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LA MER MORTE ET LES ROUTES BIBLIQUES- JORDANIE

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Impossible d’envisager un voyage en Jordanie sans avoir mis les pieds dans la mer Morte. Avec sa forte concentration en sel, cette curiosité de la nature garantit une expérience de baignade hors du commun puisqu’on ne peut qu’y flotter.
C’est une expérience aussi extraordinaire qu’étrange !
Mais avant de plonger, nous partons faire un road trip dans le Wadi Mujib, cet espace montagneux qui borde l’est de la mer morte et qui s’élève jusqu’à plus de 1000m au dessus de son niveau
TOUTES LES PHOTOS DISPONIBLES EN SUIVANT LES LIENS SUIVANTS

LE WADI MUJIB

La réserve de biosphère de Mujib est la réserve naturelle la plus basse du monde, avec un éventail spectaculaire de paysages près de la côte est de la mer Morte. La réserve est située dans les profondes gorges de Wadi Mujib, qui pénètrent dans la mer Morte à 410 m sous le niveau de la mer.

La réserve s’étend jusqu’aux montagnes de Karak et de Madaba au nord et au sud, atteignant 900 mètres d’altitude à certains endroits. Cette variation d’altitude de 1 300 m, combinée au débit d’eau de la vallée tout au long de l’année à partir de sept affluents, signifie que Wadi Mujib bénéficie d’une magnifique biodiversité qui est encore explorée et documentée aujourd’hui. Plus de 300 espèces de plantes, 10 espèces de carnivores et de nombreuses espèces d’oiseaux permanents et migrateurs ont été recensées. Certaines des régions reculées des montagnes et des vallées sont difficiles d’accès et offrent ainsi des refuges sûrs pour les espèces rares de chats, chèvres et autres animaux de montagne. Les falaises de grès de Mujib sont un habitat idéal pour l’une des plus belles chèvres de montagne au monde, le bouquetin cornu.

Un centre de visiteur est en travaux sur place permettant d’organiser des treks à l’intérieur des gorges et aussi du canyoning.

Pour les amateurs plusieurs sentiers de rando sont accessibles selon la saison : le sentier Siq, le sentier des canyons, le sentier malaqi, le sentier Al-Hidan ou encore le sentier des bouquetins
La réserve de biosphère de Mujib a installé une tyrolienne composée de deux câbles parallèles, permettant à deux personnes de faire de la tyrolienne ensemble. La tyrolienne mesure 100 m de long, avec une pente d’environ 9 m, se prolongeant avec le pont Mujib. De son point de départ au Visitor Center de l’autre côté de la vallée. Pour tous renseignements tourism@rscn.org.jo
En rebroussant chemin et en empruntant une route bitumée et étroite sur la droite, nous gagnons les hauteurs en direction du Palais Machaerus. La route offre des points de vue spectaculaires sur la Mer Morte et la zone du Wadi Mujib
LE PALAIS MACHAERUS
La vue sur la mer Morte est époustouflante depuis le palais. Elle mérite à elle seule le déplacement jusqu’au château. Cependant, son véritable intérêt est ailleurs. Le château de Machaérus vous invite à retourner 2 000 ans en arrière pour revivre la scène de l’exécution de Jean-Baptiste. C’est là qu’Hérode le Grand coupa la tête du prophète lors d’une réception royale, après avoir été conquis par la danse de Salomé, sa belle-fille. L’histoire de Jean-Baptiste est rendue célèbre par la danse des sept voiles, interprétée dans plusieurs airs d’opéras.Le tour des ruines est tout simplement incontournable lors d’un pèlerinage en terre sainte de Jordanie La perspective sur la vallée du Jourdain est admirable depuis le seuil du château, mais est-ce uniquement pour le cadre qu’il vaut la peine d’une visite ? Autant les ouvrages de fortification inspirent le respect, autant le cœur s’angoisse à la pensée des injustices et des crimes dont le château fut le théâtre :

  • De là Hérode le Grand commandait sur toute la Judée.
  • Là, son fils Hérode Antipas cacha son amour coupable pour Hérodiade.
  • Là fut emprisonné le saint prophète que Dieu, dans sa bienveillance, envoya pour lui faire entendre raison, mais que le roi refusa d’écouter.
  • C’est, là enfin, que la princesse Salomé demanda l’exécution du prophète.

Si vous avez vu la danse des sept voiles de Salomé à travers la musique, les scènes d’opéra et les toiles de maître alors visitez le lieu d’origine de cette danse : la forteresse de Machéronte,

Nous rebroussons chemin pour traverser le canyon. Nous apercevons déjà les chutes d ‘eau sans imaginer que cela puisse être les sources d’eau chaude.
Nous bifurquons à gauche en direction du luxueux établissement “Ma’In Hot Springs”, et garons notre voiture après avoir payé le droit d’accès de 15 JOD par personne

MA’IN HOT SPRINGS

A quelques dizaines de minutes de la mer Morte, il est possible de trouver de nombreuses sources chaudes. Nous avons fait le choix de profiter de celles du luxueux établissement “Ma’In Hot Springs”, jaillissants à plus de 40 °c. Il est même parfois presque impossible de s’y baigner, car la température peut atteindre 65 °c… mais au moins, l’eau salée n’est pas de mise contrairement à la Mer Morte voisine !

