Passer au contenu principal

voyageavecnous.com

TRAVEL YOURSELF Autour du Monde

Suivez-nous partout où nous allons !

autourdumonde2023@gmail.com

Platalea alba – African Spoonbill – Spatule africaine

2
707831388_1529559125630113_5522240181490393660_n

La reine écarlate des eaux douces afrotropicales : L’élégante pêcheuse aux pattes de corail

Immobile sur un tronc mort au bord des limons ou pataugeant avec gravité dans les eaux calmes d’un fleuve d’Afrique centrale ou australe, cet échassier attire immédiatement l’attention par ses contrastes saisissants. La Spatule africaine – African Spoonbill – Platalea alba, décrite en 1786 par le naturaliste italien Giovanni Antonio Scopoli, incarne à merveille la richesse des zones humides afrotropicales. Symbole des grands réseaux hydrographiques subsahariens, du bassin du Congo jusqu’aux plaines d’inondation de l’Okavango et aux estuaires d’Afrique de l’Ouest, cette espèce captive autant par son esthétique flamboyante que par sa parfaite adaptation aux écosystèmes d’eau douce continentaux. Apercevoir ce grand voilier blanc se détacher sur le vert sombre de la végétation riveraine offre un moment naturaliste d’une grande poésie.

Morphologie : L’éclat du rouge sur une livrée immaculée

  • Masque facial écarlate : Le visage est couvert d’une peau nue d’un rouge vif à carmin très intense, englobant le front, le cercle orbital et la gorge, entièrement dénuée de plumes.

  • Membres inférieurs : Les longues pattes et les pieds palmés arborent une teinte rouge écarlate ou rose vif éclatante, constituant le critère diagnostique majeur de l’espèce sur le terrain.

  • Bec spatulé gris et bordé de carmin : Long, plat et élargi en cuillère à sa pointe, le bec présente une nuance gris plombé à bleuâtre, souligné d’une fine bordure rouge vif sur ses contours et à sa base.

  • Plumage : Le corps est vêtu d’un plumage entièrement blanc pur, sans la longue huppe occipitale pendante caractérisant d’autres espèces du genre en période nuptiale.

  • Proportions : Échassier élancé mesurant entre 85 et 95 cm de hauteur, pour une envergure de 125 à 135 cm et un poids moyen de 1,3 à 1,8 kg.

Habitat et Écologie : Les oasis d’eau douce du continent africain

  • Aire de répartition : Espèce résidente largement distribuée à travers toute l’Afrique subsaharienne (du Sénégal à la Somalie et jusqu’en Afrique du Sud) ainsi qu’à Madagascar.

  • Biotopes préférentiels : Fréquente quasi exclusivement les milieux d’eau douce ou légèrement saumâtre : lacs intérieurs, marais permanents, rivières calmes, réservoirs, plaines inondables et zones d’estuaires abritées. Elle évite les littoraux marins exposés et hypersalins.

  • Sociabilité : Grégaire mais souvent observée en petits groupes familiaux ou en individus isolés, s’associant volontiers aux hérons, anhingas, cigognes et ibis.

Comportement de chasse : La tactilocaption au rythme des courants

  • Technique de prospection : Pratique une méthode de chasse basée sur le balayage latéral continu du bec maintenu légèrement entrouvert dans l’eau peu profonde.

  • Réseau récepteur ultra-sensible : La spatule terminale est tapissée de récepteurs tactiles (corpuscules de Herbst) capables de détecter instantanément le moindre frémissement d’une proie aquatique.

  • Régime alimentaire : Principalement piscivore et insectivore (petits poissons d’eau douce, crustacés, crevettes de rivière, larves d’odonates et de coléoptères aquatiques, mollusques).

  • Rythme d’activité : Pêche activement de jour comme de nuit, la vue n’étant pas indispensable au succès de la capture.

