Gaborone, cœur administratif du Botswana
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À la découverte de Gabane et de ses artisanes
À une quinzaine de kilomètres de Gaborone, la route s’enfonce dans les collines et mène à Gabane, un village paisible où la vie semble suivre un rythme plus doux. Les maisons rondes en pierre, coiffées de toits de chaume, se fondent dans le paysage, comme si elles avaient poussé là, au milieu des arbres et des rochers. L’endroit invite à la marche, à la curiosité, à l’observation tranquille.
Au cœur du village se trouve le Pelegano Village Industry, un ancien complexe communautaire qui regroupait autrefois plusieurs petites industries : verrerie, métallurgie, minoterie de sorgho… autant d’activités aujourd’hui disparues, dont il ne reste que quelques bâtiments silencieux. Mais une activité, elle, a résisté : la poterie, véritable trésor du lieu.
En entrant dans l’atelier, on est accueilli par l’odeur de l’argile humide et la chaleur douce des fours. Les artisanes travaillent avec une concentration presque méditative. Certaines versent l’argile liquide dans des moules, d’autres tournent la terre sur une roue électrique, d’autres encore lissent la surface d’un vase ou sculptent les détails d’un animal. Les gestes sont précis, répétés, transmis. On voit la matière prendre forme, se transformer, devenir objet.
Les pièces finies, alignées sur les étagères, racontent l’histoire du village : couleurs terreuses, motifs inspirés de la savane, silhouettes d’oiseaux, symboles tribaux ngwato ou kalanga. Certaines pièces sont polies jusqu’à devenir satinées, d’autres conservent une texture granuleuse qui rappelle la rugosité de la terre. Le résultat est un artisanat à la fois rustique et raffiné, profondément ancré dans le territoire.
Les prix, en revanche, surprennent : bien plus élevés que dans les échoppes traditionnelles de Gaborone. Le travail est magnifique, mais l’écart tarifaire interroge, surtout pour des voyageurs habitués aux marchés locaux. Cela n’enlève rien à la beauté du lieu, mais rappelle que Pelegano est aussi un projet social, pensé pour offrir un revenu stable aux femmes du village.
Créé en 1982 avec l’appui d’une mission norvégienne, le centre avait pour objectif d’offrir des débouchés professionnels aux femmes de Gabane, souvent mères célibataires, tout en valorisant un savoir-faire local. Aujourd’hui encore, l’atelier reste un symbole d’émancipation et de créativité féminine. Chaque pièce vendue est un geste de soutien, un encouragement à la transmission.
Les visiteurs peuvent même participer à un atelier de création : modeler, lisser, décorer, comprendre la patience nécessaire pour transformer un bloc d’argile en objet. Une expérience simple, mais profondément humaine, où l’on réalise que l’artisanat n’est pas seulement un produit : c’est un dialogue entre les mains, la terre et l’histoire du village.
Gabane n’est pas seulement une escapade depuis Gaborone : c’est une rencontre avec un savoir-faire vivant, un lieu où l’on ressent la force tranquille des artisanes et la beauté d’un geste ancestral.
🌍 À la Découverte de Kolobeng : Sur les Traces de la Dernière Mission de David Livingstone au Botswana
À une trentaine de kilomètres seulement de Gaborone, la modernité s’efface soudain pour laisser place à un silence ancien. Le paysage s’ouvre sur une étendue de bushveld où la terre rouge, les acacias et les herbes dorées semblent veiller sur un passé fragile. C’est ici que repose Kolobeng, la troisième et dernière mission fondée au Botswana par David Livingstone, un lieu où l’histoire du pays s’est jouée dans une rencontre à la fois spirituelle, politique et profondément humaine.
Aujourd’hui classé monument national, Kolobeng raconte la confrontation — parfois harmonieuse, parfois douloureuse — entre l’élan missionnaire venu d’Europe et les structures sociales des Bakwena au milieu du XIXᵉ siècle. Le site n’a rien d’un musée monumental : ce sont des ruines, des traces, des pierres affleurant le sol. Mais chaque fragment porte une mémoire.
