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L’art culinaire thaï : traditions, saveurs et territoires Thaïlande

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GYU TATAKI

La cuisine de rue — saveurs en mouvement

Lorsque nous entrons dans l’univers de la cuisine en Thaïlande, nous réalisons très vite qu’il ne s’agit pas seulement de se nourrir, mais de rechercher un équilibre subtil. À chaque bouchée, le sucré, le salé, l’acide et le piquant dialoguent, se répondent, parfois s’affrontent, mais toujours sans qu’aucune saveur ne prenne le dessus. Cette harmonie se retrouve dans l’usage généreux des herbes fraîches, des piments brûlants, de la citronnelle parfumée et du lait de coco adoucissant. La cuisine thaïlandaise est vivante, sensorielle, presque musicale, et c’est sans doute ce qui explique qu’elle s’est imposée comme l’une des grandes traditions culinaires mondiales.

Aujourd’hui, cette quête d’équilibre s’est incarnée dans des découvertes aussi ludiques que savoureuses : des mochis aux couleurs pastel, aux parfums de taro, de thé vert, de durian ou de fraise, dont la texture douce et élastique contraste avec leur fraîcheur sucrée. Ces petites sphères rebondies, vendues à l’unité pour 10 bahts, sont devenues des compagnons sucrés de nos déambulations. Elles se dégustent comme on cueille une fleur : avec curiosité, avec légèreté, avec gourmandise.

MOCHI

Aujourd’hui, cette quête d’équilibre s’est incarnée dans des découvertes aussi ludiques que savoureuses : des mochis aux couleurs pastel, aux parfums de taro, de thé vert, de durian ou de fraise, dont la texture douce et élastique contraste avec leur fraîcheur sucrée. Ces petites sphères rebondies, vendues à l’unité pour 10 bahts, sont devenues des compagnons sucrés de nos déambulations. Elles se dégustent comme on cueille une fleur : avec curiosité, avec légèreté, avec gourmandise.

Le mochi est une pâte de riz gluant emblématique de la culture japonaise, aujourd’hui largement adoptée en Thaïlande comme douceur populaire, déclinée en une multitude de parfums. Il incarne à la fois une tradition sacrée et un plaisir quotidien. Le mochi, ou もち en japonais, est une préparation à base de riz gluant japonica (mochigome), riche en amylopectine, ce qui lui confère sa texture si particulière : élastique, douce, légèrement résistante sous la dent. Traditionnellement, le riz est cuit à la vapeur puis patiemment pilé jusqu’à obtenir une pâte homogène, dans une cérémonie appelée mochitsuki. Ce rituel, encore pratiqué au Japon pour le Nouvel An, symbolise la force, la communauté et la purification.

Mais au-delà du rite, le mochi est devenu un aliment polyvalent, consommé toute l’année sous des formes variées : sucrées, comme les daifuku fourrés à la pâte de haricot rouge ou aux fruits ; salées, comme les isobe maki enroulés dans des algues et trempés dans la sauce soja ; festives, comme les kagami mochi décoratifs du Nouvel An ou les issho mochi offerts pour le premier anniversaire d’un enfant.

En Thaïlande, le mochi a été réinterprété avec créativité et gourmandise. Sur les étals, nous découvrons des versions colorées et parfumées : taro violet, thé vert, fraise, durian, Thai tea, Oreo, lait, coco, chocolat… Chaque bouchée est une variation sur le thème de la douceur, avec une texture fondante et un cœur souvent crémeux ou fruité. Le mochi devient ici un dessert de rue, accessible, ludique, et apprécié par toutes les générations.

BROCHETTES DE RUE

Son importance culinaire tient à plusieurs dimensions : texturale, car il offre une sensation unique, ni croustillante ni liquide, mais souple et dense ; symbolique, puisqu’il incarne la longévité, la prospérité et la cohésion sociale ; adaptative, car il se prête à toutes les influences, du Japon à la Thaïlande, en passant par les cuisines fusion. Dans les marchés thaïlandais, le mochi est souvent présenté comme une friandise fraîche, rangée sur des plateaux de gazon artificiel, chaque pièce soigneusement étiquetée. Il accompagne les brochettes pimentées, les fruits tropicaux, et les boissons glacées, formant un contrepoint doux et réconfortant à la vivacité des plats salés.

BROCHETTES DE RUE

Et justement, ces brochettes de rue, elles aussi vendues à 10 bahts l’unité, incarnent une autre facette de cette cuisine immédiate, populaire, et profondément ancrée dans le quotidien. Dans les marchés et food courts de Bangkok, elles s’alignent sur les plateaux comme des soldats gourmands prêts à être plongés dans la sauce. Ce que nous avons savouré correspond à deux classiques de la street food thaïlandaise : les luk chin, boulettes de viande (porc, poulet, bœuf ou poisson), parfois à base de pâte de calamar ou de crevette, blanches, lisses, légèrement rebondies, cuites à la vapeur puis grillées ; et les sai krok isan, saucisses fermentées de l’Isan, ou saucisses de porc plus classiques, fumées, légèrement sucrées, parfois relevées d’ail ou de poivre, souvent coupées en tronçons et grillées sur des brochettes.

Ces brochettes sont plongées dans une sauce typique : sucre de palme, vinaigre blanc, ail, piment rouge frais ou séché, parfois un peu de sauce de poisson. Elle est collante, brillante, chaude, et offre un équilibre entre le sucré, l’acide et le piquant — une signature thaïlandaise. Servies dans un sachet plastique avec un peu de sauce au fond, elles se dégustent sur le pouce, dans le tumulte des marchés ou la fraîcheur des soirées. Elles incarnent la cuisine thaïlandaise dans sa forme la plus directe : goûts puissants, simplicité apparente, et plaisir immédiat.

BROCHETTES DE CALAMARS FARCIS GRILLES

Mais la brochette thaïlandaise ne s’arrête pas là. Elle sait aussi se faire spectaculaire, presque sculpturale, comme dans ces étals où s’alignent des calamars entiers farcis, dorés à la flamme. Leur corps bombé révèle une farce généreuse — un mélange de porc haché, de vermicelles de haricot mungo, d’ail, de coriandre et de sauce soja — une technique héritée des influences chinoises et vietnamiennes, mais adaptée au goût thaïlandais : plus épicé, plus sucré, plus herbacé. Une fois farcis, les calamars sont grillés jusqu’à obtenir une peau luisante et légèrement caramélisée, puis présentés sur brochette, prêts à être croqués. Leur texture, à la fois ferme et moelleuse, offre un contraste fascinant avec la marinade sucrée-piquante qui les enrobe.

Autour, d’autres fruits de mer grillés attendent leur tour : crevettes, coquillages, poissons en filets. Le tout est servi dans des barquettes ou des sachets, accompagné de sauces maison, de légumes marinés, parfois d’un peu de riz ou de nouilles. C’est une cuisine de l’instant, du feu, du geste. Une cuisine qui ne s’explique pas, mais qui se vit — debout, en marchant, en riant, en partageant.

PAD THAÏ AUX CREVETETS RESTAURANT AMA BKK

Et puis, il y a les plats emblématiques, ceux que l’on reconnaît au premier regard, au premier parfum

Il suffit de marcher quelques minutes dans n’importe quel quartier de Bangkok pour que l’odeur du Pad Thaï vienne vous chercher. Elle flotte dans l’air, entre les échoppes de fruits, les stands de brochettes et les étals de jus pressés. C’est une odeur chaude, légèrement sucrée, un peu fumée, qui annonce un plat à la fois simple et profondément ancré dans le quotidien thaïlandais.

Le Pad Thaï, roi des nouilles sautées, servi dans les marchés comme dans les food courts, toujours fumant, toujours généreux. Nous en avons goûté deux variantes : l’un au poulet, l’autre aux crevettes, tous deux préparés à la minute, sur plaque brûlante, sous une cloche de vapeur et de gestes précis. Les nouilles de riz sont sautées avec œuf, ciboule, germes de haricot, parfois tofu, et toujours accompagnées de citron vert, de cacahuètes concassées et de piment rouge en poudre. Le Pad Thaï incarne à lui seul l’équilibre thaïlandais : douceur, acidité, feu, croquant, moelleux. Il se déguste sur une feuille de bananier, avec les doigts ou des baguettes, dans le tumulte du marché ou la tranquillité d’un food court climatisé.

C’est un plat populaire, mais jamais banal. Un classique qui ne cesse de se réinventer, et qui, comme le mochi ou les brochettes, fait partie de ces nourritures de rue qui nourrissent aussi l’âme.

Et puis il y a les plats qui intriguent, qui fascinent, qui font partie du paysage culinaire thaïlandais au même titre que les Pad Thaï ou les brochettes : le som tam, ou salade de papaye verte pilée. 

Préparée à la minute dans un grand mortier en bois, elle mêle papaye râpée, tomates cerises, haricots longs, citron vert, ail, piments rouges, cacahuètes, sucre de palme, et souvent une touche de sauce de poisson ou de crabe fermenté. Le tout est pilé avec vigueur, dans un rythme presque musical, comme une incantation culinaire.

Mais ce jour-là, nous avons préféré observer plutôt que goûter.

L’odeur, puissante, fermentée, presque marine, nous a surpris. Elle évoque les marchés humides, les fermentations assumées, les saveurs sans compromis. Le som tam est un plat de caractère, adoré par les locaux, souvent trop intense pour les palais non avertis. Il ne cherche pas à séduire, il affirme. Il pique, il dérange, il fascine.

Et dans ce refus, il y avait aussi une forme de respect : celui de reconnaître que certaines saveurs demandent du temps, de l’initiation, peut-être même un peu de courage. Le som tam restera pour nous une énigme parfumée, un plat que l’on n’a pas goûté, mais que l’on n’oubliera pas.

Et parfois, la cuisine de rue thaïlandaise pousse l’exploration encore plus loin. Sur certains étals nocturnes, bien éclairés et très fréquentés, s’alignent des plateaux de métal remplis d’insectes frits : criquets, vers à soie, sauterelles, scarabées, tous dorés à point, croustillants, prêts à être dégustés. Au centre, des brochettes plus spectaculaires encore : scorpions, araignées, mille-pattes, dressés comme des trophées.

CRABES FARCIS

L’odeur est grillée, légèrement terreuse, parfois surprenante. Les locaux les consomment comme des en-cas protéinés, souvent avec une bière fraîche ou une sauce pimentée. Mais ce soir-là, nous avons préféré passer notre tour. L’envie d’observer était plus forte que celle de goûter. Il y avait dans ces brochettes une forme de défi, une esthétique de l’audace, une cuisine qui ne cherche pas à plaire mais à provoquer.

Les insectes frits incarnent une autre facette de la street food thaïlandaise : celle qui ose, qui bouscule, qui interroge. Une cuisine de l’instant, du geste, du regard. Une cuisine qui se vit autant qu’elle se mange.

