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Le Parc National de l’ Ankarafantsika- MADAGASCAR +

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La forêt et le Parc National d’Ankarafantsika constituent notre toute première grande étape sur la route qui relie Antanarivo à Majunga. Et avant même d’atteindre la nature préservée du parc, le voyage est déjà une aventure humaine et sensorielle à part entière. En quittant la capitale, nous traversons une succession de villages animés, où la vie se déroule au rythme des marchés de rue. Des étals colorés s’alignent le long de la route, les vendeurs interpellent, les paniers débordent de fruits, de riz, de légumes… et une véritable énergie circule, vibrante, chaleureuse, authentique. Puis viennent d’autres villages, plus modestes cette fois, où les habitations en bois et en terre battue témoignent d’un quotidien simple mais profondément ancré dans la tradition. Plus loin encore, nous découvrons un autre marché, surprenant et très vivant, où les vendeurs s’installent à même l’asphalte, transformant la chaussée en grande place commerçante improvisée. Une immersion progressive dans le cœur de Madagascar, avant d’entrer enfin dans l’univers d’Ankarafantsika, là où la forêt sèche, les lémuriens, les oiseaux rares et les grands baobabs nous attendent… et où commence vraiment l’aventure.

LES BUNGALOWS AMPAJORA  Parc National de l’ Ankarafantsika –  Route N 4 entre Antananarivo et Majunga

À notre arrivée, nous sommes accueillis par les bungalows Ampajora, où un gecko phelsuma nous fait compagnie, ajoutant une touche d’exotisme à notre expérience. Ces geckos, également appelés Geckos diurnes, sont principalement arboricoles et habitent généralement les forêts chaudes et humides.

Bien que le confort soit assez simple, les bungalows sont parfaitement adaptés pour nos deux nuits de séjour. Spacieux et propres, ils offrent quatre couchages : un lit double et deux petits lits superposés, tous équipés de moustiquaires. La salle de bains comprend une douche, un lavabo et des toilettes séparées, bien qu’il n’y ait pas d’eau chaude. Le chemin en gravier peut rendre difficile le transport de valises lourdes.

Le restaurant, situé à 200 mètres dans le parc, propose d’excellents repas et ouvre dès 7 heures pour le petit déjeuner. Cet emplacement est idéal pour les amoureux de la nature qui privilégient la simplicité et l’accueil chaleureux plutôt que le luxe ostentatoire.

Bien sûr, cet endroit n’est pas fait pour ceux qui cherchent simplement à cocher une case sur leur liste de voyages. Mais pour nous, avoir un lit, un toit, une douche même froide et de bons repas est largement suffisant pour une expérience authentique et enrichissante.

SAFARI NOCTURNE DANS LE PARC

Dès la tombée de la nuit, le parc se transforme et nous partons pour un circuit nocturne. La chaleur du jour s’estompe, les bruits changent, les silhouettes s’effacent et d’autres prennent vie. Nous avançons prudemment, guidés par notre ranger, dans cette forêt sèche typique du nord-ouest malgache, où alternent zones boisées, broussailles épaisses et espaces sableux. Autour de nous, la biodiversité semble retenir son souffle, puis peu à peu, elle se révèle. Même si la nuit ne livre pas toujours ses secrets facilement, chaque rencontre devient un moment rare, précieux, presque intime.

Très vite, la magie opère. Parmi les branches encore tièdes de la chaleur accumulée le jour, nous apercevons la petite éroesse,, cet oiseau endémique de Madagascar, discret mais agile, parfaitement adapté aux milieux boisés et aux forêts claires de la région. Sa présence rappelle combien ce parc constitue un refuge majeur pour de nombreuses espèces uniques au monde, dépendantes de cet écosystème fragile.

