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Bwabwata NP – Core Kwando : immersion dans un sanctuaire sauvage Namibie

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Nous quittons le camp Kuvira à l’aube, lorsque la lumière hésite encore entre les roses du lever et les vapeurs d’humidité qui s’élèvent des bras tranquilles de la rivière Kwando. Le silence est traversé par quelques cris d’oiseaux, et la fraîcheur du matin accompagne nos premiers kilomètres. Cette journée nous conduit en traversée du Bwabwata National Park, vaste territoire protégé de plus de 5 000 km² où la faune circule librement entre fleuves, savanes et forêts riveraines, et où l’histoire humaine laisse encore ses traces dans les villages et les anciens postes militaires disséminés dans la brousse.

Depuis le Kuvira River Camp, nous faisons une courte halte à Divundu pour les courses indispensables avant de rejoindre le Bush Camp by Camp Kwando. Le Choppies et le Shoprite s’imposent comme étapes pratiques : étals bien organisés, produits frais, large choix de viandes parfaites pour le braai du soir. Nous sélectionnons quelques pièces de bœuf, des légumes, des condiments, de quoi composer un dîner simple mais savoureux au cœur de la brousse.

Pour le déjeuner du lendemain, nous prenons également de quoi préparer sandwichs et salades, faciles à transporter et à déguster lors d’une halte dans le parc. L’achat des provisions est rapide et efficace : nous remplissons nos sacs tout en profitant de la lumière douce du matin et de l’activité tranquille du marché, un aperçu de la vie quotidienne à Divundu.

Nous en profitons pour faire le plein de carburant : aucune autre station ne se présentera avant Kongola, et la traversée du Bwabwata exige autonomie et prudence.

Avec les sacs bien remplis et le réfrigérateur en place, nous reprenons la route, impatients de déplier notre tente de toit et de profiter pleinement de cette première nuit en immersion au bord du Kwando.

La route entre Divundu et Kongola est longue, rectiligne, bordée de savanes ouvertes, de villages épars et de zones boisées où les éléphants traversent parfois sans prévenir. Quelques kilomètres avant Kongola, nous obliquons à droite pour entrer dans le Core Area Kwando, l’un des secteurs les plus riches du Bwabwata National Park.

Entrée dans le Bwabwata Core Kwando : un corridor écologique vivant

À peine arrivés à la porte d’entrée du Core Kwando, nous sommes accueillis par les véritables maîtres des lieux : une petite troupe de babouins chacma du Nord  qui traverse la piste avec l’assurance tranquille de ceux qui ont vu passer des générations de voyageurs. Certains fouillent l’herbe haute, d’autres observent depuis les ombres des arbres, et un grand mâle, immobile au milieu du chemin, semble nous jauger avant de s’écarter d’un pas nonchalant. Cette présence immédiate, presque familière, donne le ton : ici, la faune n’attend pas que l’on s’enfonce dans le parc pour se montrer.

Le poste d’entrée est simple, presque rustique, avec son petit bâtiment clair, son porche ombragé et les crânes d’antilopes alignés devant la porte comme un rappel silencieux de la vie sauvage qui nous entoure. Nous réglons les droits d’entrée — 760 NAD pour nous quatre, véhicule inclus, comme à Mahango — puis l’agent nous remet une carte en noir et blanc du secteur. À l’aide d’un crayon, il trace les pistes praticables en cette fin de saison des pluies, raye celles qui sont inondées ou interdites, et nous indique la boucle la plus sûre pour rejoindre la zone centrale.

Cette carte griffonnée, fragile mais précieuse, devient notre fil conducteur. Elle nous rappelle que le Core Kwando n’est pas un parc “aménagé” mais un espace vivant, soumis aux caprices de l’eau, du sable et des saisons. Nous refermons la barrière derrière nous, et la piste s’ouvre, large et silencieuse, prête à nous absorber.

La piste quitte les zones ouvertes pour s’enfoncer dans une forêt dense, presque fermée, où les branches basses frôlent les portières et où la lumière se filtre en éclats dorés à travers les feuillages. L’air devient plus humide, plus frais, chargé d’odeurs de terre et de feuilles écrasées. Ici, le Kwando se devine plus qu’il ne se voit : on sent sa présence dans la végétation plus haute, dans les ombres épaisses, dans le silence soudain plus profond.

C’est dans cette transition, entre savane et sous‑bois, que nous rencontrons nos premières grandes antilopes du Core Kwando : des femelles koudous, immobiles entre les troncs, parfaitement camouflées dans les stries de lumière. Leurs grandes oreilles tournent vers nous avant même que nous les repérions, et leurs silhouettes fines, rayées de blanc, se fondent dans la mosaïque de branches et d’herbes sèches.

Elles nous observent un instant, sans panique, avec cette élégance prudente propre aux koudous. Puis l’une d’elles avance de quelques pas, traverse la piste d’un mouvement souple, suivie d’une seconde qui disparaît dans les buissons comme une ombre rayée.

Cette rencontre silencieuse, presque intime, marque l’entrée dans un Bwabwata plus secret, plus végétal, où chaque apparition se mérite et où la faune se laisse deviner plus qu’elle ne se montre.

Nous poursuivons le long de la piste sableuse, qui serpente maintenant entre des bosquets serrés et des arbres aux troncs sombres. Le sable devient plus profond, la voiture glisse légèrement, et la lumière se fragmente en éclats mouvants sur le pare‑brise. L’atmosphère change : plus silencieuse, plus lourde, presque suspendue.

C’est là, dans cette zone mi‑ombre mi‑soleil, qu’une silhouette massive se détache entre les troncs. Un gnou bleu à barbe noire, immobile, nous observe de côté. Son pelage gris‑ardoise strié de bandes sombres se fond parfaitement dans les ombres de la forêt claire. La barbe noire, les cornes recourbées, la crinière dressée : tout chez lui respire la puissance contenue.

Il ne fuit pas. Il attend. Il écoute. Il jauge.