Ici les sources d’eau chaude tombent en chutes d’eau et en cascades, jaillissants à plus de 40 °c. A l’été la température peut atteindre même 65°C. C’est assez surprenant de prendre une douche d’extérieur dans ces conditions. Une grotte où jaillit l’eau à plus de 50°C fait office d’hammam naturel. Exceptionnel !
Ma’in Hot Springs ou Hammamat Ma’in (biblique Belemounta), à 264 mètres (866 pieds) sous le niveau de la mer, sont des sources thermales et des cascades minérales thermales, où Hérode le Grand se serait baigné dans son eau médicinale, et où l’on vient pour des soins thermaux, ou simplement pour profiter d’un bain chaud, depuis l’époque de Rome.
La source thermale la plus célèbre des collines au-dessus de la mer Morte est Hammamat Ma’in, à 18,5 km des stations balnéaires de la mer Morte. Ici, l’eau, allant de 45 ° C à 60 ° C, tombe de la colline dans une série de cascades et de ruissellements, et est collectée dans une variété de piscines pour les bains publics. Il contient du potassium, du magnésium et du calcium.

Ma’In Hot Springs Resort & Spa dispose de quatre cascades dans la zone publique et de deux autres cascades dans la zone de villégiature avec une température variant de 30 à 37 C :
Cascade de la piscine thermale : Cette cascade offre une vue magnifique ; C’est un bel endroit pour se détendre, avec des moineaux se précipitant sur les rochers et des aigles roulant au-dessus, car cette eau est chauffée à des températures allant jusqu’à 65 ° Celsius et ne peut pas être utilisée. L’eau thermale est redirigée vers la piscine et refroidie.
Natural Waterfall Hot Springs :


La cascade est accessible, sortant naturellement à 42˚C et dispose d’une grotte de sauna naturelle (65˚C à 70˚C) enfouie discrètement au cœur de l’oued offrant des avantages dans différents domaines tels que la perte de poids et la santé dermatologique,

La Cascade familiale : Cette chute d’eau mesure 50 mètres de haut, elle a une température de 55˚C à sa source et se refroidit à 45˚C lorsqu’elle coule à la surface de la terre.

La baignade dans ces bains très chauds ouvre l’appétit. Nous choisissons de nous arrêter un peu plus loin au complexe panoramique d’où la vue sur la mer morte est également saisissante ! Voir notre page FB   UN PLAT UN JOUR
La route dans le Wadi Mujib offre de magnifiques points de vue sur la Dead sea, et ce complexe qui intègre un restaurant est probablement sur un des plus beaux belvédère
La carte est variée et le service attentionné. Attention, le service est ici à 17% mais les prix sont dans l’ensemble correct et les plats très bien effectués et gouteux
Au menu, nous commençons par quelques mezze :
du Humous beirouti, du local Labanah BelZaatar, un yaourth local et des foies de volaille frits
Puis en plat des Arayes, du pain libanais grillé farci à la viande oignons tomates et pignons de pin
du Musakhan, du poulet cuit au four avec de soignons, sumac, safran et pignons frits et du pain taboun
un régal !
Enfin, nous regagnons la Mer Morte pour une baignade incroyable. Attention, on vous abordera surement pour vous faire payer (jusqu’à 10 JOD par personne) l’accès à la plage, à une douche, au parking, au café ou au thé… Bien sûr il ne faut pas payer)

LA MER MORTE

Nous voici aux confins de la Jordanie, d’Israël et de Cisjordanie dans un  endroit unique au monde puisque nous sommes officiellement au point le plus bas de la Terre puisque la mer Morte se situe à une altitude de -417 mètres ! Principalement alimentée par le Jourdain, il s’agit en réalité plutôt d’un lac salé qu’une mer. Et ce qui fait sa plus grande particularité, c’est son incroyable concentration en sel. Et pour cause, avec un taux de salinité d’environ 27,5% contre 4% pour la salinité moyenne de l’eau de mer, la Mer Morte porte bien son nom puisqu’aucun poisson ou végétal ne peut y survivre. Pour autant, il est tout de même possible de s’y baigner ou plutôt d’y flotter. En effet, impossible de nager dans cette étendue d’eau mais la flottaison vous y offrira une expérience unique en son genre…

Les sels minéraux présents dans l’eau de la mer Morte sont une excellente source de bienfaits pour la peau et l’organisme. On dit même que Cléopâtre y venait faire des cures pour préserver son teint… Mais si l’expérience vous tente, il vaut mieux bien s’y préparer et connaître les règles de bonne conduite. En ce sens, il est recommandé de se baigner dans la mer Morte dans un endroit prévu à cet effet (plages publiques ou plages privées des hôtels). Parce qu’il est conseillé de ne pas y rester plus de 20 minutes (au-delà, le sel peut devenir agressif pour la peau), il vaut mieux avoir accès à une douche à proximité ou prévoir de l’eau claire pour vous rincer après la baignade. Par ailleurs, il est déconseillé de se baigner si vous avez des brûlures ou des plaies et de mettre la tête sous l’eau. Enfin, prévoyez des chaussures car le sol peut être coupant à certains endroits.

L’eau de la mer Morte est chaude, environ 28°C et semble au contact un peu huileuse.

Ce qui est incroyable c’est effectivement de flotter, et ce sans effort. Même, nous constatons qu’il est difficile de se redresser et de se mettre debout !

L’histoire de la mer Morte remonte loin à l’âge hellénistique et a figuré dans un certain nombre de références bibliques, y compris l’arche de Noé. La mer Morte a joué un rôle important pendant le règne des Romains et des Grecs anciens à des fins commerciales et militaires. Malgré son importance commerciale, la mer a été fermée au commerce de 1453 à 1856, date à laquelle elle a été rouverte par le traité de Paris.

Aujourd’hui, il reste une plaque tournante commerciale et constitue une excellente source pour les pêcheurs locaux. Avec des activités de plongée en apnée, de plongée et de baignade, les vacances à la mer Morte sont également très populaires auprès des habitants et des touristes.