Et heureusement, la cuisine de rue thaïlandaise sait aussi se faire généreuse, dorée, presque festive. Sur certains étals, nous découvrons des carapaces de crabe farcies, soigneusement garnies d’un mélange de chair de crabe, d’aromates, parfois d’œuf ou de vermicelles, le tout grillé ou frit jusqu’à obtenir une croûte dorée et croustillante. Le dessus est souvent décoré d’un peu de œufs de crabe orange, ajoutant une touche iodée et visuelle.

stir-fry morning glory Good Time resort Kanchanaburi

Ces crabes farcis sont servis tièdes, dans leur coquille, parfois accompagnés de brochettes de crevettes ou de boulettes frites. Le goût est riche, salé, légèrement sucré, avec une texture à la fois moelleuse et croustillante. C’est une street food plus élaborée, presque festive, qui attire autant les curieux que les gourmands. Une bouchée suffit à comprendre pourquoi ce plat est si populaire : il incarne la générosité, la précision, et cette capacité thaïlandaise à transformer un produit simple en une petite œuvre d’art culinaire.

Le stir-fry morning glory, ou phak bung fai daeng en thaï, est l’un des plats végétaux les plus populaires et les plus expressifs de la cuisine de rue thaïlandaise. Derrière sa simplicité apparente — quelques tiges de liseron d’eau sautées à l’ail, au piment et à la sauce de soja — se cache une véritable alchimie de textures, de parfums et de bienfaits.

Ce légume, que l’on appelle aussi water spinach ou kangkung, pousse dans les zones humides, le long des rivières, dans les rizières, et parfois même dans les fossés. Il est croquant, juteux, légèrement amer, et se prête parfaitement à une cuisson rapide au wok. En Thaïlande, on le saisit à feu vif avec de l’ail haché, du piment rouge frais, un peu de sauce d’huître, de sauce de soja claire, et parfois une touche de bouillon. Le résultat est un plat vibrant, vert éclatant, relevé mais équilibré, qui accompagne aussi bien un riz nature qu’un curry plus corsé.

Sur le plan nutritionnel, le morning glory est une mine de bienfaits : riche en fibres, en fer, en vitamines A et C, il aide à la digestion, stimule le métabolisme, et hydrate en douceur. C’est un plat végétal qui ne se contente pas d’être sain — il est aussi joyeux, vivant, et profondément ancré dans le quotidien thaïlandais.

Servi dans les cantines, les marchés, les restaurants de bord de route, il fait partie de ces plats que l’on commande presque machinalement, mais qui ne déçoivent jamais. Il incarne cette cuisine thaïe du quotidien : rapide, savoureuse, équilibrée, et toujours pleine de caractère. Un plat de verdure qui saute dans l’assiette comme une poignée de fraîcheur encore vivante.

Influences voisines : quand le Japon s’invite dans les rues de Bangkok

Kimbi Yakisoba with pork. REST GYU BKK

Au fil de nos déambulations, nous découvrons que la cuisine de rue thaïlandaise ne se limite pas à ses traditions locales : elle absorbe, transforme et réinvente les influences venues d’ailleurs. C’est ainsi qu’au détour d’un food court ou d’un petit restaurant de quartier, nous tombons sur un plat japonais devenu presque familier dans la capitale : le Kimbi Yakisoba with pork.

Ce plat, né dans les yatai japonais, ces stands de rue où les nouilles sautées crépitent sur de grandes plaques chauffantes, a trouvé en Thaïlande un nouveau terrain de jeu. Les yakisoba, malgré leur nom, ne contiennent pas de soba mais des nouilles de blé proches des ramen, sautées avec du porc, du chou, des oignons verts et une sauce brune légèrement sucrée et acidulée. La version “Kimbi” ajoute une touche plus relevée, parfaitement en accord avec le goût thaïlandais pour les saveurs franches.

Lorsqu’on nous sert l’assiette, un détail attire immédiatement notre attention : les lamelles de bonite séchée, si fines qu’elles se mettent à onduler sous l’effet de la chaleur, comme des feuilles animées par une brise invisible. Ce mouvement délicat donne au plat une dimension presque vivante, un spectacle miniature qui précède la dégustation.

En bouche, les nouilles sont souples, légèrement caramélisées, le porc tendre, les légumes croquants. Le gingembre mariné apporte une pointe d’acidité, la mayonnaise japonaise une douceur enveloppante, et les katsuobushi une profondeur umami qui prolonge chaque bouchée. C’est un plat complet, nourrissant, équilibré, qui illustre parfaitement la manière dont Bangkok accueille les cuisines du monde : avec curiosité, respect et une pointe d’audace.

Cette présence japonaise dans la street‑food thaïlandaise n’est pas anecdotique. Elle témoigne d’un dialogue culinaire constant, où les traditions se croisent, se répondent et s’enrichissent mutuellement. Dans les rues de Bangkok, un yakisoba peut côtoyer un som tam, un mochi peut suivre une brochette pimentée, et tout cela semble parfaitement naturel.

Seafood Yakisoba Salt REST GYU BKK

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Autre exemple de cette fusion réussie : le Seafood Yakisoba Salt, une variante plus subtile et marine du yakisoba classique. Ici, pas de sauce brune sucrée, mais un assaisonnement léger à base de sel, d’huile et parfois d’un soupçon de citron ou de dashi. Le résultat est plus clair, plus direct, et laisse les ingrédients s’exprimer librement.

Les nouilles sont sautées à feu vif, dorées juste ce qu’il faut, et mêlées à des légumes croquants — chou blanc, carotte, oignon vert — qui apportent fraîcheur et texture. Les fruits de mer, eux, sont les véritables vedettes : crevettes, calamars, morceaux de poisson blanc, tous cuits avec précision pour rester tendres et parfumés. Le plat est servi sans sauce dominante, ce qui permet à chaque élément de jouer sa partition.

La présentation est soignée, presque poétique : deux crevettes disposées en forme de cœur au centre de l’assiette, comme une invitation à savourer avec attention. En bouche, c’est une surprise douce et iodée. Les nouilles sont souples, les légumes encore croquants, les fruits de mer fondants. L’absence de sauce épaisse donne au plat une légèreté bienvenue, idéale pour un dîner en ville.

Ce Seafood Yakisoba Salt illustre parfaitement la manière dont Bangkok absorbe les influences culinaires : avec curiosité, respect, et une capacité rare à les intégrer dans son propre rythme. Ce plat, bien qu’issu de la tradition japonaise, devient ici une proposition thaïlandaise à part entière — simple, savoureuse, et profondément ancrée dans le quotidien.

GYOZA REST GYU BKK

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Et comme souvent à Bangkok, un plat en appelle un autre. Après les nouilles sautées — qu’elles soient iodées ou dansantes — il est difficile de résister à l’appel des petits chaussons dorés qui crépitent sur les plaques chauffantes. Juste à côté du yakisoba, les gyoza s’alignent comme des soldats croustillants, prêts à fondre en bouche. Et là encore, le Japon s’invite avec discrétion mais efficacité dans notre parcours gourmand.

Parmi les plats venus du Japon qui ont trouvé une place de choix dans les ruelles de Bangkok, le gyoza occupe une position discrète mais incontestablement populaire. Ces petits chaussons dorés, à la fois croustillants et fondants, sont devenus des compagnons de table quasi universels : servis en entrée, en accompagnement, ou parfois même en plat principal, ils séduisent par leur simplicité apparente et leur richesse intérieure.

Le gyoza est l’héritier japonais du jiaozi chinois, mais avec une pâte plus fine, une cuisson plus précise, et une farce souvent plus parfumée. En Thaïlande, on le retrouve dans les food courts, les restaurants japonais, les marchés nocturnes, et même dans certaines cantines de temple. Il est généralement servi sur une plaque chaude, doré sur une face, moelleux sur l’autre, accompagné d’une sauce à base de soja, vinaigre de riz et parfois quelques gouttes d’huile La-Yu — ce condiment rouge vif à base de piment qui ajoute une touche de feu à chaque bouchée.

La farce varie selon les lieux : porc haché, ail, gingembre, ciboule, chou finement émincé, parfois un peu de sésame ou de shiitaké. Le tout est enveloppé dans une pâte fine, pliée en demi-lune, puis cuite selon la méthode classique : d’abord saisie à la poêle pour obtenir une base croustillante, puis légèrement vapeur pour garder le moelleux du dessus.

En bouche, le gyoza est une surprise texturale : le croquant de la base contraste avec la tendresse de la pâte, et la farce explose en saveurs. C’est un plat qui se mange chaud, souvent brûlant, avec les baguettes qui hésitent entre délicatesse et empressement. On trempe, on goûte, on revient. Et très vite, on en recommande une autre portion.

Ce qui rend le gyoza si attachant, c’est sa capacité à s’adapter : il peut être végétarien, épicé, fusionné avec des ingrédients locaux, ou servi dans sa version la plus classique. Il incarne cette cuisine de rue qui ne cherche pas à impressionner, mais à réconforter. Et dans le tumulte de Bangkok, il offre une pause savoureuse, un moment de chaleur, une bouchée de précision.

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GYU TATAKI REST GUY BKK

Et lorsque les gyoza ont fini de crépiter sur leur plaque brûlante, laissant derrière eux ce mélange irrésistible de croustillant et de moelleux, une autre spécialité venue du Japon s’avance avec beaucoup plus de discrétion. Plus silencieuse, plus fraîche, presque timide, elle apporte une respiration bienvenue dans la succession de plats intenses qui rythment nos soirées à Bangkok.

Le gyu tataki apparaît alors comme un murmure. Le bœuf, saisi à peine quelques secondes, garde une fine croûte parfumée à l’extérieur tandis que l’intérieur reste rouge, tendre, presque cru. Cette cuisson éclair préserve la texture, la saveur et la pureté de la viande, tout en lui donnant un parfum grillé qui accroche immédiatement l’attention. À Bangkok, il est souvent servi en tranches fines, disposées sur un lit d’oignons crus, nappé d’une sauce ponzu aux agrumes, avec un peu de gingembre râpé et quelques oignons verts. Rien de superflu, rien d’agressif, juste l’essentiel.

En bouche, le tataki surprend par sa fraîcheur. La viande est moelleuse, presque veloutée, et la sauce apporte une acidité vive qui équilibre la richesse du bœuf. C’est un plat qui respire, qui laisse le temps, qui invite à ralentir. Une pause subtile au milieu des woks enflammés, des grillades fumantes et des sauces pimentées qui dominent la scène culinaire thaïlandaise.

Ce qui rend le gyu tataki particulièrement intéressant, c’est qu’il s’intègre parfaitement dans le paysage gastronomique de Bangkok. La ville accueille les influences étrangères avec une facilité déconcertante, et ce plat japonais trouve ici une nouvelle vie. Sa cuisson rapide préserve les nutriments, sa fraîcheur en fait un choix léger pour le soir, et les agrumes du ponzu apportent une dose d’antioxydants naturels qui complètent la richesse de la viande. C’est un plat à la fois raffiné et accessible, un équilibre rare entre plaisir et légèreté.

