Franklin Nature Reserve– entre ciel, rochers et faune sauvage Afrique du Sud
En gravissant les pentes douces de Naval Hill, on quitte progressivement l’agitation de Bloemfontein pour pénétrer dans l’un des lieux les plus singuliers du Highveld : la Franklin Nature Reserve. Ce promontoire basaltique, vestige d’un ancien épisode volcanique du Karoo datant du Jurassique, domine la ville de près de cent mètres. Sa silhouette tabulaire, typique des reliefs du Free State, est le résultat d’une longue histoire géologique où les coulées de lave ont formé des plateaux résistants, lentement sculptés par l’érosion. C’est sur cette forteresse naturelle que fut créée, en 1930, l’une des toutes premières réserves naturelles urbaines au monde — un espace de 250 hectares où la faune sauvage évolue encore aujourd’hui en liberté, à quelques minutes du centre-ville.
À mesure que l’on s’élève, la ville se déploie sous nos yeux : un patchwork de toits rouges, de rues arborées, de jardins privés et de jacarandas qui ponctuent le paysage de touches violettes au printemps. Le contraste est saisissant entre cette trame urbaine ordonnée et les herbes blondes du Highveld qui ondulent au vent sur les hauteurs. Le plateau accueille une végétation typique des savanes d’altitude : graminées robustes, buissons épars, acacias isolés, et ces affleurements rocheux sombres qui absorbent la chaleur du jour. L’air sec, la lumière dure et l’altitude — environ 1 450 mètres — créent un microclimat où seules les espèces les mieux adaptées prospèrent.
C’est dans ce décor que nous rencontrons nos premiers habitants : un troupeau de blesboks (Damaliscus pygargus phillipsi). Leur silhouette élancée se découpe dans les herbes hautes, leurs robes brun‑roux captant la lumière comme du cuivre poli. Le masque blanc qui barre leur visage, caractéristique de l’espèce, semble presque phosphorescent sous le soleil du Highveld. Certains s’alimentent près de meules de foin, adoptant cette démarche prudente et mesurée propre aux antilopes des plaines. D’autres se reposent dans la végétation sèche, parfaitement camouflés dans les teintes ocre du plateau. Leur posture, toujours vigilante, témoigne de leur adaptation à ces espaces ouverts où la vue porte loin mais où la prudence reste une nécessité évolutive. Un individu isolé, observé de près, révèle la finesse de sa morphologie : membres graciles, ligne dorsale tendue, cornes annelées légèrement incurvées vers l’arrière — un modèle d’élégance fonctionnelle façonné par des millénaires de sélection naturelle.
En poursuivant notre marche, la ville réapparaît par intermittence entre les arbres. Depuis les points les plus élevés, Bloemfontein semble respirer au rythme de ses parcs et de ses allées arborées. Les montagnes lointaines se devinent dans une brume légère, rappelant que le Free State est un territoire de vastes horizons, où les reliefs s’effacent dans la lumière.
Puis, au détour d’un sentier, une scène inattendue : une petite mangouste grise du Cap, perchée sur le rebord d’une poubelle jaune, scrute les environs avec une vivacité presque comique. Son pelage brun, ses yeux vifs et son attitude hésitante — entre curiosité et prudence — illustrent parfaitement l’adaptation de ces petits carnivores à un environnement semi‑urbain. Ici, la frontière entre nature et ville est si ténue que la faune s’y déplace avec une aisance surprenante.
Plus loin, les véritables maîtres des lieux se dévoilent : les dassies, ou damans des rochers (Procavia capensis). Ces petits mammifères, proches cousins… des éléphants, malgré leur apparence de gros rongeurs, sont parfaitement adaptés aux affleurements rocheux de Naval Hill. On les observe étendus sur les pierres chauffées par le soleil, absorbant la chaleur nécessaire à leur thermorégulation. Leur vie sociale est fascinante : toilettage mutuel, interactions, postures de sentinelles, et ce fameux “sourire” qui leur donne un air presque humain. Leur vigilance est constante ; un bruissement, un pas trop appuyé, et toute la colonie disparaît dans les fissures du basalte.
Puis nous sommes supris par le passage rapide d’un Renard du Cap au pelage fauve-roux vibrant sous la lumière directe
L’avifaune, elle aussi, se révèle à qui sait regarder. Un Fiscal commun (Lanius collaris), perché sur une branche nue, surveille son territoire avec son plumage noir et blanc tranché. Un Serin strié jaune et verdâtre apporte une touche lumineuse au paysage, sautillant entre les buissons.
Les Colious à face rouge , avec leur longue queue et leur agilité acrobatique, se déplacent dans le feuillage avec une grâce étonnante, utilisant leurs pattes et leur bec pour grimper comme de petits primates ailés. Chaque observation enrichit la palette écologique de la réserve.
Au sommet du promontoire, la silhouette monumentale de Nelson Mandela domine la ville. Le bronze, offert par le peuple de l’État‑Libre et inauguré en 2012, semble veiller sur Bloemfontein. La plaque commémorative cite un passage de Long Walk to Freedom où Mandela évoque la nécessité de s’arrêter pour contempler le chemin parcouru. Ici, face à la ville étendue et aux collines du Free State, ces mots prennent une résonance particulière. La sérénité du lieu, la présence de la faune, la profondeur historique du site et la vue panoramique créent une atmosphère presque méditative.
