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Spitzkoppe : le Cervin de Namibie, entre mystère et majesté NAMIBIE +

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🚙 De Swakopmund à Okambishi’s Rest — Sur la route des cathédrales de granit

Nous quittons Swakopmund en matinée, moteurs tièdes, et prenons la B2 vers l’intérieur. La mer s’efface progressivement derrière nous, l’air salin se raréfie, et la lumière devient plus sèche, plus verticale. Le trajet, d’environ 140 à 150 kilomètres, se parcourt en 1h20 à 1h45, selon les arrêts et les conditions. Il offre une transition progressive entre le littoral atlantique et les reliefs granitiques de l’intérieur.

Peu après la sortie de la ville, nous franchissons la bouche du Swakop et la passerelle qui enjambe son lit asséché. Ce point marque le basculement paysager : derrière nous, les dunes côtières et les brumes marines ; devant, une plaine minérale qui s’étire vers l’est. C’est un bon endroit pour vérifier les réserves, respirer un air plus sec, et observer les premières strates géologiques du plateau.

Plus loin, Arandis constitue une halte technique et informative. Ville liée à l’exploitation de la mine d’uranium de Rössing, elle témoigne de l’empreinte industrielle dans la région de l’Érongo. Les terrils et les installations minières visibles au loin rappellent le rôle de l’extraction dans l’économie locale. La station-service et le café permettent de faire le plein, tant pour le véhicule que pour les voyageurs.

En poursuivant, la vallée du Khan se déploie comme une lecture géologique à ciel ouvert. Lits de galets, méandres asséchés, ripisylves clairsemées : chaque élément raconte les crues passées et la manière dont l’eau façonne sporadiquement ce paysage aride. Nous aimons nous arrêter au bord d’un pont ou d’un méandre accessible pour observer les textures du lit, écouter le silence, et parfois surprendre un klipspringer ou un oiseau discret.

À l’approche d’Usakos, le paysage change subtilement. La ville apparaît dans une cuvette semi-aride, bordée de collines et de formations rocheuses. Les infrastructures visibles — une ancienne locomotive à vapeur, un château d’eau rouge sur pilotis, des réservoirs cylindriques, et une antenne de télécommunication — témoignent d’un passé ferroviaire et industriel encore présent. La gare, les bâtiments techniques et les entrepôts rappellent le rôle de la ville comme point de transit régional.

La végétation est clairsemée : quelques palmiers, des acacias résistants, et des buissons adaptés à la sécheresse. Le sol est sablonneux, ponctué de gravier et de roches. L’atmosphère est calme, presque suspendue, avec une lumière dure qui accentue les contrastes entre les structures humaines et le relief naturel.

Nous longeons la rue principale, faisons quelques courses dans le supermarché central, puis reprenons la piste qui mène à Lot 28, en direction d’Okambishi’s Rest, au pied des massifs granitiques.

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🌄 Approche du Spitzkoppe – Silence minéral au lever du jour

Entre émotion géologique et lumière suspendue

Tôt ce matin, nous quittons Okambishi’s Rest, le cœur encore imprégné de ses teintes chaudes et de ses murmures de jardin. La piste s’étire vers l’est, et déjà, au loin, le Gross Spitzkoppe se dresse comme une promesse. Nous nous levons avant l’aube, dans ce moment suspendu où le monde hésite encore entre nuit et jour.

L’approche se fait en silence. Les dômes granitiques émergent lentement de l’obscurité, comme des géants endormis. La lumière est froide, presque bleutée, et les nuages dominent encore le ciel, filtrant les premiers rayons. Le Spitzkoppe ne se révèle pas d’un coup — il se laisse deviner, ligne sombre sur fond de ciel pâle, puis masse imposante, striée, fissurée, sculptée par le temps.

Le Spitzkoppe est un inselberg, une “montagne île” née de l’érosion différentielle. Il s’agit d’un pluton granitique, vestige d’une chambre magmatique formée il y a environ 120 millions d’années, lors de la séparation du Gondwana. Ce magma, refroidi lentement sous terre, a donné naissance à un granite dur, résistant, que les millénaires ont mis à nu en effaçant les couches plus tendres qui l’entouraient.

