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Larus dominicanus vetula – Kelp Gull – Goéland dominicain d’Afrique

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Le grand patrouilleur des côtes australes, de la baie de Plettenberg aux éperons rocheux du Cap

Introduction

Appartenant au genre Larus et à la famille des Laridés, le Goéland dominicain d’Afrique (Larus dominicanus vetula, African Kelp Gull, Goéland dominicain d’Afrique) — fréquemment désigné sous le nom de Goéland du Cap — constitue l’unique sous-espèce indigène du Goéland dominicain établie le long des littoraux d’Afrique australe. Son histoire évolutive s’inscrit au cœur des écosystèmes côtiers fertiles balayés par les courants froids de Benguela et de l’Aiguille. Des falaises escarpées de la péninsule du Cap aux colonies d’otaries d’Afrique du Sud et de Namibie, ce grand charognard et prédateur opportuniste occupe une niche écologique de premier plan. L’observer en patrouille aérienne au-dessus des rouleaux de l’Atlantique ou posté en sentinelle sur les dalles rocheuses de l’estran offre un spectacle saisissant sur la dynamique sauvage des littoraux austraux.

Morphologie

Le Goéland dominicain d’Afrique se distingue par sa carrure imposante et sa silhouette puissante, affichant une longueur totale de 55 à 65 centimètres pour une envergure pouvant atteindre 1,40 mètre et un poids oscillant entre 1 000 et 1 500 grammes chez les grands mâles. Son plumage adulte présente un contraste saisissant : la tête, le cou, la poitrine, le ventre et la queue arborent un blanc immaculé, tandis que le manteau et les ailes se teintent d’un noir-ardoise profond à noir de jet. La pointe des rémiges primaires est rehaussée de petites taches blanches caractéristiques. Son bec jaune vif, particulièrement massif et crochu, porte une large tache rouge sang sur le gonyde de la mâchoire inférieure. Les critères de diagnostic essentiels de la sous-espèce vetula reposent sur son iris brun à noisette d’une grande profondeur sombre — différant nettement de l’iris jaune clair des sous-espèces sud-américaines —, bordé d’un cercle oculaire rouge orangé. Ses membres postérieurs, longs et robustes, varient du vert-olive au jaune verdâtre, terminés par de larges palmures adaptées à la nage.

Habitat et Écologie

Le Goéland dominicain d’Afrique occupe une frange géographique ciblée le long des côtes de l’Afrique australe, s’étendant du Sud de l’Angola à la Namibie, à l’Afrique du Sud et jusqu’au Sud du Mozambique. Il affectionne les biomes littoraux très variés : falaises maritimes continentales, îles côtières rocheuses, baies sableuses, deltas, estuaires, ports de pêche et champs de kelp (Ecklonia maxima). L’espèce est très grégaire, formant de vastes dortoirs et des colonies de reproduction denses sur les îlots préservés de la prédation terrestre. Étroitement lié aux zones d’upwelling marins où les eaux froides et riches en nutriments favorisent une biomasse exceptionnelle, il tire profit des ressources côtières avec une adaptabilité remarquable.

Comportement de chasse

Predateur opportuniste, charognard et kleptoparasite, le Goéland dominicain d’Afrique déploie une panoplie de techniques de prospection particulièrement élaborées. Il patrouille à basse altitude au-dessus de la ligne de déferlement et des bancs de moules (Choromytilus meridionalis), pratiquant la cassure de coquillages : il saisit les bivalves ou les gastéropodes dans son bec, s’élève de plusieurs mètres dans les airs avant de les laisser tomber sur les dalles rocheuses dures de l’estran pour en briser la coquille et en consommer la chair. Dans les zones d’eaux profondes et les couloirs marins poissonneux, il s’associe aux grands prédateurs marins, volant au-dessus des chasses d’otaries à fourrure du Cap (Arctocephalus pusillus) ou des requins pour capturer les poissons traumatisés ou les débris de prédation. Son régime alimentaire englobe également des poissons côtiers, des crabes, des œufs et poussins d’autres oiseaux marins, ainsi que des carcasses d’animaux marins échoués.