En redescendant, un dernier blesbok traverse notre chemin, puis un daman se fige sur un rocher, scrutant l’horizon. Ces instants simples, capturés dans leur vérité, viennent clore notre exploration de Naval Hill — un espace où géologie, histoire, faune et urbanité se rencontrent dans un équilibre rare. Un lieu où l’on mesure, mieux qu’ailleurs, la capacité de la nature à persister au cœur même des villes, et la manière dont Bloemfontein s’est construite autour de ce promontoire comme autour d’un sanctuaire.
FAUNE ET FLORE
blesboks (Damaliscus pygargus phillipsi
dassies, ou damans des rochers (Procavia capensis)
Fiscal commun (Lanius collaris)
SHORTS REELS
VIDEOS
AUTRES ARTICLES SUR l’Afrique du Sud à DISPOSITION :
La Cuisine
Toutes les informations, par région sur la gastronomie sud africiane en suivant ce lien : La Cuisine en Afrique du Sud
Pause déjeuner à Wimpy Bloemhof : Saveurs et convivialité sur la route
Après plusieurs heures de route depuis Gaborone, les paysages du Free State défilent comme un long ruban doré. Les champs de maïs s’étirent jusqu’à l’horizon, les collines s’adoucissent, et la lumière devient plus claire à mesure que nous approchons de Bloemhof. Les grandes plaines agricoles finissent par laisser place aux premières maisons aux toits rouges et aux petites boutiques locales, annonçant une halte bienvenue dans cette petite ville tranquille du centre de l’Afrique du Sud.
Le Wimpy de Prince Street apparaît alors comme un repère familier. Pour quiconque sillonne les routes sud‑africaines, ce logo rouge est presque un symbole national. Plus qu’un simple fast‑food, c’est une institution qui accompagne les voyageurs depuis des décennies. En poussant la porte, on retrouve cette ambiance chaleureuse et lumineuse, avec son message d’accueil affiché au mur — un « You’re always welcome » qui résume parfaitement l’esprit du lieu. L’atmosphère y est simple, détendue, presque familiale, et contraste agréablement avec le rythme soutenu de la route.
Le menu, fidèle à la réputation de la chaîne, propose une cuisine généreuse et réconfortante. Chacun y trouve son bonheur. Bastien savoure un cheese burger débordant de gourmandise, accompagné d’onion rings dorés qui disparaissent à une vitesse suspecte. Margot se régale d’un toasted chicken mayo, un classique efficace servi avec des frites croustillantes. De mon côté, je me laisse tenter par le mixed grill, une assiette aussi copieuse que typiquement sud‑africaine, réunissant steak, boerwors, bacon, œuf au plat et oignons grillés. La carte réserve aussi quelques surprises, comme un schnitzel nappé de sauce cheese & mushroom, preuve que Wimpy sait varier les plaisirs au‑delà du simple burger.
L’addition finale, 656 ZAR pour quatre personnes avec plats, boissons et accompagnements, confirme l’excellent rapport qualité‑prix de cette pause. Mais au‑delà du repas, ce moment nous offre surtout une vraie respiration. On se détend, on échange sur la suite du voyage, on observe la vie locale qui s’écoule doucement autour de nous. C’est exactement le genre d’étape qui rythme un road‑trip : simple, conviviale, et parfaitement à sa place sur la longue route qui mène vers Bloemfontein.
#Bloemhof #RoadTripAfriqueDuSud #WimpyBloemhof #PauseDéjeuner #VoyageFreeState #AfriqueAustrale #CuisineFamiliale #RouteDeGaborone #TravelStop #DécouverteLocale
New York Restaurant – Un déjeuner mémorable au cœur de Bloemfontein
Nous sortons encore habités par les pierres et les récits de Bloemfontein lorsque nous poussons la porte du New York Restaurant. L’atmosphère change immédiatement : la lumière plus douce, le murmure des conversations, l’odeur chaude des viandes qui s’élève depuis la cuisine. Nous nous installons, encore portés par notre matinée culturelle, prêts à prolonger la découverte par les saveurs.
Très vite, les assiettes arrivent, généreuses, fumantes, parfaitement dressées. Les cuissons medium rare, maîtrisées au degré près, annoncent un déjeuner où la simplicité apparente cache un vrai savoir‑faire. Nous savourons déjà l’instant avant même d’avoir goûté.
Mon sirloin ouvre le bal : tendre, juteux, relevé par des escargots à l’ail, des olives et une touche de feta qui apporte une fraîcheur inattendue. Nad se plonge dans son Rump Jack Daniels, parfumé au whisky, poêlé avec oignons et poivre concassé, nappé d’une demi‑glace crémeuse qui enveloppe chaque bouchée. Bastien, lui, découvre un Tournedos au poivre flambé au brandy, frotté à la moutarde, relevé d’un trait de citron : un plat qui danse entre puissance et finesse. Quant à Margot, elle affronte avec un sourire un T‑Bone impressionnant, escorté d’une sauce au Roquefort qui lui donne une profondeur irrésistible.