Le gyu tataki devient ainsi une respiration dans le tumulte des saveurs thaïlandaises, une parenthèse délicate qui rappelle que la cuisine, même dans une ville aussi vibrante que Bangkok, sait aussi chuchoter.

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Les influences chinoises

Dans certaines rues de Bangkok, à l’ombre des temples et des marchés, on tombe sur des vitrines qui ne ressemblent à rien d’autre : des canards entiers, dorés, suspendus par le cou, alignés comme des trophées culinaires. Sous eux, des plateaux débordent de morceaux découpés, de tofu braisé, d’œufs durs imbibés de sauce, et de paquets de riz gluant ficelés dans des feuilles. Derrière, les marmites bouillonnent, les louches plongent, les gestes sont précis, rapides, presque chorégraphiés.

Ce type de restaurant, à mi-chemin entre la rôtisserie et la cantine populaire, est une institution héritée de la tradition chinoise, profondément intégrée dans le paysage thaïlandais. On y vient pour le canard laqué, pour le porc croustillant, pour les bouillons sombres et parfumés, pour les sauces épaisses à base de soja, de cinq-épices et de sucre de palme. On y mange vite, mais on y revient souvent.

Le rituel commence dès l’entrée : on choisit son viande, son accompagnement, son bouillon. Le serveur découpe à la volée, arrose de sauce, ajoute du riz ou des nouilles, et sert le tout dans une assiette fumante. On s’assoit à une table partagée, souvent en silence, parfois en bavardant avec ses voisins. Le repas est simple, mais dense. Chaque bouchée raconte une cuisson lente, une marinade patiente, une maîtrise du feu.

Ces établissements sont aussi des lieux de mémoire. Ils rappellent les migrations, les échanges, les cuisines qui se croisent et se répondent. Le canard suspendu devient un symbole : celui d’une cuisine qui s’expose, qui assume ses gestes, qui célèbre la matière première sans artifice. C’est une cuisine de rue, mais aussi une cuisine de respect. Respect du produit, du temps, du goût.

Les grandes régions et leurs spécialités

En voyageant du nord au sud, nous ressentons combien la géographie, l’histoire et les influences voisines façonnent les assiettes. La cuisine thaïlandaise n’est pas un bloc uniforme : elle est une mosaïque de terroirs, de climats, de traditions et de gestes transmis. Chaque région raconte une manière différente d’apprivoiser les saveurs, de jouer avec les épices, de célébrer les produits locaux.

Dans le Nord, l’ancienne région du Lanna, les plats sont souvent plus doux, parfumés d’herbes locales. Les currys se passent volontiers de lait de coco, le riz gluant est omniprésent, et le khao soi, avec ses nouilles baignées de curry et ses garnitures croustillantes, incarne à lui seul cette cuisine montagnarde chaleureuse. Ici, la douceur n’est jamais fade : elle est enveloppante, végétale, presque apaisante.

Picanha grillée sur nouilles au khao soi S&P REST BKK

Il arrive parfois que la cuisine thaïlandaise surprenne par des associations que rien ne semblait prédestiner. La picanha grillée servie sur un lit de nouilles au khao soi fait partie de ces rencontres improbables qui, pourtant, fonctionnent avec une évidence déconcertante. La viande, juteuse, marquée par la flamme, apporte une profondeur fumée, presque charnelle. Elle repose sur des nouilles baignées dans une sauce khao soi crémeuse, d’un jaune profond, où se mêlent lait de coco, pâte de curry, épices du Nord et cette chaleur douce qui enveloppe sans écraser.

Ce plat raconte une histoire de circulations et d’influences. La picanha, morceau emblématique d’Amérique du Sud, a trouvé en Thaïlande un terrain de jeu inattendu. Le khao soi, lui, vient du Nord, héritier des routes caravanières birmanes et chinoises, où les épices voyageaient autant que les hommes. Le mariage des deux crée une fusion qui n’a rien d’artificiel : la richesse de la viande répond à la rondeur du curry, les nouilles absorbent les jus, les herbes fraîches apportent leur éclat final.

Sur le plan nutritionnel, c’est un plat généreux, riche en protéines, en lipides rapides issus du lait de coco, en épices qui stimulent la digestion et en herbes qui rafraîchissent le palais. Un plat qui nourrit autant qu’il raconte, qui surprend autant qu’il réconforte.

Ce n’est pas une spécialité traditionnelle, ni un plat de rue classique. C’est une création contemporaine, née de l’audace des cuisines thaïlandaises modernes, qui n’hésitent plus à jouer avec les frontières, à mélanger les héritages, à inventer de nouvelles harmonies. Une cuisine vivante, en mouvement, qui assume pleinement sa créativité.

deep fried pork shoulder RESTAURANT AMA BKK

Le deep fried pork shoulder fait partie de ces plats thaïlandais qui semblent simples au premier regard, mais qui révèlent une véritable maîtrise du feu et du gras. Une épaule de porc marinée, longuement attendrie, puis plongée dans l’huile chaude jusqu’à obtenir cette double texture si caractéristique : une croûte croustillante, presque caramélisée, et une chair tendre, juteuse, parfumée.

Ce plat trouve ses racines dans la cuisine du Nord et du Centre de la Thaïlande, où l’on a longtemps privilégié les cuissons rapides et les fritures pour conserver la viande dans un climat chaud. L’influence chinoise n’est jamais loin : la technique de friture profonde, les marinades à base d’ail, de sauce soja, de poivre blanc et parfois de sucre de palme rappellent les traditions culinaires des communautés sino-thaïes installées depuis des siècles.

La saveur du deep fried pork shoulder est un équilibre subtil entre le salé, le légèrement sucré, et le parfum de l’ail frit. La viande, grâce à son gras naturel, développe une richesse aromatique qui se marie parfaitement avec les sauces thaïes : nam jim jaew au riz grillé et tamarin, sauce pimentée légèrement fumée, ou encore une simple sauce soja citronnée. Servi avec du concombre frais, quelques herbes, ou du riz blanc, il devient un plat complet, généreux, profondément réconfortant.

Sur le plan nutritionnel, l’épaule de porc apporte des protéines de qualité, du fer, du zinc, et des vitamines du groupe B. La friture, bien que riche, est réalisée à haute température, ce qui saisit rapidement la viande et limite l’absorption excessive d’huile. Les herbes, les condiments acides et les légumes crus qui l’accompagnent traditionnellement apportent fraîcheur, fibres et équilibre digestif. C’est un plat qui nourrit, qui rassasie, et qui, consommé avec modération, s’intègre parfaitement dans une alimentation variée.

Le deep fried pork shoulder n’est pas un plat cérémoniel ni un plat de fête. C’est un plat du quotidien, un plat de cantine, un plat de rue. On le commande pour accompagner d’autres mets, pour partager, pour compléter une table. Il incarne cette cuisine thaïlandaise simple, directe, efficace, où chaque bouchée raconte un savoir-faire transmis de génération en génération.

Dans le Nord-Est, l’Isan, l’influence lao est évidente. La cuisine y est plus rustique, très épicée, parfois fermentée, où le som tam côtoie les grillades et les sauces puissantes. Le riz gluant se mange avec les doigts, les saveurs claquent, les plats racontent la terre sèche, les marchés animés, les repas partagés sur des nattes. C’est une cuisine directe, franche, sans détour.

Sour soup aux crevettes et lait de coco Rest Vulcano Nakhon Pathom

Au Centre, autour de Bangkok et de la plaine centrale, la cuisine se fait plus raffinée. Héritière de la tradition royale, elle recherche l’équilibre parfait et une présentation soignée. Le pad thaï, les soupes claires et les plats à base de riz jasmin reflètent cette élégance maîtrisée.

La Sour soup aux crevettes et lait de coco arrive fumante, dans une marmite en inox posée sur un petit réchaud. Le bouillon est d’un rouge orangé profond, traversé par des éclats de coriandre fraîche, des champignons, des tomates, et des crevettes encore entières, rosées, charnues, légèrement courbées. À la première cuillerée, c’est une surprise : l’acidité vive du citron kaffir, la chaleur du piment, la douceur enveloppante du lait de coco, et ce fond de gingembre et de galanga qui tapisse le palais.

Ce n’est pas une soupe d’entrée, ni une soupe de consolation. C’est une soupe qui réveille, qui stimule, qui équilibre. Elle joue sur les contrastes : le feu et la crème, l’acide et le sucré, le végétal et le marin. Les crevettes, tendres et parfumées, apportent leur rondeur iodée, tandis que les légumes flottent comme des ponctuations dans le bouillon.

Sur le plan nutritionnel, c’est une merveille : protéines maigres, acides gras du lait de coco, antioxydants des herbes et des épices, et une digestion stimulée par le gingembre et le piment. Une assiette liquide, mais complète. Une soupe qui nourrit autant qu’elle soigne.

Elle trouve sa place dans les repas partagés, au centre de la table, servie à la louche, entre deux bouchées de riz ou de poisson. Elle incarne cette cuisine thaïlandaise qui ne choisit pas entre force et douceur, mais les marie avec audace.

chicken pad thaï CHOM ARUN BKK
chicken pad thaî Good Time Resort Kanchanaburi

Le Chicken Pad Thaï, version au poulet du classique national, est souvent préparé à la minute, dans un wok brûlant posé sur un chariot mobile. Le cuisinier y jette les nouilles de riz trempées, les œufs battus, les morceaux de poulet, les pousses de soja, les oignons verts, parfois quelques dés de tofu, et une sauce maison à base de tamarin, sucre de palme, sauce de poisson et citron vert. Le tout est sauté rapidement, avec une gestuelle précise, presque chorégraphique.

Ce plat est un équilibre. Il joue sur les contrastes : le moelleux des nouilles, le croquant des germes, l’acidité du citron, la douceur du sucre, le sel de la sauce de poisson. Chaque bouchée est une variation, une surprise, une petite fête. On le mange sur le pouce, assis sur un tabouret bancal, ou debout, à même le trottoir, avec une cuillère en plastique et un sourire en coin.

Le Chicken Pad Thaï est plus qu’un plat : c’est une scène de rue, un moment partagé, une chaleur familière. Il incarne cette cuisine thaïlandaise qui ne cherche pas à impressionner mais à nourrir, à réconforter, à faire plaisir. Il est à la fois populaire et raffiné, rapide et complexe, humble et universel.

GREEN CURRY CHICKEN CHOM ARUN

Parmi les plats emblématiques de la cuisine thaïlandaise, le Green Curry Chicken occupe une place à part. Il est à la fois familier et surprenant, doux et brûlant, végétal et crémeux. Il incarne cette recherche d’équilibre propre à la région centrale, où Bangkok et la plaine fertile ont façonné une cuisine raffinée, héritière de traditions royales et d’influences multiples.

