voyageavecnous.com

TRAVEL YOURSELF Autour du Monde

Suivez-nous partout où nous allons !

autourdumonde2023@gmail.com

Safari dans la Bwabwata Game Reserve Core Mahango Bande de Caprivi Namibie

43
697792515_1513468717239154_775727822484144670_n

Le lendemain, nous quittons le Kuvira Camp alors que la lumière hésite encore entre l’or et l’argent. Le fleuve respire doucement, dépose une brume légère au ras de l’eau, et les palmiers se découpent comme des ombres chinoises. Un dernier café face à l’Okavango, puis nous glissons vers le sud. À peine douze kilomètres plus loin, la Core Area Mahango du Bwabwata National Park apparaît, posée entre savane et rivière comme une frontière vivante, un lieu où l’on sent immédiatement que la nature a gardé l’avantage.

L’entrée du parc est modeste, presque intime : un petit bâtiment aux couleurs poussiéreuses, quelques panneaux d’information, un garde souriant qui nous accueille avec la nonchalance de ceux qui vivent au rythme des éléphants. Les formalités sont simples, les droits d’accès clairement affichés, 200 NAD par adulte, 150 NAD par enfant et 60 NAD pour le véhicule, et la barrière se lève dans un grincement doux qui ouvre la voie à une journée entière d’exploration. À partir de là, la piste devient notre fil conducteur, serpentant entre les forêts sèches du Kalahari et les zones humides nourries par l’Okavango, deux mondes qui se rencontrent ici sans jamais s’opposer.

La savane s’ouvre d’abord en larges étendues dorées où les premiers animaux apparaissent comme des mirages. Des antilopes broutent près d’un point d’eau, leurs reflets tremblant dans la surface immobile. Un grand oiseau rase les marais, ailes déployées, avant de disparaître derrière une ligne d’arbres. Plus loin, des phacochères trottinent, queues dressées, suivis d’antilopes qui profitent de l’ombre rare. Le paysage alterne entre zones ouvertes et poches de végétation dense, où les  ombres se superposent comme des couches de vert profond.

Dans les lisières ombragées de Mahango, un mouvement rapide attire l’œil : un Vervet bleu  traverse la piste d’un bond, queue arquée, masque noir brillant dans la lumière. Un second surgit d’un buisson, puis un troisième, et bientôt la clairière s’anime d’appels brefs, de feuillages qui frémissent, de silhouettes agiles qui filent entre les troncs. Leur pelage gris‑vert olive accroche les rayons du soleil, tandis que leurs joues blanches et leur regard vif donnent à chaque apparition un air de malice. Toujours en mouvement, toujours en alerte, les vervets apportent à Mahango une énergie nerveuse, un fil vivant qui relie les arbres, les herbes et les ombres. Dans ce parc où la savane respire lentement, eux avancent en éclats rapides, rappelant que la Bande de Caprivi abrite autant de discrétion que de tumulte.

Très vite, les impalas se révèlent partout, élégants et nerveux, traversant la piste en petits groupes ou se figeant dans les herbes hautes, se nourissant des feuilles à portée,   ou s’adonnant à une course effrénée comme si ils étaient pursuivis. . Leur présence constante donne le rythme du parc : ici, la faune ne se cache pas, elle accompagne chaque mètre parcouru; La scène est impressionnante impliquant le simpalas et plus loins  les zèbres de Burchell . ils  se dévoilent, leurs rayures larges et peu marquées glissant entre les acacias, leurs rayures larges et peu marquées racontant l’Afrique australe dans sa forme la plus authentique. Ils avancent en petits groupes tranquilles, souvent en bord de piste ou dans les clairières dorées qui bordent l’Okavango.

Puis viennent les géants. La piste des baobabs porte bien son nom : ces colosses semblent veiller sur la savane depuis un autre âge. Certains dressent leurs troncs massifs au milieu d’une clairière, d’autres se reflètent dans un étang bordé de roseaux. Leur présence impose un silence particulier, un mélange de respect et de fascination. À leurs pieds, la vie s’organise : des antilopes se reposent à l’ombre, des oiseaux fouillent les zones humides, et parfois un remous trouble la surface de l’eau, rappelant que le fleuve appartient d’abord à ceux qui y vivent.

En longeant les berges, un Héron cendré (Ardea cinerea)** se tenait immobile dans la lumière douce du matin, Sa tête blanche barrée d’un large bandeau noir, son long bec orangé et son plumage gris‑bleu contrastent avec les herbes émergentes. Il avance lentement sur les rives vaseuses, à quelques mètres des Cobes de lechwe et des Dendrocygnes veufs, partageant avec eux les mêmes marges humides façonnées par les crues saisonnières.

Plus loin, les Cobe de lechwe (Kobus leche) occupent les zones détrempées, certains couchés dans les herbes hautes, d’autres avançant lentement dans l’eau peu profonde grâce à leurs membres postérieurs allongés. Le pelage roux‑doré ressort sous la lumière, et les mâles, reconnaissables à leurs cornes annelées en lyre, surveillent les bordures d’herbes où les graminées aquatiques sont les plus abondantes. Leur présence reflète directement la dynamique hydrologique du Caprivi.

grande aigrette

Dans ce même décor, les Dendrocygne veuf réapparaissent, mais dans un univers bien différent de celui de l’Afrique de l’Ouest : ici, ils partagent les plaines inondables avec les grandes antilopes semi‑aquatiques. Leur masque blanc éclatant se détache sur les herbes humides, témoignant de la continuité écologique des systèmes fluviaux.

Ici, l’espèce ne partage plus seulement son habitat avec les mangroves ou les lacs paisibles du Togo, mais avec la grande faune africaine. Lors de nos observations de mai 2026, plusieurs individus évoluaient en bordure des zones inondées, à quelques mètres seulement de majestueux Cobes de lechwe. Cette cohabitation, presque inattendue pour qui connaît les milieux ouest‑africains, illustre la continuité écologique des systèmes fluviaux : le dendrocygne, avec son masque blanc éclatant sous la lumière namibienne, occupe les mêmes marges humides que l’antilope semi‑aquatique, tous deux dépendants des cycles hydrologiques qui façonnent les plaines de l’Okavango. Leur présence conjointe témoigne de la richesse biologique et de la stabilité de ces écosystèmes inondables.