De retour d’Aqaba en direction de la capitale, nous choisissons de prendre à l’ouest le long de la Mer Morte, route un peu plus directe et à peine plus longue que celle de l’est recommandée par le GPS
L’occasion de mesurer l’altitude déclarée officiellement annoncée à 434 mètres en 2019 en dessous du niveau de la mer
et nous constatons, sous réserve de la fiabilité de notre instrument de mesure, que le niveau atteint aujourd’hui -458 m !!
Comme la mer Morte est située dans une région désertique, l’évaporation est très forte et le sel s’est concentré. Le niveau continue donc de descendre car les activités humaines ont accéléré la baisse du niveau des eaux en raison de l’utilisation de l’eau pour l’irrigation ou les besoins des villes…
LA ROUTE BIBLIQUE
Dernière étape de notre journée le site où Jésus fut baptisé : occasion de plonger les pieds dans le Jourdain et de toucher à l’eau bénite !
THE BAPTISM SITE

Le site du baptême était une importante station de pèlerinage depuis l’époque de Jean-Baptiste. Même après sa mort, beaucoup de ses étudiants sont restés dans la région qui a été le berceau du christianisme. Des églises ont été construites à proximité du site, des moines vivaient dans des grottes et des pèlerins visitaient le site.
Cette tradition s’est poursuivie jusque vers le XIVe siècle . Avec la puissance des croisés vaincue et l’affaiblissement byzantin, le site a été négligé et la région est revenue sous le contrôle des tribus locales. L’est du Jourdain n’était plus un endroit sûr où aller, et sans garantie de sécurité, les pèlerinages sur le site devinrent de moins en moins fréquents, puis cessèrent pratiquement.

Un érudit de Jérusalem a découvert la carte de Madaba [à Madaba aujourd’hui en Jordanie], en 1897. Cette carte était une mosaïque du 6ème siècle représentant une carte du Moyen-Orient au 6ème siècle . La découverte et l’analyse ultérieure de la carte ont suscité un regain d’intérêt pour l’emplacement exact du site du baptême. Les pèlerins ont commencé à retourner dans la région à l’est du Jourdain dans l’espoir de trouver des indices sur l’emplacement du site.

Un bédouin local, Shaykh Salih Yacoub, se souvient des pèlerins chrétiens visitant la région dans l

es années 1920 (alors que la région était sous la domination ottomane) et construisant une église. La Première Guerre mondiale, la chute de l’Empire ottoman, la Seconde Guerre mondiale, puis le conflit palestino-israélien avec les guerres de 1948, 1967 et 1973 ont fait du site du baptême une zone interdite pendant la majeure partie du siècle.

Depuis le centre de visiteurs un bus vous emmène sur le site (attention à ne pas choisir la dernière visite à 16h00, car les églises seront fermées à votre arrivée…). Néanmoins vous pourrez profiter de la découverte du lieu où  Jésus a été baptisé

Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau. En ce moment, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe e

t venir sur lui… » (Matthieu 3 :16-17)

 

L’authenticité de ce site est aussi pure que les témoignages des évangiles, des pèlerins et des voyageurs qui ont visité ce site chéri. Les sites archéologiques découverts et les études associées réalisées récemment montrent les vestiges de cinq églises conçues et construites de manière unique depuis le Ve siècle en tant que mémoriaux du baptême de Jésus. En outre, la carte en mosaïque de la Terre Sainte où le site est représenté. Enfin, tout cela est couronné par les lettres officielles envoyées à la Commission royale par de nombreux chefs d’églises à travers le monde.

MADABA

Situé à une trentaine de kilomètres au sud d’Amman, Madaba , la  » cité des mosaïques « , est une étape incontournable dans notre voyage en Jordanie.

Dans un pays très majoritairement musulman, Madaba accueille une population chrétienne importante : ville sainte s’il en est et même biblique, elle est surtout célèbre pour les magnifiques pavements en mosaïque byzantine qui ornaient autrefois les églises chrétiennes ainsi que les édifices publics et privés.

C’est une petite ville agréable et animée avec de nombreux commerces qui accompagnent les visiteurs à la recherche de ces fameux pavements.

Cette petite ville est habitée depuis plus de quatre millénaires et demi. Il s’agit très certainement de l’ancienne ville de Madeba mentionnée dans la Bible, et Madaba est également cité sur la célèbre stèle de Mesha (850 av. J.- C.). Madaba connut à ses débuts la domination moabite puis ammonite. Plus tard, le roi Hyrcan Ier d’Israël, qui s’est emparé de la ville vers 110 av. J.-C., le promet aux Nabatéens en échange de leur aide pour remettre la main sur Jérusalem. A la suite de la conquête du royaume nabatéen par l’empereur romain Trajan en 106 apr. J.-C., Madaba et les régions proches furent intégrées à la province romaine d’Arabie. La cité prospéra et s’enrichit comme bon nombre de villes sous domination romaine. Vers la fin du Ier siècle, le christianisme commença à se répandre en Arabie et les chrétiens furent persécutés par les Romains : on recensa alors de nombreux cas de martyrs, dont certains à Madaba. Au IVe siècle, toutefois, après la conversion de l’empereur Constantin au christianisme, cette religion devint majoritaire dans l’Empire romain. Pendant la période byzantine, à partir du Ve siècle, Madaba possédait son propre évêque et la ville devint le lieu de constructions de belles églises pendant deux siècles. Les célèbres mosaïques furent réalisées à cette période et leur réalisation à Madaba dura jusqu’au VIIIe siècle.

Madaba continue de faire parler d’elle par ses ruines d’églises byzantines. L’église contemporaine Saint-Georges s’enorgueillit de posséder la carte en mosaïque de la Palestine, dont la renommée a traversé les océans. Avec l’église de la Vierge, la salle Hyppolyte et l’église des Apôtres, elle fait partie des incontournables de Madaba.