En 1847, David et Mary Livingstone s’installent ici, accueillis par le roi Sechele I, souverain visionnaire des Bakwena. Leur arrivée marque le début d’une période intense où se mêlent évangélisation, innovations agricoles, apprentissages linguistiques, tensions politiques et drames familiaux. Livingstone, déjà célèbre pour ses explorations et son combat contre l’esclavage, trouve en Sechele un interlocuteur d’une intelligence rare. Leur relation, faite d’admiration mutuelle et de désaccords profonds, façonnera durablement l’histoire du Botswana. Mary, elle, partage les conditions de vie rudes, les déplacements incessants, les maladies, et laisse une empreinte discrète mais essentielle dans la mémoire du lieu.
La visite commence sur l’esplanade du centre d’accueil, où des panneaux explicatifs retracent les grandes étapes de la mission. Une structure circulaire au toit de chaume rappelle l’architecture traditionnelle, comme un pont entre les cultures. En avançant dans le domaine, les ruines apparaissent peu à peu : les fondations de la première église du Botswana, érigée en 1847 par plus de deux cents personnes sous l’impulsion de Sechele, témoignent d’un moment fondateur. Les murs de terre séchée, les branches entrelacées et les toits d’écorce ont disparu, mais l’emplacement reste chargé d’une force symbolique immense.
Plus loin, les vestiges de la maison des Livingstone et de l’école qu’ils avaient fondée dessinent encore les contours de leur quotidien. On imagine les cours du soir, les premiers essais d’irrigation, les consultations médicales improvisées sous les arbres. Le sol lui-même semble garder la mémoire des pas, des voix, des gestes.
Le choix de cet emplacement n’était pas anodin. À l’époque, la rivière Kolobeng était réputée pour ne jamais s’assécher. Elle permettait d’introduire des techniques agricoles nouvelles, de cultiver, d’expérimenter. Aujourd’hui, le climat a changé, la rivière s’est retirée, et le bush a repris ses droits. Le site est entouré de clôtures pour le protéger du bétail et de l’érosion, mais l’atmosphère reste sauvage, presque intacte.
Kolobeng n’est pas seulement un lieu de mémoire missionnaire. C’est aussi un espace intime où repose Elizabeth, la fille des Livingstone morte en bas âge, ainsi que deux voyageurs de l’époque. C’est un lieu où l’on ressent la fragilité des vies, la dureté des conditions, la profondeur des engagements.
C’est enfin un pivot historique majeur. C’est ici que s’est nouée l’alliance entre les Bakwena et les missionnaires britanniques, une dynamique qui contribuera plus tard à la création du protectorat du Bechuanaland, préservant le territoire des ambitions coloniales voisines. Kolobeng est ainsi l’un des points d’origine du Botswana moderne.
🎨 Manyana – Les Rochers qui Murmurent : Voyage au Cœur des Peintures Rupestres du Botswana
Après Kolobeng et ses échos missionnaires, la route qui s’éloigne vers le village de Manyana nous entraîne dans un autre temps, un autre monde, un autre silence. Ici, on ne parle plus de Livingstone ni des Bakwena. Ici, on remonte des milliers d’années en arrière, jusqu’aux premiers habitants de cette terre rouge : les chasseurs‑cueilleurs San, dont l’art rupestre demeure l’un des plus précieux héritages du sud‑est du Botswana.
Le site se love contre une falaise de grès rose et ocre, sculptée par des millénaires d’érosion. La roche semble vivante, chaude, presque respirante sous le soleil. La végétation du bush s’accroche aux parois, comme si la nature elle-même cherchait à protéger ce sanctuaire préhistorique. En s’approchant, on découvre des abris sous roche, des surplombs naturels qui forment de véritables toiles minérales. C’est là, à l’abri du vent et du soleil, que les artistes San ont appliqué leurs pigments, mélange d’oxydes de fer, de graisses animales et de sève, pour inscrire leur monde sur la pierre.
La première rencontre est celle d’un bestiaire silencieux. Les silhouettes d’antilopes et de rhinocéros apparaissent comme des ombres anciennes, effacées mais tenaces. Puis, soudain, les girafes de Manyana se dévoilent. Élancées, presque majestueuses, elles semblent grimper le long de la paroi, dessinées d’un ocre lumineux bordé de traits sombres. Elles dominent le site comme un totem. Pour les San, la girafe n’était pas seulement un animal : c’était un être spirituel, un médiateur entre la terre et le ciel, souvent associé aux rituels de pluie et aux danses de transe. Devant elles, on ressent une forme de respect instinctif, comme si la pierre portait encore l’énergie des cérémonies anciennes.