Reproduction : Nidification coloniale et soins partagés

La saison de reproduction coïncide généralement avec la fin de la saison des pluies ou la baisse des eaux continentales. Platalea alba niche en colonies, parfois mixtes, réunissant d’autres échassiers comme les tantales et les cormorans. Les nids sont de larges plateformes faites de branches et de roseaux, établies dans des arbres immergés (acacias, palétuviers), des buissons bas ou au cœur de roselières denses à l’abri des prédateurs terrestres.

La femelle pond habituellement 2 à 4 œufs d’un blanc crayeux tachetés de brun. L’incubation dure entre 25 et 29 jours, partagée équitablement par le mâle et la femelle. Les poussins, nés couverts d’un duvet blanc et dotés d’un bec rose et droit, sont nourris par régurgitation. Les jeunes s’émancipent au bout de 5 à 6 semaines, apprenant à maîtriser le balayage cuilleriforme avant de se disperser le long du réseau hydrographique.

Note naturaliste

Sur le terrain, la Spatule africaine (Platalea alba) ne peut être confondue avec la Spatule blanche (Platalea leucorodia). Là où cette dernière montre des pattes noires et un bec noir à pointe jaune, la Spatule africaine arbore de flamboyantes pattes rouge écarlate et un masque facial carmin inconfondable. Sa présence est le révélateur d’un milieu aquatique riche en petits peuplements piscicoles et en macro-invertébrés, jouant un rôle de régulateur clé dans la chaîne trophique des zones humides continentales afrotropicales.

Conservation

La Spatule africaine est classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste Rouge globale de l’UICN. Bien que largement répandue et bénéficiant de populations stables, l’espèce reste tributaire de la préservation des zones humides d’eau douce continentales. L’assèchement des marais, la pollution chimique des cours d’eau par les activités agricoles et minières, ainsi que la destruction des arbres de nidification constituent ses principales menaces locales.

Nom scientifique Nom GB Nom FR Répartition / Habitat avec zones géographiques précises Traits morphologiques détaillés Observation terrain
Platalea leucorodia leucorodia (Linnaeus, 1758) Eurasian Spoonbill (nominate) Spatule blanche (nominale)

Répartition : Europe de l’Ouest, du Nord et de l’Est (Pays-Bas, Espagne, France, Balkans, Russie), Moyen-Orient, Asie centrale jusqu’au nord de la Chine et en Inde. Hiverne en Afrique subsaharienne (Sénégal, Mali, Soudan) et en Asie du Sud.

 

Habitat : Marais d’eau douce, étangs à végétation émergente (roseaux), deltas, lagunes littorales saumâtres, salins et vasières estuariennes.

Taille : 80-93 cm. Envergure : 120-135 cm.

 

Morphologie : Plumage entièrement blanc pur. En plumage nuptial, longue huppe occipitale pendante et tache jaunâtre/orangée au bas du cou. Bec spatulé noir à extrémité jaune vif. Peau de la gorge et cercle orbital nus d’un jaune terne. Pattes et pieds noirs. Jeunes avec la pointe des rémiges primaires noire et le bec rose violacé.

Lagune d’Oualidia, au Maroc observation d’ une spatule blanche, Parc National du DjoudjSénégal – Lors de notre sortie en barque Lagune de NailaMaroclors d’une promenade en barque – 
Platalea leucorodia balsaci (Naurois & Roux, 1974) Mauritanian Spoonbill Spatule de Mauritanie

Répartition : Endémique de la côte de Mauritanie, principalement cantonnée aux îles du Parc National du Banc d’Arguin et de la baie de Lévrier.

 

Habitat : Îlots désertiques arides, vasières intertidales, mangroves naines (Avicennia africana) et lagunes saumâtres côtières.

Taille : 75-82 cm. Lergèrement plus petite et plus trapu que la sous-espèce nominale.

 

Morphologie : Bec entièrement noir sans teinte jaune à l’extrémité. Tache jaune-orange au bas du cou absente ou très réduite en plumage nuptial. Peau faciale sombre. Huppe nuptiale nettement plus courte et moins fournie.

