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Prague, La cité des Mille Clochers au coeur de la Bohème- République Tchèque

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Prague, mère des villes : guide et plan de visite au cœur de la Bohème

Prague, mère des villes et joyau incontournable de la Bohème, s’impose comme l’une des plus fascinantes capitales européennes. Visiter Prague et sa région vous demandera d’y consacrer au moins une semaine voire deux, la simple découverte du cœur historique nécessitant déjà plusieurs jours pour en apprécier toutes les facettes, entre ruelles médiévales et rives poétiques de la Moldau.

S’immerger dans la capitale tchèque, c’est entreprendre un voyage à travers les siècles où l’architecture baroque répond aux clochers gothiques dans un décor féerique. La déambulation commence naturellement au centre de la Vieille Ville sur la place de l’Horloge Astronomique avant d’explorer l’atmosphère mémorielle du Quartier Juif. En traversant le majestueux Pont Charles, les pas grimpent à travers le quartier romantique de Malá Strana et s’élèvent jusqu’à la Colline du Château, imposante cité fortifiée dominant toute la ville. Pour prendre de la hauteur, la montée vers la Colline de Petřín offre un panorama exceptionnel sur l’océan de toits rouges, une étape idéale avant de s’offrir une parenthèse insolite dans un Beer Spa. Enfin, l’exploration s’achève par les sommets plus secrets de la cité, de la forteresse séculaire de Vyšehrad aux terrasses du parc de Letná et aux courbes modernes de la Maison Dansante.

Au cœur de la magique Prague : la légende vivante de la Vieille Ville

S’amuser à se perdre dans les dédales de Staré Město, du chant du coq jusqu’aux lumières de la nuit

En abordant la Vieille Ville de Prague, nous comprenons immédiatement qu’il faut ranger la carte et laisser nos pas décider du chemin. Nous arpentons ces ruelles pavées à toute heure du jour et de la nuit, saisissant la métamorphose permanente de Staré Město. Dès l’aube, lorsque les brumes fraîches montent du lit de la Moldau et enveloppent la cuvette sédimentaire sur laquelle repose la cité, nous observons les premiers rayons du soleil enflammer les flèches acérées de l’église Notre-Dame du Týn. Dans ce silence matinal troublé seulement par le vol furtif du Choucas des tours au-dessus des toits et par le pas résonnant des premiers livreurs, le cœur historique nous appartient. Au fil des heures, la lumière dorée embrase les façades baroques, romanes et Art nouveau, transformant la grande place en un théâtre sociologique et vivant où se croisent artistes de rue, voyageurs et effluves de brioches traditionnelles.

En nous perdant dans ce dédale architectural, nous découvrons une ville-musée à ciel ouvert où chaque recoin raconte l’histoire. Au fil de notre déambulation, nos yeux s’arrêtent sur la richesse incroyable des détails maçonnés et peints qui habillent les ruelles : ici, le bas-relief baroque sculpté de la Maison au Puits d’Or (Hôtel Aurus) déploie sa Vierge dorée et ses lions couronnés ; là-bas, la ravissante façade vert d’eau de l’Hôtel Clementin se glisse étroitement dans la rue Karlova. En débouchant sur la Petite Place (Malé náměstí), ce sont les fresques monumentales de la Maison V.J. Rott célébrant l’artisanat tchèque qui nous saisissent, juste à côté du puits médiéval en fer forgé datant de 1560. Chaque angle de rue réserve sa surprise, à l’image des sgraffites en noir et blanc de la Maison à la Minute (Dům U Minuty) ou de la fresque de Saint Wenceslas chevauchant sur la façade de la Maison Storch.

Cette traversée au milieu d’un patrimoine d’une valeur inestimable remonte au Xe siècle, époque où la ville s’est développée au croisement des grandes routes commerciales d’Europe centrale. Les crues historiques de la rivière au XIIIe siècle ont contraint les habitants à surélever le niveau du sol de plusieurs mètres, créant un étonnant réseau souterrain de caves et de salles voûtées médiévales sous les édifices actuels. Entre la poésie des enseignes traditionnelles et les devantures théâtrales comme celle du Green Devil’s Absinthe Bar, la cité oscille en permanence entre histoire séculaire et légendes alchimiques. L’écologie urbaine s’invite quant à elle au détour des cours intérieures, où les alignements du Tilleul à petites feuilles, arbre national symbolique, apportent une ombre bienfaisante à l’avifaune citadine.

Pour vivre cette immersion, nous pouvons déambuler librement et gratuitement dans l’ensemble du quartier 24 heures sur 24 (GPS : 50.0875° N, 14.4213° E). Pour accéder au sommet du Beffroi de l’Hôtel de Ville et contempler la mer de toits rouges, il faut compter environ 300 CZK (soit près de 12 € par personne), l’édifice étant accessible tous les jours de 9h à 22h. Toutes les informations d’accès et de programmation sont à retrouver sur le site officiel www.prague.eu. Notre boucle s’achève quand les réverbères s’allument, redonnant à la rue Celetná, à la rue Karlova et aux passages voûtés l’atmosphère mystique et envoûtante de l’époque des alchimistes de Rodolphe II.

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Staroměstské náměstí : le théâtre vivant au cœur de la capitale pragoise

Au fil des pavés historiques, entre façades historiées, carillons de l’Orloj et calèches traditionnelles

Au cœur de la Vieille Ville de Prague, la place Staroměstské náměstí vibre d’une énergie unique, comme si chaque pavé y murmurait les échos d’un passé glorieux. On y arrive souvent par une ruelle étroite et sinueuse, et soudain, tout s’ouvre avec un émerveillement saisissant : un vaste espace baigné de lumière, entouré d’un alignement théâtral de palais nobles, d’églises majestueuses, de cafés et de promeneurs venus du monde entier. C’est ici que bat le cœur historique de Prague. Sous nos yeux, la tour de l’ancien Hôtel de Ville se dresse fièrement, massive, surmontée de l’une des plus célèbres merveilles mécaniques d’Europe : l’horloge astronomique, l’Orloj. À chaque heure pleine, une foule attentive se rassemble au pied du mécanisme séculaire pour assister au défilé des apôtres et au ballet des figures sculptées qui s’animent comme sur une scène. Pourtant, même sans ce spectacle, l’horloge fascine par ses cadrans astrologiques, ses signes du zodiaque et ses couleurs anciennes qui captivent le regard, telle une carte céleste figée dans le temps.

En parcourant l’esplanade du regard, nous découvrons un alignement d’une richesse architecturale inouïe, du gothique flamboyant au baroque raffiné. À l’angle de la place, la Maison à la Minute (Dům U Minuty) nous retient par ses façades peintes en sgraffites noirs et blancs du XVIe siècle, décrivant des scènes mythologiques au-dessus de son lion sculpté de coin. Un peu plus loin, les maisons nobles étalent leurs arcades médiévales sous des façades pastel aux nuances de jaune, d’orange terracotta et de bleu roi finement moulurées. Le bâtiment de l’Hôtel de Ville arbore sa façade rouge orangé ornée d’une fenêtre gothique ciselée et du blason d’or « PRAGA CAPUT REI », devant lequel les groupes de voyageurs s’arrêtent captivés. En poursuivant notre déambulation vers le centre, l’imposant monument en bronze dédié au réformateur Jan Hus trône au milieu de la place, figé dans sa dignité face au somptueux Palais Kinský à la façade rococo rose et blanche, où Franz Kafka étudia enfant et qui abrite aujourd’hui la Galerie Nationale.

Juste en face, la silhouette majestueuse de l’église Notre-Dame du Týn transperce le ciel. Ses deux flèches asymétriques, sombres et dentelées, surgissent comme d’un conte de fées gothique, veillant sur la place comme des sentinelles d’un autre âge. De jour comme de nuit, la perspective embrassant la statue de Jan Hus, le Palais Kinský et les clochers du Týn offre un panorama d’une harmonie spectaculaire. On imagine aisément les marchands du XVe siècle y installant leurs étals, les processions royales et les rassemblements populaires. Au milieu de cette effervescence sociologique, le va-et-vient des calèches traditionnelles tirées par de magnifiques chevaux au pelage pie et noir, menés par un cocher en chapeau haut-de-forme, apporte une touche romantique intemporelle.

Installés à la terrasse d’un café, un verre de pivo bien frais à la main, nous contemplons la Maison V.J. Rott et ses fresques sgraffites peintes célèbres pour leurs détails botaniques et leurs figures d’artisanat. Autour de nous, la place s’anime des rires des enfants courant après des bulles de savon, des mariés venus poser pour leurs photos et des artistes de rue. La déambulation sur l’esplanade est entièrement libre et gratuite 24h/24 (GPS : 50.0875° N, 14.4213° E). Pour monter au sommet du Beffroi de l’Hôtel de Ville et contempler l’alignement de façades et la mer de toits rouges, il faut compter environ 300 CZK par personne (soit près de 12 €). L’ensemble des informations pratiques et de la programmation culturelle est disponible sur le site officiel www.prague.eu. Le soir, quand les projecteurs s’allument, Staroměstské náměstí devient presque irréelle : les pierres s’illuminent d’un éclat doré, les ombres dansent et les pas résonnent plus doucement sur les pavés. C’est un décor vivant, changeant et profondément ancré dans la mémoire de la ville, une clé précieuse pour entrer dans l’âme de Prague.

Lumières nocturnes et ombres gourmandes : notre soirée au cœur de Staré Město  

Quand la magie des projecteurs embrase les gothiques de Prague et révèle les coulisses de la place

Lorsque nous arrivons sur la grande place de la Vieille Ville (Staroměstské náměstí) à la tombée du jour, les derniers feux du couchant baignent d’une chaude lumière ocre les tours jumelles de l’église Notre-Dame du Týn (Chrám Matky Boží před Týnem). Sous nos yeux, l’architecture gothique du XIVe siècle révèle toute sa majesté au-dessus des toitures médiévales avant de basculer doucement dans la nuit. Quelques instants plus tard, l’obscurité s’installe complètement sur la place et les projecteurs prennent le relais, soulignant le travail d’orfèvre des flèches acérées et des tourelles d’angle du Týn, qui se détachent avec un contraste saisissant sur le bleu profond du ciel pragois.

En élevant le regard vers la haute tour gothique de l’Hôtel de Ville, nous admirons son grand cadran d’horloge illuminé qui brille dans le noir, tandis que nous devinons la silhouette des visiteurs arpentant la galerie supérieure pour contempler le panorama nocturne sur la cité. À l’autre extrémité de la place, la façade baroque de l’église Saint-Nicolas (Kostel svatého Mikuláše) resplendit sous un éclairage d’un jaune chaud et doré, mettant en valeur ses tours élégantes et son dôme colossal. Au centre de l’esplanade, les imposantes statues en bronze du monument dédié au réformateur Jan Hus dessinent un jeu de silhouettes sombres et captivantes devant ce fond religieux étincelant. Sous un autre angle, ce groupe sculpté d’Art nouveau représentant les guerriers hussites et les exilés semble s’élancer directement vers le Beffroi éclairé, rappelant la ferveur historique et religieuse qui a façonné la Bohème.

En nous éloignant légèrement de l’agitation vers la rue Rytířská, nous faisons une halte poétique devant la façade éclairée du Théâtre des États (Stavovské divadlo), où le jeu d’ombres et de lumières projeté par les réverbères d’époque nous rappelle que Wolfgang Amadeus Mozart y dirigea lui-même la première mondiale de son opéra Don Giovanni en 1787.

 

 Pour combler notre faim au cœur de la nuit, nous succombons avec bonheur au plaisir simple d’une dégustation sur le pouce en savourant une authentique Pražská klobása, cette saucisse traditionnelle grillée au barbecue et servie bien chaude avec de la moutarde dans son pain moite. En revanche, nous vous conseillons vivement d’éviter les tables attitrées comme celle du Staroměstská Restaurant. Malgré la qualité tout à fait correcte des plats servis sur sa superbe terrasse donnant sur la place, l’établissement utilise des procédés particulièrement douteux : un serveur vient vous proposer amicalement de goûter une liqueur locale avant de vous la facturer 100 Kč par verre à l’addition, tout en réclamant d’autorité 10 % de service non compris. Une pratique désolante qui gâche l’expérience au milieu de ce cadre pourtant somptueux.

La déambulation nocturne sur la place et dans les ruelles pavées est entièrement libre et accessible 24h/24 (GPS : 50.0875° N, 14.4213° E). L’accès à la galerie supérieure de la tour de l’Hôtel de Ville reste payant, au tarif d’environ 300 CZK par personne (soit près de 12 €), avec une ouverture en soirée jusqu’à 22h. Toutes les informations d’accès et les détails de visite sont à consulter sur le site officiel www.prague.eu.

 L’éclat épuré de Saint-Nicolas : une parenthèse de sérénité au cœur de Staré Město

De la ferveur de la grande place à la magie sacrée du cristal et de la musique

Nous pénétrons sur la place de la Vieille Ville, happés par la foule, les façades colorées, les terrasses animées et les carillons de l’horloge astronomique. Et pourtant, au milieu de cette effervescence, une église blanche attire doucement notre regard. Elle n’est pas la plus imposante, mais elle rayonne par sa sobriété lumineuse. Nous avançons, curieux. L’église Saint-Nicolas se dresse là, discrète mais élégante, comme une présence bienveillante dans le cœur battant de Prague. Nous franchissons la porte, et immédiatement, une atmosphère feutrée nous enveloppe. Le tumulte extérieur semble s’évanouir instantanément pour laisser place à une quiétude sacrée. À l’intérieur, la lumière naturelle glisse sur les murs d’un blanc cassé, relevés par des détails dorés, des sculptures délicates et de hautes fenêtres arrondies. La coupole, tout en finesse et peinte par Cosmas Damian Asam, capte notre regard : elle semble littéralement flotter au-dessus de nous. L’orgue suspendu sur la tribune domine la nef avec ses dorures étincelantes, là même où Mozart fit autrefois résonner ses accords. Et au centre, ce lustre monumental en cristal de Bohême attire tous les regards. Suspendu comme une œuvre d’art aérienne, façonné en forme de couronne impériale dans les ateliers de Harrachov, il nous hypnotise par sa précision, son éclat et sa grâce.

En admirant ce décor d’exception, nous apprenons que cette église n’a rien à envier à sa célèbre homonyme du quartier de Malá Strana. Elle fut construite un peu plus tard, entre 1732 et 1737 sous la direction du maître baroque Kilian Ignaz Dientzenhofer, sur les ruines d’un ancien édifice gothique du XIIIe siècle. Les architectes du XVIIIe siècle, influencés par les courants baroques tardifs, ont choisi ici une approche plus épurée, presque méditative, en contraste saisissant avec l’exubérance d’autres édifices religieux pragois. Le bâtiment fut autrefois rattaché à un puissant monastère bénédictin, puis transformé selon les nécessités des régimes successifs, servant même de magasin militaire. Durant l’époque communiste, elle perdit sa fonction religieuse pour devenir un lieu dédié aux concerts. Cette vocation musicale s’est perpétuée au fil des décennies, faisant de l’église un point de rendez-vous culturel incontournable où les chœurs et les orchestres tirent parti d’une résonance exceptionnelle.

Nous nous installons un moment sur un banc, laissant nos regards se perdre entre les colonnes, les chapiteaux et les courbes douces du chœur. L’architecture joue ici magnifiquement avec la lumière et l’acoustique : le moindre murmure se propage comme une onde sous la voûte.

On comprend immédiatement pourquoi tant de musiciens aiment s’y produire. Un programme de concert baroque est affiché à l’entrée, annonçant des œuvres de Vivaldi, Bach ou Haendel, et nous hésitons franchement à revenir le soir même pour écouter les notes s’élever sous les dorures. En observant attentivement les détails, nous remarquons les motifs végétaux sculptés sur les corniches, évoquant les feuilles du Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles), les anges aux ailes déployées, et les fresques retraçant les scènes célestes de la vie de Saint Nicolas. L’ensemble respire l’équilibre et la maîtrise. Rien n’est de trop, tout semble pensé pour inviter au recueillement, même si l’usage religieux n’est plus exclusif. Un détail nous fait sourire : ce lustre mythique, offert par les tsars de Russie à la fin du XIXe siècle, fut transporté pièce par pièce et assemblé méticuleusement sur place. Il est devenu l’un des symboles les plus photographiés du sanctuaire. On dit même qu’un concert y résonne différemment selon l’orientation du regard sous le cristal, les pampilles réfléchissant le son pour créer des effets acoustiques subtils. Difficile à vérifier, mais l’idée seule nous enchante !

En ressortant sur le parvis, nous levons une dernière fois les yeux vers la façade blanche qui capte la lumière du jour comme un miroir tranquille. Nous nous sentons apaisés, comme si l’église nous avait offert une pause hors du temps au milieu de notre périple tchèque. Sur le trottoir, l’odeur sucrée de la cannelle s’échappe d’une échoppe où cuisent des Trdelník traditionnels enroulés sur leurs broches de bois, ajoutant une note gourmande à cette parenthèse enchantée. Ce bijou discret au cœur de Prague restera une étape mémorable. Pour découvrir ce sanctuaire (GPS : 50.0881° N, 14.4202° E), l’accès pour la visite libre et contemplative est entièrement gratuit en dehors des célébrations et des spectacles. Pour assister aux concerts baroques du soir, comptez entre 500 CZK et 800 CZK par personne (environ 20 € à 32 €). L’ensemble des horaires et de la programmation musicale est à retrouver sur le site officiel www.stnicholas.cz.

La majesté gothique de Notre-Dame du Týn : l’âme sacrée de Staré Město

Entre flèches de pierre vertigineuses, retables baroques et mémoires d’alchimie

Et devant nous se dresse majestueusement léglise Notre-Dame du Týn, (Kostel Matky Boží před Týnem), une merveille gothique qui domine la place de la Vieille-Ville. Ses deux clochers imposants, dissymétriques et surnommés Adam et Ève, s’élèvent vers le ciel avec une allure impressionnante de 80 mètres de hauteur, couronnés d’une forêt de tourelles acérées. Construite à partir de 1380 sous l’impulsion de l’atelier du légendaire Peter Parler, l’église remplace une ancienne structure romane datant des XIe et XIIe siècles qui accueillait à l’origine les marchands étrangers de la cour du Týn. Chaque détail de cette architecture gothique raconte une histoire captivante qui traverse les âges, achevée sous la supervision de l’architecte tchèque Matěj Rejsek qui termine le clocher nord en 1511.

Pendant la période tumultueuse des conflits religieux, Notre-Dame du Týn a été un point central et un symbole majeur du mouvement hussite sous la ferveur du prédicateur Jan Rokycana, arborant sur son fronton un grand calice en or. Après la défaite protestante de la Montagne Blanche en 1620, la Contre-Réforme fondit ce calice pour en draper l’auréole de la statue de la Vierge Marie qui trône toujours au sommet du pignon.

En franchissant le portail pour pénétrer dans la nef principale, l’impact visuel est saisissant. La verticalité gothique des piliers en pierre s’allie au faste théâtral d’un mobilier baroque d’une richesse exceptionnelle, façonné au XVIIe siècle après un incendie dévastateur. En avançant le long des bancs de bois séculaires, notre regard est immédiatement capté au fond du chœur par le monumental maître-autel de l’Assomption de la Vierge (1649), chef-d’œuvre du peintre Karel Škréta dressé au sommet de marches recouvertes d’un tapis rouge éclatant et encadré d’un immense retable noir et or sculpté atteignant les hauts vitraux.

En explorant les bas-côtés, nous découvrons une profusion d’autels secondaires étincelants de dorures : ici, une toile de la Vierge à l’Enfant entourée d’anges volants et de colonnes de marbre près d’un confessionnal ouvragé ; là-bas, un retable monumental en bois sombre rehaussé d’or, sculpté de statues de saints protecteurs et couronné d’un médaillon céleste. Plus loin, un autre autel abrite une scène de la Cène minutieusement façonnée et conservée sous verre au-dessus de la table d’autel. Près de la chaire en pierre et des retables latéraux, nous faisons également une pause devant la sépulture en marbre de l’illustre astronome et alchimiste danois Tycho Brahe, mort à Prague en 1601 sous le règne de Rodolphe II.

Malgré les ravages du temps, l’église a été restaurée à plusieurs reprises et fait l’objet de travaux de préservation continus, témoignant de l’engagement à préserver ce trésor historique pour les générations futures. Et dans chaque coin de cette église, résonnent les échos des légendes et des récits anciens, telle l’histoire de cette petite cloche offerte en gratitude par une servante sauvée grâce à ses prières, une tradition parmi tant d’autres qui ajoute à la fascination de ce lieu emblématique. Pour découvrir ce sanctuaire (GPS : 50.0878° N, 14.4225° E), l’accès se fait par un étroit passage voûté traversant les maisons à arcades bordant la place. La visite s’effectue en échange d’une contribution libre recommandée (environ 50 CZK ou 2 € par personne), du mardi au samedi de 10h00 à 13h00 et de 15h00 à 17h00, ainsi que le dimanche matin. L’ensemble des horaires d’offices et des détails patrimoniaux est à consulter sur le site officiel www.tyn.cz.

Quand la relaxation aquatique rencontre la street-food pragoise au pied des tours gothiques

Pour clore en beauté nos déambulations à travers le dédale médiéval de Staré Město, nous nous offrons une parenthèse ludique et décalée au cœur de la cité. Après avoir parcouru des kilomètres de pavés séculaires, nos pieds réclament un moment de répit. Nous poussons la porte d’un salon de bien-être donnant sur les ruelles animées pour vivre l’expérience insolite du Fish Spa. Confortablement installés au-dessus d’un aquarium transparent baigné de lumière naturelle, nous immergeons nos jambes dans une eau tiède où s’agite une joyeuse armée de Poissons docteurs . Ce petit cyprinidatif originaire des bassins fluviaux du Moyen-Orient pratique une ichthyothérapie naturelle et indolore en venant grignoter délicatement les petites peaux mortes de l’épiderme. Le spectacle offre un moment de rigolade mémorable : sous le regard amusé de Nadège qui contemple les passants depuis la vitre, des dizaines de petits poissons effectuent leur travail de micro-massage micro-exfoliant, procurant une sensation de chatouillement vivifiante et une douceur immédiate après l’effort.