Nous nous garons à proximité du restaurant Fokar & Bhar où nous avons prévu de déjeuner après la visite des sites (voir l’article consacré à la cuisine Jordanienne)

Immédiatement nous découvrons l’entrée d’un double site : celui du Burnt Palace et de l’église des martyres

.

EGLISE DES MARTYRES

A proximité du palais incendié, on trouve aussi les quelques vestiges de l’église des Martyres (Al-Khadir), datée du VIe siècle. Son pavement de mosaïques a malheureusement été fortement endommagé au plus fort de la période iconoclaste.

En zoomant sur les 4 premières rangées nous pouvons néanmoins découvrir

Le premier rang commence par la scène de la chasse : un chasseur avec un oiseau (peut-être un faucon) sur l’épaule et un bâton à la main s’approchant d’un arbre pour effrayer deux oiseaux perchés dans les branches ; un deuxième chasseur, deux bâtons sous le bras, s’apprête à mettre en cage un oiseau fraîchement pêché ; un contour d’un animal, peut-être un zèbre. Et la rangée se termine avec deux ours sous un palmier chargé de dattiers. Le deuxième rang se poursuit par des scènes de chasse et de volaille : un chasseur, assis sur un éléphant, poursuit une bête sauvage en fuite ; sur le côté droit, il y a un chasseur vêtu de la même manière tenant un chameau par une corde. Le troisième rang est constitué d’une scène pastorale : un berger en manteau s’appuie sur son bâton tout en surveillant un troupeau de chèvres et un mouton. La quatrième rangée comprend une autre scène de chasse : une bête sauvage fuyant un personnage armé d’un fouet ; un autre chasseur portant une fourche à trois dents et traînant un lion avec une corde ; et enfin à droite, une bête féroce déchire un chevreau.

Le presbyterium est l’espace entourant l’autel dans le sanctuaire où les diacres se tiennent pour assister le prêtre.

Quiconque assiste pour la première fois à une liturgie orthodoxe sera frappé par son franc appel aux sens. Plusieurs actions concourent à la liturgie sensuelle telles que la consécration et la distribution du pain et du vin, la psalmodie et le chant et de l’encens, le mouvement rituel des prêtres derrière l’écran du chœur. Pour agrémenter cette expérience sensuelle, à l’époque byzantine, les fidèles chrétiens de la nef n’étaient pas assis mais plutôt debout.

Le chœur, qui est souvent un écran richement sculpté et décoré, marquait la séparation du presbytère et du chœur de la nef et du reste de l’église. Liturgiquement, le presbytère, qui est deux marches plus haut que la nef, est la zone de l’Église dans laquelle fonctionne le clergé. Les fidèles ne sont pas autorisés à pénétrer dans cet espace et sont confinés dans la nef. De plus, il existe même certaines restrictions à l’entrée dans la nef, comme dans le cas des femmes pendant leur période menstruelle. Des traces de l’autel ont été trouvées dans l’espace du presbytère de l’église des Martyrs..

Gratuit avec le Jordan Pass

 

PALAIS INCENDIÉ (BURNT PALACE)

 

Dans cette ancienne et imposante résidence privée du VIIe siècle (découverte en 1905), les fouilles ont

révélé une portion de plusieurs mosaïques sur le sol. Ce palais, situé au bord d’une ancienne voie romaine, aurait brûlé à l’époque byzantine, peut-être durant le tremblement de terre de 749, puis a été abandonné par la suite.

Un pavé en mosaïque a été découvert sous une épaisse couche de cendre et de charbon de bois dans la cour lors d’une étude de 1905 sur les antiquités de Madaba. Il a été considéré comme les restes d’une église; cependant, lorsque de nouvelles fouilles ont été menées en 1985, il est apparu que la mosaïque faisait en fait partie du sol d’un complexe résidentiel privé qui avait brûlé à la fin de l’ère byzantine et avait ensuite été abandonné. C’est de là que vient le nom ‘The Burnt Palace’.

Ce qui reste des mosaïques du palais brûlé contient des exemples remarquables et exquis de conception byzantine. Ceux-ci incluent des motifs géométriques de cercles entrelacés, de boucles et de carrés en retrait, la personnification de la saison avec des scènes pastorales et de chasse. A l’entrée, une paire de sandales dans un médaillon. Dans le prolongement du bâtiment se trouvent plusieurs salles qui contiennent toutes des fragments plus ou moins bien conservés de pavements de mosaïque. Celles du nord renferment respectivement une statue de la déesse Tyche (une déesse de la cité) et un fragment d’une création représentant les quatre saisons. Dans la salle située dans l’aile ouest, on peut découvrir une succession de dessins géométriques au centre desquels se trouve la pièce maîtresse : un lion mettant à mort un taureau.

 

Un peu plus loin nous arrivons à la très célèbre église Saint-Georges réputée pour sa carte de la Palestine;

CARTE DE PALESTINE ET ÉGLISE SAINT-GEORGES

L’église grecque de confession orthodoxe qu’est la basilique Saint-Georges date seulement du xixe siècle.

Son air modeste est trompeur, puisque l’abside de l’église abrite un trésor historique d’une valeur inestimable pour le christianisme. Il y a 130 ans, a été découvert sur le chantier, des vestiges d’une église de Byzance dans laquelle était caché une carte en mosaïque de Jérusalem. Cette carte n’est pas une carte ordinaire. C’est la plus vieille représentation de Jérusalem qui nous soit parvenue à l’heure actuelle. Les Chrétiens s’y rendent pour nourrir leur foi, les autres pour étoffer leurs connaissances culturelles.