En avançant, les peintures deviennent plus abstraites. Des alignements de points, des cercles, des rectangles, des motifs géométriques complexes se révèlent lentement, presque timidement. Leur signification reste mystérieuse. Certains y voient des cartes primitives, d’autres des repères astronomiques, d’autres encore des visions entoptiques — ces formes que les chamans percevaient lors de transes profondes. Ces symboles donnent au site une dimension presque cosmique, comme si les artistes San avaient voulu inscrire leur monde intérieur sur la roche.
Le décor autour de nous renforce cette impression d’intemporalité. Le sol rouge, les herbes dorées, les buissons épineux, tout semble figé dans une lumière ancienne. Le site est protégé par des clôtures pour préserver ces traces fragiles, mais l’atmosphère reste sauvage, intacte, comme si rien n’avait changé depuis des siècles.
Manyana n’est pas un site spectaculaire au sens touristique du terme. C’est un lieu intime, fragile, vibrant. Un lieu où l’on marche doucement, où l’on écoute, où l’on laisse la pierre parler.
Un lieu qui rappelle que le Botswana n’est pas seulement un pays de safaris et de grands espaces, mais aussi une terre de mémoire, de spiritualité et d’art ancien.
Un lieu où l’on comprend que les premières histoires du pays ne s’écrivaient pas avec des mots, mais avec des pigments, des gestes et des visions.
🌿 Les Poteries de Thamaga – Là où la Terre Devient Mémoire
Après les collines peintes de Manyana et les ruines silencieuses de Kolobeng, la route s’étire vers l’ouest et mène au village de Thamaga, niché au pied d’imposants koppies de granit. Ces collines rondes, sculptées par des millions d’années d’érosion, dominent le paysage comme des géants assoupis. Le village s’étend humblement à leurs pieds, enveloppé dans une lumière chaude qui fait vibrer les couleurs de la terre. C’est dans ce décor authentique que bat le cœur d’un projet artisanal profondément ancré dans l’identité botswanaise.
En franchissant l’entrée de Thamaga Pottery, signalée par un mur peint aux couleurs vives, on découvre une cour soignée où un palmier chargé de dattes orangées projette son ombre généreuse. À ses côtés se dresse une rondeval traditionnelle, coiffée d’un toit de chaume, comme un rappel discret des racines culturelles du pays. L’endroit respire la sérénité, la patience, le travail bien fait.
Thamaga Pottery est née d’une initiative communautaire destinée à offrir un emploi durable aux femmes du village. Ici, l’art n’est pas un luxe : c’est un moyen de vivre, de transmettre, de préserver. Les motifs peints sur les poteries — lignes brisées, losanges, zigzags — s’inspirent directement des dessins que les femmes batswana traçaient autrefois sur les sols en terre battue de leurs maisons. Chaque pièce raconte une histoire, un geste, une mémoire.
Dans l’atelier et le showroom, les créations se dévoilent comme autant de fragments d’un patrimoine vivant. Les grands vases élancés, façonnés à la main, attirent immédiatement le regard. Leur silhouette élégante, leurs rebords ondulés, leurs motifs géométriques minutieusement peints en font de véritables pièces d’apparat. À côté, une vaisselle plus contemporaine rappelle que la tradition sait parfaitement s’adapter au quotidien moderne : assiettes, bols, plats et tasses affichent fièrement leur compatibilité avec le four, le micro‑ondes et le lave‑vaisselle, preuve que l’artisanat local n’est pas figé dans le passé.
Pour les voyageurs aux valises plus légères, de délicates miniatures en terre cuite ajourée reprennent la forme des rondavels traditionnelles. Elles laissent filtrer la lumière comme de petites lanternes, transformant l’argile en poésie. Plus loin, des pots sombres et lisses reposent sur trois petits pieds, clin d’œil évident aux marmites en fonte africaines utilisées pour la cuisine au feu de bois. La terre, ici, se fait mémoire, hommage, transmission.
Thamaga Pottery n’est pas seulement un atelier : c’est un lieu où l’héritage du passé dialogue avec les besoins du présent. Un lieu où la terre rouge du Botswana devient art, où les mains des femmes façonnent des objets qui voyagent bien au‑delà des frontières du village. Un lieu qui rappelle que l’artisanat n’est pas un souvenir pour touristes, mais une manière de raconter le monde, de le comprendre, de le préserver.
