voyageavecnous.com

TRAVEL YOURSELF Autour du Monde

Suivez-nous partout où nous allons !

autourdumonde2023@gmail.com

La bande de Caprivi : corridor sauvage, carrefour d’eaux et de peuples Namibie

15
700092459_1518067873445905_710894968080824093_n

🌿 Popa Falls, Bande de Caprivi – Là où l’Okavango se brise en rapides

ITINERAIRE

Nous quittons Rundu à l’aube, quand le fleuve s’efface encore dans la brume et que la chaleur n’a pas encore sculpté la route. La B8 road, grande artère qui traverse l’est namibien, déroule devant nous ses plaines sableuses et ses arbres épars. Nous suivons son fil jaune à travers le Kavango East Region, franchissant villages et clôtures vétérinaires, observant au passage la vie quotidienne qui s’accroche aux bords de la piste : vendeuses assises à l’ombre des manguiers, enfants qui vagabondent entre les maisons de terre, bergers guidant lentement leurs troupeaux vers les pâturages.

Le trajet vers la région de Mahango Core Area s’étire sur un peu plus de deux cents kilomètres. Selon l’état de la route et les arrêts que nous faisons pour regarder, écouter ou photographier, il faut compter environ trois heures de conduite.

Peu avant d’atteindre la zone humide proprement dite, nous marquons un arrêt à Popa Falls, ce passage court mais saisissant du fleuve Okavango River où la rivière se heurte à un rebord rocheux et se fragmente en rapides. Contrairement à ce que laisse entendre leur nom, il ne s’agit pas de chutes spectaculaires mais d’une série de rapides formés par une barrière de quartzite. L’eau y perd seulement quelques mètres d’altitude — généralement entre deux et quatre mètres selon la saison — mais la rugosité du relief transforme le courant en cascades sonores et en remous turbulents.

#MahangoGameReserve #PopaFalls  #RunduToMahango #OkavangoKavango #BirdingNamibia #SavaneEtEaux #EcologieAfrique #VoyageNaturaliste #Bwabwata #AventureNamibienne

🌅 Quand le Kavango ralentit : notre croisière au coucher du soleil depuis le Kuvira River Camp, bande de Caprivi

En fin d’après‑midi, lorsque la lumière bascule et que la rive s’illumine d’or, nous quittons le Kuvira River Camp pour embarquer sur le fleuve. Le bateau s’éloigne doucement du ponton, glissant entre les rideaux de roseaux qui frémissent sous le vent. Dans cette partie de la Namibie, le fleuve porte le nom de Kavango, mais son rythme, sa respiration, son parfum d’eau tiède restent ceux de l’Okavango. La surface devient un miroir parfait, un lac de cuivre liquide où le ciel du soir se reflète sans un pli.

Très vite, la croisière se transforme en immersion totale dans la vie du fleuve. À mesure que nous avançons, des scènes discrètes se dévoilent, des instants que la route ne montre jamais. Des groupes d’hippopotames d’Afrique Australe  émergent lentement, leurs silhouettes massives se découpant dans la lumière rasante. Certains lèvent la tête pour laisser échapper un grondement sourd, comme un rappel que le fleuve leur appartient. Plus loin, des crocodiles immobiles reposent sur les bancs de sable, seuls les yeux et les narines visibles, parfaitement alignés avec la surface.

Autour de nous, le Kavango déploie sa richesse aviaire. Les hérons guettent dans les eaux peu profondes, les guêpiers traversent l’air comme des éclats de lumière, et les jacanas semblent marcher sur les nénuphars grâce à leurs doigts interminables. Parfois, la silhouette immense du Goliath heron apparaît, le plus grand héron du monde, dont le vol lent et majestueux donne à la scène une dimension presque irréelle. Les deux martins-pêcheurs pie perchés sur une branche morte, immobiles comme des sculptures, complètent ce tableau d’une précision presque picturale.

Au détour d’un méandre, la lumière rasante révélait soudain les silhouettes immobiles qui se fondaient dans la berge. Parmi elles, l’Œdicnème vermiculé se tenait figé, presque invisible, son plumage vermiculé épousant les teintes sableuses du rivage. Son immense œil jaune captait les derniers éclats du jour, rappelant que cet oiseau discret appartient au monde crépusculaire. La barre alaire claire, perceptible même aile repliée, trahissait l’espèce strictement liée aux zones humides du Caprivi. Cette rencontre silencieuse, presque furtive, ajoutait une dimension plus intime à la croisière : celle d’un fleuve où chaque détail, chaque immobilité, révèle une vie parfaitement adaptée à la frontière mouvante entre eau et terre.

C’est à ce moment‑là qu’une autre silhouette s’est détachée du fouillis des branches : celle d’un Drongo brillant, perché bien en vue, queue profondément fourchue découpée dans la lumière dorée. Il observait le fleuve avec cette intensité propre à l’espèce, prêt à fondre sur le moindre insecte avant de revenir exactement au même perchoir. Dans cette ambiance suspendue, son plumage sombre prenait des reflets métalliques, et son œil rouge semblait capter la dernière lueur du jour. Une apparition brève mais saisissante, comme un clin d’œil du fleuve à ceux qui savent regarder.

Depuis l’eau, le paysage se révèle autrement. Les plaines inondables, les îlots de végétation et les bras calmes du fleuve composent un écosystème où tout semble relié : les herbiers attirent les poissons, les poissons attirent les oiseaux, et les berges deviennent des lignes de vie où les animaux viennent boire, chasser ou simplement attendre la nuit. Les guides racontent comment les hippopotames quittent l’eau au crépuscule pour brouter, comment les crocodiles alternent soleil et immersion pour réguler leur température, et quels oiseaux profitent des mouvements de poissons provoqués par les courants.

Dans la lumière descendante, alors que le fleuve prenait cette teinte dorée qui adoucit les silhouettes, un petit groupe d’ibis hagedash a traversé le ciel du Kavango. Leur vol lourd et puissant, leurs ailes larges et arrondies, et la masse sombre de leur plumage contrastaient avec la finesse des hérons et la blancheur éclatante de l’ibis sacré. En contre‑jour, les reflets cuivrés visibles sur les couvertures alaires révélaient la forme australe de l’espèce, parfaitement adaptée aux zones humides du Caprivi. Leur passage lent, presque solennel, annonçait le retour vers un dortoir collectif, rappelant que le fleuve n’est pas seulement un paysage : c’est un axe de vie où chaque espèce suit son propre rythme, précis et immuable.

Alors que le fleuve prenait cette teinte dorée qui transforme tout, un visiteur élégant s’est avancé sur la berge : un Vanneau du Sénégal. Ses longues pattes jaunes, ses caroncules bicolores jaune et rouge, et surtout ces fines stries sombres sur le cou ne laissaient aucun doute. Il avançait lentement entre les herbes, parfaitement à l’aise dans cette lumière de fin de journée, comme s’il avait décidé de se montrer juste pour nous. Le Kavango révèle souvent des scènes discrètes… mais celle‑ci avait quelque chose de magique, presque chorégraphié par le fleuve lui‑même.