Remis sur pied et creusés par ces émotions aquatiques, nous faisons halte à un kiosque de rue pour combler une petite faim. Rien de tel qu’une savoureuse baguette garnie d’une Pražská klobása bien chaude, accompagnée de choucroute fermentée et de sauce acidulée, dans laquelle Nadège mord à belles dents avec un enthousiasme non dissimulé ! Ainsi requinqués, nous regagnons l’esplanade de la place Staroměstské náměstí pour un dernier coup d’œil contemplatif. Le paysage urbain s’articule autour de la majestueuse statue en bronze du réformateur Jan Hus, encadrée par la façade rococo du Palais Kinský et les flèches asymétriques de Notre-Dame du Týn qui transpercent le ciel bleu. Au milieu de la foule des voyageurs et des calèches, la magie théâtrale de Prague frappe à nouveau lorsqu’un comédien vêtu d’un imposant costume d’Ours polaire déambule au milieu des pavés historiques, offrant un contraste comique saisissant entre divertissement contemporain et architecture séculaire. Une ultime note joyeuse qui scelle notre immersion dans le cœur historique avant de poursuivre vers de nouveaux quartiers.

Les salons de Fish Spa et massages thaïlandais sont très nombreux dans les ruelles autour de la place de la Vieille-Ville (GPS : 50.0865° N, 14.4200° E). Comptez environ 300 CZK à 500 CZK (soit 12 € à 20 €) pour une séance de 20 minutes de Fish Spa. Les kiosques de street-food sur la place proposent des sandwichs et saucisses grillées entre 100 CZK et 180 CZK (environ 4 € à 7 €). Retrouvez l’ensemble des adresses et conseils pratiques sur le site officiel www.prague.eu.

Le Carolinum et le Théâtre des États : le sanctuaire du savoir et de la musique au cœur du Vieux Prague

Entre l’oriel gothique de l’Université Charles, la statue du Commendateur et l’élégance classique d’Ovocný trh

En flânant dans les ruelles pavées de la Vieille Ville (Staré Město) depuis la rue Celetná, nous tombons sur un édifice à la façade sobre mais majestueuse, discret et fascinant : le Carolinum (Karolinum). Peu nombreux sont les visiteurs qui s’y arrêtent vraiment, mais dès que nous en franchissons le seuil, une atmosphère solennelle nous enveloppe, empreinte du poids des siècles et de l’érudition. Fondé en 1348 par l’empereur Charles IV et installé en 1383 dans l’ancien palais du patricien Johlin Rotlev, le Carolinum est le siège historique de l’Université Charles (Univerzita Karlova), la plus ancienne université d’Europe centrale. À l’époque, former à Prague des juristes, des médecins et des philosophes constituait une véritable révolution culturelle, affranchissant la Bohême de la dépendance des grandes facultés d’Italie ou de France.

L’architecture du Carolinum nous parle à voix basse d’un passé prestigieux. L’édifice marie harmonieusement les époques : si les réaménagements baroques de František Maxmilián Kaňka au XVIIIe siècle ont adouci les façades, les vestiges gothiques flamboyants demeurent de précieux joyaux. Depuis la rue Ovocný trh, nos yeux s’attardent sur l’oriel de la chapelle Saint-Côme-et-Saint-Damien (orloj), une encorbellement gothique ciselé vers 1370, orné de gargouilles fantastiques, de remplages ajourés et de blasons sacrés. En pénétrant dans la cour intérieure et la grande salle des promotions (Velká aula), entourée de boiseries sombres, de portraits d’érudits et de tapisseries, nous imaginons les débats passionnés de maîtres tels que Jan Hus, figure emblématique de la Réforme protestante tchèque qui fut recteur de l’université en 1409.

Directement adossé au Carolinum se dresse le Théâtre des États (Stavovské divadlo), magnifique palais néoclassique élevé en 1783 à l’initiative du comte Anton von Nostitz-Rieneck. Sa façade vert amande, rythmée par des pilastres blancs, de grands balcons à balustrades et un monumental escalier extérieur, constitue l’un des théâtres historiques les plus précieux d’Europe. C’est ici même que Wolfgang Amadeus Mozart dirigea le 29 octobre 1787 la première mondiale de son opéra Don Giovanni. Au pied du portique, une sculpture énigmatique captive notre regard : « Il Commendatore » (Le Commendateur ou La Cape de la Conscience), œuvre en bronze créée par l’artiste Anna Chromý. Ce personnage sans visage, drapé dans un pli creux et mystérieux, évoque le fantôme du gouverneur assassiné venant réclamer justice dans l’opéra mozartien.

En prolongeant notre déambulation vers les ruelles de Malá Strana, notamment le long de la rue Tržiště bordée de palais baroques ocre et pêche comme le palais Schönborn où flottait le drapeau américain, nous mesurons toute la continuité historique et architecturale de Prague, entre science, art et pouvoir.

Le Carolinum (GPS : 50.0861° N, 14.4228° E) et la place Ovocný trh sont libres d’accès. La cour intérieure et les galeries d’exposition du Carolinum sont ouvertes au public lors des manifestations culturelles (expositions temporaires payantes selon programmation, environ 100 à 150 CZK). Le Théâtre des États (Stavovské divadlo, GPS : 50.0858° N, 14.4233° E) se visite dans le cadre de représentations d’opéra ou de visites guidées sur réservation. Retrouvez l’ensemble des informations historiques et billetteries sur www.cuni.cz, www.narodni-divadlo.cz et www.prague.eu.

Place Na Příkopě : l’élégance d’une grande avenue pragoise entre histoire, shopping et art de vivre

Du fossé médiéval séparant la Vieille et la Nouvelle Ville au boulevard prestigieux bordé de palais, de terrasses et de passages secrets

Nous arrivons sur l’avenue Na Příkopě, cet axe élégant et animé reliant la place de la République (Náměstí Republiky) au bas de la place Venceslas (Václavské náměstí). Ici, le rythme urbain s’accélère doucement et nous ressentons la pulsation moderne d’une capitale européenne, sans que le charme historique praguois ne s’efface. Le nom « Na Příkopě », signifiant littéralement « Sur le fossé », rappelle qu’à cet emplacement exact s’étirait autrefois le fossé défensif médiéval rempli d’eau creusé en 1348 lors de la fondation de la Nouvelle Ville (Nové Město) par l’empereur Charles IV, marquant la frontière étanche avec les remparts de la Vieille Ville (Staré Město).

En arpentant cette large promenade piétonne où l’histoire rencontre la modernité pragoise, nos pas nous mènent d’abord à l’angle des rues Celetná et Ovocný trh. C’est ici que se dresse la spectaculaire Maison à la Vierge Noire (Dům U Černé Matky Boží), chef-d’œuvre absolu de l’architecture cubiste tchèque édifié entre 1911 et 1912 par le brillant architecte Josef Gočár. Ce bâtiment révolutionnaire surprend par sa façade géométrique aux fenêtres brisées, ses piliers angulaires et ses corniches facettées qui font jouer la lumière d’une façon unique. Nichée dans une grille dorée à l’angle du premier étage, la statue baroque en pierre polychrome de la Vierge Noire du XVIIe siècle, conservée de l’ancien édifice, offre un contraste saisissant avec la modernité avant-gardiste de la structure. Au premier étage, les grandes baies cintrées abritent le mythique Grand Café Orient, l’unique café cubiste au monde, tandis que le rez-de-chaussée accueille le restaurant Černá Madona. Dans la ruelle pavée bordée de réverbères rétros en fonte à globes de verre, flâneurs et voyageurs déambulent paisiblement entre les boutiques d’artisanat et le Musée du Cubisme tchèque.

En poursuivant notre promenade en direction de la majestueuse Place Venceslas (Václavské náměstí), cœur névralgique du quartier de Nové Město et théâtre des grands événements politiques de la nation, la perspective s’élargit spectaculairement.

Le regard est immédiatement capté par l’éblouissante façade ocre et dorée du Grand Hotel Europa (anciennement Grand Hotel Šroubek), érigé en 1905 par Bedřich Bendelmayer et Alois Dryák. Ce joyau suprême de l’Art nouveau pragois déploie des balustrades en fer forgé rehaussées de dorures, des nymphes sculptées tenant un globe sommital et une décoration florale d’une élégance raffinée, flanqué de l’élégant Hôtel Meran. Au centre de l’avenue, le charme nostalgique de Prague opère à travers le Café Tramvaj 1429, une ancienne motrice de tramway rouge et jaune restaurée et transformée en terrasse de café pittoresque. Installés le long des rails historiques sous les frondaisons fraîches des Tilleuls à petites feuilles, les passants savourent une boisson fraîche en contemplant au loin la haute silhouette du Musée national (Národní muzeum) qui domine la place.

Informations pratiques et visite : La Maison à la Vierge Noire (GPS : 50.0870° N, 14.4251° E, Celetná 34) abrite les collections du Musée du Cubisme tchèque géré par le Musée des Arts décoratifs de Prague (UPM), ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 (tarif adulte : 160 CZK, soit environ 6,50 €). La Place Venceslas et l’avenue Na Příkopě (GPS : 50.0822° N, 14.4268° E) sont libres d’accès gratuit 24h/24. Le site est idéalement desservi par le métro aux stations Můstek (lignes A et B) et Náměstí Republiky (ligne B).

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De Náměstí Republiky à la Tour Poudrière : les portes de la Vieille Ville et les délices de Prague

Des douves médiévales au départ de la Voie Royale, flânerie gourmande, architecturale et sociologique sur la Place de la République

En émergeant de la station de métro Českomoravská pour rejoindre le cœur palpitant de Prague, nous arrivons sur la majestueuse place de la République (Náměstí Republiky), marquant la frontière historique entre la Vieille Ville (Staré Město) et la Nouvelle Ville (Nové Město). Cette vaste esplanade aménagée au tournant du XXe siècle occupe le tracé des anciennes douves médiévales qui protégeaient la cité. Autour de nous s’élève un panorama architectural d’une diversité saisissante : le joyau Art nouveau de la Maison Municipale (Obecní dům), édifié entre 1905 et 1911 par Antonín Balšánek et Osvald Polívka, côtoie le classicisme du Palais Hybernia (Dům U Hybernů), les lignes somptueuses néo-Renaissance de l’Hotel Kings Court et la silhouette monumentale de l’ancienne caserne Jiří z Poděbrad, aujourd’hui métamorphosée en centre commercial Palladium, qui fait face au grand magasin Kotva.

Adossée à la Maison Municipale se dresse la Tour Poudrière (Prašná brána), l’un des monuments gothiques les plus emblématiques de la capitale. Érigée à partir de 1475 sous le règne du roi Vladislas II Jagiellon par le maître d’œuvre Matěj Rejsek, elle servait de porte d’entrée fortifiée à la Vieille Ville. C’est d’ici que s’élançait la célèbre Voie Royale (Královská cesta), empruntée par les souverains de Bohême lors de leur cortège de couronnement jusqu’au Château de Prague. Son nom actuel rappelle son utilisation au XVIIe siècle comme dépôt de poudre à canon. Du haut de ses 65 mètres, sa galerie panoramique nichée à 44 mètres d’altitude offre un point de vue exceptionnel sur les toits de la ville et les spires de l’Église Notre-Dame du Týn (Kostel Matky Boží před Týnem) qui se découpent dans le ciel azur.

Directement reliée à la porte fortifiée par une élégante arche en pierre, la Maison municipale déploie son faste Art Nouveau édifié au début du XXe siècle à l’emplacement de l’ancien Palais de la Cour Royale. D’un côté, le grès sombre et patiné de la tour déploie un lacis complexe de sculptures flamboyantes, d’armoiries et de pinacles effilés ; de l’autre, la façade ocre et dorée rayonne avec ses baies cintrées et ses ferronneries finement ciselées. Sur la place animée qui s’étend à nos pieds, la vie pragoise bat son plein : les voyageurs flânent sereinement, certains profitant de la douceur printanière aux terrasses des cafés sous de grands parasols blonds, tandis que des familles poussent des landaus sur le pavé historique. Bastien, Nadège et Margot observent avec fascination ces détails architecturaux et la silhouette des spires médiévales qui se profilent à l’horizon.

Informations pratiques et visite : La Tour poudrière (GPS : 50.0872° N, 14.4278° E, Náměstí Republiky 5) est gérée par Prague City Tourism. Elle se visite tous les jours de 10h00 à 18h00 en hiver (jusqu’à 20h00 ou 22h00 d’avril à septembre). L’accès à la galerie panoramique située à 44 mètres de hauteur offre un panorama exceptionnel sur les toits de la ville (tarif adulte : 190 CZK, soit environ 8 € ; tarif réduit enfants/étudiants : 130 CZK). La Maison municipale propose des visites guidées historiques de ses salons d’apparat (tarif adulte : environ 320 CZK, soit 13 €). Accès très facile via la station de métro Náměstí Republiky (ligne B) ou les lignes de tramway 6, 8, 15 et 26. Pour préparer votre itinéraire, consultez www.prague.eu, www.obecnidum.cz

Aujourd’hui largement piétonnisée, Náměstí Republiky vibre d’une ambiance populaire et gourmande. Le marché en plein air embaume l’air chaud de senteurs irrésistibles : sur de grands tournebroches crépitants, le fameux jambon de Prague (Pražská šunka), issu du Porc domestique, dore doucement au-dessus des brasiers aux côtés d’alignements de saucisses fumées (klobásy). Nous faisons une pause bien méritée aux tables en bois du marché où Nadège savoure avec enthousiasme une fraîche bière brune tchèque (tmavé pivo), baignée par le soleil printanier face à la façade jaune ocre finement sculptée de l’Hotel Kings Court.

Au fil de nos pas dans les rues commerçantes environnantes, un aspect sociologique contemporain nous interpelle : la prolifération surprenante de boutiques consacrées aux produits dérivés du Chanvre . Entre sucettes vert vif, bonbons gelés, chewing-gums et chocolats infusés, l’offre d’épicerie insolite attire la curiosité des voyageurs. Nadège se prête au jeu avec humour, affichant un pouce levé complice devant un présentoir multicolore garni de confiseries aux têtes de têtes de feuilles de chanvre rigolotes.

Informations pratiques et visite : La Place de la République (Náměstí Republiky, GPS : 50.0884° N, 14.4287° E) est desservie directement par la ligne B du métro (station Náměstí Republiky) et les lignes de tramway 6, 8, 15 et 26. La Tour Poudrière (Prašná brána) est ouverte tous les jours de 10h00 à 18h00 en hiver et jusqu’à 22h00 d’avril à septembre. Le tarif d’entrée adulte pour la montée à la galerie panoramique est de 190 CZK (environ 8 € ; tarif réduit : 130 CZK). Pour en savoir plus sur l’agenda des marchés et les visites guidées de la Maison Municipale, consultez www.obecnidum.cz et www.prague.eu

L’Obecní dům : le chef-d’œuvre de l’Art Nouveau praguois au cœur de la place de la République

Du temple musical de la Salle Smetana à l’élégance Belle Époque du Kavárna, immersion dans le joyau de la Sécession tchèque

Nous poussons les portes de l’Obecní dům, la Maison municipale de Prague, et c’est comme si nous pénétrions dans une œuvre d’art vivante.

Situé en plein cœur de la ville, au bord de la place de la République (Náměstí Republiky), ce bâtiment somptueux construit entre 1905 et 1911 sur les plans des architectes Antonín Balšánek et Osvald Polívka dans le style de la Sécession viennoise incarne avec une rare intensité le raffinement de l’Art Nouveau à la tchèque. À l’extérieur déjà, la façade capte notre regard. Dômes, dôme central en cuivre patiné vert-de-gris, vitraux colorés, balcons ouvragés à garde-corps en fer forgé doré, baldaquin d’entrée monumental soutenu par des Atlantes sculptés en fonte et mosaïques éclatantes nous accueillent dans un festival de détails. Au-dessus du portail d’honneur, une grande mosaïque en demi-cercle représentant « L’Hommage à Prague » (Hold Praze), œuvre de Karel Špillar insérée sous l’inscription dorée de Svatopluk Čech, nous plonge dans une ambiance à la fois patriotique et poétique. La bâtisse se dresse à l’emplacement même de l’ancien Palais royal de la Cour de la Vieille Ville (Královský dvůr), et elle fut pensée dès l’origine comme un lieu de rencontre entre les citoyens et les arts.

Dès le vestibule, la profusion décorative nous saisit. Tout ici a été conçu avec un sens du détail quasi obsessionnel par les plus grands artistes tchèques de l’époque : Alfons Mucha, Jan Preisler, Ladislav Šaloun, Max Švabinský… Chacun a laissé sa trace dans les plafonds peints, les lustres en verre gravé, les boiseries sculptées, les tentures florales, les carreaux de faïence turquoise et les motifs organiques. Nous avançons à travers les couloirs feutrés jusqu’à la salle Smetana (Smetanova síň), cœur musical de l’édifice surmonté d’une coupole en verre. C’est là que résonne régulièrement l’âme de la musique tchèque, dans ce lieu d’une acoustique parfaite garni de sculptures d’art nouveau. Des concerts symphoniques y sont donnés presque quotidiennement, notamment lors du festival du Printemps de Prague (Pražské jaro). Se tenir dans cette salle, c’est ressentir tout le souffle de la culture praguoise.

Mais ce qui nous attire aussi irrésistiblement, c’est le charme inégalé du Kavárna Obecní dům, le café attenant à l’intérieur du bâtiment, ainsi que le bar américain (Americký bar) au sous-sol. Au comptoir luxueux en marbre noir et laiton surmonté d’une monumentale alambic à café en cuivre martelé, nous nous installons avec délice entre miroirs anciens, moulures dorées, luminaires en laiton et banquettes en cuir. Nadège savoure un cocktail glacé servi avec paille tandis que la carte propose chocolats chauds, strudels aux pommes tièdes et slivovice. L’atmosphère nous plonge dans un passé raffiné, entre Belle Époque et art bourgeois, évoquant les intellectuels, les artistes et les diplomates se croisant ici à l’époque de la Première République tchécoslovaque. 

Une visite guidée du bâtiment permet de pénétrer dans les salons officiels, comme le Salon du Maire entièrement décoré de fresques par Alfons Mucha ou celui réservé aux réunions secrètes, de découvrir des fresques cachées, des escaliers en colimaçon vertigineux, et des histoires qui ont marqué le destin de la nation — notamment la proclamation de l’indépendance de la Tchécoslovaquie le 28 octobre 1918, qui eut lieu ici même. L’Obecní dům n’est pas simplement un monument d’architecture. C’est un carrefour culturel, un joyau patrimonial et un témoin vivant du raffinement tchèque.

Accès et informations pratiques : L’Obecní dům (GPS : 50.0886° N, 14.4280° E) est situé sur la place Náměstí Republiky, au pied de la Tour poudrière (Prašná brána). L’édifice est directement desservi par le métro (ligne B, station Náměstí Republiky) et le tramway (lignes 6, 8, 15, 26). L’accès aux espaces publics, au Kavárna et au restaurant Plzeňská restaurace est libre aux heures d’ouverture (tous les jours de 7h30 à 23h00). Les visites guidées de l’intérieur et des salons historiques d’Alfons Mucha sont proposées quotidiennement (tarif adulte : 320 CZK, soit environ 13,50 €). Réservations et programmation des concerts sur www.obecnidum.cz et www.prague.eu.

Du Couvent Sainte-Agnès aux trésors du Musée Juif : flânerie architecturale à travers Josefov et la rue Dlouhá

Des ruelles gothiques aux façades éclectiques de Prague, voyage immersif entre sérénité monastique, mémoire d’art sacré et légende de Franz Kafka

Sur notre chemin pour rejoindre le cœur du quartier juif de Josefov, nous prenons le temps de flâner dans les artères commerçantes et les ruelles pittoresques du quartier de Staré Město. En arpentant la célèbre rue Dlouhá (Dlouhá třída), nos yeux s’émerveillent devant l’alignement harmonieux de façades baroques et néo-classiques aux teintes chaudes d’ocre, de terracotta et de vert pistache, où s’intègrent d’anciennes enseignes traditionnelles comme celle du Grenat de Bohême (Český granát). À l’angle d’une rue, la richesse de l’architecture éclectique pragoise de la fin du XIXe siècle se révèle dans toute sa splendeur : une tourelle d’angle d’inspiration néo-gothique arbore une remarquable sculpture en pierre du Saint Georges terrassant le dragon (Svatý Jiří bojuje s drakem), surmontée d’une frise de blasons héraldiques aux armes des cités de Bohême.

Au détour d’un virage, le tumulte de la ville s’apaise soudainement alors que nous nous engageons dans la ruelle d’Anežská. Le long des vieux murs d’enceinte, un somptueux manteau de Lierre grimpant et de Vigne vierge à trois pointes  habille le crépis séculaire. Au bout de cette voie pavée se dresse le clocher du Couvent Sainte-Agnès (Klášter sv. Anežky České). Fondé en 1231 par la princesse Agnès de Bohême, fille du roi Ottokar Ier, ce monastère de Clarisses et de Franciscains constitue l’un des plus anciens et plus précieux ensembles gothiques de Prague. En franchissant la porte du domaine, aujourd’hui géré par la Galerie Nationale de Prague (Národní galerie Praha), nous découvrons des cours intérieures paisibles où les bâtiments en stuc jaune ocre entourent des pelouses verdoyantes agrémentées de sculptures contemporaines en métal noir. Dans les jardins, une installation poétique prend la forme d’une cabane en bois aux toits de cuivre ondulés, abritée sous les ombellifères parfumées d’une Viorne (Viburnum x carlcephalum – Fragrant Viburnum – Viorne) en pleine floraison printanière.

En quittant ce havre de quiétude pour gagner l’entrée du quartier juif, nous croisons sur la place Dušní la célèbre et surréaliste statue en bronze de Franz Kafka (Pomník Franze Kafky), réalisée en 2003 par le sculpteur Jaroslav Róna. Inspirée de la nouvelle Description d’un combat, l’œuvre représente l’écrivain pragois chevauchant un costume vide et sans tête, symbole saisissant des labyrinthes psychologiques de son univers littéraire.

