’s) est implanté dans la province et constitue une option pratique pour acheter boissons, produits secs, produits frais et articles ménagers, avec des horaires larges et des parkings adaptés. Ces hypermarchés sont utiles si vous voyagez en famille, louez un logement avec cuisine ou avez besoin de produits spécifiques introuvables sur les marchés. Entre le marché pour l’expérience locale et l’hypermarché pour la praticité, il est courant de combiner les deux : acheter des produits frais et des snacks au marché pour le repas du soir, puis compléter avec des produits secs et boissons au supermarché.
Côté services, les food courts des centres commerciaux offrent un compromis confortable : places assises, toilettes et paiement par carte, avec des plats autour de 40–150 THB, ce qui est pratique en cas de pluie ou pour les groupes. Les marchés nocturnes restent cependant la meilleure option pour l’ambiance, les spectacles et les spécialités locales, tandis que les hypermarchés garantissent la disponibilité et la variété des produits toute la journée.
Risques et conseils pratiques : évitez de laisser des objets de valeur sans surveillance dans les marchés bondés, préférez les ATM situés dans les centres commerciaux avant de faire de petits achats et refusez la conversion dynamique (DCC) si un terminal vous la propose. Pour obtenir les meilleurs prix sur les changes et les gros achats, comparez les tarifs et privilégiez les grandes surfaces pour les produits importés et les marchés pour les produits frais et l’artisanat local.
#ChiangRai #NightBazaar #Supermarché #TescoLotus #WalkingStreet #StreetFood #VoyageGourmand
DAB BANQUES A Chiang Rai
En bref : les retraits aux distributeurs en Thaïlande entraînent généralement des frais fixes par opération (souvent autour de 150–220 THB selon l’ATM), les banques locales (Bangkok Bank, Krungthai, SCB, Kasikorn) et les bureaux de change comme SuperRich ou Vasu sont les solutions les plus pratiques en ville.
Avant de choisir, définissez votre priorité : minimiser les frais (retirer moins souvent mais plus), obtenir le meilleur taux (changer en bureau spécialisé) ou privilégier la commodité (ATM à l’aéroport ou en centre commercial). Vérifiez aussi si votre banque prélève des frais à l’étranger et si votre carte est compatible Visa/Mastercard — la plupart des distributeurs thaïlandais les acceptent.
Les distributeurs automatiques appliquent aujourd’hui des frais fixes par retrait : AEON est souvent cité comme l’un des moins chers (≈ 150 THB), tandis que la plupart des grandes banques facturent ≈ 220 THB par opération; certains guichets limitent aussi le montant maximal par retrait, ce qui peut vous obliger à retirer plusieurs fois si vous avez besoin de beaucoup de liquide. Pour réduire le coût global, préférez retirer des montants plus élevés et moins fréquents et refusez la conversion dynamique proposée par l’ATM (choisissez la conversion par votre banque).
À Chiang Rai, les grandes enseignes bancaires disposent de succursales et d’ATM répandus : Siam Commercial Bank (SCB) et Bangkok Bank ont plusieurs guichets en centre‑ville et dans les centres commerciaux, ce qui facilite les retraits en journée et offre parfois des plafonds de retrait plus élevés que les petites machines.
Pour changer des devises, les bureaux spécialisés en centre‑ville offrent souvent de meilleurs taux que l’aéroport. SuperRich possède une agence à Chiang Rai et est régulièrement recommandé pour ses taux compétitifs sans commission; d’autres bureaux locaux (Vasu, Simply Exchange) sont aussi présents près du Night Bazaar et des zones touristiques. L’aéroport propose des bureaux de change pratiques mais aux taux moins favorables — utile uniquement pour un petit montant d’arrivée.
Risques, limites et conseils pratiques
- Frais cumulés : les frais ATM s’additionnent vite si vous retirez souvent ; calculez le coût par mois et adaptez la fréquence des retraits.
- Conversion dynamique (DCC) : refusez‑la systématiquement pour obtenir le taux de votre banque, pas celui de l’ATM.
- Sécurité : utilisez les ATM situés dans les banques ou centres commerciaux, évitez les machines isolées la nuit.
- Liquidité : ayez toujours un peu de liquide pour marchés et tuk‑tuks ; les petits commerces n’acceptent pas toujours la carte.
- Comparer les taux : pour de gros montants, comparez SuperRich, Vasu et les banques — les différences peuvent représenter plusieurs pourcents sur la somme échangée.
