Kasane, au bord des quatre frontières Botswana
Des marais du Kwando aux rives du Chobe : la traversée de la frontière Namibie-Botswana
Nous quittons tôt le Rupara Rest Camp, encore enveloppé de la fraîcheur humide des marais du Kwando. La piste sableuse nous ramène vers Sangwali, puis le paysage s’ouvre brusquement sur un long ruban d’asphalte rectiligne qui file vers Katima Mulilo. Après des jours passés dans les plaines inondables, l’arrivée dans cette ville moderne et commerçante a presque quelque chose de déroutant. Les stations-service sont nombreuses, les supermarchés bien fournis, et nous trouvons même de l’AdBlue pour notre Raptor, denrée devenue rare dans les zones rurales de Namibie.
Nous en profitons pour faire un dernier plein avant de passer au Botswana, où les prix s’annoncent plus élevés : environ 1,70 € le litre de gasoil contre 1,30 € en Namibie. L’alimentation suit la même tendance. Mais il nous faut composer avec les règles d’importation : selon les informations recueillies, seuls 20 litres de gasoil en jerrican sont tolérés, et la viande ainsi que les produits frais sont officiellement interdits. Nous décidons malgré tout de conserver une partie de nos provisions, misant sur la souplesse d’un petit poste-frontière.
Côté namibien, les formalités sont rapides : cinq à dix minutes suffisent pour obtenir le cachet sur le Carnet de Passage en Douane et faire valider nos passeports. Puis nous avançons vers la frontière botswanaise, où le véhicule doit passer dans un bain de décontamination. On nous avait prévenus qu’il faudrait également nettoyer nos chaussures, mais aucune installation n’est prévue à cet effet.
À l’immigration, les passeports sont vérifiés. Aucun visa n’est requis pour les ressortissants français. On nous demande les actes de naissance des enfants, que nous présentons, mais ils ne sont finalement pas examinés. Dans le bureau voisin, le CPD reçoit son cachet d’entrée, et nous réglons les frais d’importation temporaire : 470 pulas. Aucun bureau de change n’est disponible sur place, ce qui impose d’arriver avec du liquide ou une carte bancaire fonctionnelle.
Nous remontons dans le véhicule, présentons notre justificatif de paiement, et la barrière s’ouvre. Vingt minutes auront suffi pour traverser la frontière, sans fouille, sans questions sur nos jerricans, sans confiscation de nourriture. Une transition étonnamment simple.
À la sortie, nous obliquons à gauche pour rejoindre Kasane en traversant la partie nord du parc de Chobe. L’entrée du parc impose de remplir un registre, mais aucun droit n’est demandé : nous sommes en transit. La route, longue d’une cinquantaine de kilomètres, serpente entre savane sèche et zones boisées. Même sans safari officiel, la faune se montre généreuse : éléphants en bord de route, impalas dans les clairières, silhouettes furtives qui rappellent que Chobe est l’un des sanctuaires les plus riches d’Afrique australe.
Lorsque les premières maisons de Kasane apparaissent, nous avons le sentiment d’avoir changé de monde. Après les marais du Kwando et les pistes isolées du Zambèze namibien, nous arrivons sur les rives du Chobe, au cœur d’un carrefour naturel et humain où se rencontrent quatre pays. Une nouvelle étape commence.
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Safari en liberté dans le Parc National de Chobe : des plaines de Sedudu aux vallées de Kaswabenga
Le jour se lève à peine lorsque nous quittonsnotre logement. L’air est encore frais, traversé par les premiers cris des francolins et le bourdonnement matinal des insectes. À Kasane, la ville sommeille encore, mais déjà les véhicules de safari convergent vers la Sedudu Gate, principale porte d’entrée du Chobe National Park. Nous y arrivons peu après 6h30, juste à l’ouverture, impatients de découvrir ce sanctuaire mythique de la faune africaine.