Cap vers l’Afrique du Sud – De Gaborone à Bloemfontein
Nous quittons la capitale botswanaise à l’aube, laissant derrière nous la silhouette paisible de Gaborone, lovée au pied des collines de Kgale. Les premières lueurs du jour glissent sur la ville encore assoupie tandis que nous prenons la route du sud, en direction de la frontière sud‑africaine.
Très vite, le paysage s’ouvre sur une vaste plaine ponctuée d’acacias, où paissent quelques troupeaux de zébus et de chèvres. Le ruban d’asphalte serpente entre des villages clairsemés — Metsimotlhabe, puis Boatle — avant de rejoindre la A1, cette grande artère qui relie le nord du Botswana à la frontière sud‑africaine. La circulation reste fluide, et nous profitons de ce dernier aperçu du pays, ses étendues ocre et sa lumière douce suspendue au‑dessus du bush.
En approchant du poste-frontière de Lobatse – Pioneer Gate, l’horizon se ponctue de collines basses et d’arbustes épineux. Lobatse, l’une des plus anciennes cités du pays, fut jadis envisagée comme capitale avant que Gaborone ne lui soit préférée. Ville industrielle aujourd’hui, elle conserve un charme discret, marqué par ses maisons coloniales et ses ruelles calmes.
Le passage de la frontière révèle un contraste net. Côté botswanais, tout est rapide, fluide, presque immédiat : tampon, contrôle, et nous voilà repartis. Côté sud-africain, l’attente se prolonge, non pas par manque d’amabilité, mais en raison des difficultés — ou d’une certaine mauvaise volonté — à remplir correctement le Carnet de Passage en Douane (CPD). Une étape administrative qui ralentit sensiblement la procédure avant de pouvoir reprendre la route.
Une fois la frontière franchie, le changement est immédiat. La route s’élargit, bordée de fermes et de collines verdoyantes : nous entrons dans la province du Free State, cœur agricole de l’Afrique du Sud. Les champs de maïs et de tournesols s’étendent à perte de vue, encadrés de clôtures blanches et de silos argentés.
La route vers Bloemfontein est bien plus longue qu’on ne l’imagine : depuis Gaborone, ce sont près de 600 kilomètres qui séparent les deux villes. Le décor évolue lentement, alternant pâturages, petites localités comme Mafube ou Ladybrand, et longues lignes droites où le vent balaie les herbes blondes. Par endroits, le paysage s’ouvre totalement : immenses plaines sèches, un plan d’eau isolé, un arbre solitaire, comme sur la photo prise avant notre arrivée. Une scène typique du Highveld, où la lumière devient plus vive et plus tranchée à mesure que l’on progresse.
À l’horizon, apparaissent enfin les premiers toits rouges de Bloemfontein, la « Cité des Roses », capitale judiciaire de l’Afrique du Sud. Son nom, signifiant littéralement « fontaine fleurie », évoque déjà la douceur et la quiétude qui s’en dégagent.
FAUNE ET FLORE
(Procavia capensis capensis, daman des rochers, rock hyrax)
singes vervets du sud (Chlorocebus pygerythrus pygerythrus, singe vervet, vervet monkey)
(Tragelaphus strepsiceros, grand koudou, greater kudu)
(Struthio camelus australis, autruche d’Afrique, common ostrich).
(Equus quagga, zèbre des plaines, plains zebra)
(Threskiornis aethiopicus, ibis sacré, african sacred ibis)
(Bostrychia hagedash australis, ibis hagedash austral, hadada ibis australis)
(Alopochen aegyptiaca, ouette d’Égypte, egyptian goose)
(Plectropterus gambensis niger, oie-armée de Gambie du Sud, spur-winged goose)
(Aepyceros melampus melampus, impala, impala)
(Taurotragus oryx oryx, éland du Cap, common eland).
