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Après notre périple à travers la brousse depuis Dagana, nous rejoignons la ville de Podor en empruntant une piste pittoresque, bordée de canaux et de paysages sahéliens magnifiques. Sur notre chemin, nous avons la chance d’observer la vie quotidienne des habitants : des enfants se baignant dans les canaux, des charrettes chargées de marchandises et des femmes lavant leur linge. Nous sommes également émerveillés par la beauté naturelle qui nous entoure, avec les palmiers doum, les termitières et les méandres du fleuve Sénégal.

Nous arrivons ensuite à nouveau sur une route asphaltée qui nous mène à Podor

Depuis la fondation de l’association Podor Rive-Gauche en 2007, la ville s’éveille doucement après de longues années de sommeil. Podor offre désormais une vision renouvelée de son histoire à travers ses quais, ses anciennes maisons de commerce et son fort, tous inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Bien que l’association soit actuellement en sommeil, elle prévoit de revenir sur le devant de la scène avec deux nouveaux projets, notamment la création d’un éco-musée sur le commerce fluvial dans un ancien comptoir de commerce.

Podor, située au cœur de l’ancien Royaume du Tékrour, témoigne d’un riche passé commercial et culturel. Fondée en 1744, la ville a prospéré grâce aux échanges entre les populations locales et les marchands venus d’ailleurs. Les maisons en banco rappellent les terres du Mali et du Niger, tandis que les rues tracées à l’équerre témoignent de l’héritage colonial.

Le commerce fluvial a longtemps été l’activité principale de Podor, avec son quai animé accueillant des bateaux chargés de marchandises en provenance d’Europe. Cependant, l’essor de la route nationale 2 a marqué le déclin du commerce fluvial, entraînant la disparition progressive des bateaux de commerce.

Les maisons du quai, construites avant le quai lui-même, illustrent l’importance passée du commerce dans la région. Leurs murs en briques et leurs toitures en tuiles de terre cuite témoignent de l’architecture coloniale de l’époque.

Malgré les défis rencontrés, des initiatives telles que la relance de la navigation du Bou el-Mogdad et le festival Les Blues du Fleuve ont contribué à redynamiser la ville et à valoriser son patrimoine culturel. Podor, ville couleur or, séduit par sa beauté pittoresque et son atmosphère empreinte d’histoire.

Bienvenue à Podor, où la lumière dorée, la tranquillité des rives et le charme d’antan des ruelles vous invitent à découvrir un trésor méconnu de l’Afrique occidentale.

MAISON GUILLAUME FOY – AUBERGE DU TEKROUR

Cette maison coloniale, admirablement restaurée, abrite l’auberge du Tekrour et propose une petite exposition retraçant l’histoire de Podor : de son âge d’or à son déclin, ainsi que l’histoire des familles de commerçants qui ont prospéré grâce à la gomme arabique. Des circuits dans la ville, des randonnées au départ de Podor et une découverte de l’île de Morphil sont également proposés.

La Maison Guillaume Foy, construite vers 1864 sur le quai de Podor face au fleuve Sénégal et à la Mauritanie, était autrefois un lieu de négoce de diverses marchandises telles que la gomme arabique, le cuir, l’arachide, les briques et les tuiles de terre cuite. Restaurée en 2004 par ses nouveaux propriétaires dans le respect des matériaux et du style original, la maison Guillaume Foy est un véritable joyau architectural. Ses tuiles et carreaux de sol en terre cuite, ses planchers, plafonds, escaliers et balcons en bois, ainsi que ses portes en bois massif avec des ferrures caractéristiques offrent une palette de couleurs chaleureuses et une atmosphère accueillante. La Maison Guillaume Foy est d’ailleurs répertoriée au titre du Patrimoine classé du Sénégal.

 

L’auberge du Tekrour participe activement au développement local en menant diverses actions en collaboration avec des associations telles que Podor Rive-Gauche. Ces actions comprennent le balisage de sentiers, la restauration de façades de maisons, le désencombrement du quai, ainsi que la promotion du patrimoine local à travers des expositions et des événements culturels. Après la dissolution de Podor Rive-Gauche, ces actions sont désormais poursuivies par les associations Lappôl France et Podor, avec un accent particulier mis sur l’écotourisme et le développement local, notamment à travers le renforcement des acteurs locaux, le soutien à des projets villageois et la création d’emplois dans des secteurs tels que la céramique.

Dans la cour intérieure nosu avons pu observé le jeu des choucadors à oreillons bleus picorant le pain laissé par les clients

L’ILE A MORPHIL

Au cœur du Fouta, l’île à Morphil se dévoile, enserrée entre le fleuve Sénégal au Nord et la rivière du Doué au Sud, formant un bras du fleuve Sénégal s’étendant sur plus de 100 km. Son accès se fait par une piste depuis Podor ou à travers des traversées en bac depuis Ndioum, le long de la route nationale 2.

Le Circuit Découverte de l’île à Morphil  organisé par Eric Silvestre de l’Auberge du Tekrour,  offre une immersion dans l’histoire et la nature environnante. Il dévoile les trésors architecturaux des mosquées post-omariennes de Donaye, Alwar et Guédé, invite à des traversées pittoresques en bac, explore les vestiges du village de Donaye, marqué par les inondations de 1999, et dévoile les sentiers longeant le fleuve Sénégal et le Doué. Le périple révèle la beauté des grands arbres sahéliens, des périmètres irrigués et des rizières, et offre des haltes contemplatives à l’arbre de Koyli Wirndi et au bac de Ndiawara.