VARAN DU NIL

En suivant les rives calmes, plusieurs Grandes Aigrettes (Ardea alba)**, immobiles dans la lumière rasante. Leur silhouette entièrement blanche se détache nettement sur le bleu de l’Okavango, tandis que leur long bec jaune scrute la surface à la recherche d’un poisson ou d’un amphibien. Ces échassiers élégants exploitent les mêmes bordures d’eau que les hérons, les dendrocygnes et les cobes de lechwe, confirmant une fois encore la richesse ornithologique des plaines inondées du Caprivi.

Sur la rive opposée, dans le secteur du Core Buffalo, la silhouette massive d’un Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)** apparaît entre les buissons. Presque immobile, il se chauffe au soleil sur la berge sableuse, la gueule entrouverte pour réguler sa température. Ces reptiles, maîtres discrets des eaux du Mahango, profitent des zones calmes du fleuve pour se reposer avant de regagner les chenaux plus profonds. Leur présence rappelle que les plaines inondées de l’Okavango abritent une faune aussi riche que puissante, où chaque rive peut révéler un prédateur parfaitement adapté à cet écosystème fluvial.

Dans la chaleur vibrante de Mahango, le Varan du Nil apparaît d’abord comme une ombre mouvante entre les herbes sèches. Nous le voyons glisser, corps bas, muscles tendus sous la peau sombre constellée de taches claires. À chaque pas, la langue bifide fouette l’air, capte des traces invisibles, lit le paysage comme un livre d’odeurs. Il avance avec une lenteur calculée, presque reptilienne dans son intention, suivant la lisière d’une zone humide où la terre craquelée cède par endroits à la boue sombre. La queue puissante, comprimée latéralement, laisse un sillon net derrière lui. Par moments, il s’immobilise, relève la tête, fixe un point que nous ne percevons pas — un oiseau, un insecte, un souffle. Dans ces mosaïques de savane sèche et de berges inondables, le varan est chez lui : nageur silencieux, fouisseur patient, prédateur opportuniste. À Mahango, sa présence ajoute une tension discrète au paysage, comme si chaque touffe d’herbe pouvait soudain s’animer.

Le Kwetche Picnic Site nous accueille au bord de la rivière, sous un grand figuier sauvage dont les branches filtrent la lumière. Le courant glisse doucement, les martins-pêcheurs plongent comme des éclairs bleus, et dans les herbes hautes, on devine les mouvements furtifs des sitatungas, ces antilopes semi‑aquatiques qui semblent flotter entre deux mondes. Le lieu respire la tranquillité, mais une tranquillité habitée, vibrante, où chaque bruissement raconte une présence.

Un Vanneau armé nous attendait au bord de l’eau, silhouette nerveuse et contrastée, avançant à pas rapides entre les tiges sèches. Toujours en alerte, prêt à lancer son cri métallique de “forgeron”, il semblait patrouiller les rives du Mahango comme un petit gardien du marais.

L’après‑midi, la piste s’élargit et la savane s’ouvre comme un amphithéâtre doré. Les couleurs deviennent plus chaudes, presque cuivrées. Des groupes d’antilopes se déplacent lentement, d’autres se reposent à l’ombre d’un arbre solitaire. Parfois, un troupeau entier se rassemble près d’un point d’eau, formant une scène presque picturale. Les termitières rouges, dressées comme des sculptures, ajoutent une verticalité inattendue à ce paysage horizontal. La boucle nord, plus sèche, offre une autre ambiance : celle des grands espaces silencieux où les silhouettes animales se détachent avec une netteté presque irréelle.

Partout, le Rollier à longs brins apporte ses éclats turquoise et lilas.. À chaque portion de savane ouverte, à chaque acacia isolé, une silhouette colorée se détache du paysage. On le retrouve posé sur les branches épineuses, sur les piquets de clôture, sur les arbres morts blanchis par le soleil, toujours en hauteur, toujours en guetteur. Sa présence quasi permanente donne au parc une touche de couleur et de mouvement, comme si le Mahango respirait au rythme de ses éclairs turquoise et lilas. Qu’on traverse les plaines sableuses, les zones boisées ou les abords de l’Okavango, le rollier accompagne la progression, fidèle sentinelle des savanes du Caprivi.

Les rolliers ne sont que les premiers à attirer l’œil avec leurs éclats lilas et turquoise. En avançant dans les savanes ouvertes et les abords humides, d’autres habitants ailés se révèlent, tout aussi fascinants. Parmi eux, le Choucador de Burchell, silhouette bleu‑vert irisée, se déplace d’un pas vif entre les rochers et les herbes rases. Son iris sombre et son plumage métallique, changeant au gré de la lumière, en font l’un des oiseaux les plus caractéristiques du parc. Toujours en mouvement, il explore le sol à la recherche d’insectes, se perche sur les branches mortes pour surveiller son territoire et accompagne souvent les déplacements en petites troupes discrètes. Sa présence régulière rappelle que le Mahango est un véritable carrefour écologique où chaque milieu — savane, lisière boisée, zone brûlée ou bordure humide — abrite ses propres espèces et ses propres comportements.

choucador de Meves

Un peu à l’écart, plus discret, un choucador de Meves apparaît soudain : plumage violet‑bleu métallique, iris sombre, allure plus élancée. Les deux espèces partagent les mêmes lisières de savane, mais Meves reste souvent solitaire, avançant par saccades entre les herbes hautes avant de se percher brièvement sur une branche basse. Cette coexistence, typique de Mahango, révèle la richesse des communautés d’étourneaux irisés de la Bande de Caprivi.

Et juste à côté d’eux, presque comme une ponctuation lumineuse sur le sable clair, apparaît le Vanneau à tête blanche. Ses longues pattes jaune citron tranchent sur le sol, son front blanc capte la lumière, et son bec jaune à base rouge lui donne cette expression vive et attentive propre aux limicoles des grandes rivières africaines. Il avance d’un pas rapide, scrutant le sol, tandis que les Burchells se déplacent en petits groupes plus bruyants. Deux espèces côte à côte, deux comportements, deux éclats de lumière différents — et toute la richesse de Mahango qui se révèle dans ce simple tableau.

Dans les zones arbustives qui bordent la piste, le calao à bec jaune du Sud apparaît régulièrement, sautillant entre les branches basses ou trottinant au sol avec son énergie presque comique. Son bec jaune éclatant, légèrement orangé à la base, accroche la lumière du matin tandis qu’il lance ses petits cris nasillards, toujours en mouvement, toujours curieux. À Mahango, il fait partie du décor autant que les acacias tordus : on le voit surgir d’un buisson, disparaître derrière un tronc, puis réapparaître juste à côté du véhicule, comme un compagnon de route familier dans cette savane vivante de la Bande de Caprivi.