Les formes arrondies, les arches naturelles, les blocs perchés — tout cela résulte de l’altération sphéroïdale, processus par lequel l’eau et les variations thermiques attaquent les angles du granite, le polissant peu à peu. Les teintes rougeâtres viennent de l’oxydation des minéraux ferreux, et les veines plus claires révèlent des intrusions de feldspath ou de quartz.

Chaque fissure, chaque faille raconte une histoire : celle des pressions tectoniques, des cycles climatiques, des cristallisations lentes et des effondrements progressifs. C’est une géologie visible, presque tactile, qui donne au lieu son caractère sacré — non pas religieux, mais tellurique.

En marchant vers les dômes, on ressent une forme de respect instinctif. Le sol est sec, couvert de graminées dorées, de buissons résistants, et parfois d’un acacia solitaire. Le vent est discret, comme s’il n’osait troubler l’équilibre. On entre dans un espace où le temps ne s’écoule pas, il s’accumule.

Le Spitzkoppe ne se visite pas, il se contemple. Il impose le silence, invite à la lenteur, et offre à ceux qui l’approchent une leçon de patience géologique. C’est une cathédrale sans clocher, un sanctuaire de roche, où chaque pas est une révérence.

🪨 Spitzkoppe – Entrée dans le sanctuaire géologique

Entre granite, lumière et lenteur minérale

Nous arrivons à l’entrée du site, où les droits d’accès sont réglés sans détour : 720 NAD pour quatre personnes, les enfants de 15 ans étant ici considérés comme adultes. Une formalité qui marque le passage du monde habité vers le monde minéral.

MAP OF SPITZKOPPE

Dès les premiers mètres, la piste serpente entre les blocs de granite rouge, arrondis, fissurés, parfois perchés comme en équilibre. Ces formes ne sont pas le fruit du hasard : elles résultent de millions d’années d’érosion sphéroïdale, où l’eau, le vent et les variations thermiques ont lentement poli les angles, creusé les failles, et sculpté les masses.

Mais ce matin, ce ne sont pas que les roches qui attirent notre attention. Une troupe de pintades couronnées  de Numidie (Numida meleagris) traverse le sentier en courant, leurs corps massifs constellés de taches blanches, leurs têtes bleues et rouges surmontées d’un casque osseux. Elles caquètent, s’arrêtent, repartent, toujours en alerte. Ces oiseaux grégaires, omnivores et farouches, incarnent la vigilance du bush.

Plus loin, perché sur une branche tordue, un calao de Monteiro (Monteiro’s Hornbill – Tockus monteiri) nous observe. Son bec rouge légèrement courbé, son œil sombre, son dos tacheté de blanc et sa silhouette élancée le distinguent nettement. Il pousse quelques cliquetis sonores, typiques de l’espèce, avant de s’envoler dans un battement d’ailes contrasté. Ce calao, endémique des savanes arides, fréquente les zones boisées et les lits de rivières asséchés.

Le Gross Spitzkoppe, culminant à 1728 mètres, domine l’horizon comme un témoin du passé magmatique de la région. Ce pluton granitique, vestige d’une chambre magmatique formée il y a plus de 100 millions d’années, a été mis à nu par l’érosion différentielle. Autour de lui, les Pontoks, les arches naturelles, les rochers perchés racontent une histoire de lente transformation, de stabilité apparente et de mouvement invisible.

La végétation est discrète mais tenace : acacias, buissons épineux, lichens, tous adaptés à l’aridité et aux sols pauvres. Le contraste entre la minéralité dominante et les signes de vie crée une tension poétique, où chaque plante semble défier le granite.

Rouler ici, c’est traverser une archive géologique à ciel ouvert, où chaque bloc est une page, chaque faille une phrase, chaque ombre une ponctuation. Le silence est total, la lumière rasante, et le paysage impose une forme de lenteur respectueuse.

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🪨 L’Arche de Spitzkoppe – Érosion, équilibre et mammifère discret

Quand le granite devient pont et le rocher refuge

Nous nous dirigeons vers l’un des phénomènes naturels les plus emblématiques du Spitzkoppe : l’Arche, cette formation granitique spectaculaire qui semble défier la gravité. Sculptée par des millions d’années d’érosion, elle relie deux blocs massifs par une courbe parfaite, comme un pont minéral suspendu dans le désert.