Puis, d’un pas lent, il avance dans la lumière, révélant les reflets bleutés de son flanc — cette teinte unique qui lui vaut son nom. Il traverse la piste avec une nonchalance presque aristocratique, s’arrête un instant de l’autre côté, puis disparaît dans les buissons, avalé par la végétation comme s’il n’avait jamais été là.

Une apparition brève, silencieuse, mais d’une intensité rare. Le Core Kwando continue de se dévoiler par touches, espèce après espèce, dans une ambiance de forêt vivante où chaque rencontre semble surgir d’un tableau.

Plus loin sur la piste sableuse, la forêt s’ouvre légèrement et laisse apparaître un petit groupe d’impalas femelles. Elles broutent tranquillement entre les buissons, oreilles en alerte, silhouettes fauves parfaitement découpées dans la lumière. Sur leur croupe, comme des sentinelles miniatures, se tiennent plusieurs oiseaux gris‑brun au bec rouge vif : les Piquebœufs à bec rouge — Buphagus erythrorhynchus.

Le contraste est superbe : la robe chaude des impalas, la marque noire en “M” sur la croupe, et ce petit oiseau au cercle oculaire jaune éclatant, accroché à leur dos comme un passager attitré. La scène est typique du Kwando, où cette association est omniprésente.

Le piquebœuf inspecte la peau de l’antilope, avance par petits bonds, fouille entre les poils, arrache une tique, puis une autre. L’impala, lui, reste immobile, comme habitué à ce service de nettoyage permanent. C’est une symbiose classique des savanes d’Afrique australe : l’oiseau se nourrit de parasites, et l’antilope bénéficie d’un toilettage sanitaire indispensable dans ces zones humides et boisées où les tiques pullulent.

Dans le Core Kwando, cette relation est partout : sur les impalas, sur les buffles, parfois même sur les hippopotames. Mais c’est sur les impalas qu’elle est la plus élégante, la plus visible, presque graphique — un duo parfaitement adapté à la vie dans les forêts claires du Zambèze.

Plus loin sur la piste, la forêt s’éclaircit à nouveau et laisse apparaître un autre groupe d’impalas. Cette fois, un mâle adulte se tient légèrement en retrait, immobile, les cornes en lyre parfaitement découpées dans la lumière. Sa robe fauve, plus chaude que celle des femelles, contraste avec les herbes sèches et les ombres des arbres. Les muscles du cou sont tendus, la posture droite : un comportement typique de vigilance territoriale.

À quelques mètres, une femelle avance lentement entre les buissons. La marque noire en “M” sur la croupe est nette, parfaitement visible. Elle s’arrête, écoute, puis reprend son chemin d’un pas souple. Le camouflage est remarquable : dans cette mosaïque de lumière et d’ombre, l’impala disparaît presque dès qu’il cesse de bouger.

Ces rencontres successives montrent bien la structure sociale de l’espèce dans le Core Kwando : – mâles isolés ou en petits groupes, souvent en posture de surveillance, – femelles en harde lâche, se déplaçant entre les zones boisées et les clairières, – présence régulière de piquebœufs, même si ceux-ci ne sont pas visibles sur ce groupe précis.

Le paysage, lui, reste fidèle à la signature du Kwando : une alternance de sous‑bois, de clairières sableuses et de zones plus denses où la lumière se fragmente. Les impalas y trouvent refuge, nourriture et visibilité, tout en restant exposés aux prédateurs du secteur — léopards, lycaons et parfois lions.

En quittant la piste principale, nous obliquons à gauche et la forêt claire s’ouvre lentement devant nous. Le sol change sous les roues : moins de sable, davantage de feuilles mortes, un sous‑bois plus dense où les troncs de mopanes et de tecks se resserrent par endroits. L’air devient plus immobile, plus chaud, et la lumière se fragmente en éclats nets entre les branches. Nous avançons dans un véritable écotone, une zone de transition où la forêt commence à perdre de sa densité tandis que la plaine inondable du Kwando se devine déjà au loin.

À la lisière, un mouvement attire notre attention. Un grand koudou mâle s’enfonce lentement dans le fourré, sa silhouette presque effacée par les rayures blanches qui se confondent avec les rais de lumière. Ses cornes en spirale émergent au‑dessus des buissons comme deux vrilles sculptées, parfaitement adaptées à ce milieu où l’ombre et la verticalité dominent. Il avance par à‑coups, s’arrête, écoute, puis disparaît dans l’épaisseur du bois. Ici, les browsers trouvent leur place : ils se nourrissent des feuilles des arbustes tout en restant à portée de refuge, prêts à bondir dans la végétation dense au moindre danger.

En progressant encore, la forêt s’éclaircit. Les arbres s’espacent, les herbes deviennent plus hautes, et la lumière gagne en intensité. Dans cette zone intermédiaire, un petit groupe d’impalas femelles repose à l’ombre. Certaines sont couchées, d’autres debout, toutes en vigilance diffuse. Leur position dit tout : assez proches de la plaine pour accéder à l’herbe fraîche, assez proches de la forêt pour s’y réfugier si nécessaire. Leur robe fauve se fond dans les herbes sèches, et la marque noire en “M” sur la croupe se détache nettement lorsque l’une d’elles se relève pour changer de place. Ce comportement calme, presque confiant, indique un secteur où elles se sentent en relative sécurité, tout en gardant un œil sur les ouvertures de la plaine.

En avançant encore, la forêt s’efface d’un coup et la plaine inondable apparaît, immense, ouverte, baignée de lumière. L’herbe jaunie par la saison sèche s’étend jusqu’aux chenaux qui serpentent vers la rivière Kwando. C’est un paysage totalement différent : un espace où la visibilité est totale, où les herbivores viennent pâturer et s’abreuver, mais où ils sont aussi les plus exposés. La transition est nette, presque brutale, et elle explique à elle seule la dynamique du parc : les animaux passent les heures chaudes à l’abri de la forêt, puis glissent vers la plaine lorsque la lumière baisse ou lorsque la soif les pousse vers la rivière.