Dendrocygnes veufs (Dendrocygna viduata)
aigle martial (Polemaetus bellicosus),
RUSHS SHORTS & REELS
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La Cuisine
Toutes les informations, par région sur la gastronomie au Botswana en suivant ce lien : La Cuisine au Botswana
Gaborone – Premier Déjeuner chez Ocean Basket après la Route depuis Serowe
Nous arrivons à Gaborone en fin de matinée, encore portés par les kilomètres avalés depuis Serowe. La ville s’étire sous un soleil clair, mélange de modernité tranquille et de chaleur africaine. À peine le temps de souffler que nos estomacs nous rappellent que le petit déjeuner est loin. On se dirige vers Ocean Basket, un classique en Afrique australe, parfait pour un déjeuner rapide mais généreux.
À table, Margot repère immédiatement ce qui va la rendre heureuse : un grand plateau de sushis, coloré, précis, presque délicat. Les makis serrés, les nigiris brillants, le gingembre rose… tout lui parle. Elle attaque avec ses baguettes comme si elle retrouvait un rituel familier, et son sourire suffit à dire que le pari est réussi.
Bastien, lui, ne résiste pas aux Saucy Prawns, servis dans une méditerranean sauce parfumée, légèrement tomatée, relevée juste ce qu’il faut. L’assiette arrive fumante, nappée d’un jus qui accroche la cuillère et promet une vraie explosion de saveurs. Il se concentre, il savoure, il ferme les yeux : la mer vient de s’inviter dans son déjeuner.
Pour Nadège et moi, ce sera un Seafood Platter pour deux, une assiette débordante de moules, de prawns, de hake fish croustillant et de calamars tendres. On partage, on pioche, on échange les morceaux comme autour d’un braai improvisé. Le Botswana n’a pas d’océan, mais ce midi, il en a le goût, la générosité, la chaleur.
Les boissons rafraîchissent l’ensemble, parfaites après la route. Et quand l’addition tombe, on se regarde avec un sourire complice : 760 BWP au total, boissons comprises. Pour un déjeuner complet, varié, gourmand, c’est presque déroutant.
En sortant, Gaborone nous accueille avec son rythme calme. La lumière de midi glisse sur les façades, la ville respire doucement. On remonte dans la voiture, repus, heureux, prêts à découvrir la capitale avec cette sensation agréable d’avoir déjà trouvé un petit trésor culinaire dès notre arrivée.
Ocean Basket nous offre un premier goût de Gaborone : simple, généreux, inattendu. Et la journée ne fait que commencer.
Pause gourmande au Courtyard – Saveurs locales sous la fraîcheur du jardin
Après notre visite des centres artisanaux de Gaborone, nous quittons les étals colorés et les sculptures de bois pour nous installer juste à côté, au Courtyard, un restaurant niché dans un écrin de verdure. L’endroit ressemble à un petit refuge urbain : tables disséminées sous les arbres, pergola couverte de feuillage, lumière tamisée par les plantes grimpantes. Une atmosphère douce, presque suspendue, où l’on entend davantage le bruissement des feuilles que le bruit de la ville.
La carte mêle cuisine internationale et spécialités botswanaises, et chacun y trouve son bonheur… ou presque. Margot choisit un grilled T‑Bone, une pièce généreuse qui aurait pu être parfaite si elle n’avait pas été servie froide et moins cuite que demandé. Un détail qui contraste avec la tranquillité du lieu, mais qui n’enlève rien à l’ambiance apaisante du jardin.
Bastien, lui, se régale avec un Pepper Stack de 300 g, une viande tendre et juteuse nappée d’une sauce au poivre riche et parfumée. L’assiette est complétée par un butternut fondant et une purée maison, un duo simple mais parfaitement exécuté.
Nadège opte pour la même pièce de viande, mais accompagnée du Morogo wa Setswana, l’un des plats les plus emblématiques du pays. Le morogo est un mélange de feuilles vertes locales — souvent du wild spinach ou des feuilles de courge — mijotées longuement avec oignons, tomates et parfois une touche d’arachide. Le résultat est un goût profond, légèrement amer, terrien, qui rappelle les cuisines rurales et les repas communautaires préparés au feu de bois. Un plat humble, nourrissant, chargé de mémoire.
Je choisis moi aussi le morogo, mais accompagné d’un Nama ya Kgomo, un bœuf mijoté à la manière traditionnelle. La viande est cuite lentement jusqu’à devenir tendre, presque confite, imprégnée de jus et d’épices douces. C’est une cuisine de patience, de lenteur, de transmission, où chaque bouchée raconte un savoir-faire ancien.