Ce type d’arche est le fruit de l’altération sphéroïdale, où les variations thermiques, les infiltrations d’eau et les vents abrasifs attaquent les zones de faiblesse du granite. Les fissures s’élargissent, les angles s’arrondissent, et peu à peu, le rocher se creuse jusqu’à former cette structure aérienne. Le granite ici, vieux de plus de 100 millions d’années, témoigne d’un passé magmatique profond, mis à nu par l’érosion différentielle.

Autour de nous, le paysage est minéral et doré : des blocs arrondis, des touffes de graminées, quelques acacias tordus, et une lumière rasante qui découpe les formes. Le silence est total, à peine troublé par le cri d’un calao ou le bruissement d’un lézard.

Et soudain, une silhouette surgit d’une fissure rocheuse : un daman du Cap des rochers (Procavia capensis), petit mammifère au corps trapu, aux yeux sombres et aux oreilles rondes. Il nous observe, immobile, parfaitement camouflé dans la teinte ocre du granite. Ce proche parent… de l’éléphant (!), malgré sa taille modeste, est un maître du camouflage et de la thermorégulation. Il vit en colonies, se nourrit de végétaux, et utilise les crevasses pour se protéger des prédateurs et des excès de chaleur.

Notre rencontre est brève mais précieuse. Le daman se fige, puis disparaît dans une faille, comme absorbé par la roche elle-même. L’Arche, elle, reste là, immobile et majestueuse, témoin d’un temps géologique qui dépasse l’échelle humaine.

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🪨 Rock Pool – Miroir d’eau dans un monde minéral

Quand le granite retient la lumière

Après l’Arche, nous poursuivons notre exploration vers une autre curiosité géologique : le Rock Pool, cette dépression naturelle creusée dans le granite, où l’eau s’accumule après les rares pluies. À première vue, c’est une simple flaque. Mais dans ce décor aride, c’est un miracle liquide, un miroir dans le désert, un refuge pour la vie.

Le bassin est bordé de couches minérales sombres, contrastant avec les teintes orangées du granite environnant. Ces strates, parfois noircies par des dépôts de manganèse ou de fer, témoignent de l’altération chimique du granite sous l’effet de l’eau stagnante. Le fond est lisse, poli par le ruissellement et les siècles.

Autour, le paysage est minéral et sculptural : des blocs arrondis, des dômes perchés, des fissures profondes. Deux silhouettes humaines, minuscules sur les hauteurs, rappellent l’échelle monumentale du lieu. Le silence est total, à peine troublé par le cri d’un calao ou le bruissement d’un lézard camouflé dans les brindilles.

Le Rock Pool, malgré sa taille modeste, joue un rôle écologique : il retient l’humidité, attire les insectes, nourrit les oiseaux, et parfois même les petits mammifères comme le daman. C’est un point d’eau temporaire, mais vital, dans un environnement où chaque goutte compte.

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Small Bushmen Paradise – Mémoire des San sur la pierre

Marcher jusqu’à l’abri du Small Bushmen Paradise est déjà une expérience en soi. Le chemin oblige à ralentir, à observer, à se mettre dans la disposition d’esprit de ceux qui, il y a des millénaires, ont choisi ces parois pour inscrire leur monde. À l’ombre du surplomb, les pigments apparaissent, fragiles mais tenaces, comme des voix anciennes qui refusent de disparaître.

Les San, peuple de chasseurs-cueilleurs, ont utilisé ces parois comme support de mémoire et de spiritualité. Les peintures, réalisées à l’ocre, au charbon, parfois mêlées de graisse animale ou de sang, ne sont pas de simples ornements. Elles sont des récits, des prières, des enseignements. On y distingue des silhouettes humaines, souvent dans des postures dansantes ou rituelles, qui évoquent les transes chamaniques au cœur de leur cosmologie. À côté, des animaux apparaissent : antilopes élancées, girafes au cou disproportionné, zèbres, rhinocéros, et même un éléphant blanc, figure rare et probablement sacrée. Ces représentations ne sont pas réalistes au sens moderne, mais stylisées, accentuant les traits essentiels, les cornes, les sabots, les queues, comme pour mieux saisir l’esprit de l’animal plutôt que son apparence.