La croisière, réservée directement au camp, part en fin d’après‑midi, autour de 17 h selon la saison, et dure environ deux heures. Le temps d’accompagner la lumière dorée jusqu’aux premières teintes du crépuscule, lorsque le soleil disparaît derrière la ligne sombre des arbres et que les premières étoiles s’allument au-dessus du fleuve. Nous regagnons alors le camp dans une douceur presque silencieuse, avec l’impression d’avoir partagé, le temps d’une soirée, le rythme lent et profond du Kavango.

#AutourDuMonde #VoyageEnFamille #tourdumondeenfamille #raptor #Voyageavecnouss #travelyourself #vivreautrement #tourdumonde #traveladdict #slowtravel #slowtravelling #paysage #paysagemagnifique #paysagesmagnifiques #4×4 #4x4offroad #4x4adventure #4x4life #travelphotography #roadtrip #ontheroad #overland #overlander #overlanding #toutestpossible #allispossible #TourismeResponsable #Namibie #Namibia #namibiatourism #SunsetCruise #Kuvira #OkavangoKavango #RiverLife #WildlifeObservation #EcoTourism #MahangoReserve #CommunityTourism

🎣 Au fil du Kavango, bande de Caprivi : matinée de pêche depuis Kuvira

Le jour se lève doucement sur l’Okavango lorsque nous embarquons. La lumière est encore fragile, presque bleutée, et le fleuve respire lentement, comme s’il hésitait à sortir de la nuit. Le bateau glisse sans bruit, fendant une eau parfaitement lisse où se reflètent les premières lueurs du matin. C’est une heure suspendue, une heure où tout semble possible, où chaque branche, chaque souche, chaque ride sur l’eau peut cacher une rencontre. La pêche ici n’est jamais seulement une histoire de poissons : c’est une immersion dans un monde où la vie s’organise autour du fleuve, où chaque espèce a sa manière d’habiter l’eau, la berge, la lumière.

Très vite, les premiers habitants se montrent. Sur un tronc émergé, un Anhinga d’Afrique sèche ses ailes, les ouvrant largement comme un manteau sombre offert au soleil naissant. Son long cou serpentin, ses yeux perçants, sa silhouette élancée… tout chez lui respire la maîtrise du fleuve. Lorsqu’il plonge, il disparaît totalement, serpentant sous l’eau avec une agilité presque irréelle. On le voit réapparaître plus loin, juste la tête hors de l’eau, comme une flèche vivante.

Un peu plus loin, sur une branche fine qui se courbe au-dessus de l’eau, un martin‑pêcheur pie nous attend. Noir et blanc, immobile, parfaitement équilibré, il scrute la surface avec une concentration presque mathématique. Sa silhouette nette se découpe sur le ciel clair, et l’on sent que le moindre frémissement pourrait déclencher son plongeon vertical, fulgurant, précis. Il incarne la patience du fleuve, la beauté simple des rencontres du matin.

Dans un recoin plus calme, à l’ombre des roseaux, une petite forme trapue attire notre regard : un héron strié, posé sur une souche affleurant l’eau. Il se tient parfaitement immobile, comme sculpté dans le bois. C’est sa technique favorite : attendre, encore attendre, jusqu’à ce qu’une proie passe à portée. Sa petite taille, ses pattes jaunes, son plumage gris‑bleuté se fondent dans les reflets dorés de la végétation aquatique. Rien chez lui n’est ostentatoire. Il est discret, précis, presque invisible pour qui ne sait pas regarder. Son mimétisme est remarquable : ses couleurs se confondent avec les teintes du bois mort, les ombres des roseaux, les éclats du soleil sur l’eau. Pour les poissons, il n’est qu’une ombre parmi d’autres. Pour nous, il devient un secret du fleuve, un compagnon silencieux que l’on découvre seulement en prenant le temps de ralentir.

C’est dans cette ambiance suspendue qu’apparaît une silhouette fine, nerveuse, élégante : le Chevalier sylvain (Tringa glareola).

Il avance à pas rapides, presque dansants, sur le bord de l’eau. Son plumage moucheté, délicatement tacheté de blanc et de brun, capte la lumière du matin. Son œil sombre, vif, scrute chaque mouvement à la surface. On le reconnaît à cette démarche précise, à ce rythme presque musical, comme s’il suivait une partition que seul lui connaît.

Le Chevalier sylvain n’est pas un résident permanent ici. C’est un voyageur, un véritable routard des zones humides. Il traverse continents et saisons, reliant les terres nordiques de sa reproduction aux plaines africaines où il trouve refuge. Le voir là, devant nous, c’est comme surprendre un chapitre de son immense migration, un instant volé à son périple.

Il s’arrête, incline légèrement la tête, puis repart d’un pas vif. Parfois, il s’élance sur quelques mètres, ailes serrées contre le corps, avant de reprendre sa quête silencieuse. Sa présence apporte une élégance discrète au paysage, une note de finesse dans ce décor de marais et de lumière.

Autour de lui, la vie s’éveille lentement. Les roseaux bruissent, un héron s’envole, les premiers cris d’ibis résonnent. Mais c’est lui, ce petit chevalier solitaire, qui attire notre regard. Peut‑être parce qu’il incarne le mouvement, le voyage, la liberté. Peut‑être parce qu’il nous rappelle que chaque halte, même brève, a sa beauté.

Dans la lumière dorée du matin, le Chevalier sylvain poursuit sa route, insaisissable et gracieux. Et nous, simples observateurs, nous avons la chance d’être témoins de son passage.

Pendant que les oiseaux se succèdent, les lignes sont lancées. Ici, dans cette partie du fleuve, on peut espérer croiser le tigerfish, célèbre pour ses dents acérées et ses attaques fulgurantes, le nembwe puissant et combatif, le three‑spot tilapia plus calme mais très présent, ou encore le catfish massif et imprévisible, souvent tapi dans les zones plus profondes. Ce matin‑là pourtant, rien ne mord. Pas un frémissement, pas une tension sur la ligne. Le fleuve décide parfois de garder ses secrets, et c’est très bien ainsi. La pêche devient alors un prétexte : un prétexte pour écouter, pour regarder, pour se laisser porter par la lumière et les reflets.

Nous rentrons bredouilles, mais avec cette sensation rare d’avoir vécu quelque chose de précieux. La pêche n’a pas donné de poissons, mais elle a offert bien plus : le silence du fleuve, la lenteur du matin, la présence des oiseaux, la beauté simple d’être là. Sur l’Okavango, la réussite ne se mesure pas au poids d’une prise, mais à la richesse de ce que l’on a vu, entendu, ressenti. Et cette matinée restera comme l’une de celles où le fleuve nous a tout donné — sauf un poisson.

 Immersion chez les Khwe : mémoire vivante du Caprivi

ITINERAIRE

Le lendemain de notre arrivée au Kuvira River Camp, nous suivons les conseils avisés de Barbara et quittons le fleuve pour rejoindre un village Khwe. La piste s’enfonce dans une savane ouverte, ponctuée de bosquets et de palmiers makalani, et très vite le paysage change de rythme. Ici, tout semble respirer plus lentement, comme si le temps lui-même avait décidé de s’étirer pour laisser place à l’histoire.