Le Courtyard offre ainsi une parenthèse culinaire où se mêlent modernité et traditions, dans un décor végétal qui apaise et enveloppe. Une halte parfaite pour goûter aux saveurs du Botswana tout en profitant de la douceur d’un jardin au cœur de la capitale.
TARIF 900 BWP pour 4 avec les boissons
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Louna Rossa – Un déjeuner en demi‑teinte au Sarona City Mall
Situé au cœur du Sarona City Mall, l’un des espaces commerciaux les plus agréables de Gaborone, le Louna Rossa attire immédiatement par sa terrasse lumineuse. C’est le genre d’endroit où l’on s’installe volontiers pour profiter du soleil de midi, entouré d’architecture moderne et du va-et-vient tranquille des familles et des travailleurs en pause. L’ambiance promettait un moment convivial, mais notre déjeuner à quatre s’est révélé plus contrasté que prévu.

La carte, très visuelle, donne envie dès les premières pages. On y retrouve les classiques internationaux, les burgers, les viandes grillées, quelques spécialités locales et même une section italienne. Sur le papier, tout semble pensé pour satisfaire un large public. Pourtant, au moment de commander, une série de déceptions s’est enchaînée : plusieurs plats phares étaient indisponibles. Les viandes les plus attendues, comme le T‑Bone, le Tomahawk ou le Pork Chop, avaient disparu de la liste des possibles, tout comme les lasagnes de bœuf. Une situation frustrante, surtout dans un établissement situé dans un centre commercial aussi fréquenté.

Heureusement, les plats encore disponibles étaient plutôt bien exécutés. Margot a trouvé son bonheur dans une assiette de pâtes au fromage, généreusement gratinées et relevées par quelques tomates cerises. Bastien s’est tourné vers le Hake, servi finalement avec une purée maison onctueuse, un quartier de citron et une petite sauce, une présentation simple mais soignée.
Nadège a opté pour un Chicken Cordon Bleu croustillant, garni de fromage fondant et accompagné de frites bien dorées.

Quant à moi, j’ai sauvé ma pause carnée avec un Rump steak joliment marqué au grill, servi sur un lit de légumes verts avec une sauce poivre‑champignons. Rien d’exceptionnel, mais des assiettes honnêtes et visuellement plaisantes.
Le véritable point noir du repas a été le service. Obtenir les boissons a demandé une patience inattendue, et l’attente pour les plats a été encore plus longue. Sous la chaleur de Gaborone, ces délais ont pesé sur l’ambiance générale. L’équipe en salle semblait débordée, manquant de coordination, ce qui a donné au déjeuner un rythme haché, loin de la fluidité espérée.

Pour quatre personnes, plats et boissons compris, l’addition s’est élevée à 750 BWP, un tarif raisonnable pour ce type d’établissement. Le Louna Rossa bénéficie d’un emplacement idéal et d’une terrasse vraiment agréable, mais la gestion des stocks et la lenteur du service viennent clairement ternir l’expérience. C’est un endroit à tester si vous avez du temps devant vous et si vous êtes prêts à adapter vos envies en fonction des disponibilités du jour.
Pour découvrir d’autres expériences culinaires de la région, vous pouvez consulter notre page dédiée à Saveurs du Botswana, qui explore la richesse gastronomique locale et complète parfaitement une visite de Gaborone.
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🍽️ Pause gourmande à Gaborone – Déjeuner au Spur Steak Ranch
Après une matinée bien remplie sur les routes et les pistes du Botswana, le retour en ville avait un parfum de récompense. Pour la pause déjeuner, cap sur le Spur Steak Ranch, une enseigne que l’on croise souvent en Afrique australe… mais qui, ce jour‑là, s’est révélée être une excellente surprise. L’accueil est chaleureux, le service étonnamment rapide, et surtout, la viande arrive exactement comme demandée, que ce soit servie sur une assiette classique ou sur une plaque en fonte encore crépitante. Une efficacité rare et bienvenue.
La carte, généreuse et variée, déroule un festival de grillades, de burgers, de viandes haut de gamme et de plats terre‑mer. On y retrouve les grands classiques de la maison, les spécialités maison à partager, les options plus audacieuses, et toute une gamme de boissons fraîches. Une vraie halte pour carnivores assumés… mais pas seulement.