Certaines scènes racontent la chasse, avec des archers courant derrière des troupeaux, mais elles ne sont pas seulement descriptives. Elles traduisent une vision où l’homme et l’animal se confondent, où le chasseur devient l’antilope, où la danse devient passage vers un autre monde. Les motifs abstraits, cercles, lignes, points, spirales, sont interprétés comme des marques de transe, des cartographies spirituelles, des signes de transformation. On remarque aussi des superpositions, preuve que le site a été utilisé sur plusieurs générations, chaque couche ajoutant une voix nouvelle à la mémoire collective.

Un guide local nous raconte ces histoires avec respect, expliquant comment les pigments étaient extraits des terres riches en fer, des cendres, des plantes, et appliqués avec des pinceaux rudimentaires ou directement avec les doigts.

Il évoque les mythes de transformation, les rituels de guérison, les danses où l’animal et l’homme s’unissaient. Écouter ces mots face aux dessins, c’est entrer en résonance avec ceux qui ont vécu ici, qui ont vu, senti, dansé, et laissé une trace.

Nous observons sans toucher, conscients de la fragilité extrême de ces pigments. Le site parle à voix basse, mais il parle. Il dit la présence humaine, la relation au vivant, la mémoire des gestes. Il dit que l’art peut être utile, sacré, partagé. Et dans ce désert minéral, ces traits rouges et bruns deviennent une bibliothèque ouverte, un livre de pierre où l’histoire des San continue de se lire.

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🪶 Bushmen’s Paradise – Gravir la mémoire rupestre

Entre paroi, pigments et panorama

Nous poursuivons notre itinéraire vers Bushmen’s Paradise, un site plus vaste et plus spectaculaire que le précédent. Depuis l’entrée, la piste longe les Old Graves, ces tombes anciennes qui témoignent d’une occupation humaine durable dans la région. Elles sont discrètes, presque effacées par le temps, mais leur présence ajoute une dimension funéraire et historique à la marche.

L’accès au site demande un effort physique : il faut grimper sur plusieurs dizaines de mètres, le long d’une paroi rocheuse inclinée, aidés par une chaîne métallique solidement ancrée. Sous le soleil namibien, l’ascension devient une épreuve, mais elle est récompensée par une vue panoramique sur les dômes granitiques, les plaines dorées et les formations érodées du Spitzkoppe.

Au sommet, il faut redescendre légèrement et tourner à gauche pour découvrir les peintures rupestres, abritées sous un surplomb. Elles sont plus nombreuses et mieux conservées que celles du Small Bushmen Paradise. On y distingue des antilopes élancées, des figures humaines en mouvement, des scènes de chasse, et des motifs abstraits qui pourraient représenter des états de transe ou des symboles rituels. Certaines figures sont datées de plus de 2000 ans, réalisées par les San, peuple de chasseurs-cueilleurs qui occupait ces terres bien avant l’arrivée des pasteurs et des colons.

Les pigments, appliqués à l’ocre rouge, au charbon et à la graisse, résistent étonnamment bien à l’épreuve du temps. Ils racontent une histoire de spiritualité, de transmission, de lien au vivant. Le site est fragile, exposé à l’érosion, aux visiteurs imprudents, mais il conserve une force intacte. Observer ces dessins, c’est entrer dans une mémoire sans mots, où chaque trait est une voix, chaque animal une présence, chaque paroi un livre ouvert.

La descente se fait par le même chemin, prudente, concentrée, avec le sentiment d’avoir touché du regard une archive sacrée, gravée dans le granite.

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Après ce temps de lecture du passé,

🪶 Nature Reserve de Spitzkoppe – Entre fresques anciennes et faune perchée

Quand la roche devient refuge, mémoire et observatoire

Pour pénétrer dans le secteur du Lodge de Spitzkoppe, il faut être accompagné d’un guide local, obligatoire pour accéder à la Nature Reserve, zone protégée où se mêlent patrimoine culturel et biodiversité discrète. Le départ se fait depuis l’accueil, et très vite, le sentier nous entraîne dans un paysage de blocs arrondis, de fissures profondes et de silence vibrant.

En chemin, la faune se révèle. Sur une roche surélevée, une petite antilope nous observe, immobile, presque invisible : c’est un oréotrague du Cap  (Oreotragus oreotragus oreotragus), espèce naine au museau pointu et aux yeux immenses, parfaitement adaptée aux milieux arides. Plus loin, posé sur un promontoire, un aigle de Verreaux (Aquila verreauxii) scrute l’horizon. Son plumage noir, ses épaules blanches et son regard perçant en font un prédateur emblématique des zones rocheuses.