Les formalités sont rapides : nous présentons notre permis d’entrée et inscrivons notre itinéraire dans le registre des visiteurs. Devant nous, la piste sablonneuse s’enfonce entre les acacias épineux et les mopanes. Nous enclenchons le mode 4×4 et commençons notre self-drive, seuls au milieu d’un décor où chaque détour semble promettre une rencontre.
Très vite, nous atteignons la Sedudu Valley, vaste plaine inondable bordant le fleuve Chobe. Le paysage s’ouvre soudain : à perte de vue s’étend une mosaïque d’herbes dorées et de zones marécageuses, parsemées de termitières et de grands arbres isolés. Dans la lumière rasante du matin, des troupeaux d’impalas et de puku paissent tranquillement, les oreilles frémissantes au moindre bruit. Plus loin, des buffles du Cap avancent en formation compacte, soulevant la poussière derrière eux.
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Excursion aux Victoria Falls –Voyage au cœur de la “fumée qui tonne” depuis Kasane
Kasane s’éveille doucement dans la lumière dorée du bassin du Zambèze. Très tôt, un véhicule vient nous chercher directement au lodge. Ce choix d’un transfert organisé s’impose naturellement : il permet de s’affranchir des formalités liées au véhicule, notamment du carnet de passage en douane, et de se laisser porter, sans contrainte, vers l’une des plus grandes merveilles naturelles du continent africain.
La route vers la frontière traverse une mosaïque de paysages typiques du nord du Botswana, entre savanes boisées dominées par les mopanes et zones humides nourries par les crues saisonnières du fleuve. Cette région, située à la confluence de quatre pays, constitue depuis des siècles un carrefour d’échanges, de migrations et de circulations animales. Aujourd’hui encore, éléphants et antilopes franchissent ces territoires sans se soucier des frontières politiques, rappelant la continuité écologique du bassin du Zambèze.
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De Kasane à Destiny Blow inn : safari et paysages du Botswana
Nous quittons Kasane sous un ciel limpide, la route s’étire vers l’est, bordée de hautes herbes blondes et de palmiers épars. À peine quelques kilomètres parcourus, et déjà la savane s’anime. Deux silhouettes noires avancent lentement dans la lumière du matin, majestueuses, presque solennelles. Ce sont des bucorves du Sud, ces grands oiseaux terrestres au plumage noir satiné et à la peau rouge éclatante qui encadre leur visage comme un masque cérémoniel.
Ils marchent d’un pas lourd et sûr, inspectant le sol, soulevant parfois une touffe d’herbe pour débusquer un insecte ou un petit reptile. Leur bec long et courbé agit comme un outil de précision. Le mâle, plus massif, arbore une gorge rouge vif ; la femelle, elle, porte une touche de bleu au centre de la bavette. Ensemble, ils avancent lentement, indifférents à notre présence, incarnant la majesté tranquille de la faune du Chobe.
Leur environnement est typique des plaines du nord du Botswana : une mosaïque de savane sèche, de zones humides et de bosquets de mopanes. Ici, la vie se déroule à hauteur d’herbe, entre les cris des francolins et les appels graves des bucorves, dont le chant résonne comme un tambour lointain. Ces oiseaux, rares et menacés, vivent en groupes familiaux soudés, parcourant chaque jour de vastes territoires à la recherche de nourriture. Leur rôle écologique est essentiel : ils régulent les populations de petits vertébrés et participent à l’équilibre des écosystèmes ouverts.
Nous les observons un long moment, fascinés par leur démarche lente et leur regard attentif. Dans cette lumière dorée, ils semblent porter en eux toute la gravité du continent, comme des gardiens de la terre. Puis, d’un pas tranquille, ils s’éloignent vers les herbes hautes, disparaissant peu à peu dans la chaleur montante du matin. Une rencontre silencieuse, puissante, qui marque le début de notre route vers le Destiny Blow Inn, aux portes des secteurs de Savuti , Lynianti et Khwai — là où la savane devient forêt, et où chaque détour promet une nouvelle apparition.