Dans les clairières herbeuses qui bordent les zones humides de Mahango, la présence du Phacochère de Sundevall est presque constante. Les individus observés avancent par petites séquences, museau au sol, fouillant la terre meuble à la recherche de racines et de bulbes. Le mâle adulte, reconnaissable à ses défenses recourbées et à ses verrues faciales proéminentes, progresse lentement entre les touffes d’herbes, tandis qu’un individu plus jeune suit à distance, adoptant régulièrement la posture caractéristique à genoux pour brouter. Cette espèce, typique des savanes ouvertes de la Bande de Caprivi, occupe un rôle essentiel dans la dynamique des plaines : elle aère le sol, ouvre des micro‑clairières et participe à la mosaïque écologique qui fait la richesse de Mahango.

grand koudou

Dans les forêts claires et les lisières boisées de Mahango, le Grand koudou apparaît souvent comme une silhouette furtive, presque irréelle. Le mâle observé ce jour‑là portait de larges cornes spiralées, dont les volutes se détachaient brièvement dans la lumière avant de disparaître à nouveau dans la végétation dense. Les femelles moins discrètes s’approchent des points d’eau. Son pelage gris‑brun, marqué de rayures verticales blanches, se confondait parfaitement avec les rais de lumière filtrant entre les arbres. À quelques mètres, un individu plus jeune restait immobile, profitant de son camouflage exceptionnel pour se fondre dans les buissons. Les grandes oreilles, constamment orientées vers les sons de la forêt, trahissaient une vigilance permanente. Espèce emblématique des savanes arborées de la Bande de Caprivi, le koudou illustre à lui seul la richesse écologique de Mahango : un animal discret, parfaitement adapté aux environnements mêlant couvert végétal, zones humides et clairières ouvertes.

PYGARGUE VOCIFER

Dans la lumière limpide de Mahango, l’Aigle pêcheur d’Afrique se détache comme une évidence. Perché au sommet d’un arbre mort, il domine les plaines humides avec une assurance tranquille. Sa tête blanche éclatante, presque solaire, contraste violemment avec le brun sombre de son corps, donnant à l’oiseau une allure de sentinelle immobile. Le vent glisse sur ses plumes, mais rien ne semble troubler sa concentration. Les yeux fixés sur les eaux calmes du fleuve, il attend le moindre frémissement, la moindre étincelle de mouvement. Par instants, son cri puissant résonne dans la savane, un appel clair qui porte loin, comme la signature sonore de Mahango. Quand il s’élance enfin, les ailes larges se déploient dans un geste ample et sûr. Le vol est majestueux, presque cérémoniel, glissant au‑dessus des zones humides où se mêlent reflets, herbes hautes et silhouettes d’hippopotames. Ici, dans ce paysage de rivières et de lumière, le pygargue vocifère incarne la présence même de l’eau — son rythme, sa force, sa permanence.

GRUE CARONCULEE

Dans les eaux calmes de Mahango, l’Ombrette africaine avance avec une lenteur étudiée, pattes immergées jusqu’aux tarses. Sa tête en forme de marteau, silhouette unique parmi les oiseaux d’Afrique, se découpe entre les tiges de papyrus. Elle fouille la vase du bout de son long bec sombre, sondant chaque remous à la recherche d’invertébrés. Le plumage brun uniforme se fond dans les teintes chaudes des marais, rendant l’oiseau presque invisible lorsqu’il s’immobilise. Cette présence discrète mais constante est typique des zones humides de la Bande de Caprivi, où l’espèce trouve nourriture, abris et matériaux pour ses nids massifs.

Dans les plaines inondables de Mahango, les Grues caronculées avancent avec une lenteur presque rituelle, pattes immergées dans l’eau claire qui miroite sous le soleil. Leur tête blanche, leur visage rouge vif et la caroncule pendante qui oscille sous la gorge leur donnent une allure à la fois majestueuse et fragile. Elles sondent la végétation aquatique avec une précision tranquille, cherchant rhizomes et invertébrés dans le silence du marais. Leur grande taille — près d’un mètre soixante‑quinze — ne rompt jamais l’harmonie du paysage : elles semblent faites pour ces étendues d’eau et de lumière. À Mahango, leur présence rare rappelle combien ces zones humides sont essentielles à la survie de l’une des espèces les plus menacées d’Afrique australe.

Après le calme solennel des Grues caronculées, nous reprenons doucement la piste qui longe la plaine inondable. L’eau miroite encore là où les grandes silhouettes se tenaient quelques minutes plus tôt. Et soudain, juste devant nous, un éclat brun‑châtain traverse la surface.

JACANA A POITRINE DOREE

Un Jacana à poitrine dorée surgit dans un jaillissement de gouttes, ses longues pattes effleurant l’eau comme s’il courait sur un fil invisible. Sa face blanche et sa calotte noire se détachent un instant entre les tiges de papyrus, puis il se pose plus loin, léger, nerveux, parfaitement adapté à ce labyrinthe de feuilles flottantes. Le contraste est saisissant : après la lenteur majestueuse des grues, voici la vivacité d’un funambule des marais, un éclat de vie rapide et précis, comme un contrepoint naturel offert par Mahango.

Dans les herbes blondes qui bordent les eaux calmes de Mahango, une silhouette immobile se détache à peine du décor. Un Crabier chevelu, peut‑être un jeune ou un individu en plumage d’hiver, attend patiemment, le cou tendu, le regard fixé sur une proie invisible. Son plumage beige‑brun strié se fond si bien dans les tiges sèches qu’on pourrait passer à côté sans le voir, tant il semble appartenir au paysage. En s’approchant, on distingue la délicate nuance bleu‑verdâtre à la base du bec, cette signature discrète de l’espèce, et la finesse de son bec poignard lorsqu’il allonge le cou. Juste au bord de l’aile, un liseré blanc laisse deviner la métamorphose qui se produit lorsqu’il s’envole : un éclat de blanc pur, presque irréel, qui tranche soudain avec la sobriété du plumage au repos. Dans la Bande de Caprivi, ce petit héron avance lentement entre les herbes humides, maître de la patience, guettant insectes, grenouilles ou petits poissons. Un fantôme beige, silencieux, parfaitement adapté aux marges tranquilles de l’Okavango.