Dans une clairière, des zèbres de montagne (Equus zebra hartmannae) broutent paisiblement. Leur robe rayée, plus fine que celle des zèbres des plaines, leur permet de mieux se fondre dans les reliefs. Ils sont endémiques des régions escarpées du nord-ouest namibien, et leur présence ici témoigne de la richesse écologique du site.

Et puis, perché sur une branche nue, un Inséparable à face rose Agapornis roseicollis  nous offre une touche de couleur vive. Son plumage vert, sa face rouge et son cri aigu tranchent avec la minéralité ambiante. Espèce sociale et cavernicole, elle niche souvent dans les anfractuosités des rochers.

Le guide nous mène ensuite vers un abri rupestre, où apparaissent des peintures San : silhouettes humaines, antilopes stylisées, motifs abstraits. Ces fresques, vieilles de plusieurs siècles, sont réalisées à l’ocre et au charbon, et témoignent d’une culture de chasseurs-cueilleurs profondément liée à son environnement. Le guide évoque les rituels, les pigments, les mythes. On écoute, on observe, on respecte.

La Nature Reserve de Spitzkoppe est un sanctuaire discret, où la roche parle, les animaux se cachent, et l’histoire humaine s’inscrit en silence.

🪶 Golden Snake – Le serpent de pierre et la mémoire des San

Quand l’art rupestre épouse les plis du granite

Notre guide nous mène à travers les blocs arrondis et les couloirs rocheux vers l’un des sites les plus emblématiques de Spitzkoppe : le Golden Snake, une peinture rupestre nichée dans une cavité discrète, protégée du vent et du soleil. Il faut grimper, se faufiler, parfois se pencher, pour atteindre ce sanctuaire minéral. Et là, sur une paroi légèrement incurvée, le serpent apparaît.

Il ne s’agit pas d’un serpent réaliste, mais d’une forme ondulante, tracée à l’ocre rouge, qui épouse les reliefs de la roche comme s’il en était issu. Sa longueur, son mouvement, sa position — tout semble pensé pour dialoguer avec la pierre. Cette œuvre, attribuée aux San, peuple de chasseurs-cueilleurs ayant occupé la région pendant des millénaires, est datée de plus de 2000 ans. Elle pourrait représenter un symbole de fertilité, de transformation, ou de pouvoir chamanique, le serpent étant souvent associé aux forces souterraines et aux cycles de vie.

 

Le site est situé dans une zone granitique formée il y a environ 700 millions d’années, lors de la période Proterozoïque. Le granite rose de Spitzkoppe, riche en feldspath et en quartz, a été mis à nu par l’érosion, sculpté par le vent, la pluie et les écarts thermiques. Ce pluton magmatique, vestige d’une chambre souterraine, offre aujourd’hui des formes arrondies, des arches, des crevasses — autant de supports naturels pour l’art rupestre.

Le Golden Snake se distingue par sa intégration parfaite au support, comme si le serpent avait été gravé par la roche elle-même. Le guide nous explique que les San choisissaient leurs parois avec soin, en fonction de l’orientation, de la texture, et parfois même des résonances acoustiques. Ce serpent, placé dans une cavité semi-fermée, pourrait avoir servi de point de rituel, de lieu de transmission orale, ou de repère territorial.

Autour, le paysage est brut : des blocs empilés, des fissures profondes, des arbres secs qui poussent dans des interstices improbables. Le silence est total, et la lumière rasante révèle les pigments, les grains, les ombres. Observer le Golden Snake, c’est entrer dans une mémoire sans mots, où chaque ondulation raconte une histoire, chaque pigment une intention, chaque pierre une présence.