Les Khwe, l’un des peuples San de la région, vivent depuis des millénaires dans ces plaines bordées d’eau. Leur présence précède les frontières, les États, les routes et même les langues dominantes d’Afrique australe. Ils sont les gardiens d’un savoir ancien, d’une manière d’habiter le monde qui repose sur l’observation, l’écoute, la mobilité et une connaissance intime des plantes, des animaux et des cycles saisonniers.

#️⃣ Hashtags #voyageavecnous #namibia #caprivi #khwe #sanpeople #culture #anthropology #linguistics #heritage #travelafrica #familytrip #roadtripafrica #discovernamibia #zambezi #mahango #popafalls #kuvirarivercamp #voyageafrique #africaculture #indigenousvoices #preservetraditions #travelwithkids #adventurefamily #africanhistory #oraltradition

🌅Glisser sur l’eau : excursion en mokoro dans le panhandle de l’Okavango Bande de Caprivi

Le jour vient à peine de se lever lorsque nous glissons nos pas dans l’herbe encore humide. Devant nous, la rivière s’étire comme un long souffle tranquille, un miroir où se reflètent les arbres, les roseaux et les premières lueurs du matin. L’air est frais, presque immobile, et tout semble retenir son souffle, comme si le fleuve attendait que nous fassions le premier geste.

Le mokoro nous attend, étroit, taillé dans un tronc, fragile en apparence mais porté par des siècles de savoir-faire. C’est l’embarcation traditionnelle des peuples riverains : un canoë silencieux, pensé pour se faufiler dans les herbes hautes, pour glisser sur quelques centimètres d’eau, pour approcher la vie sauvage sans la brusquer. On comprend vite que ce n’est pas un bateau, mais une manière d’habiter le fleuve.

S’y installer relève presque du rituel. On avance un pied, puis l’autre, en retenant son souffle. Le bois craque légèrement, l’eau s’invite déjà, froide, contre nos vêtements. Très vite, nos postérieurs sont trempés, et le mokoro tangue comme s’il testait notre équilibre, notre patience, notre confiance. Mais une fois assis, une fois acceptés par cette coque fine, quelque chose change. Le monde ralentit.

Le guide se dresse à l’arrière, long bâton en main, silhouette immobile avant le premier mouvement. Puis il pousse, doucement, et le mokoro s’arrache au rivage dans un glissement presque imperceptible. Pas de moteur, pas de bruit, pas de remous. Juste un froissement d’herbes, un léger clapotis, et cette sensation étrange de flotter au-dessus d’un monde invisible.

L’eau est si peu profonde qu’on distingue parfois les tiges, les racines, les ombres mouvantes sous la surface. Par endroits, elle devient un tapis de reflets où le ciel se mêle aux herbes, où les arbres se dédoublent, où l’on ne sait plus très bien où commence la rive et où finit le fleuve. Le silence devient une matière, presque palpable, seulement troublé par un appel d’oiseau, un bruissement dans les roseaux, un souffle venu des arbres.

Nous avançons lentement, comme suspendus entre deux mondes : celui de l’eau et celui de la terre. Et déjà, la faune s’annonce — discrète, attentive, parfois immobile, parfois surgissant comme une apparition. Le mokoro nous transforme en visiteurs acceptés, tolérés, presque invisibles.

C’est ainsi que commence notre matinée sur l’Okavango : les vêtements mouillés, les sens en éveil, et cette impression rare d’entrer dans un espace où tout vit, tout observe, tout respire.

Nous prenons le temps d’observer notre environnement. Le mokoro avance si lentement qu’il semble parfois immobile, suspendu entre l’eau et le ciel. Autour de nous, les herbes aquatiques dessinent des couloirs souples où la lumière s’accroche.

Les papyrus oscillent comme des plumes géantes, et les nénuphars blancs ouvrent leurs corolles blanches au-dessus de l’eau sombre. Par endroits, des fleurs d’un violet éclatant, Ipomoea aquatica, émergent entre les tiges fines, leurs reflets parfaits doublant leur présence comme une illusion.

C’est un monde miniature, fragile, où chaque détail compte.

C’est alors qu’une petite silhouette écarlate attire notre regard : une libellule rouge, Trithemis arteriosa ou Trithemis pourpré ou Red-veined Dropwing immobile sur une tige émergée. Son corps fin, presque translucide dans la lumière, capte chaque rayon du matin. Ses ailes vibrent imperceptiblement, comme prêtes à s’ouvrir sur un éclat de verre. Elle appartient à ces espèces qui ne se laissent approcher qu’en silence, et le mokoro, par sa lenteur, nous offre ce privilège.

Autour d’elle, les herbes aquatiques ondulent doucement, et les fleurs violettes qui émergent de l’eau semblent répondre à sa couleur vive. Le fleuve devient un jardin suspendu, un monde miniature où chaque détail — une tige, un reflet, un insecte — raconte la vie du delta.

Plus loin, les nénuphars se multiplient, certains encore fermés, d’autres déjà ouverts, offrant leur cœur jaune aux insectes. Une abeille tourne autour d’une fleur, hésite, puis se pose, disparaissant presque dans la blancheur des pétales. Le fleuve devient un jardin flottant, un patchwork de couleurs et de textures où chaque plante raconte une histoire d’eau, de lumière et de survie.

Le mokoro glisse toujours, sans bruit. Le guide lit le paysage comme un livre ouvert : il connaît les passages, les zones profondes, les bancs de sable invisibles, les herbes qui coupent, celles qui nourrissent, celles qui abritent. Nous, nous apprenons à regarder autrement. À voir ce qui d’habitude échappe. À reconnaître les signes minuscules d’un monde qui vit à quelques centimètres de la surface.

Et dans cette lente progression, la faune se révèle peu à peu — parfois discrète, parfois éclatante, toujours inattendue.

Le mokoro glisse doucement entre les nénuphars encore perlés de rosée. L’air est frais, presque silencieux, juste troublé par le froissement des herbes et le clapotis du pôle qui fend l’eau. Le soleil commence à peine à toucher les papyrus, et tout semble sortir du sommeil en même temps que nous.

Un mouvement soudain dans les roseaux, un éclat de couleur, et le premier oiseau du matin se révèle : un Guêpier nain austral, minuscule bijou posé sur une tige fine au-dessus de l’eau. Son plumage semble irréel dans la lumière naissante : vert éclatant sur le dos, jaune doré sur la gorge, un trait noir comme tracé à l’encre autour de l’œil, et ce ventre chaud qui capte chaque reflet du soleil du matin.

Il reste là, immobile, comme suspendu. Puis il lance un petit cri sec, presque métallique, avant de s’élancer d’un battement d’ailes pour capturer un insecte au vol. Sa trajectoire est nette, précise, un trait de couleur qui traverse le silence. Il revient se poser exactement au même endroit, comme si le mokoro n’existait pas, comme si nous étions transparents.

Dans cette lumière douce, le Guêpier nain ressemble à un fragment de tropique posé sur un fil d’herbe. Une apparition brève, parfaite, qui disparaît aussi vite qu’elle est venue.

C’est à ce moment-là qu’un Vanneau à tête blanche (Vanellus albiceps)** apparaît sur un petit banc de sable, parfaitement immobile, comme sculpté dans la lumière du matin. Sa calotte blanche brille déjà, ses longues caroncules jaunes vibrent légèrement, et son ventre sombre contraste avec la pâleur du jour naissant. On sent qu’il surveille son territoire, prêt à défendre son nid posé quelque part sur cette langue de sable chauffée par la nuit.