Reproduction

La saison de reproduction du Goéland dominicain d’Afrique s’étale généralement du printemps à l’été austral, d’octobre à janvier, au sein de colonies côtières parfois très denses. Le nid, sommairement bâti sur les vires rocheuses, le sommet des falaises ou le sol sableux des îles, consiste en une cuvette garnie d’algues séchées, d’herbes et de débris marins. La femelle y dépose habituellement deux à trois œufs d’une teinte olive mouchetée de brun foncé offrant un parfait camouflage. L’incubation, assurée alternativement par les deux parents, dure environ 26 à 28 jours. À leur éclosion, les poussins duveteux brun-grisâtre sont farouchement protégés contre la chaleur et les prédateurs. Les jeunes prennent leur envol vers l’âge de sept à huit semaines, conservant pendant près de trois ans un plumage juvénile tiqueté de brun chaud avant d’acquérir le manteau noir et blanc de l’adulte.

Note naturaliste

Sur le terrain, la détermination de Larus dominicanus vetula face à d’autres laridés repose sur la combinaison unique de son manteau noir profond, de ses pattes verdâtres et surtout de son iris sombre, caractéristique diagnostique absolue de la sous-espèce africaine. Lors de nos traversées du littoral sud-africain, l’observation de ces oiseaux révèle toute leur plasticité écologique : perchés en sentinelle sur les éperons rocheux ocre de Gansbaai au-dessus des eaux de Shark Alley, installés le long des falaises escarpées de la réserve naturelle de Robberg à Plettenberg Bay, ou flottant paisiblement au-dessus des bancs de moules à Mouille Point au Cap, ils demeurent les maîtres incontestés de l’estran austral. Leur présence à proximité des colonies de manchots du Cap ou d’otaries souligne leur rôle central d’éboueurs et de régulateurs sanitaires au sein des écosystèmes littoraux.

Conservation

Le Goéland dominicain d’Afrique n’est pas classé parmi les espèces menacées par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l’espèce globale Larus dominicanus étant répertoriée en « Préoccupation mineure » (LC) avec des effectifs globaux stables voire en augmentation. En Afrique du Sud, les populations de L. d. vetula sont vigoureuses et bénéficient de l’abondance des ressources anthropiques (rejets de pêche, décharges). Toutefois, sa forte pression de prédation sur des espèces menacées — comme le Manchot du Cap (Spheniscus demersus) dont il consomme les œufs et les poussins — fait l’objet d’ un suivi scientifique rigoureux dans les parcs nationaux marins pour maintenir l’équilibre des colonies insulaires.

Tableau Taxonomique du Genre Larus (Goélands et Mouettes)

Classification Taxonomique du Genre Larus

Nom scientifique Nom GB Nom FR Répartition / Habitat avec zones géographiques précises Traits morphologiques détaillés Observation terrain
Larus michahellis michahellis Mediterranean Yellow-legged Gull Goéland leucophée méditerranéen Bassin méditerranéen, mer Noire, façades atlantiques d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord (Maroc, notamment le littoral d’Agadir, Taghazout, Souss-Massa) ; côtes rocheuses, littoraux sableux, ports et décharges. Grande taille (55–67 cm) ; manteau gris moyen ; pattes et iris jaune vif étincelant ; bec massif jaune avec une large tache rouge au gonyde ; anneau orbital rouge vif. l’Ilha de barreta, dans le Parc naturel du rio Formosa en ALGARVE PORTUGAL  par les colonies de goélands argentés qui nichent dans le sable ✅ Plage de Taghazout, au Maroc dispute une tête de poisson abandonnée à un sujet juvénile,✅ sur la plage de Tafedna, au Maroc, nous avons été captivés par une scène typique mais fascinante : un groupe de goélands leucophées se tenait tranquillement sur le sable humide au port d’Essaouira, au MAROC nous avons eu l’occasion d’observer un grand nombre de goélands leucophées, mêlant individus juvéniles et adultes

Très opportuniste et audacieux sur l’estran ; disputant activement les déchets de poissonnerie sur les plages du Souss.