Puis vient l’un des moments forts de la soirée : la rencontre avec le microcèbe mignon. Ce minuscule lémurien nocturne, véritable boule d’énergie de quelques dizaines de grammes seulement, bondit d’une branche à l’autre avec une agilité incroyable. Dans ce silence nocturne, on perçoit presque sa vie intérieure : la recherche de nourriture, l’exploration de son territoire, sa lutte discrète pour survivre dans cet environnement parfois rude. Voir ce symbole vivant de l’endémisme malgache nous rappelle la richesse scientifique de ces lieux et l’importance de leur protection.

La nuit nous réserve encore d’autres surprises. Sur le sol, à la lumière tamisée de notre lampe, émerge la silhouette d’un scorpion parfaitement adapté à ce milieu. Espèce endémique du parc, il témoigne de l’équilibre délicat entre les différents maillons de cette chaîne écologique, où chaque organisme, du plus petit au plus impressionnant, joue un rôle dans le fonctionnement de l’écosystème.

Quelques instants plus tard, c’est le caméléon panthère qui nous coupe littéralement le souffle. Majestueux, fascinant, presque irréel, il demeure immobile, comme suspendu entre deux mondes. Chez les mâles, sa taille peut atteindre jusqu’à 55 centimètres, queue comprise, faisant de lui l’un des plus grands caméléons. Ses couleurs, que l’on devine même dans la pénombre, ne sont pas qu’un spectacle esthétique : elles constituent un langage, un camouflage, une stratégie de survie. À travers lui, c’est toute la dimension biologique, évolutive et écologique du parc qui se manifeste.

Et puis, alors que l’on croit que la nuit se referme, un dernier signe de vie apparaît, plus léger, plus délicat : un papillon de nuit de la famille des Erebinae danse autour de nous, fragile et gracieux, rappelant que même dans l’obscurité, la vie continue de vibrer, de s’adapter, de se perpétuer.

Ce circuit nocturne n’a peut-être pas multiplié les observations spectaculaires, mais il nous a offert quelque chose de plus profond : une immersion authentique dans un univers vivant, complexe, scientifique et sensible à la fois. Nous repartons émerveillés, conscients d’avoir approché un monde qui ne se dévoile qu’à ceux qui acceptent de ralentir, d’observer et de respecter cette nature exceptionnelle.

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Circuit COQUERELI Ankarafantsika

Au lever du jour, lorsque la lumière dorée commence tout juste à filtrer à travers les frondaisons, nous nous mettons en route pour notre première véritable exploration du parc : le circuit COQUERELI Cette boucle d’environ cinq kilomètres, sans grande difficulté, serpente au cœur de la forêt sèche d’Ankarafantsika. L’air est encore frais, la nature s’éveille doucement et, déjà, nous sentons que cette randonnée sera bien plus qu’une simple promenade : c’est une immersion dans un laboratoire vivant de biodiversité, unique à Madagascar.

Très vite, le silence se remplit de bruissements, d’appels d’oiseaux et de craquements de branches. Autour de nous, les troncs blanchis, les arbres aux feuilles coriaces, les zones d’ombre et de lumière composent un décor à la fois rude et fascinant. Et puis, il apparaît… ou plutôt, ils apparaissent. Dans les hauteurs des arbres, nous avons la chance d’observer le Propithecus verreauxi coquereli plus connu sous le nom de Sifaka de Coquerel, l’un des emblèmes du parc. Espèce strictement endémique de la région, ce lémurien diurne, reconnaissable à son pelage clair contrastant avec des zones rousses, se déplace avec une grâce presque irréelle. Ses bonds latéraux spectaculaires, ses postures élégantes, sa manière de s’agripper aux troncs témoignent d’une adaptation parfaite à cet environnement forestier. C’est un véritable acrobate de la canopée.

Nous poursuivons et croisons d’autres membres de cette fascinante famille des lémuriens. Le lémur fauve attire notre attention ; plus discret mais tout aussi agile, il évolue rapidement entre les branches, symbole de cette diversité biologique exceptionnelle. Un peu plus loin, une autre rencontre nous surprend : le mongoz, autre lémurien remarquable, fait une apparition furtive avant de disparaître dans la végétation. Et même si le microcèbe est souvent associé aux sorties nocturnes, nous évoquons ici la présence du microcèbe galago, représentant de ces petits primates aux yeux immenses, témoins d’une évolution fascinante liée au rythme jour/nuit des forêts malgaches.