#05Décembre2025 #Spitzkoppe #SpitzkoppeExperience #RockArt #GraniteCathedral #Stargazing #Namibie

FAUNE ET FLORE

tortue léopard (Stigmochelys pardalis)

touracos concolores (Crinifer concolor)

pintades couronnées  de Numidie (Numida meleagris)

daman du Cap des rochers (Procavia capensis)

calao de Monteiro (Monteiro’s Hornbill – Tockus monteiri)

oréotrague du Cap  (Oreotragus oreotragus oreotragus),

aigle de Verreaux (Aquila verreauxii)

Inséparable à face rose Agapornis roseicollis

zèbres de montagne (Equus zebra hartmannae)

VIDEOS  

AUTRES ARTICLES SUR la Namibie à DISPOSITION :

Vous trouverez sur ce site de nombreux articles qui traitent des lieux à ne pas manquer en Namibie.
vous pouvez faire une recherche par nom de ville en utilisant la loupe en haut à droite ou retrouver la liste complète en suivant ce lien : ARTICLES VILLES DE LA NAMIBIE

La Cuisine 

Toutes les informations, par région sur la gastronomie namibienne en suivant ce lien : La Cuisine namibienne

Nom / Endroit Type de cuisine / ce qu’on y trouve Fourchette de prix estimée*
Oasis Food Stall cc Food-stall / fast food. Snacks, biltong, droëwors, “pies”, hot-dogs, burgers, “jaffels”, quiches, boissons, cafés. Atmosphère informelle, à emporter ou sur place. Repas léger / snack : ~ N$ 80-150 (~ 5-10 €) selon ce que tu prends. Boissons plus.
Big Brothers Restaurant Restaurant de guesthouse, offre de petits-déjeuners, déjeuners, dîners. Plats variés, pizzas, plats du jour. Bar sur place. Ambiance plus confortable. Plat principal : N$ 150-250 (~ 9-15 €) ; un repas complet (entrée + plat + boisson) pourrait monter à N$ 300-400 (~ 18-25 €) selon le standing.
Usakos Bistro Bistrot / casual dining. Carte variée : curry d’agneau ou de poulet, steaks (T-bone), salades, options “braai”. Ambiance relax. Plat principal : N$ 150-250 (~ 9-15 €) ; les steaks ou plats grillés peuvent être un peu plus chers, selon accompagnements.

* Estimations basées sur les informations disponibles en lignes et les prix moyens à Usakos. Les prix exacts dépendront du plat, des boissons, de l’accompagnement, etc.

🥩 Oasis Food Stall – Une halte savoureuse à Usakos

Entre ranch rustique et cuisine généreuse

À Usakos, sur la route des cathédrales de granit, nous faisons halte à Oasis Food Stall, une adresse locale qui mêle authenticité et convivialité. L’entrée donne l’impression de pénétrer dans un ranch : toit de chaume, poutres en bois, graffitis de voyageurs sur les murs et les plafonds — chaque signature raconte un passage, une pause, une anecdote.

À l’intérieur, une petite boutique où défilent les habitants, tous visiblement en quête d’un biltong de qualité. Nous ne résistons pas à l’appel et repartons avec notre propre réserve, séchée et savoureuse.

Côté repas, le service est impeccable et souriant. Le T-bone de 500g, parfaitement cuit en Rare Medium, révèle une marinade subtile et une viande tendre, aux arômes profonds. Margot et Nad choisissent un chicken schnitzel copieux, croustillant à l’extérieur, moelleux à l’intérieur. Bastien opte pour un Hake fillet, poisson frais pané, équilibré et bien présenté.

L’addition, autour de 1000 NAD, reste raisonnable compte tenu des portions et des boissons : trois grandes bières, un Sprite et deux eaux. Une halte qui allie cadre rustique, cuisine généreuse et ambiance locale, au cœur de l’Érongo.

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MAGASINS ALIMENTATION

🛒  à Usakos

Nom / Lieu Ce que l’on y trouve / type de produits estimés
OK Foods Supermarché généraliste ; on y trouve vraisemblablement viande, produits de base, légumes, boissons.
Namib Oasis Food Stall (Oasis Food Stall) Plus un food stall qu’un magasin, mais ils vendent snacks, boissons, peuvent avoir quelques produits de viande ou boissons.

