Évasion naturaliste et féerie chromatique au cœur de la forêt tropicale d’Ashanti à Kubease
Après avoir quitté l’effervescence urbaine et la circulation toujours aussi dense et trépidante de Kumasi, capitale historique du fier royaume Ashanti, il nous faut près d’une heure de route en direction du nord-est pour franchir les trente kilomètres qui nous séparent du paisible village de Kubease. La transition entre le tumulte des axes routiers et la sérénité végétale s’opère dès que nous apercevons les panneaux indicateurs marquant l’entrée du domaine. Nous quittons alors le goudron pour nous engager sur une piste en terre battue ocre qui serpente sur environ quatre kilomètres à travers les plantations et les lisières boisées. C’est là, au cœur du socle précambrien ouest-africain et de ses sols ferrallitiques anciens, que se cache le **sanctuaire des papillons de Bobiri à Kubease **, (accessible aux coordonnées GPS 6.6850° N, 1.3430° W). Dès notre arrivée sur le site, l’accueil bucolique des écogîtes et des bâtiments administratifs peints d’un vert forêt et de crème nous réjouit. Dans les jardins luxuriants piquetés de bougainvilliers et de buissons de Jardin de corail (Ixora coccinea – Jungle Flame – Ixora coccinea), de paisibles chats domestiques s’étirent au soleil tandis que nous observons la douceur de la vie villageoise environnante, où les mères drapées de pagnes multicolores accompagnent leurs enfants le long des chemins redessinés par la terre rouge.
En pénétrant sous la frondaison des grands arbres, nous marchons à l’ombre de véritables cathédrales végétales formées par d’immenses tiges de Bambou géant (Bambusa vulgaris – Giant Bamboo – Bambusa vulgaris) s’incurvant en tunnels frais et ombragés au-dessus de la piste. Le sol sableux et la litière de feuilles mortes regorgent d’une microfaune fascinante : nous y croisons le chemin d’un impressionnant Iule géant à pattes rouges d’Afrique de l’Ouest (Pachybolus ligulatus – Red-legged Millipede – Pachybolus ligulatus) traçant lentement sa route près de nos chaussures de randonnée, tandis que sur de larges limbes, un Criquet à tête conique des sous-bois / Criquet pyrgomorphe Slant-faced Grasshopper / Bush Grasshopper s’expose au soleil. L’atmosphère moite et tiède favorise une proximité déconcertante avec la faune ailée : alors que nous réglons nos téléobjectifs pour immortaliser la nature environnante, la magie de la forêt opère instantanément. Un petit papillon curieux vient se poser délicatement sur la manche de notre chemise blanche, attiré par les sels minéraux de la transpiration, avant qu’un autre spécimen au vol gracieux ne vienne se poser sur la joue de Bastien, totalement immobile et tout sourire face à ce contact privilégié.
Accompagnés par notre guide local passionné, nous découvrons les secrets captivants du cycle de vie des lépidoptères d’Afrique de l’Ouest. Notre guide nous explique en détail ce processus fascinant qui débute lorsqu’une femelle dépose délicatement ses œufs sous la protection d’une feuille pour les soustraire à l’appétit des prédateurs. Quelques jours plus tard, une chenille émerge et entame une phase de croissance frénétique. Cette étape larvaire s’avère vitale, car la chenille se nourrit abondamment de la végétation environnante pour accumuler toute l’énergie nécessaire à sa future métamorphose. Nous apprenons à quel point les espèces du Ghana dépendent d’une flore hôte spécifique : sans la présence de ces plantes particulières, les chenilles ne peuvent survivre, ce qui souligne l’importance capitale de protéger chaque strate de cet écosystème forestier. Une fois sa taille maximale atteinte, la chenille s’immobilise et entre en nymphose à l’intérieur d’une chrysalide suspendue. À l’abri de ce cocon, la métamorphose s’opère pendant plusieurs jours ou semaines sous l’influence du climat chaud et moite d’Ashanti, jusqu’au moment magique où l’imago se libère. Le papillon déploie alors ses ailes encore fragiles et humides, les laisse sécher au soleil filtré par la canopée, puis s’élance enfin dans les airs pour participer à la pollinisation de la forêt.
PAPILLON FORESTIER ROSE
Au fil des trouées de lumière et des sentiers détrempés de la réserve semi-décidue, nos observations naturalistes s’enchaînent avec une richesse inouïe. Nous admirons d’abord le splendide Papillon forestier rose (Euphaedra xypete – Pink Forest Glader – Euphaedra xypete), dont le revers étincelle d’une plage rose carmin bordée de macules sombres et d’un apex blanc pur d’une largeur de 2 à 5 millimètres.