Notre voyage commence par une excursion depuis Podor pour rejoindre Morphil Island, une entreprise spécialisée dans la culture de l’okra fondée par Abdul Sall. Le gombo, cette herbe aux multiples vertus, s’épanouit ici. Fort de ses capacités à réduire le taux de mauvais cholestérol et à renforcer le système immunitaire grâce à sa richesse en vitamine C et en antioxydants, le gombo est une véritable pépite pour la santé. La cueillette du gombo intervient 45 jours après sa plantation. Une sélection minutieuse est opérée en fonction de sa taille, puis les gombos sont délicatement lavés et rafraîchis dans une eau glacée à 20°C avant d’être soigneusement entreposés dans un conteneur réfrigéré. De là, ils sont expédiés vers diverses destinations, tant au Sénégal qu’en France, notamment à Rungis, où les propriétaires possèdent une boutique spécialisée dans les produits ethniques. C’est ainsi que cette précieuse récolte trouve son chemin vers les marchés internationaux, perpétuant ainsi un héritage culinaire et culturel séculaire.

CIMETIERE PEUL

L’entreprise propose également des chambres d’hôtes offrant une vue imprenable sur le fleuve Sénégal, dans un décor exceptionnel qui reflète parfaitement l’image que nous avons de l’Afrique. Son jardin regorge de bananiers, d’hibiscus et de potagers, offrant ainsi un cadre idéal pour se promener et se détendre.

Nous poursuivons notre exploration par les pistes qui s’ouvrent souvent sur le fleuve Sénégal, jusqu’à arriver au village de Donaye. Situé à 11 kilomètres de Podor, au bord du fleuve, le village de Donaye a été abandonné par ses habitants en 1999 suite aux inondations dévastatrices. Aujourd’hui, il constitue un petit joyau pour les promeneurs, évoquant les villages anciens de la Mauritanie voisine.

Donaye se distingue par sa petite mosquée, son cimetière, une centaine de maisons en banco partiellement en ruine, ses ruelles étroites entre les maisons, et ses grands arbres bordant le fleuve. Un film y a même été tourné, « Banel et Adama », un film puissant et lumineux de 2023 réalisé par la société TANDEM, primé au festival de Cannes, ayant permis une réfection de certaines habitations.

Bande annonce du film « Banel et Adama »

Le cimetière, de style peul, est particulièrement remarquable avec ses arbres morts et brûlés servant de sépulture. On y trouve également des traces de l’ethnie serere, notamment des fragments de poteries datant de plusieurs siècles.

L’ambiance du village est unique, avec le linge qui pend, les chèvres errantes, les villageois affairés autour du repas ou engagés dans des discussions sous les auvents, et les enfants qui s’approchent curieusement, observant nos jeunes adolescents avec fascination. Leur sincérité est touchante, tout comme leur attention aux moindres détails, comme nos petites plaies ou griffures. Sur des nattes étendues au sol, le riz est mis à sécher avant d’être décortiqué par une machine pour devenir le riz blanc que nous connaissons. Quelques guêpiers à gorge rouge se pavanent sur les arbres, à peine perturbés par notre présence.

Les Guêpiers à gorge rouge fréquentent les savanes buissonneuses, parsemées de petits cours d’eau boisés ou de ruisseaux temporaires. Ils ne s’éloignent jamais très loin des berges sablonneuses ou des petits ravins, qui leur servent de sites de nidification. Ils apprécient également les jardins, les terres cultivées avec des arbres, les lisières des zones boisées, les paysages de parcs et les bordures des forêts-galeries. On peut parfois les observer dans les broussailles sèches de Combretum, rappelant un peu les saules, ou dans les prairies sur-pâturées. Pour nidifier, ils choisissent des petites falaises de latérite d’une hauteur ne dépassant pas les 5 mètres. Les Guêpiers à gorge rouge sont généralement des oiseaux des plaines et des régions basses, bien qu’ils vivent parfois jusqu’à 1 000 mètres d’altitude, notamment au centre du Nigéria et dans l’ouest de l’Éthiopie.

Au cœur du village, les ruelles étroites s’entrelacent jusqu’à la mosquée, construite en banco, briques de terre séchée, et recouverte d’un enduit composite issu d’une sorte de macération de terre, de végétaux et d’autres produits (parfois de l’huile de palme), qui lui confère une certaine imperméabilité.

Les mosquées de style soudanais de l’île à Morphil marquent la limite ouest de l’architecture musulmane soudanaise, dont les plus beaux exemples se trouvent dans la vallée du Niger.

La mosquée de Donaye, édifiée vers 1870 par les Toucouleur (familles Wone et Sall) revenus au pays après la destruction de l’Empire d’Ahmadou, Sultan de Ségou, fils d’El Hadj Omar, est un bijou architectural. Construite en briques de terre séchée, ou pisé, et recouverte d’un crépi, elle présente les mêmes caractéristiques que les mosquées de Guédé et d’Alwar. La direction de la Mecque est indiquée par une niche arrondie, le Mihrab.

Notre exploration se poursuit alors que nous atteignons le village de Mboyo, où nous découvrons une autre mosquée post-omarienne :

Selon la tradition locale, la mosquée de Mboyo aurait été érigée par des membres de la famille Ly, compagnons d’armes d’El Hadj Omar et d’Ahmadou. Ils seraient retournés au Fouta Toro après la conquête totale du Soudan par les armées coloniales, ce qui daterait sa construction de la fin du 19e siècle. L’expansion Toucouleur et la création par El Hadj Omar d’une vaste aire de domination ont favorisé des influences culturelles de l’Est (régions de Ségou et de Djenné) vers l’Ouest (Fouta Toro).

La mosquée de Mboyo conserve les caractéristiques architecturales étroitement liées à celles de la boucle du Niger : murs en briques de banco recouverts de pisé, bâtiment rectangulaire avec des contreforts aux angles et au milieu des façades.

La vie locale est un spectacle haut en couleur, avec ces femmes portant leur enfant ou encore d’autres transportant un seau sur la tête, évoluant dans un dédale de ruelles et de maisons en banco, avec les animaux en liberté.