Sous-espèce sédentaire nichant en colonies denses à même le sol ou dans de bas buissons sur des îlots désertiques préservés des prédateurs terrestres. Extrêmement dépendante des vasières du Banc d’Arguin.
Platalea leucorodia archeri (Neumann, 1928) Red Sea Spoonbill Spatule de la mer Rouge

Répartition : Côtes de la mer Rouge (Égypte, Soudan, Érythrée, Arabie Saoudite) et du golfe d’Aden jusqu’en Somalie.

 

Habitat : Récifs coralliens affleurants, îlots côtiers arides, mangroves littorales et sebkhas maritimes.

Taille : 70-80 cm. La plus petite des sous-espèces de P. leucorodia.

 

Morphologie : Proportions plus réduites. Bec plus court et fin, entièrement noir ou à pointe très faiblement éclaircie. Plumage blanc, huppe nuptiale très peu développée. Peau faciale d’un jaune terne.

Sédentaire et résidente le long des mers chaudes désertiques. Nidification en petites colonies dans les palétuviers ou sur les dalles coralliennes. Recherche sa nourriture dans les lagunes coralliennes à marée basse.
Platalea minor (Temminck & Schlegel, 1849) Black-faced Spoonbill Spatule à visage noir

Répartition : Niche sur des îlots isolés le long des côtes de la mer Jaune (Corée du Nord, Corée du Sud, Chine du Nord-Est). Hiverne à Taïwan, Hong Kong, Macao, Vietnam, mer de Chine méridionale et au Japon.

 

Habitat : Vasières d’estuaires, marais maritimes, salins et étangs d’aquaculture littoraux.

Taille : 74-85 cm. Envergure : 110-120 cm.

 

Morphologie : Masque facial de peau nue entièrement NOIR englobant l’œil, le front et la gorge, se fondant avec le bec noir spatulé et fortement ridé. Plumage blanc avec huppe jaune et plastron jaunâtre en plumage nuptial. Pattes noires.

Espèce en danger d’extinction au comportement très grégaire en hivernage. Pêche en petits groupes synchronisés par balayages rapides du bec. Très vulnérable au dérangement et à la perte d’habitat côtier.
Platalea alba (Scopoli, 1786) African Spoonbill Spatule africaine

Répartition : Afrique subsaharienne, du Sénégal à la Somalie et jusqu’en Afrique du Sud, ainsi qu’à Madagascar.

 

Habitat : Lacs d’eau douce, marais, rivières à faible courant, réservoirs, étangs temporaires et deltas intérieurs (ex. Delta de l’Okavango). Évite généralement les milieux marins salés.

Taille : 85-95 cm. Envergure : 125-135 cm.

 

Morphologie : Plumage blanc pur sans huppe occipitale marquée. Masque facial de peau nue ROUGE vif entourant l’œil et la base du bec. Bec spatulé plat d’un gris-bleuté ou plombé bordé de rouge. Pattes et pieds ROUGES ou rose vif très caractéristiques.

Landana en Angola, au milieu des limons, nous apercevons une silhouette singulière : celle d’une spatule blanche. Facilement identifiable grâce à ses pattes et sa face rouge vif. Nata Bird SanctuaryBotswanaévoluait dans une eau calme ne dépassant pas la hauteur de ses tarses,
Platalea regia (Gould, 1838) Royal Spoonbill Spatule royale

Répartition : Australie, Nouvelle-Zélande, Indonésie (îles de la Sonde, Moluques), Papouasie-Nouvelle-Guinée et îles Salomon.

 

Habitat : Marais d’eau douce et saumâtre, estuaires, lagunes maritimes, zones inondables et bassins de retenue.

Taille : 75-80 cm. Envergure : 110-120 cm.

 

Morphologie : Plumage blanc avec de magnifiques et très longues plumes nuchiales formant une huppe spectaculaire en période de reproduction. Visage étendu de peau nue noire avec des taches jaunes voyantes au-dessus des yeux et une marque rouge sur le front. Bec et pattes entièrement noirs.