Nous avançons dans un véritable couloir de vie, un passage obligé entre l’ombre protectrice de la forêt et l’ouverture lumineuse de la plaine. Chaque buisson peut abriter un koudou, chaque trouée peut révéler un groupe d’impalas, et chaque mouvement dans l’herbe peut signaler la présence d’un prédateur. Le Core Kwando se dévoile ici dans toute sa logique écologique : un paysage en strates, où chaque zone répond à un besoin précis, et où les animaux circulent en permanence entre refuge, nourriture et eau.

À mesure que nous avançons dans cette vaste ouverture, la plaine inondable révèle progressivement sa structure : un patchwork d’herbes sèches, de zones plus vertes et de petites dépressions humides qui annoncent la proximité du Kwando. L’espace est totalement dégagé, et chaque silhouette animale se détache nettement dans la lumière. C’est ici que les herbivores se concentrent, attirés par l’herbe plus nutritive, mais c’est aussi ici qu’ils deviennent les plus vulnérables. Leur vigilance accrue en dit long sur la pression prédatrice qui règne dans ce secteur.

Un mouvement dans l’herbe attire notre attention : un  Lechwe mâle avance lentement vers une zone plus humide. Ses longues cornes en forme de lyre se courbent élégamment vers l’arrière avant de revenir vers l’avant, et sa robe brun roux capte la lumière avec une intensité presque cuivrée. Le Lechwe est l’espèce emblématique de ces plaines inondables. Semi‑aquatique, il n’hésite pas à s’aventurer dans l’eau jusqu’au ventre pour atteindre les herbes aquatiques. Ses sabots allongés lui permettent de se déplacer dans la boue sans s’y enfoncer, une adaptation parfaite à ce milieu où la terre et l’eau se mêlent en permanence.

À quelques dizaines de mètres, un groupe d’impalas mâles se tient en retrait de l’eau, sur une zone légèrement surélevée. Leurs cornes en lyre se découpent dans la lumière, et leur posture alerte contraste avec la nonchalance apparente du Lechwe. Ils préfèrent rester sur la terre ferme, où leur agilité est maximale en cas d’attaque. Leur présence, plus éloignée du marais, illustre bien la partition écologique entre les espèces : chacune occupe la zone où elle est la plus efficace.

Près du Lechwe, un Héron garde‑bœufs avance d’un pas rapide, profitant des insectes débusqués par les mouvements de l’antilope. Cette association discrète mais constante est une autre forme de symbiose typique de ces écosystèmes où chaque espèce profite des déplacements de l’autre.

En quelques minutes, la plaine inondable du Kwando dévoile toute sa richesse : les impalas sur les zones sèches, les Lechwes dans les marais. Nous sommes exactement au point de rencontre entre la terre et l’eau, là où les habitats se superposent et où la faune se concentre. La dynamique du Kwando s’exprime ici pleinement : un espace ouvert, nourricier, mais exigeant, où chaque espèce occupe une niche précise et où la vigilance est la condition de la survie.

Depuis notre poste d’observation légèrement surélevé, la plaine inondable se déploie devant nous comme un vaste plateau vivant. Après avoir suivi les Lechwes dans leur domaine semi‑aquatique, nous poursuivons notre avancée vers les berges, là où la savane herbeuse rencontre les premiers méandres du Kwando. L’environnement se transforme progressivement : les herbes blondes laissent place à des joncs plus verts, les zones humides deviennent plus marquées, et les reflets de l’eau scintillent entre les touffes de végétation aquatique. La forêt, désormais loin derrière nous, n’est plus qu’une ligne sombre ; ici, tout respire l’ouverture, la lumière et la dynamique des plaines inondables.

C’est dans cette transition que se tient l’un des véritables gardiens du rivage : le Vanneau à tête blanche (Vanellus albiceps)**. Immobile dans les herbes rases ou sur un banc de sable, il surveille son territoire avec une vigilance presque cérémonielle. Ses caroncules jaunes pendantes encadrent son bec comme deux petites lames d’or, un détail morphologique qui attire immédiatement le regard et qui, dans cette lumière rasante, lui confère une allure presque royale. Le moindre mouvement dans la plaine déclenche chez lui un cri sec, un avertissement sonore qui se propage sur plusieurs dizaines de mètres et rappelle que cet espace ouvert est un territoire disputé, où chaque intrusion est immédiatement signalée.

Sa présence marque la frontière mouvante entre la terre ferme et les zones plus humides, un seuil écologique où la vie se concentre. Depuis notre plateforme, nous percevons parfaitement cette organisation du paysage : les herbes hautes des Lechwes, les zones plus sèches des impalas, et, en bordure immédiate de l’eau, la silhouette nerveuse du vanneau. Tout s’imbrique, tout se répond, et l’ensemble compose un corridor biologique où la faune circule librement, guidée par la lumière, l’eau et les cycles saisonniers.

À mesure que nous progressons le long de la plaine inondable, la vie se révèle par touches successives, comme si chaque strate de végétation dévoilait son propre chapitre. Après la silhouette immobile du vanneau à tête blanche, la savane reprend son mouvement avec l’apparition d’un impala mâle, avançant d’un pas souple entre les herbes blondes. Sa robe fauve capte la lumière, et ses cornes en lyre se découpent nettement sur l’arrière‑plan de joncs et de reflets d’eau. Ici, dans cette zone de transition, les impalas adoptent un comportement plus dispersé : ils se déplacent seuls ou en petits groupes, profitant des herbes plus nutritives tout en gardant une vigilance constante. Chaque arrêt, chaque pivot d’oreille rappelle que la plaine, aussi ouverte soit‑elle, reste un territoire où la prudence est une condition de survie.