Le curry vert tire sa couleur éclatante d’un mélange de piments verts frais, de feuilles de basilic, de coriandre et de zestes de combava. Cette pâte, pilée longuement au mortier, concentre une intensité aromatique qui se déploie dès qu’elle rencontre le lait de coco. Le résultat est une sauce onctueuse, brillante, qui enveloppe chaque ingrédient d’une chaleur progressive. Le poulet y trouve un terrain idéal : tendre, absorbant, il se gorge des parfums de citronnelle, de galanga et de piment.

En bouche, le Green Curry est un voyage. La première sensation est celle de la douceur du lait de coco, immédiatement suivie par une montée aromatique vive, presque florale, qui laisse place à une chaleur maîtrisée. Les aubergines thaïes, croquantes et légèrement amères, apportent un contrepoint végétal. Le basilic thaï, ajouté au dernier moment, libère une fraîcheur qui allège l’ensemble. C’est un plat qui ne cesse de se transformer au fil des bouchées, oscillant entre intensité et délicatesse.

Ce curry raconte aussi quelque chose de la cuisine centrale : une volonté de composer, d’équilibrer, de créer des plats où chaque élément trouve sa place. Rien n’est laissé au hasard. Le Green Curry n’est pas un plat de force, mais un plat de précision. Il demande du temps, de la patience, un sens aigu des proportions. Il se déguste avec du riz jasmin, dont la légèreté parfumée vient tempérer la puissance du curry.

chicken with coconut milk soup CHOM ARUN

Dans l’univers des soupes thaïlandaises, certaines réconfortent, d’autres réveillent. Le Chicken with Coconut Milk Sauce, connu sous le nom de Tom Kha Gai, réussit à faire les deux à la fois. C’est une soupe blanche, douce, parfumée, qui cache derrière son apparente tranquillité une complexité aromatique remarquable. Elle incarne à merveille la cuisine du Centre de la Thaïlande, où l’équilibre des saveurs est une quête presque philosophique.

Tom Kha Kai Good time resort Kanchanaburi

Le lait de coco en est la base, mais il ne domine jamais. Il sert de toile de fond à une composition subtile : la citronnelle, le galanga, les feuilles de combava, les champignons, les piments rouges, et bien sûr, le poulet. Chaque ingrédient joue sa partition, apportant tour à tour fraîcheur, chaleur, acidité, et profondeur. Le résultat est une soupe qui ne cherche pas à impressionner par la force, mais par la justesse.

En bouche, le Tom Kha Gai est une caresse. Le lait de coco enveloppe, le galanga pique doucement, la citronnelle rafraîchit, et le piment, discret, vient rappeler que nous sommes bien en Thaïlande. Le poulet, tendre, absorbe les parfums sans jamais s’effacer. C’est une soupe qui se déguste lentement, qui invite à la pause, à la contemplation.

Elle raconte aussi quelque chose de la culture culinaire centrale : une volonté de raffinement, de précision, de beauté dans l’assiette. Le Tom Kha Gai est souvent servi dans des bols en céramique, accompagné de riz jasmin, et partagé dans le calme d’un repas familial ou d’un déjeuner en terrasse. Elle est à la fois populaire et noble, accessible et subtile.

C’est aussi là que les mochis multicolores, rangés comme des bijoux sur des étals de gazon artificiel, nous séduisent par leur variété : taro violet, thé vert, fraise, durian, lait, chocolat, et même Oreo ou Thai tea. Chaque bouchée est une surprise, douce, fondante, parfois audacieuse.

CURRY ROUGE DE CANARD CHOM ARUN

Le curry rouge de canard fait partie de ces plats thaïlandais qui surprennent par leur élégance. Derrière son apparence flamboyante — un bouillon rouge-orangé, brillant, où flottent tomates cerises, courgettes, feuilles de basilic thaï et morceaux de canard tendre — se cache une histoire faite de rencontres, d’adaptations et de savoir-faire.

Ce curry appartient à la grande famille des gaeng, ces plats mijotés qui rythment la cuisine thaïlandaise. Le rouge provient d’une pâte de curry composée de piments secs, d’ail, d’échalotes, de galanga, de citronnelle, de graines de coriandre, de cumin et de pâte de crevettes. Le lait de coco vient adoucir l’ensemble, créant ce contraste si thaïlandais entre le feu et la douceur, entre la profondeur aromatique et la rondeur lactée.

L’usage du canard, lui, raconte une autre histoire. Il témoigne de l’influence chinoise, très présente dans la cuisine thaïlandaise depuis des siècles. Les communautés chinoises installées à Bangkok ont introduit l’élevage du canard, les techniques de rôtissage, et ce goût pour les viandes grasses et parfumées. Le canard rôti, souvent utilisé dans ce curry, apporte une richesse qui se marie parfaitement avec le lait de coco et les épices.

Le curry rouge de canard est aussi un plat de saison : on y ajoute volontiers des fruits comme l’ananas ou le raisin, qui apportent une touche sucrée et juteuse, ou encore des légumes croquants qui équilibrent la puissance du curry. C’est un plat qui joue sur les contrastes, sur les textures, sur les parfums — un plat qui raconte la Thaïlande dans toute sa complexité.

Sur le plan nutritionnel, il offre un équilibre intéressant : le canard apporte des protéines et du fer, le lait de coco fournit des lipides rapides et une énergie immédiate, les herbes fraîches et les épices stimulent la digestion et renforcent l’immunité. C’est une cuisine qui nourrit autant qu’elle réchauffe, qui apaise autant qu’elle réveille.

Tod Mun Pla VULCANO NAKHIN PATHOM

Le curry rouge de canard n’est pas un plat du quotidien pour les Thaïlandais, mais plutôt un plat de partage, de restaurant, de fête parfois. Il incarne cette cuisine thaïlandaise qui sait être raffinée sans être prétentieuse, généreuse sans être lourde, et profondément ancrée dans ses influences régionales comme dans ses héritages étrangers.

Les Tod Mun Pla, galettes de poisson thaïlandaises, font partie de ces plats qu’on croise partout sans toujours les remarquer. Et pourtant, elles concentrent à elles seules une bonne partie de l’identité culinaire du pays : simplicité, parfum, texture, équilibre.

Préparées à base de poisson blanc finement haché, mélangé à de la pâte de curry rouge, des haricots verts croquants, des feuilles de combava ciselées, elles sont ensuite frites jusqu’à obtenir une croûte dorée, légèrement croustillante, et un cœur moelleux. Le parfum est immédiat : citronnelle, piment, ail, galanga… tout y est, dans une version concentrée et joyeuse.

On les sert avec une sauce aigre-douce, souvent accompagnée de concombres, de coriandre fraîche, et parfois de basilic frit. Chaque bouchée est un jeu de textures : le croustillant de la galette, le moelleux du poisson, le croquant du haricot, la fraîcheur de la sauce.

Originaires du centre de la Thaïlande, notamment autour de Bangkok et Samut Prakan, ces galettes sont devenues un classique national. On les retrouve dans les marchés, les cantines, les restaurants de rue, les buffets familiaux. Elles sont à la fois entrée, accompagnement, snack, et parfois plat principal.

GRENOUILLES FRITES A L’AIL GOOD TIME RESORT KANCHANABURI

Sur le plan nutritionnel, elles offrent des protéines, des herbes fraîches, des épices stimulantes, et une cuisson rapide qui préserve les saveurs. C’est un plat du quotidien, mais jamais banal. Une bouchée de Thaïlande, concentrée et joyeuse.

Les grenouilles frites à l’ail appartiennent à cette cuisine thaïlandaise terrienne, façonnée par les paysages humides et les gestes anciens. Leur histoire commence dans les rizières, les étangs et les canaux où les grenouilles abondent depuis toujours. Dans les villages, on les récoltait autrefois au petit matin, lorsque la brume flottait encore au‑dessus de l’eau, et elles constituaient une source de protéines précieuse, accessible, profondément ancrée dans la vie rurale. C’est de cette proximité avec la terre et l’eau que vient l’origine du plat : une cuisine née de la nécessité, devenue tradition, puis spécialité régionale.

Lorsqu’elles arrivent en cuisine, les grenouilles sont traitées avec un respect simple. On les découpe en morceaux réguliers, on les sèche légèrement, puis on les saisit à feu vif jusqu’à ce que la peau devienne dorée et croustillante. L’ail, omniprésent dans la cuisine thaïlandaise, est ajouté en quantité généreuse. Il crépite, parfume, s’accroche à la chair comme une pluie dorée. Le résultat est un équilibre subtil entre le croustillant et le moelleux, entre la chaleur profonde de l’ail et la douceur presque discrète de la chair.

Ce plat raconte la Thaïlande rurale, celle des marchés matinaux où l’on vend les herbes fraîchement cueillies, celle des familles qui cuisinent ensemble, celle des recettes transmises sans jamais être écrites. Il surprend souvent les voyageurs, mais séduit par sa sincérité, par cette manière directe et franche de transformer un produit simple en un plat vibrant.

Au‑delà de son histoire, les grenouilles frites à l’ail possèdent des bienfaits que l’on oublie parfois. La chair de grenouille est étonnamment légère : riche en protéines, pauvre en graisses, facile à digérer. Elle nourrit sans alourdir, soutient sans peser. L’ail, lui, apporte ses vertus bien connues — tonifiant, protecteur, presque médicinal — et donne au plat une dimension à la fois gustative et bienfaisante. Ensemble, ils composent une assiette qui réveille, qui réconforte, qui fait du bien.

A l’ouest, près de Kanchanaburi  les gambas sont à l’honneur.

GAMBAS VULCANO – LE VOLCANO NAKHON PATHOM

On ne s’attend pas à croiser des gambas flambées dans une province intérieure comme Nakhon Pathom. Loin des ports, loin des criées, loin des plages. Et pourtant, c’est là, au bord d’une route poussiéreuse, que le Volcano Prawn Restaurant transforme un déjeuner en spectacle.

Le plat arrive dans une structure métallique en forme de volcan. Les gambas tigrées, dressées en dôme, sont encore crues, brillantes, prêtes à être saisies. Puis vient le feu. Une flamme vive jaillit, enveloppe les carapaces, crépite, danse quelques secondes avant de s’éteindre. Le parfum est immédiat — grillé, iodé, sucré. Le plat devient un moment, un théâtre de saveurs.

La cuisson est brève, juste assez pour caraméliser l’extérieur et garder la chair tendre, juteuse, presque nacrée. On les déguste avec les doigts, parfois trempées dans une sauce nam jim seafood — citron vert, ail, piment, sucre — qui ajoute une acidité vive et une chaleur maîtrisée. Chaque bouchée est un contraste : le croustillant de la carapace, le moelleux de la chair, le feu du piment, la fraîcheur du citron.