Nous le surprenons aussi bien posé sur le feuillage qu’attablé sur la chair fermentée de fruits sauvages aux côtés de Mouches dorées .
Au sol, le Tartarée d’Amauris pratique le mud-puddling en creusant la boue pour ponctionner les alcaloïdes pyrrolizidiniques issus des racines d’Héliotrope qui le rendent toxique, un mimétisme réutilisé par le papillon Hypolimnas anthedon pour dissuader les prédateurs.
Forestier de Tentyra (Bebearia tentyris – Neave’s Forester – Le Forestier de Tentyra)
Au fur et à mesure que nous progressons sur la piste moite, le sol sablonneux devient le théâtre d’un spectacle fascinant : rassemblés autour des petites Flaques riches en sels minéraux, les grands voiliers s’adonnent au mud-puddling. Un vif éclat joyau attire soudain notre regard au ras de la litière : ailes entrebâillées, un mâle de Forestier de Tentyra (Bebearia tentyris – Neave’s Forester – Le Forestier de Tentyra) révèle le vert émeraude étincelant de son thorax avant de se fondre instantanément dans le sol au moindre mouvement.
Plus discret le long de la litière, le Castor africain (Ariadne enotrea – African Castor) déploie sa chaude robe acajou striée de fines ondulations roussâtres, rehaussée sur l’aile postérieure par une délicate série d’ocelles cerclés d’orange
Ariadne enotrea – African Castor – Le Castor africain
Sur les sentiers humides, nous avons également croisé le vol éclair de la Piéride forestière (Appias sylvia – Woodland Albatross), véritable bolide des sous-bois fusant à ras du sol et reconnaissable à la petite étincelle orange qui illumine la base de ses ailes blanches. Immobile sous l’ombrage frais de la strate basse, le Forestier commun (Euphaedra harpalyce – Common Early Forester) se fond à la perfection dans la végétation de Kubease grâce à son revers vert-pistache pastel, ne trahissant sa présence que par la vive étincelle orange de ses palpes labiaux.
asystasie à petite fleurs & Poppea à bordure pointillée
Piéride bleu-vert (Nepheronia thalassina – Cambridge Blue – Nepheronia thalassina)
Nous avons eu la chance d’observer également de magnifiques spécimens de Papilio nireus – Narrow-banded Blue Swallowtail – Voilier nireus, appelée aussi à queue de Swallowtail une espèce d’insectes lépidoptères qui appartient à la famille des Papilionidae présente dans la plus grande partie de l’Afrique subsaharienne, à l’exception de Madagascar. L’imago de *Papilio nireus* mesure entre 9 et 10 cm d’envergure. À l’envers, les ailes sont noires, avec les ailes antérieures portant une bande bleu-vert assez mince, traversée de veines noires, et deux macules bleu-vert à l’apex. Les ailes postérieures sont dentelées et un peu allongées, présentant une bande bleu-vert et une série de macules submarginales de même couleur.
Voilier nireus (Papilio nireus)
Mais le sanctuaire de Bobiri ne se limite pas à ce peuple d’émail et de soie. En levant les yeux vers les cimes où dominent les acajous et les fromagers centenaires, nous entendons le battement d’ailes lourd et les cris puissants des calaos, tandis que des singes aperçus entre les branches et une multitude d’oiseaux forestiers complètent cette immersion sauvage. Les démarches de conservation menées sur place par l’Institut de recherche forestière du Ghana associent étroitement les communautés locales de Kubease, garantissant un écotourisme durable qui protège ce poumon vert contre la déforestation. L’accès au sanctuaire s’effectue tous les jours de l’année et les tarifs d’entrée, incluant les services précieux d’un guide naturaliste local, restent très modiques, comptant généralement entre 30 et 50 GHS par personne (environ 2 à 4 EUR).
Vous trouverez sur ce site de nombreux articles qui traitent des lieux à ne pas manquer au Ghana.
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La Cuisine au Ghana
Toutes les informations, par région sur la gastronomie ghanéenne en suivant ce lien : La Cuisine ghanéenne
Autour du sanctuaire aux papillons de Bobiri, les options de restauration s’organisent de manière très fluide à proximité immédiate du site ou le long de l’axe routier reliant Accra à Kumasi.