Un peu plus loin, dans les herbes hautes qui bordent le chenal, deux silhouettes noir et blanc se déplacent ensemble, inséparables. Ce sont des Gonoleks bicolores (Laniarius bicolor)**, les duettistes secrets de l’Okavango. Ils avancent par petites touches, disparaissent, réapparaissent, toujours côte à côte, comme s’ils répétaient en silence leur chant parfaitement synchronisé. Leur plumage est un contraste absolu : noir profond au-dessus, blanc pur en dessous, une élégance presque graphique dans cette lumière douce.

Le mokoro continue sa route, et nous, on se laisse porter par cette tranquillité du matin, par ces rencontres discrètes mais intenses, par cette impression d’être seuls au monde dans un delta qui s’éveille lentement. L’Okavango respire autour de nous, et on se dit qu’on vient de vivre un moment suspendu, un de ceux qui donnent envie de recommencer demain.

#MokoroExperience #OkavangoPanhandle #Kuvira #DeltaNamibien #VoyageNaturaliste #KavangoRiver #NamibiaWildlife #SlowTravel #EcotourismeAfrique #DeltaDeLOkavango

🐘 Safari dans la Bwabwata Game Reserve Core Mahango, Caprivi

ITINERAIRE

Le lendemain, nous quittons le Kuvira Camp alors que la lumière hésite encore entre l’or et l’argent. Le fleuve respire doucement, dépose une brume légère au ras de l’eau, et les palmiers se découpent comme des ombres chinoises. Un dernier café face à l’Okavango, puis nous glissons vers le sud. À peine douze kilomètres plus loin, la Core Area Mahango du Bwabwata National Park apparaît, posée entre savane et rivière comme une frontière vivante, un lieu où l’on sent immédiatement que la nature a gardé l’avantage.

L’entrée du parc est modeste, presque intime : un petit bâtiment aux couleurs poussiéreuses, quelques panneaux d’information, un garde souriant qui nous accueille avec la nonchalance de ceux qui vivent au rythme des éléphants. Les formalités sont simples, les droits d’accès clairement affichés, 200 NAD par adulte, 150 NAD par enfant et 60 NAD pour le véhicule, et la barrière se lève dans un grincement doux qui ouvre la voie à une journée entière d’exploration. À partir de là, la piste devient notre fil conducteur, serpentant entre les forêts sèches du Kalahari et les zones humides nourries par l’Okavango, deux mondes qui se rencontrent ici sans jamais s’opposer.

🏞️ #MahangoGameReserve #Okavango #NamibieSauvage #SafariExperience #ElephantsOfAfrica #WildNamibia #NatureImmersion

Bwabwata National Park Core Kwando: immersion dans un sanctuaire sauvage au fil du Kwando dans la Bande de Caprivi

ITINERAIRE

Nous quittons le camp Kuvira à l’aube, l’air encore suspendu entre les rose-oranges du lever et l’humidité des bras de la rivière Kwando. Notre itinéraire nous conduit en traversée au cœur du Bwabwata National Park, un vaste espace protégé de plus de 5 000 km² sur lequel la nature s’étale sans retenue, où la faune circule librement entre fleuves et savanes, et où l’histoire humaine laisse ses traces. Notre obejectif aujourd’hui la décuoverte du Core Kwando !

Au départ du Kuvira River Camp, nous faisons une courte halte à Divundu pour quelques courses indispensables avant de rejoindre le Bush Camp by Camp Kwando. Le Choppies et le Shoprite s’imposent comme étape pratique : étals bien organisés, produits frais et large choix de viandes, parfait pour le barbecue du soir. Nous sélectionnons quelques pièces de bœuf , ainsi que légumes et condiments, de quoi composer un dîner simple mais savoureux au cœur de la brousse.

#Divundu #MetroCashAndCarry #BushCamp #CampKwando #RoadTripNamibia #OverlandAdventure #SelfDriveNamibia #WildlifeEtCulture #NamibieNature

🌾 Quitter le sanctuaire pour la poussière de Kongola

Au petit matin, la lumière glisse encore entre les acacias lorsque nous replions le camp. L’air est frais, presque piquant, et le Kwando respire doucement derrière son rideau de roseaux et de papyrus. Quitter le Bush Camp by Camp Kwando, c’est refermer une parenthèse de silence total, une immersion où seule la nature dictait le rythme. Mais la piste de sable blanc nous appelle, serpentant entre les buissons bas et les arbres à mopane.

La sortie se fait tranquillement, le 4×4 ouvrant la voie dans un sable meuble encore marqué par les traces nocturnes de la faune. À Kongola, carrefour stratégique de la Bande de Caprivi, l’ambiance change radicalement. Une halte s’impose à la station-service, point névralgique où voyageurs au long cours et habitants se croisent dans un ballet de moteurs, de rires et de poussière. On y fait le plein de gasoil, on complète les provisions, on vérifie les réserves d’eau sous un soleil qui commence déjà à chauffer le bitume.

Juste à côté de la pompe, un petit centre artisanal attire l’œil. Sous des abris de bois et de chaume, les artisans locaux exposent le fruit de leur patience : sculptures de bois sombre, paniers tressés aux motifs géométriques complexes, tissus colorés qui claquent légèrement au vent. C’est un lieu de passage, mais aussi un lieu d’échanges, où l’on prend le temps de discuter de la route, des pistes, des pluies, des animaux croisés la veille.

C’est là, entre les étals et les pompes à essence, que l’oiseau qui nous accompagne attire notre attention : un Choucador de Meves (Lamprotornis mevesii). On le distingue immédiatement des autres choucadors par sa queue nettement plus longue et graduée, ainsi que par ses reflets métalliques qui passent du bleu violacé au bronze selon l’inclinaison de la lumière. Typique des zones boisées de mopane et des plaines inondables du Caprivi, il se déplace avec une aisance presque féline, sautillant entre les briques et les feuilles sèches, parfaitement à l’aise dans ce décor mêlant vie locale et passage de voyageurs.

Ses yeux sombres nous observent un instant, curieux, avant qu’il ne s’éloigne d’un pas vif, happé par un éclat de lumière ou un insecte invisible. Une rencontre simple, mais révélatrice de la richesse du Caprivi : ici, même une station-service devient un lieu d’observation.

L’endroit possède ce charme brut des points de passage africains : un mélange de pragmatisme logistique et de poésie spontanée. On y trouve ce qu’il faut pour continuer la route, mais aussi un peu plus — un sourire partagé, un échange sur l’état des pistes, ou cet éclat de nacre sur l’aile d’un oiseau qui raconte, à sa manière, la vie du fleuve.

Une fois le plein fait, la route goudronnée s’ouvre à nouveau, rectiligne, fendant la savane. Le Kwando s’éloigne dans notre rétroviseur, mais l’aventure continue.