Quelles que soient vos croyances, le pèlerinage à l’église Saint-Georges est une étape immanquable pour découvrir une Jordanie historique et authentique.

HISTOIRE DE LA BASILIQUE

Les premières pierres de l’église Saint-Georges ont été posées en 1986. Le monastère byzantin qui a occupé initialement le site date, lui, du vie siècle. Dans son livre, l’historiographe Procope de Césarée avance une date de construction entre 527 et 561. Lors des opérations de fouilles, les archéologues ont repéré une citerne dans le sous-sol de l’église. Sur cette dernière se trouve une inscription en lettres grecques qui nous livre trois renseignements : l’église a été décorée avec « munificence » ; elle fut érigée sur l’ordre de l’empereur Justinien II ; l’édifice fut achevé en l’an 13 de l’indiction. L’équivalent de cette date dans le calendrier grégorien est l’an 550.

L’art byzantin n’est pas nouveau. Les Byzantins sont passés maîtres dans l’art de la mosaïque, qui combine des morceaux de verre, d’émaux et de céramique à des fins décoratives. D’où vient alors l’enthousiasme des érudits et des archéologues à la vue de la carte de Madaba sur le carrelage de l’église Saint-Georges ?

En fait, c’est une grande première dans l’histoire de l’art en ce sens que la mosaïque traite de la géographie. Cette carte de mosaïques est considérée comme le joyau de l’histoire car il s’agit de la plus ancienne représentation de la Terre sainte, en particulier Jérusalem. Le repérage des lieux saints sur la carte contribuera au développement spectaculaire des sciences bibliques en établissant la validité des Saintes Écritures d’un point de vue historique. L’œuvre représente la Terre sainte, carte de la Terre sainte, depuis le Liban jusqu’à la Basse Egypte (le delta du Nil), reprenant les lieux mentionnés aussi bien dans le Nouveau que l’Ancien Testament.

TOUR DE L’EGLISE

Une seule attraction retient l’attention des visiteurs au moment où ils franchissent la porte de l’église Saint-Georges. Ni la façade extérieure, ni les pieuses images décorant les vitraux, ni encore moins la messe. La raison de ce rassemblement est l’antiquité visible sur la mosaïque : la fameuse carte de Madaba.

Elle a été édifée, selon les historiens, entre 550 et 561 ap. J.-C., grâce à une inscription dédicatoire en grecque gravée dans un réservoir sous l’église qui précise à quelle période construite :

 Il peut être judicieux d’acquérir le plan proposé (1,5 DJ) à l’entrée si vous désirez comprendre les innombrables détails de la carte. Sachez d’abord que la carte est orientée vers l’est (l’est se situe vers le haut). Le nord se trouve donc à votre gauche. Jérusalem, avec ses remparts, ses tours et ses portes, occupe une place centrale sur la carte. Elle fournit de précieuses informations sur le plan et l’architecture de la ville au VIe siècle. On y repère le Cardo, l’artère principale, divisant la cité en deux (avec la porte de Damas à son extrémité nord), ainsi que l’église du Saint-Sépulcre. Les murs de la ville sont ponctués de vingt et une tours, dont la principale est celle communément appelée la tour de David, et percées de six portes seulement, la dernière, la Porte nouvelle, datant de 1890.

 » C’est là l’ouvrage que notre très pieux empereur Flavius Justinien a fait réaliser avec munificence, sous les auspices du très saint Constantin, prêtre et Hegumen, en l’an 13 de l’indiction « , soit après 550.

La mosaïque fut réalisée par des artistes inconnus – probablement sur l’initiative de la communauté chrétienne de la ville de Madaba, qui était un évêché durant l’ère chrétienne byzantine. Malheureusement, le maître d’œuvre de l’église orthodoxe, peu impressionné par cette antiquité, prit peu de soins à conserver intégralement ce qu’il en subsistait : il fixa des piliers au beau milieu d’un grand fragment, et des morceaux entiers disparurent pendant les travaux, notamment la partie décrivant la région située entre Hébron et Beershéva. A l’origine, les dimensions de la carte étaient assez exceptionnelles (21 m sur 7 m – contre 16 m sur 5 m actuellement) et cette dernière comprenait plus de deux millions de fragments (tesselles).

Malgré cela, la carte a le mérite de présenter clairement la géographie de la Terre Sainte. Le royaume a pour capitale Jérusalem, mais ses frontières s’étendent du Liban jusqu’à la Basse-Égypte, le nord de l’Egypte actuelle. Les peintres ont illustré la carte de plusieurs légendes et annotations. Y figurent les noms des groupes ethniques qui ont habité la Palestine. Y sont représentés les lieux saints majeurs mentionnés dans l’Ancien et le Nouveau Testament : le mont sacré du Sinaï, la vallée du Jourdain, le puits de Jacob.

On voit distinctement le plan d’urbanisme de Jérusalem avec ses dépendances. Jérusalem, la Sainte Cité, occupe le milieu de la carte. Elle est entourée de verrous, de tours et de murailles. L’accès de la ville est protégé par vingt-et-une tours. La tour maîtresse s’appelle la tour de David, accessible à travers six portes. Apparaissent ensuite les villages : Bethléem, le lieu de naissance du Christ ; Jéricho, une oasis fertile couronnée de palmiers ; Kerak et son château fort ; Ashkelon, Gaza et Péluse. Les dessins sont soucieux de réalisme : sur les carrés de mosaïque, vous pourrez distinguer des embarcations de pêcheurs naviguant sur la mer Morte, des poissons nageant dans le fleuve du Jourdain ou encore un lion se lançant aux trousses d’une gazelle dans le désert de Moab.

Poursuivons en pénétrant maintenant dans le parc archéologique.