Plus loin, un mouvement plus massif trouble la verticalité des herbes : un babouin chacma du Nord mâle traverse la clairière, la queue relevée, le pas assuré. Il progresse en diagonale, inspectant le sol, s’arrêtant parfois pour écouter ou scruter les alentours. Dans ce secteur du Kwando, les babouins exploitent les lisières de marais et les zones de graminées hautes, où ils trouvent graines, racines, insectes et parfois de petits invertébrés. Leur présence ajoute une dimension plus terrestre à ce paysage dominé par les antilopes et les oiseaux d’eau. Quelques instants plus tard, un second individu apparaît, suivant la même trajectoire, confirmant que nous croisons probablement l’avant‑garde d’une troupe en déplacement.

Ces scènes successives — l’impala isolé, les babouins en marche, le vanneau en sentinelle — composent un tableau vivant de la plaine inondable. Chacun occupe une niche précise, chacun répond à une logique écologique propre, mais tous partagent ce même corridor où la terre et l’eau se rencontrent. Depuis notre position légèrement surélevée, nous percevons la cohérence de l’ensemble : un paysage où les comportements se superposent, où les trajectoires se croisent sans se confondre, et où la dynamique du Kwando s’exprime dans toute sa diversité.

Alors que nous avançons encore vers les méandres du Kwando, le paysage s’élève par endroits en petites buttes sableuses où se dressent des arbres morts, sculptés par le vent et les crues successives. Ce sont des postes d’observation naturels, des vigies parfaites pour les prédateurs du ciel. Et c’est là, immobile au sommet d’une branche blanchie, que se révèle l’un des emblèmes du fleuve : l’Aigle pêcheur d’Afrique.

Sa silhouette se découpe avec une netteté presque irréelle sur le bleu profond du ciel. Le blanc pur de la tête et de la poitrine contraste violemment avec le brun sombre des ailes, et son bec jaune, puissant, semble taillé pour la précision. Il ne bouge pas, ou si peu : un léger ajustement des serres, un pivot de la tête, un battement d’ombre sur son dos lorsque le soleil glisse derrière un nuage. Tout chez lui respire la maîtrise. Dans cet environnement où l’eau structure la vie, il règne en véritable souverain.

Depuis notre position, nous percevons la logique de son perchoir : une vue dégagée sur les chenaux, une hauteur suffisante pour repérer le moindre remous, et un accès direct aux zones de pêche. Le Kwando, avec ses eaux lentes et ses bancs de sable, est un territoire idéal pour lui. Il attend, patiemment, que l’occasion se présente. Un éclat argenté, un mouvement sous la surface, et l’aigle plonge avec une précision fulgurante, ailes repliées, serres en avant. Même lorsqu’il reste immobile, tout dans sa posture annonce cette puissance contenue.

La présence de l’aigle ajoute une dimension verticale à la scène que nous observons depuis plusieurs minutes. Après les impalas dispersés dans les herbes, les babouins en déplacement, et le vanneau à tête blanche en sentinelle du rivage, l’aigle pêcheur incarne la strate supérieure de cet écosystème. Il domine le paysage autant qu’il en dépend, lié à l’eau comme le lechwe, mais par une autre voie : celle de la prédation aérienne.

Dans ce silence presque suspendu, sa silhouette devient le point d’équilibre du Kwando. Elle rappelle que ce fleuve n’est pas seulement un corridor pour les herbivores, mais aussi un axe vital pour les grands rapaces qui y trouvent nourriture, territoire et perchoirs. Le Core Kwando, vu d’ici, apparaît comme un système complet, où chaque espèce occupe une place précise dans une architecture écologique d’une cohérence remarquable.

À mesure que nous avançons vers les zones plus humides, la plaine inondable change encore de visage. L’herbe se fait plus dense, les sols deviennent spongieux, et de petites poches d’eau apparaissent entre les touffes de végétation. Ces mares temporaires, nourries par les crues du Kwando, attirent une nouvelle communauté d’espèces, plus discrètes mais tout aussi essentielles à la dynamique du marais.

Les premières silhouettes à émerger sont celles de deux Ouettes d’Égypte, parfaitement immobiles dans les herbes blondes. Leur plumage brun‑châtain, marqué d’un cercle sombre autour de l’œil, capte la lumière du matin. Elles avancent lentement, inspectant le sol, attentives au moindre mouvement. Dans cet environnement ouvert, elles adoptent une posture prudente, alternant phases de recherche alimentaire et arrêts prolongés pour scruter les alentours. Leur présence rappelle que les plaines inondables du Kwando ne sont pas seulement le domaine des antilopes : elles abritent aussi une avifaune riche, adaptée aux alternances d’eau et de sécheresse.

Plus près de l’eau, un petit groupe de Dendrocygnes veufs se tient au bord d’une flaque peu profonde. Leur silhouette élancée, leur face blanche contrastant avec la tête sombre et la poitrine rousse, se reflète dans l’eau calme. Ils restent groupés, avançant d’un pas lent, presque synchronisé, comme s’ils suivaient un rythme commun. Leurs appels doux, presque flûtés, se mêlent au bruissement des herbes. Dans ces zones humides, ils trouvent graines, invertébrés et abris, profitant de la mosaïque de micro‑habitats que crée chaque variation du niveau d’eau.

Autour d’eux, le paysage s’ouvre sur une succession de mares, de bras morts et de chenaux secondaires. L’eau y est calme, parfois couverte de végétation flottante, parfois totalement dégagée. Les arbres morts, dressés comme des sculptures, offrent des perchoirs aux rapaces et aux échassiers. Les berges sableuses, quant à elles, servent de zones de repos aux oiseaux d’eau et de passages aux antilopes qui viennent s’abreuver.

Dans cette partie du Core Kwando, tout semble organisé autour de l’eau : sa présence, son retrait, ses mouvements lents. Chaque espèce y trouve une niche, un rythme, une manière d’exister. Après les impalas, les babouins et le vanneau à tête blanche, ces oiseaux d’eau ajoutent une dimension plus douce, plus silencieuse, mais tout aussi essentielle à la compréhension de ce paysage vivant.