Enfin, nous pénétrons dans les salles d’exposition du Musée Juif de Prague (Židovské muzeum v Praze) pour y contempler d’inestimables trésors de liturgie et de mémoire. Sous les vitrines de conservation, notre regard se pose avec émotion sur un rouleau sacré de la Torah (Sefer Torah) scrupuleusement calligraphié en hébreu sur parchemin, posé sur un velours pourpre et accompagné de son pointeur de lecture en argent ciselé (Yad). Plus loin, un imposant meuble saint (Aron Kodesh) du XVIIe siècle présente des portes peintes entourées de colonnes marbrées à chapiteaux corinthiens et de dorures délicates en forme de nœuds de rubans. Bastien, Nadège et Margot observent avec fascination ces témoignages d’art sacré et d’ébénisterie qui traversent les siècles avec une grâce intacte.

Informations pratiques et visite : Le Couvent Sainte-Agnès (Klášter sv. Anežky České, GPS : 50.0914° N, 14.4253° E, U Milosrdných 17) propose un accès libre à ses jardins et à son parcours de sculptures contemporaines. L’exposition permanente d’art médiéval de Bohême et d’Europe centrale est ouverte du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 (tarif adulte : 300 CZK, soit environ 12,50 €). Le Musée Juif de Prague (GPS : 50.0898° N, 14.4170° E) se visite via un billet combiné donnant accès aux synagogues et expositions du quartier (tarif adulte : 500 CZK, soit environ 20 €). Accès facile en tramway (arrêt Dlouhá třída ou Právnická fakulta) ou en métro ligne A (station Staroměstská). Pour préparer votre itinéraire, consultez www.ngprague.cz, www.jewishmuseum.cz,

Le Vieux Cimetière Juif et la Synagogue Klausen : mémoire poétique et mystères du ghetto de Josefov

Des milliers de stèles inclinées aux édifices sacrés de la Chevra Kadisha, traversée contemplative et historique du cœur spirituel juif de Prague

Découvrir le quartier juif de Josefov en famille est une expérience d’une intensité rare, une plongée fascinante dans l’histoire riche, tragique et mouvementée de la capitale tchèque. Ancien ghetto enserré au cœur de la Vieille Ville, le quartier tire son nom actuel de l’empereur Joseph II, qui émancipa la communauté juive en 1781 par ses édits de tolérance. Au détour d’une ruelle pavée, un univers suspendu hors du temps s’ouvre à nous : le Vieux Cimetière Juif (Starý židovský hřbitov), l’un des sites funéraires les plus anciens et emblématiques d’Europe, fondé au début du XVe siècle et actif de 1439 (date de la sépulture la plus ancienne, celle du poète Avigdor Kara) jusqu’à sa fermeture en 1787 sur ordre de l’empereur pour des raisons sanitaires.

En franchissant l’enceinte de pierre, le coup d’œil est saisissant. Sous une voûte végétale apaisante, des milliers de pierres tombales de grès et de calcaire se pressent, se chevauchent et s’inclinent dans une désorganisation poétique et anarchique, se découpant sur le fond des élégantes façades néo-Renaissance et Art nouveau du quartier. On estime le nombre de stèles visibles à environ 12 000, mais la réalité sous-jacente est infiniment plus complexe et vertigineuse : au fil des siècles, plus de 100 000 défunts y furent inhumés. En raison du périmètre étriqué du ghetto imposé par les autorités impériales et de la tradition halakhique juive interdisant formellement la profanation ou le déplacement des sépultures existantes, les défunts furent enterrés les uns sur les autres. Jusqu’à douze niveaux de tombes se superposent ainsi sous nos pieds, élevant progressivement le sol du cimetière bien au-dessus du niveau des rues environnantes, retenu par de hauts murs de soutènement.

Depuis les hauteurs du parcours qui serpente au milieu des stèles, la vue en plongée offre une perspective vertigineuse sur ce champ de pierres sculptées. Chaque stèle rongée par le lichen raconte une destinée, sublimée par une symbolique gravée d’une finesse poignante. Respectant scrupuleusement l’interdit biblique de toute représentation humaine sculptée, les artisans tailleurs de pierre utilisaient des motifs allégoriques pour évoquer la piété, la lignée ou la profession du disparu : la couronne pour la piété et la connaissance de la Torah, la tirelire pour la bienfaisance, le livre pour le libraire, le serpent d’Esculape pour l’apothicaire, les mains bénissantes pour la caste des Kohanim ou le lion féroce pour la tribu de Juda et les personnalités illustres comme le célèbre Rabbi Loew (Jehuda Loew ben Bezalel), créateur légendaire du Golem. Nos yeux s’arrêtent sur une dalle sculptée ornée d’une rosette florale géométrique, puis sur un remarquable lion de pierre tenant un écusson qui monte la garde près des maçonneries. Le long de la grande muraille de clôture, d’anciennes dalles mortuaires d’un rose-ocre patiné sont enchâssées directement dans l’enduit comme les pages de pierre d’un livre d’histoire universel.

Directement adossée à cet océan de stèles se dresse la Synagogue Klausen (Klausová synagoga), édifiée en style baroque tardif en 1694 par Salomon Kalish à l’emplacement de trois petites constructions d’études talmudiques appelées « klausen ». Juste à côté, l’élégante Maison de Cérémonie de la Société du Saint Devoir (Obřadní síň / Chevra Kadisha), construite en 1906-1908 dans un style néo-romanesque spectaculaire avec sa tour circulaire en pierre de taille et ses baies cintrées, surplombe directement l’alignement resserré des tombes. Bastien, Nadège et Margot observent avec recueillement la lumière du soleil filtrer à travers les ramures, projetant des ombres mouvantes sur les épitaphes en caractères hébraïques.

La nature insuffle une douceur infinie à cette nécropole séculaire. Au-dessus des stèles, sous le tapis de sépultures inclinées parsemé de pétales blancs tombés au printemps, la frondaison tendre du Marronnier d’Inde, de l’Érable sycomore et du Robinier faux-acacia abrite une faune urbaine discrète mais vivante. Le chant flûté d’un Merle noir  résonne depuis le faîte d’une stèle gothique, tandis qu’un Rougegorge familier sautille agilement dans l’herbe haute parsemée de petites fleurs sauvages.

Informations pratiques et visite : Le Vieux Cimetière Juif et la Synagogue Klausen (GPS : 50.0898° N, 14.4170° E, U Starého Hřbitova 3a) font partie du Musée Juif de Prague (Židovské muzeum v Praze). Le billet combiné donne accès au cimetière, à la Synagogue Klausen, à la Maison de Cérémonie, ainsi qu’aux synagogues Pinkas, Maisel et Espagnole (tarif adulte : 500 CZK, soit environ 20 € ; tarif réduit étudiants/enfants : 350 CZK, environ 14 € ; gratuit pour les moins de 6 ans). Le site est ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00 en été (jusqu’à 16h30 en hiver), sauf le samedi (Shabbat) et lors des fêtes juives. Accès facile en métro ligne A (station Staroměstská) ou en tramway (arrêt Staroměstská ou Právnická fakulta). Retrouvez l’ensemble des informations et la billetterie sur le site officiel www.jewishmuseum.cz et sur www.prague.eu

La Synagogue Vieille-Nouvelle : joyau gothique, légendes du Golem et mémoire séculaire de Josefov

Au cœur du ghetto de Prague, traversée contemplative et historique du plus ancien lieu de culte juif actif d’Europe

Nous avons eu la chance de visiter la Synagogue Vieille-Nouvelle (Staronová synagoga) dans le quartier de Josefov à Prague, une expérience véritablement mémorable pour toute la famille. Cette synagogue d’exception, datant de 1270, est la plus ancienne synagogue active d’Europe et le cœur spirituel du ghetto pragois depuis plus de sept siècles. Son histoire fascinante nous a captivés dès notre arrivée au pied de ses pignons de briques crénelés en échelon, dressés vers le ciel à côté du splendide Hôtel de Ville juif (Židovská radnice) à la tour surmontée d’une horloge aux chiffres hébraïques tournant à l’envers.

En franchissant les neuf marches menant à l’entrée — une descente symbolique sous le niveau du sol rappelant les paroles du Psaume 130 (« Du fond des abîmes je t’invoque, ô Éternel ») —, nous avons été impressionnés par la majesté de l’architecture gothique tardive et la richesse des détails symboliques. Le tympan du portail d’entrée surprend par la finesse de ses motifs sculptés représentant une vigne d’abondance dont les douze grappes de raisin symbolisent les douze tribus d’Israël. À l’intérieur, nous avons découvert une double nef unique en son genre, composée de six travées voûtées reposant sur deux imposants piliers octogonaux. Ce système de voûtes à cinq branches, conçu au XIIIe siècle pour éviter de former une croix chrétienne avec des nervures croisées à quatre branches, constitue un véritable chef-d’œuvre de construction médiévale.

Les enfants étaient émerveillés par les histoires légendaires entourant la construction et la protection de la synagogue. Les croyances populaires racontent que les fondations du temple furent apportées par des anges depuis le Temple de Jérusalem sous condition (Al-Tnay) d’y être retournées lors de la venue du Messie — donnant par déformation linguistique le nom germanique d’« Altneuschul » (Vieille-Nouvelle). Ils ont été particulièrement intrigués par l’échelle de fer fixée sur la façade extérieure donnant accès aux combles mystérieux : c’est là, dans le grenier de la synagogue, que le célèbre Rabbi Loew (Jehuda Loew ben Bezalel) aurait déposé au XVIe siècle le corps d’argile inerte du Golem, cet être mythique façonné pour protéger la communauté juive des persécutions.

Chaque élément du mobilier intérieur témoigne de siècles de dévotion. Au centre de la nef se dresse la bimah (l’estrade de lecture) entourée d’une grille gothique en fer forgé, au-dessus de laquelle pèse la bannière historique de la communauté juive de Prague octroyée par l’empereur Charles IV en 1357, arborant l’Étoile de David avec un chapeau juif en son centre. Sur le mur oriental, l’Aron Kodesh (le Saint Tabernacle) abritant les rouleaux de la Torah est recouvert d’un somptueux parochet en velours rouge brodé de lions dorés et de motifs de grenades sacrées. Tout près de l’entrée, un coffre-fort historique de donation en pierre et ferronnerie rappelle les traditions d’entraide de la communauté. Nadège, un dépliant de visite à la main sous le porche sculpté, contemple la beauté des voûtes biseautées où la lumière tamisée des chandeliers en bronze crée une atmosphère de ferveur universelle.

Pour nous, cette visite a été bien plus qu’une simple découverte architecturale. C’était une occasion unique de plonger dans l’histoire riche et complexe de Prague, de témoigner de la tradition et de la spiritualité juives intactes à travers les siècles, et de transmettre ces valeurs à nos enfants dans un cadre éducatif, poétique et émotionnellement poignant.

Dans la ruelle pavée de la rue Červená qui entoure l’édifice, sous les frondaisons fraîches du Marronnier d’Inde, le ballet des voyageurs s’étire paisiblement.

Informations pratiques et visite : La Synagogue Vieille-Nouvelle (GPS : 50.0898° N, 14.4184° E, Maiselova 18) est gérée directement par la Communauté juive de Prague (Židovská obec v Praze). L’accès se fait avec un billet spécifique (tarif adulte : 220 CZK, soit environ 9 € ; tarif réduit enfants/étudiants : 150 CZK ; forfait famille : 500 CZK). Elle est ouverte tous les jours de 9h00 à 18h00 d’avril à octobre (fermeture à 17h00 en hiver), sauf le vendredi après-midi, le samedi (Shabbat) et lors des fêtes religieuses juives. Accès facile en métro ligne A (station Staroměstská) ou en tramway (arrêt Staroměstská). Pour en savoir plus sur les horaires d’offices et les visites guidées, consultez www.kejh.cz, www.prague.eu

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La Synagogue Pinkas : mémorial poignant, trésors d’enfance et mémoire sacrée du ghetto de Josefov

De la deuxième plus ancienne synagogue de Prague à l’émouvant hommage aux victimes de la Shoah, traversée historique, artistique et solennelle

Au cœur du quartier juif de Josefov, directement adossée au sol surélevé du Vieux Cimetière Juif, la Synagogue Pinkas (Pinkasova synagoga) dresse sa silhouette sobre et empreinte d’une gravité sacrée. Fondée en 1535 par Aaron Meshullam Horowitz, figure éminente de la illustre famille juive Horowitz qui marqua l’âge d’or du ghetto pragois, elle est la deuxième plus ancienne synagogue préservée de la ville après la Synagogue Vieille-Nouvelle (Staronová synagoga). Cet édifice remarquable associe avec une rare élégance les voûtes nervurées du style gothique tardif à de délicats motifs décoratifs de la Renaissance.

Après la Seconde Guerre mondiale, entre 1955 et 1959, la synagogue fut transformée par les artistes Václav Boštík et Jiří John en un mémorial poignant d’une puissance émotionnelle absolue, dédié aux Juifs de Bohême et de Moravie assassinés par le régime nazi durant l’Holocauste. Sur l’ensemble des murs intérieurs de la nef et des galeries, calligraphiés à la main en lettres rouges et noires, figurent les noms, dates de naissance, dates de déportation et communautés d’origine de près de 80 000 victimes tchécoslovaques. Malheureusement, en 1968, l’infiltration pernicieuse de la nappe phréatique provenant de la Vltava voisine provoqua de graves désordres structurels qui contraignirent les autorités à fermer le sanctuaire. Après un titanesque chantier d’assainissement et de réhabilitation achevé en 1990, les noms effacés par l’humidité furent minutieusement réinscrits un à un sur les parois peintes, restituant à ces milliers de disparus leur identité et leur mémoire immortelle.

En franchissant le seuil du sanctuaire, le silence et le recueillement s’imposent à nos pas. Sous la voûte d’ogives aux arêtes délicates peintes de motifs terracotta, la bimah centrale (l’estrade de lecture de la Torah) retient notre attention : elle est protégée par une somptueuse grille rococo en fer forgé martelé, ouvragée de volutes et surmontée d’une Étoile de David (Magen David) ciselée. Au fond de la nef, le saint tabernacle en pierre rosé (Aron Kodesh) est encadré de colonnes néo-classiques et surmonté de cartouches hébraïques de mémoire ; de part et d’autre, les murs sont couverts de listes de camps de déportation — Terezín, Mauthausen, Auschwitz-Oświęcim, Treblinka, Bergen-Belsen ou Riga — rappelant la géographie tragique de la barbarie. Bastien, Nadège et Margot arpentent la nef avec une profonde émotion, lisant sur les parois ces milliers de noms alignés comme une litanie d’âmes.

À l’étage de la synagogue, dans la galerie des femmes, une exposition permanente d’une sensibilité poignante présente les dessins originaux réalisés par des enfants retenus dans le camp de concentration de Terezín (Theresienstadt). Entre 1942 et 1944, l’artiste et pédagogue visionnaire Friedl Dicker-Brandeis organisa clandestinement des ateliers d’art pour les jeunes déportés. À travers ces quelque 4 500 gouaches, aquarelles et croquis d’une beauté tragique, ces enfants exprimaient leurs rêves de liberté, la nostalgie de leur maison et l’espoir d’un lendemain radieux, avant que la quasi-totalité d’entre eux ne soit envoyée vers les camps d’extermination.

En ressortant dans la ruelle pavée bordée par les hauts murs du cimetière, nous retrouvons la vie trépidante des visiteurs et des étals de souvenirs. Les boutiques alignées sous les frondaisons de l’Érable sycomore (Acer pseudoplatanus – Sycamore Maple – Érable sycomore) proposent un artisanat folklorique coloré : marionnettes traditionnelles en bois figurant de facétieuses sorcières (čarodějnice) suspendues à leur balai de paille, sous-bocks rétro vantant la célèbre bière tchèque (České pivo) aux côtés du Chat Noir (Černá kočka), casse-noisettes en bois gravés du Golem et chopes émaillées estampillées « Shalom ».

Informations pratiques et visite : La Synagogue Pinkas (GPS : 50.0894° N, 14.4172° E, Široká 3) est gérée par le Musée Juif de Prague (Židovské muzeum v Praze). Elle est accessible avec le billet combiné du Musée Juif incluant également le Vieux Cimetière Juif, la Synagogue Klausen, la Maison de Cérémonie et les synagogues Maisel et Espagnole (tarif adulte : 500 CZK, soit environ 20 € ; tarif réduit : 350 CZK). Le site est ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00 de deuxièmes avril à octobre (fermeture à 16h30 en hiver), fermé le samedi (Shabbat) et lors des fêtes religieuses juives. Accès très facile par la station de métro Staroměstská (ligne A) ou l’arrêt de tramway Staroměstská. Retrouvez l’ensemble des informations pratiques et des expositions sur www.jewishmuseum.cz, www.prague.eu

La Synagogue Espagnole : faste néo-mauresque, dorures de l’Alhambra et mélodies sacrées à Prague

Un voyage éblouissant au cœur de la plus récente et spectaculaire synagogue du ghetto de Josefov, entre arcs outrepassés, dôme rutilant et mémoire musicale

Au croisement des rues Vězeňská et Dušní, au cœur de l’ancien ghetto juif de Josefov, nous découvrons la magnifique Synagogue Espagnole (Španělská synagoga), sans conteste la plus récente mais aussi la plus somptueuse de la capitale tchèque. Érigée en 1868 selon les plans des architectes Vojtěch Ignác Ullmann et Jan Bělský, elle fut bâtie sur l’emplacement de la Stará škola (« la Vieille École » ou Altschul), la plus ancienne maison de prière de la communauté juive pragoise datant du XIIe siècle. L’édifice doit son nom poétique à sa décoration intérieure féerique d’inspiration néo-mauresque, conçue par Antonín Baum et Bedřich Münzberger, directement influencée par l’architecture arabo-andalouse du palais de l’Alhambra à Grenade.

En franchissant le seuil du sanctuaire, nos yeux sont immédiatement saisis par l’explosion de couleurs, de stucs ciselés et de dorures à la feuille qui recouvrent le moindre centimètre carré des voûtes et des murs. Nous levons le regard vers la voûte centrale et le dôme majestueux, sculptés de rinceaux complexes, d’arabesques orientales et de rosaces géométriques baignées par la lumière douce filtrant à travers les fenêtres à arcs outrepassés. Au fond de la nef se dresse le monumental Aron Kodesh (le Saint Tabernacle), conçu comme un portail de palais oriental dont l’arche cintrée s’ouvre sur une niche d’un bleu nuit profond constellée d’étoiles dorées. Au-dessus du tabernacle, les Tables de la Loi (Luchot HaBrit) sont surmontées d’une rosate en vitrail étincelante où brille l’Étoile de David (Magen David), encadrée par deux grandissimes candélabres en bronze doré aux branches finement ouvragées.

En nous retournant vers la tribune de la galerie supérieure, nous admirons le superbe orgue au buffet sculpté de motifs islamiques et de colonnettes dorées. C’est ici, dans la synagogue précédente qui occupait le site, que le célèbre compositeur František Škroup, auteur de l’hymne national tchèque (Kde domov můj), occupa les fonctions d’organiste de 1836 à 1845, introduisant la musique polyphonique dans le culte réformé. Bastien et Margot observent avec fascination les reflets dorés qui illuminent les balaustrades en fer forgé du déambulatoire, tandis que Nadège contemple la précision du travail des stucateurs du XIXe siècle.

Sur le parvis extérieur, près de la surréaliste statue en bronze dédiée à Franz Kafka créée par le sculpteur Jaroslav Róna, la nature apporte sa touche de sérénité.

Informations pratiques et visite : La Synagogue Espagnole (GPS : 50.0900° N, 14.4211° E, Vězeňská 1) fait partie intégrante du Musée Juif de Prague (Židovské muzeum v Praze). Le billet combiné inclut l’accès à la Synagogue Espagnole, au Vieux Cimetière Juif, aux synagogues Pinkas, Klausen, Maisel et à la Maison de Cérémonie (tarif adulte : 500 CZK, soit environ 20 € ; tarif réduit étudiants/enfants : 350 CZK, environ 14 € ; gratuit pour les moins de 6 ans). Le site est ouvert tous les jours de 9h00 à 18h00 d’avril à octobre (jusqu’à 16h30 de novembre à mars), fermé le samedi (Shabbat) et lors des fêtes religieuses juives. On y accède facilement par la station de métro Staroměstská (ligne A) ou l’arrêt de tramway Právnická fakulta / Staroměstská. Retrouvez l’ensemble des informations sur www.jewishmuseum.cz et www.prague.eu

Pause gourmande et mythique au Lokál Dlouháá : l’alchimie de l’absinthe et des saveurs pragoises

Entre breuvage des poètes, charcuterie fumée au raifort et convivialité tchèque au cœur du quartier de Staré Město

Après la richesse spirituelle et poignante de notre traversée du quartier juif de Josefov, nous nous accordons une halte conviviale et chaleureuse dans la très animée rue Dlouhá. Nous poussons la porte du célèbre Lokál Dlouháá, véritable institution pragoise réputée pour sa longue salle voûtée aux boiseries gravées de silhouettes humoristiques et son ambiance de taverne populaire réinventée. C’est le lieu idéal pour une pause gourmande typique, où la culture de la brasserie tchèque se marie à des traditions de distillerie séculaires.

Sur la table en bois brut, nous entamons cette parenthèse par une dégustation audacieuse : un shot d’absinthe artisanale tchèque, brevage mythique distillé à partir de la célèbre Grande Absinthe. Loin des clichés, cette liqueur dorée aux reflets ambrés dévoile des arômes complexes d’armoise, d’anis et d’plantes de montagne. Accompagnée de son grand verre d’eau fraîche pour adoucir le feu de ses degrés, elle se savoure selon la tradition locale. Bastien porte son petit verre à ses lèvres avec une curiosité amusée, tandis que Nadège savoure sa gorgée avec un grand sourire complice, posant devant le mur décoré de gravures dorées figurant les contours d’une voiture ancienne.