Mais le circuit Coquereli ne se résume pas aux primates. Il est également un véritable paradis pour les passionnés d’ornithologie et d’écologie tropicale. Tout au long du sentier, la richesse avifaunistique se révèle. Nous observons le bulbul malgache, reconnaissable entre mille, perché dans les arbres, puis le schetbe roux, passereau endémique au plumage chaud et élégant, véritable symbole de l’endémisme insulaire. Et, comme pour sublimer cette harmonie naturelle, le Tchitrec malgache, aussi appelé gobemouche paradis, surgit par moments avec sa silhouette élancée et son élégance presque aérienne, apportant une touche poétique à cette immersion.

Pas à pas, nous comprenons que ce circuit n’est pas qu’une randonnée touristique. Il raconte une histoire scientifique, écologique et environnementale. Celle d’un parc national qui abrite des espèces qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre. Celle d’un écosystème fragile mais essentiel, où chaque animal, chaque arbre, chaque insecte joue un rôle dans l’équilibre global. Marcher ici, c’est avancer au cœur d’un patrimoine naturel universel, d’une réserve de vie qu’il faut observer avec respect… et protéger avec conviction.

Lorsque nous terminons la boucle, nous avons la sensation d’avoir vécu une véritable rencontre, presque un privilège. La forêt d’Ankarafantsika ne s’est pas seulement laissée visiter : elle s’est laissée comprendre, ressentir et admirer.

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Circuit Grand Lavaka Ankarafantsika

Après avoir exploré la richesse forestière d’Ankarafantsika, nous prenons cette fois la direction d’un tout autre visage du parc : le Circuit du Grand Lavaka. À peine quittée la fraîcheur ombragée de la forêt sèche, le décor change radicalement. La végétation se clairseme, les arbres s’espacent, et bientôt, c’est la savane qui s’ouvre devant nous, large, lumineuse, traversée par ces pistes sableuses qui testent autant les véhicules que la patience des voyageurs. Par moments, le sable est si profond que nous devons descendre, mettre la main à la pâte et pousser notre 4×4, riant malgré l’effort sous un soleil déjà haut. C’est l’aventure au sens brut : poussière, chaleur, fatigue… mais surtout excitation.

Puis, tout bascule. Le terrain ondule, les couleurs se modifient, et soudain, le sol semble s’être déchiré. Devant nous s’étend l’un des paysages les plus spectaculaires du parc : les grands lavaka d’Ankarokaroka. Le mot lui-même, lavaka, signifie en malgache « grand trou », mais il dépasse largement cette simplicité. Il est aujourd’hui devenu un terme géomorphologique international pour désigner ces immenses ravines d’érosion qui sculptent les terres malgaches, en particulier sur les Hauts Plateaux… et ici, à Ankarafantsika.

Nous nous tenons face à un canyon aux parois rougeâtres, ocre, parfois presque dorées, profondément incisées par le temps, l’eau et les aléas climatiques. Ce paysage est le résultat d’un processus lent mais implacable : l’érosion des sols friables composés principalement de sables, d’argiles et de latérites. Sous l’effet des pluies intenses, associées au déboisement ancien et aux fragilités naturelles du substrat, le sol s’est creusé, effondré par endroits, créant ces gouffres géants, ces falaises dentelées et ces amphithéâtres naturels dont la beauté brutale laisse sans voix.

Nous avançons prudemment au bord de ces failles monumentales, conscients du caractère mouvant et vivant de ce relief. Les couches sédimentaires se dessinent comme les pages d’un livre millénaire racontant l’histoire géologique de la région. Ici, la nature expose sa puissance sans filtre : il n’y a ni artifices ni aménagements sophistiqués, seulement la terre, la lumière et l’érosion à l’œuvre. Le silence qui règne ajoute à la magie ; seules les bourrasques de vent viennent jouer dans les anfractuosités, tandis que quelques oiseaux planent au-dessus des ravines, rappelant que même dans ce décor presque lunaire, la vie persiste.