La piste serpente entre les herbes hautes, encore perlées de lumière, lorsque le silence se modifie imperceptiblement. Un froissement, un souffle, un déplacement d’air dans le bush dense. Puis, comme si la végétation s’ouvrait d’elle‑même, un éléphant d’Afrique australe mâle surgit, massif, souverain, maître absolu de ce corridor sauvage. Il avance d’un pas lent, assuré, chaque foulée soulevant un nuage de poussière dorée.

Il ne nous regarde pas immédiatement. Il traverse la piste comme on traverse un territoire qui nous appartient, sans hâte, sans tension, avec cette puissance tranquille propre aux éléphants du Kwando. Son flanc frôle presque les branches, ses défenses accrochent la lumière, et son oreille se déploie un instant, comme une voile qui capte le vent.

Une fois de l’autre côté, il ne disparaît pas. Au contraire, il évolue autour de nous, dessinant un large arc dans la savane. Il s’arrête, écoute, reprend sa marche, contourne un arbre mort, puis s’immobilise devant une dépression sombre du sol : un point de boue, encore humide, nourri par les dernières crues.

Là, la scène change de rythme. Le géant plonge sa trompe dans la boue, la remonte lentement, puis s’asperge avec une précision presque délicate. Les gouttes sombres éclatent sur son front, glissent le long de ses défenses, retombent en pluie lourde sur ses épaules. Il répète le geste, encore et encore, jusqu’à ce que son corps entier soit recouvert d’une fine pellicule protectrice. La boue refroidit la peau, éloigne les parasites, marque son passage comme un rituel.

Autour de lui, le Kwando respire. Les herbes ondulent, les oiseaux d’eau s’éloignent en silence, et la lumière se pose sur ce tableau comme une bénédiction. Dans cet instant suspendu, nous ne sommes plus des observateurs : nous sommes intégrés au paysage, témoins privilégiés d’un comportement ancestral, d’une relation intime entre l’animal et son territoire.

Le Core Kwando révèle alors ce qu’il est vraiment : un sanctuaire où la grande faune évolue selon ses propres lois, où chaque rencontre est un privilège, et où la piste n’est qu’un fil fragile traversant un monde qui nous dépasse.

À peine le géant s’est-il éloigné vers les herbes hautes que le paysage reprend son rythme, plus discret, plus vif. Dans une clairière ouverte par les passages répétés de la faune, une silhouette basse et nerveuse apparaît, museau au ras du sol : un phacochère, puis un second, surgissent entre les touffes d’herbes sèches.

Leur démarche est reconnaissable entre toutes : tête baissée, queue dressée comme une antenne, oreilles frémissantes. Ce sont des phacochères de Sundevall, les habitants typiques des savanes boisées du Kwando. Leur peau sombre, épaisse, porte les traces de la poussière et des bains de terre. Les défenses, courbes et puissantes, attrapent la lumière du matin.

Ils avancent par saccades, alternant fouille du sol et arrêts brusques, toujours prêts à détaler. Mais ici, dans cette zone tranquille du Core Kwando, ils semblent à l’aise. L’un d’eux s’agenouille sur ses poignets — posture typique — pour brouter les jeunes pousses qui émergent entre les herbes blondes. L’autre scrute les alentours, museau vibrant, avant de replonger dans la végétation.

Le contraste avec l’éléphant est saisissant : là où le géant impose sa lenteur souveraine, les phacochères incarnent la vivacité, la prudence, l’énergie contenue. Pourtant, tous deux participent à la même dynamique écologique : fouille du sol, dispersion des graines, entretien des clairières, création de micro‑habitats.

Un léger souffle de vent fait onduler les herbes. Les phacochères se figent, oreilles dressées, puis reprennent leur progression, disparaissant dans un couloir de végétation comme ils étaient apparus : brusquement, silencieusement, parfaitement intégrés au paysage.

Dans le Core Kwando, chaque rencontre raconte une facette différente du vivant. Après la puissance tranquille de l’éléphant, voici la nervosité élégante du phacochère — un autre visage de cette savane fluviale où chaque espèce trouve sa place, son rythme, son territoire.

Après le passage nerveux des phacochères, le paysage semble reprendre une respiration plus légère. Le vent glisse sur les herbes blondes, les troncs morts se dressent comme des silhouettes figées, et soudain, un éclat improbable fend le bleu du ciel. Il se pose sur une branche nue, parfaitement exposé, comme s’il avait choisi ce perchoir pour être admiré : un Rollier à longs brins.

Sa poitrine lilas, ses ailes turquoise, sa tête beige rosée — tout semble irréel, presque peint. Dans la lumière du Kwando, ses couleurs vibrent comme un drapeau tropical. Il tourne légèrement la tête, scrute les alentours, puis laisse pendre ses longues rectrices, ces deux filets bleus qui ondulent derrière lui comme des rubans.

Le contraste avec les scènes précédentes est saisissant. Après la puissance de l’éléphant, après la nervosité des phacochères, voici la légèreté, la pure beauté, la pause chromatique du Kwando.

Le rollier attend. Il observe. Puis, d’un bond vif, il plonge vers le sol, capture un insecte invisible pour nous, et remonte aussitôt sur son perchoir, où il se tient droit, fier, comme un éclat de ciel posé sur une branche.

Dans ce sanctuaire fluvial, chaque espèce raconte une histoire différente. Le rollier, lui, raconte la grâce. La couleur. La poésie du vivant.

Le Kwando s’élargit ici en un ruban bleu, bordé de roseaux et de bancs de sable. La lumière joue sur l’eau, les herbes ondulent, et tout semble immobile… jusqu’à ce qu’une silhouette se détache, presque fondue dans le paysage.

Entre les hautes herbes, un Lechwe mâle apparaît, museau tourné vers la rivière. Son pelage roux capte la lumière comme une braise, et ses longues cornes recourbées dessinent une arche parfaite au-dessus de sa tête. Il avance lentement, les pattes s’enfonçant dans la végétation humide, parfaitement adapté à ce monde de marécages et de plaines inondables.