Ce plat n’est pas né d’une tradition littorale. Il est né d’une volonté contemporaine de marier spectacle et saveur, de transformer le repas en expérience. Il incarne cette Thaïlande moderne qui ose, qui joue, qui séduit — même loin de la mer.

Sur le plan nutritionnel, les gambas offrent des protéines maigres, du zinc, du sélénium, des oméga-3. Le flambage rapide limite l’ajout de matière grasse, et les condiments thaïs — citronnelle, coriandre, piment — stimulent la digestion tout en apportant des antioxydants. C’est un plat festif, mais pas excessif. Un plaisir assumé.

Les Gambas Vulcano ne sont pas un plat de rue, ni un plat de cantine. Ce sont des gambas de célébration, de retrouvailles, de voyage. Un plat qui attire les regards, qui rassemble autour de la flamme, qui laisse un souvenir durable — autant sur le palais que dans les récits.

Dans le Sud, enfin, la mer et la proximité de la Malaisie marquent profondément les recettes. Le lait de coco y est utilisé sans retenue, les currys sont souvent très épicés, et les fruits de mer abondent. Les saveurs y sont franches, parfois brûlantes, toujours intenses. C’est dans cette région que le Panang Pork Red Curry trouve toute sa cohérence.

PANANG PORK RED CURRY CHOM ARUN BKK

Parmi les grands classiques de la cuisine thaïlandaise, le Panang Pork Red Curry occupe une place singulière. Moins flamboyant que le curry rouge traditionnel, plus rond que le curry vert, il se distingue par une douceur épicée qui enveloppe plutôt qu’elle ne surprend. C’est un plat qui ne cherche pas à dominer la table, mais à s’y installer avec assurance, porté par une profondeur aromatique qui se révèle bouchée après bouchée.

Le Panang se reconnaît immédiatement à sa texture plus épaisse, presque veloutée, due à la présence généreuse de lait de coco. La pâte de curry, riche en piment rouge séché, en galanga, en citronnelle et en zestes de combava, apporte une intensité parfumée qui se marie parfaitement avec la tendreté du porc. Le basilic thaï, ajouté en fin de cuisson, apporte une note fraîche et légèrement anisée qui équilibre la richesse du plat.

coques bouillies Le Vulcano Nakhon Pathom

En bouche, le Panang est une expérience à part. La première sensation est celle de la douceur du lait de coco, rapidement suivie par une chaleur progressive, jamais agressive, qui s’installe avec élégance. Le porc, fondant, absorbe les saveurs et devient le support idéal de cette sauce dense et brillante. Chaque cuillerée est un mélange de rondeur, de parfum et de chaleur maîtrisée.

Ce plat raconte aussi quelque chose de la cuisine thaïlandaise contemporaine : une capacité à jouer avec les intensités, à équilibrer le feu et la douceur, à créer des plats qui réconfortent autant qu’ils éveillent. Le Panang est un curry de patience, de lenteur, de précision. Il se déguste calmement, souvent accompagné de riz jasmin, qui en révèle toute la subtilité.

Elles arrivent sur une assiette rose, posées sur un lit de feuilles de laitue. Les coques bouillies, ouvertes juste ce qu’il faut, révèlent leur chair orangée, leur parfum marin, leur texture à la fois tendre et légèrement résistante. Ce n’est pas un plat central, ni un plat sophistiqué. C’est un plat de partage, un amuse-bouche iodé, un clin d’œil à la mer dans une province qui ne la touche pas.

CRABE MOU FRIT A L ‘AIL – VULCANO – NAKHON PAYHOM

Le geste est simple : on les attrape du bout des doigts, on les trempe dans une sauce nam jim seafood — citron vert, ail, piment, sucre — et on les déguste en silence, ou en riant, selon l’ambiance. Le goût est direct, franc, salin, relevé. Une bouchée, une gorgée, une autre bouchée. Le rythme est libre, le plaisir immédiat.

Les coques sont riches en fer, en zinc, en protéines maigres. Bouillies, elles conservent leur valeur nutritive sans excès de gras. La sauce, vive et acide, stimule la digestion et réveille les papilles. C’est un plat qui ne prétend rien, mais qui accompagne tout. Une assiette qui circule, qui rassemble, qui ouvre l’appétit.

Le plat arrive dans une assiette fleurie, généreusement garnie. Les crabes mous, entiers, dorés, croustillants, sont recouverts d’une pluie d’ail frit encore tiède. Rien à décortiquer, rien à briser : ici, tout se mange. Le crabe est saisi à feu vif jusqu’à devenir croustillant à l’extérieur, moelleux à l’intérieur, tandis que l’ail, frit séparément, apporte ce parfum profond, presque confit, qui enveloppe l’ensemble.

Ce qui rend ce plat encore plus fascinant, c’est son origine lointaine. Le crabe mou n’est pas un produit de Nakhon Pathom : il vient des mangroves du Sud thaïlandais, dans des provinces comme Surat Thani, Trang ou Songkhla, où les estuaires abritent des élevages spécialisés. C’est là, dans ces eaux saumâtres, que l’on récolte les crabes juste après leur mue, lorsque leur carapace est encore tendre. Une partie de cette production remonte ensuite vers le delta du Chao Phraya, notamment Samut Sakhon, avant d’être distribuée dans tout le pays.

Le résultat, dans l’assiette, est un petit miracle de circulation culinaire : un plat né des mangroves du Sud, dégusté au cœur d’une province intérieure. Et chaque bouchée raconte ce voyage. Le croustillant de la carapace, la tendreté de la chair, le parfum de l’ail, parfois relevé d’une pointe de nam jim seafood, créent un contraste irrésistible. C’est le genre de plat qui disparaît trop vite, celui qu’on regrette de ne pas avoir commandé en double.

Riche en protéines, en calcium et en minéraux marins, le crabe mou est un plaisir assumé, un croustillant qui accompagne parfaitement les soupes, les légumes sautés ou les plats plus doux. Un plat simple, direct, mais profondément ancré dans les paysages du Sud thaïlandais.

Les fruits tropicaux complètent ce paysage culinaire : mangues juteuses, dragon fruits éclatants, mangoustans à la chair nacrée, pomelos géants. Leur acidité ou leur douceur viennent clore les repas ou rafraîchir les après-midis, comme une ponctuation lumineuse après les plats puissants du Sud.

Habitudes alimentaires et rituels

Au-delà des recettes, nous découvrons une manière de manger profondément collective. Les repas se partagent : plusieurs plats sont posés au centre de la table, chacun se servant à sa guise, le riz servant de fil conducteur. Le petit-déjeuner peut être salé, composé de soupes ou de riz, tandis que le déjeuner et le dîner deviennent de véritables moments de lien social.

HOT POT  KHOU MALA BKK

Très tôt le matin, nous arpentons les marchés encore humides de rosée, où les étals débordent d’herbes, de fruits, de plats déjà cuisinés. À toute heure, les vendeurs de rue nourrissent la ville, rappelant que la cuisine thaïlandaise n’est pas confinée aux restaurants, mais qu’elle fait partie intégrante de la vie quotidienne, vibrante, accessible et profondément humaine. Les brochettes fumantes, les mochis colorés, les fruits sculptés et les sauces brûlantes sont autant de signes que la cuisine ici est une affaire de rue, de partage, de plaisir immédiat.

Et parfois, ce partage prend une forme plus spectaculaire : celle du Hot Pot, un rituel culinaire très apprécié en Thaïlande. Dans certains établissements ouverts jusqu’à l’aube, comme celui que nous avons découvert un soir, la table devient un véritable théâtre. Une marmite intégrée, divisée en plusieurs compartiments, accueille trois bouillons différents : un potiron doux et parfumé, une tomate acidulée, et un bouillon épicé au beurre, puissant au point d’engourdir légèrement la langue. Autour, les plateaux s’accumulent : bœuf mariné à l’œuf, fines tranches de porc, intestins de canard frais, crevettes de haute mer, légumes croquants, nouilles, tofu, riz blanc.

Chacun plonge ce qu’il veut, quand il veut. On cuisine ensemble, on attend, on pêche, on goûte. Les bouillons se transforment au fil des cuissons, s’enrichissent des saveurs des viandes et des légumes, deviennent plus denses, plus profonds. On compose ses sauces, on ajuste, on partage. Parfois le silence s’installe, concentré, presque méditatif ; parfois les éclats de rire couvrent le bouillonnement de la marmite.

Ce type de repas, où le feu est au centre, où le temps s’étire, où les saveurs se construisent à mesure, incarne une autre forme de lien. Il ne s’agit pas seulement de manger, mais de participer, d’observer, de partager le rythme des cuissons et des conversations. Le Hot Pot devient alors un espace de lenteur et de complicité, un moment où les gestes comptent autant que les ingrédients, où la chaleur du bouillon rejoint celle du groupe.

RIZ FRIT AUX CREVETTES ET GAMBAS S&P REST BKK

Dans ces instants, la cuisine thaïlandaise révèle sa dimension rituelle : elle est un espace de rencontre, de transmission, de présence. Elle ne se consomme pas, elle se vit.

C’est un plat qui semble simple, presque banal, et pourtant… il incarne à lui seul une part essentielle de la cuisine thaïlandaise : celle du quotidien, du geste rapide, du goût juste. Le riz frit aux crevettes et gambas est partout — dans les cantines, les marchés, les restaurants familiaux — et il ne déçoit jamais.

PLAIN RICE RESTAURANT AMA BKK

Son origine est multiple. Le riz frit, ou khao pad, est une technique héritée des influences chinoises, adaptée au fil des siècles par les cuisiniers thaïlandais. On y retrouve le riz de la veille, plus sec, idéal pour saisir sans coller, des œufs brouillés, des légumes croquants, et surtout des crevettes ou des gambas, sautées à feu vif, encore juteuses, parfois légèrement caramélisées. Le tout est relevé par de la sauce soja, parfois une pointe de sauce aux huîtres, et toujours une touche d’herbes fraîches — coriandre, oignons verts — qui viennent parfumer l’ensemble.

Ce plat joue sur les contrastes : le moelleux du riz, le croquant des légumes, la tendreté des crevettes, l’acidité du citron vert, la fraîcheur du concombre. Il est souvent servi avec quelques tranches de concombre, un quartier de citron vert, et des tiges de ciboule — une présentation simple mais toujours soignée.

Sur le plan nutritionnel, c’est un plat équilibré : protéines marines, glucides complexes, fibres végétales, et une cuisson rapide qui préserve les nutriments. Les crevettes et gambas apportent du sélénium, du zinc, des oméga-3, et une belle dose de protéines maigres. Le riz, lui, offre une énergie durable, et les légumes ajoutent vitamines et croquant.