Au cœur du parc national de Mudumu – Un safari entre savane, marécages et mémoire vivante

ITINERAIRE

Le lendemain, nous quittons Camp Kwando à l’aube pour une journée d’exploration dans le parc national de Mudumu. Cette vaste étendue protégée, créée en 1990, s’étire sur 75 000 hectares de terres plates et humides, au cœur de la région de la Zambezi, anciennement appelée Caprivi Strip. Ici, la Namibie se resserre en un long couloir de terre entre l’Angola, le Botswana et la Zambie. Ce territoire singulier, marqué par la présence des grands fleuves africains — l’Okavango, le Kwando, le Linyanti et la Zambezi — abrite une biodiversité exceptionnelle et une culture humaine tout aussi riche.

#Namibie #MudumuNationalPark #KwandoRiver #SafariAfrique #ZambeziRegion #VoyageResponsable #FauneSauvage #EthniesNamibie #Ecotourisme #RuparaCamp #AventureAfrique #NatureNamibie #WildlifeConservation #AfricanLandscape #VoyageEnNamibie

Nkasa Rupara : le cœur sauvage du Zambèze namibien

À l’aube, la brume flotte encore sur les eaux tranquilles du Kwando lorsque nous quittons notre tente au Rupara Rest Camp. L’air est chargé de cette humidité caractéristique des plaines inondables, où le chant des bulbuls, des go-away birds et des pintades s’entremêle au grondement lointain d’un hippopotame. La piste sableuse s’enfonce dans un labyrinthe de roseaux et de palmiers sauvages : c’est le début d’une journée de découverte du parc national de Nkasa Rupara, l’un des sanctuaires les plus préservés de Namibie.

#NkasaRupara #NamibieSauvage #CapriviStrip #SafariAfriqueAustrale #KwandoRiver #KAZA #VoyageResponsable #Conservation #WuparoConservancy #BirdwatchingNamibia #ElephantsOfAfrica #RuparaRestCamp #NatureEtAventure

FAUNE ET FLORE

Touraco à huppe grise

hippopotames d’Afrique australe

pintades de Numidie dans leur forme nominale australe

Cratéropes flèchés

choucadors de Meves

roussette épaulettée

Bulbul tricolore

Gobemouche‑pie

Loutre à joues blanches

Vanneau du Sénégal

Drongo brillant

martins-pêcheurs pie

ibis hagedash

Œdicnème vermiculé

hippopotames d’Afrique Australe

impalas

zèbres de Burchell

Vanneau armé

Cobe de lechwe (Kobus leche)

Dendrocygne veuf

Héron cendré (Ardea cinerea)

Grandes Aigrettes (Ardea alba)

Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)

Rollier à longs brins

Choucador de Burchell,

calao à bec jaune du Sud

choucador de Meves

Vanneau à tête blanche

Phacochère de Sundevall

Grand koudou

Varan du Nil

Aigle pêcheur d’Afrique

Ombrette africaine

Grues caronculées

Jacana à poitrine dorée

autruche d’Afrique australe

Vervet bleu

Crabier chevelu

Calao de Bradfield

Girafes d’Angola

éléphants d’Afrique d’Australe

Calaos à bec rouge du Sud

Jabiru d’Afrique

Circaète brun

Bateleur des savanes

Anhinga d’Afrique

héron strié

Chevalier sylvain

Trithemis arteriosa

nénuphars blancs

Ipomoea aquatica

Guêpier nain austral,

Vanneau à tête blanche (Vanellus albiceps)

Gonoleks bicolores

cratérope fléché

babouins chacma du Nord

gnou bleu à barbe noire

Piquebœufs à bec rouge — Buphagus erythrorhynchus.

Cobe à croissant du Zambeze

Cossyphe à sourcils blancs

Bec‑ouvert africain (Anastomus lamelligerus)

guêpiers à front blanc

Jacana nain

Talève d’Afrique (Porphyrio madagascariensis)

francolin à gorge rouge

calao de Damara

Héron goliath

Calao gris d’Afrique

Outarde kori

Francolins de Swainson

Francolins à cou blanc

Pygargue vocifère – Haliaeetus vocifer

Vautour africain – Gyps africanus

Pic à dos d’or – Chloropicus capensis

Buffle du Cap – Syncerus caffer caffer

RUSHS SHORTS REELS & PODCASTS

VIDEOS  

AUTRES ARTICLES SUR la Namibie à DISPOSITION :

Vous trouverez sur ce site de nombreux articles qui traitent des lieux à ne pas manquer en Namibie.
vous pouvez faire une recherche par nom de ville en utilisant la loupe en haut à droite ou retrouver la liste complète en suivant ce lien : ARTICLES VILLES DE LA NAMIBIE

LODGES & RESTAURATION

Toutes les informations, par région sur la gastronomie namibienne en suivant ce lien : La Cuisine namibienne

Kuvira River Camp – Là où le Caprivi ralentit le temps

Après cette journée interminable sur la B8, marquée par la chaleur, la poussière et les soucis mécaniques du Raptor qui a choisi le 1er mai pour faire sa grève, nous reprenons enfin la route. Le soleil descend lentement, la lumière devient dorée, et la fatigue accumulée se dissout peu à peu dans l’air tiède du Zambèze. C’est dans cet état d’esprit, entre lassitude et soulagement, que nous atteignons le Kuvira River Camp, un lieu qui semble avoir été imaginé pour accueillir les voyageurs épuisés.

Dès que nous descendons du véhicule, quelque chose change. Barbara et son équipe nous accueillent avec cette douceur typique du Zambèze : un sourire franc, une poignée de main chaleureuse, quelques questions sur la route, un intérêt sincère pour notre journée. Ici, on ne reçoit pas des clients, on accueille des familles, des histoires, des voyageurs qui ont traversé la poussière et les imprévus. Le camp respire la tranquillité. Le jardin est soigné, les arbres filtrent la lumière, la terrasse s’ouvre directement sur le fleuve, et le silence africain s’installe, fait de murmures d’eau et de bruissements de brousse.

Le Zambèze s’écoule juste devant nous, large, lent, presque hypnotique. Nous restons là, simplement assis, à regarder les mouvements de l’eau, les reflets changeants, les oiseaux qui traversent le ciel immense. Le fleuve n’est jamais vraiment immobile ; il respire, il raconte, il accompagne. Entre ce ciel infini et ce ruban liquide qui glisse doucement, on se sent minuscule mais parfaitement à notre place. La journée mécanique s’efface d’un coup, comme si le fleuve absorbait tout ce qui pesait encore.

Nos chambres prolongent cette sensation de douceur. Elles sont spacieuses, simples, propres, ouvertes sur la nature, avec une terrasse qui donne directement sur le fleuve. La salle de bain privée, avec sa douche chaude, devient un luxe absolu après la route. La nuit promet d’être paisible : juste le murmure du fleuve, quelques sons de brousse, et cette impression d’être loin de tout mais exactement là où l’on doit être.

