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Aux confins du lac Albert, l’Ouganda à l’état brut

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Nous quittons le Parc des Chutes Murchison pour entreprendre une traversée unique à travers l’Ouganda profond en direction du Lac Albert. La forêt nous accueille avec ses hôtes habituels, les babouins, tandis que les  Halcyon leucocephala leucocephala – Grey-headed Kingfisher – Martin-chasseur à tête grise égayent notre chemin. Nous croisons également les Colobus guéréza occidentalis, distingués par l’absence de pouce. Le colobe guereza se distingue par son apparence caractéristique, avec de longues franges de poils blancs qui lui donnent l’apparence d’un manteau, ainsi qu’un visage encadré de poils blancs et une grande queue blanche en forme de touffe. La route nous conduit à travers des régions agricoles fertiles où poussent café et patates douces, offrant des paysages pittoresques et des rencontres authentiques avec les habitants.

À l’approche du lac Albert, nous devons dévier de la route pour laisser passer un troupeau de Watusi, impressionnants par leur robe rouge à acajou et leurs cornes gigantesques. Le watusi joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne et les croyances de plusieurs peuples d’Afrique. Il fournit divers produits tels que le lait, le sang (sans sacrifier l’animal), le cuir, les cornes, l’urine (utilisée comme désinfectant) et même le fumier (utilisé comme combustible dans les régions où le bois est rare). Posséder un troupeau de watusis est un symbole de puissance et de richesse, et des têtes de bétail sont souvent offertes en dot lors des mariages.

Nous atteignons enfin le lac Albert et ses villages de pêcheurs, où nous installons au Lac Albert Lodge, une étape hors des sentiers battus pour explorer une faune et une nature extraordinaires entre les parcs nationaux de Murchison Falls et de la forêt de Kibale.

Lake Albert Safari Lodge, une infrastructure innovante établie dans la réserve faunique de Kabwoya, offre un hébergement de luxe à un prix abordable aux touristes visitant la réserve. Les chaumières en herbe, entièrement meublées et équipées d’une piscine, offrent une expérience de confort au cœur de la nature sauvage.

Sur place, nous avons la chance d’apercevoir un magnifique agame des colons d’Afrique de l’Est, dont le régime alimentaire varie selon les espèces, allant des petits arthropodes aux proies plus grosses ou même aux végétaux pour certaines.

Imaginez-vous, au cœur de l’Afrique, à la rencontre d’une merveille naturelle époustouflante : le lac Albert. Partagé entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo, ce joyau de la nature vous accueille avec ses eaux scintillantes s’étendant sur 5300 km². En explorant ses rives, vous êtes enveloppé par la majesté des falaises boisées et des ravins qui bordent ses côtés est et ouest, créant un paysage à couper le souffle.

Le lac Albert, ancré dans l’histoire ancienne de l’Afrique, vous révèle ses secrets vieux de millions d’années. Selon la légende, il aurait été formé il y a environ 10 à 12 millions d’années, et son ancien nom, « lac Mwitanzige », évoque les histoires des criquets qui auraient tenté de le traverser, ne réalisant jamais leur voyage. Découvert par l’explorateur Samuel Baker en 1864, il a été baptisé en l’honneur de l’époux de la reine Victoria, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha.

Ce n’est pas seulement son histoire qui fascine, mais aussi sa richesse naturelle. Le lac Albert abrite une abondance de vie aquatique, en particulier une multitude de poissons qui en font l’un des lacs les plus riches du monde. Imaginez-vous naviguer sur ses eaux tranquilles, entouré par la flotte de pêche locale, une expérience immersive dans la vie quotidienne de la région.

Mais ce n’est pas tout. Le lac Albert réserve encore des surprises. En 2006, des gisements de pétrole ont été découverts dans la région, faisant du lac Albert un centre d’activité économique majeur pour l’Ouganda et la RDC. Cette richesse en ressources naturelles ajoute une couche de complexité à l’histoire déjà fascinante de ce lac.


Le soir, nous sommes émerveillés par les lampes des filets de pêcheurs qui illuminent le lac, créant un spectacle magique que même l’appareil photo peine à capturer. Le lac scintille de milliers d’ampoules tel un ciel étoilé, nous offrant un souvenir inoubliable de cette belle journée

En visitant le lac Albert, vous vivez une expérience extraordinaire, plongeant dans les profondeurs de l’histoire de l’Afrique tout en étant témoin de sa vitalité actuelle. C’est une aventure à la fois captivante et éducative, où chaque vague raconte une histoire et chaque paysage évoque un mystère.

