voyageavecnous.com

Quartier de BEYOGLÜ ISTANBUL TURQUIE +

0
bd2bcc_82d09100d96c4dfe8d9540999512678emv2-1025x684

Pour notre dernière journée à Istanbul, nous décidons de découvrir le quartier moderne de Beyoglü à Istanbul . Nous entreprenons une agréable balade à pied entre Galata et Taksim, ponctuée de quelques visites d’églises, de mosquées et d’une synagogue, mais surtout centrée sur l’avenue de l’Indépendance et ses marchés locaux. Nous prenons le tram jusqu’au pont de Galata, animé par les pêcheurs, les cafés et les échoppes de poisson. Nous choisissons de traverser le pont à pied.

Nous savons, grâce à des fouilles, que le quartier de Beyoglu est habité depuis des millénaires. Le sous-district de Galata fut historiquement le premier endroit stratégique du quartier de Beyoglu, alors nommé Péra. Correspondant géographiquement à la zone pentue entre les quartiers de Karaköy sur les rives du Bosphore et de Tünel en haut de la colline, Galata fut un quartier clé d’Istanbul, occupé par les marchands génois et vénitiens du 13ème au 15ème siècle.

Après la conquête d’Istanbul par les Ottomans en 1453, le quartier de Beyoglu passa aux mains des autorités ottomanes, mais de nombreux Européens y restèrent. Ainsi, au 19ème siècle, Beyoglu représentait la partie la plus occidentale d’Istanbul, avec de nombreuses boutiques, ambassades européennes, et une forte influence des arts et des technologies venues d’Europe.

Aujourd’hui, le quartier de Beyoglu, abritant plus de 230 000 habitants en permanence, demeure l’un des quartiers les plus animés d’Istanbul, de jour comme de nuit. Ses restaurants, cafés, night clubs, boutiques et activités artistiques en font un véritable centre culturel de la ville.

PONT DE GALATA (GALATA KÖPRÜSÜ)

Nous nous tenons sur le pont de Galata (Galata Köprüsü), ce symbole majestueux enjambant la Corne d’Or, qui relie la vieille ville historique d’Eminönü aux quartiers animés de Galata et Beyoğlu. Nous imaginons la stupéfaction de Léonard de Vinci lorsque le sultan Beyazıt II lui demanda, en 1502, de concevoir un pont révolutionnaire à arche unique de 240 mètres, projet resté dans les cartons par manque de moyens techniques. Nous sourions en pensant à Michel-Ange, effrayé à l’idée d’être excommunié par le pape Jules II, refusant poliment la même offre faite par Selim Iᵉʳ quelques années plus tard.

Nous arpentons le pont actuel, construit en 1994, long de 490 mètres et large de 42 mètres, dont la structure en acier vert foncé s’étire comme un serpent métallique entre les rives. Sous nos pieds, la partie mobile du pont, capable de s’ouvrir pour laisser passer les navires, témoigne de l’ingéniosité moderne, tandis que les 24 arches régulières évoquent une rigueur géométrique typiquement ottomane. Nous nous arrêtons parmi les centaines de pêcheurs alignant leurs cannes à pêche rouillées, leurs seaux remplis de maquereaux frétillants, et observons leurs gestes ancestraux, inchangés depuis des générations.

Nous descendons l’escalier étroit menant au niveau inférieur, où l’atmosphère change radicalement : les odeurs de grillades de poisson et de narghilés parfumés à la pomme nous enveloppent, tandis que les rires résonnent sous les pilotis. Nous nous asseyons dans l’une des tavernes (meyhanes) accrochées au pont, commandant un rakı anisé et des mezes de fromage fumé, écoutant les musiciens jouer des mélodies nostalgiques au son du saz.

Nous repensons aux légendes locales, comme celle du tramway fantôme des années 1960, dont les clochettes résonneraient encore les nuits de brume, ou aux scènes cultes du film James Bond tournées ici même. Nous admirons, depuis le pont, la tour de Galata qui se découpe sur le ciel, tandis qu’un ferry éclairé traverse la Corne d’Or, dessinant des reflets dorés sur l’eau.

Nous décidons de prolonger l’expérience en prenant un taxi de nuit depuis Beyoğlu : traversant le pont une dernière fois, nous retenons notre souffle devant le spectacle des mosquées illuminées — Sainte-Sophie, la Yeni Cami, la Süleymaniye — dont les coupoles et minarets semblent flotter entre ciel et mer. Nous nous souvenons que le précédent pont, construit par des ingénieurs allemands en 1912 et détruit par un incendie en 1992, vit ses débris transformés en sculptures exposées dans la ville, preuve qu’à Istanbul, même les ruines renaissent en œuvres d’art.

En quittant le pont, nous emportons avec nous le crissement des cannes à pêche, le murmure des vagues sous les planches, et cette certitude que le Galata Köprüsü n’est pas qu’un passage, mais un personnage à part entière de l’épopée stambouliote.

 ESCALIERS CAMONDO (KAMONDO MERDIVENLERI)

Les escaliers Camondo (Kamondo Merdivenleri), situés dans le quartier de Karaköy à Istanbul, sont un trésor architectural mêlant fonctionnalité et esthétisme. Construit à la fin du XIXᵉ siècle par la puissante famille juive des Camondo, cet escalier en pierre de taille au design sinueux est un exemple remarquable du style Art nouveau, bien que certains éléments rappellent également l’influence baroque et néoclassique.

La famille Camondo, originaire de Venise, s’était imposée comme l’une des plus influentes dynasties de banquiers de l’Empire ottoman. Abraham Salomon Camondo, philanthrope et mécène, fit construire cet escalier pour relier plus facilement la Banque Camondo, située en contrebas à Karaköy, au quartier de Galata, où se trouvait leur résidence. Il s’agissait non seulement d’un passage pratique pour les employés et les habitants du quartier, mais aussi d’un hommage architectural à l’élégance et à la modernité de l’époque.

L’originalité des escaliers Camondo réside dans leurs formes ondulantes, qui leur donnent une apparence organique et fluide. Leur structure en double volée, divisée en trois sections, permet d’alterner les montées et les paliers, rendant l’ascension plus aisée. Leur conception a été pensée pour allier beauté et praticité, notamment en offrant des espaces de repos à mi-chemin.

Aujourd’hui, ces escaliers sont devenus un lieu emblématique d’Istanbul, prisé par les photographes et les amateurs d’architecture. Leur charme pittoresque attire aussi bien les touristes que les jeunes mariés, qui viennent y immortaliser leur union dans un cadre romantique et historique. Malgré la présence de graffitis, qui témoignent d’une appropriation contemporaine de l’espace urbain, ils conservent leur attrait et continuent d’être un passage incontournable entre Karaköy et le cœur historique de Galata.

Les escaliers Camondo ne sont pas seulement un élément de décor, mais un symbole de l’histoire cosmopolite d’Istanbul, où se mêlent influences européennes et orientales. Ils rappellent l’apogée d’une époque où la ville était un carrefour de cultures et d’innovations architecturales, marqué par l’empreinte de familles influentes comme celle des Camondo, dont l’héritage perdure à travers ces marches sculpturales.

LA TOUR DE GALATA

Nous nous approchons de la tour de Galata (Galata Kulesi), silhouette iconique dressée à 61 mètres au-dessus d’Istanbul, dont les pierres grises portent les strates de 1 500 ans d’histoire. Du haut de ses neuf étages, elle domine le détroit du Bosphore, la Corne d’Or et la péninsule historique, offrant un panorama à couper le souffle que nous admirons après avoir gravi ses 143 marches — ou pris l’ascenseur moderne !

Nous remontons le temps jusqu’en 528, lorsque l’empereur byzantin Justinien fait ériger une première tour en bois, servant de phare pour guider les navires vers Constantinople. Détruite lors des croisades, elle renaît en 1348 sous les Génois, maîtres de la colonie de Galata. Ces marchands ambitieux la reconstruisent en pierre, la baptisant « Tour du Christ » (Christea Turris), et l’intègrent à leur système défensif. Ses murs épais, percés de meurtrières, et son emplacement stratégique en font un poste de guet imprenable.

En 1453, nous imaginons les troupes de Mehmet le Conquérant s’emparer de la tour lors de la chute de Constantinople. Le sultan ottoman, fasciné par sa structure, la transforme en prison pour captifs de haut rang, puis en observatoire astronomique au XVIᵉ siècle. Nous touchons presque les murs, épais de 3,7 mètres à la base, qui rétrécissent progressivement jusqu’à 20 centimètres au sommet, une prouesse technique médiévale ! La tour, cylindrique, mesure 16,5 mètres de diamètre extérieur à son socle, mais seulement 8,9 mètres à l’intérieur, révélant l’incroyable masse de pierres assemblées sans ciment, tenues par des crampons de fer.