Pour accompagner cette expérience gustative et caler les petits creux de la mi-journée, rien ne vaut les grands classiques de la charcuterie tchèque (k pivu). On nous sert une assiette fumante composée de deux longues saucisses grillées (párky) élaborées à partir de Porc domestique . Croustillantes à souhait, elles sont escortées d’un généreux dôme de Raifort fraîchement râpé, dont le piquant monte délicieusement aux narines, et d’une pointe de Moutarde blanche douce. Ce mariage de saveurs rustiques et authentiques ravit toute la famille, offrant un aperçu gourmand et sociologique du savoir-vivre pragois.

Le restaurant Lokál Dlouháá (GPS : 50.0907° N, 14.4258° E, Dlouhá 33) est ouvert tous les jours de 11h00 à 00h00 (jusqu’à 1h00 du jeudi au samedi). Comptez environ 110 à 180 CZK (environ 4,50 € à 7,50 €) pour les spécialités de saucisses et charcuteries artisanales, et environ 90 à 140 CZK (environ 3,80 € à 5,80 €) pour un verre d’absinthe ou une bière pivo tirée directement des cuves. Accès très rapide depuis la station de métro Naměstí Republiky ou l’arrêt de tramway Dlouhá třída. Retrouvez le menu et les réservations sur www.lokal-dlouha.ambiente.cz, ainsi que nos conseils de visites sur www.prague.eu

La Colline du Château (Hradčany) et Malá Strana jusqu’au Pont Charles

La Ruelle d’Or du Château de Prague : féerie miniature, alchimie et légendes de Zlatá ulička

Du refuge de Franz Kafka aux galeries d’armures médiévales, déambulation dans l’impasse colorée de Hradčany

Nous empruntons le métro pragois pour rejoindre la colline du château et débuter notre exploration par l’accès nord. Après avoir gravi les grands escaliers royaux, depuis l’entrée nord, nous pénétrons au cœur de la ruelle d’or (Zlatá ulička), lovée au pied des murailles septentrionales de la forteresse. L’atmosphère y est immédiatement enchanteresse : sous nos yeux s’aligne un rang poétique de minuscules maisons multicolores aux fenêtres basses et aux portes étroites. Érigées à la fin du XVIe siècle sous le règne de l’empereur Rodolphe II pour loger les vingt-quatre gardes arquebusiers du château, ces habitations miniatures furent réoccupées au XVIIe siècle par la corporation des orfèvres — qui lui léguèrent son nom doré —, ainsi que par des alchimistes travaillant, selon la légende, à la pierre philosophale et à la transmutation des métaux en or.

Au fil de nos pas sur les pavés polis par les siècles, chaque façade nous livre son histoire et son cachet unique. Nous faisons une halte émouvante devant la maison n° 22, vêtue d’un superbe crépi bleu ciel aux encadrements verts : c’est ici que l’écrivain Franz Kafka vint trouver le calme et l’inspiration entre 1916 et 1917 pour y rédiger plusieurs de ses nouvelles. Un peu plus loin, Nadège marque une pause amusée devant la maison n° 21 à la façade couleur saumon abritant une échoppe de cosmétiques traditionnels à la bière tchèque, puis devant la maison n° 20 aux élégants colombages en bois sombre. La déambulation nous conduit devant la coquette maison n° 19 au mur bleu roi et au portillon en bois vert, où Nadège prend la pose près du jardinet fleuri.

En poussant la porte d’une des demeures, nous empruntons un escalier étroit pour monter dans la galerie de défense (Obranná chodba) reliant la tour White à la tour Daliborka. Là, un véritable voyage dans le temps nous attend au milieu des armes et des armures médiévales. Nadège s’arrête avec le sourire aux côtés d’un harnois complet de chevalier en acier bruni, posant la main sur son bouclier frappé d’une lettre gothique. Nous observons de près la minutie des orfèvres du fer, fascinés par un casque de tournoi spectaculaire forgé en forme de bec de rapace aux œillères ajourées et garni de rosettes solaires métalliques. Dans la section adjacente consacrée à la justice seigneuriale, l’ambiance devient plus sombre dans la salle des tortures où s’exposent des instruments d’époque : le fauteuil d’inquisition hérissé de pointes de fer, le chevalet à crémaillères, les masques de honte et les lances lourdes.

De retour dans la ruelle, nous franchissons le seuil de charmantes échoppes d’artisans. Les étagères regorgent de trésors du folklore tchèque, notamment les fameuses marionnettes traditionnelles (loutky). Nos yeux s’attardent sur une joyeuse rangée de sorcières miniatures chevauchant leur balai de paille, coiffées de chapeaux de feutre aux teintes vives — bleu, violet, noir et rose —, ainsi que sur des figures en bois sculpté d’une fabuleuse expressivité représentant des trolls et vieillards légendaires aux visages ridés ornés de fleurs jaunes. En levant les yeux vers les génoises des toitures de tuiles, nous remarquons le vol rapide d’un Moineau domestique  venu chercher sa nourriture dans les interstices des maçonneries anciennes.

Empreinte de mythes et de poésie littéraire, la Ruelle d’Or constitue une étape incontournable de la colline de Hradčany (GPS : 50.0919° N, 14.4039° E). L’accès à la Ruelle d’Or est compris dans le billet combiné « Circuit du Château de Prague » au tarif de 450 CZK par adulte (environ 18 €). À noter que l’accès à la ruelle devient libre et gratuit en fin de journée après la fermeture des intérieurs et des boutiques (à partir de 17h00 en hiver et 18h00 en été). Toutes les informations pratiques et les plans d’accès sont à retrouver sur le site officiel www.hrad.cz.

Traversée souveraine du Château de Prague : des féeries de la Ruelle d’Or aux sommets de Hradčany

Un itinéraire complet de l’entrée nord à l’esplanade Hradčanské Náměstí, entre reliques gothiques, fastes impériaux et vues à coude de souffle

Après avoir arpenté la célèbre Ruelle d’Or et exploré ses minuscules demeures colorées garnies d’armures médiévales et de contes d’alchimie, notre parcours au cœur du complexe impérial du Château de Prague (Pražský hrad) se poursuit vers la Place Saint-Georges. Là, la façade baroque rouge vif de la Basilique Saint-Georges (Bazilika svatého Jiří) se dresse fièrement entre ses deux clochers romans en pierre claire, nous ouvrant la voie vers le chef-d’œuvre absolu du domaine : la majestueuse Cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta, Václava a Vojtěcha).

Splendeurs de la Basilique Saint-Georges et trésors du Château de Prague : des tours romanes aux palais de Hradčany

Un parcours guidé à travers dix siècles d’histoire, de façades somptueuses et de panoramas célestes sur la cité aux cent clochers

Après avoir arpenté les pavés poétiques de la Ruelle d’Or et admiré ses minuscules demeures colorées, notre promenade au cœur de la forteresse seigneuriale du Château de Prague (Pražský hrad) nous mène directement sur la Place Saint-Georges. Là, une atmosphère de profonde sérénité nous enveloppe devant la Basilique Saint-Georges (Bazilika svatého Jiří), dont la remarquable façade baroque rouge brique et rose pâle capte la lumière du soleil. Fondée vers 920 par le duc Vratislav Ier, elle demeure l’un des sanctuaires romans les plus anciens et les mieux préservés de la capitale tchèque. Gravement endommagée par un incendie dévastateur en 1142, l’église fut rebâtie au XIIe siècle dans un style roman épuré, avant de recevoir à la fin du XVIIe siècle son élégant fronton baroque plaqué sur l’élévation d’origine.

En observant l’extérieur, nos yeux s’attardent sur le bas-relief sculpté du fronton figurant Saint Georges à cheval terrassant le dragon, ainsi que sur les deux impressionnants clochers romans jumeaux en calcaire de Opocno qui s’élèvent en arrière-plan. La tour nord, plus étroite, est surnommée « Ève », tandis que la tour sud, plus imposante, porte le nom d’« Adam ». Adossée sur le flanc droit de l’édifice, la charmante Chapelle Saint-Jean-Népomucène ajoute sa touche baroque avec son dôme octogonal vert-de-gris.

Derrière la façade colorée, l’intérieur révèle un contraste saisissant : une nef romane d’une grande sobriété, bâtie en dalles de calcaire clair qui baignent les travées d’une tranquillité contemplative. Le sanctuaire abrite les sépultures royales des premiers princes de la dynastie des Přemyslides, ainsi que les précieuses reliques de sainte Ludmila de Bohême (Svatá Ludmila), grand-mère du duc Venceslas Ier et première sainte patronne du royaume.

La grande traversée de la Cathédrale Saint-Guy : du trésor des rois de Bohême aux vertiges de Hradčany

Un voyage complet à travers mille ans d’art, d’architecture gothique, de reliques sacrées et de panoramas célestes

C’est avec une émotion palpable que nous franchissons les portes de la troisième cour du château de Prague pour entreprendre la visite complète de la majestueuse cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta, Václava a Vojtěcha). Devant nous, la façade sud déploie toute sa splendeur sous la coupe de la Grande Tour campanile. Nos yeux s’élèvent vers son sommet couronné d’un dôme baroque vert-de-gris, arborant ses deux cadrans d’horloge astronomique et sa balustrade dorée. En contrebas, la façade extérieure abrite la célèbre Porte d’Or (Zlatá brána), autrefois entrée solennelle des cortèges de couronnement, dont les trois arceaux ogivaux sont surmontés par la Mosaïque du Jugement Dernier. Réalisée au XIVe siècle par des maîtres verriers vénitiens, cette œuvre aux tesselles dorées fait scintiller le Christ en majesté entouré des saints patrons tchèques et des âmes ressuscitées. Sur le mur extérieur adjacent, un somptueux monument sculpté encadré d’une grille en fer forgé retrace le martyre de Saint Jean Népomucène, figure drapée ceinte de son emblématique auréole à cinq étoiles dorées et veillée par des anges. En observant les élévations en grès, nous admirons le jeu complexe des arcs-boutants et des contreforts — dont certains arborent des échafaudages de restauration — hérissés de pinnacles et d’une incroyable galerie de gargouilles. Ces créatures grotesques, démons grimaçants et figures humanoïdes aux gueules béantes façonnées pour évacuer les eaux de pluie, servent de perchoirs privilégiés au Choucas des tours  qui anime le ciel de la colline.

En franchissant le narthex, la fraîcheur de la pierre séculaire nous enveloppe tandis que la nef principale s’ouvre sous nos yeux dans une perspective étourdissante. Nous nous souvenons qu’au Xe siècle, vers 925, le duc Venceslas Ier fit ériger ici une première rotonde romane pour conserver les reliques de saint Vit. Un siècle plus tard, le prince Spytihněv II la remplaça par une vaste basilique à deux chœurs longue de soixante-dix mètres. C’est en 1344, sous l’impulsion du roi Jean de Luxembourg et de son fils Charles IV, que la cathédrale gothique actuelle vit le jour sous la direction de l’architecte français Mathieu d’Arras. À sa mort en 1352, le jeune maître maçon allemand Peter Parler reprit le chantier, imaginant ces voûtes réticulées novatrices qui s’élancent à plus de trente-trois mètres de hauteur. En parcourant la nef, nous observons au niveau du triforium les armoiries peintes des provinces de la couronne de Bohème, ainsi que les ajouts néo-gothiques ciselés par Josef Mocker et Kamil Hilbert lors de l’achèvement du sanctuaire au XIXe siècle.

Le mobilier intérieur regorge de sculptures fascinantes adossées aux piliers. Nous nous arrêtons devant une statue en bois polychrome d’un personnage tenant la palme du martyre, puis devant une étonnante sculpture expressive représentant un personnage vêtu d’un pourpoint, d’un foulard et d’une culotte rouge, tendant une veilleuse suspendue au verre bordeaux. Un peu plus loin, la chaire à prêcher baroque impose son élégance : sa cuve en bois finement sculpté et doré est ornée de portraits peints des Évangélistes, couronnée d’un abat-voix ouvragé où trônent des anges et la figure du Christ ressuscité, se détachant parfaitement devant une haute verrière gothique. Dans les bas-côtés, d’autres monuments captivent notre attention, à l’image du tombeau du comte Leopold Schlik : au pied d’un obélisque en marbre rouge orné d’un médaillon, un puissant lion en marbre blanc repose fièrement en serrant une épée, entouré de statues allégoriques et surmonté d’un ange embouchant la trompette de la Renommée.

Notre déambulation à travers les chapelles latérales nous dévoile une profusion d’autels d’une richesse inouïe. Nous admirons un retable polyptique gothique en bois doré dont la niche centrale abrite la scène sculptée de la Visitation encadrée de panneaux peints, ainsi qu’un autel baroque aux colonnes rouge et or précédé d’une monstrance en forme d’étoile dorée. Les vitraux projetant leurs reflets bleus, rouges et jaunes sur les dalles sont complétés par d’admirables Mosaïques intérieures, à l’image de cette représentation lumineuse du Baptême du Christ dans le Jourdain par Saint Jean-Baptiste, surmontée de la colombe du Saint-Esprit rayonnant d’or. Derrière une élégante grille en fer forgé, nous apercevons le Mausolée Royal en marbre blanc où reposent l’empereur Ferdinand Ier et son épouse Anne Jagiellon. En poursuivant vers le chœur, notre regard est attiré par le balcon de l’Oratoire Royal, chef-d’œuvre du gothique tardif arborant un décor sculpté de branches entrelacées (astwerk) et d’écussons héraldiques.

C’est au cœur du déambulatoire que se dresse le sépulcre monumental de Saint Jean Népomucène (Svatý Jan Nepomucký), exécuté en 1736 en argent massif par Johann Joseph Würth sur les plans de Fischer von Erlach. Sous un immense baldaquin princier en velours pourpre bordé de franges dorées, des anges d’argent massif fixés aux piliers de pierre semblent voler en pleine travée pour maintenir les draperies. Au sommet du sarcophage argenté sculpté de bas-reliefs, la statue du saint s’agenouille en prière, tenant sa croix sous une auréole à cinq étoiles. Sous le coffre, des chérubins soutiennent de lourdes guirlandes argentées sculptées de roses et de passionflowers, entourés de vases rococo étincelants d’où jaillissent des flammes dorées.

Nous terminons l’exploration du rez-de-chaussée par la célèbre Chapelle Saint-Venceslas (Svatováclavská kaple), sanctuaire intime conçu par Peter Parler. Sous un lustre circulaire en bronze doré suspendu aux voûtes, les murs étincellent de plus de 1300 pierres semi-précieuses de Bohème — jaspes couleur lie-de-vin, agates et chrysoprases — incrustées dans des stucs dorés. Au-dessus, des fresques du XIVe siècle retracent la Passion du Christ et la vie du prince Venceslas, gardé par sa statue polychrome en pierre. Le tombeau du saint patron repose au centre, recouvert d’une étoffe de soie rouge et or posée sur un socle de jaspes orné d’un médaillon d’ange en bronze.

 

Pour couronner cette immersion, nous entreprenons l’ascension des 287 marches en colimaçon de la Grande Tour Sud. Arrivés au sommet du balcon extérieur, le souffle coupé, nous embrassons un panorama à 360° d’une beauté saisissante. Au premier plan, nous dominons le girouette en cuivre oxydé vert en forme de coq qui coiffe les chéneaux gothiques de la cathédrale. En contrebas, nos yeux plongent directement sur la Place Saint-Georges et la Basilique Saint-Georges (Bazilika svatého Jiří), reconnaissable à sa façade baroque rouge vif encadrée par ses deux clochers romans en pierre blanche. Plus loin, au milieu de l’océan de toits de tuiles rouges de Malá Strana, la façade et le dôme majestueux de l’Église Saint-Nicolas (Kostel svatého Mikuláše) se détachent avec élégance. Au-delà, la Vltava sinueuse et ses ponts historiques traversent la capitale tchèque sous un ciel lumineux, clôturant notre visite dans un enchantement inoubliable.

Située dans la IIIe Cour du Château de Prague (GPS : 50.0909° N, 14.4005° E), la cathédrale Saint-Guy se visite via le billet combiné « Circuit du Château de Prague » au tarif de 450 CZK par adulte (environ 18 €). L’accès à la galerie panoramique de la Tour Sud fait l’objet d’un billet complémentaire de 200 CZK (environ 8 €). Le monument accueille les visiteurs du lundi au samedi de 9h00 à 17h00 (16h00 en hiver) et le dimanche de 12h00 à 17h00. Retrouvez tous les détails pratiques et le calendrier des célébrations sur le site officiel www.katedralasvatehovita.cz.

Splendeurs de Malá Strana : de la colline du Château au Pont Charles, itinéraire au cœur du baroque pragois

Flânerie poétique, historique et naturaliste à travers les palais princiers, les sanctuaires séculaires et les berges romantiques de la Vltava

Au départ des hauteurs historiques du Château de Prague (Pražský hrad), notre itinéraire à travers le quartier féerique de Malá Strana (« le Petit Côté ») s’amorce par une descente progressive le long des artères emblématiques, depuis la légendaire rue Nerudova jusqu’à l’effervescence baroque de la place Malostranské náměstí. Nous gagnons ensuite les havres de verdure des Jardins Wallenstein et le cadre bucolique de l’île de Kampa bordée par le canal Čertovka, pour finir notre promenade sur les pavés séculaires du Pont Charles (Karlův most) au soleil couchant.En quittant la place du Château (Hradčanské náměstí), nous amorçons la descente de la colline du château en empruntant la célèbre rue Nerudova (Nerudova ulice), dont les pavés anciens résonnent sous nos pas comme un écho des siècles passés. À chaque fenêtre, chaque enseigne sculptée nous raconte une histoire : cette maison à colombages cacha jadis une cave gothique, là-bas un balcon baroque servit de coulisses aux intrigues seigneuriales. C’est le long de cette voie royale, ancienne section de la Voie Couronnée empruntée par les cortèges royaux gravissant les marches escortés par trompettes et clameurs populaires, que s’alignent palais princiers baroques et demeures nobles aux façades pastel tirant sur l’ocre, le rose poudre et le vert amande.

En observing la perspective à travers l’arche ogivale de la Tour de la Cité de Malá Strana, la foule s’engouffre dans cette artère pavée qui s’élève doucement. Au sommet des marches, la statue baroque de Saint Jean Népomucène dresse son crucifix au-dessus des véhicules garés et des promeneurs admirant le panorama plongeant sur les toitures terracotta de Malá Strana, la Vltava et la silhouette lointaine de la tour de télévision de Žižkov. Avant l’introduction de la numérotation des rues par l’impératrice Marie-Thérèse au XVIIIe siècle, chaque demeure se distinguait par un symbole sculpté au-dessus de sa porte. Le premier édifice marquant arbore fièrement ses deux soleils dorés : c’est la Maison « À deux soleils » (U Dvou slunců) où vécut Jan Neruda, poète dont les vers ont fait vibrer les salons tchèques du XIXe siècle. Nous admirons également la Maison « À l’Aigle rouge » (U Červeného orla) et la Maison « Au Lion rouge » (U Červeného lva).

Les palais aristocratiques rivalisent d’élégance : le Palais Kolovrat étale sa vaste façade Renaissance — aujourd’hui résidence de l’ambassade d’Italie — avec son portail gardé par d’imposants aigles sculptés et ses balcons en fer forgé où flottent les drapeaux italien et européen. À l’angle suivant, la Maison Valkoun nous attire par ses volutes de pierre rebâties en 1705 par le grand maître Jan Blažej Santini-Aichel, conservant sous ses combles une voûte en étoile unique à Prague. Le Palais Kinsky nous séduit par ses lignes classiques restaurées après 1683 où chaque pilastre et fronton sculpté honore le rang de ses anciens occupants, tandis que le Palais Thun et le Palais Morzin déploient leurs atlas et cariatides monumentales. En poursuivant la descente, la rue se rafraîchit à l’approche de l’église Notre-Dame de Constantinople et Saint-Kajetán, dont le clocher élancé (peut-être œuvre de Matthäus Eben Mathey) nous guide vers le silence sacré de ses voûtes trouées de vitraux somptueux et de candélabres en fer forgé.

La rue Nerudova déroule un kaléidoscope de tons vifs et nous laissons surprendre par de petits salons d’artisans où s’étalent dentelles, céramiques, marionnettes (loutky) et livres anciens. Devant les devantures des boutiques et des théâtres d’art, d’étonnantes créations captivent les passants, à l’image d’une imposante sorcière sculptée coiffée de son balai accrochée à une chaise en bois. En poussant la porte d’un atelier secret, nous pénétrons dans l’univers féerique des marionnettes où, suspendus par leurs fils de nylon, de délicats dragons ailés aux écailles sombres, des squelettes grimaçants, des diablotins, des anges et des rois en habits de velours semblent s’animer. Les porches voûtés des restaurants traditionnels comme le U Laury ouvrent leurs cours intérieures fleuries et leurs arcades en pierre, accueillant les gourmands avec le parfum sucré du trdelník cuit au feu de bois. Nous nous accordons une halte rafraîchissante dans la cour ombragée d’un établissement au calme de la rue : installée confortablement sur la terrasse en bois entourée de verdure, Nadège savoure avec un grand sourire un délicieux cocktail fruité et glacé garni d’une tranche d’Oranger doux.

Malostranské náměstí

Alors que la pente s’adoucit, nous débouchons sur la vaste esplanade pavée de Malostranské náměstí(place de Malá Strana), où chaque dalle blonde raconte un siècle d’histoire. Autour de nous, les façades bariolées des palais dialoguent entre gothique tardif, Renaissance et baroque flamboyant : au nord, la silhouette élégante du palais Sternberg, coiffé de son portail chantourné, contraste avec la sobriété classique de la maison U Krásného kříže, le palais Kaiserstein (Kaiserštejnský palác) et les demeures historiques dévoilant leurs arcades voûtées illuminées et leurs oriels d’angle à bow-window (arkýř).

 

Au centre de la place, la Colonne de la Peste (Column of the Holy Trinity) s’élève en sentinelle sculptée érigée en 1713 par la Vierge Marie pour avoir épargné Prague de la grande épidémie. Nos yeux s’élèvent le long de son obélisque en marbre couronné par l’Œil de la Providence doré et le Saint-Esprit rayonnant : au pied du monument, les statues saintes de Roch, Sébastien et Charles Borromée se détachent fièrement. On dit que tout cheminant posant la main sur son socle recevra protection contre les maladies.