Au Kuvira River Camp, la demi‑pension n’est pas un simple arrangement pratique : c’est une invitation à ralentir, à s’asseoir face au fleuve, à laisser la lumière du soir glisser sur l’eau pendant que la cuisine s’anime doucement derrière la terrasse en bois. Ici, les menus changent chaque jour, selon l’inspiration du chef, les produits disponibles et l’humeur du camp. Rien n’est figé, tout est vivant, comme le Kavango qui coule à quelques mètres.

butternut soup

Le restaurant du camp est une expérience à part entière. On y mange face à l’eau, dans une lumière qui change à chaque minute, passant du doré au rose, puis au bleu profond lorsque la nuit s’installe. La soupe de courge, servie certains soirs, est un velouté délicat, parfumé, réconfortant, qui ouvre le repas avec douceur. Les bruschettas grillées, les tomates au fromage, les pavés de kudu parfaitement cuits, le chicken schnitzel croustillant… tout est préparé avec soin, générosité et simplicité. kudu filletLe petit‑déjeuner n’est pas en reste : pain maison encore tiède, charcuterie, yaourts, fruits frais, œufs au plat ou omelette selon l’envie du moment. On mange en regardant l’eau glisser, en observant les reflets du soleil, en écoutant les histoires silencieuses du fleuve.

Lors de notre second dîner, la soirée commence par une entrée fraîche : une tomate tranchée accompagnée d’une frirlage légèrement relevée, mélange de légumes sautés et d’aromates qui apporte une touche de chaleur et de couleur. Une assiette simple, mais parfaitement équilibrée, qui ouvre l’appétit sans l’alourdir.

Puis vient le plat principal, et avec lui l’un des grands classiques de l

a cuisine namibienne : le filet d’oryx. Saisi à feu vif, reposé juste ce qu’il faut, il arrive dans l’assiette avec une croûte fine et caramélisée, révélant un cœur tendre, juteux, d’un rouge sombre magnifique. La viande, douce et légèrement sucrée, raconte à chaque bouchée la noblesse de cet animal du désert, parfaitement adapté aux terres arides du pays.

oryx fillet

Le filet est accompagné de braatkartoffeln dorées, croustillantes à l’extérieur et fondantes à cœur, de haricots verts encore croquants, et d’un assortiment de légumes revenus doucement. Une assiette généreuse, sincère, qui ne cherche pas à impressionner mais à nourrir, à réconforter, à offrir un moment de calme et de plaisir simple.

Dans la lumière du soir, avec le fleuve qui glisse lentement derrière la terrasse, ce dîner prend une dimension particulière. On mange en écoutant les bruits de la brousse, en regardant les ombres s’allonger sur l’eau, en laissant la chaleur du jour s’éteindre doucement. Le Kuvira River Camp ne propose pas une cuisine sophistiquée : il propose une cuisine vraie, honnête, profondément ancrée dans son environnement.

Et c’est peut‑être cela, la plus belle réussite du lieu : offrir des repas qui ressemblent au camp lui‑même — simples, chaleureux, authentiques, et portés par la beauté tranquille du Kavango.

L’atmosphère du camp est particulière, presque intime. Barbara et son équipe incarnent l’esprit du lieu : bienveillance, écoute, conseils, petites attentions. Ils demandent ce que nous avons prévu, s’intéressent à nos activités, partagent des idées, racontent des anecdotes. On se sent loin de tout, mais jamais seuls. Le Kuvira River Camp devient rapidement plus qu’une simple étape : un refuge, un cocon, un petit morceau de Caprivi qui s’imprime dans la mémoire.

Les activités proposées prolongent cette immersion dans le fleuve. Le boat cruise au coucher du soleil, le fishing, le mokoro… autant d’expériences que nous avons testées et qui méritent chacune un récit à part entière. Nous y reviendrons dans de prochains articles, tant ces moments ont marqué notre séjour.

Au Kuvira River Camp, il y a le fleuve, la lumière du matin, les petits-déjeuners qui s’étirent… et puis il y a lui.
Chaque jour, juste à côté du restaurant, notre Touraco à huppe grise vient se percher comme s’il faisait partie de l’équipe. Il observe, il commente (à sa façon), il lance son célèbre “go‑away” qui résonne entre les arbres — un cri qui fait sourire autant qu’il surprend.
Ici, la nature ne se contente pas d’être autour de nous : elle s’invite à table, elle partage le moment, elle devient voisine.
Un petit morceau de Caprivi qui vit, respire, et nous rappelle pourquoi on aime tant ce camp posé au bord de l’eau.
Au Kuvira River Camp, le fleuve n’est jamais silencieux. Dès l’aube, les hippopotames d’Afrique australe  nous rappellent qu’ils sont chez eux : grognements sourds, souffles puissants, éclaboussures dans les roseaux… On les entend le matin, le soir, la nuit, comme une bande-son naturelle qui accompagne chaque moment passé ici.
Depuis la terrasse du lodge, il suffit de lever les yeux pour les voir sortir des herbes hautes, se hisser sur la berge ou glisser lentement dans l’eau. Et lors des boat cruises, ils apparaissent entre les papyrus, immobiles comme des rochers, puis disparaissent dans un remous discret.
C’est l’un des rares endroits où l’on peut les observer sans quitter le camp, simplement en profitant du paysage.

Au Kuvira River Camp, il y a les hippos qui soufflent dans le fleuve… et puis il y a nos pintades de Numidie dans leur forme nominale australe, celles qui arrivent chaque fin d’après‑midi comme une troupe organisée. Toujours en groupe, toujours en mouvement, toujours en train de commenter la vie du camp avec leurs cris reconnaissables entre mille. Elles tournent autour de notre terrasse, inspectent chaque recoin, traversent la pelouse en file indienne, et repartent aussi vite qu’elles sont venues.

Leur plumage noir constellé de points blancs, leur casque bleu et rouge, leur démarche nerveuse… tout confirme qu’il s’agit bien de la sous‑espèce locale Numida meleagris meleagris, la forme sauvage typique d’Afrique australe. Et quand on a la chance de voir passer les pintadeaux, minuscules, bruns, rapides comme des flèches, on comprend que ce groupe est chez lui ici, autant que nous.

Seul bémol : la qualité du Wi-Fi, très faible, et l’absence de réseau 4G. Pour les voyageurs nomades, cela complique un peu les choses. Pour les autres, c’est peut-être une chance de déconnexion forcée, un rappel que le Caprivi se vit davantage qu’il ne se partage en direct.

Le camp se situe le long de la B8, à Divundu, en Namibie. Nous y avons séjourné du 1er au 5 mai 2026, quatre nuits dans deux chambres pour nous quatre. Parking gratuit, bar accueillant, chambres familiales, petit-déjeuner fabuleux : tout est pensé pour que l’on se sente bien, vraiment bien.

Le Kuvira River Camp n’est pas seulement un hébergement. C’est un lieu qui apaise, qui ralentit, qui reconnecte. Un endroit où l’on se sent accueilli, respecté, attendu. Un camp où le fleuve devient un compagnon de voyage. Après une journée de galères mécaniques, c’était exactement ce dont nous avions besoin.

White Sand Lodge – Popa Falls, fenêtre paisible sur l’Okavango

L’accès aux Popa Falls par le White Sand Lodge offre l’un des plus beaux points de vue sur les rapides. Le lodge, impeccablement tenu, respire la tranquillité et la douceur de vivre, comme un havre posé au bord du fleuve. Depuis la terrasse du restaurant, la vue s’ouvre sur la végétation riveraine et sur les bras calmes de l’Okavango qui serpentent entre les îlots verdoyants. Après la route et la marche le long des rapides, cette pause tombe à point nommé, comme une respiration dans la chaleur du milieu de journée.