Traversée de l’Ouganda profond depuis les rives du lac Albert jusqu’aux contreforts de Fort Portal

Après la visite du lac Albert, où la silhouette furtive d’un Lupulella adusta centralis – Central African Side-striped Jackal – Chacal à flancs rayés (C) s’éloigne sous un Balanites aegyptiaca subsp. aegyptiaca – Desert Date – Dattier du désert, nous reprenons la route en direction cette fois de la forêt de Kibale.

C’est une autre formidable occasion de traverser l’Ouganda profond ! Avant de quitter définitivement les bordures de la réserve lacustre, nos observations s’enrichissent d’un fière Redunca redunca wardi – Eastern Bohor Reedbuck – Cob des roseaux de Ward au pelage fauve dressé dans les herbes, tandis qu’un lumineux Laniarius erythrogaster – Black-headed Gonolek – Gonolek à ventre rouge fait éclater sa poitrine rougeoyante sur la pelouse du lodge. Dans la savane environnante, un rassemblement de Balearica regulorum gibbericeps – East African Grey Crowned Crane – Grue couronnée de l’Est déambule à découvert, sous le regard immobile d’un Ardea melanocephala – Black-headed Heron – Héron mélanocéphale perché au sommet de la canopée et qui s’élance depuis la cime d’un arbre, et le vol rasant de Circus pygargus – Montagu’s Harrier – Busard cendré en patrouille au-dessus des hautes herbes.

Au fur et à mesure que le lac Albert s’éloigne à l’horizon, un dernier regard en arrière nous dévoile les magnifiques villages de pêcheurs bordant le rivage. Leurs hameaux aux toits de chaume traditionnels se découpent sur les eaux paisibles du lac et la ligne violette des montagnes congolaises, tandis que des Capra aegagrus hircus – Domestic goat – Chèvre domestique s’agrippent avec une agilité déconcertante aux escarpements argileux. Notre itinéraire cap au sud nous immerge au cœur de paysages ruraux fertiles et généreux où s’enchaînent vallées ondulantes, cultures vivrières et hameaux chaleureux. Tout au long de cette piste qui longe l’escarpement du Rift Albertin, nous partageons la route avec les scènes de la vie quotidienne rurale — à l’image de ce motard croisé sur la piste rouge latéritique, transportant à l’arrière de sa moto de beaux poissons fraîchement capturés dans le lac —, marquant une transition spectaculaire entre les ambiances lacustres et les grands massifs forestiers de l’Ouest ougandais.

Soudain, la piste latéritique s’anime au passage d’un impressionnant troupeau de Bos taurus taurus (race Watusi) – Ankole-Watusi – Watusi / Bœuf d’Ankole qui traverse lentement la chaussée. Le spectacle de ces vaches traditionnelles aux cornes blanches monumentales sculptées en forme de lyre offre une vision pastorale fascinante du grand élevage ougandais. Plus loin, le décor se teinte d’un vert étincelant au milieu des denses plantations de Musa acuminata (Groupe AAA – sous-groupe des hautes terres d’Afrique de l’Est) – East African Highland Banana – Bananier des hautes terres d’Afrique de l’Est / Bananier Matooke dont les régimes volumineux fournissent la base de la cuisine locale.

Au fil des hameaux aux habitations de terre rouge bordées d’arbres à pain et aux portes peintes en bleu, l’animation villageoise est permanente : des enfants vêtus de robes vives s’enfuient en riant derrière une bâtisse, tandis que la piste franchit un pont en bois au-dessus d’un cours d’eau ombragé par des palmiers sauvages. Dans les petits centres commerçants, des pick-up surchargés de bananes stationnent devant les échoppes, pendant que sur le sol aride, de larges bâches s’étalent au soleil pour faire sécher les récoltes de grains devant les kiosques de téléphonie.