Nous levons les yeux vers le toit conique, ajouté au XIXᵉ siècle lors d’une restauration sous Mahmud II, remplaçant le toit plat d’origine. Les 64 fenêtres arquées, disposées en étages réguliers, évoquent les influences génoises et byzantines fusionnées ici. En 1794, un incendie ravage la structure, mais elle est rebâtie à l’identique, preuve de son importance symbolique.

Nous nous arrêtons devant une plaque commémorant l’exploit légendaire d’Hezarfen Ahmed Çelebi, savant ottoman du XVIIᵉ siècle qui aurait plané depuis la tour jusqu’à la place Doğancılar, à Üsküdar, grâce à des ailes artificielles — un vol de près de 3 kilomètres mythifié par les chroniqueurs !

Aujourd’hui, nous nous pressons dans la salle d’observation, où des cartes interactives détaillent les monuments visibles : Sainte-Sophie, la mosquée Bleue, le palais de Topkapi, et même les îles des Princes par temps clair. Le soir, la tour s’illumine de projecteurs dorés, tandis que son restaurant panoramique propose une cuisine turque raffinée entre ciel et mer.

En redescendant, nous remarquons les graffitis anciens gravés par des soldats génois sur les pierres, et les impacts de boulets datant du siège ottoman. La tour, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, n’est pas qu’un monument : c’est un phare de l’histoire, un gardien silencieux ayant survécu aux incendies, aux tremblements de terre et aux révolutions, offrant à quiconque la visite un dialogue intime avec le passé glorieux d’Istanbul.

SYNAGOGUE NEVE SHALOM

Dans les années 1930, avec l’essor de la population juive résidant à Galata et Beyoğlu, la communauté ressentit le besoin d’un nouveau lieu de culte capable d’accueillir un grand nombre de fidèles. Jusqu’alors, les synagogues existantes ne suffisaient plus à répondre aux besoins d’une communauté en pleine expansion, rendant nécessaire la construction d’un édifice plus vaste et plus moderne.

Le projet architectural fut confié à Elio Ventura et Bernard Motola, deux architectes diplômés de l’Université technique d’Istanbul, qui imaginèrent un bâtiment à la fois majestueux et fonctionnel, ancré dans le paysage urbain de Galata. Après plusieurs années de travaux, la synagogue Neve Shalom ouvrit ses portes le 25 mars 1951. Dès son inauguration, elle devint le principal lieu de culte de la communauté juive d’Istanbul et la plus grande synagogue de la ville. Son nom, qui signifie « Oasis de paix », reflétait l’espoir d’un sanctuaire spirituel où la communauté pourrait pratiquer sa foi dans la sérénité.

En plus des prières du Shabbat, la synagogue accueille les principales cérémonies religieuses juives, notamment les Bar Mitzvahs, les mariages, la Brit-Mila (circoncision) et les funérailles. Elle joue un rôle central dans la vie sociale et religieuse de la communauté juive stambouliote, servant de point de rassemblement pour les événements familiaux et communautaires.

En 1998, un nouveau tournant marqua l’histoire de la synagogue. L’école primaire juive voisine fut déplacée vers un nouvel emplacement à Ulus, laissant vacant un bâtiment adjacent. Plutôt que de l’abandonner, la communauté décida de le transformer en centre culturel Neve Shalom. Ce centre permet aujourd’hui d’organiser des conférences, des expositions et des événements éducatifs visant à préserver et transmettre l’héritage de la culture juive en Turquie.

Malheureusement, cette oasis de paix fut frappée par des événements tragiques qui laissèrent une empreinte indélébile sur la communauté. Le 6 septembre 1986, alors que les fidèles étaient rassemblés pour la prière du samedi matin, des terroristes palestiniens firent irruption dans la synagogue et attaquèrent les personnes présentes avec des grenades à main et des mitrailleuses. L’attentat fit 25 victimes, marquant l’un des jours les plus sombres de l’histoire de Neve Shalom.

Dix-sept ans plus tard, le 15 novembre 2003, la synagogue fut de nouveau la cible d’un acte de terreur. Cette fois-ci, un groupe affilié à al-Qaïda perpétra un attentat au camion piégé sur l’avenue Büyük Hendek, en simultané avec une autre explosion devant la synagogue Bet Israël à Şişli. Les attaques causèrent la mort de 24 personnes, dont six membres de la communauté juive. Une plaque commémorative installée dans le hall d’entrée de Neve Shalom honore la mémoire de ces victimes, rappelant la résilience de la communauté face à l’adversité.

Lors de notre passage, la synagogue était malheureusement fermée, empêchant toute visite de son intérieur. Néanmoins, son imposante façade et son importance historique en font un symbole fort de la présence juive à Istanbul. Aujourd’hui encore, Neve Shalom demeure un témoignage de l’histoire mouvementée des Juifs de Turquie, à la fois un refuge spirituel et un lieu de mémoire, où résonnent à la fois les prières de foi et les échos du passé.

EGLISE SAINT ANTOINE DE PADOUE – Beyoglü

Nous nous trouvons devant l’église Saint-Antoine de Padoue, également appelée Sent Antuan Kilisesi en turc. Située au numéro 171 de l’avenue İstiklal dans le quartier de Beyoğlu à Istanbul, cette église est la plus grande de la communauté catholique romaine de la ville

L’histoire de cette église remonte à 1725, lorsque la communauté italienne d’Istanbul construisit la première église Saint-Antoine de Padoue. Cependant, l’édifice actuel en briques rouges, de style néo-gothique vénitien, fut érigé entre 1906 et 1912 sur le même site. L’architecte Giulio Mongeri, d’origine levantine, en fut le concepteur .​

 

L’église se distingue par sa façade en briques rouges et son architecture néo-gothique italienne. Elle est flanquée de deux bâtiments résidentiels, également conçus par Mongeri, qui abritent des membres de la communauté catholique . En pénétrant dans l’église, nous sommes frappés par la grandeur de la nef centrale, les vitraux colorés diffusant une lumière douce et les détails architecturaux raffinés qui témoignent de l’influence italienne.​

L’église Saint-Antoine de Padoue n’est pas seulement un lieu de culte, mais aussi un centre culturel pour la communauté catholique d’Istanbul. Des messes y sont célébrées en plusieurs langues : en anglais le samedi à 19h00, en italien le dimanche à 11h30, en polonais à 11h30 dans la crypte, en anglais à 10h00 et en turc à 19h00 .

Une anecdote notable est que le pape Jean XXIII, alors nonce apostolique en Turquie, a prêché dans cette église pendant dix ans avant son élection en 1958. Son attachement à la Turquie et à Istanbul lui valut le surnom de « Pape turc » .​

En 2020, une tentative de vente frauduleuse de l’église fut déjouée. Un groupe criminel avait falsifié des documents pour se faire passer pour les héritiers légitimes de la propriété. Grâce à l’intervention des autorités ecclésiastiques et à une enquête approfondie, la vente fut annulée et les responsables arrêtés .​

Aujourd’hui, l’église Saint-Antoine de Padoue demeure un lieu emblématique d’Istanbul, reflétant la richesse de son patrimoine culturel et religieux. Elle continue d’accueillir fidèles et visiteurs, offrant un espace de recueillement et de découverte au cœur de la ville.​

CHURCH OF PANAGIA ISODION – Beyoglü

Nous pénétrons dans l’église Panagia Isodion, un sanctuaire orthodoxe grec niché dans les ruelles animées de Beyoğlu, où résonnent encore les prières d’une communauté résiliente. Construite en 1804 sous forme d’une modeste nef unique, elle fut agrandie en 1837 sous le règne du sultan Mahmud II, qui autorisa l’ajout d’un clocher — symbole rare de tolérance envers les minorités chrétiennes — avant d’être entièrement reconstruite en 1870 dans un style néo-classique sobre, mêlant influences byzantines et ottomanes.

Nous admirons sa façade en pierre blonde, striée de fines colonnes corinthiennes et surmontée d’un toit à double pente, typique des églises de Constantinople. Le clocher carré, coiffé d’un dôme octogonal, s’élève comme un pont entre terre et ciel, ses cloches sonnant encore pour les offices dominicaux. À l’intérieur, l’espace sacré se déploie en une nef centrale voûtée, éclairée par des vitraux aux tons ambrés représentant des saints en prière.

Nous nous approchons du bema (chœur surélevé), où deux dédicaces murales captent notre attention : au nord, une icône de Panagia Zoodokhos (« Vierge Source de Vie ») aux yeux mélancoliques, tenant un rouleau des Écritures ; au sud, Panagia Evangelistria (« Vierge de la Bonne Nouvelle »), drapée d’un manteau bleu constellé d’étoiles dorées. Entre elles, l’iconostase en bois de noyer sculpté dévoile un récit visuel de la vie du Christ : de l’Annonciation à la Résurrection, en passant par la Cène où les apôtres, figés dans l’émotion, tendent leurs mains vers le pain sacré.