Nous poursuivons jusqu’à un autre village où nous visitons une école. Les classes sont à plusieurs niveaux mais physiquement partagées avec deux tableaux face à chaque groupe d’élève. Nous y sommes accueillis chaleureusement, avec l’hymne national sénégalais suivi de chants de bienvenue enthousiastes des enfants. Les besoins sont considérables mais fondamentaux : il manque des bancs, des portes, des manuels et du matériel scolaire. Nous prévoyons de revenir ultérieurement pour répondre à leurs besoins. En attendant, nous offrons un ballon, apportant ainsi un moment de bonheur palpable.

La première mosquée d’Alwar est considérée comme l’une des plus anciennes du Fouta. Elle était le lieu de prière d’El Hadj Omar, d’où son appellation générique de mosquée post-omarienne. Cependant, contrairement à la légende, la mosquée d’Alwar n’a pas été édifiée par El Hadj Omar, qui a néanmoins supervisé la construction de celles de Dinguiraye (Guinée), Ségou, Kolomina et Nioro (Mali).

 

En réalité, les mosquées sénégalaises de style soudanais, dont celle d’Alwar est l’un des exemples les plus significatifs, ont probablement été construites ou reconstruites au 19ᵉ siècle par les Foutankés revenus au pays après la chute de l’Empire d’Ahmadou, Sultan de Ségou, fils d’El Hadj Omar.

C’est ici que nous visitons la maison natale de cet homme vénéré. Un espace lui est consacré pour accueillir ses disciples à chaque anniversair de sa mort. Plus loin dans le village une petite maison en banco, lieu où il s’est isolé pendant 40 jours en jeûne.

Nous nous installons pour un pique-nique près du fleuve Sénégal. Autour de nous, nous observons des écureuils fouisseurs, bien que craints par les populations locales en raison de fausses croyances sur leur morsure prétendument venimeuse. En réalité, leur salive contient des streptocoques qui peuvent provoquer des infections, mais ils ne sont pas venimeux.

De plus, nous apercevons des œdicnèmes du Sénégal, de grands oiseaux de rivage qui ressemblent à l’Œdicnème criard et à l’Œdicnème vermiculé, mais se distinguent par leur bec plus long et plus fort. Remarquons également la marque grise à mi-longueur de l’aile sans motif noir et blanc.

Nous sommes entourés de termitières, mais aussi d’arbres extraordinaires aux racines apparentes et tortueuses, ou encore d’arbres poussant au milieu des termitières, donnant l’aspect de gros champignons.

Nous découvrons également l’ombrette africaine : L’ombrette affectionne les milieux aquatiques dotés d’arbres. Elle réside près des marais, des cours d’eau et des estuaires où elle peut chercher sa nourriture dans des eaux peu profondes.

Elle peut être observée dans des environnements irrigués tels que les rizières, mais aussi dans les savanes et les forêts humides à proximité des points d’eau. Cet oiseau est sédentaire et territorial, bien qu’il puisse se déplacer lors de la saison des pluies pour trouver les meilleurs endroits adaptés à ses besoins. Lors de la construction de barrages ou de canaux, les ombrettes colonisent rapidement les nouveaux plans d’eau ainsi créés.

Mais aussi des choucadors à ventre roux, élégamment perchés et arborant une allure majestueuse.

A une vingtaine de kilomètres se trouve une autre mosquée, celle de Guédé, érigée en banco. Le royaume du Tékrour, au XIe siècle, a été le berceau de l’islam en Afrique noire. Témoignant d’un important commerce avec les pays sahariens, elle aurait hérité de la tradition islamique de La Mecque des Almoravides. Le long de l’île à Morfil, jusqu’à Saldé, se succèdent plusieurs petites mosquées en banco, témoignant de l’importance historique de la région dans la diffusion de l’islam.

Guédé fut la capitale traditionnelle du Tora. Cette prééminence est attestée par les nombreuses concessions royales qui s’y trouvent, comme la maison du Lamtoro Seddik Sall, ainsi que par les tombes royales, dont celle de Samba Oumar Anne II.

La mosquée de Guédé, restaurée dans un style traditionnel, est un symbole de l’ancienneté et de l’importance de l’islam dans la région. Construite en banco, elle présente des éléments d’angle au sommet conique. Ses lignes sont épurées, seuls les linteaux des portes sont ornés de motifs géométriques.

Notre expérience sur l’île à Morphil touche à sa fin : il nous reste à prendre le bac pour traverser le fleuve. Monter notre imposant 4×4, pesant 3,5 tonnes, sur ce petit ensemble en bois d’apparence fragile est une expérience unique. En tirant la corde pour avancer et traverser le fleuve, nous ressentons une émotion intense !

QUAI DU BOU-EL-MOGDAD

Le Bou El Mogdad, joyau naviguant des eaux sénégalaises, nous emporte dans un voyage temporel le long du majestueux fleuve Sénégal. Remontant aux temps coloniaux, ce bateau restauré offre une expérience immersive unique, permettant de revivre l’âge d’or du transport fluvial dans la région. À Podor, ville envoûtante où le temps semble suspendu, les quais témoignent du passé glorieux du commerce de la gomme arabique, rappelant l’époque où cette précieuse substance façonnait la prospérité des lieux.

La chaleur sahélienne enivre l’atmosphère, mais les eaux rafraîchissantes du fleuve et la brise légère apportent un réconfort bienvenu. Les maisons historiques du quai, vestiges d’un passé florissant, racontent les récits d’échanges commerciaux et d’aventures maritimes qui ont marqué les siècles passés. Le soir venu, le quai s’anime d’une aura mystique, invitant les visiteurs à s’imprégner de l’ambiance envoûtante de cet endroit chargé d’histoire et de légendes.

À Podor, chaque pierre raconte une histoire, chaque ruelle résonne des échos du passé. C’est ici que les voyageurs, autrefois, amorçaient leur périple vers le lointain Soudan, embarquant sur des chalands pour une odyssée à travers les eaux du fleuve. Aujourd’hui, le Bou El Mogdad perpétue cette tradition ancestrale, offrant aux voyageurs modernes une escapade inoubliable à travers les paysages intemporels du Sénégal.