Au cœur même du sanctuaire, l’éco-gîte propose une restauration familiale et traditionnelle ghanéenne préparée directement à la demande. En l’absence de restaurant permanent ouvert en continu, la solution la plus simple consiste à prévenir l’équipe d’accueil dès votre arrivée le matin. Cela permet aux hôtes de s’approvisionner en produits frais au marché pour vous concocter un repas chaud pour la mi-journée, déclinant des spécialités locales comme le riz jollof, le poulet grillé, le fufu ou le banku servi avec ses soupes épicées.
À moins de trois kilomètres du site, le village de Kubease offre une alternative très authentique grâce à ses petits chop bars et ses étals de rue échelonnés le long de la piste, parfaits pour déguster sur le pouce un waakye ou un red red à base de bananes plantains frites et de ragoût de haricots.
Pour trouver des établissements plus structurés, il faut parcourir entre dix et quinze kilomètres vers l’ouest en direction d’Ejisu, le long de la route nationale N6. Cette zone abrite plusieurs restaurants d’hôtels ainsi que des spots de grillades réputés pour leur tilapia braisé et leur poulet grillé, offrant une halte confortable pour conclure une journée d’observation sur le terrain.
IKE’S RESTAURANT BAR & GRILL
Après une longue matinée de route et d’activités, notre arrivée à Kumasi a été marquée par quelques arrêts nécessaires. Nous avons d’abord fait le plein de carburant à un prix très avantageux, 14 GHS le litre, ce qui nous a permis de continuer sereinement. Puis, un passage au distributeur s’est avéré une bonne surprise, car nous avons pu retirer 2000 GHS en une seule transaction, soit le double de ce que nous avions pu faire jusqu’à présent.
Cette matinée chargée nous a laissé avec un certain appétit. Après plusieurs jours où la diversité culinaire n’avait pas vraiment été au rendez-vous, nous étions en quête d’un bon morceau de bœuf grillé pour satisfaire nos envies. LeIke’s Restaurant Bar & Grillsemblait parfaitement correspondre à nos attentes, promettant un excellent repas pour conclure cette matinée bien remplie et amorcer la suite de notre journée à Kumasi.
Le cadre du restaurant est particulièrement soigné. Une mare d’un vert aveuglant se trouve au centre, entourée de terrasses ombragées et surélevées, offrant un espace agréable pour s’installer. L’intérieur du restaurant est tout aussi chaleureux, avec des éléments en bois qui créent une ambiance accueillante et raffinée. Les murs sont ornés de superbes tableaux, sculptures et peintures, ajoutant une touche artistique et élégante à l’ensemble.
La cuisine, quant à elle, est copieusement servie et bien réalisée. Le T-bone steak était tendre et savoureux, accompagné d’une poêlée de légumes parfaitement assaisonnés. Le bœuf en sauce, inspiré d’une recette asiatique, s’est révélé être un vrai délice, avec une viande très tendre. Les cheese steaks, qui s’apparentent au shawarma, étaient eux aussi excellents. Composés de pain français farci de fromage râpé, de poivrons et d’oignons sautés, ils offraient un mélange de saveurs savoureuses et bien équilibrées.
Pour notre dernier repas à Kumasi, nous avons décidé de retourner à Ike’s Bar & Grill, un endroit qui ne nous avait jamais déçus. Cette fois, nous avons varié nos choix pour savourer de nouvelles saveurs. Nous avons commencé avec un cheese burger au poulet, juteux et parfaitement garni d’une tranche de fromage fondant, accompagné de frites croustillantes. Les **chicken noodles** étaient également au rendez-vous, des nouilles délicatement sautées avec des légumes croquants, offrant une combinaison simple mais parfaitement équilibrée.
Le **Stir Fry Chicken**, avec ses morceaux de poulet tendrement marinés et sautés avec des légumes frais, a vraiment été l’un des points forts du repas. La sauce légère et parfumée mettait en valeur chaque bouchée, avec une harmonie de textures et de saveurs.
Mais le vrai clou du dîner a sans doute été la **langouste grillée**, un plat absolument divin. Les épices étaient subtilement dosées, sublimant la chair tendre et fraîche de la langouste. Chaque morceau fondait en bouche, laissant un délicieux goût épicé et légèrement fumé. C’était un vrai régal, qui a magnifiquement conclu notre séjour à Kumasi.