Nous remarquons la Vierge à l’Enfant au centre de l’iconostase, entourée de Jésus bénissant et de Ioannes Prodromos (Jean le Baptiste), dont le regard austère semble traverser les siècles. Plus bas, des scènes de martyres — saints enchaînés, flammes purificatrices — rappellent les persécutions endurées par les premiers chrétiens.

Nous nous tournons vers l’ambon (chaire à prêcher), chef-d’œuvre de menuiserie ottomane. Ses médaillons en relief illustrent les quatre évangélistes : Matthieu avec l’ange, Marc accompagné du lion, Luc et son taureau, Jean survolé par l’aigle. Au centre, le Christ Pantocrator, main levée en signe de bénédiction, domine l’assemblée depuis une coupole céleste peinte à la feuille d’or.

Dans le narthex (vestibule), nous levons les yeux vers une fresque monumentale du Christ Pantocrator, dont le regard omniscient perce l’obscurité. L’arc triomphal, quant à lui, est orné des portraits des douze apôtres, chacun tenant l’instrument de son martyre : Pierre avec sa clé, André et sa croix en X, Barthélémy étreignant un couteau…

Anecdotes et survivances :

  • Pendant les pogroms de 1955, l’église fut partiellement saccagée, mais les icônes furent sauvées in extremis par des voisins musulmans qui les cachèrent dans leurs maisons.
  • Une cloche fissurée, exposée dans le jardin, date de 1837 et porte une inscription en grec ancien : « Je sonne pour l’espoir, même dans les ténèbres ».
  • Chaque 6 août, lors de la fête de la Transfiguration, une procession illumine les rues de Beyoğlu, portant l’icône miraculeuse de Panagia Isodion, censée guérir les maladies des yeux.

En quittant l’église, nous songeons à ces murs qui ont vu défiler les espoirs, les larmes et les chants d’une communauté grecque aujourd’hui réduite à quelques centaines d’âmes. Panagia Isodion, malgré les tourmentes de l’Histoire, reste un phare de spiritualité et un témoignage poignant du dialogue entre cultures, pierre après pierre, prière après prière.

AVENUE DE L’INDÉPENDANCE (ISTIKLAL CADDESI) – Beyoglü

Nous arpentons l’avenue de l’Indépendance (İstiklal Caddesi), ancienne Grand Rue de Péra, où chaque pavé résonne de l’histoire tumultueuse d’Istanbul. Sous nos pieds, les rails du tramway rouge, remis en service en 1990, grincent doucement, rappelant l’époque des premiers tramways à chevaux de 1871, remplacés par l’électrique en 1914. De part et d’autre, des façades néoclassiques et Art nouveau, vestiges du Istanbul cosmopolite du XIXᵉ siècle, se dressent comme des pages d’un livre ouvert : consulats aux frontons sculptés, églises catholiques aux vitraux éteints, et l’imposant lycée de Galatasaray, fondé en 1481, dont la cour ombragée exhale encore le parfum des cerisiers plantés sous Soliman le Magnifique.

Nous nous frayons un chemin parmi la foule bigarrée — étudiants attablés devant des türk kahvesi (café turc), vendeurs de simit (bretzels sésamés), touristes ébahis devant les enseignes lumineuses. Nos narines captent un mélange de balık ekmek (sandwichs au poisson grillé) venant du marché aux poissons de Galatasaray, où les étals débordent de dorades et de maquereaux depuis 1890, et l’odeur sucrée des lokum (loukoums) échappée des boutiques centenaires.

Nous poussons la porte du Çiçek Pasajı (Passage aux Fleurs), joyau de 1876 initialement nommé Cité de Péra, où les négociants génois échangeaient jadis des tulipes contre des soieries. Aujourd’hui, sous sa verrière patinée, des violonistes tziganes accompagnent les cliquetis des raki dans les verres, tandis que des serveurs en gilets brodés présentent des mezes (tapas) sur des plateaux d’argent.

Plus loin, nous nous arrêtons devant l’église Saint-Antoine de Padoue, édifice néogothique en brique rouge où Atatürk prononça un discours en 1932, appelant à l’unité nationale. Son clocher muet contraste avec les meyhanes (tavernes) voisines, où retentissent jusqu’à l’aube les refrains de la pop turque et les rires des fêtards.

Nous remarquons, gravé sur un mur décrépi, un graffiti résistant aux ans : « Yaşam İstiklal’de! » (« La vie est sur İstiklal ! »), slogan des étudiants des années 1980, qui manifestaient ici pour la démocratie. En 2013, ces mêmes pavés virent défiler les marches de Gezi, un écho des révoltes passées.

Au crépuscule, l’avenue se métamorphose : les néons s’allument, les cinémas historiques comme le Emek Sineması, sauvé de la démolition en 2013, projettent des films avant-gardistes, tandis que les librairies dévoilent des recueils de poésie soufie à côté de romans graphiques. Nous nous perdons dans les ruelles adjacentes, où des ateliers de luthiers côtoient des galeries street art, et où un barbier octogénaire raconte, entre deux coups de rasoir, l’époque où İstiklal sentait le cheval et le tabac oriental.

En repensant aux mots de l’écrivain Orhan Pamuk, qui voyait en cette avenue « un théâtre où Istanbul joue sa propre nostalgie », nous comprenons que chaque pas ici est une traversée des siècles, chaque visage croisé, un chapitre vivant de la légende stambouliote.

PASSAGE DES FLEURS OU PASSAGE PÉRA (ÇIÇEK PASAJI)

Nous pénétrons dans le Passage des Fleurs (Çiçek Pasajı), une arche de verre et de pierre conçue en 1876 par l’architecte français Alexandre Vallaury, qui relie l’effervescence de l’avenue de l’Indépendance au chaos parfumé du marché aux poissons voisin. Sous la verrière ouvragée, soutenue par des colonnes en fonte d’inspiration néoclassique, les reflets dorés des lustres à pendeloques dansent sur les murs recouverts de miroirs anciens, créant une illusion de jardin suspendu.

Nous imaginons les premiers commerçants russes, fuyant la révolution bolchevique de 1917, installant ici leurs échoppes de fleurs : des roses de Crimée, des lys du Caucase et des tulipes d’Anatolie, dont les parfums se mêlaient aux effluves de poisson séché venant du marché adjacent. Leurs bouquets, vendus aux dames de la haute société ottomane et aux diplomates européens, firent du lieu un symbole de renaissance pour ces exilés. Maria Callas elle-même, lors de ses séjours stambouliotes dans les années 1950, y achetait des orchidées pour orner sa loge du théâtre de Beyoğlu.

Aujourd’hui, le passage vibre au rythme des meyhanes et des tavernes qui ont remplacé les fleuristes. Nous nous asseyons à l’une des tables en bois ciré du Nevizade, restaurant historique où des musiciens jouent des fasıl (mélodies traditionnelles) entre deux services de mezes aux aubergines fumées et d’arak anisé. Les murs, ornés de photos jaunies montrant des acteurs grecs des années 1930 et des poètes turcs attablés, murmurent des histoires de nuits blanches et de vers improvisés.

Nous remarquons, au plafond, des fresques art déco à peine visibles sous la patine du temps : des angelots joufflus tenant des guirlandes de roses, hommage discret à l’origine florale des lieux. Dans un coin, un escalier en colimaçon rougi par l’humidité mène à des pansiyons (pensions) d’autrefois, où des écrivains en quête d’inspiration logeaient pour une poignée de livres.

Un vieux serveur, vêtu d’un gilet brodé, nous raconte que les caves voûtées du passage, aujourd’hui transformées en caves à vin, servirent de refuge pendant les pogroms de 1955, lorsque des familles grecques et arméniennes y cachèrent leurs icônes et leurs bijoux. Il nous montre même une fissure dans un mur, vestige d’un incendie allumé par des émeutiers, désormais recouverte d’une vigne vierge.

En sortant, nous croisons des étudiants buvant du thé à la menthe dans des tasses en étain, des touristes photographiant les enseignes en néon turquoise, et un marchand de lokum qui aligne ses cubes colorés sous une photo de Maria Callas souriante, accrochée comme un talisman. Le Passage des Fleurs, entre éclats de rire et échos du passé, reste un microcosme d’Istanbul — où chaque pierre, chaque note de musique, chaque saveur raconte une histoire de résistance et de beauté fragile.

BALIK PASARI

Nous pénétrons dans Balık Pazarı, le marché aux poissons adjacent à l’avenue de l’Indépendance, où l’ombre des anciennes gloires flotte encore entre les étals délabrés. Sous les voûtes de brique ocre, jadis bondées de mareyeurs criant les prix de la pêche du jour, ne subsistent aujourd’hui qu’un stand de moules farcies (midye dolma) empilées comme des perles noires, et un unique étal de poissons aux yeux vitreux alignés sur de la glace pilée. L’odeur âcre de l’iode se mêle au parfum citronné des feuilles de vigne qui enveloppent les moules, tandis qu’un chat famélique lèche une écaille oubliée.