Sur le quai de Podor, une dizaine de maisons construites au début du 19ème siècle et aux noms évocateurs (Maurel, Prom, Buhan, Teissère, Singer, Peyrissac), témoignent de l’effervescence du commerce qui en a marqué l’histoire pendant près de deux siècles. La maison située au coin Nord du quai porte le nom de Guillaume Foy dont la marque commerciale, contrairement aux autres, n’a pas traversé les siècles et perduré. Elle a été remarquablement restaurée et sert de maison d’hôtes.

Si vous décidez de visiter le quai la nuit, vous pourrez mieux profiter de cette fraîcheur naturelle.

Le quartier de l’escale est constitué d’une enfilade de maisons trapues faisant face au fleuve. Ces maisons à deux niveaux y ont une double entrée sur le quai tace à la Mauritanie et sur la rue commerçante. Le rez-de-chaussée est organisé autour d’une vaste cour avec des entrepôts aujourd’hui désaffectés ou transformes en habitation L’étage, distribué par un ou 2 escaliers, est occupé par les logements des anciens commerçants et dispose de terrasses donnant sur la cour ou sur le deuve.

Un petit éco-musée est installé aujourd’hui sur les quais regroupant tous les objets anciens : réfrigérateur à pétrole, cates routières, vieux téléphones,…

LE MARCHÉ ET L’ARTISANAT

À Podor, le marché s’anime dès l’aube, offrant une véritable symphonie de couleurs, de saveurs et de savoir-faire artisanal. Les étals débordent de produits frais, des légumes aux poissons séchés en passant par la viande succulente de mouton et de bœuf. Les tailleurs, habiles de leurs mains, confectionnent des pièces sur mesure avec une maîtrise impressionnante.

Au marché artisanal, le matin est roi, mais même après le crépuscule, l’effervescence persiste. Vous y découvrirez les trésors de la région, des articles uniques témoignant du talent et de la créativité des artisans locaux. Dans les ruelles de Podor, l’héritage culturel se dévoile à travers les œuvres d’art et les créations artisanales, chaque objet racontant une histoire riche en traditions et en savoir-faire.

Le studio d’Oumar Ly, gardien de la mémoire visuelle de la ville, est un trésor inestimable où les photographies révèlent les secrets et les émotions figées dans le temps depuis les années 60. Un témoignage poignant de l’évolution et de la vie quotidienne à Podor.

Les teinturières, telles que Diabou Sakho, célèbrent l’art ancestral de la teinture avec passion et dévouement. Récompensée pour la qualité exceptionnelle de ses créations et son engagement pédagogique, Diabou Sakho perpétue un savoir-faire précieux, collaborant même avec des artistes renommés pour diffuser ses teintures naturelles à l’indigo à travers le monde.

Dans les cours des potières, le travail de la terre résonne avec la simplicité et l’authenticité des traditions. Des pots en terre cuite aux canaris réputés pour leur capacité à maintenir l’eau fraîche, chaque création incarne l’ingéniosité et l’ingénierie traditionnelle, offrant une perspective unique sur la vie quotidienne à Podor.

 

FORT DE FAIDHERBE 

Le fort de Podor, témoin majestueux de l’histoire, se dresse avec fierté, rappelant les épopées passées et les légendes oubliées. Jadis habité par les armées françaises, puis par l’armée sénégalaise et la gendarmerie, il a été préservé de l’oubli grâce à la vigilance de quelques âmes attentives.

Restauré grâce à l’initiative de la Coopération française, le fort a retrouvé son éclat d’antan, abritant désormais une exposition captivante sur la région de Saint-Louis et ses personnalités emblématiques. Toutefois, l’accès au fort peut être incertain, et il est recommandé de contacter le conservateur, M. Thiam, préalablement à toute visite.

Lorsque l’on gravit les marches du grenier du fort, on est transporté dans le temps, captivé par la vue panoramique s’étendant jusqu’en Mauritanie. L’atmosphère imprégnée d’histoire, les récits des tirailleurs du gouverneur Faidherbe, tout cela éveille l’imagination et invite à plonger dans les récits fascinants qui ont forgé l’identité de cette forteresse.

Malgré les défis rencontrés, le fort de Podor demeure un joyau patrimonial à découvrir, offrant aux visiteurs une immersion unique dans les méandres de l’histoire et de la culture sénégalaise.

Informations et horaires sur FORT DE FAIDHERBE

Il n’y a pas de tarif fixé. Compter 1 500 FCFA par personne

Randonnée pédestre PODOR – NGAWLE

Sur la terre ferme, nous entamons une excursion avec un guide proposé par l’Auberge du Tekrour pour explorer le village de Ngawlé. Cette bourgade se trouve au bout d’un trek de 10 km le long des rives du fleuve, où nous avons l’occasion d’admirer de magnifiques jardins potagers en chemin. Un système d’irrigation permet la culture d’oignons, d’okras et surtout de riz dans cette région. Les semences vont seulement commencer à être plantées à cette période.

La première partie de la randonnée est assez longue et relativement peu intéressante, à moins de s’intéresser aux nombreux oiseaux de la région.

Les vanneaux à tête noire sont des oiseaux fascinants, parfaitement adaptés à une variété d’habitats secs. Leur présence ne dépend pas nécessairement de la proximité des points d’eau, car ils sont souvent observés dans des plaines arides voire désertiques, où la végétation est rare ou absente. Leur régime alimentaire se compose principalement d’insectes, adultes ou sous forme de larves, ainsi que de gastéropodes.

