Pélican brun Caribbean Brown Pelican Pelecanus occidentalis occidentalis
Pelecanus occidentalis occidentalis — Pélican brun dans les mangroves de Los Haitises
Nous avançons lentement au cœur du parc national de Los Haitises, là où les mangroves s’entrelacent aux reliefs karstiques qui bordent la baie de Samaná. Dans cette mosaïque de chenaux calmes, de racines aériennes et de blocs calcaires sculptés par l’érosion tropicale, deux silhouettes massives attirent notre regard. Posés sur un tronc flotté, presque immobiles, deux pélicans bruns (Pelecanus occidentalis) dominent la scène, incarnant à eux seuls la puissance tranquille des écosystèmes littoraux caribéens.
Le pélican brun est immédiatement reconnaissable à sa silhouette lourde, à son plumage brun-gris nuancé, et surtout à son bec long et robuste, terminé par un crochet marqué et prolongé par une poche gulaire extensible, véritable outil de capture. Les individus observés correspondent aux caractères morphologiques de la sous-espèce Pelecanus occidentalis occidentalis, propre aux Antilles et aux côtes atlantiques tropicales. L’un se tient face à l’eau, dans une posture de veille typique, tandis que l’autre adopte une attitude plus relâchée, ailes légèrement décollées du corps, laissant apparaître la densité du plumage et la solidité de l’ossature. Ce comportement statique sur un perchoir naturel est fréquent après l’alimentation, durant les phases de repos et de digestion.
Sur le plan écologique, le pélican brun occupe une place clé dans les réseaux trophiques marins côtiers. Prédateur spécialisé des poissons pélagiques de surface, il se distingue par une technique de chasse spectaculaire : un repérage aérien suivi d’un plongeon abrupt, parfois depuis plusieurs mètres de hauteur, au cours duquel la poche gulaire se remplit d’eau et de proies avant d’être vidée. Contrairement au pélican blanc, pêcheur coopératif, le pélican brun chasse le plus souvent seul ou en petits groupes lâches, adaptant son comportement aux conditions locales. Sa présence régulière est ainsi considérée comme un indicateur biologique fiable de la productivité et de l’équilibre des milieux marins.
À Los Haitises, la combinaison de mangroves étendues, de lagunes calmes et d’îlots rocheux offre des conditions idéales pour cette espèce. Les troncs flottés et les racines émergées constituent des perchoirs sûrs, tandis que l’abondance de poissons dans les eaux protégées assure une ressource alimentaire constante. Malgré une fréquentation touristique modérée, le site conserve un degré de tranquillité suffisant pour permettre l’expression de comportements naturels, observables sans perturbation excessive.
D’un point de vue taxonomique, Pelecanus occidentalis comprend cinq sous-espèces réparties entre les côtes atlantiques et pacifiques des Amériques. La forme caribéenne P. o. occidentalis se distingue par une taille généralement plus modeste que celle de P. o. californicus du Pacifique nord-américain, ainsi que par des variations de plumage et de phénologie reproductive liées aux conditions tropicales. Ces différences reflètent une adaptation fine aux contextes environnementaux régionaux.
Cette observation, réalisée en janvier 2026, s’inscrit dans un cadre plus large de suivis ornithologiques des zones humides de la République dominicaine. Elle confirme la stabilité des populations de pélicans bruns dans les Caraïbes et souligne le rôle fondamental du parc national de Los Haitises comme réservoir de biodiversité, zone de repos et de nourrissage, mais aussi comme laboratoire à ciel ouvert pour l’étude des dynamiques écologiques littorales tropicales.
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🪶 Tableau des espèces de pélicans dans le monde
| Nom commun | Nom scientifique | Distribution principale | Sous-espèces / variantes régionales | Observations personnelles |
|---|---|---|---|---|
| Grand Pélican blanc | Pelecanus onocrotalus | Afrique, Europe du Sud, Asie centrale | Parfois appelé “Rosy Pelican” | Walvis Bay (Namibie), Massifs, silencieux, ils planent au-dessus de la lagune avec une envergure qui frôle les trois mètres Cap Blanc (Mauritanie), . Les pélicans blancs, avec leur plumage éclatant et leur bec caractéristique, se détachaient nettement sur le fond bleu de l’océan, créant un spectacle fascinant. Parc National du Banc d’Arguin (Mauritanie) lors d’une sortie en lanche , Parc National de Djoudj (Sénégal) Lors d’une sortie en bateau à travers les eaux tranquilles de ce parc, troisième réserve ornithologique au monde,, parc national de Conkouati-Douli (Congo) un vol de pélicans |
| Pélican gris à dos rose | Pelecanus rufescens | Afrique subsaharienne, Madagascar, sud de l’Arabie | Pas de sous-espèce reconnue | lagune de la Somone, (Sénégal) lors d’une sortie en barque |
| Pélican frisé | Pelecanus crispus | Europe de l’Est, Asie centrale, Balkans | Pas de sous-espèce reconnue | Non observé |
| Pélican brun | Pelecanus occidentalis occidentalis | Amérique du Nord, Centrale et du Sud (côtes) | 5 sous-espèces (dont P. o. californicus) | Los Haitises (République dominicaine) : deux individus posés sur un tronc flotté, en zone côtière boisée, comportement calme et posé, observation matinale |
| Pélican péruvien | Pelecanus thagus | Côtes du Pérou et du Chili | Anciennement sous-espèce du brun | Non observé |
| Pélican australien | Pelecanus conspicillatus | Australie, Nouvelle-Guinée, Indonésie | Pas de sous-espèce reconnue | Non observé |
| Pélican tacheté (Inde) | Pelecanus philippensis | Inde, Sri Lanka, Asie du Sud-Est | Pas de sous-espèce reconnue | Non observé |
| Pélican d’Amérique du Nord | Pelecanus erythrorhynchos | Canada, USA, Mexique | Pas de sous-espèce reconnue | Non observé |
🧭 Notes naturalistes
- Walvis Bay : P. onocrotalus y est bien établi, notamment autour des lagunes et des zones de guano. Il pêche en groupe, en formation, sans plonger.
- Somone (Sénégal) : P. rufescens est plus petit, au plumage gris-rosé, souvent solitaire ou en petits groupes.
- Djoudj (Sénégal) : Colonies spectaculaires de P. onocrotalus, en vol et en pêche coordonnée.
- Banc d’Arguin & Cap Blanc (Mauritanie) : Zones côtières riches en poissons, idéales pour les grands pélicans blancs en migration.
- Conkouati-Douli (Congo) : Observation aérienne en fin juillet, en formation spiralée, portée par les thermiques — moment majestueux.
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