Le Parc National de l’ Ankarafantsika- MADAGASCAR +
LES BUNGALOWS AMPAJORA Parc National de l’ Ankarafantsika – Route N 4 entre Antananarivo et Majunga
À notre arrivée, nous sommes accueillis par les bungalows Ampajora, où un gecko phelsuma nous fait compagnie, ajoutant une touche d’exotisme à notre expérience. Ces geckos, également appelés Geckos diurnes, sont principalement arboricoles et habitent généralement les forêts chaudes et humides.
Bien que le confort soit assez simple, les bungalows sont parfaitement adaptés pour nos deux nuits de séjour. Spacieux et propres, ils offrent quatre couchages : un lit double et deux petits lits superposés, tous équipés de moustiquaires. La salle de bains comprend une douche, un lavabo et des toilettes séparées, bien qu’il n’y ait pas d’eau chaude. Le chemin en gravier peut rendre difficile le transport de valises lourdes.
Le restaurant, situé à 200 mètres dans le parc, propose d’excellents repas et ouvre dès 7 heures pour le petit déjeuner. Cet emplacement est idéal pour les amoureux de la nature qui privilégient la simplicité et l’accueil chaleureux plutôt que le luxe ostentatoire.
Bien sûr, cet endroit n’est pas fait pour ceux qui cherchent simplement à cocher une case sur leur liste de voyages. Mais pour nous, avoir un lit, un toit, une douche même froide et de bons repas est largement suffisant pour une expérience authentique et enrichissante.

Dès la tombée de la nuit, le parc se transforme et nous partons pour un circuit nocturne. La chaleur du jour s’estompe, les bruits changent, les silhouettes s’effacent et d’autres prennent vie. Nous avançons prudemment, guidés par notre ranger, dans cette forêt sèche typique du nord-ouest malgache, où alternent zones boisées, broussailles épaisses et espaces sableux. Autour de nous, la biodiversité semble retenir son souffle, puis peu à peu, elle se révèle. Même si la nuit ne livre pas toujours ses secrets facilement, chaque rencontre devient un moment rare, précieux, presque intime.
Très vite, la magie opère. Parmi les branches encore tièdes de la chaleur accumulée le jour, nous apercevons la petite éroesse,, cet oiseau endémique de Madagascar, discret mais agile, parfaitement adapté aux milieux boisés et aux forêts claires de la région. Sa présence rappelle combien ce parc constitue un refuge majeur pour de nombreuses espèces uniques au monde, dépendantes de cet écosystème fragile.
Puis vient l’un des moments forts de la soirée : la rencontre avec le microcèbe mignon. Ce minuscule lémurien nocturne, véritable boule d’énergie de quelques dizaines de grammes seulement, bondit d’une branche à l’autre avec une agilité incroyable. Dans ce silence nocturne, on perçoit presque sa vie intérieure : la recherche de nourriture, l’exploration de son territoire, sa lutte discrète pour survivre dans cet environnement parfois rude. Voir ce symbole vivant de l’endémisme malgache nous rappelle la richesse scientifique de ces lieux et l’importance de leur protection.
La nuit nous réserve encore d’autres surprises. Sur le sol, à la lumière tamisée de notre lampe, émerge la silhouette d’un scorpion parfaitement adapté à ce milieu. Espèce endémique du parc, il témoigne de l’équilibre délicat entre les différents maillons de cette chaîne écologique, où chaque organisme, du plus petit au plus impressionnant, joue un rôle dans le fonctionnement de l’écosystème.
Quelques instants plus tard, c’est le caméléon panthère qui nous coupe littéralement le souffle. Majestueux, fascinant, presque irréel, il demeure immobile, comme suspendu entre deux mondes. Chez les mâles, sa taille peut atteindre jusqu’à 55 centimètres, queue comprise, faisant de lui l’un des plus grands caméléons. Ses couleurs, que l’on devine même dans la pénombre, ne sont pas qu’un spectacle esthétique : elles constituent un langage, un camouflage, une stratégie de survie. À travers lui, c’est toute la dimension biologique, évolutive et écologique du parc qui se manifeste.
Et puis, alors que l’on croit que la nuit se referme, un dernier signe de vie apparaît, plus léger, plus délicat : un papillon de nuit de la famille des Erebinae danse autour de nous, fragile et gracieux, rappelant que même dans l’obscurité, la vie continue de vibrer, de s’adapter, de se perpétuer.
Ce circuit nocturne n’a peut-être pas multiplié les observations spectaculaires, mais il nous a offert quelque chose de plus profond : une immersion authentique dans un univers vivant, complexe, scientifique et sensible à la fois. Nous repartons émerveillés, conscients d’avoir approché un monde qui ne se dévoile qu’à ceux qui acceptent de ralentir, d’observer et de respecter cette nature exceptionnelle.