Le Lechwe est l’antilope de l’eau. Chaque mouvement semble pensé pour glisser entre les herbes, pour disparaître à volonté. Il s’arrête, écoute, puis reprend sa marche, toujours à la limite entre terre et eau — cette frontière mouvante où il trouve refuge, nourriture et sécurité.

Dans le silence du Kwando, on entend seulement le clapotis léger de l’eau contre les roseaux. Le Lechwe lève la tête, observe un instant, puis s’enfonce un peu plus vers la rive, disparaissant presque entièrement dans les herbes blondes. Seules ses cornes émergent encore, comme deux parenthèses noires dans le paysage.

Après la puissance de l’éléphant, la nervosité des phacochères et l’éclat du rollier, voici la grâce fluide du Lechwe — l’antilope qui incarne mieux que toute autre l’âme des plaines inondables du Kwando.

Le Kwando s’étire en un long ruban bleu, bordé de roseaux et de bosquets serrés. Le vent glisse sur les herbes blondes, les koudous viennent de disparaître dans les fourrés… et soudain, deux silhouettes immenses émergent du bush, comme si les arbres eux‑mêmes s’étaient mis en marche.

Deux girafes d’Angola, hautes, fines, parfaitement camouflées malgré leur taille. Leurs taches ocres se fondent dans la végétation, et pourtant, une fois qu’on les voit, on ne voit plus qu’elles.

La première avance lentement, tête haute, oreilles tournées vers nous. Ses ossicônes sombres captent la lumière, et son regard, profond et calme, semble traverser le paysage. La seconde, légèrement en retrait, se nourrit des feuilles tendres d’un acacia, tirant délicatement une branche vers elle avant de la relâcher dans un léger claquement.

Leur démarche est silencieuse, presque aérienne. Elles glissent entre les buissons, comme deux ombres élancées, parfaitement adaptées à ce monde de branches, de lumière et de vent.

Dans le Kwando, les girafes sont les sentinelles du bush : elles voient tout, entendent tout, et se déplacent avec une lenteur souveraine qui contraste avec la nervosité des phacochères, la grâce fluide des lechwes et la puissance tranquille des éléphants.

Elles s’arrêtent un instant, tournent la tête vers la rivière, puis reprennent leur progression, disparaissant peu à peu dans les feuillages, comme si la savane les reprenait en elle.

Le vent glisse sur les herbes hautes, la rivière déroule ses méandres bleus, et le silence du Kwando semble presque complet… jusqu’à ce qu’une silhouette rousse se détache du vert profond.

Le vent glisse sur les herbes hautes, la rivière déroule ses méandres bleus, et le silence du Kwando semble presque suspendu… jusqu’à ce qu’une silhouette massive et fauve se détache du vert profond.

Dans une clairière humide, un Cobe à croissant du Zambeze avance lentement, museau plongé dans les herbes fraîches. Sa robe brun‑gris, légèrement hirsute, capte la lumière comme un manteau de poussière dorée. Et surtout, sur sa croupe, ce grand cercle blanc parfaitement rond, signature inimitable de l’espèce, se détache comme un halo.

Il lève la tête un instant, oreilles dressées, puis reprend son repas, arrachent les jeunes pousses avec une puissance tranquille. Le Cobe à croissant est un animal d’eau. Il vit dans cette frontière mouvante entre terre et rivière, là où les prédateurs hésitent, où les herbes sont grasses, où la vie se concentre.

Dans le Kwando, il est la sentinelle des rives, l’antilope que l’on aperçoit souvent seule, massive, immobile, comme sculptée dans la lumière. Un pas, un souffle, un frémissement d’herbes — et il s’enfonce lentement vers la végétation, disparaissant presque entièrement, ne laissant que la courbe de son dos dépasser des hautes herbes blondes.

Après la puissance des éléphants, la nervosité des phacochères, l’éclat du rollier, la grâce du lechwe et la noblesse des koudous, voici la présence robuste et essentielle du Cobe à croissant — l’un des véritables gardiens des plaines inondables du Kwando.

En cette fin de saison des pluies, certains secteurs se transforment encore en vastes lacs peu profonds où les éléphants viennent parfois se rafraîchir, tandis que les hippopotames réapparaissent avec le reflux des eaux. Ce cycle hydraulique crée des mosaïques de végétation : herbes rases de savane, papyrus aux bords des canaux, bosquets d’ombou (Acacia erioloba) sur les îles inondées.

Le parc constitue un fragment essentiel du corridor écologique Kasane–Caprivi–Kwando, ce qui explique la présence potentielle d’une faune variée, même si elle se montre plus discrète à cette période de l’année.

Faune en mouvement : une richesse attendue… mais plus diffuse qu’à Mahango

En entrant dans le Core Kwando, nous espérions retrouver la densité animale qui nous avait tant marqués à Mahango. Mais la réalité de la fin de saison des pluies s’impose rapidement : les herbes sont hautes, les points d’eau encore nombreux, et la faune se disperse largement dans l’immensité du parc. Les animaux n’ont plus besoin de se concentrer autour des canaux ou des mares résiduelles, et les rencontres deviennent plus rares, plus furtives.

Nous scrutons les plaines, les bosquets, les lisières de marais, dans l’attente d’un mouvement, d’une silhouette, d’un éclat de lumière sur une corne ou un pelage. Nous savons que buffles, éléphants, lions et léopards fréquentent ces zones, mais en cette période de l’année, ils se fondent dans la végétation luxuriante. Le parc respire, vaste, silencieux, presque secret.

Cette relative discrétion de la faune, loin de nous décevoir totalement, nous rappelle que la nature suit ses propres cycles, indépendants des attentes des voyageurs. Ici, tout dépend de la saison, de l’eau, de la lumière, du vent. Et en cette fin de pluies, le Bwabwata se montre plus diffus, plus intime, moins spectaculaire que Mahango — mais tout aussi authentique.