THE NOBLE RESTAURANT
Le**Noble House Restaurant**est devenu un véritable coup de cœur culinaire lors de notre séjour à Kumasi. Dès notre premier déjeuner, nous avons été conquis par la qualité de la cuisine qui mélange habilement des saveurs chinoises et indiennes. Parmi nos plats favoris, nous avons adoré le **sizzler de bœuf**, les **nems végétariens**, les **ravioles au poulet**, le **chicken curry** crémeux et épicé à souhait, sans oublier le délicieux **chicken tikka** : des morceaux de poulet désossés, marinés dans des épices indiennes et du yaourt, puis cuits à la perfection en brochettes.
Le service soigné, avec des serviettes chaudes pour commencer le repas, a également ajouté une touche de raffinement à l’expérience.
Lors de notre second passage, nous n’avons pas pu résister au **chicken butter**, le célèbre curry indien à la sauce tomate épicée, une véritable explosion de saveurs. Nous avons aussi succombé au **Biryani de mouton**, un plat royal joliment épicé, avec des couches parfumées de riz biryani, et enfin, les **kakka noodles chicken** ont été une véritable révélation, mêlant nouilles et poulet avec une intensité de goût qui nous a totalement séduits.
Chaque plat est une expérience à part, confirmant que le **Noble House** est une adresse incontournable pour un repas mémorable à Kumasi.
BOSUMTWI PARADISE LODGE
Après avoir profité de la beauté et du calme du lac Bosumtwi, nous nous dirigeons vers le**Bosumtwi Paradise Resort**pour le déjeuner. Ce charmant établissement, situé au bord du lac, offre une vue imprenable sur les eaux paisibles et les montagnes environnantes. Avant de passer à table, nous repérons un vieux billard un peu bancal. Malgré cela, je prends plaisir à affronter quelques jeunes Ghanéens présents. Et là, la magie opère : je gagne tous les matchs, alignant les victoires consécutives avec une satisfaction non dissimulée.
Après cette série de victoires, nous nous installons à une table en terrasse, où nous sommes chaleureusement accueillis par le personnel. Le cadre, simple et élégant, est idéal pour se détendre après une matinée au grand air. Nous commandons des blancs de poulet panés aux céréales accompagnés de frites et des brochettes de bœuf servies avec du riz. Si le poulet est correct, le bœuf, quant à lui, est immangeable. Nous renvoyons le plat en cuisine, et après une dizaine de minutes, il nous revient pratiquement inchangé. C’est une situation exceptionnelle, mais il est hors de question de payer ce plat décevant.
Malgré ce petit incident, nous apprécions l’atmosphère détendue du **Bosumtwi Paradise Resort** et la vue magnifique sur le lac, ce qui fait de cette halte un moment mémorable de notre journée autour du lac Bosumtwi.
Logistique et ravitaillement autour de Bobiri : Organiser son autonomie entre Kubease et Ejisu
Aux portes immédiates du sanctuaire aux papillons, le village de Kubease constitue une solution de dépannage rapide pour les petits besoins du quotidien. En arpentant ses ruelles, vous trouverez de petites échoppes familiales proposant de l’eau conditionnée en bouteille ou en sachets, des rafraîchissements, des biscuits ainsi que des produits d’hygiène de base. Les kiosques de transfert d’argent mobile y sont également bien implantés pour recharger du crédit téléphonique. Cependant, le village ne dispose ni de station-service officielle ni de guichet automatique, rendant indispensable une anticipation logistique en amont.
Pour un ravitaillement complet, il convient de se rendre à Ejisu, située à une quinzaine de kilomètres à l’ouest le long de la route nationale N6. Cette ville commerçante fait office de véritable hub logistique pour l’ensemble de la zone. Le long de l’axe principal, plusieurs grandes enseignes pétrolières telles que GOIL, Shell, TotalEnergies et Star Oil permettent d’effectuer le plein de gazole ou d’essence et d’assurer l’entretien rapide du véhicule.
C’est également à Ejisu que se concentrent les principales agences bancaires (GCB Bank, Ecobank, Fidelity Bank, Absa) équipées de distributeurs automatiques de billets opérationnels en continu pour retirer des espèces en Cedis ghanéens avec des cartes internationales.
Sur le plan alimentaire, le marché couvert d’Ejisu regorge de produits frais, de fruits de saison, d’œufs et de légumes locaux, tandis que les supérettes échelonnées le long de la voie nationale permettent de faire le plein d’eau potable en bonbonnes, de conserves et d’épicerie sèche. En poussant à environ dix-huit kilomètres vers Fumesua, vous trouverez également des pharmacies bien approvisionnées pour compléter votre trousse de secours en antiseptiques et répulsifs. Pour aborder vos sessions de prospection en toute sérénité, l’idéal reste d’effectuer vos retraits d’argent liquide et vos achats majeurs à Ejisu avant d’emprunter la piste en terre vers Kubease, le sanctuaire et les commerces locaux fonctionnant exclusivement en numéraire.