Ces oiseaux sont fréquemment observés dans des environnements tels que les dunes stabilisées, les zones boisées sèches sur des sols sablonneux ou latéritiques, ainsi que les buissons épineux des broussailles. Cependant, ils ne se limitent pas uniquement à des habitats naturels, car on peut aussi les trouver dans des zones perturbées par l’activité humaine. Par exemple, ils peuvent être présents près de jardins, d’anciennes cultures abandonnées, de terrains de sport et même sur les pelouses des aérodromes.

Leur capacité à s’adapter à des environnements variés et leur tolérance vis-à-vis des activités humaines font des vanneaux à tête noire des oiseaux remarquables, capables de cohabiter avec l’homme dans divers milieux.

Plus loin nous pénétrons dans un champ de culture de piment antillais ; ils sont prêts à la cueillette offrant une jolie variété de couleurs dans les tons orange et rouge.

Sur une branche nous observons un cordonbleu à joues rouges : Le cordonbleu à joues rouges est un oiseau reconnaissable à sa tache rouge ovale qui recouvre ses couvertures auriculaires. Il est répandu sur le continent africain sous différentes races, caractérisées par l’intensité et la variation de la couleur bleue de leur plumage, allant du turquoise pâle à l’outremer foncé.

La race type, Uraeginthus bengalus bengalus, se trouve principalement dans l’ouest, le centre-nord et l’est de l’Afrique. On peut l’observer depuis le sud-ouest de la Mauritanie, le Sénégal et la Gambie, jusqu’au sud du Mali, le nord du Ghana, le sud du Niger et du Tchad, en direction de l’est jusqu’au Soudan Méridional. Sa présence est également attestée en Ethiopie, jusqu’au sud de l’Ouganda et à l’ouest du Kenya. En outre, on le trouve du Cameroun à la République centrafricaine, dans le nord et le centre de la République démocratique du Congo jusqu’au Rwanda, évitant généralement les zones de forêt équatoriale.

Ces oiseaux se nourrissent principalement au sol, où ils cherchent une variété de petites graines, y compris celles tombées des herbes environnantes. Ils consomment également du millet et d’autres graines provenant de différentes plantes. De manière occasionnelle, ils capturent des insectes, notamment des fourmis et des termites, parfois même en vol.

Sous eux quelques plans de coton : c’est toujours étonnant de toucher ces boules ci douces ! Ses feuilles et ses racines étaient utilisées en décoction dans le traitement de l’hépatite et des douleurs abdominales dues à la menstruation. Des préparations faites à partir de certains éléments de cette plante connurent une certaine renommée pour favoriser la lactation et apaiser les quintes de toux.

En vol quelques guêpiers de Perse une merveille de la nature ! En effet, ils sont captivant par leur élégance et leur grâce en mouvement. Leurs silhouettes longilignes et leurs ailes étendues évoquent une impression de légèreté et de fluidité dans les airs.

Les mâles, avec leur plumage vert gazon sur le dos et un vert éclatant sur le ventre, sont des créatures remarquables à contempler. Le contraste entre le masque noir autour de leurs yeux et les joues d’un bleu vif ajoute à leur beauté singulière. Le menton d’un jaune vif qui se détache sur une gorge rousse complète ce tableau coloré et captivant.

Observés en vol, les guêpiers de Perse sont non seulement des spectacles visuels, mais ils incarnent également la perfection de la nature en mouvement, rappelant la grâce et l’harmonie qui caractérisent tant d’espèces ailées dans leur habitat naturel.

Le coliou huppé est un oiseau remarquable, reconnaissable à sa silhouette élancée et à sa queue extraordinairement longue. Sa couleur gris clair lui confère une élégance discrète, tandis que son bec rouge vif et sa peau faciale nue de la même teinte ajoutent une touche de vivacité à son apparence. La nuque bleu lustré vient compléter ce tableau de couleurs saisissantes.

Cet oiseau affectionne principalement les environnements de savane aride, mais il peut également être trouvé localement dans des habitats plus humides, tels que les broussailles et les zones boisées. Il est rare de l’observer seul, car il préfère évoluer en groupe, généralement constitué de cinq à plusieurs douzaines d’individus.

Lorsqu’il est en vol, le coliou huppé émet souvent un cri caractéristique, un long trîîîîuu mélancolique qui résonne dans les airs. Bien qu’il puisse être confondu avec le Coliou quiriva, il se distingue par sa nuque bleue et son dessous gris, contrairement au chamois de l’autre espèce.

Autre espèce que nous pouvons observer : la tourterelle masquée.

La tourterelle masquée est une habituée des habitats arides ou semi-arides, où elle trouve des conditions propices à la nidification. Une fois la saison de reproduction terminée, elle migre vers des régions plus humides. En Afrique, son habitat s’étend sur une vaste gamme de terrains, notamment les savanes d’acacias, les zones thornveld, les prairies parsemées de buissons, les bordures des cours d’eau, les terres cultivées et les espaces ouverts autour des villages et des jardins. Son aire de distribution s’accroît progressivement en raison de l’expansion des zones cultivées et de l’aménagement de systèmes d’irrigation. Lorsqu’elle ne se reproduit pas, la tourterelle masquée se disperse dans les régions tropicales et subtropicales.

Un autre cordonbleu a pu être observé : Le cordonbleu cynocéphale est un oiseau charmant, reconnaissable à son bec de cire fin et à sa longue queue. Ses parties supérieures affichent une teinte brun pâle, tandis que ses parties inférieures et sa queue sont d’un bleu éclatant. Les mâles se distinguent par une tête presque entièrement bleue, tandis que les femelles arborent une calotte et une nuque brunes. On peut les trouver dans les savanes épineuses sèches et les broussailles épineuses, souvent en petits groupes, parfois en compagnie d’autres espèces de becs de cire, y compris d’autres cordonbleus. Dans les zones où ils cohabitent avec d’autres espèces de cordonbleus, les femelles peuvent être confondues avec les Cordonbleus du Sud et les Cordonbleus à joues rouges, mais elles se distinguent par leur bec rosâtre plus vif. Leur cri caractéristique est un « tzee-tzee » aigu.