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Circuit COQUERELI Ankarafantsika

Au lever du jour, lorsque la lumière dorée commence tout juste à filtrer à travers les frondaisons, nous nous mettons en route pour notre première véritable exploration du parc : le circuit COQUERELI Cette boucle d’environ cinq kilomètres, sans grande difficulté, serpente au cœur de la forêt sèche d’Ankarafantsika. L’air est encore frais, la nature s’éveille doucement et, déjà, nous sentons que cette randonnée sera bien plus qu’une simple promenade : c’est une immersion dans un laboratoire vivant de biodiversité, unique à Madagascar.
Très vite, le silence se remplit de bruissements, d’appels d’oiseaux et de craquements de branches. Autour de nous, les troncs blanchis, les arbres aux feuilles coriaces, les zones d’ombre et de lumière composent un décor à la fois rude et fascinant. Et puis, il apparaît… ou plutôt, ils apparaissent. Dans les hauteurs des arbres, nous avons la chance d’observer le Propithecus verreauxi coquereli plus connu sous le nom de Sifaka de Coquerel, l’un des emblèmes du parc. Espèce strictement endémique de la région, ce lémurien diurne, reconnaissable à son pelage clair contrastant avec des zones rousses, se déplace avec une grâce presque irréelle. Ses bonds latéraux spectaculaires, ses postures élégantes, sa manière de s’agripper aux troncs témoignent d’une adaptation parfaite à cet environnement forestier. C’est un véritable acrobate de la canopée.
Nous poursuivons et croisons d’autres membres de cette fascinante famille des lémuriens. Le lémur fauve attire notre attention ; plus discret mais tout aussi agile, il évolue rapidement entre les branches, symbole de cette diversité biologique exceptionnelle. Un peu plus loin, une autre rencontre nous surprend : le mongoz, autre lémurien remarquable, fait une apparition furtive avant de disparaître dans la végétation. Et même si le microcèbe est souvent associé aux sorties nocturnes, nous évoquons ici la présence du microcèbe galago, représentant de ces petits primates aux yeux immenses, témoins d’une évolution fascinante liée au rythme jour/nuit des forêts malgaches.

Mais le circuit Coquereli ne se résume pas aux primates. Il est également un véritable paradis pour les passionnés d’ornithologie et d’écologie tropicale. Tout au long du sentier, la richesse avifaunistique se révèle. Nous observons le bulbul malgache, reconnaissable entre mille, perché dans les arbres, puis le schetbe roux, passereau endémique au plumage chaud et élégant, véritable symbole de l’endémisme insulaire. Et, comme pour sublimer cette harmonie naturelle, le Tchitrec malgache, aussi appelé gobemouche paradis, surgit par moments avec sa silhouette élancée et son élégance presque aérienne, apportant une touche poétique à cette immersion.
Pas à pas, nous comprenons que ce circuit n’est pas qu’une randonnée touristique. Il raconte une histoire scientifique, écologique et environnementale. Celle d’un parc national qui abrite des espèces qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre. Celle d’un écosystème fragile mais essentiel, où chaque animal, chaque arbre, chaque insecte joue un rôle dans l’équilibre global. Marcher ici, c’est avancer au cœur d’un patrimoine naturel universel, d’une réserve de vie qu’il faut observer avec respect… et protéger avec conviction.
Lorsque nous terminons la boucle, nous avons la sensation d’avoir vécu une véritable rencontre, presque un privilège. La forêt d’Ankarafantsika ne s’est pas seulement laissée visiter : elle s’est laissée comprendre, ressentir et admirer.
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Circuit Grand Lavaka Ankarafantsika
Circuit BAOBAB Ankarafantsika
Après les canyons rouges et les paysages sculptés par l’érosion, nous changeons totalement d’univers avec le Circuit BAOBAB. Le point de départ se fait au bord du lac Ravelobe, vaste miroir d’eau tranquille dont la surface immobile semble retenir les secrets du parc. Autour de nous, la végétation se densifie, l’atmosphère devient plus humide, presque enveloppante. Nous pénétrons alors dans une forêt secondaire où la nature reprend ses droits avec une vigueur impressionnante. Ici, les géants végétaux imposent leur présence.
Les Raphia farinifera, avec leurs immenses palmes en éventail, dominent certaines zones comme des cathédrales végétales. Plus loin, les arbres crocodiles (Hura crepitans) dressent leurs troncs armés d’épines, silhouettes un peu inquiétantes mais fascinantes, témoins d’une adaptation millimétrée à un environnement exigeant. Et puis viennent ceux que nous attendions tous : les baobabs. Massifs, puissants, presque mythiques, ils ponctuent le paysage comme des colonnes sacrées. À Ankarafantsika, on rencontre notamment Adansonia madagascariensis, espèce emblématique de Madagascar, avec ses silhouettes monumentales semblant porter le ciel sur leurs branches renflées. Devant eux, nous nous sentons petits, très petits, mais infiniment privilégiés.