Après les marais et les silhouettes élancées des échassiers, la piste s’assèche et la savane reprend son souffle. C’est là, entre deux buissons tordus, qu’une masse sombre se détache lentement du décor. Une autruche d’Afrique australe se tient immobile, presque sculptée dans la chaleur vibrante. Son long cou gris dépasse des branches sèches comme une antenne vivante, attentive au moindre frémissement. Elle ne bouge pas, ou si peu : juste un frisson de plumes, un éclat de lumière sur l’aile. Dans ce secteur sec de Mahango, où les herbes rases alternent avec les acacias poussiéreux, elle semble parfaitement à sa place, gardienne silencieuse d’un paysage ancien. Puis, d’un pas lent et assuré, elle s’éloigne entre les arbustes, laissant derrière elle cette impression de force tranquille que seule la savane sait offrir.

calao de Bradfied

Dans les boisements de mopanes qui bordent les plaines inondables de Mahango, l’air semble vibrer d’une présence discrète. Entre les branches épaisses, une silhouette élancée se déplace avec lenteur, presque en apnée. Le Calao de Bradfield apparaît alors, bec rouge sombre comme une braise assoupie, plumage gris‑brun qui se confond avec les troncs. Dans cette lumière chaude de la Bande de Caprivi, il avance par petites séquences, inspecte les branches, descend parfois au sol avant de remonter d’un battement d’ailes lourd et mesuré. Mahango, avec ses forêts sèches et ses clairières silencieuses, offre à cette espèce rare un refuge idéal. Chaque rencontre y prend la forme d’un instant suspendu, une apparition brève dans un paysage qui semble taillé pour le dissimuler.

C’est ici,  là où les mopanes filtrent une lumière dorée, que les silhouettes immenses des Girafes d’Angola émergent avec une lenteur majestueuse. Leur robe claire, posée sur un fond crème ou jaunâtre, se couvre de taches irrégulières aux bords dentelés qui descendent très bas sur les membres, jusqu’aux sabots, comme si chaque patte avait été peinte d’un motif unique. En observant leurs déplacements, parfois traversant notre piste ou s’alimentant,on distingue ces taches asymétriques qui s’étirent sur toute la hauteur du corps, signature incontestable de cette sous‑espèce propre à la Bande de Caprivi, au nord de la Namibie et aux marges du Botswana.

Leur face, plus pâle que celle d’autres girafes d’Afrique australe, porte des taches fines et diffuses sur les joues. Les ossicones se dressent nettement, et chez les mâles, une bosse frontale plus marquée accentue encore la puissance de la tête. Dans la lumière tamisée des forêts de feuillus, ces contrastes subtils se fondent dans le paysage, donnant à l’animal une présence à la fois massive et étonnamment discrète.

Il arrive que l’une d’elles adopte la posture du « grand écart », écartant largement ses membres antérieurs pour atteindre l’herbe rase ou l’eau d’une flaque. Ce moment suspendu révèle toute la vulnérabilité de l’espèce : le long cou abaissé, la tête proche du sol, la capacité de fuite réduite. Dans cette position, la girafe dépend entièrement de la tranquillité du lieu, et Mahango lui offre précisément cela : un espace protégé où la savane ouverte rencontre les boisements denses, un refuge où les prédateurs sont rares et où les déplacements restent fluides.

La Girafe d’Angola a frôlé l’extinction il y a quelques décennies. Aujourd’hui, grâce aux efforts conjoints de conservation menés entre la Namibie et le Botswana, les populations de l’Okavango se stabilisent et progressent. Mahango joue un rôle essentiel dans cette dynamique : corridor écologique, zone de passage, sanctuaire où les girafes circulent librement entre les plaines inondables et les forêts sèches. Les voir évoluer ici, dans ce paysage mêlé de lumière et de poussière, c’est assister à la résilience silencieuse d’une espèce revenue de loin.

Nous terminons notre parcours en compagnie des éléphants d’Afrique d’Australe, ces géants dont la présence impose le silence et la lenteur. Au bord de l’Okavango, nous les surprenons en plein rituel de boue, un moment qui n’a rien d’un simple jeu mais tout d’une nécessité vitale. La chaleur écrasante de la Bande de Caprivi pèse sur leurs épaules massives, et nous les voyons s’enduire de sédiment frais pour réguler leur température, puisque leur peau dépourvue de glandes sudoripares ne peut compter que sur ce manteau de terre humide pour dissiper la chaleur.

La boue devient alors une seconde peau, un écran solaire naturel qui protège des rayons brûlants et des parasites. En observant leurs flancs sombres et luisants, nous comprenons à quel point cette couche épaisse agit comme une barrière contre les tiques, les mouches piqueuses et les irritations. Lorsqu’ils se frottent ensuite contre les troncs ou les buissons, la croûte sèche emporte avec elle les peaux mortes et les insectes incrustés, laissant la peau plus saine, plus souple, mieux protégée.

Nous restons fascinés par la précision de leurs gestes. La trompe, d’une souplesse presque irréelle, aspire la boue avant de la projeter avec une exactitude parfaite sur le dos, les flancs, derrière les oreilles, là où la peau est la plus fine et la plus sensible. L’un d’eux s’enfonce dans la fosse boueuse jusqu’à sembler s’asseoir, immergeant ses membres inférieurs pour imprégner chaque pli de peau. Lorsqu’ils se relèvent, leurs silhouettes apparaissent entièrement remodelées par la terre, sombres, brillantes, comme sculptées par le paysage lui‑même.

À Mahango, ces scènes se répètent au rythme des journées chaudes. Les hardes rejoignent régulièrement les zones humides de l’Okavango pour accomplir ce rituel de soin, essentiel à leur survie. Dans cette lumière douce qui glisse sur les plaines inondables, nous avons le sentiment d’assister à un moment intime, presque sacré, où les éléphants renouent avec l’un des gestes les plus anciens de leur espèce. Une dernière vision puissante avant de quitter Mahango, comme un rappel de la force tranquille qui habite ces terres.

Mais Mahango ne se comprend vraiment qu’en la replaçant dans son histoire. Autrefois zone de chasse traditionnelle, elle a été intégrée en 2007 au Bwabwata National Park dans le cadre du gigantesque projet transfrontalier KAZA TFCA, qui relie les parcs de cinq pays pour restaurer les anciens corridors migratoires. Grâce à cette vision, les éléphants peuvent à nouveau circuler librement entre les plaines du Chobe et celles du Kavango, rétablissant un équilibre que les décennies de cloisonnement avaient fragilisé. Ici, la conservation n’est pas un concept abstrait : elle se lit dans chaque empreinte, chaque passage, chaque souffle.

Les informations pratiques se fondent naturellement dans l’expérience. Les droits d’entrée s’oublient vite face à l’immensité du paysage, les horaires suivent le rythme du soleil, et un 4×4 devient un compagnon indispensable pour profiter pleinement des pistes sablonneuses. Le parc se visite sans guide, même si les ornithologues et photographes apprécieront l’expertise locale. Les règles sont simples, presque instinctives : rester dans le véhicule, respecter les distances, laisser la nature respirer.