Larus michahellis atlantis Atlantic Yellow-legged Gull Goéland leucophée de l’Atlantique Macaronésie (Açores, Madère, Canaries) et côtes atlantiques du Nord-Ouest de l’Afrique ; falaises maritimes et îles océaniques. Légèrement plus petit que la sous-espèce type ; manteau gris nettement plus sombre ; pattes jaune vif ; capuchon hivernal plus strié de brun. Nicheur sur les falaises insulaires et côtières Macaronésiennes.
Larus fuscus fuscus Baltic Gull Goéland brun de la Baltique Mer Baltique, Nord de la Scandinavie, hivernant en Afrique de l’Est et Moyen-Orient ; littoraux marins et grands lacs. Manteau et ailes noir de jet intense (presque noir pur) ; taille modérée à grande ; ailes très longues et profil élancé ; pattes jaunes. Migrateur au long cours ; silhouette très sombre et élégante en vol.
Larus fuscus intermedius Western Lesser Black-backed Gull Goéland brun occidental Europe du Nord-Ouest (Scandinavie du Sud, Pays-Bas, Danemark, Royaume-Uni), hivernant en Europe du Sud et Afrique du Nord (Maroc) ; littoraux, estuaires et lacs. Manteau gris très foncé à noir-ardoise, intermédiaire entre fuscus et graellsii ; pattes jaunes ; bec jaune avec tache rouge. Présent en hivernage le long des côtes maritimes de l’Atlantique nord-africain.
Larus fuscus graellsii British Lesser Black-backed Gull Goéland brun britannique Îles Britanniques, Islande, France, Espagne, hivernant en Afrique de l’Ouest (Maroc, Sénégal) ; estuaires, plages, littoraux et ports. Manteau gris ardoise foncé à nuance de plomb ; pattes jaune pâle à vif ; pointe des ailes noire à taches blanches. un Goéland brun juvénile lors de notre passage à Moulay Bousselham au Maroc.✅ Sur la plage d’Anza, près d’Agadir, nous avons de nouveau croisé ce goéland brun (Larus fuscus)..dans le parc national du Souss Massa, un endroit unique où les paysages côtiers et les zones humides attirent  le goéland brun. Taghazout, au Marocarpente le bord d’eau avec assurance
Larus fuscus heuglini Heuglin’s Gull Goéland d’Heuglin Toundras et côtes du Nord de la Russie (de la péninsule de Kola à la Sibérie) ; hiverne au Moyen-Orient et Océan Indien. Manteau gris ardoise foncé ; grandes ailes sombres ; pattes jaunes ; tête souvent strie de brun en plumage hivernal. Rencontré le long des côtes de la mer d’Othotsk, mer Noire et Océan Indien.
Larus fuscus taimyrensis Taimyr Gull Goéland du Taïmyr Péninsule de Taïmyr (Sibérie centrale) ; zones de toundra et deltas arctiques. Forme intermédiaire (parfois considérée comme issue d’hybridation avec L. vegae) ; manteau gris foncé intermédiaire ; pattes jaunes. Nicheur arctique migrant vers l’Asie du Sud.
Larus fuscus barabensis Steppe Gull Goéland de la steppe Steppes d’Asie centrale (Kazakhstan, Sibérie du Sud) ; lacs de steppe, réservoirs et fleuves. Manteau gris foncé moyen ; structure plus ramassée ; pattes jaunes à jaunâtres ; profil de tête arrondi. Fréquente les milieux aquatiques continentaux d’Asie centrale.
Larus argentatus argentatus European Herring Gull Goéland argenté scandinave Scandinavie, mer Baltique, Nord-Est de l’Europe ; littoraux rocheux, îles et ports. Grande taille ; manteau gris clair argenté ; pattes rose chair à rosâtres ; iris jaune clair ; grande tache rouge sur le bec massif. Oiseau bruyant au cri strident caractérisé sur les côtes scandinaves.
Larus argentatus argenteus Western Herring Gull Goéland argenté occidental Europe du Nord-Ouest (Royaume-Uni, France, mer du Nord) ; côtes rocheuses, estuaires, falaises et villes côtières. Légèrement plus petit que L. a. argentatus ; manteau gris argenté très clair ; pattes roses ; pointes des primaires très noires à taches blanches. Vred, en France observé en vol plané au-dessus du canal de la Scarpe et des chaumes