Un parc né d’une fusion historique

Le Bwabwata est issu de la fusion du Mahango Game Reserve et du Western Caprivi Game Park, unification destinée à renforcer la protection de la zone ouest de la rivière Zambèze. Cette réorganisation a permis de repenser la gestion de la faune, de fluidifier le passage des espèces entre le Botswana et la Namibie, et de sensibiliser à la cohabitation homme–éléphant dans les plaines cultivées environnantes.

On ressent ici cette tension entre nature « sauvée » et réalités humaines : filets tendus aux marges des pistes, villageois guettant le retour du bétail, traces de cultures à l’orée des zones protégées.

Comme à Mahango, les droits d’entrée pour le Bwabwata National Park core Kwando restent uniformes et accessibles. Pour notre famille de quatre personnes, incluant le véhicule, le montant total s’élève à 760 NAD, exactement la même tarification que dans la Mahango Core Area. Le paiement a pu se faire par carte VISA, ce qui est appréciable. Cette continuité tarifaire entre les deux secteurs du parc reflète la gestion unifiée du Bwabwata et facilite la planification des voyageurs en self‑drive.

Dès les premiers instants, nous percevons la grandeur du lieu : l’eau qui réfléchit le ciel, les touffes de savane qui ondulent au vent, le grondement lointain des pachydermes invisibles, et cette sensation d’être à la fois visiteurs et témoins. Chaque rivière franchie, chaque branche bruissante raconte la richesse de cette zone frontière entre Afrique orientale et australe.

En repartant, nous avons l’impression d’avoir traversé un livre ouvert sur l’écologie, la géographie et l’humanité.

FAUNE ET FLORE

femelles koudous

babouins chacma du Nord

gnou bleu à barbe noire

impalas femelles.

Piquebœufs à bec rouge — Buphagus erythrorhynchus.

Cobe de Lechwe

Vanneau à tête blanche (Vanellus albiceps)

Aigle pêcheur d’Afrique.

Ouettes d’Égypte,

Dendrocygnes veufs

éléphant d’Afrique australe mâle

phacochères de Sundevall

Rollier à longs brins

girafes d’Angola,

Cobe à croissant du Zambeze

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🌿 Nuit au Bush Camp by Camp Kwando — L’expérience du silence sauvage

À notre arrivée au Bush Camp by Camp Kwando,, nous installons notre campement dans ce sanctuaire exclusif, idéalement situé entre les parcs nationaux Bwabwata et Mudumu. Le site, facilement accessible depuis Kongola, offre une immersion immédiate au cœur des plaines inondables de la rivière Kwando, là où les acacias protecteurs dominent une végétation sauvage de papyrus et de roseaux.

Le luxe ici réside dans l’espace et l’intimité. Le camp ne compte que quatre emplacements vastes et sablonneux, garantissant une tranquillité absolue. Chaque site est parfaitement équipé : un lapa traditionnel au toit de chaume abrite un espace de vie ombragé, complété par un coin braai, l’eau courante et l’électricité (aux heures du générateur). Le confort est total avec des blocs sanitaires privatifs, dont les douches et toilettes sont élégamment intégrées à l’environnement par des parois de toile et de bois.

Pour les moments de détente, une petite piscine encastrée dans une terrasse en bois permet de se rafraîchir face à l’immensité du bush, tandis qu’une plateforme d’observation, nichée au-dessus de l’eau, invite à contempler le coucher du soleil sur la rivière. Un bar rustique aux accents de bout du monde, baptisé “Mad Max”, ajoute une touche de caractère unique à l’expérience. Pour ceux qui souhaitent explorer les méandres de la Kwando, des excursions en bateau à fond plat sont possibles directement depuis le camp.

Seul bémol de notre côté : l’usure de notre hardtop nous a contraints à renoncer aux nuits en hauteur pour privilégier une installation au sol, en attendant son remplacement prévu à notre arrivée au Cap

Se réveiller avec les cris des calaos, observer les vervets sauter de branche en branche au-dessus du campement et écouter le souffle des hippopotames dans le lointain… Le Bush Camp offre une véritable déconnexion, où la nature et la sérénité dominent. Les voyageurs autonomes y trouvent tout le confort nécessaire dans l’intimité d’un site préservé.

👉 Et pour ceux qui souhaitent découvrir toute la faune observée dans le secteur — en images — l’ensemble de nos photos est disponible sur notre page Facebook AutourDuMonde : https://www.facebook.com/autourdumonde2023 (facebook.com in Bing)

Note pratique : Wifi disponible à la réception et réception 4G correcte sur les emplacements.

💰 Tarif actualisé : environ NAD 330 par personne et par nuit. Les prix peuvent varier selon la saison ; il est conseillé de confirmer lors de la réservation.

Road-Trip entre Rundu et Kasane dans la Bande de Caprivi : Le Guide Pratique (Alimentation, Carburant, Banques)

Traverser la bande de Caprivi, aujourd’hui appelée Zambezi Region, pour relier Rundu en Namibie à Kasane au Botswana constitue l’une des plus belles aventures d’Afrique australe. Sur cet itinéraire d’environ 600 kilomètres, les paysages sauvages défilent tandis que les infrastructures s’amenuisent. Pour rouler l’esprit tranquille, une seule règle d’or s’impose : l’anticipation. Voici le point complet et actualisé pour vous ravitailler efficacement en nourriture, en carburant et en espèces.


Magasins & Alimentation : Où faire ses courses ?

Les possibilités de ravitaillement deviennent progressivement plus limitées à mesure que l’on s’enfonce dans le Zambezi. Il est donc préférable de prévoir les gros caddies dans les hubs principaux de l’itinéraire.

À Rundu, vous trouverez les supermarchés les plus complets de tout le parcours. C’est l’endroit incontournable pour faire le plein initial de votre frigo ou de votre glacière. Des enseignes modernes comme Shoprite, Pick n Pay ou Spar Rundu proposent un choix comparable à celui d’une petite ville européenne. C’est ici qu’il faut acheter la viande de qualité, les légumes frais, le pain, les conserves, les produits laitiers et les boissons pour tenir plusieurs jours.