Le Bwabwata National Park – Core Mahango, avec ses contrastes, ses silences et ses éclats de vie, offre une immersion rare dans une Afrique encore intacte. Entre les baobabs immenses, les animaux qui apparaissent comme des mirages, les reflets du fleuve et les grandes étendues paisibles, on retrouve ce sentiment précieux d’un monde ancien, profond, qui continue de respirer loin du tumulte humain.

Bwabwata National Park – Buffalo Core Area : là où l’Okavango respire et où la forêt parle bas

En quittant Mahango, le pont qui enjambe l’Okavango marque une frontière invisible. Le fleuve s’élargit ici, lourd et silencieux, comme s’il savait qu’il sépare deux mondes pourtant intimement liés. De l’autre côté, la piste file droit, puis s’enfonce dans une zone plus boisée. Quelques kilomètres plus loin, la petite bâtisse de Buffalo Core apparaît entre les arbres, simple, presque effacée, comme si elle cherchait à ne pas troubler l’équilibre du lieu. Lorsque la barrière se lève, la lumière change. Elle devient plus douce, filtrée par les grands arbres qui referment leur voûte au-dessus de la piste. Le sable se fait plus rouge, plus profond, et l’air porte cette odeur de terre chaude et de feuilles sèches qui annonce les forêts du Caprivi.

À peine avons‑nous franchi l’entrée que la vie sauvage se manifeste. Un mouvement furtif traverse les herbes hautes, un bruissement glisse entre deux buissons, une ombre se fige puis disparaît. Buffalo Core ne se dévoile jamais d’un seul coup ; il se révèle par fragments, par éclats, par silhouettes qui apparaissent et s’effacent dans la végétation dense. C’est là qu’un grand koudou mâle surgit, massif, immobile, ses cornes en spirale découpant la lumière. Son pelage rayé se confond avec les troncs et les ombres, et son regard, calme et profond, semble nous jauger avant qu’il ne s’éloigne d’un pas lent, avalé par la forêt comme s’il n’avait jamais existé.

FAUNE ET FLORE

Touraco à huppe grise

hippopotames d’Afrique australe

pintades de Numidie dans leur forme nominale australe

Cratéropes flèchés

choucadors de Meves

roussette épaulettée

Bulbul tricolore

Gobemouche‑pie

Loutre à joues blanches

Vanneau du Sénégal

Drongo brillant

martins-pêcheurs pie

ibis hagedash

Œdicnème vermiculé

hippopotames d’Afrique Australe

impalas

zèbres de Burchell

Vanneau armé

Cobe de lechwe (Kobus leche)

Dendrocygne veuf

Héron cendré (Ardea cinerea)

Grandes Aigrettes (Ardea alba)

Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)

Rollier à longs brins

Choucador de Burchell,

calao à bec jaune du Sud

choucador de Meves

Vanneau à tête blanche

Phacochère de Sundevall

Grand koudou

Varan du Nil

Aigle pêcheur d’Afrique

Ombrette africaine

Grues caronculées

Jacana à poitrine dorée

autruche d’Afrique australe

Vervet bleu

Crabier chevelu

Calao de Bradfield

Girafes d’Angola

éléphants d’Afrique d’Australe

Calaos à bec rouge du Sud

Jabiru d’Afrique

Circaète brun

Bateleur des savanes

Anhinga d’Afrique

héron strié

Chevalier sylvain

Trithemis arteriosa

nénuphars blancs

Ipomoea aquatica

Guêpier nain austral,

Vanneau à tête blanche (Vanellus albiceps)

Gonoleks bicolores

RUSHS SHORTS REELS & PODCASTS

VIDEOS  

AUTRES ARTICLES SUR la Namibie à DISPOSITION :

Vous trouverez sur ce site de nombreux articles qui traitent des lieux à ne pas manquer en Namibie.
vous pouvez faire une recherche par nom de ville en utilisant la loupe en haut à droite ou retrouver la liste complète en suivant ce lien : ARTICLES VILLES DE LA NAMIBIE

LODGES & RESTAURATION

Toutes les informations, par région sur la gastronomie namibienne en suivant ce lien : La Cuisine namibienne

Kuvira River Camp – Là où le Caprivi ralentit le temps

Après cette journée interminable sur la B8, marquée par la chaleur, la poussière et les soucis mécaniques du Raptor qui a choisi le 1er mai pour faire sa grève, nous reprenons enfin la route. Le soleil descend lentement, la lumière devient dorée, et la fatigue accumulée se dissout peu à peu dans l’air tiède du Zambèze. C’est dans cet état d’esprit, entre lassitude et soulagement, que nous atteignons le Kuvira River Camp, un lieu qui semble avoir été imaginé pour accueillir les voyageurs épuisés.

Dès que nous descendons du véhicule, quelque chose change. Barbara et son équipe nous accueillent avec cette douceur typique du Zambèze : un sourire franc, une poignée de main chaleureuse, quelques questions sur la route, un intérêt sincère pour notre journée. Ici, on ne reçoit pas des clients, on accueille des familles, des histoires, des voyageurs qui ont traversé la poussière et les imprévus. Le camp respire la tranquillité. Le jardin est soigné, les arbres filtrent la lumière, la terrasse s’ouvre directement sur le fleuve, et le silence africain s’installe, fait de murmures d’eau et de bruissements de brousse.

Le Zambèze s’écoule juste devant nous, large, lent, presque hypnotique. Nous restons là, simplement assis, à regarder les mouvements de l’eau, les reflets changeants, les oiseaux qui traversent le ciel immense. Le fleuve n’est jamais vraiment immobile ; il respire, il raconte, il accompagne. Entre ce ciel infini et ce ruban liquide qui glisse doucement, on se sent minuscule mais parfaitement à notre place. La journée mécanique s’efface d’un coup, comme si le fleuve absorbait tout ce qui pesait encore.

Nos chambres prolongent cette sensation de douceur. Elles sont spacieuses, simples, propres, ouvertes sur la nature, avec une terrasse qui donne directement sur le fleuve. La salle de bain privée, avec sa douche chaude, devient un luxe absolu après la route. La nuit promet d’être paisible : juste le murmure du fleuve, quelques sons de brousse, et cette impression d’être loin de tout mais exactement là où l’on doit être.