LE PARC ARCHÉOLOGIQUE

A deux pas de l’église Saint-Georges, ce parc regroupe d’intéressants vestiges. Les fouilles ont permis, et permettent aujourd’hui encore, de découvrir les richesses archéologiques de Madaba, depuis longtemps recouvertes par les constructions modernes.

A l’entrée du parc, on pourra voir une exposition de mosaïques provenant de plusieurs sites de la région. La plus ancienne du pays, datant du Ier siècle av. J.- C., provient de la forteresse d’Hérode à Machéronte.

EGLISE DE L’ACROPOLE DE MA’IN

Les ruines de Ma’in, à l’ouest de Madaba, sont identifiées avec Moabite Ba’al Ma’on et l’ère byzantine-omeyyade Belemounta. La mosaïque de l’église sur l’acropole a été posée en 719/20 ap. J.-C. au plus fort de la période omeyyade. Dans la nef, il y avait un motif géométrique élaboré avec des personnages qui ont été défigurés par les iconoclastes. Celui-ci était entouré d’une bordure de deux mètres de large décorée de scènes de chasse et d’une série continue de bâtiments. Au moment de la fouille, il y avait 11 bâtiments identifiés par des toponymes comme des villes et des villages sur les rives est et ouest du Jourdain. Du côté sud se trouvent Nikopolis-Amwas ; [Eleuthéro]polis Beit Gibrin ; et Askalon. Du côté ouest se trouvent Maiumas – al-Minah; [Ca]za : Od[roa] – Udruh. Du côté nord se trouvent [Charach MJuba – Karak ; Aréopolis – Rabbah; Gadoron – Es-Sel ; Esbun[ta] -Hesban ; et Belemunta-Ma’in. La partie orientale de la chapelle nord de l’église était ornée d’un taureau faisant face à un lion expliqué par une citation en grec d’Isaïe 65:25 : Et le lion mangera de la paille comme le boeuf. » De cela seulement une queue, deux pattes, un il reste un sabot, une bosse et les pointes de deux cornes.

Les personnages de la scène originale ont été mutilés et remplacés par un buisson à gauche et une jarre avec des volutes de vigne à droite.

EGLISE DE LA VIERGE MARIE

En 1887, une grande mosaïque de sol a été déterrée dans un ancien bâtiment occupé par une famille de Madaba. La mosaïque comprenait trois inscriptions grecques, et des copies de celles-ci ont été envoyées par le pasteur catholique romain de Madaba pour analyse. Les inscriptions ont identifié l’édifice comme étant l’église de la Vierge Marie. Ce fut la première des mosaïques de sol de Madaba à être connue des érudits. La famille qui l’occupait y resta jusqu’en 1972, date à laquelle le domaine fut exproprié par le Département des Antiquités et les fouilles commencèrent.

Cette église a un plan unique, avec une nef circulaire qui a repris la forme du temple romain sur lequel elle a été construite. Un vestibule intérieur et un presbytère allongé en hémicycle sont soutenus par deux salles souterraines à voûtes en berceau. Deux paires de colonnes encadrent l’entrée de la nef circulaire de 9,7 m de diamètre

Le sol en mosaïque que vous voyez aujourd’hui n’est pas la mosaïque byzantine d’origine, mais a en fait été réalisé dans le cadre de travaux de restauration de l’église effectués pendant la période omeyyade. Une petite section de la bordure géométrique, qui est techniquement différente, provient du sol d’origine et a été incorporée dans la composition ultérieure. La conception de cette nouvelle couche de mosaïques est clairement influencée par les motifs islamiques et l’arabesque

La composition de la mosaïque fait appel à trois cercles concentriques au centre desquels s’entrecroisent deux carrés formant une étoile à huit branches. Le médaillon central est occupé par une inscription en grec qui rappelle au fidèle pénétrant dans l’église la pureté d’esprit nécessaire pour vénérer l’icône de la Vierge Marie.

Elle signifie :  » Si vous voulez regarder Marie, la mère virginale de Dieu, et le Christ qu’elle a enfanté, le Seigneur universel, fils unique de Dieu unique, purifiez votre esprit, votre chair et vos oeuvres. Puissiez-vous par la prière purifier les créatures de Dieu. « 

Bien que le décor de ce sol soit exclusivement composé de motifs géométriques et floraux, l’inscription laisse à penser qu’il existait une représentation de la Vierge dans l’abside de l’église. Une seconde inscription en grec dans une tabula ansata devant le jubé explique que l’église a été reconstruite et embellie par “le soin et le zèle du peuple de Madaba dans son amour pour le Christ” en l’année 767 J.-C. (149 H).

L’intérêt de ce pavement tient à sa date tardive (dernière mosaïque datée retrouvée en Jordanie) et montre que 17 ans après la chute de la dynastie omeyyade, il existait encore une communauté chrétienne à Madaba suffisamment prospère pour reconstruire une église et la décorer d’un nouveau sol en mosaïque polychrome.

Au fur et à mesure que les couches du temps ont été lentement déterrées, on a découvert que l’église de la Vierge Marie avait été construite au-dessus du hall d’un ancien manoir de Madaba, connu sous le nom de hall d’Hippolyte. Le manoir du 6ème siècle a lui-même été construit sur une structure encore plus ancienne – un temple romain circulaire

ÉGLISE DU PROPHÈTE ÉLIE ET CRYPTE DE ST-ÉLIANUS

Sous l’église du prophète Elias les une ancienne crypte qui est finement décorée de belles mosaïques la crypte de Saint Elianus Des parties des cryptes anciennes mosaïques restent in situ aujourd’hui. Des escaliers de l’église au-dessus mènent à la crypte, se terminant par un palier carré décoré de mosaïques. La mosaïque du palier sud illustre magnifiquement un petit arbre chargé de fruits, et la mosaïque du côté nord est un médaillon au motif géométrique entrelacé. Une voûte couvre la zone de la crypte, qui reçoit la lumière à travers une fenêtre dans l’abside.