Nous imaginons l’effervescence d’antan, lorsque le marché, construit en 1875 pour désengorger les rues de Péra, résonnait des appels des halles à marée — aujourd’hui murées — où les pêcheurs de la Corne d’Or vendaient leurs prises à la criée. Les bassins de marbre, aujourd’hui asséchés, débordaient alors de loups argentés, de dorades roses et de poulpes tentaculaires, tandis que des montagnes de moules, d’huîtres et de palourdes attiraient les cuisiniers des grands hôtels européens. Les échoppes proposaient aussi des algues séchées pour les soupes, des éponges naturelles et des coquillages rares rapportés des îles des Princes.

Un vieux vendeur, le visage buriné par les embruns, nous raconte entre deux clopes roulées que le déclin a commencé dans les années 1980 : la surpêche a vidé le Bosphore, les supermarchés ont remplacé les marchés de quartier, et les jeunes préfèrent commander leur poisson en ligne. Il désigne une fresque effacée représentant des chalutiers, vestige d’un temps où les bateaux déchargeaient ici leur cargaison au petit matin.

Pourtant, malgré la mélancolie, une forme de résistance persiste. Le stand de moules farcies, tenu par une famille grecque depuis trois générations, attire encore les habitués avec sa recette secrète : riz épicé au cumin, raisins secs et pignons de pin, le tout arrosé d’un filet de citron. Plus loin, un pêcheur retraité expose des photographies jaunies des années 1950 : on y voit des femmes en fichu négociant des seiches, des enfants jouant avec des étoiles de mer, et des montagnes de caviar noir — aujourd’hui interdit — empilé dans des jarres d’argile.

Nous quittons le marché en passant sous une arche en fer forgé rouillée, où pend encore un panneau en turc ottoman annonçant les prix du thon. Dans un coin, un vieil homme nettoie méticuleusement un filet de pêche troué, comme s’il espérait un improbable retour des bancs de poissons. Balık Pazarı, fantôme d’une Istanbul disparue, reste un lieu de mémoire pour ceux qui savent écouter le murmure des vagues entre les pavés.

PASSAGE D’ALEP (HALEP PASAJI)

Le passage d’Alep (Halep Pasajı), conçu en 1885 par un homme d’affaires originaire d’Alep en Syrie, avait à l’arrière un cirque, une salle de théâtre et d’opéra, ainsi que des magasins spécialisés dans la musique. Bien que le théâtre ait subi de nombreux remaniements et restaurations, il est toujours en activité aujourd’hui sous le nom de Ferhan Şensoy Tiyatrosu, avec un aspect moderne qui attire principalement une clientèle jeune. Cependant, comme dans d’autres endroits, nous avons pu constater une diminution de l’activité, de nombreux magasins ayant fermé leurs portes.

PASSAGE ATLAS (ATLAS PASAJI)

Le passage Atlas, construit en 1870, est un lieu chargé d’histoire au cœur du quartier animé de Beyoğlu, à Istanbul. À l’origine, cet édifice servait de résidence privée, et même le sultan Abdülaziz y possédait un appartement. Au fil du temps, il a évolué pour devenir un espace emblématique de la « vie alternative » d’Istanbul, attirant les amateurs de mode, de culture et d’arts underground.

Dès que l’on franchit ses portes, on plonge dans une ambiance unique, où l’ancien et le moderne cohabitent harmonieusement. Le passage Atlas abrite une multitude de boutiques, principalement fréquentées par une clientèle jeune et branchée. On y trouve des friperies proposant des vêtements vintage soigneusement sélectionnés, des magasins de souvenirs aux objets décalés, ainsi que des boutiques de vêtements de seconde main, où l’on peut dénicher des pièces rares et stylées.

Mais ce passage ne se limite pas au shopping. Il est également un lieu de culture et de divertissement. Le passage accueille le célèbre cinéma Atlas, un incontournable pour les cinéphiles, ainsi que le théâtre Sadri Alışık Tiyatrosu Küçük Sahne, où se tiennent régulièrement des représentations artistiques variées.

L’esprit alternatif du passage se reflète aussi à travers ses autres établissements : un salon de tatouage pour les amateurs d’art corporel et plusieurs bars animés, où l’on peut profiter d’une atmosphère chaleureuse et bohème. Tout cela contribue à faire du passage Atlas un véritable carrefour culturel et un symbole de la diversité d’Istanbul.

Que l’on soit amateur de mode vintage, passionné de théâtre, cinéphile ou simplement curieux de découvrir un lieu chargé d’histoire et d’énergie, une visite du passage Atlas s’impose comme une expérience incontournable à Beyoğlu.

HUSSEIN AGHA MOSQUEE Beyoglü

Nous nous arrêtons devant la mosquée Hüseyin Ağa, perle ottomane nichée au cœur de l’effervescente rue Istiklal, où l’agitation moderne contraste avec la sérénité de ses pierres patinées. Construite en 1596 par Hüseyin Ağa, haut dignitaire du palais de Galata, elle se dresse modestement entre les immeubles néo-baroques, son dôme original bombé coiffé d’un toit de tuiles rouges et son minaret élancé strié de balcons en moucharabieh. Sous le règne de Mahmud II au XIXᵉ siècle, elle fut restaurée à deux reprises, gagnant des ornements baroques tout en conservant son âme classique.

Nous admirons la fontaine aux ablutions, chef-d’œuvre transplanté de la mosquée Sinan Pacha, conçu par le légendaire Mimar Sinan. Ses arabesques sculptées dans le marbre de Marmara, entrelacs de fleurs de grenadier et de calligraphies coufiques, en font un joyau de la sculpture ottomane. Plus loin, une seconde fontaine, provenant de la lodge Oluklu Bayır à Eyüp, dévoile des motifs géométriques inspirés de l’art seljoukide, ses bassins jadis alimentés par des aqueducs aujourd’hui disparus.

À l’intérieur, le mihrab restauré en 1934 attire le regard : sa niche en stuc finement ajouré, rehaussée de bleu lapis et d’or, encadre une plaque de céramique d’Iznik représentant la Kaaba. Les murs, jadis couverts de fresques floralies, laissent deviner sous des couches de chaux des fragments de versets coraniques tracés à l’encre ocre. Les fenêtres, agrandies en 1950 par Halim Özyazıcı, filtrent une lumière dorée à travers des vitres au plomb, tandis que les kündekari (boiseries géométriques) du minbar témoignent du savoir-faire des maîtres menuisiers de Galata.

Devant le mihrab, le tombeau de Davud Ağa (daté de 1646, soit 1056 de l’hégire) intrigue par son sarcophage de pierre brute, gravé d’un turban symbolisant son statut de chef du palais. Autrefois entouré d’un cimetière ottoman aux stèles ornées de tulipes stylisées, il reste seul témoin de ces sépultures, les pierres tombales ayant été déplacées en 1934 pour élargir les trottoirs de la rue Istiklal.

Nous apprenons que le tremblement de terre de Gölcük en 1999 fissura le dôme et ébranla le minaret, laissant des lézardes encore visibles sur le mur nord. Lors des restaurations, des ouvriers découvrirent sous le sol des parcheminés enluminés du XVIIᵉ siècle, listant les donations des marchands génois pour l’entretien de la mosquée — preuve d’un dialogue interreligieux insoupçonné.

Une anecdote locale raconte que la cloche de la tour voisine de Galata, fondue en 1854, fut coulée avec des pièces d’or offertes par les fidèles de la mosquée, espérant ainsi « faire sonner la richesse spirituelle sur la ville ». Aujourd’hui, entre deux rafales de klaxons de l’avenue, l’appel à la prière depuis son minaret semble répondre en écho à cette légende, reliant passé et présent dans un murmure de foi résiliente.

EGLISE DE LA SAINTE TRINITE Beyoglü

Nous approchons l’église de la Sainte-Trinité par les ruelles animées de Beyoğlu, où se mêlent les effluves de café et les échos d’un passé multiculturel. Sa façade néobaroque, érigée à la fin du XIXe siècle, se dresse avec une élégance solennelle, couronnée par un dôme qui défie le ciel stambouliote. Conçue par l’architecte grec Kampanaki, elle marie la rigueur des lignes classiques aux ornements byzantins, rappelant discrètement l’héritage orthodoxe au cœur d’un quartier jadis dominé par les Latins. Ses trois nefs, séparées par des colonnes de marbre, accueillent les regards sous une voûte où scintillent des fresques dorées et des icônes aux visages sévères, témoins silencieux des prières millénaires.

Notre mémoire collective remonte à 1804, lorsque nos ancêtres obtinrent enfin le droit de construire une modeste église près de Galatasaray, dissimulée derrière des demeures grecques pour ne pas provoquer les voisins latins. Cette présence timide, mais obstinée, devint le ferment d’une communauté grandissante.