Au Kuvira River Camp, la demi‑pension n’est pas un simple arrangement pratique : c’est une invitation à ralentir, à s’asseoir face au fleuve, à laisser la lumière du soir glisser sur l’eau pendant que la cuisine s’anime doucement derrière la terrasse en bois. Ici, les menus changent chaque jour, selon l’inspiration du chef, les produits disponibles et l’humeur du camp. Rien n’est figé, tout est vivant, comme le Kavango qui coule à quelques mètres.

butternut soup

Le restaurant du camp est une expérience à part entière. On y mange face à l’eau, dans une lumière qui change à chaque minute, passant du doré au rose, puis au bleu profond lorsque la nuit s’installe. La soupe de courge, servie certains soirs, est un velouté délicat, parfumé, réconfortant, qui ouvre le repas avec douceur. Les bruschettas grillées, les tomates au fromage, les pavés de kudu parfaitement cuits, le chicken schnitzel croustillant… tout est préparé avec soin, générosité et simplicité. kudu filletLe petit‑déjeuner n’est pas en reste : pain maison encore tiède, charcuterie, yaourts, fruits frais, œufs au plat ou omelette selon l’envie du moment. On mange en regardant l’eau glisser, en observant les reflets du soleil, en écoutant les histoires silencieuses du fleuve.

Lors de notre second dîner, la soirée commence par une entrée fraîche : une tomate tranchée accompagnée d’une frirlage légèrement relevée, mélange de légumes sautés et d’aromates qui apporte une touche de chaleur et de couleur. Une assiette simple, mais parfaitement équilibrée, qui ouvre l’appétit sans l’alourdir.

Puis vient le plat principal, et avec lui l’un des grands classiques de l

a cuisine namibienne : le filet d’oryx. Saisi à feu vif, reposé juste ce qu’il faut, il arrive dans l’assiette avec une croûte fine et caramélisée, révélant un cœur tendre, juteux, d’un rouge sombre magnifique. La viande, douce et légèrement sucrée, raconte à chaque bouchée la noblesse de cet animal du désert, parfaitement adapté aux terres arides du pays.

oryx fillet

Le filet est accompagné de braatkartoffeln dorées, croustillantes à l’extérieur et fondantes à cœur, de haricots verts encore croquants, et d’un assortiment de légumes revenus doucement. Une assiette généreuse, sincère, qui ne cherche pas à impressionner mais à nourrir, à réconforter, à offrir un moment de calme et de plaisir simple.

Dans la lumière du soir, avec le fleuve qui glisse lentement derrière la terrasse, ce dîner prend une dimension particulière. On mange en écoutant les bruits de la brousse, en regardant les ombres s’allonger sur l’eau, en laissant la chaleur du jour s’éteindre doucement. Le Kuvira River Camp ne propose pas une cuisine sophistiquée : il propose une cuisine vraie, honnête, profondément ancrée dans son environnement.

Et c’est peut‑être cela, la plus belle réussite du lieu : offrir des repas qui ressemblent au camp lui‑même — simples, chaleureux, authentiques, et portés par la beauté tranquille du Kavango.

L’atmosphère du camp est particulière, presque intime. Barbara et son équipe incarnent l’esprit du lieu : bienveillance, écoute, conseils, petites attentions. Ils demandent ce que nous avons prévu, s’intéressent à nos activités, partagent des idées, racontent des anecdotes. On se sent loin de tout, mais jamais seuls. Le Kuvira River Camp devient rapidement plus qu’une simple étape : un refuge, un cocon, un petit morceau de Caprivi qui s’imprime dans la mémoire.

Les activités proposées prolongent cette immersion dans le fleuve. Le boat cruise au coucher du soleil, le fishing, le mokoro… autant d’expériences que nous avons testées et qui méritent chacune un récit à part entière. Nous y reviendrons dans de prochains articles, tant ces moments ont marqué notre séjour.

Au Kuvira River Camp, il y a le fleuve, la lumière du matin, les petits-déjeuners qui s’étirent… et puis il y a lui.
Chaque jour, juste à côté du restaurant, notre Touraco à huppe grise vient se percher comme s’il faisait partie de l’équipe. Il observe, il commente (à sa façon), il lance son célèbre “go‑away” qui résonne entre les arbres — un cri qui fait sourire autant qu’il surprend.
Ici, la nature ne se contente pas d’être autour de nous : elle s’invite à table, elle partage le moment, elle devient voisine.
Un petit morceau de Caprivi qui vit, respire, et nous rappelle pourquoi on aime tant ce camp posé au bord de l’eau.
Au Kuvira River Camp, le fleuve n’est jamais silencieux. Dès l’aube, les hippopotames d’Afrique australe  nous rappellent qu’ils sont chez eux : grognements sourds, souffles puissants, éclaboussures dans les roseaux… On les entend le matin, le soir, la nuit, comme une bande-son naturelle qui accompagne chaque moment passé ici.
Depuis la terrasse du lodge, il suffit de lever les yeux pour les voir sortir des herbes hautes, se hisser sur la berge ou glisser lentement dans l’eau. Et lors des boat cruises, ils apparaissent entre les papyrus, immobiles comme des rochers, puis disparaissent dans un remous discret.
C’est l’un des rares endroits où l’on peut les observer sans quitter le camp, simplement en profitant du paysage.

Au Kuvira River Camp, il y a les hippos qui soufflent dans le fleuve… et puis il y a nos pintades de Numidie dans leur forme nominale australe, celles qui arrivent chaque fin d’après‑midi comme une troupe organisée. Toujours en groupe, toujours en mouvement, toujours en train de commenter la vie du camp avec leurs cris reconnaissables entre mille. Elles tournent autour de notre terrasse, inspectent chaque recoin, traversent la pelouse en file indienne, et repartent aussi vite qu’elles sont venues.

Leur plumage noir constellé de points blancs, leur casque bleu et rouge, leur démarche nerveuse… tout confirme qu’il s’agit bien de la sous‑espèce locale Numida meleagris meleagris, la forme sauvage typique d’Afrique australe. Et quand on a la chance de voir passer les pintadeaux, minuscules, bruns, rapides comme des flèches, on comprend que ce groupe est chez lui ici, autant que nous.

Seul bémol : la qualité du Wi-Fi, très faible, et l’absence de réseau 4G. Pour les voyageurs nomades, cela complique un peu les choses. Pour les autres, c’est peut-être une chance de déconnexion forcée, un rappel que le Caprivi se vit davantage qu’il ne se partage en direct.

Le camp se situe le long de la B8, à Divundu, en Namibie. Nous y avons séjourné du 1er au 5 mai 2026, quatre nuits dans deux chambres pour nous quatre. Parking gratuit, bar accueillant, chambres familiales, petit-déjeuner fabuleux : tout est pensé pour que l’on se sente bien, vraiment bien.