Mais aussi un combassou du Sénégal : c’est  un oiseau nicheur parasite qui dépose ses œufs dans les nids de l’Amarante du Sénégal et de l’Amarante nitidule. Les mâles nicheurs ont un plumage noir lustré, tandis que les mâles non nicheurs et les femelles ont le dos brun strié et le dessous clair avec un dessin facial très apparent. Leur bec est rouge dans le sud-est de l’Afrique et blanchâtre en Afrique occidentale, septentrionale et centrale. On peut les observer dans la savane, les broussailles, les terres agricoles et les villages. Ils imitent les vocalisations des amarantes qu’ils parasitent, produisant une suite de crépitements graves et des sifflements aigus. Dans le sud-est de l’Afrique, ils se distinguent des autres combassous par leur bec rouge, tandis qu’ailleurs sur le continent, ils ressemblent beaucoup aux autres espèces de combassous. Les mâles nicheurs se distinguent par leurs ailes entièrement noires sans tache brun clair. L’imitation des vocalisations des espèces-hôtes peut également aider à les identifier. En plumage non nuptial, le Combassou du Sénégal ressemble à la Veuve dominicaine non nicheuse, mais il est différencié par ses pattes rouges.

Le cochevis huppé, bien qu’il ressemble à l’Alouette des champs en termes de taille et de couleur, présente plusieurs différences distinctives. Il a un corps plus trapu, une queue plus courte, des ailes plus larges et un bec plus long et arqué. Sa caractéristique la plus notable est sa huppe effilée qu’il peut rétracter et redresser au sommet du crâne. En termes de plumage, le cochevis huppé a un manteau et un dessus brun-gris moins fortement moucheté que la plupart des alouettes, tandis que le dessous et les parties inférieures sont chamois sableux avec des marques plus prononcées au niveau de la poitrine. Les femelles ressemblent aux mâles, mais les jeunes sont plus fortement tachetés et ont une huppe plus petite.

La piste se poursuit sous un soleil de plomb jusqu’à l’entrée de la forêt de Ngawlé.  Mais de la forêt il ne reste plus grand chose. Elle est dévastée par des entreprises qui viennent ici fabriquer le charbon de bois. Ils utilisent une technique à l’étouffée utilisant des meules en forme de dome. Le bois rougeoie à l’intérieur pendant plusieurs jours ou semaines, l’humidité est extraite du bois et les gaz produits par la réaction sont brûlés. Il ne reste plus que le squelette carboné des cellules ligneuses, ce qui explique aussi pourquoi le charbon de bois est si léger.

La scène décrite met en lumière une réalité malheureusement courante dans de nombreuses régions : la déforestation accélérée pour la production de charbon de bois. Dans la forêt de Ngawlé, la dévastation est palpable, résultat des activités des entreprises qui exploitent le bois pour en faire du charbon. Utilisant une méthode dite à l’étouffée avec des meules en forme de dôme, le bois est soumis à une combustion lente qui extrait son humidité et brûle les gaz produits, ne laissant que le squelette carboné des cellules ligneuses, ce qui explique la légèreté du charbon de bois.

Cette méthode de production de charbon de bois, bien que courante, est également préjudiciable à l’environnement. Elle nécessite une surveillance constante pendant plusieurs jours voire semaines, avec des rendements de production relativement faibles par rapport à la quantité de bois utilisée. En effet, le taux de rendement est souvent compris entre 8 et 15 %. Malgré sa simplicité et son coût peu élevé, cette pratique contribue à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes forestiers.

Cependant, il est à noter que les meules en forme de dôme semblent être plus efficaces que les fours en forme de fosse, offrant ainsi une alternative légèrement plus favorable sur le plan environnemental.

Nous atteignons quelques fermes isolées, croisant des femmes travaillant dans les champs, ou dans leur jardin privé. Les habitats semblen rudimentaires. Nous voyons de plus en plus de manguiers au fur et à mesure que nous rapprochons du fleuve.

Nous faisons une pause bienvenue à « La Pause des Randonneurs ». Une natte, quelques petites chaises, du jus de bouille (pain de sainge), des gateaux et une boite pour y glisser une contribution, le tout au bord du fleuve avec quelques vaches qui paissent… Relaxant !

Puis la marche reprend toujorus sous un soleil torride (plus de 38°C). Nous identifions des arbres à papayes, de la gomme arabique puis nous somme surpris par le passage d’une famille de mangoustes d’Egyptes

La mangouste ichneumon (Herpestes ichneumon), également connue sous le nom de mangouste d’Égypte, est parfois incorrectement appelée « rat des pharaons » (car elle n’est pas un rongeur). Il s’agit d’une espèce de carnivore qui n’est plus très présente en Égypte, mais plutôt dans les vallées des deux Nils et dans les savanes d’Afrique orientale. Elle est également désignée en espagnol sous le nom de « meloncillo » et en portugais sous le nom de « sacarrabos ». Depuis l’Antiquité, elle est réputée pour sa capacité à chasser et détruire les serpents.

nous passons devant un nouveau chant d’oignons. Au fond le petit palais devant lequel quelques travailleurs de la terre s’épuissent à préparer les semences

Puis nous arrivons enfin à Ngwalé, et ses maisons en adobe ou même en brique de banco. Nous partons à la rencontre avec les habitants histoire de mieux nous familiariser et apprendre un peu de leur impressionnante culture

Ngawlé est un petit village situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal, à 3 km de Podor par voie terrestre, et à une vingtaine de km par le fleuve qui fait une grande courbe.

Avec ses maisons en banco construites de façon traditionnelle, ses ruelles étroites et propres, ses façades ornées de motifs en relief dans l’argile, Ngawlé est une parfaite représentation de l’architecture traditionnelle en banco.