En un siècle, nous passâmes de 150 âmes à plus d’un millier, transformant Péra en un laboratoire de coexistences tendues. Les rivalités avec les catholiques, attisées par des siècles de fractures religieuses, s’apaisaient parfois dans les ruelles commerçantes, où les langues et les rites se croisaient sans toujours se heurter.

En 1855, une nouvelle victoire : l’autorisation d’ériger Saint-Constantin-et-Sainte-Hélène à Tarlabaşı, quartier des plus humbles. Mais c’est ici, autour de la Sainte-Trinité achevée en 1880, que notre fierté s’enracina. L’édifice devint le cœur battant d’un réseau vivant—écoles comme le Zappeion, où les jeunes filles apprenaient à lire entre les lignes de l’histoire, maisons de théâtre où résonnaient les mélopées grecques, et ruelles où les commerçants orthodoxes négociaient avec les Arméniens, les Juifs, les Levantins.

Nous nous souvenons des matins où l’encens se mêlait aux cris des marchands ambulants, des mariages célébrés sous le dôme alors que les tramways grondaient vers Taksim. Malgré les déchirures du XXe siècle, malgré les départs et les silences, la Sainte-Trinité reste debout. Ses murs, un peu fatigués, portent encore les traces des doigts qui les ont frôlés en quête de grâce, et dans le clair-obscur de la nef, nous entendons presque les chuchotements de ceux qui, avant nous, ont espéré, pleuré, résisté.

TAKSIM SQUARE Beyoglü

Nous débouchons sur Taksim comme on pénètre dans le cœur palpitant d’Istanbul, là où les siècles s’entrechoquent sous les roues des tramways rouges. Le Monument de la République, érigé en 1928, dresse ses figures de bronze et de marbre vers un ciel strié de fils électriques. Pietro Canonica, son sculpteur italien, y a figé Atatürk flanqué de soldats et d’intellectuels – une allégorie de pierre où l’Occident épouse l’Orient, les uniformes kémalistes dialoguant avec les drapés des femmes anatoliennes. À ses pieds, des graffitis éphémères racontent les révoltes de Gezi, tandis que les vendeurs de simit alignent leurs bagels dorés comme des offrandes à la modernité.

Cette place est un carrefour de sang et de lumière. Sous nos semelles, les pavés inégaux cachent les vestiges du réservoir ottoman qui donna son nom à Taksim (« division »), jadis point crucial d’approvisionnement en eau. Aujourd’hui, les bus bleu marine avalent les foules pressées, leurs klaxons mêlés aux appels du muezzin de l’église Sainte-Marie Draperis toute proche. Le métro, serpent d’acier creusé sous les fondations byzantines, engloutit chaque minute des milliers de vies – étudiants en jean troué, commerçants levantins, réfugiés syriens aux regards de braise.

En glissant vers Cihangir par les ruelles en pente, nous traversons les strates d’une Istanbul fantôme. Ici, les façades décrépies des manoirs néoclassiques abritent des galeries d’art contemporain, leurs balcons de fer forgé surplombant des cours où sèchent des tapis kilims. Ce quartier, né de l’exode des Grecs et Arméniens fuyant les pogroms des années 1950, respire encore l’âme des poètes maudits et des peintres rebelles. Dans les cafés enfumés, des écrivains tapent sur des machines à écrire antédiluviennes, tandis que des chats angoras sirotent des restes de baklava dans des soucoupes ébréchées.

Plus bas, Tophane déploie sa mélancolie ouvrière. Les ateliers de tonneliers et forgerons, survivants de l’ère ottomane, côtoient des entrepôts transformés en lofts branchés. Les cafés à narguilé, blottis sous des platanes centenaires, exhalent des nuages de pomme et de rose. Leurs tables bancales, posées sur des dalles usées par les sabots des chevaux de trait, vibrent au rythme des cargos qui mugissent sur le Bosphore. Une vieille dame circassienne nous sert du café turc dans des tasses fêlées, son fichu rouge évoquant les neiges du Caucase perdues.

Nous sentons sourdre, entre les pavés de Taksim et les venelles de Tophane, le pouls secret d’une ville qui jamais ne consent à se laisser saisir – où chaque pierre est un palimpseste trempé dans le thé noir de l’exil et le raki des insomnies stambouliotes.

SELIM HATUN CAMII

Aujourd’hui, nous nous rendons à la mosquée Selime Hatun, située dans le quartier de Beyoğlu à Istanbul. Ce lieu de culte, datant du XVIIe siècle, est empreint d’une riche histoire et d’une architecture remarquable.​

En franchissant le seuil de la mosquée, nous sommes accueillis par l’imam Osman Görkem, un homme au grand cœur, connu pour son dévouement envers les sans-abri. Depuis plusieurs années, il ouvre les portes de la mosquée aux démunis, leur offrant nourriture, vêtements et un endroit pour se reposer. Son engagement illustre les valeurs d’altruisme et de compassion prônées par l’islam 

L’architecture de la mosquée est typique de l’époque ottomane, avec ses dômes élégants et ses minarets élancés. Les murs intérieurs sont ornés de calligraphies délicates et de motifs géométriques complexes, reflétant l’art islamique traditionnel. La lumière douce filtrant à travers les vitraux colorés crée une atmosphère paisible et méditative.​

Une anecdote touchante que partage l’imam Görkem concerne une nuit d’hiver particulièrement froide. Il a ouvert la mosquée aux sans-abri du quartier, leur offrant non seulement un abri contre le froid, mais aussi une soupe chaude et des vêtements propres. Cet acte de bonté a renforcé les liens communautaires et a mis en lumière l’importance de la solidarité humaine.​

En quittant la mosquée Selime Hatun, nous ressentons une profonde admiration pour ceux qui, comme l’imam Görkem, consacrent leur vie à aider les autres. Ce lieu n’est pas seulement un espace de prière, mais aussi un refuge pour les âmes en quête de soutien et de compassion.​

MOSQUEE NUSRETIYE

La Mosquée Nusretiye, située dans le quartier de Tophane à Istanbul, est un joyau architectural du XIXᵉ siècle. Construite entre 1823 et 1826 sous le règne du sultan Mahmoud II, elle symbolise la transition entre le style ottoman classique et les influences baroques européennes.

Le nom « Nusretiye », signifiant « Victoire », reflète l’ambition de modernisation et de réforme militaire de l’époque.

L’architecte Krikor Balyan, membre éminent d’une famille d’architectes arméniens au service de la cour ottomane, a conçu la mosquée avec une attention particulière aux détails. La structure en pierre de taille repose sur un socle élevé, orienté nord-ouest/sud-est.

La salle de prière carrée est surmontée d’une coupole unique, soutenue par quatre arcades aux angles.

Le narthex précède la salle de prière, tandis que le mihrab, indiquant la direction de La Mecque, est finement décoré.

La façade principale est ornée d’un portique à trois niches, avec un portail monumental de style baroque. Deux minarets aux fûts cannelés, reposant sur des bases carrées, encadrent la structure.

Leurs balcons doubles et leurs balustrades imposantes ajoutent à l’élégance de l’ensemble. Les fenêtres, habilement disposées, permettent une diffusion optimale de la lumière naturelle à l’intérieur, créant une atmosphère sereine et lumineuse.

Historiquement, la mosquée faisait partie d’un complexe militaire plus vaste, incluant l’artillerie de Tophane.

Elle succède à une précédente mosquée construite par le sultan Selim III. Aujourd’hui, bien que le paysage urbain ait évolué, la Mosquée Nusretiye demeure un témoignage précieux des réformes et de l’architecture ottomane du XIXᵉ siècle.

KILIC ALI PACHA MOSQUEE

Aujourd’hui, nous avons décidé de visiter la Mosquée Kılıç Ali Pacha, située dans le quartier de Tophane à Istanbul. Cette mosquée, conçue par le célèbre architecte ottoman Mimar Sinan entre 1580 et 1587, fait partie d’un complexe comprenant également une école religieuse (medrese), un tombeau (türbe), une fontaine et des bains turcs (hammam). La mosquée elle-même a été construite entre 1578 et 1580.

En approchant de la mosquée, nous avons été impressionnés par son architecture majestueuse, qui rappelle celle de Sainte-Sophie. La structure est surmontée d’un dôme central imposant et flanquée de minarets élancés. L’intérieur de la mosquée est tout aussi impressionnant, avec des décorations raffinées, des calligraphies élégantes et des carreaux d’Iznik aux motifs complexes. La salle de prière, dominée par le dôme central, est baignée de lumière naturelle filtrant à travers les fenêtres ornées de vitraux colorés.

Le complexe de la mosquée comprend également un hammam, récemment restauré pour offrir une expérience authentique des bains ottomans. Nous avons appris que ce hammam était autrefois utilisé par les marins et les habitants du quartier, renforçant ainsi le rôle central de la mosquée dans la vie communautaire.