À table, chacun a trouvé son bonheur. Bastien a opté pour un Hawaiian Chicken Schnitzel, un plat aussi gourmand que réconfortant : deux belles escalopes de poulet panées, dorées à souhait, recouvertes de fromage fondant, de bacon croustillant et de tranches d’ananas grillées. Une assiette généreuse, sucrée‑salée, qui a fait l’unanimité autour de lui.
Nadège et Margot ont choisi le Rump avocat‑roquefort, un pavé de rumsteck parfaitement grillé, juteux, tendre, recouvert de lamelles d’avocat frais et accompagné d’une sauce au roquefort qui apporte une touche puissante et élégante. Une combinaison audacieuse, mais terriblement efficace.
Quant à moi, j’ai succombé au Cheesy Garlic Prawn Rump, servi sur un sizzler brûlant. Le rumsteck arrive encore en train de chanter sur la fonte, nappé d’une sauce crémeuse à l’ail et au fromage, parsemée de crevettes. Un plat généreux, parfumé, qui mêle terre et mer dans un équilibre parfaitement maîtrisé.
Toutes les assiettes sont accompagnées de frites croustillantes servies dans de petits paniers métalliques, ainsi que des onion rings dorés, signature incontournable de la maison. Une simplicité assumée, mais exécutée avec soin.
Le Spur s’est imposé comme une halte gourmande efficace, conviviale et sans fausse note. Une adresse idéale pour recharger les batteries au cœur du voyage, savourer une viande de qualité et profiter d’un service rapide sans sacrifier le plaisir de l’assiette.
Tarif 920 BWP pour 4 avec boissons
🛍️ Gaborone – Là où les malls rythment nos journées
Nous ne nous attendions pas à ça. En arrivant à Gaborone, nous pensions trouver une capitale tranquille, étendue, presque discrète. Et pourtant, la ville nous enveloppe immédiatement dans une énergie étonnamment moderne, portée par une profusion de centres commerciaux qui jalonnent chaque quartier comme des phares urbains. Ici, les malls ne sont pas de simples lieux où l’on passe : ce sont des espaces où l’on vit, où l’on se retrouve, où l’on respire un peu de fraîcheur avant de reprendre la route.
Nous avançons de mall en mall comme on traverse des places publiques. Airport Junction, Sarona City, les grandes artères du CBD… chacun a son ambiance, ses cafés, ses parfums, ses lumières. On comprend vite que cette abondance n’est pas un hasard : la classe moyenne botswanaise grandit, les influences sud‑africaines sont partout, et la voiture règne en maître dans une ville pensée pour s’étendre. Les malls deviennent alors des points d’ancrage, des repères, des lieux où tout se concentre : courses, services, rendez‑vous, pauses gourmandes.
Dans les supermarchés, nous retrouvons ce même dynamisme. Faire les courses pour quatre — entre 160 et 260 pula selon nos envies — devient presque un petit voyage en soi. Chez Spar, les rayons boucherie nous attirent irrésistiblement, avec leurs pièces impeccables et leurs promotions sur les boissons. Checkers nous surprend par la variété de ses surgelés et ses produits venus d’Afrique du Sud. Pick n Pay nous séduit par ses légumes frais et sa viande porcine d’une qualité remarquable, même si le bœuf se fait parfois plus discret. Et puis il y a Choppies, Shoprite, Sefalana, ces enseignes plus populaires où l’on trouve l’essentiel, les produits de base, les ingrédients du quotidien botswanais. À chaque passage, nous avons l’impression de mieux comprendre la ville.
Et lorsque nous voulons retrouver le goût du pays, celui qui vient directement de la terre, nous quittons les allées carrelées pour rejoindre les marchés de Broadhurst, Gaborone West ou Bontleng. Là, le morogo s’empile en bouquets verts, les légumes de saison brillent sous le soleil, les vendeurs discutent, rient, négocient. C’est un autre visage de Gaborone, plus brut, plus vivant, plus ancré.
Même le plein d’essence devient une petite scène du quotidien. Les stations Engen, Shell, Puma ou TotalEnergies jalonnent la ville comme des haltes familières. Un pompiste s’approche, remplit le réservoir, essuie parfois le pare‑brise, échange quelques mots. Nous laissons un petit pourboire, un sourire, et la route continue. Autour, les shops ouverts tard le soir, parfois toute la nuit, prolongent cette impression d’efficacité tranquille.