Ce circuit nous rappelle que Madagascar n’est pas seulement une terre de forêts luxuriantes, de lémuriens et d’oiseaux endémiques. C’est aussi une île où les forces géologiques, climatiques et humaines interagissent et sculptent des paysages d’une intensité rare. Observer ces lavaka, c’est contempler un phénomène à la fois scientifique, écologique et esthétique : un témoignage de la fragilité des sols, de l’impact de l’érosion, mais aussi de la résilience des milieux et des espèces qui parviennent malgré tout à s’y adapter.

Face à ce canyon immense, nous restons longtemps, immobiles, un peu minuscules, profondément impressionnés. Ankarafantsika nous dévoile ici une autre facette de sa personnalité : grandiose, âpre, bouleversante. Et lorsque nous reprenons la route, recouverts de poussière mais les yeux encore pleins de ces strates rouges et de ces abîmes sculptés, nous savons que cette étape restera longtemps gravée dans notre mémoire de voyageurs.

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Avant d’entreprendre le circuit baobab, nous nous promenons dans le village

Circuit BAOBAB Ankarafantsika

Après les canyons rouges et les paysages sculptés par l’érosion, nous changeons totalement d’univers avec le Circuit BAOBAB. Le point de départ se fait au bord du lac Ravelobe, vaste miroir d’eau tranquille dont la surface immobile semble retenir les secrets du parc. Autour de nous, la végétation se densifie, l’atmosphère devient plus humide, presque enveloppante. Nous pénétrons alors dans une forêt secondaire  où la nature reprend ses droits avec une vigueur impressionnante. Ici, les géants végétaux imposent leur présence.

Les Raphia farinifera, avec leurs immenses palmes en éventail, dominent certaines zones comme des cathédrales végétales. Plus loin, les arbres crocodiles (Hura crepitans) dressent leurs troncs armés d’épines, silhouettes un peu inquiétantes mais fascinantes, témoins d’une adaptation millimétrée à un environnement exigeant. Et puis viennent ceux que nous attendions tous : les baobabs. Massifs, puissants, presque mythiques, ils ponctuent le paysage comme des colonnes sacrées. À Ankarafantsika, on rencontre notamment Adansonia madagascariensis, espèce emblématique de Madagascar, avec ses silhouettes monumentales semblant porter le ciel sur leurs branches renflées. Devant eux, nous nous sentons petits, très petits, mais infiniment privilégiés.

Le sentier serpente paisiblement, mais nos sens, eux, sont en éveil permanent. Les arbres bruissent, les feuillages frémissent… La forêt vit et nous parle. Très vite, ce sont les oiseaux qui attirent notre attention. Nous observons le dyal malgache, à la présence discrète mais élégante, le Bulbul de Madagascar, actif et expressif, le drongo à la queue fourchue et au caractère bien trempé, et des gobe-mouches qui jouent avec la lumière en vol rapide entre branches et clairières. Leurs chants tissent une bande-son naturelle, douce mais omniprésente, rappelant que ce parc est aussi un sanctuaire ornithologique majeur de Madagascar.

À mesure que nous avançons, d’autres habitants du parc se révèlent. Sur les troncs et les branches, des caméléons se laissent deviner, parfaitement camouflés, avant qu’un mouvement lent et assuré ne trahisse leur présence. L’un d’eux retient tout particulièrement notre attention : le caméléon géant de Madagascar,, impressionnant par sa taille et sa prestance, véritable star reptilienne des lieux. Les sols sablonneux témoignent également du passage de serpents et de lézards, rappelant que cette forêt abrite une faune discrète mais bien présente, adaptée à ce milieu oscillant entre humidité et sécheresse.