FRIED NOODLE AUX CREVETTES RESTAURANT AMA BKK

Ce riz frit n’est pas un plat de fête, ni un plat de temple. C’est un plat de passage, de pause, de réconfort. Il accompagne les journées de marche, les départs en train, les retours de marché. Il fait partie de ces plats qui ne cherchent pas à impressionner, mais à nourrir — avec justesse, avec chaleur, avec constance.

Les fried noodles font partie aussi de ces plats thaïlandais qui semblent aller de soi. On les voit partout : dans les petites échoppes de rue, dans les cantines familiales, dans les restaurants de quartier où le wok ne refroidit jamais. C’est un plat du quotidien, un plat de passage, un plat de partage. Et pourtant, derrière cette apparente simplicité, il y a un véritable savoir-faire, un geste précis, une maîtrise du feu qui transforme quelques ingrédients ordinaires en un plat profondément réconfortant.

Les nouilles sautées aux crevettes arrivent souvent en premier, brillantes, légèrement fumées, encore chaudes du wok. Les crevettes, dodues et juteuses, se mêlent aux pousses croquantes, aux œufs brouillés, aux oignons verts, dans un équilibre qui semble presque instinctif. Rien n’est lourd, rien n’est gras : tout est saisi à feu vif, en quelques secondes, comme si le cuisinier capturait l’essence même des ingrédients avant qu’ils ne se délitent. Le parfum est immédiat, reconnaissable entre mille : un mélange de soja léger, de chaleur du wok, de douceur des nouilles et de fraîcheur des herbes.

FRIED NOODLE AU POULET RESTAURANT AMA BKK

La version au poulet raconte une autre histoire, plus douce, plus familière. Le poulet, tendre et légèrement doré, apporte une rondeur différente, plus réconfortante. Les nouilles absorbent la sauce, les œufs se mêlent aux légumes, et l’ensemble forme un plat qui nourrit autant qu’il apaise. C’est le genre de plat que l’on commande sans réfléchir, celui qui accompagne tout, celui qui met tout le monde d’accord. Un plat qui ne cherche pas à impressionner, mais qui réussit toujours à satisfaire.

Sur le plan nutritionnel, les fried noodles offrent un équilibre simple : des glucides pour l’énergie, des protéines marines ou animales selon la version, des légumes croquants qui apportent fibres et fraîcheur. La cuisson rapide préserve les nutriments, et les herbes ajoutées au dernier moment apportent ce parfum végétal qui allège l’ensemble. C’est une assiette complète, généreuse, qui reflète parfaitement la cuisine thaïlandaise du quotidien.

Les fried noodles ne sont pas un plat de fête, ni un plat cérémoniel. Ce sont des nouilles de vie, des nouilles de rue, des nouilles de famille. Elles accompagnent les journées chargées, les pauses rapides, les repas improvisés. Elles racontent la Thaïlande telle qu’elle se vit : simple, directe, chaleureuse, toujours en mouvement.

Et dans les supermarchés comme dans les marchés, les gambas géantes d’eau douce, posées sur leur lit de glace, prolongent ce rituel de transparence et de fraîcheur.

Dans les rayons réfrigérés du Big C, entre les poissons entiers et les calamars soigneusement rangés, une scène attire l’œil : un amas de gambas géantes d’eau douce, posées sur un lit de glace, leurs longues pinces bleutées dressées comme des antennes de combat. Elles ne bougent pas, mais on les sent prêtes. Prêtes à bondir, à cuire, à séduire.

 

Ces crevettes, appelées localement kung mae nam, sont une fierté thaïlandaise. Originaires des rivières et estuaires du pays, elles sont élevées dans des fermes semi-naturelles, nourries avec soin, et vendues vivantes ou fraîchement glacées. Leur couleur bleu-vert, leurs pinces disproportionnées, leur taille impressionnante — tout en elles évoque la puissance tranquille des eaux intérieures.

Leur chair, une fois grillée ou sautée, est ferme, légèrement sucrée, et d’une finesse étonnante. On les retrouve dans les plats de curry rouge, dans les pad thaï de fête, ou simplement grillées au charbon, servies avec une sauce nam jim seafood à base de citron vert, ail, piment et sucre. C’est un plat de partage, souvent posé au centre de la table, où chacun vient décortiquer, tremper, savourer.

 

Mais au-delà du goût, ces gambas racontent une histoire : celle d’une cuisine qui valorise le produit brut, qui expose la fraîcheur, qui invite à la transparence. Dans les supermarchés comme dans les marchés, les crevettes sont montrées entières, avec leurs pinces, leurs yeux, leur carapace. Rien n’est caché. Tout est assumé.

Sur le plan nutritionnel, elles sont riches en protéines, faibles en lipides, et contiennent du zinc, du sélénium et des oméga-3. Elles nourrissent le corps autant que le regard. Et dans un pays où le repas est un rituel collectif, elles deviennent un prétexte à la rencontre, à la cuisson partagée, à la fête improvisée.

OMELETTE THAÏE RESTAURANT AMA BKK

L’omelette thaïe fait partie de ces plats qui semblent presque trop simples pour être remarqués, et pourtant, elle raconte à elle seule une grande partie de la cuisine du quotidien en Thaïlande. Elle arrive souvent dans un petit bol en bois ou dans une assiette sans prétention, gonflée, dorée, légèrement croustillante sur les bords, moelleuse à cœur. Une omelette qui n’a rien à voir avec celles que l’on connaît en Europe : ici, elle est fouettée avec vigueur, assaisonnée de sauce de poisson, parfois de sauce soja, puis versée dans une huile bien chaude qui la fait gonfler instantanément. Le résultat est une texture aérienne, presque soufflée, avec ce parfum irrésistible d’ail, d’herbes fraîches et de chaleur du wok.

C’est un plat profondément familial, un plat de cantine, un plat de rue. On le commande pour accompagner un curry, un riz frit, des légumes sautés. On le partage au centre de la table, on en prend un morceau entre deux bouchées plus épicées, comme une respiration douce au milieu des saveurs plus intenses. L’omelette thaïe joue ce rôle d’équilibre, de douceur, de transition. Elle apaise, elle complète, elle rassemble.

Sur le plan nutritionnel, elle apporte des protéines, des herbes fraîches, parfois des légumes finement hachés. Sa cuisson rapide préserve les nutriments, et l’huile chaude qui la saisit lui donne cette texture unique, à la fois légère et gourmande. C’est un plat simple, mais jamais banal. Un plat qui rappelle que la cuisine thaïlandaise ne se résume pas aux currys et aux nouilles : elle sait aussi célébrer la modestie, la précision, et la beauté des gestes quotidiens.

L’omelette thaïe n’est pas un plat de fête, ni un plat régional. C’est un plat de vie. Celui que l’on prépare pour les enfants, celui que l’on commande quand on ne sait pas quoi choisir, celui qui accompagne tout et ne déçoit jamais. Une assiette humble, mais essentielle, qui raconte la Thaïlande telle qu’elle se vit au jour le jour.

🍵 Matcha glacé — le vert qui ne cherche pas à plaire

Il y a des boissons qui séduisent dès la première gorgée, et d’autres qui déroutent. Le matcha glacé, dans sa version brute, appartient clairement à la seconde catégorie. D’un vert profond, presque opaque, surmonté d’une mousse légère, il s’impose visuellement comme un élixir végétal. Et au goût, il ne fait aucun compromis.

La première impression est celle d’une amertume franche, presque herbacée, qui évoque les feuilles, la terre, le thé dans sa forme la plus directe. Pas de sucre, pas de rondeur lactée : juste le matcha, pur, vibrant, servi sur glace. Il faut quelques gorgées pour apprivoiser cette intensité, pour comprendre que ce n’est pas une boisson de confort, mais une boisson de caractère.

Et pourtant, les bienfaits sont là, puissants, immédiats. Le matcha stimule sans exciter, apaise sans endormir. Il améliore la concentration, soutient la digestion, renforce l’immunité. C’est une énergie douce, durable, sans pic ni chute. Une boisson qui accompagne les journées de chaleur, les marches urbaines, les repas épicés.

En Thaïlande, on le trouve dans les cafés, les restaurants, les marchés. Il fait partie de ces découvertes qui ne se laissent pas oublier, même si elles ne cherchent pas à plaire à tout le monde. Le matcha glacé, dans sa version brute, est une rencontre — parfois rugueuse, mais toujours marquante.

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🌶️ S&B La-Yu — l’huile qui ne parle pas fort mais qui dit tout

Petite bouteille, grand caractère. Le La-Yu Chili Oil de S&B, marque japonaise fondée en 1923 et pionnière dans l’introduction des épices et condiments asiatiques en format moderne, condense dans ses 33 ml une intensité maîtrisée. Ce flacon orange, reconnaissable entre mille, est devenu un classique dans les cuisines japonaises, coréennes et même thaïlandaises, où il s’invite discrètement pour relever les plats sans les écraser.

Fabriquée au Japon, cette huile est composée d’un mélange d’huile de sésame, de maïs, de piment rouge et d’extrait de paprika. Elle est légèrement torréfiée pour développer des notes fumées et grillées, avec une texture fluide et un parfum profond. Contrairement à certaines huiles pimentées plus agressives, le La-Yu joue sur la subtilité : une chaleur qui monte doucement, une amertume légère, et un fond de sésame qui arrondit l’ensemble.

C’est un condiment nomade et précis. Quelques gouttes suffisent pour transformer un bouillon, réveiller un plat de nouilles, donner du relief à une viande sautée ou même twister une sauce soja. Il ne cherche pas à dominer, mais à souligner. Il ne brûle pas, il insiste.

Dans une cuisine de rue thaïlandaise, il trouve sa place sans effort. Il dialogue avec les curries, les soupes, les plats sautés. Il ajoute une touche japonaise à une assiette thaïe, sans jamais trahir son origine. C’est un pont entre les cuisines, une passerelle aromatique entre Tokyo et Bangkok.

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Douceurs et fruits de Thaïlande — un voyage sensoriel

fruit du dragon

La Thaïlande se révèle autant par ses plats épicés que par ses douceurs, et c’est dans les marchés que cette dimension sucrée prend toute son ampleur. Les desserts y sont une véritable célébration de la simplicité et de l’équilibre, souvent construits autour du riz gluant, du lait de coco et du sucre de palme. Le plus emblématique reste le riz gluant à la mangue, nappé de lait de coco légèrement salé, où la chair dorée et juteuse du fruit s’accorde à la densité du riz et à la richesse du coco. Mais les étals regorgent aussi de gâteaux colorés aux textures gélatineuses, de crêpes croustillantes garnies de crème de coco, ou encore de préparations dorées à base de jaune d’œuf et de sirop, héritées des influences portugaises. Chaque bouchée raconte une histoire de terroir et d’échanges, une mémoire culinaire qui s’est enrichie au fil des siècles.

