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Anhinga d’Afrique – African Darter – Anhinga rufa +

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Alors que notre barque glisse silencieusement sur les eaux calmes de la Louna, dans la réserve du Lésio Louna au Congo, un ballet aérien capte notre attention : les anhingas d’Afrique également appelés oiseaux‑serpents, émergent tour à tour de la végétation riveraine ou survolent la surface, leurs silhouettes élancées accompagnant notre progression. Leur vol est gracieux, ponctué de battements d’ailes puissants et de longues phases de vol plané, les ailes étendues révélant des reflets argentés sur un plumage sombre. Lorsqu’ils se posent sur des branches mortes ou des souches émergentes, ils déploient leurs ailes pour les sécher, car leurs plumes, dépourvues d’huile imperméabilisante, s’imbibent d’eau lors de leurs plongées. Cette particularité les rend moins flottants, facilitant ainsi leurs immersions prolongées à la recherche de poissons, leur proie principale. Leur long cou flexible, souvent visible seul à la surface lorsqu’ils nagent, leur vaut le surnom d’oiseau‑serpent. Leur présence, tantôt solitaire, tantôt en petits groupes, ajoute une touche de mystère à l’ambiance paisible de la rivière, et chaque envol ou plongée est un spectacle fascinant qui enrichit notre exploration de la Louna.

Cette scène nous rappelle immédiatement une autre rencontre, quelques mois plus tard, sur un tout autre fleuve : l’Okavango en Namibie. Là aussi, au petit matin, un anhinga d’Afrique nous attendait, posé sur un tronc émergé, ailes grandes ouvertes comme un manteau sombre offert au soleil. La même posture théâtrale, la même élégance, la même manière de disparaître sous l’eau avec une agilité presque irréelle. Sur l’Okavango comme sur la Louna, l’anhinga semble appartenir à un monde parallèle, glissant entre air et eau avec une aisance déconcertante. Le voir ainsi dans deux environnements si différents — les eaux tranquilles du Congo et les méandres du Kavango — renforce l’impression d’un oiseau profondément lié aux fleuves africains, témoin silencieux des paysages qu’il traverse.

erché sur une branche au-dessus d’un bras calme du Chobe, au Botswana l’Anhinga d’Afrique se présente dans sa posture la plus emblématique : les ailes largement déployées, offertes au soleil, comme une grande croix sombre découpée sur le ciel. Son plumage noir et brun, encore luisant des dernières immersions, sèche lentement dans l’air chaud de l’après‑midi. Chez cet oiseau, le séchage est une nécessité : son plumage n’est pas totalement imperméable, ce qui lui permet de nager sous l’eau avec une agilité presque reptilienne, mais l’oblige ensuite à s’exposer ainsi, immobile, pour retrouver sa flottabilité.

L’anhinga d’Afrique (Anhinga rufa) est un oiseau aquatique élancé, mesurant entre 81 et 97 centimètres de long, avec une envergure de 115 à 128 centimètres. Il possède un corps sombre avec des ailes argentées et une longue queue étagée, souvent tenue étalée en vol à voile. Le mâle adulte présente un plumage à dominante noire avec l’avant du cou roux et un bandeau blanc de chaque côté de la tête et du cou. La femelle adulte est plus terne et plus brune que le mâle, sans zone foncée sur le haut de la tête. Le juvénile est encore plus brun et plus pâle, ne présentant pas de bandeau blanc.

Ces oiseaux fréquentent les eaux tranquilles et peu profondes, généralement de l’intérieur des terres, appréciant les eaux douces des lacs, les rivières à faible débit, les marécages et les réservoirs. Ils préfèrent les habitats avec des arbres émergents ou des rives bordées par les arbres. Ils sont également souvent observés dans les îlettes qui possèdent une végétation dense.

La saison de reproduction est variable. L’anhinga d’Afrique construit un nid près de l’eau, dans un arbre ou un arbuste, déposant 3 à 5 œufs vert clair, couvés de 25 à 30 jours par les deux parents. Les poussins, nidicoles, sont couverts d’un duvet blanc et quittent le nid au bout de cinq semaines environ.

Nous avons eu la chance d’observer l’anhinga d’Afrique au parc national du Djoudj, au Sénégal, et également lors d’une sortie en barque dans la lagune de la Somone. Ces rencontres avaient déjà renforcé notre admiration pour cet oiseau fascinant, emblème des zones humides africaines. Mais le voir ensuite sur l’Okavango, dans la lumière dorée du matin, puis ici sur la Louna, dans la douceur silencieuse du Congo, donne à cet oiseau une dimension presque mythique : un fil conducteur entre les fleuves, un compagnon discret de nos voyages, un symbole de la beauté sauvage des eaux africaines.

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