Larus marinus Great Black-backed Gull Goéland marin Atlantique Nord (Amérique du Nord, Europe du Nord et de l’Ouest) ; îles maritimes, côtes rocheuses, estuaires et baies. Le plus grand des laridés (70–79 cm, envergure > 1,60 m) ; manteau noir profond ; bec jaune massif et redoutable ; pattes rose pâle. Superprédateur opportuniste impressionnant, dominant tous les autres laridés sur les reposoirs.
Larus hyperboreus hyperboreus Northern Glaucous Gull Goéland bourgmestre nordique Arctique holarctique (Europe du Nord, Sibérie) ; banquises, côtes arctiques et mers froides. Très grande taille ; plumage très clair, manteau gris perle très pâle et primaires entièrement blanches (pas de noir aux ailes) ; pattes roses. Espèce nordique glacière migrant rarement au sud des latitudes tempérées.
Larus hyperboreus leuceretes Atlantic Glaucous Gull Goéland bourgmestre de l’Atlantique Arctique canadien, Groenland, Islande ; fjords et îles arctiques. Légèrement plus grand et plus pâle que la sous-espèce nordique ; ailes d’un blanc pur sur les pointes. Nicheur sur les falaises maritimes arctiques.
Larus hyperboreus barrovianus Point Barrow Glaucous Gull Goéland bourgmestre d’Alaska Nord-Ouest de l’Alaska et Ouest du Canada arctique ; littoraux polaires. Plus petit gabarit du complexe hyperboreus ; manteau légèrement plus foncé. Confiné au bassin du Pacifique arctique.
Larus glaucoides glaucoides Iceland Gull Goéland à ailes blanches (type) Groenland, hivernant dans l’Atlantique Nord (Islande, Europe du Nord-Ouest) ; fjords, baies et ports. Taille moyenne (plus petit et élancé que L. hyperboreus) ; manteau gris perle très clair, pointes des ailes entièrement blanches ; pattes roses. Silhouette élégante et vol léger au-dessus des eaux froids.
Larus glaucoides kumlieni Kumlien’s Gull Goéland de Kumlien Arctique canadien oriental ; baies et littoraux arctiques. Pointes des primaires présentant des marques grisâtres à sombres réduites ; formes d’intergradation. Migre le long de la côte atlantique nord-américaine.
Larus glaucoides thayeri Thayer’s Gull Goéland de Thayer Archipel arctique canadien, hivernant sur la côte Pacifique de l’Amérique du Nord. Manteau gris moyen ; marques sombres plus appuyées sur les primaires ; pattes roses ; iris sombre. Longtemps considéré comme une espèce distincte (Larus thayeri).
Larus canus canus Mew Gull / Common Gull Goéland cendré d’Europe Europe du Nord et de l’Est ; littoraux, lacs, rivières et champs cultivés. Taille moyenne à petite (40–44 cm) ; manteau gris clair ; bec court et fin jaune verdâtre sans tache rouge ; pattes jaune verdâtre ; iris sombre. Regard doux caractéristique dû à l’œil sombre et au petit bec fin.
Larus canus heinei Russian Common Gull Goéland cendré de Russie De l’Est de l’Europe à la Sibérie centrale ; lacs continentaux et steppes. Manteau gris plus foncé ; taille légèrement supérieure ; pattes et bec plus clairs en été. Migrateur continental vers la mer Noire et la mer Caspienne.
Larus brachyrhynchus Short-billed Gull Goéland à bec court Nord-Ouest de l’Amérique du Nord (Alaska, Ouest du Canada) ; littoraux pacifiques, lacs et cours d’eau. Élevé récemment au rang d’espèce distincte de Larus canus ; bec très court et fin ; manteau gris clair ; pattes jaune verdâtre. Évolue le long de la ceinture Pacifique nord-américaine.
Larus kamtschatschensis Kamchatka Gull Goéland de du Kamtchatka Extrême-Orient russe (Kamtchatka, mer d’Okhotsk), hivernant au Japon et en Chine ; littoraux et estuaires. Le plus grand du complexe des goélands cendrés ; manteau gris plus foncé ; bec plus fort. Hivernant régulier sur les côtes de mer du Japon.