Le sentier serpente paisiblement, mais nos sens, eux, sont en éveil permanent. Les arbres bruissent, les feuillages frémissent… La forêt vit et nous parle. Très vite, ce sont les oiseaux qui attirent notre attention. Nous observons le dyal malgache, à la présence discrète mais élégante, le Bulbul de Madagascar, actif et expressif, le drongo à la queue fourchue et au caractère bien trempé, et des gobe-mouches qui jouent avec la lumière en vol rapide entre branches et clairières. Leurs chants tissent une bande-son naturelle, douce mais omniprésente, rappelant que ce parc est aussi un sanctuaire ornithologique majeur de Madagascar.
À mesure que nous avançons, d’autres habitants du parc se révèlent. Sur les troncs et les branches, des caméléons se laissent deviner, parfaitement camouflés, avant qu’un mouvement lent et assuré ne trahisse leur présence. L’un d’eux retient tout particulièrement notre attention : le caméléon géant de Madagascar,, impressionnant par sa taille et sa prestance, véritable star reptilienne des lieux. Les sols sablonneux témoignent également du passage de serpents et de lézards, rappelant que cette forêt abrite une faune discrète mais bien présente, adaptée à ce milieu oscillant entre humidité et sécheresse.
Et puis arrive l’un des moments forts du circuit, celui que l’on attend, que l’on redoute un peu, mais que l’on savoure dès qu’on y pose le pied : le pont suspendu. Il flotte au-dessus de la rivière comme une ligne fragile entre deux mondes. Nous nous engageons, prudemment d’abord, riant ensuite, bercés par son léger balancement et par cette impression grisante d’être littéralement au cœur de la nature. Sous nos pieds, l’eau s’écoule lentement, entourée de végétation dense, tandis que de chaque côté la forêt continue d’étendre son royaume.
Ce circuit n’est pas seulement une balade ; c’est une immersion sensorielle et émotionnelle. C’est comprendre que le Parc National d’Ankarafantsika ne se résume pas à un type de paysage, mais qu’il est un véritable patchwork écologique où se mêlent lacs, forêts, savanes, canyons et faune d’une richesse exceptionnelle. Ici, tout raconte Madagascar : ses forces naturelles, sa biodiversité unique, et ce lien profond entre la terre, l’eau, les arbres et les êtres vivants.
Lorsque nous terminons le circuit, les baobabs se découpent encore dans notre mémoire comme des silhouettes de légende, les chants d’oiseaux résonnent encore à nos oreilles, et le balancement du pont semble persister dans nos pas. Une nouvelle facette d’Ankarafantsika vient de se graver en nous, majestueuse, sensible et infiniment vivante.
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Circuit Anpombilava Ankarafantsika
Pour clore notre découverte du parc, nous empruntons le Circuit AMPOMBILAVA, une parenthèse à la fois humaine, culturelle et naturaliste qui complète merveilleusement les explorations plus sauvages des jours précédents. Ici, ce n’est plus seulement la forêt, les canyons ou les lacs qui s’expriment, mais aussi la main de l’homme et son lien intime avec la nature.
Le sentier nous conduit vers les ateliers de raphia, nichés au cœur d’un environnement où poussent naturellement les Raphia farinifera, ces palmiers gigantesques aux feuilles parmi les plus longues du règne végétal. Le raphia n’est pas qu’une plante ; c’est une ressource vitale, un élément identitaire et économique majeur pour les communautés locales. Nous découvrons alors tout un savoir-faire patient et minutieux : fibres récoltées, séchées, tressées, nouées, transformées en objets du quotidien ou en pièces décoratives. Devant nous, des mains expertes transforment la matière brute en nappes, sets de table, paniers, chapeaux et objets artisanaux, chacun portant une part de l’histoire du lieu et du talent de ceux qui y vivent. Nous comprenons que ce circuit n’est pas une simple visite touristique, mais un moment d’échange, un rappel de l’équilibre fragile entre conservation de la nature et valorisation durable des ressources.
En quittant les ateliers, nous reprenons la piste, encore habités par cette impression chaleureuse d’avoir partagé un fragment de vie locale. Et comme souvent à Madagascar, la nature se rappelle à nous au moment où on s’y attend le moins. Là, en plein milieu de la route, avance tranquillement l’un des emblèmes reptiles de l’île : un magnifique caméléon , superbement coloré, presque irréel, qui semble traverser le monde avec une lenteur majestueuse et une assurance tranquille. Ses pattes saisissent le sol avec précision, son regard indépendant scrute de deux côtés à la fois, et sa présence seule suffit à transformer cet instant en scène inoubliable. Nous nous arrêtons, silencieux, admiratifs, lui laissant tout l’espace qu’il mérite, comme à un seigneur traversant son royaume. Un individu particulièrement émeché en profite pour traverser la route, chantonnant fortement…
Le Circuit Ampombilava n’est pas spectaculaire par ses paysages, ni impressionnant par ses dimensions. Il est précieux pour autre chose : il raconte l’humain, la matière, la tradition, l’adaptation, et ce lien subtil entre nature et culture. Il nous rappelle que le Parc National d’Ankarafantsika n’est pas seulement un sanctuaire écologique ; c’est aussi une terre habitée, vivante, créative, où chaque fibre de raphia, chaque regard échangé et chaque pas de caméléon écrit une part de l’histoire de Madagascar.
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