Les mosaïques de la Crypte Saint-Élianus témoignent de la maîtrise technique et de l’imagination propres aux mosaïques de la ville. Une mosaïque exquise et colorée se déploie sur la nef de la crypte : une bordure de rubans ailés renferme un motif géométrique de croix entrelacées et d’images d’oiseaux qui entourent une inscription, qui se lit comme suit :

« Le Christ notre Seigneur a construit cette maison à l’époque du très pieux évêque Serge pour les soins de Serge, le prêtre de Saint Elianus, l’année 490 [595-59% AD] ».

HALL D’HIPPOLYTE

La salle était richement décorée de belles mosaïques, dont certaines parties sont encore visibles aujourd’hui. La section ouest de la mosaïque Hippolytus Hall a été trouvée en 1905 sur le sol de la message de l’église de la Vierge par un résident local qui a fait don de la propriété à cette époque.

Les traces de plusieurs périodes historiques peuvent être de l’époque romaine à l’époque byzantine Hlomit Umayyad

Le manoir byzantin porte le nom de sa mosaïque au sol inspirée de la tragédie grecque « Hippolyte d’Euripide. Selon l’histoire. Thésée est roi d’Athènes et est exilé pendant un an pour un crime qu’il a commis. Hippolyte est son fils illégitime, qui a juré la chasteté et vénère Artémis au lieu d’Aphrodite, déesse de l’amour. Pour se venger, Aphrodite demande à sa belle-mère Phaedra de tomber amoureuse d’Hippolyte. Un drame élaboré se déroule, Phaedra finit par se suicider et blâmer injustement Hippolyte. Thésée revient et exile son fils. Artémis intervient pour résoudre le problème, et finalement Hippolyte pardonne à son père puis meurt.

Cette mosaïque montre quelques-uns des personnages principaux de l’histoire et qui sont nommés dans l’ouvrage. La scène représente des servantes assistant Phèdre tandis qu’une nourrice se tourne vers Hippolyte qui est accompagné de ses ministres et d’un serviteur tenant sa monture.

Une large bordure de rinceaux d’acanthe encadre trois panneaux rectangulaires en Y. Les personnages du panneau central ont été partiellement détruits lorsque la salle a été divisée en deux salles dans l’Antiquité. Des volutes d’acanthe encadrant le champ central incorporent des scènes de chasse et pastorales. Les quatre coins sont décorés de personnifications des saisons, toutes quatre représentées comme Tyche (la déesse locale) en demi buste. et chacun porte une couronne à tourelle.

Dans le troisième panneau, Aphrodite est assise sur un trône à côté d’Adonis qui tient une lance. Une grâce lui présente un cupidon qu’elle menace d’une sandale. Un deuxième Amour soutient le pied nu d’Aphrodite, tandis qu’un troisième veille, et qu’un quatrième a la tête dans un panier d’où tombent des fleurs ; le panier et les fleurs font allusion à un poème dans lequel un rayon de miel avec des abeilles qui s’envolent est utilisé pour symboliser à la fois la douceur et la piqûre de l’amour. Pour montrer que la scène se déroule en pleine campagne, l’artiste a ajouté une paysanne aux pieds nus portant un panier avec des fruits sur son épaule et une perdrix dans sa main droite.

MOSAÏQUE SUPERIEURE DE L’EGLISE DE MASSUH

Les ruines de Massuh, à 3 km à l’est de Hesban et à 10 km au nord de Madaba, se trouvaient sur le territoire de l’ancien diocèse d’Esbus. Les fouilles dans le secteur sud-est des ruines ont révélé une église qui était en fait deux édifices superposés, chacun avec son propre sol en mosaïque. Des sections de la mosaïque de l’église supérieure sont exposées ici. Dans l’abside, seul le côté nord de la mosaïque est conservé. Il est composé de deux parties : une scène avec deux lions face à un médaillon avec inscription datée du début du VIème siècle. Les volutes d’acanthe de la bordure, ajoutées plus tard dans le siècle, contiennent un chien poursuivant un lièvre ; un canard; deux perdrix face à une fleur ; un coq; et un bovin. Les personnages qui ornaient la nef furent défigurés et l’un d’eux remplacé par une croix. Des inscriptions grecques donnent les noms des donateurs qui ont reconstruit l’église à l’époque de l’évêque Théodose d’Esbus. Les membres du clergé, appelés « le clergé amoureux du Christ », sont particulièrement loués. Les inscriptions dans la deuxième rangée se lisaient: « Christ notre Dieu, aide ton serviteur le prêtre, Sabbatius. Amen »; « Au temps du très pieux évêque Théodose, cette très sainte église était pavée de mosaïques au mois d’août… » et « Christ notre Dieu aide ton serviteur Gennadius, le moine…

Sortons du parc archéologique et gagnons le centre des visiteurs; Pas grand intérêt, si ce n’est la carte de la Jordanie sur le mur extérieur du parking puis gagnons l’église des Apotres

ÉGLISE DES APÔTRES

Cette église possède les plus belles mosaïques de la ville, à l’exception bien sûr de la Carte.

En 1902, des fouilles ont révélé le nom de la structure, la date de sa construction, 568 après J.-C., et un médaillon avec une personnification de la mer au centre de l’église. D’autres fouilles ont été menées par l’Institut évangélique allemand en 1967. La majeure partie de la mosaïque du 6″ siècle est bien conservée. Il y a des scènes de jeunes et d’animaux sur trois côtés des rouleaux d’acanthe et dans les bordures ouest et est de la nef.