Et puis il y a les banques, omniprésentes, modernes, rassurantes. Stanbic, FNBB, Absa, Standard Chartered, Nedbank… les enseignes se succèdent, les distributeurs automatiques sont partout, et le paiement par carte devient un réflexe. Tout est fluide, simple, pensé pour que la vie circule sans accroc.
Gaborone nous surprend chaque jour un peu plus. Derrière ses façades vitrées, ses parkings immenses et ses enseignes lumineuses, la ville révèle une organisation discrète mais solide, une modernité assumée, une manière bien à elle de faire cohabiter tradition et consommation. Nous nous y glissons naturellement, comme si ces malls, ces marchés, ces stations‑service faisaient déjà partie de notre voyage depuis longtemps.
LES LOGEMENTS
LES LIENS VERS LES PHOTOS
J 1425 – Gaborone Game Reserve : quand la ville s’efface et que la savane surgit
J 1426 – Masjid Jamaa, la mosquée qui veille sur Gaborone
J 1426 – Les voix du sacré à Gaborone
J 1426 – Le Musée national et la Galerie d’art, cœur culturel de Gaborone
J 1426 – Le Monument des Trois Chefs, mémoire vivante du Botswana
J 1426 – Les centres artisanaux de Gaborone, l’âme créative de la capitale
J 1426 – À la découverte de Gabane et de ses artisanes
J 1427 – Kolobeng, là où l’histoire respire encore
J 1427 – Manyana, là où les rochers se souviennent
J 1427 – Thamaga, là où la terre raconte des histoires
J 1428 – Gaborone, la capitale où les malls dessinent nos journées
J 1429 – Mokolodi : Les contrastes d’un sanctuaire aux portes de Gaborone
LES LIENS
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La 
Plus loin, la Cathédrale du Christ‑Roi se dresse dans un calme presque monastique. Son clocher blanc, son architecture de briques et ses vitraux colorés racontent une autre époque, celle des premières missions catholiques au Botswana. L’intérieur, baigné de lumière filtrée, révèle un équilibre entre dépouillement et solennité. Les statues, les autels fleuris et les crucifix rappellent la continuité d’une foi ancienne, enracinée dans la communauté locale. Dans le jardin attenant, les tombes des premiers évêques de Gaborone reposent sous les arbres, mémoire silencieuse d’un siècle de présence spirituelle.
Au cœur du Central Business District de Gaborone, là où les tours de verre reflètent l’ambition moderne du Botswana, un espace monumental rappelle que la nation s’est construite bien avant l’essor économique et l’urbanisme contemporain. Inauguré en 2005, le 





Au centre de Gaborone, loin du tumulte des centres commerciaux et des avenues modernes, se trouve un lieu où le Botswana raconte son histoire avec douceur, patience et profondeur : le
enseignants et visiteurs.
L’un des projets les plus emblématiques du musée est sans doute le Pitse Ya Naga, le “zèbre sur roues”, un programme itinérant qui parcourt les écoles primaires du pays pour apporter le patrimoine culturel directement aux enfants. Une manière de faire vivre l’histoire, de la rendre accessible, de la transmettre là où elle est la plus essentielle.


C’est l’un des paradoxes les plus charmants de Gaborone : au milieu des quartiers résidentiels, des routes larges et des centres commerciaux, on trouve une petite réserve nationale où la vie sauvage continue de respirer comme si la ville n’existait pas. La 
















À notre arrivée à Gaborone, après la route depuis Serowe, nous découvrons
La villa est vaste, lumineuse, climatisée dans chaque pièce. Elle compte quatre chambres, dont une suite parentale qui intègre un salon privé, un bureau et sa propre salle de bains. Les autres chambres, décorées avec soin, offrent chacune une atmosphère différente, entre modernité et touches africaines discrètes. Les trois salles de bains, équipées à la fois de douches et de baignoires, apportent un confort appréciable pour un séjour en famille ou entre amis, permettant à chacun de trouver son rythme.
4 réflexions sur «Gaborone, cœur administratif du Botswana»