LES LOGEMENTS
Pour séjourner à proximité du sanctuaire aux papillons de Bobiri, plusieurs possibilités s’offrent à vous selon le niveau de confort recherché et votre rythme de prospection sur le terrain.
Directement située au cœur de la réserve à Kubease, la Bobiri Forest Guest House (gérée sous l’égide de l’Institut de recherche forestière FORIG) permet d’habiter au plus près des écosystèmes. Il s’agit d’un éco-gîte rustique proposant des chambres simples avec sanitaires de base et électricité. C’est l’option idéale pour les naturalistes souhaitant être à pied d’œuvre dès les premières lueurs du jour, quand la forêt s’éveille et que la lumière commence à filtrer sous la canopée.
En rejoignant la route nationale N6 à une quinzaine de kilomètres à l’ouest du sanctuaire, la ville d’Ejisu abrite plusieurs établissements hôteliers plus classiques et confortables (tels que l’Anita Hotel et diverses guesthouses locales). Vous y bénéficierez de chambres climatisées, du Wi-Fi et d’un service de restauration plus structuré, le tout à une vingtaine de minutes de route de la piste de Kubease.
Si vous privilégiez un standing supérieur offrant piscine, prestations internationales et grands buffets, il est préférable de loger dans la métropole de Kumasi. Il faut alors compter entre 45 minutes et une heure de trajet en véhicule selon la densité du trafic sur la nationale, une contrepartie qui permet de retrouver un niveau de confort très élevé après vos sessions d’observation.
L’endroit est mis en location par Kersti, un hôte très sympathique, toujours disponible et serviable, ce qui rend notre séjour encore plus agréable. Cet appartement est idéal pour nous, d’autant plus que Kumasi est notre dernière étape de la saison XIII avant notre retour en France pour une quinzaine de jours, afin de revoir amis et famille.
Ce qui nous importait particulièrement à ce stade du voyage, c’était de disposer d’un logement confortable, et cet appartement coche toutes les cases, notamment grâce à la présence d’une machine à laver, un luxe indispensable après ces semaines d’aventure.
De plus, l’appartement est situé à proximité d’un grand Mall, un immense supermarché avec des galeries marchandes, un type d’infrastructure que nous n’avions pas vu depuis Abidjan. Cela rend notre séjour encore plus pratique pour faire des courses et accéder aux commodités locales.
Quand partir ?
Pour profiter pleinement du sanctuaire aux papillons de Bobiri, l’observation dépend directement du cycle des saisons et des précipitations en Afrique de l’Ouest.
La fin de la grande saison des pluies (Octobre à Décembre) – La période reine
C’est le moment le plus propice de l’année. Après l’abondance des pluies estivales, la forêt est luxuriante, l’humidité ambiante est maximale et la végétation basse offre une profusion de ressources larvaires et florales. Le retour progressif d’un soleil généreux incite les imagos à émerger en masse. C’est durant ces mois que vous observerez la plus forte densité de papillons, tant en diversité d’espèces qu’en nombre d’individus s’adonnant au mud-puddling sur les pistes humides.
La transition de début d’année (Mars à Mai) – Une excellente alternative
Lorsque les premières pluies printanières viennent interrompre la saison sèche, la forêt de Bobiri reverdit rapidement. Cette transition stimule une nouvelle vague d’éclosions. Les températures sont chaudes, les rayons du soleil filtrent à travers la canopée et la floraison des plantes de lisière attire une grande variété de Piérides, Papilionidés et Nymphalidés.
Les périodes moins favorables
Le cœur de la grande saison des pluies (Juin à Août) : Les fortes averses quotidiennes et l’ennuagement prolongé réduisent fortement l’activité des papillons, qui restent abrités sous le feuillage. De plus, la piste en terre menant du village de Kubease au sanctuaire peut devenir très difficile d’accès.
Le pic de l’Harmattan (Janvier à Février) : Ce vent sec venu du Sahara apporte une atmosphère poussiéreuse et assèche la litière forestière. L’activité alaire diminue nettement et les rassemblements au sol se font plus rares.
Quel budget ? Budget Estimatif pour 4 Personnes au Sanctuaire de Bobiri
Pour planifier une excursion à quatre au sanctuaire aux papillons de Bobiri, le budget global reste très abordable, que ce soit pour une simple journée d’exploration ou pour une immersion complète au cœur de la forêt.