Environ 200 kilomètres plus loin, Divundu s’est considérablement modernisée et permet aujourd’hui un excellent réapprovisionnement intermédiaire. Le récent Karatja Mall abrite un grand supermarché Choppies, ouvert tous les jours de 08h00 à 20h00, très bien achalandé pour le frais. À l’intersection des routes B8 et C48, le Shoprite Mini Divundu offre une autre option moderne pour le pain, les fruits, les légumes et les indispensables du barbecue. Pour les voyageurs se déplaçant à plusieurs, le Metro Cash & Carry situé en ville s’avère parfait pour les achats en gros volumes, tandis que le Hombe Supermarket, une supérette locale ouverte 24h/24 sur la Main Road, reste idéale pour un dépannage tardif ou de la petite restauration à emporter.

En continuant vers Kongola, les commerces deviennent beaucoup plus modestes et il faut oublier les grands étals de produits frais. On y trouve principalement de petites épiceries locales vendant les produits de base comme des boissons, des conserves, des snacks et du pain. Le Metro de Kongola propose quant à lui des produits vendus en lots plus importants ainsi que quelques surgelés et un rayon alcools, mais son offre en produits frais y reste très restreinte.

À 110 kilomètres de là, Katima Mulilo constitue la dernière vraie ville namibienne avant le passage de la frontière avec le Botswana. Les grandes enseignes comme Shoprite et Pick n Pay Katima Mulilo y sont bien fournies. C’est le moment idéal pour cuisiner ou liquider vos derniers dollars namibiens dans du consommable non périssable.

Une fois la frontière franchie à Kazungula, Kasane accueille les voyageurs avec d’excellentes infrastructures tournées vers le tourisme et le Chobe National Park. Un grand Spar Kasane ainsi qu’un Choppies y sont disponibles, s’avérant parfaits pour se réapprovisionner avant de partir en safari.

L’idéal sur ce trajet reste donc de faire un gros approvisionnement à Rundu, de compléter le frais à Divundu chez Choppies ou Shoprite, et d’ajuster vos stocks à Katima Mulilo avant de basculer au Botswana.


Carburant : Gérer ses pleins

Si les stations-services sont globalement fiables sur l’axe principal B8, elles restent espacées d’environ 200 kilomètres. Avec un véhicule chargé ou une tente de toit qui augmente la consommation, la règle appliquée par beaucoup de voyageurs est simple : ne descendez jamais sous la moitié du réservoir pour éviter tout stress lié à une fermeture ou une rupture temporaire.

Avant de quitter Rundu, il est fortement conseillé de faire un plein complet. La ville dispose de plusieurs stations importantes le long de la route B8, notamment sous les enseignes Shell, Engen ou Total. C’est aussi l’endroit idéal pour vérifier la pression des pneus et le niveau d’eau.

À Divundu, environ 200 kilomètres après Rundu, on trouve deux stations fiables, Total et Shell, idéalement placées juste avant l’arrivée au village et aux commerces. C’est un arrêt pratique et stratégique si vous visitez le Bwabwata National Park ou la zone de Mahango.

En continuant vers l’est, vous atteignez Kongola. Bien que la localité soit petite, elle constitue un point hautement stratégique dans la bande de Caprivi. Sa station-service s’avère essentielle pour les voyageurs qui se dirigent vers la Kwando River et les lodges environnants comme Camp Kwando.

À environ 110 kilomètres plus à l’est, la ville de Katima Mulilo constitue le dernier grand centre avant le Botswana. Plusieurs stations y sont ouvertes sous les bannières Total, Engen et Puma. C’est le meilleur endroit pour refaire le plein impérativement avant de franchir la frontière.

Après le passage de la frontière près de Kazungula, on trouve rapidement plusieurs stations modernes à Kasane pour ravitailler les 4×4 aux portes du Chobe National Park.


Banques & Retraits : Garder du Cash

Bien que les cartes bancaires soient de plus en plus acceptées dans les grands supermarchés et les stations-services, le réseau peut parfois sauter et l’argent liquide reste indispensable pour les pourboires, les entrées de parcs secondaires, l’artisanat ou les petits villages.

Avant de partir vers l’est, Rundu est clairement le point le plus sûr pour retirer une somme suffisante pour plusieurs jours. On y trouve plusieurs banques avec des agences complètes et des guichets automatiques sécurisés, notamment la First National Bank (FNB) et la Bank Windhoek.

À Divundu, plus besoin de stresser car les points de retrait se sont bien développés. Il existe désormais plusieurs opportunités bancaires pour compléter son cash, notamment au niveau de la station Shell mais aussi à l’intérieur du nouveau supermarché Choppies à l’entrée de la ville.

À Kongola, la situation est en revanche très limitée. Il n’y a pas de banque complète dans la localité. On peut parfois trouver un distributeur d’appoint dans la station-service, mais les pannes de réseau ou les machines vides y sont fréquentes. Mieux vaut donc ne pas compter sur cette étape pour votre argent.

La ville de Katima Mulilo dispose quant à elle de plusieurs établissements financiers majeurs comme Bank Windhoek, Standard Bank et des distributeurs FNB. Les agences sont principalement situées autour de Hage Geingob Street et proposent des automates accessibles en libre-service. C’est le dernier endroit facile pour retirer avant la frontière.

Une fois arrivé à Kasane, de nombreux distributeurs sont à nouveau disponibles dans cette ville touristique, notamment près des supermarchés et des stations-service. Attention toutefois, vous retirerez ici des Pulas du Botswana (BWP).

Le meilleur conseil pour un road-trip réussi dans cette région consiste à retirer une somme importante à Rundu, à compléter éventuellement à Divundu ou Katima Mulilo, et à toujours garder sur soi entre 1000 et 2000 NAD en petites coupures pour parer à toute éventualité.

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J 1400 🌿🦌 Kwando – Faune, lumière et souffle sauvage du Zambèze

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