Les grands arbres sur la rive du fleuve créent des espaces ombragés et frais où il fait bon se reposer et discuter. Nous nous installons chez une famille pour y déguster un excellent thieboudienne

Après ce délicieux repas nous découvrons l’éco-musée, ou plutot l’histo-musée. Il recueille tous les contes et fables de la communauté autour de la vie de Penda Sarr

Ngawlé a été crée vers 1765 par Moussa Boukary SARR père de l’illustre Penda SARR la fille des eaux. Sa population est métissée de peulhs et de sérère est venue a aré Thioffy à la suite de sa longue migration.

Le village de Ngawlé est situé environ trois kilomètre à l’ouest de la vile de Podor, en amont il surplombe majestueusement le fleuve Sénégal qui décrit à cet endroit une courbe.

Ngawlé se trouve rattaché suivant le découpage administratif à la communauté rurale de Gliede village érigé en commune depuis 2014. Le village est fortement habité par des pécheurs (soubalbé, Halpoular).

Les habitants s’adonnent à d’autres activités telles que la culture de décrue, de l’agriculture dans le système d’irrigation et aussi du commerce.

Ngawlé bénéficie d’une situation particulière, il est à l’abri des inondations quelque soit l’ampleur des crues car il demeure suffisamment élevé parce que situé sur un bourrelet de berges pour abriter les hommes et les animaux Les terres qui sont inondées annuellement permettent aussi aux hommes de développer parallèlement des activités de pèche, et de chasse aquatique, d’élevage et de culture vivrières(mil patate,…)

Aujourd’hui, Ngawlé est partagé en deux villages distincts de même nom situé de part et d’autre du fleuve Sénégal qui constitue la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal.

Dans ce cadre historique, un chanteur local entreprend un chant de pêcheur, très prenant associant dans son histoire le crocodile sculpté , le totem de Sarr

Nous reprenons après cette journée très remplie le chemin de la pirogue. La barque est étroite et nous craignons de chavirer à tout moment. Mais il est probable que Penda Sarr a veillé sur nous !

DAGANA 

Dagana, un joyau figé dans l’époque coloniale, nous invite à un voyage dans le temps, remontant à l’ère où la ville prospérait en tant que comptoir commercial florissant, principalement grâce au commerce de la gomme arabique. La ville, semblant avoir été arrêtée dans sa progression au début du siècle dernier, offre un spectacle unique où l’histoire se mêle au quotidien.

Le marché de Dagana, vibrant de couleurs et d’activités, a bénéficié d’un programme de réhabilitation ambitieux. Ce projet vise à moderniser les infrastructures tout en préservant le caractère authentique du marché. Doté de halles fonctionnelles, d’un nombre accru d’étals et de cantines, ainsi que de magasins de stockage et d’une aire de débarquement, le marché de Dagana promet de devenir un véritable centre économique dynamique.

Le fort de Dagana, datant de l’époque coloniale, témoigne de l’histoire mouvementée de la région. Initialement érigé pour protéger le commerce des menaces extérieures, le fort a été le théâtre de nombreux événements historiques. Transformé aujourd’hui en hôtel, le fort offre aux visiteurs une immersion dans le passé à travers des expositions captivantes et une vue imprenable sur le fleuve Sénégal depuis sa piscine.

La reinstallation des Français, après la chute de l’Empire et la restitution du Sénégal en 1817, est marquée par la reprise d’une partie des projets d’André Brüe: la création de postes le long du fleuve pour la protection du commerce sans cesse menacé par les riverains. Le fort de Dagana date de cette époque.

« Sur la berge plate et maintenant boisée, nous avions acheté en 1520, un terrain de quelques hectares, à proximité du village, nous avions construit une petite caserne entourée d’un quadrilatère de mur. On renforça plus tard cet ouvrage en élevant des bastions aux quatre coins du mur d’enceinte qu’on reprit du même coup écrit d’Antreville de la Salle (1900) »

La garnison comportait en 1835 un lieutenant, un chirurgien, 32 sous-officiers et soldats. La protection des commerçants qui montaient faire la traite était la préoccupation principale des chefs de poste.

Le poste de Dagana a été attaqué dans la matinée du 15 mars 1908 par Aly Yoro Dia un marabout originaire de Fanaye, décidé à « mettre à mort tous ceux qui ne voudraient pas se convertir à la religion musulmane ». Le marabout et une centaine de ses partisans armés ouvrirent le feu et se portèrent à l’assaut de la résidence en trois colonnes. Le combat dura plus d’une heure et les assaillants furent repoussés, après avoir subi de lourdes pertes.

Les quais du fleuve Sénégal offrent une atmosphère unique, bordée par les anciennes maisons de commerce au charme colonial. Ces bâtisses imposantes témoignent d’une époque révolue, où la prospérité commerciale régnait en maître. Aujourd’hui, ces établissements témoignent de l’histoire de la région, rappelant l’âge d’or du commerce de la gomme arabique.

La balade à Dagana réserve également des rencontres insolites, comme celle avec le majestueux fromager, arbre emblématique de la région. Le fromager, également appelé arbre à kapok, est un arbre issu de la famille des bombacacées. L’arbre tient son nom du fait que son bois était utilisé dans la fabrication de boîtes à fromage. Son bois est léger, et permet la fabrication de bateaux telles pirogues. Mais il est aussi connu pour la fibre végétale cotonneuse qu’il produit, le fameux « kapok », qui fournit un matériau imputrescible, isolant et imperméable, idéal pour rembourrer coussins, oreillers et gilets !

Observant les chevaux se baignant dans le fleuve, aux côtés des femmes lavant leur linge,  nous sommes témoins de la vie quotidienne imprégnée de la nature environnante.  Nous rebroussons chemin en passant devant une école. Nous entendons les enfants réciter, en français. Au tableau un texte, « le bélier de papa ». Une belle écriture qui montre a quel point la langue française est reconnue ici.

Enfin, le retour dans les rues commerçantes nous plonge dans l’authenticité des traditions locales, telles que le séchage du blé et la transformation de la farine par les meuniers locaux.