Les fruits tropicaux, eux, sont partout, éclatants de couleurs et de parfums. La mangue se décline en version verte et croquante ou jaune et fondante, le mangoustan offre sa chair nacrée sous une coque violette épaisse, le durian impose sa présence par son odeur puissante et sa chair crémeuse, le fruit du dragon séduit par son éclat rose et sa chair parsemée de graines noires, tandis que le pomelo, plus doux que le pamplemousse, se déguste en quartiers juteux ou en salade parfumée. La noix de coco, omniprésente, se boit fraîche, se râpe, se transforme en lait ou en crème, et devient l’alliée indispensable des desserts.

Le durian — fruit roi, fruit rebelle, trône dans sa bassine bleue, hérissé de pointes, étiqueté comme un bijou rare. Le durian, fruit roi de l’Asie du Sud-Est, ne se cache pas. Il s’impose. Par son odeur, par sa forme, par sa réputation. On le reconnaît de loin, avant même de le voir. Et pourtant, malgré les avis tranchés, il continue de fasciner, de séduire, de diviser.

Sa coque verte et piquante protège une chair jaune pâle, crémeuse, presque fondante. Le goût ? Un mélange improbable de crème pâtissière, d’amande, d’oignon doux, parfois de fromage affiné. Certains y voient un dessert céleste, d’autres une épreuve olfactive. Mais tous s’accordent : le durian ne laisse personne indifférent.

durian

À Bangkok, on le trouve dans les marchés, les supermarchés comme le Big C, ou sur les étals de rue, souvent posé sur de la glace pour préserver sa fraîcheur. Il est vendu entier, ou en quartiers soigneusement emballés. Et toujours, il est entouré de précautions : interdit dans les hôtels, dans les transports, dans les ascenseurs. Car son parfum, une fois libéré, s’invite partout.

Mais au-delà de son odeur, le durian est un fruit de rituels. On le partage en famille, on le déguste lentement, on en discute longuement. Il est souvent associé à la saison des pluies, aux retrouvailles, aux plaisirs coupables. Il est riche en glucides, en fibres, en potassium, et considéré par certains comme aphrodisiaque. Il réchauffe, il rassasie, il intrigue.

Dans les rues de Bangkok ou de Chiang Mai, les douceurs se vivent comme des instants de fête.

Les mochis colorés, adaptés au goût local, se vendent à l’unité pour dix bahts, aux parfums de taro, de thé vert ou de fraise. Les glaces artisanales déclinent les saveurs de coco, de mangue ou de durian, tandis que les jus pressés et les brochettes de fruits glacés offrent une pause rafraîchissante sous la chaleur tropicale.

mango sticky rice

Il est des desserts qui ne se contentent pas de clore un repas. Ils racontent une saison, un lieu, une émotion. Le mango sticky rice, dégusté à quelques pas du Wat Arun, en est un parfait exemple. Ce jour-là, le soleil tapait doucement sur les pavés, les moines récitaient leurs prières, et dans une ruelle bordée de lanternes, un petit stand proposait cette douceur emblématique, servie sur une feuille de bananier avec une simplicité désarmante.

Le riz gluant, cuit à la vapeur, est moelleux, légèrement sucré, nappé d’un lait de coco onctueux. À côté, la mangue — jaune vif, mûre à point, découpée en tranches épaisses — repose comme une offrande. Le contraste est parfait : le chaud du riz, le frais du fruit, le crémeux du lait, le parfum du coco. On mange avec les doigts, ou avec une petite fourchette en bois, debout, face au fleuve, entre deux chants de temple.

Ce dessert, pourtant si simple, est une célébration. Il incarne la générosité thaïlandaise, la saison des mangues, la douceur des fins d’après-midi. Il ne cherche pas à impressionner, mais à réconforter. Et il le fait avec une efficacité redoutable.

Près du Wat Arun, il prend une dimension presque sacrée. On le savoure lentement, comme une pause dans le tumulte de la ville. Il devient un rituel, une caresse, une manière de dire : “Tu es bien ici. Tu peux ralentir.”

Le mango sticky rice est plus qu’un dessert. C’est une émotion comestible, une douceur qui parle à tous les âges, à tous les palais, à tous les voyageurs. Et dans ton livre, il mérite sa place parmi les douceurs et fruits de Thaïlande, là où les saveurs deviennent souvenirs.

Dans les quartiers modernes de Bangkok, les douceurs ne se limitent plus aux mochis colorés et aux mangues collantes. Les vitrines s’illuminent de noms évocateurs : Zebra Mascarpone, Princess Scarlet, Matcha Oreo Pie, Classic Kahlua Tiramisu. Les étiquettes sont bilingues, les prix affichés en baht, et les gâteaux soigneusement alignés comme des bijoux pâtissiers.

Ces pâtisseries, souvent installées dans les centres commerciaux comme le Big C, incarnent une nouvelle forme de douceur urbaine : cosmopolite, créative, et visuellement irrésistible. On y retrouve des influences américaines (New York Cheesecake, Banoffee), japonaises (Matcha, Swan Eclair), françaises (Tartes, Crumbles), et locales (Coconut Soft Cake, Shiny Orange). Chaque gâteau est une invitation à la pause, au selfie, au partage.

Mais au-delà de l’esthétique, ces douceurs racontent une évolution des habitudes alimentaires. Elles sont consommées en fin de repas, en goûter, ou même au petit-déjeuner. Elles accompagnent les discussions, les retrouvailles, les moments volés entre deux courses. Elles sont devenues des repères affectifs, des plaisirs accessibles, des rituels doux dans une ville qui ne dort jamais.

Ici, le dessert n’est pas confiné à la fin du repas : il se consomme à tout moment de la journée, comme collation ou comme gourmandise de rue. Les fruits jouent un rôle central, apportant fraîcheur et vitalité, tandis que les préparations à base de riz et de coco incarnent la convivialité et la générosité. Cette culture du sucré reflète l’art thaïlandais de l’équilibre : après le feu des piments, vient la caresse des fruits et des douceurs, une respiration essentielle dans l’expérience culinaire du pays.

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La Cuisine à Bangkok

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🍜 EBISU SHOTEN EKKAMAI : un premier dîner maîtrisé à Bangkok

Pour notre première soirée à Bangkok, nous quittons notre appartement et partons à pied dans les rues d’Ekkamai, encore impressionnés par les tours illuminées qui nous entourent et l’intensité de la vie nocturne, même loin du centre. L’ambiance est chaleureuse, animée, presque hypnotique. Très vite, notre attention se porte sur EBISU SHOTEN EKKAMAI, un restaurant japonais visiblement apprécié : la salle est pleine, les conversations vont bon train, et les plats qui défilent donnent immédiatement envie de s’installer.

Une fois à l’intérieur, nous découvrons une carte aussi dense qu’un catalogue gastronomique : plus de 25 pages de propositions, toutes préparées à la demande. Le choix est difficile, mais nous optons pour une sélection de plats à partager afin de découvrir plusieurs saveurs.

Les Kimbi Yakisoba with pork arrivent en premier : des nouilles sautées, légèrement caramélisées, relevées par la tendreté du porc et une sauce parfaitement équilibrée. Le Seafood Yakisoba Salt offre une variante plus iodée, avec des notes marines délicates et une cuisson précise des fruits de mer. Les gyoza, dorés et croustillants à l’extérieur, fondants à l’intérieur, confirment le soin apporté à chaque préparation. Enfin, le gyu tataki se révèle être l’un des plats phares du repas : une viande finement tranchée, juste saisie, tendre et parfumée, servie avec une sauce qui en rehausse subtilement les arômes.

Avec une bière, un jus de fruits et de l’eau, l’addition s’élève à 1256 bahts, un tarif très raisonnable au vu de la qualité et de la fraîcheur des plats. Pour un premier dîner à Bangkok, c’est une réussite totale : un accueil chaleureux, une cuisine maîtrisée, et une belle introduction à la diversité culinaire du quartier.

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Déjeuner au Chom Arun — saveurs épicées face au Wat Arun

chicken withcoconut milk soup

Traverser le Chao Phraya en bateau pour rejoindre la rive opposée est déjà une expérience en soi. Le fleuve, large et vivant, offre une respiration dans le tumulte de Bangkok. En débarquant près du Wat Arun, le célèbre Temple de l’Aube, l’atmosphère change : plus calme, plus contemplative, presque suspendue. C’est dans ce décor que nous choisissons de déjeuner au restaurant Chom Arun, dont la terrasse surélevée offre une vue imprenable sur les prangs étincelants du temple.

Le lieu est paisible, baigné de lumière, avec une élégance discrète. La carte propose une sélection de plats thaïlandais classiques, et chacun fait son choix selon ses envies du jour. Nadège opte pour le curry vert au poulet, un plat à la fois parfumé et intense, où la pâte de curry se mêle au lait de coco pour envelopper la viande d’une chaleur végétale. Je choisis le Panang curry rouge au porc, plus dense, plus corsé, avec des notes de basilic et de piment qui viennent réveiller le palais. Margot préfère la soupe au poulet et lait de coco, le fameux Tom Kha Gai, dont la douceur lactée est relevée par le gingembre, la citronnelle et les feuilles de combava. Bastien, fidèle à ses classiques, commande un Pad Thaï au poulet, sauté à la minute, équilibré, généreux.

Les plats arrivent rapidement, bien présentés, et les premières bouchées confirment la qualité de la cuisine. Les saveurs sont franches, les textures maîtrisées, et l’intensité des épices, bien que présente, reste harmonieuse. Le curry rouge pique, le curry vert caresse, la soupe apaise, et le Pad Thaï rassure. Chacun trouve son rythme, entre contemplation du temple et dégustation attentive.

Le repas, riche en sensations, se termine sur une note de satisfaction partagée. Le cadre, la qualité des plats, et la vue exceptionnelle sur le Wat Arun font de ce déjeuner un moment fort du séjour. L’addition, de 1812.58 bahts pour quatre personnes, semble presque secondaire face à l’expérience vécue.

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🍽️ Ama Restaurant, à deux pas du fleuve — une halte simple, chaleureuse et pleine de saveurs

Après la visite du Wat Pho, encore imprégnés de l’atmosphère paisible du temple et de la majesté du Bouddha couché, nous quittons l’enceinte sacrée pour rejoindre les petites rues qui mènent vers le fleuve. À quelques pas des quais, presque caché derrière une façade discrète, se trouve Ama Restaurant, un minuscule établissement où quelques tables seulement suffisent à créer une ambiance intime, presque familiale. Rien d’ostentatoire, rien de touristique : juste un lieu où l’on cuisine avec sincérité.

Dès que nous nous installons, la carte — courte, précise, sans fioritures — nous séduit. Ici, pas de débauche de choix : seulement des plats maîtrisés, préparés à la minute, servis avec une simplicité qui met en valeur l’essentiel. Les assiettes arrivent rapidement, encore fumantes, et l’on comprend tout de suite que la modestie du lieu n’a rien à voir avec la qualité de ce qui sort de la cuisine.