Autour de la table, les conversations se mêlent aux parfums, les rires aux éclats de saveurs. Le vin accompagne le moment sans le dominer, les desserts des enfants prolongent la douceur, et nous réalisons que ce déjeuner est plus qu’un repas : c’est une parenthèse, un ancrage, un souvenir qui s’ajoute à notre voyage.
Lorsque l’addition arrive — 940 ZAR pour l’ensemble — nous échangeons un regard complice. La qualité, la générosité, le plaisir partagé… tout y est. Nous quittons le New York Restaurant repus, heureux, et un peu étonnés de trouver, au cœur de Bloemfontein, une table aussi chaleureuse et maîtrisée.
Un déjeuner qui restera dans notre mémoire comme l’un de ces moments où la route, la culture et la cuisine se rejoignent pour ne former qu’une seule et même expérience.
#Bloemfontein #NewYorkRestaurant #CuisineInternationale #RoadTripAfriqueDuSud #DéjeunerConvivial #SteakEtBraai #GastronomieAfriqueDuSud #VoyageCulinaire #FamilleEtVoyage #RestaurantsBloemfontein
Approvisionnement et courses à Bloemfontein : entre confort urbain et autonomie sur la route
À Bloemfontein, nous retrouvons ce mélange rassurant de modernité et de simplicité qui facilite la vie des voyageurs au long cours. Après plusieurs jours sur la route, refaire le plein — nourriture, viande, carburant, produits du quotidien — devient presque un rituel. Et ici, tout est réuni pour que ce ravitaillement se fasse sans stress, avec même un certain plaisir.
Le Northridge Mall devient rapidement notre point d’ancrage. Ses allées lumineuses, son atmosphère animée mais jamais oppressante, et surtout la présence de Pick n Pay, parfaitement approvisionné, nous offrent tout ce dont nous avons besoin pour repartir sereinement. C’est le genre d’endroit où l’on respire un peu, où l’on retrouve des repères, où l’on se sent à nouveau pleinement autonomes.
Le rayon boucherie attire immédiatement notre attention. Les étals sont impeccables, les pièces de viande soigneusement présentées, et les maturations clairement indiquées. Les Rump Steaks “Lazy Aged”, maturés 28 jours, semblent presque nous appeler. À côté, les T‑Bone et Chuck Bone sous vide affichent des prix cohérents avec ce que nous avons observé ailleurs dans le pays. La qualité saute aux yeux. On sent que le bœuf occupe une place centrale dans la culture culinaire sud‑africaine, et ces rayons en sont la preuve vivante.
Ce ravitaillement est aussi l’occasion de remettre à plat notre budget et notre logistique. Nos estimations se confirment : pour une famille de quatre, un panier complet oscille entre 180 et 300 ZAR, selon les envies et les besoins du moment. Le carburant, lui, s’affiche à 32 ZAR le litre, tandis que le DBlue, indispensable pour notre véhicule, se trouve à 900 ZAR les 10 litres. Des chiffres qui s’intègrent parfaitement dans notre plan de route et nous permettent de poursuivre l’aventure sans mauvaise surprise.
En quittant le centre commercial, sacs remplis et esprit léger, nous avons cette sensation agréable d’être prêts pour la suite. Bloemfontein nous offre tout ce qu’il faut pour rester autonomes, bien organisés et pleinement disponibles pour ce qui compte vraiment : la route, les rencontres, les paysages, et cette liberté qui nous accompagne depuis le début du voyage.
LES LOGEMENTS
LES LIENS VERS LES PHOTOS
J 1431 – Bloemfontein : entre nature,… – Au Tour du Monde | Facebook
LES LIENS
#tourdumonde #voyageenfamille #tourdumondeenfamille #raptor #Voyageavecnous #travelyourself #vivreautrement #backpacker #flashbackpacker
#traveladdict #voyagerautrement #slowtravel #slowtravelling #paysage #4×4 #4x4life #4x4adventure #travelphotography #roadtrip #ontheroad #overland #overlander #overlanding #traveladdict #toutestpossible #allispossible










Après la pause déjeuner au Wimpy de Bloemhof, encore portés par le cheese burger fondant et les onion rings croustillants, nous reprenons la route vers Bloemfontein, capitale judiciaire de l’Afrique du Sud. Le Free State déroule alors ses paysages dorés : champs de tournesols, étendues de maïs, pâturages paisibles où chevaux et zébus avancent lentement sous une lumière douce qui semble flotter au-dessus du plateau. Une route simple, belle, presque méditative, qui nous accompagne jusqu’aux portes de la ville.
À l’extérieur, la maison affiche un charme discret avec ses briques rouges contrastant avec des murs bleutés. Le patio en osier devient rapidement notre coin préféré pour profiter de l’air frais du Free State, que ce soit au petit matin ou en soirée.
14 réflexions sur «Franklin Nature Reserve– entre ciel, rochers et faune sauvage Afrique du Sud»