En résumé, retirer dans une grande banque en ville ou changer dans un bureau spécialisé vous coûtera moins cher qu’à l’aéroport ; planifiez vos retraits, refusez la DCC et privilégiez les bureaux réputés pour optimiser vos frais et votre taux.
LES LOGEMENTS à Chiang Rai
🏡 Notre villa de rêve à Chiang Rai : détente, confort et immersion tropicale
À notre arrivée à Chiang Rai, après avoir traversé les paysages luxuriants du nord de la Thaïlande, nous découvrons notre havre de paix : la villa ChillTime เวลาชิลล์ 0, nichée dans le quartier paisible de Ban Du. Dès que nous franchissons le portail, le contraste avec l’agitation de la route disparaît. Ici, tout respire la tranquillité, l’intimité et la douceur de vivre.
La villa, entièrement indépendante et située de plain-pied, est plutôt petite, mais parfaitement agencée. Elle offre deux chambres confortables, climatisées et décorées avec soin. La literie est impeccable, les rangements suffisants, et l’ensemble dégage une atmosphère chaleureuse et reposante. La salle de bains principale, pensée pour le bien-être, propose au choix une baignoire ou une douche, avec peignoirs, serviettes moelleuses, articles de toilette et sèche-cheveux. Une seconde salle d’eau et des toilettes supplémentaires apportent un vrai confort au quotidien. Les sols en carrelage et marbre ajoutent une touche de fraîcheur élégante.
Les espaces de vie communs sont compacts mais très agréables. Le salon, cosy et moderne, invite à la détente avec son canapé confortable, sa télévision à écran plat, Netflix et même un karaoké pour les soirées plus festives. La cuisine, petite mais très bien équipée, permet de préparer un repas ou un petit-déjeuner sans manquer de rien : réfrigérateur, micro-ondes, plaque de cuisson, grille-pain, bouilloire, vaisselle et ustensiles. La table à manger est modeste, mais largement compensée par l’espace extérieur, qui devient rapidement notre lieu de vie principal.
Car c’est dehors que la magie opère vraiment. La villa s’ouvre sur une terrasse donnant sur une piscine privée bleu turquoise, entourée de verdure et parfaitement protégée des regards. L’endroit est idéal pour se rafraîchir après une journée de visites, lire à l’ombre du parasol, ou savourer un moment suspendu dans l’eau tiède en observant le ciel tropical. Le mobilier extérieur, le coin repas et le barbecue invitent à profiter pleinement de ces instants de calme absolu.
Chaque détail semble pensé pour le confort et la sécurité : détecteur de monoxyde de carbone, gel hydroalcoolique, linge de maison fourni, entretien impeccable. On se sent immédiatement chez soi, dans un lieu où la modernité (Wi-Fi, climatisation, télévision, mini-bar) se marie harmonieusement avec la nature environnante.
Les hôtes, d’une gentillesse remarquable, ajoutent encore au charme du séjour. Il manquait quelques couteaux et une passoire à notre arrivée : ils nous les ont apportés dans l’heure, avec le sourire. Une attention simple, mais qui change tout.
Le soir venu, assis sur la terrasse ou flottant dans la piscine sous les étoiles, la villa prend une autre dimension. Elle devient un refuge, un cocon, un point d’ancrage idéal pour explorer Chiang Rai, ses temples, ses marchés et ses collines. Un lieu où l’on revient chaque soir avec le sentiment de retrouver un espace pensé pour notre bien-être, notre repos et notre plaisir.
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| T° MINI MOY/MIN/MAX | 15,70 | 10 | 20 |
| T° MAX MOY/MIN/MAX | 32,34 | 22 | 38 |
| SOL MAX MOY/MIN/MAX | 94% | 13% | 100% |
| NB JOURS<30 / PLEIN SOLEIL/>70% | 2% | 78% | 92% |
| VENT MAX MOY/MIN/MAX | 7,12 | 3 | 14 |
| PLUIE MAX MOY/MIN/MAX | 1,22 | 0 | 42 |
| % JOURS SS pluie / >3 / au max | 82% | 6% | 10% |
| MM/HPLUIE | 0,33 | 0 | 6 |
| HEURE MIN/MAX/ECT | 6,55 | 18,14 | 11,754 |
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1 thought on “Les Akhas : un peuple des crêtes, des esprits et des chemins suspendus Thaïlande”