CARBURANT

⛽ Stations de carburant à Usakos

Nom de la station Adresse / Repère Services / Remarques utiles
Shell Usakos Sur la route B2, à Usakos, près de la jonction avec la route allant à Swakopmund et Karibib. Offre Shell classique : essence, diesel. Boutique associée. Bon point pour se ravitailler avant ou après des étapes dans le désert.
Oasis Service Centre (Shell) Zone Usakos. Station Shell avec plusieurs types de carburant, y compris Shell V-Power pour ceux qui veulent de l’essence de meilleure qualité
Engen One Stop Usakos Bahnhof Street, B2, Usakos (route principale) Très pratique, station “One Stop” : carburant, boutique de dépannage, snacks. Ouverte 24/7 selon les infos.
North West Service Station (Engen) Theo Ben Gurirab Street / B2, Usakos (près de la route principale) Bon point d’arrêt si tu viens du nord ou du sud. Proche des axes principaux, donc utile pour ne pas faire de détour.
Usakos Service Station (Engen) Bahnhof Street, Usakos Adresse centrale de la ville, facile d’accès. Pour du diesel / essence de base.

🔍 Conseils pratiques

  • Fais le plein à Usakos plutôt que de t’inquiéter pour la route, surtout si tu pars vers des destinations plus isolées (Spitzkoppe, désert, etc.).

  • Vérifie toujours si la station accepte carte bancaire internationale, en particulier pour les cartes Visa/Master, car certaines exigent souvent du liquide ou une carte locale.

  • Demande si le carburant “premium” ou essence de haute performance est disponible (Shell V-Power etc.), si ton véhicule le demande.

  • Pendant les week-ends ou en soirée, certaines stations peuvent avoir des horaires réduits, bien que “One Stop” ou les grandes chaînes telles que Shell/Engen soient souvent ouvertes plus longtemps.

BANQUES ET DISTRIBUTEURS

Nom de la banque Adresse / repère Ce que l’on sait / remarques
First National Bank (FNB) Usakos Theo Ben Gurirab Street, Usakos, région d’Erongo Banque importante à Usakos. Fournit des services bancaires classiques.

🤖 Distributeurs / guichets automatiques (ATM)

Localisation / Nom Remarques / capacité estimée
Un ATMs mentionné sur Bahnhof Street, Usakos Il y a au moins un distributeur sur Bahnhof Street selon une source d’ATMs.
FNB Usakos Très probable que l’agence FNB dispose d’un guichet automatique pour les clients et visiteurs. (Souvent le cas dans ce type de banques)

  • Avoir un peu de liquide en monnaie locale (NAD), car certains petits commerces ou food stalls n’acceptent pas les cartes.

  • Avant de quitter Windhoek ou une grande ville, faire le plein d’espèces au cas où les ATM soient hors service ou vides.

  • Vérifier que votre carte bancaire fonctionne à l’étranger / Namibie, et que vous connaissez les frais d’abroad, car certains distributeurs prélèvent des frais supplémentaires.

  • Si possible, demander à l’agence FNB à Usakos les horaires des distributeurs, pour éviter les mauvaises surprises (par exemple le soir tard ou jours fériés).

LES LOGEMENTS  

🏡 Okambishi’s Rest – Un camp de base paisible à Usakos

Confort, indépendance et vue sur les montagnes

Situé à quelques kilomètres de la gare historique d’Usakos, Okambishi’s Rest s’impose comme un camp de base idéal pour explorer les paysages granitiques du Spitzkoppe. Dès l’arrivée, la piste s’adoucit, les constructions s’effacent, et un jardin soigné annonce la transition vers un lieu de repos.

Chaque logement dispose d’une entrée privée, d’un salon d’accueil, de deux chambres séparées et d’une salle de bains avec douche. La literie est confortable, les pièces lumineuses, et l’ensemble offre une indépendance appréciable après une journée sur les pistes.

La cuisine est entièrement équipée : réfrigérateur, four, plaques, grille-pain, bouilloire, ustensiles. Elle permet de préparer un petit déjeuner sur la terrasse ou un dîner simple avant une excursion. Un minibar complète l’installation, avec une liste de prix raisonnable, et un barbecue extérieur est à disposition pour les repas conviviaux.

La terrasse privée offre une vue dégagée sur les montagnes : le matin, la lumière découpe les dômes granitiques ; le soir, les ombres rosées dessinent la silhouette du Spitzkoppe.

Le Wi-Fi gratuit (disponible près de la résidence principale) permet de partager les images du jour, et le parking privé sécurisé facilite les transferts. L’atmosphère est non-fumeur, calme et familiale, propice au repos.

À noter : une tortue terrestre, probablement une tortue léopard (Stigmochelys pardalis), se promène régulièrement dans le jardin, ajoutant une touche vivante à ce cadre serein.