La visite de Dagana est bien plus qu’une simple excursion, c’est une plongée dans l’histoire, la culture et les traditions d’une région imprégnée de richesse et de diversité. Chaque coin de rue, chaque monument, raconte une histoire fascinante qui captive et enchante les visiteurs, offrant une expérience inoubliable au cœur de l’Afrique occidentale.

LES LIENS VERS LES PHOTOS de Podor et ses environs

J 579 DAGANA – PODOR SENEGAL

J 580 CIRCUIT DE L’ILE A MORPHIL – jusqu’au pique nique près du fleuve Sénégal PODOR SENEGAL

J 580 CIRCUIT DE L’ILE A MORPHIL -FIN DU PARCOURS PODOR SENEGAL

J 581 Circuit Pédestre PODOR NGWALE SENEGAL

ETHNIE SOUBALBE : Les Peuls de l’eau

J 582 VISITE DE PODOR SENEGAL

VIDEO DE L’ETAPE 

AUTRES ARTICLES SUR LE SENEGAL A DISPOSITION :

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vous pouvez faire une recherche par nom de ville en utilisant la loupe en haut à droite ou retrouver la liste complète en suivant ce lien : ARTICLES VILLES DU SENEGAL

La Cuisine Sénégalaise

Toutes les informations, par région sur la gastronomie sénégalaise en suivant ce lien : La Cuisine Sénégalaise

Nous sommes arrivés à l’auberge vers 13 heures, juste à temps pour le déjeuner. Eric Silvestre, l’un des co-gérants, nous a chaleureusement accueillis. Eric se présente comme un véritable « baroudeur », ayant parcouru l’Afrique de long en large au cours des dernières décennies. Avec une carrière variée dans l’audiovisuel, la chasse au gros gibier, et travaillant pour des organisations telles que l’ONU et le B.I.T, il a vécu une vie passionnante, qu’il partage volontiers à travers ses livres.
Nous avons eu le plaisir de déjeuner en sa compagnie, écoutant avec fascination les récits captivants de ses aventures. Au menu, un délicieux poulet grillé accompagné de riz et de ratatouille nous a été proposé. Les saveurs méditerranéennes de ce plat reflètent les origines d’Eric, ajoutant une touche spéciale à notre repas.
Pendant que nous savourions notre déjeuner, nous étions entourés de pigeons, de cailles, ainsi que de choucadors à oreillons bleus, de moineaux dorés et même de quelques lézards. C’était un moment convivial et plein de charme, où les histoires fascinantes d’Eric se mêlaient aux plaisirs simples de la nature.
Le diner du soir est tout aussi savoureux. Le filet de Thioff accompagné d’une ratatouille aux saveurs provençale a réussi à séduire Bastien pourtant hostile au poisson. quant au tajine de chevreau testé par Margot il a eu aussi un vaillant succès. Le diner du lendemain quant à lui était composé d’une excellente blanquette de volaille accomapgnée d’une purée de patate douce et pommes de terre…tout aussi excellent

DEJEUNER SUR LA NATTE A NGAWLE

Dans le cadre du circuit pédestre organisé par l’auberge du Tekrour à Podor, nous partons déjeuner « sur la natte » dans une famille peul (plus précisément soubalbé , les peuls de l’eau). Le thieboudienne est servi dans un grand plat et nous sommes invités à le partager avec des cuillers. Un très bon repas composé des ingrédients traditionnels du thiéboudienne

LE PHACOCHERE GRILLEAUBERGE DU TEKROUR PODOR

Il faut bien avouer que ce n’est pas le plat auquel nous nous attendions, ni celui que nous avions vraiment envie de déguster… En Namibie, peut-être que nous aurons l’occasion de goûter à la partie préférée de l’animal : l’anus grillé ? Quoi qu’il en soit, le phacochère grillé à la mode du tekrour est surprenamment délicieux, avec une saveur savoureuse mais pas trop intense, finalement assez similaire à notre porc habituel.

LES LOGEMENTS

AUBERGE DU TEKROUR

Cette maison coloniale, admirablement restaurée, abrite l’auberge du Tekrour et propose une petite exposition retraçant l’histoire de Podor : de son âge d’or à son déclin, ainsi que l’histoire des familles de commerçants qui ont prospéré grâce à la gomme arabique. Des circuits dans la ville, des randonnées au départ de Podor et une découverte de l’île de Morphil sont également proposés.

La Maison Guillaume Foy, construite vers 1864 sur le quai de Podor face au fleuve Sénégal et à la Mauritanie, était autrefois un lieu de négoce de diverses marchandises telles que la gomme arabique, le cuir, l’arachide, les briques et les tuiles de terre cuite. Restaurée en 2004 par ses nouveaux propriétaires dans le respect des matériaux et du style original, la maison Guillaume Foy est un véritable joyau architectural. Ses tuiles et carreaux de sol en terre cuite, ses planchers, plafonds, escaliers et balcons en bois, ainsi que ses portes en bois massif avec des ferrures caractéristiques offrent une palette de couleurs chaleureuses et une atmosphère accueillante. La Maison Guillaume Foy est d’ailleurs répertoriée au titre du Patrimoine classé du Sénégal.

 

 

L’auberge du Tekrour participe activement au développement local en menant diverses actions en collaboration avec des associations telles que Podor Rive-Gauche. Ces actions comprennent le balisage de sentiers, la restauration de façades de maisons, le désencombrement du quai, ainsi que la promotion du patrimoine local à travers des expositions et des événements culturels. Après la dissolution de Podor Rive-Gauche, ces actions sont désormais poursuivies par les associations Lappôl France et Podor, avec un accent particulier mis sur l’écotourisme et le développement local, notamment à travers le renforcement des acteurs locaux, le soutien à des projets villageois et la création d’emplois dans des secteurs tels que la céramique.

 

 

LES LIENS

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