Lors des événements historiques ou des commémorations, les places du quartier accueillent des rassemblements passionnants de véhicules militaires américains de la Seconde Guerre mondiale, où des passionnés en uniformes d’époque exposent de superbes Jeeps Willys MB rutilantes pavoisées de drapeaux américains et arborant des plaques commémoratives du débarquement de Normandie (« 6.6.1944 D-Day »).

L’Écrin baroque de l’Église Saint-Nicolas

Au cœur de la place Malostranské náměstí se dresse la majestueuse Église Saint-Nicolas (Kostel svatého Mikuláše), chef-d’œuvre absolu du « baroque radical » en Bohême. Succédant dès 1673 à un édifice gothique du XIIIe siècle confié aux Jésuites après la bataille de la Montagne Blanche et dédié à saint Nicolas de Myre, sa construction fut initiée en 1703 sur les plans de Giovanni Domenico Orsi, posée par Christoph Dientzenhofer puis achevée entre 1737 et 1752 par son fils Kilian Ignaz Dientzenhofer. Son dôme vert-de-gris de vingt mètres de diamètre et son clocher sombre de 65 mètres — établi en 1755 par Anselmo Lurago — fut tour à tour beffroi, poste de surveillance pour la police secrète communiste afin d’épier les ambassades occidentales, et belvédère panoramique.

En franchissant le portail, la grandeur monumentale et la théâtralité de l’intérieur nous coupent le souffle.

La nef à trois vaisseaux se déploie sous un système de voûtes elliptiques et d’arcs-boutants intérieurs créant un mouvement permanent des volumes. L’allée centrale, dallée de grands marbres géométriques sombres et clairs, s’étire entre de doubles rangées de prie-Dieu en bois massif où s’inclinent les visiteurs dans le silence. De part et d’autre, de puissants piliers habillés de stuc-marbre rosé soutiennent des cornichements ondulants couronnés de capitaux corinthiens généreusement dorés à la feuille.

En levant le regard vers la voûte de la nef, nous sommes saisis par la gigantesque fresque en trompe-l’œil (quadratura) peinte entre 1760 et 1770 par Jan Lukáš Kracker. Couvrant près de 1 500 m², cette composition théâtrale retrace la vie et les miracles de saint Nicolas, faisant s’ouvrir le plafond sur des architectures fictives peuplées d’anges, de saints et de figures Célestes se découpant sur des ciels vaporeux.

Le long des allées latérales, de somptueuses chapelles abritent des autels secondaires richement sculptés, dominés par des retables de marbre rosé et des tableaux votifs encadrés de colonnes galbées et de statues dorées d’anges adorateurs. Contre les piliers de la nef s’élèvent les statues colossales des Pères de l’Église. Notre attention est captivée par la sculpture monumentale de Saint Cyrille d’Alexandrie (S. Cyrilli Alexandrini), œuvre magistrale en stuc blanc par František Ignác Platzer : le saint évêque, drapé dans une chasuble aux bordures brodées d’or et coiffé de sa mitre, brandit sa crosse pastorale tout en terrassant l’hérésie de son pied, tandis qu’un délicat chérubin soutient à ses côtés le livre ouvert de la doctrine divine.

Dans le chœur, le maître-autel monumental conçu par Kilian Ignaz Dientzenhofer constitue le point d’orgue de la dramaturgie sacrée. Dominé par la statue dorée à la feuille de saint Nicolas bénissant les fidèles sous un baldaquin rococo, il est encadré par des colonnes galbées en faux marbre et par les statues colossales en stuc et marbre sculptées par František Ignác Platzer. À gauche de l’autel, la statue dynamique de Saint Ignace de Loyola brandit le monogramme du Christ rayonnant au-dessus d’une figure terrassée, tandis qu’à droite s’élève la statue de Saint Basile, remarquable par la puissance expressive de ses traits et la finesse de son habit d’évêque à bordures d’or.

Sur le flanc gauche de la nef, la chaire à prêcher baroque attribuée aux sculpteurs Richard et Peter Prachner s’impose comme une véritable prouesse de rocaille. Façonnée en stuc-marbre rosé, elle est entièrement surchargée d’ornements dorés, de rinceaux, de putti ailés jouant avec des symboles sacrés et de statues figurant les vertus théologales se détachant sous l’abat-voix monumental.

En nous retournant vers la tribune du fond de l’église, la lumière traverse une haute baie cintrée pour illuminer le grand orgue historique du XVIIIe siècle. Cet instrument d’exception aux plus de 4 000 tuyaux repose sur une balustrade galbée en marbre rosé. Son buffet en bois blanc et or est couronné d’une nuée spectaculaire de statues d’anges dorés jouant de la trompette, de la harpe et de la flûte. C’est sur cet orgue emblématique que Wolfgang Amadeus Mozart fit résonner ses doigts en 1787 pour interpréter sa Messe en ut lors de son séjour pragois.

Le regard s’élève enfin vers le centre de l’édifice pour s’enfoncer dans la vertigineuse coupole de vingt mètres de diamètre. Éclairé par la couronne de fenêtres du tambour, le dôme accueille la gigantesque fresque céleste peinte par František Xaver Palko, figurant la Célébration de la Trinité et l’apothéose de saint Nicolas dans un ciel pastel où s’élèvent Saint François Xavier et Saint Ignace de Loyola au milieu de chérubins. En gravissant les 215 marches menant à la galerie du clocher, nous dominons Malá Strana, le Pont Charles et la Vltava. 

Informations pratiques et visite : L’Église Saint-Nicolas (Kostel svatého Mikuláše, GPS : 50.0883° N, 14.4042° E) est située sur la place Malostranské náměstí. L’accès à l’église est payant (tarif adulte : 130 CZK, soit environ 5,50 € ; tarif réduit : 80 CZK). L’accès à la Tour du clocher fait l’objet d’un billet séparé (190 CZK, soit environ 8 €). L’édifice est ouvert aux visiteurs tous les jours de 9h00 à 17h00 (jusqu’à 16h00 de novembre à février). Des concerts d’orgue y sont régulièrement organisés en fin d’après-midi. Retrouvez l’ensemble de la programmation et des informations historiques sur le site officiel : www.stnicholas.cz et www.prague.eu.

En quittant l’ombre de l’église, nos pas nous mènent devant la statue de Jean Hus. Selon la rumeur, les étudiants en quête de réussite académique caressent la main levée du réformateur avant un examen, ou glissent une pièce dans la fente du piédestal. Les cafés en terrasse occupent les bords de la place, invitant par le parfum du café turc. En quittant la place par la ruelle discrète nommé Tomášská aux portes de bois cloutées et lanternes gothiques où logèrent autrefois les chevaliers de l’ordre des Jésuites, nous gagnons les Jardins Wallenstein (Valdštejnská zahrada). Créeés entre 1623 et 1629 à la demande du général Albrecht von Wallenstein, ces magnifiques jardins baroques déploient une disposition géométrique offrant une vue perspective sur le château. Au milieu des parterres en fleurs, des pommiers d’ornement et des cerisiers de Bohème en cascades roses et blanches où Nadège prend la pose avec un tendre sourire, nous admirons la grande fontaine centrale aux statues de bronze des divinités grecques et romaines, les grottes artificielles (grotte) aux cascades et étangs, ainsi que la monumentale sala terrena à trois arcades. Un majestueux Paon bleu (Pavo cristatus – Indian Peafowl – Paon bleu) se promène en toute liberté, déployant l’intégralité de son éventail dans une roue spectaculaire aux ocelles vert-émeraude.

Nous regagnons ensuite l’île de Kampa, véritable havre de paix bordé par la Vltava et le ruisseau Čertovka (le Canal du Diable). Nous admirons le célèbre Moulin du Grand Prieur (Velkopřevorský mlýn) dont la lourde roue à aubes en bois sombre tourne lentement au-dessus du courant, reflétant les façades pastel jaune, ocre et bleu ciel. Sur le canal, une statue en bois peinte intrigue les passants : le Vodník (ou Kabourek), l’esprit des eaux du folklore tchèque, pipe au bec et chapeau rouge. Au fil de l’eau calme sous les branches d’un Marronnier d’Inde en fleurs, glisse un groupe de Canards colverts 

En déambulant dans Kampa Park, nous admirons le pavillon du restaurant Kampa Park réputé pour sa terrasse au bord de l’eau. Poursuivant dans une ruelle discrète ouvrant sur la place Velkopřevorské náměstí, nous débouchons devant le Mur John Lennon (Lennonova zeď). Recouvert depuis les années 1980 de graffitis colorés, de poèmes, de portraits du chanteur des Beatles et de messages de paix (« Don’t sell your dreams », « Life is short, war is long »), il arbore des moulages de visages en relief et des mosaïques dorées. Nadège pose tout sourire devant cette œuvre vivante. À côté, le John Lennon Pub arbore sur sa façade claire un grand portrait de l’artiste et un sous-marin jaune (Yellow Submarine) sculpté au-dessus de la porte.

Un peu plus au nord, dans la cour du Musée Franz Kafka (Hergetova cihelna), se dresse l’installation Piss de David Černý figurant deux statues d’homme en bronze pissant dans un bassin en forme de carte de la République tchèque. Enfin, nous gagnons la plage sablonneuse de Cihelná. Dans l’eau, le superbe Cygne tuberculé (Cygnus olor – Mute Swan – Cygne tuberculé) s’avance doucement vers la berge, Scellant un moment de complicité avec Nadège qui lui tend la main, entourée de Pigeons bisets

Notre parcours s’achève aux Tours du pont de Malá Strana (Malostranské mostecké věže), composées de la Tour de Judith (Juditina věž) et de la haute tour gothique (Vyšší mostecká věž) reliées par un porche ogival.

En nous engageant sur le Pont Charles (Karlův most), des artistes de rue animent la traversée, à l’image d’un homme-orchestre jouant du banjo et des cuivres au-dessus du fleuve. Depuis la passerelle de Novotného lávka au coucher du soleil, les rayons embrasent le ciel d’or et de cuivre, découpant la silhouette du Château de Prague, de la Cathédrale Saint-Guy et de l’Église Saint-Nicolas. Au pied des arches, les brise-glace en bois (ledolamy) protègent les piles en pierre.

Nous nous installons à la terrasse suspendue au-dessus du fleuve pour savourer ce panorama grandiose, bercés par le murmure de la Vltava et la poésie intemporelle de Malá Strana.

Pour organiser votre visite : Malá Strana, la rue Nerudova, la place Malostranské náměstí (GPS : 50.0883° N, 14.4042° E), le Mur John Lennon (GPS : 50.0862° N, 14.4068° E) et le Pont Charles sont libres d’accès 24h/24. L’entrée à l’Église Saint-Nicolas s’effectue au tarif de 130 CZK par adulte (environ 5,50 €) et l’accès à son clocher à 190 CZK (environ 8 €), ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00 (16h00 en hiver). Les Jardins Wallenstein (GPS : 50.0898° N, 14.4061° E) sont accessibles gratuitement d’avril à octobre de 7h30 à 18h00. Plus d’informations sur www.stnicholas.cz, www.kafkamuseum.cz et www.prague.eu.

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Le Pont Charles et la Tour de la Vieille Ville : panorama d’exception sur les toits et clochers de Prague

Du sommet gothique de la Staroměstská mostecká věž aux méandres de la Vltava, une envolée spectaculaire sur la cité des cent clochers

Nous marchons sur les pavés luisants du pont Charles, portés par l’histoire et le murmure de la Vltava. Il suffit de poser un pied sur cette passerelle de pierre pour ressentir le poids des siècles et le souffle des légendes. Chaque pas nous rapproche d’un autre temps, où Prague n’était encore qu’un rêve impérial tissé par Charles IV. Ce roi visionnaire ordonna sa construction en 1357, à une date choisie avec soin — le 9 juillet à 5 h 31 précisément — formant une suite numérologique cabalistiquement ascendante puis descendante (1-3-5-7-9-7-5-3-1) censée garantir la solidité éternelle de l’édifice. Et solide, il l’est ! Plus de 500 mètres de long (516 mètres exactement pour près de 10 mètres de large), des pierres de grès noircies par les siècles, dix-sept arches monumentales et un alignement parfait sur les anciens axes royaux reliant la Vieille Ville (Staré Město) au quartier féerique de Malá Strana. Les légendes racontent que des milliers d’œufs venus de toute la Bohême furent incorporés au mortier de chaux, pour lui donner sa résistance presque surnaturelle. Certaines régions, dit-on avec humour, envoyèrent même du fromage blanc et du lait, croyant mal comprendre la demande royale.

Mais ce qui fait battre le cœur du Pont Charles, ce sont ses statues. Trente d’entre elles, dressées comme autant de sentinelles baroques, veillent sur les passants. Saint Jean Népomucène (Svatý Jan Nepomucký), le plus célèbre, se tient là, bras ouverts avec sa couronne à cinq étoiles dorées, muet témoin de son propre martyre, jeté dans la Vltava depuis ce même pont en 1393 sur ordre du roi Wenceslas IV. On raconte que toucher son effigie porte chance, et les doigts effleurent l’image de bronze polie de ses miracles comme une promesse silencieuse. Un autre groupe d’exception retient toute notre attention : le Calvaire (Svatý Kříž ou Sainte Croix), dominé par un monumental crucifix en bronze du XVIIe siècle surmonté d’inscriptions hébraïques dorées (« Kadosh, Kadosh, Kadosh »). Nadège prend la pose avec un tendre sourire devant le socle en marbre rosé gardé par la Vierge Marie et Saint Jean, baigné par la clarté printanière.

La foule ne cesse jamais vraiment — musiciens de rue comme cet homme-orchestre facétieux jouant du banjo et des trompettes, peintres croquant la silhouette du Château de Prague, marchands de souvenirs, photographes — et pourtant, au cœur de l’agitation, le Pont Charles sait rester un havre poétique. Il suffit de s’y promener à l’aube, alors que la brume s’élève au-dessus de la rivière, ou tard dans la nuit et au coucher du soleil, quand les réverbères projettent leurs halos dorés sur les statues figées. Dans ces instants-là, Prague semble nous appartenir tout entière. Depuis le parapet, le regard embrasse les silhouettes majestueuses du Château de Prague (Pražský hrad), des flèches acérées de la Cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta) et de la dôme vert-de-gris de l’Église Saint-Nicolas (Kostel svatého Mikuláše). Au pied des maçonneries, nous admirons les imposants brise-glace en bois (ledolamy), d’astucieuses charpentes inclinées face au courant pour protéger le pont lors des dégelés printaniers.

Autour du pont, les ruelles de la Vieille Ville et de Malá Strana s’animent. Les façades colorées ocre, pastel et jaune soleil se reflètent dans l’eau calme de la Vltava, les clochers émergent entre les toits d’ardoise et de tuiles terracotta, et les frondaisons du Marronnier d’Inde  déploient leurs grappes florales au-dessus des quais. Sur le miroir d’eau retenu par le seuil de régulation (jez), la faune aviaire aquatique apporte une touche de poésie naturelle. Le majestueux Cygne tuberculé glisse lentement sous les arches médiévales, indifférent aux embarcations de promenade, tandis que le Canard colvert  et la virevoltante Mouette rieuse rasent la surface. Sur les rochers proches du canal Čertovka, il n’est pas rare d’apercevoir un Héron cendré  immobile, comme s’il savait qu’ici même les animaux savourent la douceur du lieu. Dans les hauteurs de la tour, le Choucas des tours côtoie le bondissant Moineau domestique   sautillant sur les balustrades.

Depuis l’une des deux tours qui encadrent le pont, notamment la Tour du pont de la Vieille Ville (Staroměstská mostecká věž), chef-d’œuvre gothique édifié par Peter Parler, la vue est imprenable. Pour quelques couronnes, on grimpe un escalier étroit de 138 marches jusqu’à une terrasse suspendue au-dessus de la ville. Là-haut, le panorama s’ouvre à 360° sur tout Prague : la place des Croisés (Křižovnické náměstí) dominée par le Monument à Charles IV (Pomník Karla IV.) et l’Église Saint-François-d’Assise, les toits du Clementinum, la passerelle de Novotného lávka bordée par la Tour d’eau (Staroměstská vodárenská věž) et le Musée Bedřich Smetana, les coupoles de Malá Strana, et le ruban argenté de la Vltava qui serpente élégamment entre les rives.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse grand soleil, qu’on l’arpente seul ou entouré de badauds, le Pont Charles touche quelque chose d’intime. Il relie bien plus que deux quartiers : il unit l’histoire à la beauté, la pierre à la légende, et nous à Prague.

Informations pratiques et visite : Le Pont Charles (Karlův most, GPS : 50.0865° N, 14.4114° E) est entièrement piéton et accessible gratuitement 24h/24. L’accès aux galeries panoramiques de la Tour du pont de la Vieille Ville (Staroměstská mostecká věž) et des Tours du pont de Malá Strana (Malostranské mostecké věže) est payant (tarif adulte : 190 CZK par tour, soit environ 8 € ; tarif réduit : 130 CZK ; ouvert tous les jours de 10h00 à 18h00 en hiver et jusqu’à 22h00 d’avril à septembre). Retrouvez l’ensemble des informations historiques et l’agenda culturel sur www.prague.eu et www.praguecitytourism.cz.

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Croisière au fil de la Vltava : féerie crépusculaire entre ponts séculaires et palais pragois

Du clapotis des eaux sombres au miroir doré de la capitale, une immersion romantique, historique et naturaliste au cœur de Prague

Le bateau glisse doucement sur les eaux sombres de la Vltava, et très vite, le tumulte de la ville semble s’effacer derrière nous. Assis à l’avant, le vent frais nous caresse le visage tandis que les premières lumières du soir commencent à danser sur la surface du fleuve. Le ciel rosit lentement, puis devient ambre, puis violet. Prague se dévoile, comme dans un rêve, depuis ce point de vue unique, flottant entre ciel et eau

À bâbord, le majestueux Château de Prague (Pražský hrad) surgit au sommet de sa colline, imposant et tranquille, étalant ses façades palatiales au-dessus des toits rouges de Malá Strana et des berges de la brique de Herget. Son reflet ondule dans le fleuve, comme un écho d’un autre temps, tandis que les flèches d’allure gothique de la Cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta) et les clochers romans de la basilique Saint-Georges percent le ciel doré. À tribord, les façades baroques, néo-Renaissance et Art nouveau se succèdent, baignées dans une lumière chaude.

Au bord de la Vltava, sur la vaste place Náměstí Jana Palacha, nous admirons l’élégance souveraine du Rudolfinum, chef-d’œuvre incontesté de la néo-Renaissance tchèque conçu par les illustres architectes Josef Zítek et Josef Schulz. Inauguré en 1885 et nommé en l’honneur du prince héritier Rudolf d’Autriche, ce palais de la culture et des arts abrite aujourd’hui l’Orchestre philharmonique tchèque (Česká filharmonie) dans la prestigieuse salle Dvořák (Dvořákova síň). En observant le monument depuis les allées de la place, nos yeux embrassent la façade monumentale rythmée par ses colonnades, ses balustrades sommitales couronnées de statues de grands compositeurs européens et ses lanternes en bronze raffinées. Devant le grand escalier d’honneur, la statue en bronze du compositeur Antonín Dvořák (Pomník Antonína Dvořáka) semble veiller sur les jardins soigneusement entretenus, bordés par d’imposantes haies taillées de Troène commun (Ligustrum vulgare – Common Privet – Troène commun) d’un vert éclatant sous le ciel printanier.

Bordant le parvis du Rudolfinum, le pont Mánes (Mánesův most), édifié au début du XXe siècle en style néo-classique et Art nouveau avec ses relief de pêcheurs sculptés, offre une traversée poétique de la Vltava en direction des jardins du château. En prolongeant notre balade le long de la berge vers le sud, nous rejoignons le promontoire romantique de Novotného lávka qui avance directement sur les eaux argentées du fleuve. Là, posé comme un écrin au-dessus de la rivière, se dresse le bâtiment ouvragé du Musée Bedřich Smetana (Muzeum Bedřicha Smetany). Installé dans une ancienne station de pompage d’eau de style néo-Renaissance, l’édifice captive le regard par ses magnifiques décors en sgraffite exécutés par Mikoláš Aleš et František Ženíšek, célébrant les grands épisodes de l’histoire tchèque et les batailles médiévales. Accolé à la haute silhouette de l’ancienne tour d’eau de la Vieille Ville (Staroměstská vodárenská věž), le musée offre depuis sa terrasse un panorama spectaculaire sur les arches du Pont Charles et la Colline du Château.

Un peu plus loin, le dôme vert et les flèches élégantes de l’église Saint-Nicolas dominent le quartier de Malá Strana, et le Théâtre national (Národní divadlo), tout de doré vêtu, surgit à son tour, flottant sur sa rive comme un palais de contes. Nous passons sous le Pont Charles (Karlův most). Le clapotis de l’eau s’intensifie alors que le courant franchit le seuil de régulation et son堰 (jez), et notre regard se lève vers ses arches de pierre chargées d’histoire et vers la puissante Tour de la Vieille Ville (Staroměstská mostecká věž). Les statues silencieuses nous observent depuis le haut du pont, comme les gardiens d’un autre monde. Tout autour, les passants s’attardent, les musiciens jouent, mais nous, nous filons.

Le bateau s’éloigne lentement, laissant derrière lui les bruits et les voix. Sur la droite, le petit canal de Čertovka s’ouvre, avec ses moulins anciens et ses maisons serrées, comme un coin caché de Venise. L’île de Kampa s’étire, paisible, avec ses arbres, ses sculptures et ses jardins secrets. Sur le miroir d’eau, une faune aviaire aquatique très active accompagne notre traversée : le splendide Cygne tuberculé (Cygnus olor – Mute Swan – Cygne tuberculé) longe le bateau, habitué aux visiteurs, indifférent et gracieux, au côté du Canard colvertet de la voltigeuse Mouette rieuse  rasant la surface à la recherche de petits poissons. Parfois, une musique s’élève du pont inférieur. Un trio joue un air de jazz, ou bien un violoniste s’essaye à un air tchèque. Des verres tintent, des plats arrivent si l’on a choisi une croisière avec dîner. Les mets sont simples mais savoureux, et l’ambiance tamisée donne l’impression d’un dîner hors du temps. Tout s’arrête, sauf le fleuve. La ville continue de défiler dans le silence des moteurs lents, et chaque monument paraît posé là juste pour nous, éclairé comme une scène de théâtre. Nous nous laissons porter par le mouvement, par la lumière, par l’histoire. Prague dévoile un autre visage depuis la Vltava, plus doux, plus intime, presque secret. C’est un moment de grâce que l’on voudrait suspendre, un tableau vivant que seule une croisière sur ce fleuve peut offrir. Lorsque le bateau fait demi-tour, nous savons déjà que ce sera l’un des souvenirs les plus marquants de notre passage à Prague.