Larus delawarensis Ring-billed Gull Goéland à bec cerclé Amérique du Nord (lacs intérieurs et côtes), vagabond régulier en Europe occidentale ; lacs, ports, plages et champs. Taille moyenne ; manteau gris clair ; pattes jaunes ; bec jaune ceinturé d’un anneau noir transversal très net près de la pointe ; iris jaune clair. Extrêmement opportuniste en Amérique du Nord, s’accommodant des zones urbaines.
Larus californicus californicus California Gull Goéland de Californie Intérieur de l’Ouest de l’Amérique du Nord, hivernant sur la côte Pacifique ; lacs salés continentaux et littoraux. Manteau gris moyen ; pattes jaunes ; bec jaune avec une tache rouge et une tache noire sur le gonyde ; iris sombre. Célèbre pour son rôle historique dans la régulation des sauterelles en Utah.
Larus californicus albertaensis Alberta California Gull Goéland de Californie de l’Alberta Plaines du Centre-Ouest du Canada (Alberta, Saskatchewan) ; grands lacs de prairie. Stature plus imposante ; manteau légèrement plus clair ; bec plus fort. Nicheur dans les prairies canadiennes.
Larus occidentalis occidentalis Northern Western Gull Goéland d’Amérique du Nord (nord) Côte Pacifique de l’Amérique du Nord (de Washington au Centre de la Californie) ; falaises côtières et îles. Manteau gris ardoise foncé à très sombre ; bec très massif jaune à tache rouge ; pattes rose chair ; iris clair. Espèce côtière stricte du bassin Pacifique nord.
Larus occidentalis wymani Southern Western Gull Goéland d’Amérique du Nord (sud) Côte du Sud de la Californie et Basse-Californie (Mexique) ; îles côtières et littoraux. Manteau noir ardoise encore plus sombre ; iris très clair ; pattes rosâtres. Abondant autour des îles Channel en Californie.
Larus livens Yellow-footed Gull Goéland de Cortés / Goéland à pattes jaunes Golfe de Californie (Mer de Cortés, Mexique) ; îles désertiques et baies côtières. Élevé au rang d’espèce séparée de L. occidentalis ; manteau noir ardoise très sombre ; pattes jaune vif étincelant ; bec massif. Endémique du golfe de Californie et des milieux insulaires arides.
Larus dominicanus dominicanus Kelp Gull Goéland dominicain Hémisphère Sud (Amérique du Sud, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, îles subantarctiques) ; littoraux, ports et îles. Manteau noir profond ; pattes olive à jaunâtres ; bec jaune à tache rouge au gonyde ; iris clair. Le pendant méridional du Goéland marin, très abondant sur les côtes sud-africaines.
Larus dominicanus vetula African Kelp Gull Goéland dominicain d’Afrique Côtes de l’Afrique australe (Afrique du Sud, Namibie, Mozambique) ; littoraux marins et ports. Iris sombre (caractère distinctif majeur avec la sous-espèce type) ; pattes verdâtres à jaunes ; manteau noir. Robberg Nature & Marine Réserve (AFS), individus observés sur falaises ✅ Gansbaai (AFS), individus observés en colonie active volant au-dessus des eaux émeraude de Shark Alley, ainsi qu’isolé, posté fièrement en sentinelle sur les éperons rocheux ocre du rivage.✅ Mouille Point Cape Town (AFS), observé en train de flotter paisiblement au-dessus des bancs de moules
Larus dominicanus judithae Subantarctic Kelp Gull Goéland dominicain subantarctique Îles du Sud de l’Océan Indien (Kerguelen, Crozet, Marion) ; îles subantarctiques. Taille plus ramassée ; bec plus court et puissant ; adaptation aux conditions polaires australes. Nicheur insulaire austral.
Larus dominicanus melisandae Madagascar Kelp Gull Goéland dominicain de Madagascar Côtes Sud et Ouest de Madagascar ; littoraux marins et deltas. Stature plus modeste ; distribution insulaire tropicale isolée. Présence restreinte au littoral malgache.
Larus dominicanus austrinus Antarctic Kelp Gull Goéland dominicain d’Antarctique Péninsule Antarctique et archipels austraux associés ; côtes rocheuses libres de glace. Manteau très sombre ; adaptation aux milieux glaciaires antarctiques. Seul laridé à nicher sur le continent antarctique.