Tableau synthétique des dépenses
Poste de dépense
Estimation pour 4 (GHS)
Estimation pour 4 (EUR)
Remarques & Détails
Droits d’entrée
320 – 480 GHS
20 – 30 €
Tarif visiteurs non-résidents (~80 à 120 GHS / personne)
Guide naturaliste
100 – 150 GHS
6 – 10 €
Forfait pour l’accompagnement par un guide officiel du FORIG
Repas (1 déjeuner)
320 – 480 GHS
20 – 30 €
Plat traditionnel et boisson sur réservation (~80 à 120 GHS / personne)
Transport A/R (Taxi)
500 – 800 GHS
35 – 55 €
Taxi privatisé à la journée depuis Ejisu ou Kumasi (avec temps d’attente)
Hébergement (1 nuit)
600 – 1 000 GHS
40 – 70 €
Réservation de deux chambres doubles à la Bobiri Forest Guest House
Pour une excursion d’une journée sans nuitée sur place, le montant total pour l’ensemble du groupe s’élève entre 1 300 et 1 900 Cedis ghanéens, soit l’équivalent de 80 à 120 Euros au total. Cela ramène l’escapade à environ 20 à 30 Euros par personne, couvrant les accès au parc, le guidage spécialisé sur les pistes, le déjeuner traditionnel ainsi que la privatisation du transport depuis les villes voisines.
Si vous privilégiez une immersion de vingt-quatre heures avec une nuitée au sein de la réserve, le budget global pour quatre personnes oscille entre 2 500 et 3 800 Cedis, soit 160 à 240 Euros pour l’équipe au complet. Cette formule englobe la nuitée en chambres doubles à la guesthouse forestière, le dîner du soir, le petit-déjeuner, le repas de midi ainsi que l’ensemble des prestations de guidage.
Sur le plan logistique, il est indispensable de prévoir l’intégralité de cette somme en espèces (Cedis ghanéens) en effectuant un retrait à Kumasi ou à Ejisu avant de vous engager sur la piste, car aucun règlement par carte bancaire n’est possible sur le site. Il est également coutumier d’ajouter une gratification de 50 à 100 Cedis pour le guide naturaliste qui vous accompagnera dans la recherche des espèces de sous-bois.
Que faire aux environs ?
La visite incontournable : Le Sanctuaire traditionnel Ashanti d’Ejisu Besease (UNESCO)
Situé à seulement 15 kilomètres à l’ouest du sanctuaire de Bobiri (juste à l’entrée de la ville d’Ejisu), le sanctuaire traditionnel d’Ejisu Besease constitue la halte culturelle et historique absolument immanquable de la région.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO parmi les derniers témoins de l’architecture traditionnelle du Royaume Ashanti, ce lieu spirituel est une merveille d’artisanat ancestral. Le bâtiment, construit selon la technique traditionnelle des murs en cl clay (torchis) renforcés de bambou et surélevés sur une plate-forme en terre battue, entoure une cour intérieure sacrée. Les façades sont ornées de sublimes bas-reliefs géométriques et symboliques (Adinkra) moulés dans l’argile, représentant des animaux totem, des proverbes et des motifs de protection spirituelle.
Au-delà de sa valeur architecturale unique, Besease est un haut lieu de la mémoire nationale ghanéenne. C’est ici que venait se recueillir et consulter les oracles la célèbre reine guerrière Yaa Asantewaa, figure héroïque qui mena la révolte ashanti contre la colonisation britannique au début du XXe siècle. La visite, menée par un guide local passionné, permet de pénétrer dans le sanctuaire des prêtres féticheurs et de découvrir l’histoire fascinante de la cosmogonie ashanti.
Alternative artisanale à moins de 25 km : Le village royal de Bonwire
Si vous préférez combiner nature et artisanat textile, le village de Bonwire, situé à environ 22 kilomètres au nord-ouest de Bobiri, est le berceau mondial du célèbre tissu Kente.
C’est dans ce village traditionnellement rattaché à la cour royale que sont tissées depuis des siècles ces étoffes aux motifs géométriques complexes et aux couleurs éclatantes (or, vert, rouge, bleu). En vous promenant dans le village, vous pourrez observer les maîtres-tisseurs orchestrer le va-et-vient hypnotique de leurs métiers à tisser en bois et comprendre la signification symbolique de chaque motif porté autrefois exclusivement par les rois et les nobles Ashanti.
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