Durant cette traversée, le spectacle aviaire continue de nous émerveiller : au-dessus de la savane dorée, le vol imposant d’un Bucorvus abyssinicus abyssinicus – Eastern Abyssinian Ground Hornbill – Bucorve d’Abyssinie de l’Est laisse admirer ses rémiges blanches immaculées en plein effort, tandis qu’un marabout d’Afrique  rase l’asphalte d’un vol puissant. Enfin, aux abords de la forêt tropicale, la rencontre avec le Corythaeola cristata yalensis – Eastern Great Blue Turaco – Grand Touraco de l’Est apporte une touche de féerie : perché dans les branches d’un grand arbre puis déployant son plumage bleu turquoise et sa huppe noire au-dessus des palmiers, ce géant des cimes salue notre passage.

Le long de notre route, la géologie de la région nous offre une halte spirituelle et patrimoniale au sanctuaire des martyrs de Katoosa. Là, d’immenses chaos de granites dressent leurs tors monumentaux au-dessus de la verdure. Transformés en lieu de pèlerinage en plein air, ces rochers portent des fresques peintes représentant saint Adolphe Ludigo-Abwooli ainsi que des inscriptions rendant hommage aux martyrs ougandais.

À mesure que nous approchons des contreforts de Fort Portal, les vallées s’ondulent de vastes plantations de Camellia sinensis var. assamica – Assam Tea Plant – Théier d’Assam qui s’étendent à perte de vue sur les collines, dominées par des rideaux d’eucalyptus et bordées de petites maisons rutilantes au toit de tôle. Au milieu de ces merveilles végétales taillées avec une précision d’orfèvre, nous assistons au travail minutieux des cueilleurs de thé. Coiffés de casquettes et le dos voûté sur les arbustes, ils récoltent d’un geste rapide les jeunes pousses tendres avant de les jeter par-dessus leur épaule dans de grandes hottes en rotin tressé sanglées sur leur dos, offrant un tableau humain saisissant au cœur du district de Kabarole.

À l’entrée de la cité de Fort Portal, dominée au loin par la silhouette majestueuse de la chaîne enneigée du Rwenzori, nous faisons halte dans son centre-ville commerçant bordé d’édifices ocre aux façades ornées d’arcades. Au cœur du grand marché couvert, abrité sous une profusion d’ombrelles multicolores, les étals regorgent de paniers tressés débordant de tomates mûres, d’oignons rouges et d’ail. À côté des impressionnantes piles de tilapia du Nil  séchés et fumés, une marchande nous présente une bassine remplie de la grande spécialité gastronomique locale : les sauterelles grillées, mets croustillant assaisonné très prisé lors des saisons d’essaimage. Cette étape vivante et gourmande conclut magnifiquement notre traversée rurale avant que le relief ne se façonne pour laisser place à l’une des régions volcaniques les plus singulières et envoûtantes d’Afrique de l’Est.

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FAUNE & FLORE

Ardea melanocephala – Black-headed Heron – Héron mélanocéphale

Balanites aegyptiaca subsp. aegyptiaca – Desert Date – Dattier du désert

Balearica regulorum gibbericeps – East African Grey Crowned Crane – Grue couronnée de l’Est

Bos taurus taurus (race Watusi) – Ankole-Watusi – Watusi / Bœuf d’Ankole

Bucorvus abyssinicus abyssinicus – Eastern Abyssinian Ground Hornbill – Bucorve d’Abyssinie de l’Est

Camellia sinensis var. assamica – Assam Tea Plant – Théier d’Assam

Capra aegagrus hircus – Domestic goat – Chèvre domestique

Circus pygargus – Montagu’s Harrier – Busard cendré

Corythaeola cristata yalensis – Eastern Great Blue Turaco – Grand Touraco de l’Est

Laniarius erythrogaster – Black-headed Gonolek – Gonolek à ventre rouge

Lupulella adusta centralis – Central African Side-striped Jackal – Chacal à flancs rayés (C)

Musa acuminata (Groupe AAA – sous-groupe des hautes terres d’Afrique de l’Est) – East African Highland Banana – Bananier des hautes terres d’Afrique de l’Est / Bananier Matooke

Redunca redunca wardi – Eastern Bohor Reedbuck – Cob des roseaux de Ward

 

agame des colons d’Afrique de l’Est,

chacal à dos rayé

Gonolek au ventre rouge

hérons à tête noire

Halcyon leucocephala leucocephala – Grey-headed Kingfisher – Martin-chasseur à tête grise

 

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