Une anecdote intéressante liée à la mosquée est sa connexion avec l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes, auteur de « Don Quichotte ». Certaines sources suggèrent que Cervantes, capturé lors de la bataille de Lépante en 1571, aurait été retenu en captivité à Alger et aurait travaillé comme esclave sur le chantier de construction de la mosquée Kılıç Ali Pacha. Cependant, cette affirmation est sujette à caution et manque de preuves historiques solides.

En sortant de la mosquée, nous avons pris le temps de flâner dans le quartier de Tophane, un secteur en pleine mutation où l’ancien et le moderne se côtoient harmonieusement. La visite de la Mosquée Kılıç Ali Pacha nous a offert une plongée fascinante dans l’histoire ottomane et nous a permis d’apprécier la richesse architecturale et culturelle d’Istanbul.

PASSAGE DES FRANÇAIS (FRANSIZ PASAJI)

Puis, nous nous aventurons dans le Passage des Français, un lieu historique niché au cœur d’Istanbul. Ce passage, également connu sous le nom de Cité Française, a été érigé pour accueillir la communauté française d’Istanbul, suite aux accords des Capitulations signés avec l’Empire ottoman. Ces accords, favorables à la France, ont permis l’établissement d’une enclave française prospère dans la ville.​

En 1909, la fin de ces accords marque également la fin de l’histoire du passage en tant que quartier français. Cependant, l’empreinte culturelle et architecturale laissée par cette communauté demeure visible. Aujourd’hui, le Passage des Français est un lieu charmant, soigneusement entretenu et embelli de fleurs. Les boutiques Art déco qui bordent le passage ajoutent une touche d’élégance et de nostalgie, témoignant de l’influence française sur l’architecture d’Istanbul au début du XXe siècle.​

En flânant dans le passage, nous découvrons des restaurants raffinés offrant une cuisine européenne. Ces établissements, avec leur ambiance feutrée et leur décor soigné, nous transportent dans une autre époque. Le Passage des Français est plus qu’un simple lieu de passage; c’est un témoignage vivant de l’histoire cosmopolite d’Istanbul, où les influences françaises ont laissé une empreinte indélébile.​

Ce passage, bien que méconnu de certains, offre une escapade paisible loin de l’agitation de la ville. En nous promenant sous ses arcades, nous ressentons l’harmonie entre le passé et le présent, un lieu où l’histoire et la modernité coexistent en parfaite symbiose.​

MOSQUÉE YERALTI (YERALTI CAMII)

La Mosquée Yeralti, également connue sous le nom de Mosquée Souterraine, est un lieu de culte unique situé dans le quartier de Karaköy à Istanbul. Ce qui rend cette mosquée particulièrement distinctive, c’est son emplacement inhabituel : elle est aménagée dans les caves de l’ancien château de Galata, ce qui lui confère une atmosphère mystique et singulière.

L’histoire de la Mosquée Yeralti remonte à 1756, lorsque les caves de l’ancien château de Galata, qui servaient auparavant de prisons, ont été converties en lieu de prière. Cette transformation a donné naissance à un espace de culte souterrain, soutenu par 54 piliers qui créent un réseau de couloirs labyrinthiques, renforçant l’ambiance mystérieuse du lieu.

Une particularité notable de la mosquée est la présence de deux sanctuaires dédiés à des dignitaires musulmans : Abu Sayfan et Amiri Wahibi. Selon les récits historiques, la découverte de leurs corps en 1640 dans une cave d’une ancienne fortification byzantine a été à l’origine de la transformation de cet espace en mosquée, en leur honneur. 

Pour les visiteurs souhaitant découvrir la Mosquée Yeralti, l’accès est simple : l’entrée se trouve juste en face de l’embarcadère de Karaköy, à proximité du pont de Galata. La mosquée est ouverte au public tous les jours, en dehors des horaires de prières, offrant ainsi une opportunité unique d’explorer un lieu de culte chargé d’histoire et d’une atmosphère hors du commun

 

LIENS VERS TOUTES LES PHOTOS & PODCASTS D’Istanbul

PODCAST BAZARS

LE PALAIS DE DOLMABAHCE – BEKSITAS -ISTANBUL – TURQUIE

PODCAST QUARTIER HISTORIQUE DE SULTANAHMET

ISTANBUL – LE PALAIS DE TOPKAPI ET SES JARDINS

POUR TOUT SAVOIR SUR LE QUARTIER HISTORIQUE

ISTANBUL BEYÖGLÜ TURQUIE

ISTANBUL – LE GRAND BAZAR PARTIE II

ISTANBUL – LE GRAND BAZAR PARTIE I

LE QUARTIER D’ORTAKOY ET SA MOSQUEE

PODCAST QUARTIER DE BEYÖGLÜ 

PODCAST PALAIS DE TOPKAPI

PODCAST PALAIS DE DOLMABAHCE 

LES VOYAGES PASSES

ISTANBUL EN AOUT 2000

VIDEOS

 

AUTRES ARTICLES SUR LA TURQUIE A DISPOSITION :

Vous trouverez sur ce site de nombreux articles qui traitent des lieux à ne pas manquer en TURQUIE
vous pouvez faire une recherche par nom de ville en utilisant la loupe en haut à droite ou retrouver la liste complète en suivant ce lien : ARTICLES VILLES DE TURQUIE

LA GASTRONOMIE DE LA TURQUIE

RESTAURANT EMIR SULTAN KEBAB FATIH ISTANBUL

Balik Kuvec, une cassolette de fruits de mer et poissons

Pour notre repas du soir, nous avons choisi de dîner au Restaurant Emir Sultan Kebab, une adresse qui avait attiré notre attention grâce aux excellents avis laissés sur TripAdvisor. Situé dans le quartier animé de Fatih, à deux pas de notre hébergement, cet établissement s’est révélé être un véritable coup de cœur, tant pour la qualité de ses plats que pour l’accueil chaleureux qui nous y attendait.

Dès notre arrivée, nous sommes séduits par la devanture bien éclairée et l’atmosphère conviviale qui se dégage du lieu. À peine avons-nous franchi le seuil que le patron, d’une hospitalité remarquable, nous accueille avec un grand sourire. Attentif et bienveillant, il prend le temps de nous expliquer le menu et de nous conseiller sur les spécialités de la maison.

La carte, bien que concise, propose une belle sélection de plats turcs et internationaux. Après une brève hésitation face aux nombreuses options alléchantes, nous optons pour plusieurs spécialités :

Tavuk Şinitzel – Une escalope viennoise de poulet,
  • Tavuk Şinitzel – Une escalope viennoise de poulet, croustillante à l’extérieur et tendre à l’intérieur, parfaitement accompagnée de pommes de terre fondantes et d’une salade fraîche.
  • Balık Güveç – Une cassolette de fruits de mer et poissons mijotée au four, servie brûlante dans un plat en terre cuite, exhalant des arômes envoûtants d’épices et de sauce tomate.
  • Karışık Pizza – Une pizza « quatre saisons » généreusement garnie, alliant des saveurs variées et équilibrées qui ravissent nos papilles.
  • Peynirli Hamburger – Un hamburger au poulet garni de fromage fondant, sublimé par une sauce maison délicieusement relevée.

Chaque plat est soigneusement préparé et servi avec une grande attention aux détails, confirmant la réputation de l’établissement. Les portions sont généreuses, les ingrédients frais et la cuisson parfaitement maîtrisée.

L’expérience ne serait pas complète sans un final en douceur : nous nous laissons tenter par un thé turc traditionnel, servi dans de petits verres élégants, accompagné d’un baklava fondant à souhait.

En résumé, notre dîner au Restaurant Emir Sultan Kebab fut une expérience culinaire des plus agréables. Entre la qualité des plats, la chaleur du service, et l’ambiance typiquement stambouliote, ce restaurant coche toutes les cases pour un repas réussi. Une adresse que nous recommandons vivement à tous ceux qui recherchent une bonne table à Istanbul !

RESTAURANT EPOPE ORTAKOY

pomme de terre farcie, ou Kumpir

Le quartier d’Ortaköy, situé en bord de mer et dominé par l’emblématique mosquée du même nom, est un lieu vibrant et animé, où les restaurants ne manquent pas. Pourtant, trouver une bonne adresse parmi la multitude d’établissements n’est pas une mince affaire, la plupart étant mal notés ou trop touristiques.

moules farcies, appelées Midye Dolma

Nous commençons notre balade en nous laissant tenter par les spécialités de street-food qui font la renommée du quartier. L’une des stars locales est sans conteste la pomme de terre farcie, ou Kumpir. Préparée avec une pomme de terre cuite au four, d’une taille impressionnante, sa chair est écrasée avec du beurre et du fromage avant d’être généreusement garnie d’un mélange de condiments : purée de piment, maïs, olives, petits pois, carottes, cornichons, et bien d’autres ingrédients colorés. Un plat à la fois simple et réconfortant, que nous dégustons avec plaisir tout en admirant le va-et-vient incessant des passants.