Linyanti : la journée qui aurait dû être parfaite… jusqu’à ce que le Raptor en décide autrement
La journée avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Un petit‑déjeuner tranquille au Destiny Blow Inn, le soleil déjà haut sur les aloès du jardin, les lunchboxes prêtes pour une grande exploration du secteur de Linyanti, l’un des plus beaux territoires sauvages du nord du Botswana. Tout annonçait une journée exceptionnelle : la piste sablonneuse, les paysages qui s’ouvrent, les promesses de rencontres animales dans ces étendues préservées.
Pendant des kilomètres, la route déroule son ruban blond. Peu d’animaux, juste lr bush qui respire lentement sous la chaleur. Puis vient l’intersection entre Linyanti et Savuti, ce carrefour mythique où l’on sent que tout peut arriver.
Et c’est précisément là que tout arrive.
Un voyant rouge. Puis un deuxième. Puis le message que tout voyageur redoute : Température élevée du liquide de refroidissement.
Le Raptor se met en mode sécurité, refuse d’avancer à plus de 10 km/h. Chaque 500 mètres, arrêt obligatoire, capot ouvert, vapeur, odeur chaude de métal, et remplissage du liquide de refroidissement qui disparaît aussi vite qu’on le verse. La piste devient un long couloir d’incertitude.
Heureusement, la magie de la route opère encore. Un couple sud‑africain s’arrête, analyse la situation, et sans hésiter, propose de nous remorquer jusqu’au Thobolo Lodge. Un geste simple, immense, qui rappelle que l’Afrique australe est un territoire où la solidarité n’est pas un concept, mais une évidence.
Mais une fois au lodge, le verdict tombe : pas de solution sur place. Il faut rentrer au Destiny Blow Inn… par nos propres moyens. À vitesse de tortue. Avec des arrêts réguliers. Avec la chaleur qui monte. Avec la piste qui semble s’étirer à l’infini.
Le lendemain matin, rebelote. Direction Kasane, toujours à 10 km/h, toujours avec les pauses, toujours avec l’œil rivé sur la jauge de température. Sur la route, quelques girafes nous regardent passer avec une curiosité amusée, et deux bucorves du Sud, imperturbables, semblent se moquer de notre lenteur. Même la faune nous dépasse.
À Kasane, nous déposons enfin le Raptor chez Mario’s Garage. Un choix que nous pensions raisonnable, appuyé par les avis Google… et qui s’avérera probablement le pire choix mécanique de ces quatre années de voyage en Afrique. Comme quoi, même les voyageurs les plus aguerris peuvent se faire piéger par une note en étoiles.
La journée qui devait être une immersion dans les merveilles du Linyanti s’est transformée en une aventure mécanique, humaine, lente et poussiéreuse. Mais c’est aussi cela, la route : des imprévus, des rencontres, des lenteurs forcées, et cette certitude que chaque galère deviendra, un jour, une histoire à raconter.
Kasane à pied : une journée sans voiture, une autre manière de découvrir la ville
Le lendemain de notre retour chaotique du Linyanti, le Raptor est toujours immobilisé chez Mario’s Garage. Impossible de reprendre la route, impossible de s’aventurer dans le bush, impossible même de quitter Kasane. Alors, faute de mieux, nous décidons de faire ce que les voyageurs motorisés oublient parfois : marcher.
La ville prend une autre dimension lorsqu’on la découvre à pied. Le rythme ralentit, les sons deviennent plus nets, les odeurs plus présentes, les détails plus visibles. La chaleur du matin s’installe doucement, les oiseaux traversent la route en éclairs rapides, et les premiers taxis klaxonnent pour proposer leurs services. Nous déclinons avec un sourire : aujourd’hui, nous avançons autrement.
Sur le bord de la route, les premières échoppes d’artisanat apparaissent. Elles semblent surgir du bush lui‑même, comme si la forêt avait décidé de se transformer en galerie à ciel ouvert. Sculptures en bois sombre, animaux stylisés, girafes élancées, éléphants massifs, hippopotames polis jusqu’à briller. À côté, des tambours décorés de motifs géométriques, des masques, des pirogues miniatures, des objets du quotidien transformés en œuvres d’art par la patience du geste.