Les croisières sur la Vltava embarquent principalement aux appontements du quai Dvořák (Dvořákovo nábřeží) près du pont Čech ou depuis Novotného lávka (GPS : 50.0865° N, 14.4114° E). Les promenades simples d’une heure sont proposées à partir de 350 CZK par adulte (environ 14 €), tandis que les croisières panoramiques de deux heures avec dîner buffet ou concert jazz oscillent entre 1 100 CZK et 1 600 CZK (environ 45 € à 65 €). Il est conseillé de réserver sa place au coucher du soleil en haute saison. Retrouvez tous les itinéraires, horaires et réservations sur www.prague-boats.cz, www.evropcruises.cz et www.prague.eu.

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Národní Divadlo : le Théâtre national, sanctuaire de l’âme et de la renaissance culturelle tchèque

Du couronnement doré au bord de la Vltava aux lignes audacieuses de la Nouvelle Scène, un symbole d’émancipation artistique et d’architecture monumentale

En arpentant les quais de la rive droite de la Vltava à l’intersection du quai Smetana (Smetanovo nábřeží) et de l’avenue Národní, le regard est immédiatement capté par l’un des monuments les plus glorieux de Prague  : le Národní Divadlo (le Théâtre national). Sa silhouette majestueuse et imposante se découpe fièrement sur le ciel, couronnée de son célèbre toit azur et or brillant de mille feux sous le soleil praguois ou sous les projecteurs nocturnes. Cet édifice néo-Renaissance dresse son architecture monumentale au bord du fleuve comme un véritable temple dédié à l’art, à la musique, à la langue tchèque et à la souveraineté culturelle d’un peuple.

En s’approchant de la façade conçue par l’architecte Josef Zítek, le raffinement des détails sculptés témoigne de l’élan patriotique d’exception qui présida à sa naissance. Les loggias supérieures sont ornées de statues représentant les Muses et les figures allégoriques de l’Art dramatique, tandis que les angles du toit sont somptueusement couronnés par les triga de bronze — d’imposants chars romains tirés par trois chevaux ailés cabrés guidés par des déesses de la Victoire, œuvres monumentales de Bohuslav Schnirch. Construit à la fin du XIXe siècle grâce à une souscription publique populaire rassemblant les dons de toutes les strates de la société, le bâtiment incarne le phare de la Renaissance nationale tchèque face à la domination de l’Empire austro-hongrois.

L’histoire du Národní Divadlo fut toutefois marquée par un drame fondateur. Quelques jours seulement après son inauguration en juin 1881, un terrible incendie ravagea presque intégralement la toiture et la salle de spectacle. L’émotion collective fut immense, mais la solidarité s’organisa instantanément : en moins de six semaines, une seconde souscription nationale permit de récolter plus d’un million de florins. Reconstruit en un temps record par l’architecte Josef Schulz, le théâtre rouvrit triomphalement ses portes le 18 novembre 1883 avec la première représentation de Libuše, opéra solennel composé spécialement par Bedřich Smetana.

En franchissant le portail d’honneur, un univers de faste et d’élégance nous accueille. Le foyer et la grande salle déploient des velours rouges somptueux, d’imposants lustres en cristal, des marbres polis et des stucs rehaussés de dorures à la feuille. Le plafond est orné de huit fresques monumentales peintes par Mikoláš Aleš et František Ženíšek figurant l’allégorie de l’Art. La scène voit se succéder les plus prestigieux opéras, ballets et pièces de théâtre du répertoire national et international.

Adossée à l’édifice historique néo-Renaissance se dresse la Nouvelle Scène (Nová Scéna), extension moderniste audacieuse construite entre 1977 et 1983 selon les plans de l’architecte Karel Prager. Sa façade futuriste, constituée de plus de 4 300 blocs de verre soufflé brutalistes isolant du bruit des tramways rouges et blancs qui serpentent au pied du bâtiment, crée un contraste architectural saisissant. Dans la rue, le chant des roues sur les rails, la brise rafraîchissante du fleuve et les mouvements des passants composent le décor vivant d’un lieu où la création artistique palpite au quotidien. En observant les reflets d’or du toit se mirer dans l’eau sombre de la Vltava à la nuit tombée, nous mesurons à quel point le Národní Divadlo demeure le cœur battant de l’identité pragoise.

Accès et informations pratiques : Le Národní Divadlo (GPS : 50.0811° N, 14.4136° E) est situé à l’angle du quai Smetana et de la rue Národní. Il est directement accessible en tramway (lignes 2, 9, 18, 22 et 23, arrêt Národní Divadlo). Des visites guidées historiques en intérieur sont organisées les week-ends et durant les vacances sur réservation (tarif adulte : environ 260 CZK, soit 10,50 €). La billetterie pour les représentations d’opéra, de théâtre et de ballet est accessible en ligne. Pour consulter la programmation culturelle complète et réserver des billets : www.narodni-divadlo.cz et www.prague.eu.

La Colline de Petřín et le Monastère de Strahov : poumon vert, panorama grandiose et sérénité sur les hauts de Prague

Des ruelles pavées de Pohořelec aux vignobles en terrasse, flânerie contemplative au-dessus des toits de Malá Strana et des spires de Saint-Guy

Dominant majestueusement la rive gauche de la Vltava, la Colline de Pétrin, (Petřínské sady) constitue l’un des plus grands espaces verts de la capitale tchèque. Ancien verger royal et terrain de chasse médiéval, ce havre de nature culminant à 327 mètres d’altitude offre une halte bucolique d’exception au-dessus du tumulte urbain. Notre ascension débute du côté du quartier historique de Pohořelec, où serpente la ligne de tramway nostalgique n° 23 devant d’élégants édifices néo-classiques et baroques au clocher ajouré. En arpentant les ruelles pavées bordées de palais aristocratiques, nous débouchons sur le parvis du Monastère de Strahov (Strahovský klášter), haut lieu de spiritualité fondé en 1140 par le roi Vladislas II pour l’ordre des Prémontrés. La haute tour baroque du sanctuaire, surmontée de son bulbe en cuivre patiné de vert-de-gris, émerge majestueusement derrière la voûte foliaire d’un imposant Tilleul à petites feuilles paré de ses jeunes pousses printanières.

En nous engageant sur les sentiers panoramiques qui serpentent le long des pentes de Petřín, un spectacle d’une beauté saisissante s’ouvre sous nos yeux. Au-delà des murailles séculaires et des terrasses horticoles, les toits de tuiles ocre de Malá Strana s’étagent jusqu’au fleuve, dominés par la silhouette monumentale de la Cathédrale Saint-Guy (Katedrála svatého Víta) dont les flèches gothiques se découpent fièrement dans le ciel azur. Dans le lointain, les arches des ponts de Prague enfilent leurs enfilades de pierre au-dessus de la Vltava. Sur les coteaux bien exposés de la Colline de Petřín, les alignements de Vigne du vignoble historique de Strahov apportent un graphisme végétal unique au paysage, tandis que les bosquets de Lilas commun (Syringa vulgaris – Common Lilac – Lilas commun) éclosent en grappes violettes odorantes le long des chemins. Bastien, Nadège et Margot s’arrêtent longuement à ce belvédère naturel, contemplant ce dialogue harmonieux entre patrimoine médiéval et nature préservée.

Informations pratiques et visite : La Colline de Petřín et les jardins de Strahov (GPS : 50.0833° N, 14.3970° E) sont en accès libre et gratuit 24h/24. Le site est accessible très facilement en tramway (lignes 22 et 23, arrêt Pohořelec ou Újezd) ou via le funiculaire de Petřín (Lanová dráha na Petřín) au départ d’Újezd (intégré au réseau de transports publics PID, tarif ticket standard 60 CZK). Le Monastère de Strahov et sa célèbre bibliothèque baroque se visitent tous les jours de 9h00 à 17h00 (tarif adulte : 150 CZK, environ 6 €). Pour préparer votre promenade et consulter les cartes des sentiers, rendez-vous sur www.strahovskyklaster.cz, www.prague.eu

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Le Monastère de Strahov : trésors de savoir, fresques éblouissantes et alchimie monastique sur les hauts de Prague

Des voûtes baroques de la Salle de Théologie à la majesté de la Salle de Philosophie, traversée contemplative au cœur de l’une des plus belles bibliothèques du monde

Nichée sur les hauteurs de la colline de Petřín, la silhouette immaculée du monastère de Strahov, (Strahovský klášter) dresse son architecture souveraine au-dessus de la capitale. Fondé en 1140 par le roi Vladislav II et l’ordre des Prémontrés, ce sanctuaire séculaire constitue un trésor historique majeur et un haut lieu de spiritualité préservé à travers plus de huit siècles d’histoire. En pénétrant dans la cour d’honneur, nos yeux sont captés par la façade baroque du bâtiment abbatial surmontée de son fronton sculpté portant l’inscription latine Religioni Patriae Sioneorum Profectui, couronné par les statues de Saint Norbert et d’anges porteurs de crosse. À côté de la haute tour du sanctuaire coiffée de son clocher ajouré en cuivre vert-de-gris, les frondaisons fraîches d’un Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles) apportent une note de verdure printanière au pavé séculaire.

En franchissant le seuil du musée abbatial, nous découvrons la célèbre bibliothèque baroque du monastère, un chef-d’œuvre absolu de conservation renfermant des milliers de manuscrits enluminés, des cartes anciennes, des gravures médiévales et de précieux incunables. Notre visite commence par la Salle de Théologie (Teologický sál), construite à la fin du XVIIe siècle par Domenico Orsi. Sous sa voûte surbaissée couverte de somptueux stucs blancs et de fresques allégoriques, la perspective est saisissante : au centre de l’allée parquetée trône une enfilade de globes terrestres et astronomiques du XVIIe siècle réalisés par le cartographe hollandais Willem Blaeu, ainsi qu’un ingénieux pupitre rotatif à livres (moulin à livres) conçu pour faciliter la consultation simultanée de  plusieurs ouvrages. Le long des rayonnages en bois teinté de rouge, une statue en bois sculpté de Saint Jean l’Évangéliste veillant sur les reliures en cuir séculaires retient notre attention.

La déambulation atteint son sommet émotionnel en pénétrant dans la monumentale Salle de Philosophie (Filosofický sál), érigée à la fin du XVIIIe siècle par l’architecte Ignaz Palliardi pour accueillir les collections de l’abbaye de Louka à Znojmo. Cette nef à deux étages, tapissée sur toute sa hauteur d’immenses bibliothèques sculptées en noyer doré, est couronnée par une fresque monumentale exécutée en 1794 par le peintre autrichien Franz Anton Maulbertsch.

Intitulée L’Évolution spirituelle de l’humanité, cette œuvre magistrale déploie un tourbillon de figures mythologiques et bibliques illustrant la recherche de la sagesse divine. Dans les galeries attenantes du Cabinet de Curiosités (Kunstkamera), nous admirons de rares collections d’artisanat et d’objets exotiques : Nadège pose avec un doux sourire à côté d’une mystérieuse sculpture de Bouddha en bois sombre disposée devant un mur en trompe-l’œil d’inspiration classique.

Au-delà de ses salles de lecture d’exception, le Monastère de Strahov abrite la Pinacothèque de Strahov, l’une des plus importantes collections conventuelles de peintures médiévales et baroques d’Europe centrale. Malgré les vicissitudes du temps et sa transformation partielle en institut de recherche en 1783 accueillant le Musée national de la littérature tchèque (Památník národního písemnictví), le monastère est demeuré un lieu de culte et de savoir toujours en activité. Les moines prémontrés y perpetuent d’ailleurs une tradition brassicole séculaire au sein de la brasserie du couvent (Klášterní pivovar Strahov), où l’on brasse la bière artisanale Saint-Norbert, offrant une note épicurienne parfaite pour clore cette visite d’exception en famille avec Bastien et Margot.

Informations pratiques et visite : Le Monastère de Strahov (GPS : 50.0864° N, 14.3894° E, Strahovské nádvoří 1/132) est ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00 (fermeture de la bibliothèque entre 12h00 et 13h00). Le billet adulte pour la bibliothèque est de 150 CZK (environ 6 € ; tarif réduit : 80 CZK). Contrairement aux bibliothèques de la Vieille Ville, la prise de photos est ici autorisée dans les salles de la bibliothèque moyennant un permis photo très accessible de 50 CZK (environ 2 €). Accès très facile en tramway (lignes 22 et 23, arrêt Pohořelec). Pour réserver vos billets et consulter le catalogue des collections, rendez-vous sur www.strahovskyklaster.cz, www.prague.eu

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 Le Sanctuaire Notre-Dame-de-Lorette : trésors baroques, secrets de la Santa Casa et ferveur sacrée sur la Colline d’Hradčany

Immersion spirituelle, historique et architecturale au cœur du Loreta pragois, de la mystique Vierge Noire au légendaire Soleil de Prague

Nous montons vers les sommets paisibles du quartier d’Hradčany, guidés par la silhouette majestueuse et poétique du Sanctuaire Notre-Dame-de-Lorette, plus connu ici sous le nom enchanteur de Loreta. Les visiteurs les plus courageux pourront s’y rendre à pied depuis le Château de Prague en arpentant les ruelles pittoresques, bien que la montée soit ardue sous le soleil, ou choisir la douceur d’un trajet en tramway sur la ligne 23 jusqu’au monastère de Strahov avant de redescendre tranquillement vers la place Loretánské náměstí. C’est là, face à la statue en bronze d’Edvard Beneš (Pomník Edvarda Beneše), deuxième président de la Tchécoslovaquie, que se dresse la façade baroque théâtrale de Loreta.

Ce chef-d’œuvre architectural, érigé au XVIIe siècle, tire ses origines spirituelles de la Sainte-Maison de Nazareth en Italie, transportée selon la tradition chrétienne au XIIIe siècle. En Bohême, à la suite de la guerre de Trente Ans et de la défaite des protestants à la Montagne Blanche, de nombreux sanctuaires furent érigés sur le modèle de celui de Loreto afin de renforcer le catholicisme triomphant après la Contre-Réforme. La construction du sanctuaire pragois débuta en 1626 sous le généreux mécenat de la noble comtesse Benigna Katharina von Lobkowicz, et la Sainte-Maison (Santa Casa) fut solennellement bénie en 1631.

En franchissant le portail sous la façade monumentale ajoutée au XVIIIe siècle par les célèbres architectes Christoph et Kilian Ignaz Dientzenhofer, un havre de quiétude nous accueille. Au-dessus des toitures en tuiles vernissées s’élève le clocher octogonal abritant le mythique carillon en fonction depuis 1695. Conçu par l’horloger hollandais Peter Neumann, ce mécanisme composé de vingt-sept cloches égrènent chaque heure avec une précision mélodique la douce harmonie de l’hymne marial « Mille fois nous te saluons ». Dans le cloître bordé d’arcades harmonieuses, la cour intérieure verdoyante abrite la fontaine sculptée de la Résurrection (Zmrtvýchvstání) où le Christ ressuscité brandit une croix dorée au-dessus d’anges en prière. Au centre s’élève la Santa Casa, un édifice rectangulaire enveloppé de somptueux bas-reliefs en stuc sculptés par l’artiste italien Giovanni Bartolomeo Cometa, illustrant les scènes de la vie de la Vierge et des prophètes bibliques tenant des cartouches d’or. Bastien jette un coup d’œil amusé depuis la porte cintrée d’un confessionnal ancien en chêne massif sculpté conservé sous le déambulatoire. À quelques pas de là, Nadège resplendit de bonheur devant un massif en fleurs de Lilas commun (Syringa vulgaris – Lilac – Lilas commun), dont le violet intense et le parfum suave embaument le parvis baigné de lumière. Dans l’herbe tendre du cloître, un Moineau domestique  sautille à la recherche de quelques graines, indifférent à la ferveur des lieux.

À l’intérieur de la Santa Casa, l’atmosphère se fait feutrée et intimiste. Dans la pénombre sacrée, protégée derrière une grille en fer forgé sous une frise rouge sculptée d’inscriptions dorées aux armes de la famille Lobkowicz, se dresse la statue d’ébéne de la Vierge Noire de Lorette (Černá Matka Boží), drapée dans d’étincelants ornements d’or et d’argent. En poursuivant notre chemin vers le fond du complexe, nous pénétrons dans l’Église de la Nativité du Seigneur (Kostel Narození Páně), joyau rococo à l’ornementation éblouissante. Cet ensemble comprend des bâtiments annexes et une église aux plafonds peints splendides, illuminée par les fresques théâtrales de Wenzel Lorenz Reiner et Johann Adam Schöpf. Nos yeux s’émerveillent devant la tribune de l’orgue encadrée de putti musiciens aux ailes dorées et le maître-autel encadré de colonnes en faux marbre rosé. Sur les corniches, de petits anges en stuc brandissent fièrement le blason marial frappé du monogramme « DOMUS TUA ». C’est également dans l’une des chapelles latérales que l’on découvre la saisissante figure de Sainte Starosta (Sainte Wilgefortis), la légendaire femme à barbe crucifiée qui pria le Ciel de lui faire pousser une barbe pour échapper à un mariage païen forcé.

À l’étage, la salle du Trésor de Lorette (Loretánský poklad) est incluse dans le prix d’entrée, offrant une expérience enrichissante et mémorable au milieu de calices, de couronnes et d’objets liturgiques d’une valeur inestimable. Le trésor suprême reste le « Soleil de Prague » (Pražské slunce), une monstrance en or massif réalisée à Vienne en 1699 et sertie de 6 222 diamants étincelants issus de la dot d’une noble comtesse. Gardez à l’esprit que la prise de photos dans l’enceinte du sanctuaire est soumise à un léger supplément à acheter avec le billet. Accessible à tous les amoureux d’art et d’histoire, le sanctuaire Notre-Dame-de-Lorette offre une étape spirituelle et culturelle unique, incontournable lors de toute exploration de la capitale tchèque.

Informations pratiques et visite : Le sanctuaire Notre-Dame-de-Lorette (Loreta, GPS : 50.0889° N, 14.3917° E) se situe sur la Loretánské náměstí 7. L’édifice est ouvert tous les jours de 9h00 à 17h00 d’avril à octobre (fermeture à 16h00 de novembre à mars). Le tarif du billet adulte est de 210 CZK (environ 8,80 €), donnant accès à la Santa Casa, l’Église de la Nativité, le cloître et la Salle du Trésor. Le permis photo s’élève à 100 CZK supplémentaires (environ 4,20 €). On y accède facilement en tramway par la ligne 22 ou 23 (arrêt Pohořelec).    #AutourDuMonde #VoyageEnFamille #tourdumondeenfamille #raptor #VoyageAvecNous #travelyourself #vivreautrement #tourdumonde #traveladdict #SlowTravel #slowtravelling #paysage #paysagemagnifique #paysagesmagnifiques #4×4 #4x4offroad #4x4adventure #4x4Life #travelphotography #roadtrip #ontheroad #overland #overlander #Overlanding #toutestpossible #allispossible #TourismeResponsable #SyringaVulgaris #PasserDomesticus #Hradcany #LoretanskeNamesti #EdvardBenes #VisitPrague #Prague #RepubliqueTcheque #CzechRepublic #PatrimoineUnesco

Les Beer Spas de Prague : baignades au houblon, relaxation sur paille et ivresse du bien-être en Bohême

Des cuves en chêne de Krušovice au sauna aromatique, immersion insolite et régénérante au cœur de la tradition brassicole tchèque

Après une journée bien remplie à arpenter les rues pavées de la vieille ville, quoi de mieux qu’un moment de détente absolue dans un original Beer Spa de Prague ? Cette expérience insolite, devenue une étape incontournable de la capitale tchèque, s’enracine dans une tradition brassicole séculaire au sein du pays qui détient le record mondial de consommation de bière par habitant. Nous poussons les portes du Spa Beerland pour une parenthèse de pure relaxation et de bien-être réinventée.

Nous nous plongeons avec délectation dans d’immenses baignoires sculptées dans le bois noble du Chêne (Quercus robur – Pedunculate Oak – Chêne), réalisées à la main dans le respect de l’artisanat traditionnel. L’eau chaude bouillonne, enrichie d’extraits naturels utilisés pour brasser la célèbre bière tchèque Krušovice® : levures de bière vivantes riches en vitamines B, malt sélectionné d’Orge (Hordeum vulgare – Barley – Orge) et huiles essentielles de Houblon (Humulus lupulus – Hops – Houblon). Outre les vertus cosmétiques apaisantes pour la peau et stimulantes pour les pores, le véritable privilège réside dans la tireuse à bière en laiton installée directement au bord de la cuve. Bastien et Nadège savourent ce bonheur épicurien, remplissant leurs chopes de Krušovice blonde ou brune (černé) à volonté tout en se prélassant au milieu d’un épais nuage de mousse parfumée.

L’expérience se prolonge dans un sauna au houblon privatif aux effluves boisées et apaisantes, où Nadège profite de la chaleur bienfaitrice enveloppée dans un drap blanc, avant de rejoindre l’espace de repos. Dans une alcôve intimiste aux murs de briques apparentes baignée d’une douce lumière verte, nous nous étendons sur un lit de repos recouvert de paille fraîche de Blé (Triticum aestivum – Wheat – Blé). Ce repos sur paille favorise l’assimilation des nutriments par l’épiderme tout en prolongeant l’état de relaxation profonde.