Nous ne pouvons pas non plus résister aux moules farcies, appelées Midye Dolma, une autre spécialité incontournable en Turquie. Servies encore refermées, ces moules cachent une farce délicatement parfumée à base de riz épicé et d’herbes aromatiques, rehaussée d’une touche de citron qui en sublime les saveurs. Ce mets savoureux nous rappelle une précédente expérience culinaire à Antalya, où nous avions découvert cette délicieuse recette sur le port.

Après avoir longuement hésité entre poursuivre notre découverte du street-food ou nous attabler dans un restaurant, nous décidons finalement d’opter pour un compromis parfait : nous trouvons une petite adresse nichée au cœur du bazar d’Ortaköy, le restaurant Épopé, qui nous séduit par son cadre intimiste et son ambiance chaleureuse. Nous commandons une pomme de terre farcie en guise d’entrée, et, conquis par les moules farcies, nous décidons d’en prendre une portion à emporter pour l’apéro du soir.

L’expérience est à la hauteur de nos attentes : des produits frais, des saveurs authentiques, et un cadre agréable, à l’écart de l’agitation du bord de mer. Une belle découverte dans ce quartier prisé d’Istanbul, et un choix que nous ne regrettons pas !

RESTAURANT PALADIUM

Imaginez un restaurant perché au-dessus des vestiges d’un palais ancien, où chaque pierre semble murmurer des histoires oubliées de l’Empire ottoman. Un lieu où l’on ne se contente pas de dîner, mais où l’on voyage dans le temps et dans les saveurs. Bienvenue au restaurant Paladium, une adresse atypique nichée dans le quartier emblématique de Sultanahmet, à deux pas des monuments mythiques comme la Mosquée Bleue et Sainte-Sophie.

Testi Kebabı.

Dès notre arrivée, nous sommes conquis par l’atmosphère du lieu. L’ambiance feutrée, les lumières tamisées et les décorations traditionnelles nous plongent immédiatement dans une autre époque. Mais la véritable expérience commence lorsque les plats arrivent sur la table.

Parmi les spécialités les plus impressionnantes du restaurant Paladium, impossible de passer à côté du célèbre Testi Kebabı. Ce plat, emblématique de la cuisine anatolienne, est préparé avec soin : de tendres morceaux de viande (généralement de l’agneau ou du bœuf) mijotent lentement avec des légumes et des épices dans une jarre en terre cuite, soigneusement scellée pour conserver toutes les saveurs.

Mais ce qui fait tout le charme du Testi Kebabı, c’est sa présentation spectaculaire. Lorsque la jarre arrive à table, elle est encore enflammée et fumante, sous les regards émerveillés des convives. Le serveur, dans un geste précis et théâtral, brise le récipient à l’aide d’un couteau, libérant ainsi un nuage parfumé qui titille instantanément les papilles. Une mise en scène aussi impressionnante que délicieuse !

Au-delà du spectacle, la cuisine du restaurant Paladium est savoureuse et généreuse. Les amateurs de grillades seront comblés par les brochettes d’agneau fondantes, les mezzés colorés et parfumés, ou encore les poissons fraîchement pêchés du Bosphore.

Seul bémol : les prix sont à la hauteur du cadre et de l’expérience. Si l’on vient ici pour se faire plaisir et vivre un moment hors du commun, il faut s’attendre à une addition plus élevée que dans d’autres restaurants du quartier. Mais après tout, peut-on vraiment mettre un prix sur un dîner dans un lieu chargé d’histoire, avec des mets aussi exquis que spectaculaires ?

Au final, le restaurant Paladium s’impose comme une expérience unique à Sultanahmet, où gastronomie et patrimoine se rencontrent dans une harmonie parfaite. Une adresse idéale pour une soirée mémorable, entre histoire, saveurs et émerveillement.

PODCAST DE CETTE MISE EN SCENE

FUEGO CAFE AND RESTAURANT SULTANAHMET

Les samedi soirs à Istanbul ont une saveur particulière. Entre les ruelles animées, les éclairages subtils qui mettent en valeur les monuments historiques et l’énergie vibrante qui envahit la ville, chaque sortie devient une expérience à part entière.

Testi Kebabı,

Pour cette soirée, notre choix s’est porté sur une adresse chaleureuse et authentique : Fuego Café & Restaurant, niché dans le cœur historique de Sultanahmet.

Dès notre arrivée, nous sommes immédiatement séduits par l’ambiance conviviale et intimiste du lieu. Le propriétaire, d’une bienveillance exemplaire, nous accueille avec un large sourire et nous installe confortablement. L’équipe, aux petits soins, fait de cette soirée un moment inoubliable, où la gastronomie se mêle à la chaleur humaine.

Petit détail qui fait toute la différence : un mezze offert pour commencer en douceur, suivi d’un thé traditionnel servi en fin de repas, symbole d’hospitalité en Turquie. Une attention rare qui témoigne du sens du service et du plaisir de recevoir propre à cet établissement.

Le repas est à la hauteur de nos attentes. Des plats typiques, cuisinés avec soin, aux saveurs authentiques. La spécialité du soir ? Un Testi Kebabı, un ragoût de viande mijoté lentement dans une jarre en terre cuite, qui ne peut être dégusté qu’après une ouverture spectaculaire.

Et qui a eu l’honneur de casser la poterie ? Bastien ! Un rituel amusant et impressionnant qui ajoute une touche ludique et théâtrale à l’expérience culinaire.

Autre surprise de la soirée : la présence de quelques chats, ces rois non officiels d’Istanbul, qui ont élu domicile dans le restaurant. Selon le personnel, ces félins farouches ne se laissent jamais approcher par les touristes… mais ce soir, ils semblent avoir fait une exception pour nous ! Une scène à la fois drôle et touchante, qui ajoute un charme authentique à cette sortie du samedi soir.

Entre l’accueil chaleureux, les attentions offertes, la cuisine savoureuse et l’ambiance unique, Fuego Café & Restaurant s’impose comme une adresse incontournable pour une soirée réussie à Sultanahmet.

Un restaurant qui ne se contente pas de nourrir l’estomac, mais aussi l’âme et le cœur. Une belle découverte qui donne envie de revenir !

MIVAN RESTAURANT CAFE ISTANBUL

kasarli Tavuk Guvec, un sizzler de cubes de poulet

Notre premier repas à Istanbul a été une véritable réussite. Après une longue journée à parcourir les rues animées de la ville, nous avons décidé de nous attabler au Mivan Restaurant Café, un charmant établissement niché dans une ruelle calme, à l’écart de l’effervescence des grands axes. L’ambiance y était chaleureuse, avec un décor mêlant élégance moderne et touches traditionnelles turques. Les lumières tamisées et l’accueil souriant du personnel nous ont immédiatement mis à l’aise.

La carte, riche et variée, proposait un bel éventail de spécialités anatoliennes et ottomanes. Pour ce premier dîner, nous avons tous trouvé notre bonheur. Impossible pour nous de résister aux Adana Kebabs, ces brochettes de viande hachée, finement épicées et grillées à la perfection. Chaque bouchée révélait un mélange subtil de saveurs relevées et de fumé, un véritable délice qui nous rappelait nos précédents séjours en Turquie.

Adana Kebab

Bastien, quant à lui, a préféré jouer la sécurité en optant pour un cheeseburger, une valeur sûre qu’il a savourée sans regret. De leur côté, Marg et Nadège se sont laissées tenter par une spécialité anatolienne, le Kaşarlı Tavuk Güveç. Ce plat, servi dans un plat en terre cuite encore fumant, était un véritable spectacle en soi : des morceaux de poulet fondants baignaient dans une sauce tomate parfumée à l’origan, le tout recouvert d’une généreuse couche de cheddar fondu qui s’étirait à chaque coup de fourchette.

Nous avons accompagné notre repas de pains moelleux et légèrement grillés, parfaits pour saucer les plats jusqu’à la dernière goutte. Pour parfaire ce festin, nous avons siroté un Ayran, cette boisson au yaourt légèrement salée qui contraste agréablement avec les plats épicés.

Ce premier dîner à Istanbul a été une introduction parfaite à notre séjour : des saveurs authentiques, une atmosphère conviviale et le plaisir de partager un bon repas ensemble. Nous avons quitté le restaurant repus et enthousiastes, impatients de découvrir encore plus de trésors culinaires dans les jours à venir.

RESTAURANT ALI BABA – ISTANBUL

haricots à la tomate et au piment – Kurul Fasiliye

À la sortie de la majestueuse mosquée de Soliman le Magnifique, après une visite imprégnée d’histoire et de splendeur architecturale, nos estomacs affamés nous ont guidés vers l’un des nombreux restaurants qui bordent les ruelles environnantes. Notre choix s’est porté sur Ali Baba, une adresse réputée pour sa cuisine turque authentique et généreuse.