Les artisans nous accueillent avec cette chaleur propre au

Botswana. Ils racontent l’origine du bois, la signification des motifs, le temps passé à sculpter une défense, une oreille, une courbe. Chaque pièce porte une histoire, un savoir‑faire transmis, une identité. On touche, on observe, on discute, on se laisse happer par la beauté brute de ces objets façonnés à la main.
Kasane, vue depuis la route, est un mélange de calme et de mouvement. Les petites boutiques s’ouvrent les unes après les autres, les étals se remplissent, les enfants partent pour l’école, les touristes se dirigent vers les embarcadères du Chobe. À pied, on perçoit la ville comme un organisme vivant, rythmé par les conversations, les rires, les moteurs, les pas, les ombres des arbres qui se déplacent lentement sur le sol.
Cette journée, imposée par la panne du Raptor, devient finalement une parenthèse inattendue. Une manière différente de voyager, plus lente, plus proche, plus humaine. Une invitation à regarder autrement ce que l’on traverse trop vite d’habitude. Et une preuve supplémentaire que, sur la route, les détours forcés réservent souvent les plus belles découvertes.
🐎 Sur la route de Nata : les Pans, royaume des chevaux libres
Entre Gweta et Nata, la route traverse l’un des paysages les plus étonnants du Botswana : les Pans, ces immenses plaines salées où le ciel semble toucher la terre. Ici, l’horizon s’ouvre comme nulle part ailleurs, et la route devient un fil tendu entre lumière, poussière et mirages.
Et puis, soudain, au détour d’un virage, la magie opère : des chevaux. Libres, superbes, parfaitement intégrés à ce décor minéral et sauvage.
Ils apparaissent comme des silhouettes peintes sur la savane : un bai qui s’abreuve près d’un point d’eau, un pie qui avance d’un pas tranquille le long de la route, un groupe de trois chevaux qui traverse les herbes blondes, un gris qui broute dans la lum
ière du matin. Leur présence a quelque chose d’irréel, presque cinématographique.
Ces chevaux ne sont pas des animaux sauvages au sens strict : ce sont des chevaux semi‑libres, descendants de montures autrefois utilisées par les communautés locales et les fermes environnantes. Avec le temps, certains groupes se sont adaptés à la vie dans les Pans, trouvant eau et nourriture dans ces paysages pourtant rudes. Ils vivent aujourd’hui dans une forme de liberté paisible, habitués aux voitures, indifférents aux voyageurs, mais toujours majestueux.
Sur la route de Nata, chaque rencontre devient un moment suspendu : un cheval qui lève la tête dans la lumière dorée, un autre qui avance lentement sur le bas‑côté, un trio qui traverse la piste comme s’il en était le maître.
Ces scènes racontent une autre facette du Botswana : celle d’un pays où la nature déborde parfois des parcs, où les animaux vivent au rythme du vent et de la poussière, où même un simple trajet routier peut devenir une parenthèse de beauté pure.
Sur la route de Nata, les Pans offrent bien plus qu’un paysage : ils offrent des rencontres. Des chevaux superbes, libres, silencieux, qui semblent veiller sur cette immensité blanche.
FAUNE ET FLORE
Pintades de Numidie (Numida meleagris / Helmeted Guineafowl)
éléphant de savane d’Afrique australe
hippopotames d’Afrique Australe
Go‑away‑birds ou Touraco gris à huppe
Guêpiers à front blanc (Merops bullockoides)
Girafes du Sud (Giraffa giraffa)
Buffles d’Afrique ou Buffle du Cap
Choucador à longue queue de Meves
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Déjeuner au Chobe Safari Lodge : première immersion culinaire au Botswana
À notre arrivée à Kasane, après la traversée paisible du Chobe en transit, nous nous dirigeons naturellement vers l’un des lieux emblématiques de la ville : le Chobe Safari Lodge. L’endroit est une institution, un passage obligé pour les voyageurs qui longent la rivière, un mélange de charme tropical, d’architecture traditionnelle et de confort moderne.