Informations pratiques et visite : Le Beer Spa / Spa Beerland (GPS : 50.0781° N, 14.4231° E, Žitná 9 ou Rybná 13) est ouvert tous les jours de 10h00 à 22h00. Les séances privées d’une durée de 1h00 à 1h30 (incluant la baignade en cuve de chêne, la bière Krušovice® à volonté, le sauna au houblon et le repos sur lit de paille) sont proposées à partir de 2 000 à 3 500 CZK pour deux personnes (soit environ 80 € à 140 € selon la formule et le nombre de baignoires). Réservation en ligne vivement conseillée plusieurs jours à l’avance. Accès facile en métro (stations Karlovo náměstí ou Náměstí Republiky). Pour réserver et découvrir l’ensemble des soins, consultez www.beerspa.com, www.prague.eu

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Le Château Karlštejn

À une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Prague, nous apercevons enfin, perché sur son éperon rocheux, le château de Karlštejn. Il se découpe sur le ciel comme une forteresse sortie d’un conte gothique. Le vent semble y porter encore les échos de prières anciennes et de décisions impériales. Dès l’instant où nous franchissons les premières portes, nous comprenons que ce lieu n’est pas seulement une œuvre architecturale : c’est un monument vivant de l’histoire européenne, un sanctuaire du pouvoir sacré et temporel.

FAUNE & FLORE

Cygne tuberculé (Cygnus olor – Mute Swan – Cygne tuberculé)

Érable sycomore (Acer pseudoplatanus – Sycamore Maple – Érable sycomore)

Troène commun (Ligustrum vulgare – Common Privet – Troène commun)

RUSHS REELS & SHORTS

VIDEOS SUR LA REPUBLIQUE TCHEQUE & Prague

AUTRES ARTICLES SUR LA REPUBLIQUE TCHEQUE A DISPOSITION :

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LES LOGEMENTS en REPUBLIQUE TCHEQUE 

De la Vieille Ville au quartier moderne de Prague 9, comparatif des quartiers, conseils de réservation entre Booking et Airbnb pour un séjour sur mesure

Choisir son pied-à-terre à Prague est une étape essentielle pour réussir son immersion dans la cité aux cent clochers. Entre les hôtels historiques du centre, les établissements modernes offrant un excellent rapport qualité-prix et la vaste offre d’appartements en location, la capitale tchèque s’adapte à tous les styles de voyageurs, des escapades en duo aux grands périples en famille.

Pour les voyageurs souhaitant être au plus près de la magie pragoise, séjourner dans les quartiers de Staré Město (Vieille Ville), Josefov (Quartier Juif) ou Malá Strana offre le privilège unique de parcourir les ruelles pavées au saut du lit. Toutefois, les quartiers adjacents comme Vinohrady, Karlín ou Vysočany (Prague 9) proposent une alternative très séduisante : un cadre plus calme, une immersion dans la vie locale et un accès direct au centre-ville en moins de 10 minutes grâce au réseau de transports en commun exceptionnellement efficace (métro et tramway). C’est le cas notamment de l’Hôtel Carol (Hotel Carol), situé à deux pas de la station Českomoravská, qui combine confort contemporain, proximité du centre commercial Galerie Harfa et de l’O2 Arena, et tarifs très attractifs.

Au moment de réserver, deux options principales s’imposent : les plateformes hôtelières classiques comme Booking.com et la location d’hébergements chez l’habitant via Airbnb.

  • Booking.com reste la plateforme idéale pour ceux qui privilégient les services hôteliers classiques : réception ouverte 24h/24, petit-déjeuner buffet souvent inclus, ménage quotidien et souplesse d’annulation. La plateforme recense une gamme complète d’hébergements allant du petit hôtel familial à l’établissement de grand luxe, ainsi que des appart’hôtels gérés de manière professionnelle.

  • Airbnb séduit particulièrement les familles et les groupes recherchant de grands espaces et une autonomie totale. Louer un appartement entier avec cuisine équipée permet d’alléger le budget repas en préparant des produits dénichés sur les marchés locaux, tout en bénéficiant de logements typiques situés dans des immeubles historiques Art nouveau ou néo-classiques.

Que vous optiez pour un hôtel chaleureux ou un appartement en duplex au cœur du centre historique, Prague garantit des séjours inoubliables où le patrimoine séculaire dialogue avec le sens de l’hospitalité tchèque.

Informations pratiques et conseils : Pour dénicher les meilleurs tarifs, anticipez vos réservations au moins 2 à 3 mois à l’avance, particulièrement pour la haute saison printanière et la période féerique des marchés de Noël en décembre. Assurez-vous de vérifier la présence d’un ascenseur si vous séjournez dans les étages élevés des immeubles anciens du centre-ville, ainsi que les options de parking privé si vous voyagez avec un véhicule. Pour réserver vos nuitées, consultez les offres sur www.booking.com, www.airbnb.fr, le site officiel du tourisme www.prague.eu

Hotel Carol : pied-à-terre pratique, confort moderne et accès rapide au centre historique de Prague

Une base idéale pour explorer la capitale tchèque, entre proximité des transports, confort douillet et vie de quartier à Vysočany

Pour notre séjour pragois, nous avons choisi l’hôtel Carol (Hotel Carol), un établissement offrant un excellent rapport qualité-prix. Idéalement situé à proximité immédiate d’une station de métro, il facilite grandement tous nos déplacements vers les principaux sites historiques de la ville. En moins de 8 minutes de métro ou de tramway, nous atteignons le cœur vibrant du centre-ville, avec des fréquences de passage régulières toutes les 10 minutes. L’hôtel propose une connexion Wi-Fi gratuite, des chambres parfaitement équipées d’une télévision par satellite à écran plat, d’un coffre-fort, d’un minibar et d’une salle de bains privative avec douche. Un bar-restaurant convivial est également disponible sur place pour se détendre après nos longues journées de marche. Pour nos envies de shopping et d’activités, le vaste centre commercial Galerie Harfa, avec ses 160 boutiques et sa salle de sport, se trouve à deux pas. Un parking privé sécurisé est mis à disposition des voyageurs moyennant des frais supplémentaires. Bien que l’hôtel ne dispose pas d’une piscine attrayante, cela ne nous dérange nullement : notre programme chargé de visites à travers Prague ne nous laisserait de toute façon pas beaucoup de temps pour en profiter ! Et avec la proximité de la célèbre O2 Arena située à seulement 750 mètres, notre séjour s’annonce des plus agréables et fonctionnels.

Informations pratiques et réservation : L’hôtel Carol (GPS : 50.1062° N, 14.4925° E, Kurta Konráda 12, Prague 9) est idéalement desservi par la station de métro Českomoravská (ligne B) et l’arrêt de tramway Divadlo Gong (lignes 8 et 25). Les tarifs des chambres doubles ou familiales varient généralement de 1 200 à 2 800 CZK par nuit selon la saison (soit environ 50 € à 115 €, petit-déjeuner buffet souvent inclus). Pour réserver votre chambre, consulter les disponibilités ou en savoir plus sur l’accès depuis l’aéroport ou la gare principale, visitez le site officiel www.hotelcarol.cz, consultez les avis sur www.tripadvisor.fr

La gastronomie pragoise : festins de tradition, brasseries mythiques et douceurs de Bohême

Des tavernes médiévales de Malá Strana aux cafés cubistes, itinéraire gourmand à travers les saveurs emblématiques et les adresses incontournables de la capitale tchèque

Découvrir Prague, c’est aussi s’offrir une véritable immersion dans une tradition culinaire chaleureuse, généreuse et profondément ancrée dans l’histoire de la Bohême. Entre plats mijotés réconfortants, charcuteries artisanales relevées de raifort, douceurs parfumées à la cannelle et bières d’exception élevées au rang d’art national, la scène gastronomique pragoise réserve des moments d’épicurisme mémorables pour toute la famille.

Parmi les spécialités incontournables à savourer au fil de vos déambulations dans le centre historique, ne manquez pas :

  • Le Goulasch tchèque (Hovězí guláš) : un mijoté fondant de viande de Bœuf (Bos taurus – Cattle – Bœuf) parfumé au paprika doux et à la marjolaine, généreusement nappé d’une sauce onctueuse et servi avec les traditionnels knedlíky (quenelles de pain ou de pommes de terre de Bohême).

  • Le Svíčková na smetaně : un filet de Bœuf (Bos taurus – Cattle – Bœuf) rôti accompagné d’une sauce crémeuse aux légumes racines et à la crème fraîche, rehaussé d’une pointe de confiture de airelles et d’une tranche de citron.

  • Les Saucisses grillées (Párky) et la charcuterie de brasserie : servies bien chaudes sur assiette comme au Lokál Dlouháá, élaborées à partir de Porc domestique (Sus scrofa domesticus – Domestic Pig – Porc domestique), croustillantes à souhait et escortées d’un dôme généreux de Raifort (Armoracia rusticana – Horseradish – Raifort) fraîchement râpé et de Moutarde blanche (Sinapis alba – White Mustard – Moutarde blanche).

  • Le Trdelník : la douceur incontournable des rues de la Vieille Ville, une pâtisserie de pâte levée enroulée autour d’un broche en bois, cuite au-dessus des braseros puis roulée dans un mélange de sucre, de cannelle et de noisettes concassées.

  • La Bière tchèque (Pivo) et les liqueurs de tradition : pays détenant le record mondial de consommation de bière par habitant, la République tchèque célèbre les pilsners d’exception (Pilsner Urquell, Krušovice®, Velkopopovický Kozel), ainsi que des spiritueux mythiques distillés à partir de la Grande Absinthe (Artemisia absinthium – Wormwood – Grande Absinthe).

Pour sublimer cette découverte culinaire, Prague regorge d’adresses emblématiques qui allient le plaisir des papilles à un cadre historique exceptionnel :

  • Les brasseries traditionnelles et tavernes populaires : pour goûter à l’authenticité de la culture locale, faites une halte au Lokál Dlouháá dans le quartier de Staré Město pour une bière tirée du fût et une assiette de charcuterie, ou plongez au XIVe siècle lors d’un banquet animé à la taverne U Krále Brabantského au pied du Château.

  • Les tables gastronomiques et jardins secrets : pour un déjeuner raffiné en terrasse à Malá Strana, le Santini Garden Restaurant propose un cadre bucolique enchanteur à deux pas de la rue Nerudova, mettant à l’honneur des burgers gourmets et des filets de bœuf aux Girolles (Cantharellus cibarius – Chantarelle – Girolle) poêlées.

  • Les cafés historiques et cubistes : prenez le temps d’un café au mythique Grand Café Orient logé dans la Maison à la Vierge Noire, ou profitez de l’ambiance rétro du Café Tramvaj 1429 installé au milieu de la place Venceslas.

Entre convivialité des tavernes, faste des grands cafés et créativité contemporaine, la gastronomie à Prague promet un voyage gustatif aussi riche que son patrimoine architectural.

Informations pratiques et conseils : À Prague, le service dans les restaurants n’est généralement pas inclus dans l’addition ; il est de coutume de laisser un pourboire (spropitné) d’environ 10 % si le service a été agréable. Les restaurants du centre-ville sont très prisés au déjeuner comme au dîner, pensez donc à réserver votre table à l’avance pour les établissements réputés comme le Santini Garden ou U Krále Brabantského. Pour consulter les menus, les adresses et préparer vos escales gourmandes, visitez www.prague.eu

Staroměstská Restaurant : l’illusion d’un festin bohémien sur la Place de la Vieille-Ville

Entre brochettes flambées, goulash en pain et pièges à touristes au cœur de Prague

Nous nous installons sur la terrasse couverte du Staroměstská Restaurant, idéalement située sur la mythique place Staroměstské náměstí, où l’histoire médiévale de Prague se contemple à chaque angle de vue. Sous nos yeux, le spectacle culinaire démarre en fanfare lorsque le serveur apporte une spectaculaire brochette de viandes suspendue à un support métallique en forme d’épée, qu’il vient flamber directement à notre table sous une gerbe de flammes impressionnante, diffusant de gourmandes effluves de viandes saisies et d’épices. Nous enchaînons avec le réconfortant goulash traditionnel tchèque (Guláš v chlebu), une préparation mijotée aux oignons, au paprika doux et aux aromates, servie fumante à l’intérieur d’une boule de pain de seigle évidée qui absorbe délicieusement la sauce onctueuse. À côté, un imposant plateau en terre cuite illustre les classiques de la gastronomie de Bohème : une cuisse de canard rôtie à la peau dorée et croustillante, des saucisses grillées généreuses, du chou rouge et du chou blanc fermenté à la juste pointe d’acidité, accompagnés des incontournables quenelles de mie de pain et de pomme de terre (knedlíky). Moment festif, où Nadège arbore un sourire malicieux en tenant son verre de liqueur locale aux plantes apporté spontanément par le service, tandis que la table se charge de bières pilsner mousseuses et de plats aux dressages théâtraux.

Au-delà du plaisir visuel et des saveurs réconfortantes de cette cuisine riche, née pour affronter les hivers rigoureux de la cuvette de la Moldau, notre expérience conserve une note plus amère quant aux pratiques de l’établissement. Bien que la carte propose des spécialités locales correctement exécutées, la direction applique des méthodes de facturation désolantes : la fameuse liqueur proposée si gentiment bouteille à la main se retrouve ainsi facturée 100 Kč par personne sur la note finale sans que nous l’ayons commandée, augmentée d’un service de 10 % réclamé d’autorité. L’établissement est situé au Staroměstské náměstí 19, 110 00 Staré Město (GPS : 50.0872° N, 14.4208° E). Les plats principaux oscillent généralement entre 350 CZK et 650 CZK (environ 15 € à 26 €), et le restaurant est ouvert tous les jours de 11h00 à 23h00. Toutes les informations pratiques et la carte sont consultables sur leur site officiel www.staromestska-restaurace.cz, mais nous vous conseillons de rester particulièrement vigilants au moment de régler l’addition pour profiter sereinement du panorama sur la grande place.

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Pause gourmande et mythique au Lokál Dlouháá : l’alchimie de l’absinthe et des saveurs pragoises

Entre breuvage des poètes, charcuterie fumée au raifort et convivialité tchèque au cœur du quartier de Staré Město

Après la richesse spirituelle et poignante de notre traversée du quartier juif de Josefov, nous nous accordons une halte conviviale et chaleureuse dans la très animée rue Dlouhá. Nous poussons la porte du célèbre Lokál Dlouháá, véritable institution pragoise réputée pour sa longue salle voûtée aux boiseries gravées de silhouettes humoristiques et son ambiance de taverne populaire réinventée. C’est le lieu idéal pour une pause gourmande typique, où la culture de la brasserie tchèque se marie à des traditions de distillerie séculaires.

Sur la table en bois brut, nous entamons cette parenthèse par une dégustation audacieuse : un shot d’absinthe artisanale tchèque, brevage mythique distillé à partir de la célèbre Grande Absinthe. Loin des clichés, cette liqueur dorée aux reflets ambrés dévoile des arômes complexes d’armoise, d’anis et d’plantes de montagne. Accompagnée de son grand verre d’eau fraîche pour adoucir le feu de ses degrés, elle se savoure selon la tradition locale. Bastien porte son petit verre à ses lèvres avec une curiosité amusée, tandis que Nadège savoure sa gorgée avec un grand sourire complice, posant devant le mur décoré de gravures dorées figurant les contours d’une voiture ancienne.

Pour accompagner cette expérience gustative et caler les petits creux de la mi-journée, rien ne vaut les grands classiques de la charcuterie tchèque (k pivu). On nous sert une assiette fumante composée de deux longues saucisses grillées (párky) élaborées à partir de Porc domestique . Croustillantes à souhait, elles sont escortées d’un généreux dôme de Raifort fraîchement râpé, dont le piquant monte délicieusement aux narines, et d’une pointe de Moutarde blanche douce. Ce mariage de saveurs rustiques et authentiques ravit toute la famille, offrant un aperçu gourmand et sociologique du savoir-vivre pragois.

Le restaurant Lokál Dlouháá (GPS : 50.0907° N, 14.4258° E, Dlouhá 33) est ouvert tous les jours de 11h00 à 00h00 (jusqu’à 1h00 du jeudi au samedi). Comptez environ 110 à 180 CZK (environ 4,50 € à 7,50 €) pour les spécialités de saucisses et charcuteries artisanales, et environ 90 à 140 CZK (environ 3,80 € à 5,80 €) pour un verre d’absinthe ou une bière pivo tirée directement des cuves. Accès très rapide depuis la station de métro Naměstí Republiky ou l’arrêt de tramway Dlouhá třída. Retrouvez le menu et les réservations sur www.lokal-dlouha.ambiente.cz, ainsi que nos conseils de visites sur www.prague.eu

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Krčma U Krále Brabantského : festin médiéval, musique de troubadours et magie à la bougie au pied du Château de Prague

Immersion envoûtante au XIVe siècle dans la plus ancienne taverne de Malá Strana, entre danses orientales, escrime et saveurs d’antan

Nichée au pied du château de Prague, dans le quartier hautement pittoresque de Malá Strana, la taverne U Krále Brabantského (Krčma U Krále Brabantského) nous transporte instantanément à l’époque des rois de Bohême et des alchimistes. Fondée en 1375 sous le règne de l’empereur Charles IV, cette institution séculaire est considérée comme la plus ancienne taverne en activité continue de la capitale tchèque. Durant plus de six siècles, ses voûtes ont abrité un défilé fascinant de figures historiques : des souverains rois de Bohême venant s’encanailler incognito aux alchimistes de la cour de Rodolphe II comme Edward Kelley, en passant par des bourreaux, des brigands et des poètes en quête de boisson forte et de réconfort.

En franchissant le seuil bas de cette caverne aux merveilles, nous sommes immédiatement enveloppés par une atmosphère médiévale d’une authenticité saisissante. Le décor d’époque se révèle à la lumière tamisée et vacillante de dizaines de bougies posées sur les tables en bois massif ou accrochées aux parois de pierre brute. Sous les voûtes en ogive aux enduits patinés par les siècles et la suie, les détails rustiques foisonnent : sur une porte en planches de chêne épais est suspendue une dépouille séchée de Renard rouge , tandis que les appliques murales qui soutiennent les flambeaux sont ornées de reines de Maïs 

Au cours de la soirée, la taverne s’anime du bruissement des rires et des chopes qui s’entrechoquent alors que débute le célèbre spectacle médiéval. Sous nos yeux émerveillés, des musiciens troubadours vêtus d’habits d’époque entonnent des chants joyeux en s’accompagnant d’une guitare acoustique et d’un luth, rythmés par le pilonnage dynamique d’un percussionniste coiffé d’un turban bleu marquant le tempo sur son dromos. Une danseuse gracieuse aux voiles jaunes et à la ceinture couverte de pièces métalliques étincelantes fait irruption au milieu de la salle, exécutant une danse orientale envoûtante qui fait tournoyer ses étoffes à quelques centimètres des convives. Soudain, un escrimeur au buste ceint d’une chemise de toile brute fend la foule en brandissant une fine lame d’acier, recréant avec fougue l’ambiance truculente des banquets médiévaux. Nadège savoure cette parenthèse enchantée au doux reflet des bougies, tandis que Bastien contemple le spectacle avec un sourire ravi.

La carte du tavernier met à l’honneur des spécialités gastronomiques inspirées des traditions culinaires du Moyen Âge : viandes rôties à la broche, travers de porc caramélisés au miel, goulasch mijoté en miche de pain croustillante et saucisses grillées, le tout arrosé de bières tchèques pilsner claires ou brunes tirées directement du fût. Cette expérience sensorielle totale conjugue avec brio le plaisir des papilles, le spectacle vivant et l’histoire vivante.

Informations pratiques et visite : La taverne U Krále Brabantského (GPS : 50.0889° N, 14.4022° E, Thunovská 198/15, Malá Strana) se situe le long de la montée menant au Château de Prague par les escaliers royaux. Elle est ouverte tous les jours de 12h00 à 23h00. Les spectacles médiévaux interactifs (musique, danse, escrimeurs, cracheurs de feu) ont lieu du mardi au samedi de 19h00 à 22h00 (réservation préalable très fortement recommandée). Le menu banquet médiéval incluant le spectacle et un repas multi-services est proposé autour de 990 à 1 200 CZK par personne (environ 40 € à 50 €), des choix à la carte étant également disponibles. Accès rapide à pied depuis la station de tramway Malostranské náměstí (lignes 12, 15, 20, 22) ou la station de métro Malostranská (ligne A). Pour réserver une table et consulter le menu complet, visitez www.krcmabrabant.cz, www.prague.eu

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Santini Garden : parenthèse gourmande, terrasse verdoyante et gastronomie raffinée au cœur de Malá Strana

Dégustation d’un burger gourmet et d’un filet de bœuf aux girolles dans la cour secrète de la rue Nerudova

Niché dans une cour paisible en retrait de la montée de la rue Nerudova nous nous isntallons ua Santini Garden Restaurant (Šporkova 12, Malá Strana). Tirant son nom du célèbre architecte baroque Jan Blažej Santini-Aichel qui vécut dans ce quartier historique, cet établissement réputé offre une véritable oasis de fraîcheur et de quiétude au pied du Château de Prague.

Installés sur la terrasse en bois baignée de soleil, nous profitons du cadre enchanteur de ce jardin privé, délicatement abrité par des haies taillées de Buis (Buxus sempervirens – Boxwood – Buis). L’atmosphère y est bucolique et raffinée, idéale pour se ressourcer loin de l’effervescence des artères touristiques. Nadège savoure un savoureux cocktail fruité aux teintes éclatantes, décoré d’une tranche d’Oranger doux (Citrus sinensis – Sweet Orange – Oranger doux), tandis que la table se garnit de créations culinaires modernes qui réinventent les saveurs locales.

Le chef nous propose une cuisine créative et généreuse : un burger gourmet de Bœuf (Bos taurus – Cattle – Bœuf) surmonté de fromage fondu et de salade fraîche, accompagné de frites croustillantes de Pomme de terre (Solanum tuberosum – Potato – Pomme de terre) servies dans un gobelet en métal, ainsi qu’un filet mignon fondant de Bœuf (Bos taurus – Cattle – Bœuf) nappé d’une sauce crémeuse aux Girolles (Cantharellus cibarius – Chantarelle – Girolle) poêlées, agrémenté de brin de Persil (Petroselinum crispum – Parsley – Persil). Bastien et Nadège profitent pleinement de ce moment d’épicurisme en famille, où la finesse des assiettes s’accorde parfaitement au charme romantique du quartier de Malá Strana.