Le Kuvira River Camp n’est pas seulement un hébergement. C’est un lieu qui apaise, qui ralentit, qui reconnecte. Un endroit où l’on se sent accueilli, respecté, attendu. Un camp où le fleuve devient un compagnon de voyage. Après une journée de galères mécaniques, c’était exactement ce dont nous avions besoin.

White Sand Lodge – Popa Falls, fenêtre paisible sur l’Okavango

L’accès aux Popa Falls par le White Sand Lodge offre l’un des plus beaux points de vue sur les rapides. Le lodge, impeccablement tenu, respire la tranquillité et la douceur de vivre, comme un havre posé au bord du fleuve. Depuis la terrasse du restaurant, la vue s’ouvre sur la végétation riveraine et sur les bras calmes de l’Okavango qui serpentent entre les îlots verdoyants. Après la route et la marche le long des rapides, cette pause tombe à point nommé, comme une respiration dans la chaleur du milieu de journée.

L’atmosphère est simple et chaleureuse, fidèle à ces lodges namibiens où voyageurs et guides se retrouvent autour d’une table ombragée. La brise venue du fleuve adoucit l’air, porte les parfums d’eau et de roseaux, et accompagne le murmure lointain des rapides. La carte propose des plats généreux, sans prétention, mais préparés avec soin. Les assiettes arrivent rapidement, encore fumantes, et racontent chacune une petite histoire de route et d’appétit retrouvé.

Les barbecue chicken wings sont dorées, légèrement caramélisées, avec cette pointe de paprika qui accroche la langue juste ce qu’il faut. Les frites, croustillantes et dorées, prolongent le plaisir avec une simplicité réconfortante. À côté, les saucisses blanches grillées s’accompagnent d’une choucroute douce et parfumée, un clin d’œil inattendu à l’Europe au cœur de la Namibie. La pizza, fine et généreuse, mêle fromage fondu, champignons et poivrons dans une odeur irrésistible qui flotte au-dessus de la table. La salade de thon, fraîche et colorée, apporte une touche plus légère : tomates juteuses, poivrons croquants, olives, feta, et une tartinade crémeuse servie avec du pain toasté. Pour quatre personnes, boissons comprises, l’addition reste très raisonnable : 1040 NAD, un prix presque surprenant dans un cadre aussi privilégié.

Installés face au paysage, nous prenons le temps de savourer l’instant. Le grondement discret des rapides revient par vagues, mêlé au chant des oiseaux et au bruissement des roseaux.

La terrasse devient presque une extension de la visite, un moment suspendu où l’on observe la vie du fleuve avant de reprendre la route. Dans les branches au-dessus de nous, une roussette épaulettée se repose, pelage roux vibrant dans la lumière, rappel discret que la ripisylve abrite une faune étonnamment riche. Plus loin, un choucador de Meves traverse le ciel en un éclair bleu‑violet, comme une signature du Kavango.

Pendant le repas une Loutre à joues blanches a émergé dans les eaux calmes juste au-dessus des rapides de Popa Falls, glissant entre les reflets avec une élégance tranquille. Sa tête ronde, son pelage sombre plaqué par l’eau et surtout sa longue queue musclée qui ondule derrière elle confirment l’espèce sans hésitation. Elle observe, disparaît, réapparaît plus loin, parfaitement à l’aise dans ces poches paisibles entre deux rapides. Une rencontre rare, qui rappelle combien le Kavango abrite une faune discrète et fascinante.

Plus loin nous observons un Bulbul tricolore dans la ripisylve des Popa Falls, au cœur de la bande de Caprivi. L’individu présente les critères diagnostiques de l’espèce : croupion jaune vif, capuchon brun sombre, ventre clair, queue sombre de longueur moyenne. Comportement typique : déplacements rapides entre les branches, posture dressée, émissions vocales répétitives constituées de notes simples et montantes. Espèce largement répandue dans les habitats boisés et semi‑ouverts d’Afrique australe

Dans la lumière tamisée des Popa Falls, là où les grands arbres riverains projettent des ombres verticales sur les troncs saturés d’humidité, un Gobemouche‑pie s’est laissé observer longuement. L’espèce appartient au complexe africain des gobemouches noir‑et‑blanc, un ensemble encore en révision taxonomique, dont les formes locales du Kavango présentent un patron de plumage particulièrement contrasté : tête, manteau et ailes noirs, large tache alaire blanche, poitrine et ventre d’un blanc pur, et un bec fin, droit, parfaitement adapté à la capture d’insectes dans les micro‑habitats du tronc.

Le White Sand Lodge n’est pas seulement un point de passage : c’est une parenthèse douce au cœur de la bande de Caprivi, un lieu où l’on ressent pleinement la rencontre entre le fleuve, la forêt et la lumière. Une halte qui prolonge naturellement la découverte des Popa Falls et qui donne envie de poursuivre l’exploration de ce corridor sauvage unique en Namibie.

#AutourDuMonde #VoyageEnFamille #tourdumondeenfamille #Namibie #Namibia #namibiatravel #namibiatourism #Okavango #PopaFalls #Caprivi #WhiteSandLodge #travelphotography #overlanding #overlander #roadtrip #slowtravel #Faune #Roussette #Epomophorus #ChoucadorDeMeves

Road-Trip entre Rundu et Kasane dans la Bande de Caprivi : Le Guide Pratique (Alimentation, Carburant, Banques)

Traverser la bande de Caprivi, aujourd’hui appelée Zambezi Region, pour relier Rundu en Namibie à Kasane au Botswana constitue l’une des plus belles aventures d’Afrique australe. Sur cet itinéraire d’environ 600 kilomètres, les paysages sauvages défilent tandis que les infrastructures s’amenuisent. Pour rouler l’esprit tranquille, une seule règle d’or s’impose : l’anticipation. Voici le point complet et actualisé pour vous ravitailler efficacement en nourriture, en carburant et en espèces.


Magasins & Alimentation : Où faire ses courses ?

Les possibilités de ravitaillement deviennent progressivement plus limitées à mesure que l’on s’enfonce dans le Zambezi. Il est donc préférable de prévoir les gros caddies dans les hubs principaux de l’itinéraire.

À Rundu, vous trouverez les supermarchés les plus complets de tout le parcours. C’est l’endroit incontournable pour faire le plein initial de votre frigo ou de votre glacière. Des enseignes modernes comme Shoprite, Pick n Pay ou Spar Rundu proposent un choix comparable à celui d’une petite ville européenne. C’est ici qu’il faut acheter la viande de qualité, les légumes frais, le pain, les conserves, les produits laitiers et les boissons pour tenir plusieurs jours.