Le bâtiment principal s’ouvre sous une immense toiture de chaume portée par de hautes colonnes blanches. L’air circule librement, les espaces sont vastes, lumineux, décorés de bois sculpté, de paniers tressés, de portes coulissantes gravées et de grandes suspensions en fibres naturelles.
Le sol en larges lattes de bois donne cette sensation de lodge africain authentique, où l’intérieur se confond avec l’extérieur. Autour, les jardins sont luxuriants : palmiers, massifs fleuris, plantes tropicales soigneusement entretenues. Le bleu de la piscine serpente entre les terrasses, les parasols et les tables dressées face à la rivière. L’ensemble respire la douceur, la lenteur, la chaleur d’un après‑midi au bord du Chobe.
Nous nous installons pour le déjeuner, attirés par la vue sur l’eau et les bateaux qui glissent lentement vers les safaris fluviaux. Comme souvent dans les lodges du Botswana, la carte est simple et internationale : salades fraîches, burgers, wraps, sandwichs toastés, quelques plats légers, un fish & chips, un steak, des quiches, des pâtes. Une cuisine pensée pour plaire à tous, sans prise de risque.
Faute de filet de bœuf disponible ce jour‑là, nous optons tous pour un Steak, Egg & Chips, un classique des lodges d’Afrique australe : une pièce de viande grillée, un œuf au plat posé dessus, des frites épaisses et croustillantes, une petite salade colorée. L’assiette est généreuse, bien présentée, fidèle à ce que l’on attend d’un repas rapide dans un lodge.
Mais cette première approche de la cuisine botswanaise nous laisse un sentiment mitigé. La viande, pourtant produit phare du pays, manque de tendreté et de saveur.

Rien à voir avec les pièces fondantes, juteuses et parfaitement maturées que nous avons dégustées en Namibie, où le bœuf est d’une qualité exceptionnelle. Ici, le steak est plus ferme, plus rustique, moins expressif. Une petite déception, sans gravité, mais qui contraste avec l’excellence namibienne.
Heureusement, le cadre compense largement : la piscine turquoise, les terrasses ombragées, la rivière qui s’étire derrière les arbres, les bateaux qui accostent, les rires des voyageurs, la lumière chaude de Kasane. Le Chobe Safari Lodge reste un lieu magnifique pour reprendre souffle après la route, savourer un moment de calme et s’imprégner de l’atmosphère du Botswana.
Ce déjeuner marque notre entrée dans un nouveau pays, une nouvelle culture culinaire, un nouveau rythme. Et même si la première bouchée n’est pas un coup de cœur, l’aventure gastronomique botswanaise ne fait que commencer.
Kasane – Déjeuner au Di Kubu Bar & Kitchen : une parenthèse gourmande sous le ciel du Kalahari
Après une matinée passée à longer les rives du Chobe, à observer les silhouettes massives des buffles et les reflets turquoise de l’eau, l’appétit se réveille doucement. Kasane bruisse de chaleur, de lumière, de couleurs vives, et c’est tout naturellement que nos pas nous mènent vers l’une des adresses les plus accueillantes de la ville : Di Kubu Bar & Kitchen
Le lieu a ce charme particulier des restaurants africains où se mêlent modernité, convivialité et un sens instinctif de l’hospitalité. Les murs bleus éclatants, les tables en bois, les parfums de grillades, les conversations qui s’entrecroisent… tout invite à ralentir, à savourer, à profiter.
À table, chacun trouve son bonheur.
Margot opte pour un Grilled Chicken Burger, un classique parfaitement exécuté : un filet de poulet grillé, juteux, posé sur un lit de laitue, tomate et oignon, accompagné de frites dorées. Un plat simple, généreux, qui fait sourire dès la première bouchée.