L’atmosphère est simple et chaleureuse, fidèle à ces lodges namibiens où voyageurs et guides se retrouvent autour d’une table ombragée. La brise venue du fleuve adoucit l’air, porte les parfums d’eau et de roseaux, et accompagne le murmure lointain des rapides. La carte propose des plats généreux, sans prétention, mais préparés avec soin. Les assiettes arrivent rapidement, encore fumantes, et racontent chacune une petite histoire de route et d’appétit retrouvé.

Les barbecue chicken wings sont dorées, légèrement caramélisées, avec cette pointe de paprika qui accroche la langue juste ce qu’il faut. Les frites, croustillantes et dorées, prolongent le plaisir avec une simplicité réconfortante. À côté, les saucisses blanches grillées s’accompagnent d’une choucroute douce et parfumée, un clin d’œil inattendu à l’Europe au cœur de la Namibie. La pizza, fine et généreuse, mêle fromage fondu, champignons et poivrons dans une odeur irrésistible qui flotte au-dessus de la table. La salade de thon, fraîche et colorée, apporte une touche plus légère : tomates juteuses, poivrons croquants, olives, feta, et une tartinade crémeuse servie avec du pain toasté. Pour quatre personnes, boissons comprises, l’addition reste très raisonnable : 1040 NAD, un prix presque surprenant dans un cadre aussi privilégié.

Installés face au paysage, nous prenons le temps de savourer l’instant. Le grondement discret des rapides revient par vagues, mêlé au chant des oiseaux et au bruissement des roseaux. La terrasse devient presque une extension de la visite, un moment suspendu où l’on observe la vie du fleuve avant de reprendre la route. Dans les branches au-dessus de nous, une roussette épaulettée se repose, pelage roux vibrant dans la lumière, rappel discret que la ripisylve abrite une faune étonnamment riche. Plus loin, un choucador de Meves traverse le ciel en un éclair bleu‑violet, comme une signature du Kavango.

Pendant le repas une Loutre à joues blanches a émergé dans les eaux calmes juste au-dessus des rapides de Popa Falls, glissant entre les reflets avec une élégance tranquille. Sa tête ronde, son pelage sombre plaqué par l’eau et surtout sa longue queue musclée qui ondule derrière elle confirment l’espèce sans hésitation. Elle observe, disparaît, réapparaît plus loin, parfaitement à l’aise dans ces poches paisibles entre deux rapides. Une rencontre rare, qui rappelle combien le Kavango abrite une faune discrète et fascinante.

Plus loin nous observons un Bulbul tricolore dans la ripisylve des Popa Falls, au cœur de la bande de Caprivi. L’individu présente les critères diagnostiques de l’espèce : croupion jaune vif, capuchon brun sombre, ventre clair, queue sombre de longueur moyenne. Comportement typique : déplacements rapides entre les branches, posture dressée, émissions vocales répétitives constituées de notes simples et montantes. Espèce largement répandue dans les habitats boisés et semi‑ouverts d’Afrique australe

Dans la lumière tamisée des Popa Falls, là où les grands arbres riverains projettent des ombres verticales sur les troncs saturés d’humidité, un Gobemouche‑pie s’est laissé observer longuement. L’espèce appartient au complexe africain des gobemouches noir‑et‑blanc, un ensemble encore en révision taxonomique, dont les formes locales du Kavango présentent un patron de plumage particulièrement contrasté : tête, manteau et ailes noirs, large tache alaire blanche, poitrine et ventre d’un blanc pur, et un bec fin, droit, parfaitement adapté à la capture d’insectes dans les micro‑habitats du tronc.

Le White Sand Lodge n’est pas seulement un point de passage : c’est une parenthèse douce au cœur de la bande de Caprivi, un lieu où l’on ressent pleinement la rencontre entre le fleuve, la forêt et la lumière. Une halte qui prolonge naturellement la découverte des Popa Falls et qui donne envie de poursuivre l’exploration de ce corridor sauvage unique en Namibie.

#AutourDuMonde #VoyageEnFamille #tourdumondeenfamille #Namibie #Namibia #namibiatravel #namibiatourism #Okavango #PopaFalls #Caprivi #WhiteSandLodge #travelphotography #overlanding #overlander #roadtrip #slowtravel #Faune #Roussette #Epomophorus #ChoucadorDeMeves

🌿 Nuit au Bush Camp by Camp Kwando — L’expérience du silence sauvage

À notre arrivée au Bush Camp by Camp Kwando,, nous installons notre campement dans ce sanctuaire exclusif, idéalement situé entre les parcs nationaux Bwabwata et Mudumu. Le site, facilement accessible depuis Kongola, offre une immersion immédiate au cœur des plaines inondables de la rivière Kwando, là où les acacias protecteurs dominent une végétation sauvage de papyrus et de roseaux.

Le luxe ici réside dans l’espace et l’intimité. Le camp ne compte que quatre emplacements vastes et sablonneux, garantissant une tranquillité absolue. Chaque site est parfaitement équipé : un lapa traditionnel au toit de chaume abrite un espace de vie ombragé, complété par un coin braai, l’eau courante et l’électricité (aux heures du générateur). Le confort est total avec des blocs sanitaires privatifs, dont les douches et toilettes sont élégamment intégrées à l’environnement par des parois de toile et de bois.

Pour les moments de détente, une petite piscine encastrée dans une terrasse en bois permet de se rafraîchir face à l’immensité du bush, tandis qu’une plateforme d’observation, nichée au-dessus de l’eau, invite à contempler le coucher du soleil sur la rivière. Un bar rustique aux accents de bout du monde, baptisé “Mad Max”, ajoute une touche de caractère unique à l’expérience. Pour ceux qui souhaitent explorer les méandres de la Kwando, des excursions en bateau à fond plat sont possibles directement depuis le camp.

Seul bémol de notre côté : l’usure de notre hardtop nous a contraints à renoncer aux nuits en hauteur pour privilégier une installation au sol, en attendant son remplacement prévu à notre arrivée au Cap

Se réveiller avec les cris des calaos, observer les vervets sauter de branche en branche au-dessus du campement et écouter le souffle des hippopotames dans le lointain… Le Bush Camp offre une véritable déconnexion, où la nature et la sérénité dominent. Les voyageurs autonomes y trouvent tout le confort nécessaire dans l’intimité d’un site préservé.

👉 Et pour ceux qui souhaitent découvrir toute la faune observée dans le secteur — en images — l’ensemble de nos photos est disponible sur notre page Facebook AutourDuMonde : https://www.facebook.com/autourdumonde2023 (facebook.com in Bing)

Note pratique : Wifi disponible à la réception et réception 4G correcte sur les emplacements.

💰 Tarif actualisé : environ NAD 330 par personne et par nuit. Les prix peuvent varier selon la saison ; il est conseillé de confirmer lors de la réservation.

Road-Trip entre Rundu et Kasane dans la Bande de Caprivi : Le Guide Pratique (Alimentation, Carburant, Banques)

Traverser la bande de Caprivi, aujourd’hui appelée Zambezi Region, pour relier Rundu en Namibie à Kasane au Botswana constitue l’une des plus belles aventures d’Afrique australe. Sur cet itinéraire d’environ 600 kilomètres, les paysages sauvages défilent tandis que les infrastructures s’amenuisent. Pour rouler l’esprit tranquille, une seule règle d’or s’impose : l’anticipation. Voici le point complet et actualisé pour vous ravitailler efficacement en nourriture, en carburant et en espèces.