Informations pratiques et visite : Le restaurant Santini Garden (GPS : 50.0882° N, 14.4005° E, Šporkova 321/12) est ouvert tous les jours de 11h30 à 23h00. Les plats principaux et menus gourmets oscillent généralement entre 350 CZK et 650 CZK (soit environ 14 € à 26 €). La réservation est recommandée pour profiter de la terrasse extérieure en période estivale. Accès facile à pied depuis la rue Nerudova ou via la station de tramway Malostranské náměstí (lignes 12, 15, 20, 22). Retrouvez le menu, la carte des vins et les réservations en ligne sur www.santinagarden.cz, sur www.prague.eu

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S’approvisionner à Prague en autonomie : grands marchés, večerka de quartier et marchés fermiers au fil de la Vltava

Des étals champêtres de Náplavka aux hypermarchés et épiceries nocturnes, guide pratique pour cuisiner en itinérance, van ou appartement

En séjournant à Prague en autonomie, que ce soit en appartement Airbnb, en van aménagé, en camping-car ou en tente, cuisiner ses propres repas devient un réel plaisir quotidien grâce à la diversité et à la facilité des approvisionnements. Au cœur de chaque quartier, des supermarchés comme Albert, Billa, Lidl ou l’immense Tesco Národní proposent une sélection complète de produits frais, de produits laitiers locaux comme le fromage fondant Hermelín et de charcuteries de Porc domestique (Sus scrofa domesticus – Domestic Pig – Porc domestique). À toute heure de la journée et souvent jusque très tard dans la nuit, les indispensables večerka — de pittoresques épiceries de quartier tenues le plus souvent par la communauté vietnamo-tchèque — nous dépannent en pain frais de Blé (Triticum aestivum – Wheat – Blé), fruits de saison, œuf frais et boissons fraîches au coin de la rue.

Pour dénicher des produits du terroir d’une fraîcheur exceptionnelle, nous adorons arpenter les célèbres marchés fermiers (farmářské trhy) qui animent les places de la capitale. Le samedi matin sur les berges de la Vltava, le marché de Náplavka s’éveille dans une ambiance festive et champêtre sous les Tilleuls à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles) où chantonne le Moineau domestique (Passer domesticus – House Sparrow – Moineau domestique). Les maraîchers de Bohême y étalent leurs belles récoltes de Pomme de terre (Solanum tuberosum – Potato – Pomme de terre), de Carotte (Daucus carota – Carrot – Carotte) et de légumes de saison, aux côtés de pains au levain artisanaux, de miel pur d’Abeille européenne (Apis mellifera – Western Honey Bee – Abeille européenne) et defromages fermiers. D’autres marchés très pittoresques se tiennent sur la place Náměstí Jiřího z Poděbrad (Jiřák) ou à Dejvice (Kulaťák) du mercredi au samedi.

Les adeptes d’alimentation biologique et de produits en vrac trouvent également leur bonheur dans des magasins spécialisés comme Sklizeno, Country Life ou Biooo. Côté logistique pour les voyageurs en itinérance et les campeurs, l’eau du robinet à Prague est d’une excellente qualité potabilité partout en ville. Pour le réapprovisionnement technique des caravanes ou réchauds (bouteilles de gaz, Campingaz, matériel de plein air et accessoires), les grandes enseignes de bricolage installées en périphérie comme OBI, Bauhaus, Hornbach ou Decathlon offrent tout le matériel nécessaire pour poursuivre sa route en toute sérénité.

Informations pratiques et conseils : Les supermarchés classiques (Albert, Billa, Lidl) sont ouverts tous les jours de 7h00 à 21h00 ou 22h00. Les petites épiceries večerka restent généralement ouvertes jusqu’à 23h00 ou minuit. Le marché fermier de Náplavka (GPS : 50.0725° N, 14.4142° E, quai Rašínovo nábřeží) a lieu chaque samedi de 8h00 à 14h00. Le marché de Jiřího z Poděbrad (GPS : 50.0778° N, 14.4500° E, métro ligne A) se tient du mercredi au vendredi de 8h00 à 18h00 et le samedi de 8h00 à 14h00. Les cartes bancaires (paiement sans contact) sont acceptées quasiment partout, même chez les petits commerçants des marchés. Pour consulter le calendrier des marchés fermiers et les adresses bio, rendez-vous sur www.praha.eu, www.farmarsketrhy.cz

Cartes SIM, téléphonie et Data à Prague : rester connecté en toute simplicité au cœur de la République tchèque

Des forfaits prépayés aux réseaux locaux O2, T-Mobile et Vodafone, guide pratique et conseils pour garder le contact en toute autonomie

Rester connecté à Internet et conserver un accès fluide à la téléphonie mobile lors d’un séjour à Prague s’avère d’une grande simplicité. Que ce soit pour utiliser son GPS en déambulant dans les ruelles pavées de Malá Strana, consulter les horaires des transports publics ou partager ses carnets de voyage au fil des étapes, la capitale tchèque offre une couverture réseau 4G et 5G de très haute qualité sur l’ensemble de son territoire. Pour les voyageurs résidant en France ou dans un pays membre de l’Union européenne, l’itinérance européenne (« Roam Like at Home ») permet d’utiliser son forfait mobile habituel sans aucun surcoût. C’est notamment le cas pour les abonnés au forfait Free 5G, qui bénéficient automatiquement d’une généreuse enveloppe de 35 Go de Data par mois utilisable directement depuis la République tchèque avec appels, SMS et MMS illimités, à condition d’activer l’option d’itinérance de données dès son arrivée.

Pour une solution 100 % dématérialisée et immédiate, les forfaits eSIM prépayés internationaux achetés avant le départ auprès de fournisseurs comme Airalo ou Holafly offrent une connexion instantanée dès l’atterrissage. Pour ceux qui privilégient les puces physiques locales ou viennent d’un pays hors UE, l’achat d’une carte SIM prépayée (předplacená karta) reste l’option la plus avantageuse. Les trois grands opérateurs nationaux, O2 Czech Republic, T-Mobile Czech Republic et Vodafone Czech Republic, proposent tous des formules touristiques très compétitives incluant un généreux volume de Data. Ces cartes s’achètent très facilement dès l’arrivée aux guichets de l’Aéroport Václav Havel, dans les boutiques de la gare centrale (Hlavní nádraží), au sein des grands centres commerciaux comme Galerie Harfa ou Palladium, dans les bureaux de poste (Česká pošta) ainsi que dans de nombreuses petites épiceries de quartier (večerka).

En flânant sur les grandes avenues bordées de Tilleuls à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles) où tournoient les Pigeons bisets (Columba livia – Rock Dove – Pigeon biset), on profite également d’un accès Wi-Fi gratuit extrêmement développé dans la plupart des cafés, restaurants, musées, stations de métro et places publiques. Bastien, Nadège et Margot apprécient cette fluidité numérique qui facilite toutes les démarches logistiques quotidiennes lors de notre périple en Bohême.

Informations pratiques et budget : Une carte SIM prépayée physique locale incluant un forfait Data de 10 Go à 15 Go valable 30 jours coûte généralement entre 300 CZK et 500 CZK (soit environ 12 € à 20 €), tandis que les forfaits européens comme l’offre Free à 35 Go de Data couvrent largement la totalité des besoins du séjour sans débourser le moindre euro supplémentaire. L’activation des cartes locales est immédiate sur tout téléphone désimlocké.

Retraits, change et devises à Prague : gérer son budget en Couronnes tchèques sans se faire piéger

Des distributeurs bancaires aux bureaux de change honnêtes de Josefov, nos conseils pratiques pour régler en CZK au juste prix

En arpentant les artères animées de la capitale tchèque, entre la majestieuse place de la Vieille Ville et les berges pittoresques de la Vltava, nous sommes rapidement confrontés à la gestion des devises locales. Bien que la République tchèque fasse partie de l’Union européenne, la monnaie officielle demeure la Couronne tchèque (Koruna česká – CZK), avec un taux de change moyen gravitant autour de 1 EUR pour 25 CZK. Si le paiement par carte bancaire (Visa, Mastercard) et le règlement sans contact via smartphone (Apple Pay, Google Pay) sont aujourd’hui généralisés dans la grande majorité des boutiques, restaurants, hôtels et transports publics pragois, disposer d’un peu d’espèces en poche reste indispensable pour régler les petites emplettes sur les marchés fermiers, accéder aux toilettes publiques ou laisser un pourboire apprécié aux serveurs.

Pour retirer des couronnes tchèques aux distributeurs automatiques de billets (bankomat), une vigilance particulière s’impose face aux pièges tarifaires qui guettent les visiteurs. Dans les zones très fréquentées, les distributeurs jaunes et bleus indépendants du réseau Euronet pullulent à chaque coin de rue ; ces appareils appliquent des frais de transaction élevés et tentent de vous imposer la conversion dynamique des devises (Dynamic Currency Conversion ou DCC). Cette option, qui propose de débiter votre compte directement en Euros, applique un taux de change très défavorable pouvant vous coûter 10 à 15 % de frais supplémentaires masqués. Nous privilégions systématiquement les distributeurs officiels installés dans les agences des grandes banques tchèques telles que Česká spořitelna, Komerční banka (KB), ČSOB ou Raiffeisenbank. Lors de chaque retrait bancaire ou paiement par terminal de carte, la règle d’or consiste à choisir constamment l’option « Facturer en CZK » ou « Sans conversion », laissant ainsi à votre propre banque le soin d’effectuer la conversion au taux interbancaire réel.

Pour ceux qui préfèrent voyager avec des billets en Euros et effectuer leur change sur place, il convient de fuir la grande majorité des bureaux de change du centre historique qui affichent des slogans trompeurs à « 0 % de commission » tout en proposant des taux d’achat désastreux. Une adresse séculaire et hautement recommandée par les locaux comme par les voyageurs avertis fait exception : le célèbre bureau de change eXchange situé au 14/13 de la rue Kaprova, à deux pas de la place Franz Kafka et du quartier de Josefov. Dans cette artère ombragée par des Tilleuls à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles) où les Pigeons bisets (Columba livia – Rock Dove – Pigeon biset) roucoulent sur les corniches néo-Renaissance, cet établissement garantit des taux réels, transparents et sans aucune commission cachée.

Informations pratiques et conseils budgétaires : Le bureau de change eXchange (GPS : 50.0886° N, 14.4172° E, Kaprova 14/13, quartier de Josefov) est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 20h00 et le week-end de 9h00 à 19h00, facilement accessible par le métro ligne A à la station Staroměstská. En cas de doute lors d’une transaction bancaire par carte ou au distributeur, refusez toujours la conversion proposée en Euros et exigez le règlement en devises locales (CZK). Si vous utilisez un compte en ligne type Revolut ou Wise, les retraits jusqu’à un certain plafond mensuel s’effectuent sans frais de change.

Climat et météo à Prague : quand partir pour savourer la cité aux cent clochers ?

Entre le renouveau printanier, la douceur dorée de l’automne et la féerie hivernale, guide des saisons au cœur de la Bohême

S’étendant au cœur de l’Europe centrale, la région de Prague bénéficie d’un climat continental tempéré aux quatre saisons très marquées, offrant chacune un visage unique à la capitale tchèque. Pour choisir le moment idéal de son escapade, il convient de composer avec les variations de températures, l’ensoleillement et la fréquentation touristique. Au printemps, dès les mois de mai et juin, la cité s’éveille sous des températures douces oscillant entre 15 °C et 22 °C. Les parcs de la colline de Petřín et les jardins du Château se parent de fleurs éclatantes, balayés par les effluves parfumées du Lilas commun (Syringa vulgaris – Common Lilac – Lilas commun) et la fraîcheur verdoyante du Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles). C’est la période idéale pour arpenter les ruelles pavées de Malá Strana et flâner sur le Pont Charles sans souffrir des fortes chaleurs.

En été, durant les mois de juillet et août, le thermomètre grimpe fréquemment entre 25 °C et 30 °C sous un soleil généreux, parfois ponctué d’orages locaux rafraîchissants. Dans le ciel azur au-dessus des spires de la Vieille Ville, le vol vif du Martinet noir (Apus apus – Common Swift – Martinet noir) rythme les chaudes journées, tandis que les terrasses au bord de la Vltava et les parcs ombragés offrent de précieuses oasis de fraîcheur. L’automne (septembre et octobre) constitue l’une des plus belles saisons pour visiter la capitale. Les journées restent ensoleillées et agréables, avec des moyennes autour de 15 °C à 18 °C en septembre, accompagnées par le phénomène poétique de la « Prague dorée » (Zlatá Praha), lorsque les feuillages des forêts environnantes et des collines se teintent d’ocre et de pourpre.

Enfin, l’hiver (de novembre à février) plonge la ville dans une ambiance romantique et mystique sous des températures plus rigoureuses oscillant entre -2 °C et 4 °C. Lorsque les flocons saupoudrent les toits de tuiles et les clochers baroques, le paysage prend des airs de conte de fées, sublimé en décembre par l’atmosphère féerique des marchés de Noël (Vánoční trhy) sur la Place de la Vieille Ville et la Place Venceslas. Bastien, Nadège et Margot apprécient tout particulièrement les mois de mai, juin et septembre, qui combinent une météo très agréable pour marcher des kilomètres, des journées lumineuses et une atmosphère plus sereine pour explorer les trésors de Bohême.

Informations pratiques et conseils météo : La capitale tchèque (GPS : 50.0875° N, 14.4213° E) se visite agréablement toute l’année à condition d’adapter sa garde-robe : prévoyez des vêtements de mi-saison légers et une veste coupe-vent au printemps et en automne, des habits légers et une protection solaire en été, ainsi que des manteaux chauds, bonnet et gants pour braver le froid hivernal. Pour consulter les prévisions météorologiques en temps réel et les bulletins climatologiques de l’Institut hydrométéorologique tchèque, visitez www.chmi.cz, le site officiel www.prague.eu

Budget et dépenses pour 4 personnes à Prague : guide financier, tarifs et astuces pour un séjour en famille ou entre amis

De l’hébergement aux repas traditionnels, anticipation des coûts quotidiens pour explorer la capitale tchèque sereinement et sans contrainte

En planifiant notre séjour à quatre personnes au cœur de la cité aux cent clochers, nous constatons rapidement que Prague demeure l’une des capitales européennes offrant l’un des meilleurs rapports qualité-prix, à condition d’anticiper clairement les postes de dépenses majeurs. Pour un groupe de quatre personnes, il convient de prévoir un budget moyen oscillant entre 200 € et 320 € par jour au total (soit environ 5 000 CZK à 8 000 CZK par jour pour l’ensemble du groupe), couvrant l’hébergement, les repas au restaurant ou l’épicerie en autonomie, les transports urbains et les entrées aux sites culturels. Pour un séjour classique de 3 à 4 jours, l’enveloppe globale sur place s’établit généralement entre 800 € et 1 300 € pour quatre personnes, hors frais de transport principal pour rejoindre la République tchèque.

Le premier poste de dépense concerne le logement, où la réservation d’un appartement complet en location ou d’une chambre familiale dans un établissement comme l’Hôtel Carol à Vysočany revient généralement entre 100 € et 160 € par nuit (environ 2 500 CZK à 4 000 CZK). Côté gastronomie, la nourriture s’avère particulièrement abordable si l’on alterne entre les menus du jour (denní nabídka) au déjeuner autour de 250 CZK à 350 CZK par personne (environ 10 € à 14 €) et les dîners dans des tavernes médiévales ou brasseries traditionnelles comme U Krále Brabantského, le Santini Garden ou le Lokál Dlouháá où un repas complet arrosé d’une bière locale coûte environ 450 CZK à 700 CZK par convive (18 € à 28 €). L’approvisionnement autonome sur les marchés fermiers comme celui de Náplavka ou dans les supermarchés locaux permet d’alléger encore la facture des repas quotidiens.

Les déplacements dans la capitale restent d’une grande sobriété budgétaire grâce au réseau de transports publics PID, où le pass 24 heures illimité coûte 120 CZK par personne (environ 5 €) ou 330 CZK pour 72 heures (environ 13,50 €), soit une dépense totale d’environ 20 € par jour pour notre groupe de quatre. Pour les visites incontournables, comptez 450 CZK par adulte (environ 18 €) pour le circuit complet du Château de Prague (Cathédrale Saint-Guy, Ancien Palais Royal et Ruelle d’Or), 190 CZK par personne (environ 8 €) pour monter à la galerie panoramique de la Tour Poudrière, et 150 CZK (environ 6 €) pour découvrir la somptueuse bibliothèque du Monastère de Strahov avec son supplément photo de 50 CZK. Enfin, une parenthèse insolite comme une séance privée au Beer Spa avec bière Krušovice® à volonté demande une enveloppe dédiée d’environ 2 500 CZK à 3 500 CZK pour le groupe (100 € à 140 €).

Tout au long de nos pérégrinations sur les grandes avenues bordées de Tilleuls à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles) où vole le Moineau domestique (Passer domesticus – House Sparrow – Moineau domestique), la maîtrise du budget se fait sans contrainte, notamment grâce à la possibilité d’utiliser les 35 Go de Data inclus dans le forfait européen Free ou en effectuant nos retraits en Couronnes tchèques (CZK) au distributeur sans conversion dynamique. Bastien, Nadège et Margot profitent ainsi d’une expérience riche et équilibrée où la beauté du patrimoine pragois s’associe à une gestion financière très sereine.

Informations pratiques et conseils : Pour retrouver l’ensemble des tarifs mis à jour des transports et des musées nationaux à Prague (GPS : 50.0875° N, 14.4213° E), visitez les sites officiels www.pid.cz, www.prague.eu, www.hrad.cz

Les pépites incontournables aux portes de Prague : escapades à moins de 30 kilomètres de la capitale

Du nid d’aigle gothique de Karlštejn aux romantiques ruines d’Okoř et au parc féerique de Průhonice, traversée au cœur de la Bohême centrale

À moins de 30 kilomètres au sud-ouest de Prague, notre première escapade hors de la capitale nous mène au spectaculaire Château de Karlštejn (Hrad Karlštejn), majestueusement dressé sur son promontoire calcaire au-dessus de la vallée boisée de la Berounka. Édifié en 1348 par l’empereur Charles IV pour abriter les joyaux de la couronne du Saint-Empire romain germanique et les saintes reliques, ce nid d’aigle gothique impressionne par la puissance de ses donjons étagés et la splendeur de sa Grande Tour renfermant la sublime Chapelle de la Sainte-Croix. En grimpant la ruelle pavée bordée de Tilleuls à petites feuilles (Tilia cordata – Small-leaved Lime – Tilleul à petites feuilles), nous apercevons dans les falaises du karst bohémien le vol majestueux du Grand Corbeau (Corvus corax – Common Raven – Grand Corbeau) planant au-dessus des murailles médiévales. Bastien, Nadège et Margot restent émerveillés devant cette forteresse légendaire qui incarne toute la grandeur de la Bohême médiévale.

À seulement 15 kilomètres au sud-est du centre-ville, nous poursuivons notre découverte vers le Domaine de Průhonice (Průhonický park), un site d’exception classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce chef-d’œuvre d’art paysager, façonné à la fin du XIXe siècle par le comte Arnošt Emanuel Silva-Tarouca le long des méandres du ruisseau Botič, déploie sur plus de 250 hectares un parc botanique romantique où se reflète un Château néo-Renaissance féerique. En arpentant les sentiers ombragés entre les étangs miroitants et les massifs centenaires de Rhododendron (Rhododendron sp. – Rhododendron – Rhododendron), nous observons sur les berges tranquilles le vol étincelant d’un Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis – Common Kingfisher – Martin-pêcheur d’Europe) rasant la surface de l’eau où nagent paisiblement des Canards colverts (Anas platyrhynchos – Mallard – Canard colvert).

Pour clore cette sublime boucle autour de Prague, nous mettons le cap à 15 kilomètres au nord-ouest vers la paisible vallée de Zákolany pour admirer les romantiques ruines du Château d’Okoř (Hrad Okoř). Fondé au XIVe siècle puis remanié dans un style gothique et baroque, cet ancien bastion conserve une majestueuse tour éventrée qui se dresse fièrement au milieu d’un vallon verdoyant. C’est une étape champêtre idéale pour pique-niquer au grand air, bercés par le chant de la nature et le vol circulaire de la Buse variable (Buteo buteo – Eurasian Buzzard – Buse variable) patrouillant au-dessus des prairies environnantes.

Informations pratiques et visite : Le Château de Karlštejn (GPS : 49.9392° N, 14.1883° E) est accessible très facilement en 40 minutes de train direct (ligne S7) depuis la gare centrale de Prague. Les visites guidées intérieures coûtent environ 270 CZK à 300 CZK par adulte (environ 12 € ; réservation en ligne très vivement recommandée pour la Chapelle de la Sainte-Croix sur www.hrad-karlstejn.cz). Le Parc de Průhonice (GPS : 50.0003° N, 14.5583° E) est ouvert tous les jours dès 7h00 ou 8h00 jusqu’à 19h00 ou 20h00 en saison, l’accès au parc coûtant 140 CZK à 180 CZK par adulte (environ 6 € à 7 €, infos sur www.pruhonickypark.cz). Enfin, les ruines du Château d’Okoř (GPS : 50.1641° N, 14.2553° E) se visitent d’avril à novembre pour environ 100 CZK par adulte (environ 4 €, précisions sur www.prague.eu). Retrouvez l’ensemble de nos itinéraires et conseils d’escapades autour de la capitale sur notre site www.voyageavecnous.com.

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NERUDOVA STREET – 2005

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eglise Saint nicolas 2005

CROISIERE SUR LA VLATVA 2005

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Place Na Příkopě PRAGUE 2005

NARODNI DIVALDO 2005

OBECNI DUM 2005

PONT CHARLES 2005

STAROMETSKE NAMESTI PRAGUE 2005

BASILIQUE SAINT NICOLAS 2005

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1 a réfléchi à «Prague, La cité des Mille Clochers au coeur de la Bohème- République Tchèque»

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