Bastien, fidèle à son instinct de gourmand, choisit le Chicken Basket. Devant lui, un assortiment irrésistible : crumbled chicken strips, chicken wings, chicken kebabs, le tout servi avec une smokey mayo dip qui disparaît presque aussi vite qu’elle arrive. Un plateau qui sent bon le partage, les doigts qui collent, les rires qui fusent.
Pour Nadège et moi, le choix est évident : le Delta’s Burger. Un homemade beef patty parfaitement juteux, posé sur salade, tomate et oignon, recouvert d’une couche généreuse de cheddar fondu, de bacon croustillant et d’avocat crémeux. Un burger qui coche toutes les cases du plaisir simple, celui qui réconforte, qui nourrit, qui fait du bien.
Autour de nous, la vie continue : les serveurs sourient, les familles discutent, les voyageurs échangent leurs impressions de safari. La lumière danse sur les tables, les bouteilles brillent, les assiettes s’enchaînent. C’est un moment suspendu, chaleureux, où la cuisine rencontre la douceur de vivre botswanaise.
Dans ce décor vibrant, entre ombre et soleil, ce déjeuner devient plus qu’un repas : une parenthèse gourmande, un instant de partage, un fragment de voyage qui s’ajoute à la mosaïque de nos journées africaines.
Un déjeuner simple, savoureux, convivial — et parfaitement ancré sous le ciel du Kalahari.
Faire ses courses à Kasane : comprendre l’alimentation, les prix et les services essentiels
Kasane est l’un de ces carrefours africains où se croisent voyageurs, familles locales, guides, chauffeurs, self‑caterings et overlanders en route vers les quatre frontières. La ville n’est pas grande, mais elle concentre tout ce qu’il faut pour se ravitailler avant de s’enfoncer dans le Chobe, de remonter vers Kazungula ou de s’aventurer sur les pistes de Savuti et de Moremi. Faire ses courses ici, c’est entrer dans un écosystème où les supermarchés jouent un rôle central, où les prix oscillent entre raisonnable et surprenant, et où l’on apprend vite à repérer les bonnes adresses.
Le premier repère, c’est le Shoprite Mini, situé au cœur de Kasane. C’est le supermarché le plus complet de la ville, celui où l’on trouve sans difficulté fruits, légumes, viande, pain, produits laitiers, conserves, snacks, boissons et produits ménagers. Rien d’exceptionnel, mais une fiabilité appréciable. La boucherie propose une sélection correcte de viandes fraîches, suffisante pour un braai ou un repas simple. Pour un plein général avant de quitter la ville, c’est souvent l’adresse la plus pratique.
Un peu plus loin, le SPAR offre une expérience différente, plus qualitative, notamment pour les produits frais. C’est ici que nous avons trouvé les meilleurs morceaux de bœuf de Kasane, bien découpés, tendres, parfaits pour une cuisson rapide ou un braai du soir. Le magasin propose aussi une belle variété de produits préparés, des salades composées prêtes à l’emploi et un choix plus large de produits de base. Pour les voyageurs en self‑catering, c’est souvent l’endroit le plus fiable pour constituer un panier équilibré.
Kasane compte également deux Choppies, dont l’un se trouve près du Chobe Safari Lodge. Celui‑ci reste limité en choix, notamment en viande fraîche, et sert davantage de magasin de dépannage que de véritable lieu de ravitaillement. Le second, plus récent, se situe à Kazungula, à la sortie de la ville. Plus vaste, plus moderne, mais l’offre reste similaire : beaucoup de produits secs, peu de viande, des fruits et légumes dépendants des arrivages. Utile si l’on passe par là, mais pas indispensable.
Les prix, eux, reflètent la réalité du Botswana : plus élevés qu’en Namibie, mais encore raisonnables dans les grandes enseignes. La viande de bœuf oscille généralement entre 70 et 130 pulas le kilo selon les morceaux, mais certains produits plus qualitatifs, comme un T‑bone de bonne qualité, atteignent 149 pulas le kilo, ce qui reste très correct pour Kasane. Le poulet se situe entre 70 et 90 pulas le kilo, le pain autour de 10 à 15 pulas, le lait entre 18 et 20, les œufs entre 25 et 35, et les légumes entre 15 et 30 pulas le kilo. Avec un panier composé de viande, de légumes, de féculents et de boissons simples, un repas maison pour quatre personnes revient généralement entre 300 et 500 pulas, soit environ 20 à 35 euros. Pour une famille en voyage, Kasane reste donc une ville où l’on peut cuisiner sans exploser son budget.
