L’Oasis des Sauriens : Crocoparc Agadir et la Renaissance du Crocodile du Nil Maroc
Voyage au cœur d’un dôme botanique d’exception entre jungle tropicale, roseraie de cactus et prédateurs légendaires

Nous quittons l’agitation urbaine du centre d’Agadir pour faire route vers l’est en direction de la commune de Drarga, où se dresse l’entrée théâtrale de Crocoparc (GPS : 30.4183, -9.4878). Ce sanctuaire conservatoire unique, ouvert tous les jours de l’année, redonne vie à une mémoire biologique poignante : autrefois abondants dans les gueltas sahariennes, les oueds du Sud marocain et le bassin du Souss, les derniers spécimens sauvages de sauriens ont disparu du territoire marocain au cours des années 1970 sous la pression conjuguée d’une chasse démesurée et de sécheresses récurrentes. L’accès à ce domaine sécurisé de plus de quatre hectares s’effectue moyennant un tarif de 90 Dirhams pour les adultes et 60 Dirhams pour les enfants, un investissement qui soutient directement la préservation des espèces et la sensibilisation du public à la biodiversité.
Dès notre arrivée sur la vaste esplanade en terre ocre, nous faisons face à une citadelle d’inspiration saadienne dont l’entrée prend la forme d’une gigantesque gueule de saurien sculptée aux dents acérées. Nous franchissons ce porche monumental où les enfants s’amusent à mesurer leur taille entre les crocs calcifiés avant de pénétrer au cœur du parc.
Une fois le vestibule traversé, une fraîcheur végétale nous enveloppe au milieu d’un décor de jungle constitué de plus de trois cents espèces botaniques. Nous observons une impressionnante colonie de plus de trois cents individus du Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus, Nile crocodile, Crocodile du Nil), dont plusieurs spécimens dépassent trois mètres de longueur pour près d’une tonne, sachant que les plus grands adultes de cette espèce peuvent atteindre sept mètres. Sur le bord des bassins d’eau opale, plusieurs mastodontes se regroupent sur les pentes d’argile rouge, tandis qu’un individu isolé gît au pied d’un empilement de galets et d’un massif de Yucca à feuilles d’aloès (Yucca aloifolia, Aloe yucca, Yucca à feuilles d’aloès), conservant sa gueule largement ouverte pour évacuer sa chaleur corporelle par thermorégulation. En cheminant le long des enclos, nous remarquons également la présence de la Tortue sillonnée (Centrochelys sulcata, African spurred tortoise, Tortue sillonnée) déambulant à proximité et de l’Iguane vert (Iguana iguana, Green iguana, Iguane vert) perché sur les rochers ensoleillés.
Nous arpentons un dédale de sentiers dallés et de passerelles suspendues s’étirant sur plus de six cents mètres de circuit, jalonnés de bornes pédagogiques et animés par des guides polyglottes. L’atmosphère s’anime soudain au bruit d’une cascade artificielle qui déverse ses eaux bouillonnantes sur les roches sombres, où des sauriens vigoureux luttent contre le courant ou se laissent glisser dans l’écume. Au niveau du bassin, la tête d’un grand reptile affleure délicatement à la surface, laissant apparaître ses yeux dorés à pupille verticale et ses narines au ras de l’eau écumante. Plus loin, le sentier longe des berges sablonneuses bordées de touffes touffues d’Herbe aux écouvillons (Pennisetum setaceum, Crimson fountaingrass, Herbe aux écouvillons), où repose un spécimen parfaitement immobile révélant la texture de son cuir écailleux sous les parfums exhalés par le Jasmin commun (Jasminum officinale, Common jasmine, Jasmin commun) et le Gardénia (Gardenia jasminoides, Cape jasmine, Gardénia). Entre la mystérieuse grotte aux trésors et les moulages d’empreintes fossiles gravés sur le sol, chaque étape réveille la curiosité des explorateurs.
La promenade botanique se prolonge vers le superbe Jardin de Cactus, un espace xérophile regroupant une immense variété de cactées et de plantes succulentes réparties en places thématiques. Nous flânons sur la Place des Aloès d’Afrique pour admirer les vertus et les silhouettes de l’Aloès arborescent (Aloe arborescens, Candelabra aloe, Aloès arborescent), puis nous traversons la Place des pieds d’éléphants d’Amérique dominée par le réjouissant Pied d’éléphant (Beaucarnea recurvata, Elephant’s foot, Pied d’éléphant), avant d’explorer les raretés botaniques de la Place de l’île rouge Madagascar, notamment le Palmier de Madagascar (Pachypodium lamerei, Madagascar palm, Palmier de Madagascar). Pour contempler ce paysage végétal sous un angle panoramique, Bastien, Nadège et Margot empruntent le Pont de singe, une passerelle suspendue en bois offrant une vue imprenable sur l’ensemble des collections.
Pour combler les familles, le parc propose deux aires de jeux sécurisées réalisées en bois d’Eucalyptus bleu (Eucalyptus globulus, Tasmanian blue gum, Eucalyptus bleu). Près du restaurant, les tout-petits profitent des crocodiles sur ressort, des toboggans et du parcours d’équilibre menant à une tour d’escalade, tandis que les plus grands s’affrontent sur Le Parcours du Crocodile, un dédale composé de huit sauriens en bois sculpté, de passerelles et de deux tours d’escalade. Sous les préaux en plein air, l’équipe d’animation organise toute l’année des ateliers de poterie, d’origami, de peinture sur visage et de masques, avant une pause rafraîchissante au Repaire des Pirates pour savourer glaces, boissons et friandises. Pour préparer votre visite et réserver vos entrées, vous pouvez consulter le portail officiel http://www.crocoparc.com
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