Larus pacificus pacificus Pacific Gull (Tasmanian) Goéland austral (Tasmanie) Tasmanie et Sud-Est de l’Australie ; côtes rocheuses, îles et estuaires. Stature gigantesque ; manteau noir-ardoise ; bec d’une puissance phénoménale jaune avec pointe rouge sang ; pattes jaunes. Redoutable prédateur de mollusques qu’il brise en les laissant tomber sur les rochers.
Larus pacificus georgii Pacific Gull (Western) Goéland austral (Occidental) Côtes du Sud-Ouest et du Centre de l’Australie-Occidentale ; littoraux isolés. Bec légèrement plus fin ; tache rouge du gonyde restreinte. Discret le long des côtes sauvages d’Australie-Occidentale.
Larus belcheri Belcher’s Gull / Band-tailed Gull Goéland de Belcher Côte Pacifique de l’Amérique du Sud (Pérou, Chili, courant de Humboldt) ; côtes rocheuses et guanières. Manteau noir ardoise ; bec jaune bicolore à pointe noire et rouge vif ; bande noire transversale sur la queue blanche ; pattes jaunes. Intimement lié aux écosystèmes riches du courant de Humboldt.
Larus atlanticus Olrog’s Gull Goéland d’Olrog Côte atlantique de l’Argentine et de l’Uruguay ; estuaires marécageux et baies salées. Manteau noir ardoise ; bec massif jaune avec pointe noire et rouge ; queue blanche à large bande noire. Espèce menacée dépendant étroitement des crabes estuariens pour son alimentation.
Larus crassirostris Black-tailed Gull Goéland à queue noire Extrême-Orient (Japon, Corée, Chine, Est de la Russie) ; côtes rocheuses, baies et ports. Manteau gris foncé ; bec jaune barré d’un anneau noir et pointé de rouge ; bande noire terminale marquée sur la queue blanche ; pattes jaunes. Cris félins caractéristiques évoquant des miaulements (« mouette-chat » au Japon).
Larus schistisagus Slaty-backed Gull Goéland à manteau ardoisé Pacifique Nord-Est (Kamtchatka, mer d’Okhotsk, Japon, Alaska) ; îles, baies et banquises. Grande taille ; manteau gris-ardoise très sombre ; pattes rose vif étincelant ; pointes des primaires mouchetées de blanc (« effet d’ardoise »). Abondant sur les côtes d’Hokkaido et de Sakhaline.
Larus vegae vegae Vega Gull Goéland de Vega Nord-Est de la Sibérie, hivernant en Asie de l’Est (Japon, Chine) ; littoraux et grands fleuves. Manteau gris moyen à foncé ; pattes rose vif à rosâtres ; tête hivernale très striée de brun ; iris sombre à clair. Abondant hivernant sur les côtes chinoises et japonaises.
Larus vegae mongolicus Mongolian Gull Goéland de Mongolie Lacs continentaux de Mongolie, du lac Baïkal et du Nord de la Chine ; zones lacustres continentales. Manteau gris plus clair ; pattes rose pâle à jaunes ; yeux clairs. Nicheur d’eau douce migrant vers les côtes de mer de Chine.
Larus armenicus Armenian Gull Goéland d’Arménie Lacs d’altitude du Caucase et du Moyen-Orient (lac Sevan, lac Van, lac Urmia), hivernant en Méditerranée orientale ; grands lacs de montagne et littoraux. Manteau gris moyen ; bec relativement court jaune à bande noire transversale subterminale marquée ; yeux sombres ; pattes jaunes. Endémique des lacs alpins d’Anatolie et du Caucase.
Larus cachinnans Caspian Gull Goéland pontique Mer Noire, mer Caspienne, Asie centrale, en expansion en Europe centrale et du Nord ; steppes, lacs et littoraux. Silhouette très élancée au long cou (« profil de cygne ») ; museau long et fin avec bec effilé ; petites yeux sombres sans cercle oculaire vif ; pattes paille à rosâtres. En expansion rapide le long des grands axes fluviaux européens.
Larus fuscus relictus † / taxon incertain Relict Gull Mouette relique (souvent Ichthyaetus relictus) Asie centrale (Mongolie, Kazakhstan, Chine) ; lacs salés continentaux arides. Tête noire en plumage nuptial ; manteau gris clair ; espèce menacée des steppes. Souvent reclassée dans le genre Ichthyaetus.