Magasins & Alimentation : Où faire ses courses ?

Les possibilités de ravitaillement deviennent progressivement plus limitées à mesure que l’on s’enfonce dans le Zambezi. Il est donc préférable de prévoir les gros caddies dans les hubs principaux de l’itinéraire.

À Rundu, vous trouverez les supermarchés les plus complets de tout le parcours. C’est l’endroit incontournable pour faire le plein initial de votre frigo ou de votre glacière. Des enseignes modernes comme Shoprite, Pick n Pay ou Spar Rundu proposent un choix comparable à celui d’une petite ville européenne. C’est ici qu’il faut acheter la viande de qualité, les légumes frais, le pain, les conserves, les produits laitiers et les boissons pour tenir plusieurs jours.

Environ 200 kilomètres plus loin, Divundu s’est considérablement modernisée et permet aujourd’hui un excellent réapprovisionnement intermédiaire. Le récent Karatja Mall abrite un grand supermarché Choppies, ouvert tous les jours de 08h00 à 20h00, très bien achalandé pour le frais. À l’intersection des routes B8 et C48, le Shoprite Mini Divundu offre une autre option moderne pour le pain, les fruits, les légumes et les indispensables du barbecue. Pour les voyageurs se déplaçant à plusieurs, le Metro Cash & Carry situé en ville s’avère parfait pour les achats en gros volumes, tandis que le Hombe Supermarket, une supérette locale ouverte 24h/24 sur la Main Road, reste idéale pour un dépannage tardif ou de la petite restauration à emporter.

En continuant vers Kongola, les commerces deviennent beaucoup plus modestes et il faut oublier les grands étals de produits frais. On y trouve principalement de petites épiceries locales vendant les produits de base comme des boissons, des conserves, des snacks et du pain. Le Metro de Kongola propose quant à lui des produits vendus en lots plus importants ainsi que quelques surgelés et un rayon alcools, mais son offre en produits frais y reste très restreinte.

À 110 kilomètres de là, Katima Mulilo constitue la dernière vraie ville namibienne avant le passage de la frontière avec le Botswana. Les grandes enseignes comme Shoprite et Pick n Pay Katima Mulilo y sont bien fournies. C’est le moment idéal pour cuisiner ou liquider vos derniers dollars namibiens dans du consommable non périssable.

Une fois la frontière franchie à Kazungula, Kasane accueille les voyageurs avec d’excellentes infrastructures tournées vers le tourisme et le Chobe National Park. Un grand Spar Kasane ainsi qu’un Choppies y sont disponibles, s’avérant parfaits pour se réapprovisionner avant de partir en safari.

L’idéal sur ce trajet reste donc de faire un gros approvisionnement à Rundu, de compléter le frais à Divundu chez Choppies ou Shoprite, et d’ajuster vos stocks à Katima Mulilo avant de basculer au Botswana.


Carburant : Gérer ses pleins

Si les stations-services sont globalement fiables sur l’axe principal B8, elles restent espacées d’environ 200 kilomètres. Avec un véhicule chargé ou une tente de toit qui augmente la consommation, la règle appliquée par beaucoup de voyageurs est simple : ne descendez jamais sous la moitié du réservoir pour éviter tout stress lié à une fermeture ou une rupture temporaire.

Avant de quitter Rundu, il est fortement conseillé de faire un plein complet. La ville dispose de plusieurs stations importantes le long de la route B8, notamment sous les enseignes Shell, Engen ou Total. C’est aussi l’endroit idéal pour vérifier la pression des pneus et le niveau d’eau.

À Divundu, environ 200 kilomètres après Rundu, on trouve deux stations fiables, Total et Shell, idéalement placées juste avant l’arrivée au village et aux commerces. C’est un arrêt pratique et stratégique si vous visitez le Bwabwata National Park ou la zone de Mahango.

En continuant vers l’est, vous atteignez Kongola. Bien que la localité soit petite, elle constitue un point hautement stratégique dans la bande de Caprivi. Sa station-service s’avère essentielle pour les voyageurs qui se dirigent vers la Kwando River et les lodges environnants comme Camp Kwando.

À environ 110 kilomètres plus à l’est, la ville de Katima Mulilo constitue le dernier grand centre avant le Botswana. Plusieurs stations y sont ouvertes sous les bannières Total, Engen et Puma. C’est le meilleur endroit pour refaire le plein impérativement avant de franchir la frontière.

Après le passage de la frontière près de Kazungula, on trouve rapidement plusieurs stations modernes à Kasane pour ravitailler les 4×4 aux portes du Chobe National Park.


Banques & Retraits : Garder du Cash

Bien que les cartes bancaires soient de plus en plus acceptées dans les grands supermarchés et les stations-services, le réseau peut parfois sauter et l’argent liquide reste indispensable pour les pourboires, les entrées de parcs secondaires, l’artisanat ou les petits villages.

Avant de partir vers l’est, Rundu est clairement le point le plus sûr pour retirer une somme suffisante pour plusieurs jours. On y trouve plusieurs banques avec des agences complètes et des guichets automatiques sécurisés, notamment la First National Bank (FNB) et la Bank Windhoek.

À Divundu, plus besoin de stresser car les points de retrait se sont bien développés. Il existe désormais plusieurs opportunités bancaires pour compléter son cash, notamment au niveau de la station Shell mais aussi à l’intérieur du nouveau supermarché Choppies à l’entrée de la ville.

À Kongola, la situation est en revanche très limitée. Il n’y a pas de banque complète dans la localité. On peut parfois trouver un distributeur d’appoint dans la station-service, mais les pannes de réseau ou les machines vides y sont fréquentes. Mieux vaut donc ne pas compter sur cette étape pour votre argent.

La ville de Katima Mulilo dispose quant à elle de plusieurs établissements financiers majeurs comme Bank Windhoek, Standard Bank et des distributeurs FNB. Les agences sont principalement situées autour de Hage Geingob Street et proposent des automates accessibles en libre-service. C’est le dernier endroit facile pour retirer avant la frontière.

Une fois arrivé à Kasane, de nombreux distributeurs sont à nouveau disponibles dans cette ville touristique, notamment près des supermarchés et des stations-service. Attention toutefois, vous retirerez ici des Pulas du Botswana (BWP).

Le meilleur conseil pour un road-trip réussi dans cette région consiste à retirer une somme importante à Rundu, à compléter éventuellement à Divundu ou Katima Mulilo, et à toujours garder sur soi entre 1000 et 2000 NAD en petites coupures pour parer à toute éventualité.

LES LIENS VERS LES PHOTOS  

J 1390 🌍 Rencontre avec un village Himba près de Grootfontein – Transmission et nouveaux horizons

J 1393 🎨 Rundu Craft Market – Là où les objets ont une âme

J 1394 🚗🔥 1er mai sur la route : quand notre Raptor décide de fêter la journée du travail… en arrêtant de travailler

FR 🇫🇷

LES LIENS

About The Author

15 réflexions sur «La bande de Caprivi : corridor sauvage, carrefour d’eaux et de peuples Namibie»

Laisser un commentaire