Il y a deux chapelles au nord. Celle de l’ouest est ornée d’une série de cerfs, de moutons et de gazelles faisant face à des arbres, et d’une inscription mentionnant un évêque Jean. La deuxième chapelle est divisée en deux zones. Une zone est décorée d’arbres et d’animaux, et d’une inscription dédicatoire qui fait référence au « temple des Saints Apôtres ». L’autre zone de la pièce a une grille de fleurs avec des arbres, des fleurs, des feuilles, des fruits et des oiseaux.

Les mosaïques ont été restaurées par la Madaba Mosaics School et l’abri a été construit par l’American Center of Oriental Research (Ammar Khammash, architecte) avec un financement de l’Agence des États-Unis pour le développement international.

      

LE MUSEE ARCHEOLOGIQUE

Cet établissement donne une mesure de la créativité des Byzantins. La collection comprend des iconographies sacrées, des articles de joaillerie et de céramique. il se caractérise par l’abondance de dessins de mosaïques byzantines en son sein, qui remontent à la période entre le Ve et le VIIIe siècle. Les salles abritent des artefacts de plusieurs sites de la région couvrant toutes les grandes périodes historiques, y compris l’âge du fer, romain, byzantin et omeyyade. Ce musée présente une bonne collection de découvertes de Moabit et d’Ammonite. Le prix d’entrée à ce musée dans le billet combiné est de 3 dinars jordaniens et il couvre également le parc archéologique de Madaba et l’église des Apôtres.

LE MONT NEBO

À neuf kilomètres au nord de Madaba s’élève le Mont Nébo, fréquenté par des milliers de pèlerins. La Bible hébraïque le désigne comme l’endroit où Moïse, l’homme de Dieu, mourut après avoir posé le regard sur la Terre Promise sans avoir le droit d’y entrer. Le mont offre une vue spectaculaire sur le Jourdain ainsi que sur Jérusalem et Jéricho, situés de l’autre côté du fleuve. Ne ratez pas le couvent franciscain et l’église joyeusement perchées sur le sommet.

L’incarnation du Fils de Dieu dans l’histoire est inséparable du cheminement du peuple d’Israël durant quarante ans dans le désert ; il remonta le long de la mer Morte et, arrivé en face de Jéricho, passa le fleuve et entra en terre promise aux patriarches. C’est du sommet du mont Nébo que Moïse regarda ce pays de loin… Jésus lui-même y vint ; c’est à Béthanie qu’il fut baptisé par Jean-Baptiste et à Gadara qu’il guérit un possédé du démon en envoyant celui-ci dans un troupeau de porcs.
Le mont Nébo est un lieu sacré chargé de signification pour la communauté judéo-chrétienne. Vous l’avez certainement vu dans une scène des Dix Commandements. Vous connaissez par cœur le récit du décès du Moïse, condamné à mourir sur une montagne par suite d’une sentence punitive de Dieu, tel que raconté dans le livre du Deutéronome. Allez maintenant gravir le promontoire depuis lequel l’homme de Dieu a contemplé la Terre Promise avant de rejoindre ses ancêtres. Peu importent vos croyances religieuses, ne manquez pas d’explorer ce site emblématique de la Jordanie. Jetez un œil au musée bâti sur son sommet et promenez-vous parmi les ruines byzantines. Le site vaut tant pour la valeur historique que pour la vue depuis ses huit cents mètres d’altitude. Pourvu que le ciel soit dégagé, vous jouirez d’un joli coup d’œil sur Amman, la mer Morte et la vallée du Jourdain. Émotion et recueillement garantis !

Une fois parvenu au sommet, une vue imprenable vous fera oublier votre fatigue. La vallée du Jourdain, la mer Morte, la ville biblique de Jéricho, Bethléem et la Terre Sainte sont réunis sous une étonnante perspective. Difficile de faire mieux que le mont Nébo en tant que plate-forme d’observation. Nulle part ailleurs en Jordanie, vous ne retrouverez une vue aussi époustouflante.

La basilique du mémorial de Moïse n’attend que vous pour l’explorer. Est-ce donc là que Moïse décéda à l’âge de 120 ans ? Si l’imagination peine à croire ce qui est inaccessible à notre champ de vision et paraît trop loin de notre époque, les ruines archéologiques viennent en aide à notre foi chancelante. Des monastères byzantins y étaient construits ; des croyants ont vénéré l’homme de Dieu à cet endroit. Les délicates mosaïques en sont la preuve. L’intérieur de l’église est richement décoré, en particulier les murs et le parquet. Les sujets des mosaïques dépeignent la vie au pays du Jourdain dans ces premiers siècles : des autruches, des paons au plumage diapré, des zébus, des scènes de vie champêtre où évoluent des chasseurs et des bergers. L’édifice a retrouvé un air de jeune après des travaux de rénovation. Il ne reste que les mosaïques et les colonnades de la structure d’origine.

En déambulant dans le parvis de l’église, attardez-vous sur le serpent d’airain, une sculpture monumentale léguée par l’Italien Giovanni Fantoni. Les fidèles reconnaîtront dans cette sculpture le serpent de bronze que Moïse fit ériger sur une perche pour neutraliser les morsures venimeuses du serpent de feu que Dieu envoya sous le coup de la colère. Par sa forme, le serpent d’airain n’est pas sans rappeler la croix de Jésus.

Non loin de là se dresse le monument du Jubilé, bâti dans la pierre blanche et commémorant le passage au mont Nébo du pape Jean-Paul II au cours de la fête de l’Epiphanie de l’an 2000.

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