L’autre élément essentiel pour les voyageurs, c’est le carburant. Kasane dispose de plusieurs stations‑service, mais il est également possible de faire le plein à Kazungula ou encore sur la route de Savuti, où une station Shell se trouve une dizaine de kilomètres après la sortie du parc de Chobe. En mai 2026, le prix du gasoil s’établit à 24,35 pulas le litre. Les stations sont fiables, mais les files peuvent s’allonger en haute saison, surtout lorsque les groupes de safari se ravitaillent en même temps.
Enfin, Kasane est bien équipée en banques et distributeurs, mais avec quelques subtilités qu’il vaut mieux connaître. La plupart des DAB plafonnent les retraits à 1000 pulas, ce qui oblige à multiplier les opérations. La FNB, en revanche, propose des distributeurs à Choppies et à SPAR permettant de retirer jusqu’à 2500 pulas. En revanche, les paiements par carte réservent parfois de mauvaises surprises : même avec une carte “sans frais à l’étranger”, les taux appliqués sont nettement moins avantageux que le taux officiel. Un retrait de 2500 pulas peut ainsi être débité 168,22 euros au lieu de 158,58, soit un écart de 6 %. Les paiements par carte suivent la même logique, avec des écarts dépassant parfois les 6 %. Pour les gros montants, mieux vaut donc privilégier les retraits FNB et régler en liquide.
À cela s’ajoute un point absolument crucial pour les voyageurs venant de Namibie : il ne faut surtout pas entrer au Botswana avec des dollars namibiens. Le taux de change appliqué localement est catastrophique, oscillant entre 0,5 et 0,6 pour 1 pula, alors que le taux officiel est de 0,85. La perte est énorme, immédiate, et systématique, quel que soit l’établissement. Mieux vaut donc absolument écouler ses NAD avant la frontière ou les changer en Namibie, où les taux sont bien plus raisonnables.
Faire ses courses à Kasane, c’est finalement apprendre à naviguer entre ces différentes options : Shoprite pour la simplicité, SPAR pour la qualité, Choppies pour le dépannage, les stations pour anticiper les longues pistes, et les banques pour éviter les frais inutiles. Une ville pratique, complète, vivante, qui permet de se préparer sereinement avant de s’enfoncer dans les territoires sauvages du nord du Botswana.
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À Kasane, nous posons nos bagages dans un Airbnb qui porte bien son nom : le 
Le tout pour 1360 pulas par nuit pour le logement entier — un rapport qualité‑prix exceptionnel pour Kasane, où les hébergements affichent souvent des tarifs bien plus élevés.
Nous arrivons au Destiny Blo Inn, un havre de calme niché à seulement 34 km de l’entrée Ngoma du parc. L’établissement apparaît derrière un jardin soigneusement entretenu, avec sa terrasse ouverte, ses arbres qui projettent une ombre douce et un parking privé où notre véhicule trouve naturellement sa place. Après la route depuis Kasane, l’endroit respire la tranquillité.
À l’extérieur, la piscine nous attire immédiatement. L’eau fraîche est un bonheur après les pistes poussiéreuses, et le jardin, ponctué de grands arbres, offre un calme rare. Le Wi‑Fi Starlink, rapide et stable, nous permet de partager nos premières photos du Chobe, tandis que la réception ouverte 24h/24 répond à toutes nos questions avec une gentillesse constante. Notre hôte, d’une disponibilité remarquable, organise même des safaris dans le parc avec son propre 4×4 de vision — une option parfaite pour ceux qui souhaitent se laisser guider.







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