Environ 200 kilomètres plus loin, Divundu s’est considérablement modernisée et permet aujourd’hui un excellent réapprovisionnement intermédiaire. Le récent Karatja Mall abrite un grand supermarché Choppies, ouvert tous les jours de 08h00 à 20h00, très bien achalandé pour le frais. À l’intersection des routes B8 et C48, le Shoprite Mini Divundu offre une autre option moderne pour le pain, les fruits, les légumes et les indispensables du barbecue. Pour les voyageurs se déplaçant à plusieurs, le Metro Cash & Carry situé en ville s’avère parfait pour les achats en gros volumes, tandis que le Hombe Supermarket, une supérette locale ouverte 24h/24 sur la Main Road, reste idéale pour un dépannage tardif ou de la petite restauration à emporter.

En continuant vers Kongola, les commerces deviennent beaucoup plus modestes et il faut oublier les grands étals de produits frais. On y trouve principalement de petites épiceries locales vendant les produits de base comme des boissons, des conserves, des snacks et du pain. Le Metro de Kongola propose quant à lui des produits vendus en lots plus importants ainsi que quelques surgelés et un rayon alcools, mais son offre en produits frais y reste très restreinte.

À 110 kilomètres de là, Katima Mulilo constitue la dernière vraie ville namibienne avant le passage de la frontière avec le Botswana. Les grandes enseignes comme Shoprite et Pick n Pay Katima Mulilo y sont bien fournies. C’est le moment idéal pour cuisiner ou liquider vos derniers dollars namibiens dans du consommable non périssable.

Une fois la frontière franchie à Kazungula, Kasane accueille les voyageurs avec d’excellentes infrastructures tournées vers le tourisme et le Chobe National Park. Un grand Spar Kasane ainsi qu’un Choppies y sont disponibles, s’avérant parfaits pour se réapprovisionner avant de partir en safari.

L’idéal sur ce trajet reste donc de faire un gros approvisionnement à Rundu, de compléter le frais à Divundu chez Choppies ou Shoprite, et d’ajuster vos stocks à Katima Mulilo avant de basculer au Botswana.


Carburant : Gérer ses pleins

Si les stations-services sont globalement fiables sur l’axe principal B8, elles restent espacées d’environ 200 kilomètres. Avec un véhicule chargé ou une tente de toit qui augmente la consommation, la règle appliquée par beaucoup de voyageurs est simple : ne descendez jamais sous la moitié du réservoir pour éviter tout stress lié à une fermeture ou une rupture temporaire.

Avant de quitter Rundu, il est fortement conseillé de faire un plein complet. La ville dispose de plusieurs stations importantes le long de la route B8, notamment sous les enseignes Shell, Engen ou Total. C’est aussi l’endroit idéal pour vérifier la pression des pneus et le niveau d’eau.

À Divundu, environ 200 kilomètres après Rundu, on trouve deux stations fiables, Total et Shell, idéalement placées juste avant l’arrivée au village et aux commerces. C’est un arrêt pratique et stratégique si vous visitez le Bwabwata National Park ou la zone de Mahango.

En continuant vers l’est, vous atteignez Kongola. Bien que la localité soit petite, elle constitue un point hautement stratégique dans la bande de Caprivi. Sa station-service s’avère essentielle pour les voyageurs qui se dirigent vers la Kwando River et les lodges environnants comme Camp Kwando.

À environ 110 kilomètres plus à l’est, la ville de Katima Mulilo constitue le dernier grand centre avant le Botswana. Plusieurs stations y sont ouvertes sous les bannières Total, Engen et Puma. C’est le meilleur endroit pour refaire le plein impérativement avant de franchir la frontière.

Après le passage de la frontière près de Kazungula, on trouve rapidement plusieurs stations modernes à Kasane pour ravitailler les 4×4 aux portes du Chobe National Park.


Banques & Retraits : Garder du Cash

Bien que les cartes bancaires soient de plus en plus acceptées dans les grands supermarchés et les stations-services, le réseau peut parfois sauter et l’argent liquide reste indispensable pour les pourboires, les entrées de parcs secondaires, l’artisanat ou les petits villages.

Avant de partir vers l’est, Rundu est clairement le point le plus sûr pour retirer une somme suffisante pour plusieurs jours. On y trouve plusieurs banques avec des agences complètes et des guichets automatiques sécurisés, notamment la First National Bank (FNB) et la Bank Windhoek.

À Divundu, plus besoin de stresser car les points de retrait se sont bien développés. Il existe désormais plusieurs opportunités bancaires pour compléter son cash, notamment au niveau de la station Shell mais aussi à l’intérieur du nouveau supermarché Choppies à l’entrée de la ville.

À Kongola, la situation est en revanche très limitée. Il n’y a pas de banque complète dans la localité. On peut parfois trouver un distributeur d’appoint dans la station-service, mais les pannes de réseau ou les machines vides y sont fréquentes. Mieux vaut donc ne pas compter sur cette étape pour votre argent.

La ville de Katima Mulilo dispose quant à elle de plusieurs établissements financiers majeurs comme Bank Windhoek, Standard Bank et des distributeurs FNB. Les agences sont principalement situées autour de Hage Geingob Street et proposent des automates accessibles en libre-service. C’est le dernier endroit facile pour retirer avant la frontière.

Une fois arrivé à Kasane, de nombreux distributeurs sont à nouveau disponibles dans cette ville touristique, notamment près des supermarchés et des stations-service. Attention toutefois, vous retirerez ici des Pulas du Botswana (BWP).

Le meilleur conseil pour un road-trip réussi dans cette région consiste à retirer une somme importante à Rundu, à compléter éventuellement à Divundu ou Katima Mulilo, et à toujours garder sur soi entre 1000 et 2000 NAD en petites coupures pour parer à toute éventualité.

LES LIENS VERS LES PHOTOS  

J 1390 🌍 Rencontre avec un village Himba près de Grootfontein – Transmission et nouveaux horizons

J 1393 🎨 Rundu Craft Market – Là où les objets ont une âme

J 1394 🚗🔥 1er mai sur la route : quand notre Raptor décide de fêter la journée du travail… en arrêtant de travailler

FR 🇫🇷

LES LIENS

About The Author

43 réflexions sur «Safari dans la Bwabwata Game Reserve Core Mahango Bande de Caprivi Namibie»

Laisser un commentaire