Dès notre arrivée, nous avons été séduits par l’ambiance typiquement stambouliote du lieu : une terrasse animée où locaux et voyageurs se mêlent, des effluves de grillades flottant dans l’air et une carte qui promettait un véritable festin. Ali Baba est connu pour ses kebabs, déclinés sous toutes les formes possibles : servis dans un pain moelleux, roulés en dürüm dans une fine galette de blé, ou encore en assiette, accompagnés de riz parfumé et de légumes grillés.

Mais l’autre star de la maison, c’était sans conteste le Kuru Fasulye, un plat traditionnel turc de haricots mijotés dans une sauce tomate relevée au piment. Simple en apparence, ce ragoût est une véritable institution en Turquie, apprécié pour son goût réconfortant et sa richesse en saveurs. Servi bien chaud avec du riz pilaf et du pain croustillant, il se révélait être un choix parfait pour se réchauffer après une journée de découverte.

Nous avons savouré chaque bouchée, appréciant la justesse des épices et la tendreté des viandes. Pour accompagner notre repas, nous avons opté pour un Ayran, cette boisson au yaourt légèrement salée qui apporte une touche de fraîcheur bienvenue face aux plats épicés.

Chez Ali Baba, nous avons trouvé bien plus qu’un simple repas : une immersion dans la gastronomie populaire turque, avec ses plats simples mais profondément ancrés dans la tradition. Requinqués et pleinement satisfaits, nous avons repris notre exploration d’Istanbul, déjà impatients de notre prochaine escale gourmande.

RESTAURANT TURKISH CUISINE ISTANBUL

#Karisik #Güvec,

 Après une journée bien remplie à arpenter les ruelles d’Istanbul et à admirer ses trésors architecturaux, nous avons décidé de dîner à proximité de notre appartement à Sultanahmet. L’un des nombreux avantages de la ville est le coût relativement abordable des restaurants, ce qui rend la cuisine locale encore plus accessible et attrayante que de préparer nos propres repas. Ce soir-là, notre choix s’est porté sur le Restaurant Turkish Cuisine, une adresse réputée pour ses spécialités traditionnelles, où les parfums des épices et des grillades éveillent immédiatement l’appétit.

Dès notre installation, nous avons été séduits par l’ambiance chaleureuse du lieu : un décor authentique, des tables joliment dressées et un service attentif. La carte proposait un large éventail de plats typiques, et nous avons opté pour un Karışık Güveç, une version mixte de ce plat mijoté emblématique. Servi fumant dans son plat en terre cuite, ce ragoût généreux à base de poulet et de bœuf était agrémenté de poivrons, d’oignons, de tomates et de champignons. Les saveurs riches et profondes se mariaient parfaitement, et chaque bouchée révélait une texture fondante et parfumée. Comme le veut la tradition, il était accompagné d’un pain pita moelleux, idéal pour savourer jusqu’à la dernière goutte de sauce.

L’un des autres incontournables de la carte était le Çoban Kavurma, un plat rustique qui illustre parfaitement l’art turc de la cuisine mijotée. Préparé à partir de morceaux d’agneau sautés avec des oignons, des tomates, des champignons et des poivrons, il tire son nom du procédé de conservation de la viande, le Kavurma, une méthode ancestrale qui consiste à cuire lentement la viande dans sa propre graisse pour en préserver toutes les saveurs. Ce plat, à la fois tendre et savoureux, s’accordait à merveille avec du riz pilaf ou du pain croustillant.

Nous avons accompagné notre repas d’un Ayran, cette boisson au yaourt légèrement salée qui adoucit les épices et rafraîchit le palais. En dessert, difficile de résister à un baklava fondant, dont les fines couches de pâte feuilletée imbibées de miel et garnies de pistaches clôturaient ce festin en beauté.

Sortis du restaurant repus et comblés, nous avons rejoint notre appartement en savourant encore le souvenir de ces plats riches et réconfortants. Istanbul n’a décidément pas fini de nous surprendre par la diversité et la générosité de sa gastronomie !

GÜLHANE SARK SOFRASI ET LE PARC GÜLHANE

hummus crémeux au cacık

À la recherche d’un bon restaurant après une matinée bien remplie à explorer Istanbul, nous avons suivi les recommandations de TripAdvisor et choisi de nous attabler au Gülhane Şark Sofrası. Situé à proximité immédiate du parc Gülhane, ce restaurant jouit d’une bonne réputation et d’un cadre agréable.

Dès notre arrivée, nous avons été séduits par la terrasse spacieuse et confortable, même si sa proximité avec la route pouvait parfois se faire sentir. L’accueil était chaleureux, avec un service attentif et souriant, et nous nous sommes rapidement plongés dans l’exploration du menu. La carte proposait un large choix de spécialités turques, des kebabs savoureux aux mezze parfumés, en passant par des plats mijotés aux épices envoûtantes.

Nous avons opté pour un assortiment de grillades soigneusement préparées : de tendres morceaux d’agneau, de poulet et de bœuf, délicatement marinés et grillés à la perfection. Accompagnés de riz pilaf, de légumes grillés et de pain pita moelleux, ces plats reflétaient tout le savoir-faire de la cuisine turque. Nous avons également goûté aux mezze, ces petites entrées variées à partager, allant du hummus crémeux au cacık, une sauce fraîche à base de yaourt et de concombre relevée d’ail et de menthe.

Si la qualité des plats était indéniable, l’addition s’est révélée un peu plus élevée que dans d’autres établissements similaires d’Istanbul. Cela dit, le cadre et le service justifiaient en partie ce petit écart de prix.

ISTIKLAL CADDESI REST ESMER ISTANBUL

Flâner sur Istiklal Caddesi, la célèbre avenue de l’Indépendance à Istanbul, est une expérience incontournable. Cette artère animée, bordée de boutiques, de librairies et de bâtiments historiques, regorge également de cafés et de restaurants où l’on peut faire une halte gourmande. Parmi eux, le restaurant Esmer s’est imposé comme une adresse idéale pour une pause déjeuner rapide et savoureuse au cœur de l’effervescence stambouliote.

Dès notre arrivée, nous avons été séduits par l’ambiance conviviale et moderne du lieu. Le service, efficace et chaleureux, permet de profiter d’un repas sans trop attendre, ce qui est appréciable lorsqu’on souhaite poursuivre sa visite de la ville. La carte offre une large variété de plats, alliant influences locales et internationales, parfait pour satisfaire toutes les envies.

Nous avons opté pour des pizzas généreusement garnies, à la pâte fine et croustillante, cuites à la perfection. Leur saveur était rehaussée par des ingrédients frais et de qualité, allant de la mozzarella fondante aux tomates juteuses, en passant par de savoureuses olives et des herbes aromatiques. Pour ceux qui recherchent un repas plus consistant, le restaurant propose également des hamburgers gourmands, servis avec des frites croustillantes et une sauce maison relevée.

Ceux qui préfèrent une option plus locale peuvent se tourner vers des plats typiques comme les pides turques, ces pains plats garnis de viande hachée, de fromage ou de légumes, ou encore des salades fraîches aux influences méditerranéennes, légères et parfumées.

L’emplacement central du restaurant Esmer en fait un arrêt parfait pour recharger les batteries avant de poursuivre l’exploration d’Istiklal Caddesi et de ses environs. Après ce repas réconfortant, nous avons repris notre promenade en direction de la place Taksim, profitant de l’ambiance vibrante de cette avenue mythique. Une adresse à retenir pour un déjeuner pratique et agréable en plein cœur d’Istanbul !

LES LOGEMENTS

Apartment FATIH chez OZAN – ISTANBUL- TURQUIE

Nous avons récemment séjourné à Istanbul, cette ville mythique autrefois connue sous les noms de Byzance et de Constantinople. Ayant déjà visité la ville à plusieurs reprises, nous étions convaincus que ce séjour serait tout aussi agréable, d’autant plus que notre appartement était idéalement situé.

Situé à seulement 9 minutes à pied du Grand Bazar, 9 minutes de la Mosquée Bleue et à moins de 20 minutes du Palais de Topkapi, notre hébergement CHEZ OZAN offrait une proximité inégalée avec les principaux sites touristiques.

L’appartement était spacieux et bien aménagé. Le salon confortable était parfait pour se détendre après une journée de visites, tandis que la grande salle à manger nous permettait de prendre nos repas du soir ensemble, sauf lorsque nous étions tentés par les activités nocturnes de la ville. La cuisine bien équipée facilitait la préparation de nos repas, et les deux chambres très confortables nous assuraient un repos optimal.

Nous tenons à exprimer notre gratitude à Ozan pour son accueil chaleureux, ses précieux conseils et sa disponibilité tout au long de notre séjour. Grâce à lui, notre expérience à Istanbul a été encore plus enrichissante et agréable.

LES LIENS

#traveladdict #voyagerautrement #slowtravel #slowtravelling #paysage #4×4 #4x4life #4x4adventure #travelphotography #roadtrip #ontheroad #overland #overlander #overlanding #traveladdict #toutestpossible #allispossible #thingstodo

#grece #visitgrece #greece #placetovisitgreece

#philippe

Laisser un commentaire