Se déplace à grands pas lents dans l’eau peu profonde en balayant l’eau de son bec. Niche souvent en haut des grands arbres ou dans les roselières avec d’autres échassiers.
Platalea flavipes (Gould, 1838) Yellow-billed Spoonbill Spatule à bec jaune

Répartition : Endémique d’Australie (principalement le sud-est et le nord, absente des zones désertiques du centre et de l’extrême ouest).

 

Habitat : Zones humides d’eau douce intérieures, plaines d’inondation, étangs, marais et rives de cours d’eau. Évite les eaux salées côtières.

Taille : 76-92 cm. Envergure : 120-140 cm.

 

Morphologie : Unique spatule possédant un bec et des pattes entièrement JAUNE D’OR ou jaune paille. Plumage blanc. Fine bordure de peau noire autour de la face jaune. Longues plumes pectorales filiformes, mais pas de vraie huppe occipitale.

Strictement liée aux milieux d’eau douce continentaux. Bec et pattes jaunes extrêmement voyants sur le terrain. Pêche en solitaire ou en petits groupes avec un rythme plus lent que la Spatule royale.
Platalea ajaja (Linnaeus, 1758) Roseate Spoonbill Spatule rosée

Répartition : Amériques : du sud des États-Unis (Floride, Texas, Louisiane) à travers l’Amérique centrale et les Caraïbes jusqu’au nord de l’Argentine et le Chili.

 

Habitat : Marais côtiers, mangroves, lagunes maritimes, étangs saumâtres et marais des Everglades.

Taille : 71-86 cm. Envergure : 120-130 cm.

 

Morphologie : Inconfondable. Plumage rose vif étincelant avec des épaulettes et le bas du dos rouge carmin/écarlate. Cou, haut du dos et poitrine blancs. Tête nue d’un vert-grisâtre à verdâtre. Bec spatulé gris martelé. Pattes rouges.

Vol spectaculaire laissant apparaître la coloration rose brique sous les ailes. Fréquente les eaux saumâtres des mangroves et marais côtiers en colonies mélangées avec des ibis rouges et des aigrettes.

Note naturaliste

Le genre Platalea regroupe six espèces mondialement reconnues d’échassiers appartenant à la famille des Threskiornithidae (qui inclut également les ibis). L’élément anatomique hautement spécialisé de ce taxon réside dans la structure élargie et aplatie de son bec en forme de spatule cuilleriforme. Ce bec est garni sur ses bordures internes d’un réseau dense de mécanorécepteurs (corpuscules de Herbst) extrêmement sensibles aux vibrations et aux contacts tactiles. Cette adaptation permet une technique de chasse exclusive dite de tactilocaption : l’oiseau marche dans l’eau peu profonde le bec entrouvert, décrivant un mouvement continu de balayage latéral de gauche à droite pour capturer aveuglément petits poissons, crustacés, mollusques et larves d’insectes aquatiques dès qu’ils entrent en contact avec les mandibules.

Sur le plan phylogénétique et taxonomique, les études moléculaires récentes basées sur l’ADN mitochondrial confirment le caractère monophylétique du genre Platalea. La Spatule rosée (Platalea ajaja), autrefois placée dans le genre monotypique Ajaia, est aujourd’hui pleinement intégrée au genre. La majorité des espèces sont monotypiques, à l’exception notable de la Spatule blanche (Platalea leucorodia) qui compte trois sous-espèces géographiquement distinctes (leucorodia, balsaci et archeri), différant par la taille, la pigmentation du bec et le développement des parures nuptiales. En tant que prédateurs dépendant de la productivité benthique et de la qualité physico-chimique des zones humides littorales et continentales, toutes les espèces du genre Platalea constituent de précieux bio-indicateurs de l’état de santé des écosystèmes aquatiques mondiaux.

 

About The Author

2 réflexions sur «Platalea alba – African Spoonbill – Spatule africaine»

Laisser un commentaire