Et puis arrive l’un des moments forts du circuit, celui que l’on attend, que l’on redoute un peu, mais que l’on savoure dès qu’on y pose le pied : le pont suspendu. Il flotte au-dessus de la rivière comme une ligne fragile entre deux mondes. Nous nous engageons, prudemment d’abord, riant ensuite, bercés par son léger balancement et par cette impression grisante d’être littéralement au cœur de la nature. Sous nos pieds, l’eau s’écoule lentement, entourée de végétation dense, tandis que de chaque côté la forêt continue d’étendre son royaume.

Ce circuit n’est pas seulement une balade ; c’est une immersion sensorielle et émotionnelle. C’est comprendre que le Parc National d’Ankarafantsika ne se résume pas à un type de paysage, mais qu’il est un véritable patchwork écologique où se mêlent lacs, forêts, savanes, canyons et faune d’une richesse exceptionnelle. Ici, tout raconte Madagascar : ses forces naturelles, sa biodiversité unique, et ce lien profond entre la terre, l’eau, les arbres et les êtres vivants.

Lorsque nous terminons le circuit, les baobabs se découpent encore dans notre mémoire comme des silhouettes de légende, les chants d’oiseaux résonnent encore à nos oreilles, et le balancement du pont semble persister dans nos pas. Une nouvelle facette d’Ankarafantsika vient de se graver en nous, majestueuse, sensible et infiniment vivante.

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Circuit Anpombilava Ankarafantsika

Pour clore notre découverte du parc, nous empruntons le Circuit AMPOMBILAVA, une parenthèse à la fois humaine, culturelle et naturaliste qui complète merveilleusement les explorations plus sauvages des jours précédents. Ici, ce n’est plus seulement la forêt, les canyons ou les lacs qui s’expriment, mais aussi la main de l’homme et son lien intime avec la nature.

Le sentier nous conduit vers les ateliers de raphia, nichés au cœur d’un environnement où poussent naturellement les Raphia farinifera, ces palmiers gigantesques aux feuilles parmi les plus longues du règne végétal. Le raphia n’est pas qu’une plante ; c’est une ressource vitale, un élément identitaire et économique majeur pour les communautés locales. Nous découvrons alors tout un savoir-faire patient et minutieux : fibres récoltées, séchées, tressées, nouées, transformées en objets du quotidien ou en pièces décoratives. Devant nous, des mains expertes transforment la matière brute en nappes, sets de table, paniers, chapeaux et objets artisanaux, chacun portant une part de l’histoire du lieu et du talent de ceux qui y vivent. Nous comprenons que ce circuit n’est pas une simple visite touristique, mais un moment d’échange, un rappel de l’équilibre fragile entre conservation de la nature et valorisation durable des ressources.

En quittant les ateliers, nous reprenons la piste, encore habités par cette impression chaleureuse d’avoir partagé un fragment de vie locale. Et comme souvent à Madagascar, la nature se rappelle à nous au moment où on s’y attend le moins. Là, en plein milieu de la route, avance tranquillement l’un des emblèmes reptiles de l’île : un magnifique caméléon , superbement coloré, presque irréel, qui semble traverser le monde avec une lenteur majestueuse et une assurance tranquille. Ses pattes saisissent le sol avec précision, son regard indépendant scrute de deux côtés à la fois, et sa présence seule suffit à transformer cet instant en scène inoubliable. Nous nous arrêtons, silencieux, admiratifs, lui laissant tout l’espace qu’il mérite, comme à un seigneur traversant son royaume. Un individu particulièrement émeché en profite pour traverser la route, chantonnant fortement…

Le Circuit Ampombilava n’est pas spectaculaire par ses paysages, ni impressionnant par ses dimensions. Il est précieux pour autre chose : il raconte l’humain, la matière, la tradition, l’adaptation, et ce lien subtil entre nature et culture. Il nous rappelle que le Parc National d’Ankarafantsika n’est pas seulement un sanctuaire écologique ; c’est aussi une terre habitée, vivante, créative, où chaque fibre de raphia, chaque regard échangé et chaque pas de caméléon écrit une part de l’histoire de Madagascar.

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