Okambishi’s Rest offre tout ce qu’il faut pour un séjour autonome, confortable et bien accompagné — un point d’ancrage chaleureux avant les randonnées parmi les pierres sacrées du Spitzkoppe.

Nous passons l’après-midi dans notre guesthouse, bercés par le calme du jardin et la lumière dorée qui glisse lentement vers les sommets. Très vite, notre attention est captée par une silhouette paisible qui traverse le sable : une tortue léopard (Stigmochelys pardalis), espèce emblématique des savanes d’Afrique australe.

Sa carapace bombée, marquée de motifs noirs et jaunes évoquant les taches d’un léopard, est une merveille d’adaptation : elle protège contre les prédateurs et régule la température corporelle. Ses pattes robustes, couvertes d’écailles, lui permettent de parcourir de longues distances à la recherche de végétation. Herbivore, elle se nourrit de graminées, succulentes, fruits tombés, et parfois même d’os ou de crottes de hyène pour compléter son apport en calcium.

Dans les arbres et les buissons, ce sont cette fois des touracos concolores (Crinifer concolor) qui attirent notre regard. Plus grands que les mousserons, ils arborent un plumage gris uniforme, une longue huppe souple et une queue sombre. Leur allure est élégante, presque solennelle, et leur cri nasal puissant — le fameux “go-away” qui leur vaut leur nom anglais — résonne dans l’air sec. Ces oiseaux, frugivores, se nourrissent de fruits, fleurs et jeunes pousses, et jouent un rôle écologique important en dispersant les graines. Leur présence, souvent en petits groupes, ajoute une dimension sonore et vivante au jardin.

À mesure que le soleil descend, la lumière devient plus rasante, plus chaude. Elle sculpte les reliefs granitiques du Spitzkoppe au loin, révélant les strates, les fissures, les dômes. Le paysage semble respirer. Les ombres s’allongent, les couleurs virent au rose, puis à l’ocre. C’est un moment suspendu, où la géologie rencontre la poésie.

Ce jardin, entre désert et montagne, devient un laboratoire à ciel ouvert : on y observe les interactions entre espèces, les adaptations morphologiques, les rythmes biologiques dictés par la chaleur et la lumière. Mais surtout, on y ressent une forme de lien intime avec le vivant, une présence discrète mais constante, qui nous rappelle que chaque pas, chaque regard, chaque crépuscule est une occasion de mieux comprendre — et d’admirer.

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LES LIENS VERS LES PHOTOS  

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J 1245 🐢 Okambishi’s Rest – Là où la tortue vous souhaite la bienvenue

J 1245 🐢🐦🌄 Crépuscule naturaliste à Okambishi’s Rest

J 1245 🐢 La tortue léopard – La carapace fashion du bush

J 1245 🦜 Touraco concolore – Grey Go-away-bird – Corythaixoides concolor

J 1246 🌄 Spitzkoppe à l’aube – Quand le granite fait sa diva

J 1246 🐦 Spitzkoppe – Cailloux, pintades et calao râleur

J 1246 🐾 L’Arche de Spitzkoppe – Le selfie du granite et le squatteur à moustaches

J 1246 💦 Rock Pool – Le spa du granite

J 1246 🎨 Small Bushmen Paradise – Les premiers graffeurs du désert

J 1246 🧗 Bushmen’s Paradise – Rando, sueur et graffitis ancest

J 1246 🦓 Nature Reserve – Safari guidé entre graffitis et zèbres cabotins

J 1246 🐍 Golden Snake – Le serpent qui ne mord pas mais impressionne

J 1246 🦤 Pintade couronnée – Crowned Guineafowl – Numida meleagris coronata

J 1246 🦜 Calao de Monteiro – Monteiro’s Hornbill – Tockus monteiri

J 1246🧬 Oréotrague – Klipspringer – Oreotragus oreotragus

J 1246 🐾 Daman du Cap – Cape Rock Hyrax – Procavia capensis capensis

J 1246🦅 Aigle de Verreaux – Verreaux’s Eagle – Aquila verreauxii

J 1246🦜 Inséparable rosegorge – Rosy-faced Lovebird – Agapornis roseicollis

J 1246🦓 Zèbre de montagne de Hartmann – Hartmann’s Mountain Zebra – Equus zebra hartmannae

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