Nadège reçoit un pad thaï aux crevettes dont les couleurs éclatent : nouilles souples, pousses croquantes, gambas légèrement caramélisées, herbes fraîches qui parfument l’air. De mon côté, le pork shoulder croustillant est une merveille : une viande dorée, tendre à cœur, accompagnée d’une sauce relevée qui équilibre parfaitement le gras et le feu. Margot et Bastien découvrent des omelettes thaïes moelleuses, gonflées, parsemées de légumes et d’herbes, servies dans de petits bols en bois qui ajoutent une touche rustique et chaleureuse.

En accompagnement, les nouilles sautées — aux crevettes pour les uns, au poulet pour les autres — brillent sous la lumière, nappées d’une sauce légère qui enrobe chaque ingrédient sans jamais l’écraser. Et puis il y a ce riz frit bleu, délicatement coloré à la fleur de pois papillon : un bleu doux, presque pastel, qui surprend autant qu’il charme. Une touche florale, subtile, qui rappelle que la cuisine thaïlandaise sait aussi jouer avec la poésie des couleurs.

Le repas est simple, généreux, parfaitement exécuté. Rien de prétentieux, rien d’artificiel : juste une cuisine honnête, pleine de fraîcheur et de maîtrise. Et lorsque l’addition arrive — 829 bahts, boissons comprises — on se regarde en souriant. Une halte comme on les aime : inattendue, chaleureuse, délicieuse, à deux pas du fleuve et du tumulte de la ville.

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Déjeuner flottant au bord du futur — escale à ICONSIAM

Après la visite du Palais Royal et du Wat Mahathat, nous traversons le fleuve pour rejoindre un lieu qui semble avoir été imaginé entre un rêve d’architecte et un hommage à la culture thaïlandaise. Sur les rives du Chao Phraya, deux tours immenses, drapées de verre et de métal doré, se dressent comme des voiles futuristes. Ce complexe, célébré à l’international pour son design et son intégration culturelle, a été récompensé comme l’un des centres commerciaux les mieux conçus au monde. Un symbole de la Thaïlande contemporaine, ambitieuse, créative, ouverte.

Mais ce jour-là, nous ne montons pas dans les étages où brillent les grandes maisons de luxe. Nous restons au rez-de-chaussée, là où la modernité s’efface pour laisser place à un décor presque théâtral : un immense marché flottant intérieur, reconstitué avec une précision étonnante. Le sol devient eau, les allées deviennent khlongs, et les cuisines prennent place dans de véritables bateaux en bois. On circule entre les embarcations, les paniers de fruits tropicaux, les étals débordants de couleurs, les vapeurs qui montent des woks et les parfums qui se mêlent.

Les stands se succèdent, chacun racontant une facette de la gastronomie thaïlandaise. Ici, des montagnes de papaye verte râpée, des tomates cerises, des piments rouges et des cacahuètes attendent d’être pilés dans un mortier pour devenir une salade de papaye fraîche et explosive. Plus loin, un cuisinier s’affaire derrière une plaque brûlante où s’entremêlent nouilles, œufs, crevettes et cacahuètes : un Pad Thaï fumant, préparé sous nos yeux, dans un nuage de vapeur et de sauce tamarinée.

Puis viennent les curiosités culinaires, celles qui attirent les regards et déclenchent les discussions. Sur un grill monumental repose un crocodile entier, doré, laqué, impressionnant, présenté comme une pièce maîtresse. Sa peau craquelée par la chaleur, sa chair exposée en longues bandes, il est découpé en brochettes servies à la demande. Une vision saisissante, presque irréelle, qui rappelle que la cuisine thaïlandaise ne recule devant aucune audace.

À côté, des calamars farcis, gonflés et grillés, s’alignent comme des sculptures marines. Plus loin encore, des coques de crabes sont garnies d’une farce généreuse, orangée, crémeuse, prêtes à être dégustées à la cuillère. Les stands débordent de brochettes de toutes sortes : poulet, crevettes, légumes colorés, bacon enroulé autour de bouchées fondantes. Chaque plateau est une explosion de couleurs, de textures, de promesses.

Les desserts ne sont pas en reste. Des fruits tropicaux, entiers ou découpés, sont présentés comme des bijoux : mangues dorées, dragon fruits éclatants, mangoustans violets, longanes translucides. À côté, de petites douceurs miniatures, brillantes, façonnées comme des fruits miniatures, attirent les enfants comme les adultes.

L’ensemble est vivant, bruyant, chaleureux. Les vendeurs, coiffés de chapeaux traditionnels, préparent les plats sur des feuilles de bananier. Les visiteurs se pressent, hésitent, goûtent, photographient. On entend le crépitement des grillades, le choc des mortiers, les appels des marchands, les rires des familles. C’est un marché, un spectacle, un musée vivant de la cuisine thaïlandaise.

ICONSIAM réussit ici un pari rare : faire cohabiter le luxe international et l’âme des marchés flottants, offrir un espace où l’on peut à la fois acheter un sac de haute couture et déguster une brochette de crocodile grillé à 100 bahts. Un lieu où la tradition n’est pas figée, mais réinventée, mise en scène, célébrée.

Et nous, au milieu de cette effervescence, nous choisissons notre déjeuner comme on compose un voyage : un peu de grillades, un peu de fruits, un plat sauté, une salade pilée. Un repas flottant, partagé, qui raconte la Thaïlande d’aujourd’hui — fière de ses racines, audacieuse dans sa modernité, et toujours prête à accueillir ceux qui viennent la découvrir.

Fondue thaïlandaise du soir — le Hot Pot comme art de vivre

Le soir venu, nous décidons de tester un type de restaurant très populaire en Thaïlande : le Hot Pot, cette fondue locale où chacun compose son repas à sa manière. L’expérience est à la fois conviviale, interactive et étonnamment raffinée.

La table est équipée d’une soupière intégrée, divisée en compartiments. Nous choisissons trois bases de bouillon : une soupe épicée au beurre, puissante et légèrement anesthésiante, une soupe de tomates douce et acidulée, et une soupe de potiron parfumée, plus ronde en bouche. Chacun peut y plonger les ingrédients selon ses goûts, son rythme, ses envies.

Les plateaux arrivent, soigneusement dressés : – Des viandes fines comme le bœuf mariné à l’œuf, le bœuf Crystal Tender, le porc tranché, et même des intestins de canard frais, étonnamment tendres une fois cuits. – Des fruits de mer : crevettes décortiquées, grosses crevettes de haute mer, et des tranches de poisson. – Des légumes croquants, des nouilles instantanées, du riz blanc en petits bols. – Et pour les curieux, une salade froide de pieds de porc, relevée et savoureuse.

Le repas se construit au fil des cuissons. On observe, on goûte, on ajuste. Les saveurs se mêlent, les bouillons s’enrichissent, les conversations s’animent. C’est une cuisine du geste, du partage, du temps qui passe.

En dessert, nous choisissons des quartiers de banane croustillants, des rouleaux de printemps au taro sucré, et un smoothie à l’ananas fraîchement pressé. Pour accompagner le tout, une bière pression Chang bien fraîche, servie en verre standard.

Le tout pour 2291 bahts, taxes comprises. Un dîner généreux, vivant, et profondément thaïlandais — où le plaisir ne vient pas seulement de ce qu’on mange, mais de comment on le mange.

🥢 S&P Restaurant and Bakery — Ekkamai

CURRY ROUGE DE CANARD

Pour le déjeuner, avant de partir explorer Chinatown, nous nous installons au S&P Restaurant and Bakery, juste à côté du Big C d’Ekkamai. L’endroit est clair, animé, avec cette carte illustrée qui nous guide toujours dans nos choix et ce service rapide auquel nous commençons à nous habituer en Thaïlande.

Les plats arrivent presque aussitôt, soigneusement présentés. Le riz frit de Margot, parsemé de coriandre fraîche et accompagné de quartiers de citron vert et de concombres croquants, laisse apparaître de belles crevettes roses et des gambas tigrées encore brillantes. Mon curry rouge de canard, lui, est un véritable tableau : un bouillon rouge-orangé, dense et parfumé, où flottent tomates cerises, morceaux de courgette, feuilles de basilic thaï et lamelles de canard tendre.

Bastien découvre une assiette généreuse où une omelette dorée recouvre un mélange de crevettes, de légumes verts et de piments rouges, le tout nappé d’une sauce brillante, légèrement huileuse, qui promet autant de douceur que de feu. Quant à Nadège, sa picanha grillée repose sur un lit de nouilles baignées dans une sauce khao soi crémeuse, d’un jaune profond, rehaussée de quelques herbes fraîches et de nouilles croustillantes qui ajoutent un contraste de textures.

En boisson, nous goûtons au thé matcha glacé : un vert intense, presque opaque, surmonté d’une mousse légère. La première gorgée est un mélange de fraîcheur, d’amertume douce et de lait glacé — un équilibre parfait pour affronter la chaleur de Bangkok.

Comme souvent ici, l’addition nous surprend par sa modestie : 827 bahts pour quatre plats généreux et une boisson qui nous a conquis. Nos articles sont mis à jour quotidiennement, au fil de nos découvertes et de nos repas, pour partager cette cuisine thaïlandaise qui nous accompagne à chaque coin de rue.

🦐 Volcano Prawn Restaurant, Nakhon Pathom : flamboyance marine au bord de la route

Après une matinée dense, entre temples bouddhistes et marchés flottants, nous quittons les berges pour rejoindre la route principale. Le soleil tape, les odeurs de friture et de citronnelle flottent dans l’air, et l’envie de s’arrêter devient irrésistible. Le Volcano Prawn Restaurant se présente comme une série d’échoppes alignées autour d’une placette, avec des tables dressées sous un toit de tôle ondulée. Rien de sophistiqué, mais une ambiance vivante, accueillante, presque festive.

La carte est immense, presque intimidante, mais elle tourne autour d’un axe clair : les fruits de mer et le poisson. Et au centre de tout, la spécialité maison : le Volcano. Des gambas tigrées, dressées en dôme, flambées à la minute, dans une mise en scène spectaculaire. Le feu saisit les carapaces, les parfums explosent, et l’assiette devient un petit théâtre de saveurs.

Autour de ce plat central, nous composons notre festin : une sour soup aux crevettes et lait de coco, douce et acidulée, où le gingembre et la citronnelle dansent avec le lait de coco ; un crabe mou frit à l’ail, croustillant, parfumé, presque confit ; des coques bouillies, simples, iodées, servies avec une sauce pimentée qui réveille ; et des fish cakes, dorés, moelleux, légèrement sucrés, parfaits pour compléter le tableau.

Le repas est généreux, varié, spectaculaire. Il nous coûte 2565 bahts, boissons comprises — un prix élevé pour la région, mais justifié par la qualité, la quantité, et l’expérience. Un souvenir flamboyant, à la fois visuel et gustatif, qui restera longtemps dans nos carnets.

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