Note Naturaliste sur le Genre Larus

Le genre Larus, décrit par Carl von Linné en 1758, est le genre type de la famille des Laridés (Laridae) au sein de l’ordre des Charadriiformes. Il rassemble les « grands goélands » et plusieurs espèces de taille moyenne à manteau sombre ou clair de l’hémisphère Nord et des zones australes.

Sur le plan de la taxonomie moderne et de la systématique phylogénétique, le genre Larus a connu une révision profonde au cours des deux dernières décennies grâce aux progrès de la biologie moléculaire et du séquençage d’ADN (mitochondrial et nucléaire) :

  1. Scission des Anciens « Larus » : De nombreuses petites mouettes autrefois rattachées au genre Larus ont été reclassées dans des genres distincts (notamment Chroicocephalus pour la Mouette rieuse, Hydrocoloeus pour la Mouette pygmée, Leucophaeus pour la Mouette atricille, et Ichthyaetus pour le Goéland ichthyaète ou le Goéland audouin).

  2. Le Complexe des « Grands Goélands à Tête Blanche » : Le genre Larus stricto sensu est célèbre en biologie évolutive pour constituer l’un des exemples les plus complexes de spéciation en anneau et d’hybridation introgressive. Les taxons du complexe Larus argentatus – cachinnans – michahellis – fuscus – vegae présentent des variations clinales de la couleur du manteau (du gris argenté au noir ardoise) et des pattes (du rose au jaune éclatant), posant régulièrement des défis d’identification sur le terrain.

Identifications de Terrain et Diagnostic Visuel

  • Couleur des Pattes et du Manteau : Sur le littoral atlantique et méditerranéen marocain (notamment sur les plages d’Agadir, Anza ou Taghazout), deux taxons dominent largement l’estran :

    • Le Goéland leucophée (Larus michahellis michahellis) : Reconnaissable à son manteau gris moyen, ses pattes jaune vif étincelant, son bec massif à large tache rouge et son anneau orbital rouge.

    • Le Goéland brun (Larus fuscus, représenté par L. f. graellsii et L. f. intermedius) : Caractérisé par un manteau nettement plus sombre (gris ardoise à noir-ardoise) contrastant vivement avec le blanc du corps, des ailes plus longues et effilées et des pattes jaunes à jaune verdâtre.

  • Critères des Juvéniles : L’identification des jeunes laridés de premier et deuxième hiver (plumage dit « moucheté » ou « tétras ») nécessite une attention particulière à la structure du bec, au dessin des couvertures alaires et à la bande terminale de la queue.

  • Écologie et Rôle Sanitaire : Les espèces du genre Larus sont des prédateurs et kleptoparasites opportunistes majeurs des zones côtières. En nettoyant les plages et les bassins portuaires des déchets de poissons et des carcasses, ils jouent un rôle d’éboueurs naturels indispensable à la salubrité des écosystèmes littoraux.

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